Chapitre 65 :

L'épilogue familial

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Après quelques jours de procès qui opposa le bureau et le procureur à Walburga et Orion Black, celui-ci s'est brutalement achevé avec un dénouement inattendu. En effet, nous avons appris par le bureau que les Black avaient finalement accepté de plaider coupables et de reconnaitre la majorité des faits qui leur étaient reprochés. Cette décision a eu pour conséquence de précipiter la fin du procès.

Ce choix a surpris un grand nombre de personnes qui s'attendaient à ce que les Black cherchent à se défendre jusqu'au bout. C'était leur tactiquelors du procès qui les opposait à leurs enfants pour des accusations de maltraitance, mais également à chaque fois qu'ils avaient eu des démêlés avec les autorités. Mais si cette décision peut surprendre dans un premier temps, elle apparait ensuite assez logique au vu des preuves rassemblées par le bureau. Néanmoins, il y avait eu au début du procès une rumeur légère qui s'était faite persistante au fur et à mesure des jours. Walburga Black (protagoniste dans l'affaire du meurtre du moldu) aurait renoncé à divulguer une information capitale pouvant jouer en sa faveur lors du verdict. Nos équipes ont tenté d'obtenir plus d'information, en vain, le bureau a nié et la famille Black n'a pas voulu répondre à nos questions. Cela nous amène donc à nous demander si cette information n'était qu'une rumeur ou si cette affaire de meurtre cache bien plus que ce que l'on peut imaginer.

Au terme de ce court procès chargé en surprises, Orion Black n'a obtenu qu'une peine minime. N'étant pas impliqué directement dans la mort du moldu, il échappe à de la prison ferme. Il a obtenu du sursis et une amende colossale. Quant à Walburga, la sentence est tombée et elle est lourde. Le juge s'est montré particulièrement dur. Elle a ainsi écopé de la plus lourde peine pouvant être donnée pour ce type de crime : le baiser du détraqueur. Elle sera exécutée avant la fin de l'année. Une date plus précise nous sera communiquée ultérieurement.

La famille Black aura beaucoup fait parler d'elle ces dernières semaines. Longtemps soupçonnée d'être mêlée à différentes affaires criminelles et de corruption, elle n'a pourtant jamais pu être inquiétée. La plus célèbre étant le meurtre du couple d'Aurors survenu il y a plus de 10 ans. Une partie de la population a accueilli le verdict du procès avec joie tandis que le ministre et les représentants politiques se sont abstenus de tout commentaire. Quelques puissantes familles de Sang-Pur leur ont néanmoins réaffirmé leur soutien, mais ils restent rares. Beaucoup de leurs alliés se sont détournés d'eux à la fin du premier procès. Les faits de maltraitance sévères ont choqué toute la population et le ministre des Familles et de la protection des enfants a déclaré dans la foulée qu'il allait demander à son équipe de se montrer plus vigilante et de faire plus de prévention pour inciter les enfants et les adultes à reconnaitre les signes de maltraitance. Un numéro de cheminette a déjà été mis en place pour permettre aux témoins de dénoncer et alerter des cas de maltraitance.

xXx

James reposa le journal qui était sorti trois jours plus tôt. Il y avait des articles plus récents, mais c'était celui qu'il préférait. Il ne parlait pas seulement de la façon dont s'était terminé le procès, mais également des conséquences et des prises de conscience qu'il avait engendrées. Le ministre avait même fait tout un beau discours pour annoncer la faillite de l'Etat et combien lui et son gouvernement étaient sur le pied de guerre pour que plus jamais ce type de situation ne se répète. James ignorait s'il était sincère ou si c'était une simple annonce pour son électorat. Les prochaines élections étaient dans plus d'un an, mais la bataille avait déjà commencé.

Tout cela échappait à James. La politique ne l'avait jamais vraiment intéressé mais c'était sans doute une erreur car il pourrait voter aux prochaines élections. Pourtant, il ignorait tous des candidats et de leur programme. Ce qui le rassurait, c'était qu'il n'était pas le seul de ses amis à ne rien y connaitre. A l'inverse, Regulus lui avait dit que Barty, un de ses amis Serpentard, était un passionné de politique. Il désirait même y faire carrière. C'était un rêve étonnant pour un gamin de 15 ans… Mais James n'allait pas le juger. D'autant que grâce à lui, ils avaient appris que des personnalités politiques et hommes influents manœuvraient dans l'ombre pour que Tom Jedusor échappe à la peine capitale.

C'était absurde. Au vu de ses crimes, l'ancien Gryffondor n'imaginait pas cela possible. Mais cela restait inquiétant. James ne comprenait pas comment qui que ce soit pouvait trouver des excuses ou des circonstances atténuantes à ce qu'avait fait le psychomage. En plus d'avoir tué des civils moldus, il avait tué ses parents. Il était hors de question qu'il s'en sorte. À la fin du mois, une fois que le bureau aurait fini d'enquêter sur les différentes affaires auxquelles il était lié, le procureur annoncerait sa peine.

Tout comme Walburga il serait exécuté, James en était certain. Il se ferait d'ailleurs un plaisir d'assister aux deux évènements.

-Ça va ?

La voix de Sirius le fit sursauter. Il venait de le rejoindre dans le séjour. Regulus était dans le jardin à ramasser les premiers fruits.

-Oui, j'étais juste perdu dans mes pensées.

-J'ai vu ça, rigola son ami. Tu avais le regard perdu, tu étais immobile et tu clignais à peine des yeux. Tu avais l'air d'un psychopathe, confia-t-il.

-Très drôle.

James soupira et se frotta les yeux, épuisé.

-Tiens bon, demain matin ce ne sera plus qu'un mauvais souvenir.

-Je ne suis pas sûr que mes souffrances s'achèvent après la pleine lune…

Sirius prit le temps de réfléchir pour comprendre de quoi il parlait avant que la lumière ne se fasse. Il prit le nouveau numéro de Harry publié le matin même. Il était plus gros que les précédents. James et son équipe en étaient fiers, mais ils savaient aussi que pour la première fois depuis le lancement, ils risquaient gros. Harry risquait d'être attaqué par la famille Rosier. Néanmoins, James n'en avait rien à faire. Ce serait des problèmes qu'il devrait gérer plus tard, lorsqu'ils seraient là, et qu'il n'aurait d'autre choix que d'y faire face. Pour l'instant, la pleine lune était un problème suffisamment encombrant.

-Je l'ai trouvé génial ! lui assura son meilleur ami.

James sourit. Il ferma les yeux un instant, luttant contre le sommeil. Dans quelques heures, il serait enfermé et enchainé dans la cave. Et il prierait pour qu'une fois de plus, tout se passe bien.

-Je suis mort de trouille, avoua-t-il soudain.

-Tout se passera bien, je te le promets.

-Tu ne peux pas le promettre Sirius, soupira-t-il.

Ce dernier posa ses fesses sur l'accoudoir de sa chaise. Il le savait, mais il tentait tant bien que mal de le rassurer. Ce qui inquiétait James, c'était que ce qui avait failli se passer près de la cabane hurlante se reproduise. Il avait conscience qu'il mettait ses amis en danger en les laissant l'aider lors de la pleine lune. Il avait l'impression d'être égoïste, de privilégier son bien-être à leur sécurité. Car tout pouvait arriver. Surtout depuis que Regulus s'était mis en tête de permettre à son loup et lui de cohabiter en harmonie.

-Il est tellement têtu et n'écoute jamais rien.

-Remus sera là aussi, il arrive bientôt. Ça va aller, insista Sirius.

-Comment tu fais pour ne pas paniquer, pour ne pas l'enfermer et l'empêcher de n'en faire qu'à sa tête ?

-Parce que c'est illégal, tout simplement, s'amusa-t-il.

James grogna. Il le fixa ensuite en souriant.

-Regulus est intelligent et prudent. Si c'était vraiment dangereux, il ne le ferait pas. Il a confiance en nous, reprit Sirius.

-Je serai juste une bête sanguinaire qui cherchera à le dévorer. Il ne doit pas avoir confiance en moi, pas quand je suis dans cet état.

-Oh… quand j'ai dit qu'il avait confiance en nous, je parlais de Remus et de moi.

James sourit encore, rassuré par les paroles légères de son ami. Il espérait de tout son cœur que tout se passerait bien cette nuit.

xXx

La porte s'ouvrit à peine dix secondes après qu'il eut frappé. Cela fit sourire Hugo, mais ne le surprit pas. C'était bien le genre de Maugrey d'être à l'affut de tout, même chez lui.

-Tu n'as pas une maison ? demanda-t-il en guise de salutation.

Hugo rit.

-C'est assez compliqué étant donné que j'y passe à peine quatre mois par an, mais oui.

Maugrey s'écarta pour le laisser entrer. Hugo le remercia puis jeta un coup d'œil à l'intérieur, s'attendant à voir Marlene.

-Marlene n'est pas là ?

L'Auror haussa un sourcil.

-Non. Elle loge peut-être ici, mais elle n'y passe pas non plus tout son temps.

-Hum. Sais-tu quand elle rentrera ?

-Non, je ne suis pas son père. Je ne surveille pas ses allées et venues.

-Loin de moi l'idée d'imaginer ça !

-Hein ?

Hugo écarquilla les yeux en comprenant qu'il avait parlé à voix haute. Il se gratta la tête, embarrassé.

-Rien. J'ai à te parler.

-J'imagine, sinon tu ne serais pas là.

Hugo s'installa sur le canapé de l'agent et Maugrey le rejoignit. Il ne lui proposa ni à boire ni à manger mais cela ne dérangea pas le français. Maugrey était ainsi et il se fichait bien que le jeune homme manque d'hospitalité.

-J'ai besoin de conseil, confia-t-il. Il y a un mois, j'ai été contacté par St-Mangouste. Ils m'ont sollicité car ils ont besoin de prélever du sérum sur Fumseck, mon phénix, pour une opération. Dans la lettre, ils m'ont bien expliqué de quoi il retournait et comment ça se passerait. Ce n'est pas une opération sans risque, du moins pour l'animal. Concernant le patient, à part le coût élevé, celle-ci est bénigne et après une bonne rééducation, la guérison est complète.

-Tu me déranges pour ça ? maugréa l'agent. Il va falloir que tu trouves de meilleures excuses pour venir la prochaine fois. Et que tu te fasses d'autres amis, ajouta-t-il après un silence.

Hugo ne put que sourire. C'était du Maugrey tout craché. Au moins pouvait-il se satisfaire que celui-ci reconnaisse enfin qu'ils étaient amis.

-Je suis démasqué, plaisanta le blond.

Il perdit néanmoins vite son sourire et soupira. L'Auror croisa les bras et fronça les sourcils, acceptant d'être son confident pour quelques minutes.

-Tu hésites et tu veux mon avis ?

Hugo garda le silence un instant avant de répondre.

-Non… Enfin, j'ai refusé aussitôt après avoir reçu cette lettre. J'aime les animaux, je les protège et les étudie. Je ne peux pas accepter qu'on fasse du mal à mon ami car c'est ce qu'il est. Et puis, il y a des alternatives alors ça m'a convaincu de savoir que mon choix ne condamnait personne.

Hugo soupira, croisa ses doigts entre ses jambes et baissa la tête, perdu.

-Mais alors que je pensais cette histoire derrière moi, Lily Evans m'a envoyé une lettre. J'ai alors compris que la patiente en attente de sérum, c'était elle.

-Et où est le problème ? demanda Maugrey.

-C'est plus difficile de dire non à quelqu'un qu'on connait… Tout d'un coup, c'est moins abstrait. On met un visage sur une situation. J'ai suivi de loin ce qui lui est arrivé durant l'attaque et ses nombreuses batailles pour retrouver l'usage complet de sa jambe. Elle a subi plusieurs opérations avant de se tourner vers cette solution. Ce n'est pas sa dernière chance, mais c'est la plus certaine. Je ne suis pas sûr de pouvoir lui enlever cet espoir…

-Je ne la connais pas, mais elle n'a pas l'air rancunière. Si tu as refusé la première fois, rien ne t'oblige à changer d'avis. Elle devra l'accepter.

En théorie, Maugrey avait raison et Hugo était agréablement surpris par cet échange. Il n'aurait pas pensé que l'Auror ait la patience de l'écouter jusqu'au bout ni qu'il soit sincèrement intéressé par ses tourments. Mais après avoir lu la lettre de Lily, il avait été pris d'un doute. Il avait alors été demander plus de renseignements à l'hôpital et loin de l'aider, cela l'avait plus perturbé encore. Sur le coup, cela lui avait semblé être une bonne idée de venir voir son ami et il ne s'était pas trompé.

Hugo avait toujours eu des principes et il voulait s'y tenir. Jusqu'à présent, il n'avait jamais douté de ses choix. Mais aujourd'hui, il se sentait égoïste, déconnecté de la réalité. Il y avait un monde entre ce qu'il fallait faire et ce qui était possible. En absence de solution toute aussi efficace et plus respectueuse de la nature, il était difficile d'empêcher les gens d'avoir recours à des méthodes que le français n'approuvait pas. Il ne pouvait pas les juger d'y recourir, il devait être plus ouvert. Les gens souffraient, chacun avait ses problèmes et ce n'était pas parce qu'ils avaient moins de considération pour ces animaux étranges et si rares qu'il adorait qu'ils ne les aimaient pas. Qu'ils n'en avaient rien à faire du bien-être animal. Il n'y avait pas 2 camps qui s'opposaient.

-J'ai envie de l'aider, mais je ne sais pas si… Si je le fais, j'aurais l'impression de la faire passer avant Fumseck alors qu'il est sous ma responsabilité, mon ami.

-Tu devrais prendre le temps de réfléchir. Elle trouvera peut-être un autre donneur. Dans tous les cas, il y a peu de risques que sa jambe se soigne toute seule alors tu n'as pas besoin de te presser.

-Ouais, tu as raison.

Hugo soupira encore.

-Avec cette histoire, je me rends compte que sans le vouloir, je classais les gens dans deux catégories. Ceux qui avaient conscience du mal fait aux animaux magiques et le rôle que joue l'homme dans la destruction de leur habitat naturel et ceux qui s'en fichaient et qui y voyaient leur intérêt personnel. Ce qui arrive à Lily Evans me permet de nuancer mon opinion.

-Je n'arrive pas à croire que tu m'aies dérangé un jour de semaine juste pour ça, ronchonna à moitié Maugrey.

Cela fit sourire le français. Malgré ce qu'il disait, l'Auror avait pris le temps de l'écouter et il appréciait. Les deux hommes n'avaient pas vraiment pris le temps de discuter depuis ce qu'il s'était passé à Londres. L'arrestation de Jedusor et le meurtre d'innocents avaient marqué Hugo. Pendant un temps, il avait cru que cela n'avait pas perturbé Maugrey, mais il s'était trompé. Il l'avait observé à l'enterrement des Potter. Il l'avait vu rongé par les regrets et la culpabilité. Cela devait arriver souvent de subir des tragédies de ce genre avec son métier. Il était obligé de se blinder, de ne rien laisser transparaître mais il souffrait, c'était évident.

-Je te manquerais trop si je n'étais pas là !

Le châtain lui lança un regard qui voulait dire qu'il n'en était pas sûr.

-Au fait, comment ça se passe avec Marlene ? Je pensais qu'après l'arrestation de Jedusor, elle rentrerait chez elle.

-Je ne sais pas ce qu'elle a dans la tête et à mon avis, elle l'ignore elle-même.

-Elle m'a l'air d'être plutôt réfléchie pourtant, contra Hugo.

-Cette idiote a pris rendez-vous avec le bureau. Elle a l'intention d'avouer ce qu'elle a fait et surtout le rôle qu'elle a joué lors de l'évasion des prisonniers d'Azkaban.

Hugo était choqué, d'autant plus par la réaction de son ami. Comme il l'avait remarqué à plusieurs reprises, il tenait à elle, sinon il ne serait pas autant en colère.

-En soi, c'est plutôt noble de sa part. Elle n'a pas à se soustraire à la justice.

À côté de lui, Maugrey lui lança un regard noir qu'il tenta d'ignorer.

-Même si tu lui as pardonné, ce n'est pas le cas des victimes ni du reste de la population qui a besoin de connaître la vérité, lui fit remarquer Hugo. Je sais que tu tiens à elle e-

-Ce n'est pas ce que tu crois, c'est une gamine ! jeta Maugrey, gêné.

-Elle va avoir 19 ans et tu n'es pas si vieux. Vous n'avez même pas 10 ans d'écart.

-Nous ne sommes pas là pour parler de mes histoires de cœur.

-On pourrait, s'amusa le blond. Ou pas, ajouta-t-il devant le visage fermé de son ami.

Hugo comprit que c'était un sujet sensible et qu'il faudrait y aller par étape. Tout comme Maugrey l'avait écouté, conseillé, il voulait faire de même L'aider à ne pas fermer son cœur et enfin rompre la solitude qu'il s'imposait.

xXx

-Vous êtes sûrs que c'est bien serré ? souffla James.

-Oui, si on serre plus, on va finir par te couper les poignets, répondit Regulus.

James lui lança un regard sceptique qui vexa presque le Serpentard.

-Tu veux que Sirius vérifie ?

James acquiesça et, le visage crispé, Regulus laissa la place à son frère.

Tout cela était ridicule. Dans peu de temps, James entamerait sa transformation. Les quatre amis avaient déjà discuté longuement pour savoir ce que chacun avait à faire pour que la nuit se passe au mieux.

Avant que son petit-ami ne laisse place à la bête en lui, Remus et Sirius se transformeraient et se tiendraient dans un coin de la pièce, à l'opposé du loup. Devant Regulus pour le protéger. Si jamais James manifestait un seul signe d'agressivité envers lui, il devrait tout de suite quitter la pièce et réactiver les barrières magiques pour empêcher la bête de sortir.

Regulus savait qu'à part lui, personne ne croyait en son plan. Le Serpentard avait conscience qu'il n'avait pas le droit à l'erreur. Il était anxieux, mais ne pouvait pas leur laisser le savoir. S'il montrait le moindre doute, ce serait l'excuse parfaite pour le trio de le mettre à l'écart.

-C'est bon, c'est suffisamment serré, fit Sirius.

-Tu vois, je n'avais pas menti.

-Comment tu te sens, James ? demanda Remus.

-Bien. Je suis content de ne pas m'être déshabillé cette fois.

-Simplement parce qu'on ne t'en a pas laissé le temps, sourit Sirius. On n'a pas envie de revivre ça une seconde fois !

Regulus fronça les sourcils : c'était la première fois qu'il entendait ce détail.

-Ça ne devrait pas tarder, souffla James qui ferma les yeux sous une vague de douleur.

Sirius et Remus échangèrent un signe de tête et Regulus comprit qu'il devait également se mettre en place. Il se précipita vers James, déposa un rapide baiser sur ses lèvres avant d'aller là où l'attendaient son frère et Remus. Il vit James le regarder avec amour, sourire, et commencer sa transformation. Devant lui, son frère et Remus venaient de finir leur propre métamorphose.

Tout allait bien se passait, se répétait-il.

Il fallut de longues minutes à James pour se transformer. Durant ce temps, il hurla, se recroquevilla à cause de la douleur et Regulus ferma les yeux, ne pouvant supporter cette vision plus longtemps. Il agrippa la nuque de son frère pour se donner du courage, sa main s'accrochant à ses longs poils.

Puis la bête leur fit face, imposante et en colère. Elle rugit et en un instant, Regulus se rappela de cette fameuse nuit où il s'était retrouvé sous lui, vulnérable. Le loup-garou les fixa en continuant de grogner. Ses chaines le restreignaient, ce qui redoubla sa colère.

Le trio attendit, anxieux, que la situation bascule d'un côté ou de l'autre. Finalement, le loup-garou arrêta de se déchainer dans l'espoir de se libérer mais ne les quitta pas des yeux, la bave aux lèvres, les crocs luisants et les yeux brillants de rage.

-Je devrais tenter de l'approcher, lança Regulus.

Le chien lui jeta un regard et le repoussa avec son museau. Sirius était contre et même si Regulus ne pouvait pas l'entendre, il le devinait sans mal. Mais le Serpentard avait tenu à les accompagner pour aider, pas pour rester planté là à attendre que les deux Animagus le sauvent si la situation dégénérait.

-On doit essayer. Si je suis vraiment son "ancre", je devrais pouvoir l'aider à se calmer, à canaliser toute sa colère. Ce serait bien car ça voudrait dire qu'il passerait des nuits de pleine lune moins éprouvantes.

Remus lui fit un signe de tête signifiant qu'ils allaient y aller doucement. Ils devaient faire attention aux réactions du loup-garou.

Regulus soupira de soulagement. Remus n'était pas de son côté, mais au moins n'était-il pas contre lui non plus. Il était ouvert et prêt à tenter une première approche. Il fallait savoir au plus vite si Regulus pouvait apaiser le loup-garou et si ce n'était pas le cas, le Serpentard devrait sortir.

Le trio approcha lentement. A mi-chemin, la bête grogna et tenta de s'approcher d'eux. Sirius lui grogna dessus, se voulant intimidant pour le tenir éloigné.

-James, appela timidement Regulus.

Le Serpentard était terrorisé et n'en menait pas large mais il faisait attention à ne rien laisser paraître.

-James, appela une fois de plus le Serpentard.

Il tendit la main pour que la bête puisse le sentir, le reconnaître. James était attaché. Il ne pouvait pas l'attraper mais il pouvait toujours le mordre. Regulus ne devait pas trop en faire. Il fallait garder une distance de sécurité pour ne pas que les crocs affutés de son petit-ami se referment sur lui.

La bête se calma un instant. Elle observa la main, mais ne la sentit pas. Le loup-garou hurla ensuite, un cri strident qui fit reculer le trio. Surpris, ils attendirent quelques secondes. Le loup-garou se désintéressa alors d'eux, tentant une fois de plus de se libérer de ses chaines.

-Essayons encore, doucement, lança Regulus.

Le puma et le chien le regardèrent, indécis, mais Regulus avança, les forçant à faire de même.

Ils répétèrent la manœuvre et prirent plus de précautions. Regulus attendit avant de tendre sa main pour que la bête le regarde, qu'elle puisse analyser tous ses mouvements. Il leva ensuite une nouvelle fois sa main et attendit. Le loup-garou s'approcha sans grogner. Il la sentit de loin. Regulus était nerveux, il espérait ne pas s'être trompé.

Il ressentit un soulagement immense quand la bête recula sans chercher à le mordre. Il resta immobile, le fixant de ses yeux jaunes. Il était immense et dégageait une aura sombre. Après une grande inspiration, le Serpentard fit quelque pas de plus. Il était à présent tout près de lui et posa sa main sur sa patte

Il ne se passa rien. La bête le fixait toujours, mais son regard n'était plus dur, il semblait dans l'attente. Il était sur ses gardes, mais Regulus le savait, il le sentait, la spécialiste avait dit vrai. Le loup-garou n'était pas dangereux par nature. S'il possédait une ancre et que ses deux identités étaient en phase, la vie d'un infecté pouvait bien se passer.

-Ça marche, dit-il simplement.

À ses côtés, les deux Animagus se détendirent également.

xXx

Maugrey savait qu'il n'avait aucun pouvoir décisionnel sur la vie de Marlene mais quand elle faisait n'importe quoi comme aujourd'hui, il le regrettait assez. La jeune femme était allée jusqu'au bout de sa démarche. Elle s'était rendue au bureau des Aurors dans la matinée et n'en était pas encore revenue. Maugrey avait débuté sa journée de boulot sans avoir de nouvelles. Il était angoissé et se demandait ce que ses supérieurs avaient décidé de faire de la jeune femme.

Depuis la visite de Hugo et la courte discussion qu'ils avaient eue au sujet de l'ancienne Serdaigle, Maugrey ressassait ses sentiments. Ce n'était pas son genre de se prendre la tête pour ce genre de futilités. Généralement, il attendait que ça passe. La seule chose qui l'intéressait était son boulot mais aujourd'hui, il devait se concentrer pour ne pas se laisser distraire. Il était impossible pour lui d'ignorer la sorcière. Pire encore, les émotions qu'il ressentait en sa présence ne diminuaient pas.

Il y avait quelque chose qui le touchait chez la jeune femme. Dans un certain sens, il la trouvait admirable. Cela n'avait rien de rationnel et quand il essayait d'y réfléchir, il ne voyait aucune réponse satisfaisante. Le temps n'était plus au questionnement, surtout que Maugrey n'était pas bête, il savait que tout était inutile. À présent qu'il avait pris conscience de ses sentiments et du fait que ceux-ci, contrairement à d'habitude, n'étaient pas passagers, il lui faudrait vivre avec.

Il ferait ce qu'il pourrait pour la jeune femme, sans s'imposer ni la juger. Et cela commençait par lui éviter la prison. Ne pouvant l'empêcher de soulager sa conscience en allant avouer ses crimes, Maugrey avait pris la liberté d'aller toucher deux mots à ses supérieurs. Il avait plaidé sa cause et tenté de faire valoir des circonstances atténuantes. Vu l'ampleur des crimes de l'ancienne Serdaigle, sa seule possibilité était de lui faire éviter un procès et encore plus un enfermement.

Quoi qu'ait décidé la direction, Maugrey serait bientôt fixé. Il devrait cependant attendre de rentrer pour avoir le fin mot de l'histoire. Il voulait l'entendre de la bouche de Marlene. En attendant le soir, il s'attela avec sérieux à son travail. Il alla patrouiller, enquêta sur une affaire en pause depuis plusieurs semaines et demanda au service analyse de faire parler quelques indices trouvés sur une scène de crime tout en sachant qu'il n'aurait pas de réponse tout de suite, le service étant débordé. Comme chaque agent au bureau.

Difficilement, l'Auror arriva à ne pas penser à ce que Marlene aurait à lui apprendre. Quoi que ce soit, cela ne pouvait pas être catastrophique. Si la jeune femme avait été arrêtée, son supérieur l'en aurait informé. Étant donné qu'il était venu plaider sa cause, son chef avait dû comprendre que cette histoire l'intéressait, et encore plus que l'ancienne Serdaigle avait une certaine importance pour lui.

Il ne fut donc pas surpris de trouver la sorcière chez lui en rentrant. À présent, il avait hâte de savoir comment elle s'en était sortie. Il était en effet impossible qu'elle ait été blanchie.

-Comment ça s'est passé ? demanda l'Auror aussitôt en rentrant.

Marlene, qui se trouvait dans la cuisine, se tourna lentement vers lui. Elle avait le visage fermé. Pendant un instant, Maugrey imagina que contrairement à tout ce qu'il s'était dit pour se rassurer, les choses avaient mal tourné. Marlene regrettait son choix, cela semblait évident à présent. Il n'aurait jamais dû la laisser faire. Il avait l'impression d'avoir cédé trop vite. Marlene restait une citoyenne lambda, elle ignorait tous des lois de leur pays. Elle avait sans doute sous-estimé le traitement qui lui serait accordé.

Le cerveau de Maugrey analysait déjà la situation et les solutions possibles pour la sortir de là lorsque la sorcière prit la parole.

-L'agent qui m'a auditionné m'a dit ce que tu avais fait.

-Ce que j'ai fait ? releva Maugrey.

Il fronça les sourcils, pas sûr de comprendre.

-Je ne t'avais pas demandé d'intervenir en ma faveur ! s'énerva-t-elle. Je ne comprends pas à quoi tu joues ! C'est comme ce que tu as fait pour mon frère, ma famille... Et si cela s'était retourné contre toi ?!

Maugrey soupira, comprenant qu'il n'y avait rien de grave. Il enleva sa veste et ses chaussures puis alla se servir un verre d'eau sous le regard incrédule de la plus jeune.

-Ce ne sont que des détails, des informations sans importance. Qu'a décidé le bureau ? demanda-t-il après avoir vidé son verre d'une traite.

-C'est tout ce que tu as à dire ? J'ai l'impression que tu ne comprends pas la situation !

-Bien sûr que si, je la comprends très bien.

-Par Merlin, bon sang, pourquoi fais-tu tout ça ?! Pourquoi prends-tu tous ces risques pour moi ?!

Maugrey détourna le regard. Il n'avait pas très envie d'avoir cette discussion avec Marlene. Si elle ne voulait pas lui répondre, tant pis. Son supérieur le ferait volontiers.

-Ne pars pas, le supplia alors Marlene. Ne fuis pas la discussion une fois de plus !

Maugrey, qui lui tournait le dos, hésita à se retourner. Il sentait que la jeune femme était énervée, à fleur de peau. Les longues heures d'audition n'avaient pas dû être simples. D'autant plus qu'à présent, ses choix passés lui revenaient en plein visage.

-Que veux-tu que je te dise ? Il y a certaines choses qui se passent d'explication.

-Et si j'en avais besoin ?

Marlene soupira et croisa les bras.

-Depuis que je suis revenue, ça a été assez compliqué. Même avec mes amies de longue date, ce n'est plus pareil... Tu m'as soutenu et protégé comme personne ne l'avait fait auparavant, à ta manière, mais ça m'a touché, avoua-t-elle avec un sourire. Tu m'as forcé à assumer et tu ne m'as jamais ménagé. Tout ça fait que, je ne sais pas... Je me dis que ce que tu fais pour moi, m'héberger, cacher ce que j'ai fait ou encore tenter de plaider ma cause auprès de tes supérieurs... ça peut te retomber dessus. Je n'ai pas envie de t'attirer des ennuis.

-Il fallait y réfléchir avant, lança l'Auror.

Marlene soupira.

-Tu vois, à présent, je sais faire la différence entre la vérité et ce que tu dis pour te tenir à ton rôle d'Auror grincheux.

Maugrey commençait à s'énerver. Il avait l'impression que Marlene voulait le pousser à bout. L'obliger à avouer ses... sentiments.

-Je sais que tu es suffisamment intelligente pour faire tes propres déductions.

-Et si j'avais envie de l'entendre de ta bouche ? murmura Marlene.

-Pourquoi ? Pour avoir le plaisir de me rejeter après ?

Marlene parut surprise un instant, puis se ressaisit.

-Comme si c'était moi qui te rejetais ! Tu le fais tout seul !

Elle rougit, ne pouvant plus cacher sa gêne.

Maugrey eut soudain peur de comprendre ce que sous-entendait l'ancienne Serdaigle et il préféra s'éclipser dans la salle de bain. Il faisait chaud et il avait quelque peu transpiré en faisant sa patrouille.

Dans son dos, Marlene parla enfin.

-Je... J'échappe à Azkaban. Je n'ai plus le droit de quitter la Grande-Bretagne et je dois m'acquitter d'une dette abyssale. Je suis à présent assignée au bureau pour effectuer des tâches administratives et d'analyste. Cela compte comme des travaux d'intérêt général de ce que j'ai compris. Merci. Vraiment merci. Sans toi, je sais que j'étais condamnée.

Maugrey sourit, soulagé. Il continua cependant son chemin. Après ce qu'ils s'étaient dits, ou plutôt ce qu'ils avaient sous-entendu, il n'était pas à l'aise pour lui faire face.

xXx

Au réveil, James se sentit étrangement bien. Un sentiment inhabituel pour un lendemain de pleine lune. En avisant l'heure, il comprit qu'il avait dormi une partie de l'après-midi. Il était encore un peu fatigué, mais il ne se sentait pas cassé et au bout de lui-même. C'était plus comme un lendemain de soirée difficile, sans le mal de tête !

Il sourit et se tourna dans son lit. C'était agréable de ne pas avoir mal partout, de ne pas avoir le goût métallique du sang dans la bouche. A priori, il ne s'était ni mordu ni griffé pour passer sa colère et sa frustration. Malheureusement, le jeune homme perdit vite son sourire en se rappelant comment le groupe avait géré la dernière pleine lune. Regulus avait eu l'idée stupide de rester avec lui pour tenter de l'apaiser et que le loup ne se retranche pas dans la folie et la destruction.

James se redressa. Ses jambes étaient faibles mais après quelques essais, il parvint à se tenir debout et à sortir de sa chambre. Il devait vérifier au plus vite que tout s'était bien passé, qu'aucun de ses amis n'était blessé. Mais à peine avait-il fait quelques pas dans le couloir que Regulus surgit derrière lui. Prêt et à l'affut.

-Pourquoi es-tu là ? Tu es encore faible, tu devrais te reposer.

Regulus passa son bras autour de sa taille et le ramena vers sa chambre. James se laissa faire, soulagé de voir que son amoureux allait bien.

-Je suis content de voir que tu es encore vivant, lui dit-il.

James se laissa tomber sur le lit et haussa les épaules face au regard agacé du Serpentard.

-Tout s'est bien passé, je t'avais dit de me faire confiance. Remus et Sirius aussi vont bien.

-C'est cool, c'était assez stressant pour moi. Et ce n'était pas une question de confiance, mais simplement de bon sens. C'était dangereux et je ne voulais pas qu'un accident arrive.

Regulus s'assit à côté de lui et posa sa tête sur son épaule. James déposa alors un baiser sur le sommet de sa tête et soupira. Il bâilla sans pouvoir s'en empêcher. Maintenant qu'il avait eu des réponses à ses questions, la fatigue le rattrapait.

-J'ai envoyé une lettre à la spécialiste de la lycanthropie, elle était super contente de savoir que ça avait marché. Ça a confirmé sa théorie comme quoi le loup-garou n'est pas un être barbare de nature. Bien sûr, il n'est pas inoffensif, mais ce n'est pas la bête assoiffée de sang décrite dans les manuels anciens. Ça lui a donné envie de se pencher plus sur la question et elle est dans l'endroit idéal pour ça. Ce sera plus compliqué après.

Dans le brouillard cotonneux où se trouvait son esprit, il était difficile pour l'ancien Gryffondor de rester totalement concentré sur ce que lui disait son petit-ami. Il avait envie de dormir alors qu'il venait juste de se réveiller. Regulus continuait de lui parler et il lutta pour ne pas perdre le fil.

- Erd ne peut plus retourner à Poudlard et sa famille ne veut plus avoir de contact avec lui. Malheureusement, qu'il le veuille ou non, il sera obligé de construire sa vie là-bas. Pour l'instant, la spécialiste l'aide et le soutient, mais elle devra retourner à sa vie tôt ou tard.

-C'est triste ce qui lui arrive… Il n'a pas le choix que de s'adapter car c'est la seule option qu'il a. Il n'a que 12 ans et se retrouve dans un monde inconnu, souffla James.

-Il n'est pas encore complètement à l'aise mais il est intégré dans le village. Les gens là-bas font attention à lui et font en sorte qu'il se sente bien.

-Je me suis toujours demandé comment c'était là-bas, laissa échapper James.

Depuis qu'il avait été transformé, il n'avait jamais imaginé comment ceux qui avaient été mordus pouvaient vivre à part des sorciers non infectés. Il n'avait jamais imaginé être rejeté et avait toujours considéré que les villages de loups-garous, de par leurs secrets et leur fonctionnement, n'étaient pas une bonne idée. Mais il y avait des gens qui n'avaient rien d'autre et que cette situation aidait. Se couper des autres était également se garder en sécurité.

Regulus était étonnamment plus ouvert que lui au vu de l'éducation qu'il avait reçue de Walburga et d'Orion. Leurs opinions au sujet de ces endroits étaient très différentes. Regulus devinait aisément tout ce qu'il taisait. Il le connaissait bien à présent.

James lui avait promis de réfléchir à l'éventualité d'aller dans un village de loups-garous pour tenter d'en apprendre plus sur ce qu'il était et ne pas enfermer son loup dans une solitude qu'il ne pourrait pas gérer. Même si cette option n'avait pas emballé l'ancien Gryffondor au début, il était obligé de reconnaître que ces villages seraient les seuls endroits où il pourrait être lui-même.

-Je suis curieux, mais aussi stressé. Tu m'en dis toujours du bien alors qu'au fond, tu n'en sais pas grand-chose. La vérité est que depuis le début, je trouve toujours un moyen de me défiler parce que j'ai peur de ce que je pourrais voir là-bas. Des êtres sanguinaires, des meurtriers, des gens qui ont perdu leur humanité ou encore qui vivent dans la misère, qui ont tout perdu. J'ai peur de voir ce que je pourrais un jour devenir. Je ne voulais pas mettre trop d'espoir dans cette histoire d'ancre pour ne pas être déçu. C'est vraiment dur de n'avoir aucun contrôle les soirs de pleine lune, d'imaginer le pire et d'être encore loin du compte. De ne plus être complètement... humain.

-James...

-Mais je suis un Gryffondor et j'adore ce genre d'aventures, reprit James, plus guilleret. Je ne vais pas laisser la peur me paralyser. Surtout que tu as réussi à me démontrer que je n'étais pas une cause perdue.

-C'est normal d'avoir peur, d'avoir des questions. On trouvera toutes les réponses dont tu as besoin et on fera en sorte que les soirs de pleine lune ne soient plus un calvaire où tu te rongeras les sangs en attendant la catastrophe.

-Si tu le dis, je te fais confiance, souffla-t-il.

Il ferma les yeux un bref instant avant de les rouvrir. Regulus lui sourit, comprenant qu'il était encore fatigué.

-On en rediscutera, nous avons le temps. Tu devrais te reposer. On ne peut pas aller dans un village de loups-garous comme ça. En plus, avec mon départ pour le village de véla, je n'ai pas le temps de me renseigner sur le sujet. Après, il y aura la rentrée scolaire, sans oublier le cas de Jedusor. Même s'il a été arrêté, les choses ne seront définitivement finies que quand il aura été condamné. Sans oublier l'h-

-Chut, pouffa James. J'ignorais qu'il y avait autant de choses dans cette petite tête. Concentre-toi sur tes prochaines vacances chez les véla.

Le brun grogna ensuite de dépit.

-Je ne sais pas si je suis jaloux ou envieux, ajouta-t-il.

-J'essaierai de prendre plein de photos.

-Tu as intérêt ! plaisanta-t-il.

James bailla de nouveau et, guidé par son copain, retourna sous ses draps. Le sommeil était lentement en train de le happer. Avant de rejoindre complètement les bras de Morphée, le créateur du magazine Harry se demanda où étaient passés Remus et Sirius.

xXx

Sirius était excité. Après avoir longtemps hésité sur le fait de prendre un animal de soutien émotionnel, il se lançait enfin aujourd'hui. Tout le monde avait fait la grasse matinée après la pleine lune de la veille mais à 15h, voyant que James ne s'était toujours pas réveillé, Sirius avait décidé de sortir. Son ami avait énormément pris sur lui en laissant Regulus être avec eux dans la cave. Lui-même n'avait pas compris l'idée de son petit frère, mais il lui avait fait confiance.

Il avait pu voir comment le loup s'était apaisé face au jeune homme et cela lui avait rappelé ses discussions précédentes avec sa psy. Il ne pouvait pas guérir seul. Tout comme James avait eu besoin de Regulus hier, lui aussi avait besoin d'une ancre. Les séances chez le psy étaient une bonne réponse pour sortir de son trauma, le procès lui avait également permis d'avoir une réponse juridique et d'accepter ainsi plus facilement de laisser derrière lui ce qui lui avait fait du mal et d'avancer, plus léger.

Mais pour que la tâche ne soit pas trop dure et qu'il ne se sente pas coupable de craquer, il lui fallait un soutien, une éponge émotionnelle avec qui il pourrait partager toutes ses peines. Car Sirius le savait, il ne pouvait et ne voulait pas tout dire à son entourage. Avec un animal, il ne serait pas obligé de parler. Ils pourraient communiquer d'une autre manière.

Le choix qu'il s'apprêtait à faire était une aventure pour lui. Il allait choisir un animal dont il devrait s'occuper, subvenir jusqu'au bout à ses besoins, mais surtout l'aimer. L'ancien Gryffondor ne s'était jamais imaginé avoir un animal de compagnie. Il avait choisi Remus pour l'accompagner et non pas son frère parce qu'il n'avait pas confiance en Regulus pour ne pas perdre l'esprit une fois devant ces adorables petites bêtes. Il ne lui avait pas dit ce qu'il allait faire, mais simplement que Remus et lui allaient faire les magasins. Préoccupé par l'état de James, Regulus lui avait à peine accordé son attention.

-Le magasin Petshop a la certification pour vendre des animaux utilisés en tant qu'animaux de soutien émotionnel. Je trouve l'appellation assez étrange, commenta Remus.

-C'est un concept nouveau, je pense que plus les gens sauront comment ça fonctionne, plus ce sera abouti. Enfin, après, je ne me fais pas de souci. S'ils ont la certification, c'est qu'ils font du bon boulot et ont des animaux aptes à aider des gens en détresse.

Remus lui sourit. Il était tellement positif.

Le magasin animalier se trouvait à une heure de Godric's Hollow. Sirius espérait y trouver son bonheur. Des magasins de ce style, il n'y en avait que trois et c'était tous des Petshops. S'il ne trouvait pas dans cette boutique, il ne risquait pas de trouver ailleurs.

Remus et Sirius entrèrent. Des clients étaient déjà présents. Le magasin était grand, une musique d'ambiance sortait de haut-parleurs et les animaux étaient dans des cages en verre transparent surélevées. Leurs informations de base étaient notées et le duo s'approcha d'une des cages.

-Il est mignon celui-là.

-Je n'avais jamais vu d'écureuil marin.

-Je ne savais même pas que ça existait, rigola Sirius.

L'animal était grand et avait l'air agréable à caresser. Il avait de grands yeux bleus et des rayures qui changeaient de couleur suivant la luminosité de la pièce. Remus et Sirius continuèrent leur petit tour sans que personne ne vienne les voir. Un chat attira leur attention. Comme les autres animaux de Petshop, il était allongé. Il semblait fatigué et étrangement calme même quand des humains passaient à proximité.

-Il a l'air un peu triste, non ? demanda Sirius devant les yeux humides du chat.

-Ils sont tous un peu comme ça. Je ne suis pas sûr que ces animaux soient très à l'aise dans une cage de cette taille.

-Bonjour, puis-je vous aider ?

Les deux amis se retournèrent vers la vendeuse tirée à quatre épingles.

-Euh... c'est à dire, bégaya Sirius. Je cherche un animal, mais je ne sais pas trop lequel choisir, ni comment ça marche ici.

La jeune femme sourit et lui expliqua le fonctionnement de Petshop. Elle fit beaucoup de blabla commercial et Sirius n'eut pas l'impression d'en savoir beaucoup plus à la fin mais il supposait qu'il n'y avait rien de compliqué. Il choisissait un animal et s'en occupait, comme un animal de compagnie classique. Les animaux de Petshop qui bénéficiaient de la classification animale de soutien émotionnel avaient été entrainés pour reconnaitre les crises chez leurs maitres et quand ils se trouvaient dans une situation dangereuse pour eux.

-Avez-vous des préférences ? Voulez-vous plutôt un animal calme ou joueur ?

-Je ne sais pas, ça a de l'importance ?

-Bien entendu. Si vous êtes plutôt casanier, pas très sportif ou alors peu présent chez vous, les chats qui sont plutôt autonomes ou encore les rongeurs ou les gilpy peuvent vous correspondre. Pour les chiens et certains autres animaux, il faudra les sortir souvent, ou au minimum avoir un grand jardin pour ne pas qu'ils restent enfermés. Ce sont des animaux qui ont besoin de se dépenser, et encore, ce n'est pas vrai pour toutes les espèces.

-Oh, je comprends. Mais du coup, ils ne sont pas malheureux dans un si petit espace ? demanda Sirius, intrigué par les conditions de vie des animaux de Petshop. Et puis, ils ont l'air tous étrangement fatigués. C'est normal qu'ils dorment tous ? C'est l'heure de la sieste ou quoi ?

Sirius put voir que la vendeuse n'appréciait pas ses remarques, mais elle garda néanmoins un sourire de façade.

-Avec tous les animaux que nous possédons, il nous serait impossible de tous leur fournir un espace suffisant. De plus, nos animaux sont sous médicament pour leur bien-être, mais également pour éviter tout incident avec nos visiteurs.

-Merci pour vos renseignements, lança Remus. Mon ami et moi allons encore réfléchir un peu.

-Très bien. Si vous avez des questions, n'hésitez pas.

Malgré ses dires, le duo sentait qu'elle préférait qu'ils arrêtent avec leurs questions et leurs remarques.

La vendeuse repartit comme elle était venue et s'occupa de nouveaux clients.

Sirius et Remus étaient partagés. Si la vendeuse semblait maitriser son sujet, ils avaient du mal à savoir si les animaux de Petshop étaient maltraités ou si les maintenir dans cet état d'apathie était nécessaire pour la sécurité de tous.

-Qu'est-ce que tu veux faire ? demanda Remus. Tu as peut-être déjà fait ton choix ?

-Non, ça va aller. De toute façon, je n'ai pas les moyens de m'offrir un animal dans leurs prix.

Sirius se demandait comment des animaux utiles pour la santé mentale de tant de personnes pouvaient être vendus à des prix aussi exorbitants. À cet instant, l'ancien Gryffondor avait plus l'impression qu'il s'agissait d'un business lucratif. C'était dommage, il n'avait pas envie de vider ses économies pour ça.

-Allez, on y va, tant pis.

-Tu veux qu'on aille dans un refuge ? l'interrogea le châtain. Bien sûr, ils n'ont pas la certification, mais ça ne coûte rien d'aller jeter un œil.

-Ok, ce n'est pas loin de toute façon.

xXx

Sirius n'avait jamais mis les pieds dans un refuge. Se situant à tout juste 10 minutes à pied de Petshop, le duo avait décidé de s'y arrêter quelques minutes avant de rentrer.

Le refuge grouillait d'animaux et les bénévoles semblaient débordés. Un chien avait sauté sur Sirius qui avait failli tomber. Un bénévole les avait accueillis et leur avait expliqué le fonctionnement du refuge. Sirius et Remus avaient été surpris d'apprendre que l'endroit accueillait beaucoup d'animaux de Petshop. Malgré le prix exorbitant dépensé pour avoir de tels animaux, leurs propriétaires ne désiraient pas toujours les garder. Il y avait plusieurs raisons : la lassitude, le manque de temps et il ne fallait pas oublier que beaucoup de personnes ne savaient pas s'occuper d'animaux. Le plus étonnant était que certains, par un effet de mode, voulaient se procurer des animaux chez Petshop.

Jordan, le bénévole qui leur avait fait visiter le refuge, les emmena dans la cour pour qu'ils puissent voir les animaux à l'air libre pendant leur temps de jeu.

-Qu'est-ce qui motive votre adoption ? leur demanda-t-il. Avez-vous déjà pu vous mettre d'accord sur quel type d'animal vous souhaitiez ?

-Euh, c'est juste pour moi, mon ami m'accompagne simplement pour m'éviter de faire n'importe quoi.

-À la base, il cherchait un animal de soutien émotionnel donc on ne sait pas vraiment vers quel animal se tourner. Est- ce qu'il y en a qui conviennent plus que d'autres ? Est-ce même compatible ?

-Dans ce domaine, il n'y a aucune règle. Certains animaux sont utilisés pour reconnaitre et prévenir certains risques et crises.

-Existe-t-il ici des animaux capables de déceler les crises d'angoisses avant qu'elles n'arrivent ? demanda Remus.

Comme le refuge accueillait beaucoup d'animaux de Petshop, Remus supposait qu'il était possible que Sirius trouve son bonheur ici pour un prix beaucoup plus acceptable, tout en faisant une bonne action.

-Nous en avons certains, mais tous sont déjà réservés. Il faut dire qu'ils sont très demandés. Cependant, si vous cherchez un animal pouvant vous aider et ne souhaitez pas faire appel à Petshop, le refuge peut vous proposer une solution.

-Vraiment ? s'étonna Remus.

Il sourit à Sirius, heureux que leur situation se débloque. Sirius se sentait soulagé de l'avoir à ses côtés. Remus prenait les choses en main et cela l'aidait beaucoup. Il avait moins de mal que lui à parler de ses difficultés, de ses faiblesses.

-Nous travaillons avec des vétérinaires et des dresseurs. Si vous prenez un de nos chiens, nous pourrons vous mettre en relation avec notre dresseur qui forme depuis peu les animaux à reconnaitre et prévenir les crises d'angoisse.

-C'est vrai ? Ce serait cool.

-On a mis ça en place suite au grand nombre d'abandons d'animaux de Petshop. Ça nous permet de répondre à une demande et de faire diminuer le nombre d'abandons.

-C'est une bonne démarche. Je suis content qu'on n'ait pas fait l'erreur d'adopter là-bas.

-Ça me couterait combien de faire ça ? À Petshop, les prix étaient très élevés, souffla Sirius.

-Nos chiens adultes sont à 2 galions. Ce prix comprend son identification, les différents vaccins et traitements pour la mise en règle. Pour ce qui est du dresseur, cela vous coutera entre 15 et 20 galions, cela dépendra du nombre de séances. Le mieux est d'avoir déjà un animal qui connait les règles de base et est à l'écoute des ordres de son maitre. Étant déjà pas mal débordé, le dresseur ne s'occupera pas du dressage de base, mais seulement de celui qui apprend à l'animal à reconnaitre les signes d'une crise d'angoisse.

-Donc le mieux est que je choisisse un animal qui a déjà reçu une éducation.

-C'est exact, mais je ne vous cache pas que c'est le cas de très peu d'animaux chez nous. Nous leur offrons un refuge, les soignons et leur donnons de l'affection. Nous sommes trop débordés pour avoir le temps d'en faire plus.

-Tu en penses quoi ? demanda l'ancien Gryffondor au châtain.

-Ça vaut le coup d'aller voir, tu auras peut-être un coup de cœur.

-Suivez-moi ! proposa Jordan qui avait l'espoir de voir qu'un des résidents du refuge allait peut-être bientôt trouver un nouveau foyer.

xXx

Lily prit le courrier, le déposa sur la table et fit le tri. Il y avait rarement des lettres pour elle, mais elle vérifiait toujours. Elle avait secrètement l'espoir d'avoir des nouvelles de l'hôpital. Hugo Leroy n'avait jamais répondu à sa lettre et si Lily en avait pendant un temps ressenti de la déception, elle était passée à autre chose à présent. Elle ne lui en voulait pas et comprenait même son choix. Elle se sentait quelque peu honteuse et avait l'impression d'avoir outrepassé ses droits.

Elle devait rester à sa place et croire en l'hôpital. Elle savait que les médecins faisaient de leur mieux pour trouver une solution à son problème. Elle n'était pas sans savoir que tout le personnel soignant était débordé et qu'ils faisaient de leur mieux. Elle était attentive au moindre signe de leur part tout en sachant qu'ils ne risquaient pas de se manifester de suite. Elle regardait donc le courrier plus par habitude que par réel espoir.

Ce fut pourquoi elle faillit passer à côté d'un courrier très important.

-Celui-ci est pour toi Lily, l'avertit son père.

La rousse revint vers lui, surprise de s'être trompée. Elle le prit et l'ouvrit sous l'œil étonné de ses parents. Elle comprit vite qu'il s'agissait de l'hôpital. Elle le lut rapidement, son cœur battant de plus en plus vite au fur et à mesure de sa lecture. Soudain, elle sentit les larmes monter en comprenant de quoi il était question.

-Qu'est-ce qui se passe ? demanda son père.

-Tu as reçu une mauvaise nouvelle ? s'inquiéta sa mère.

-C'est l'hôpital, commença Lily avant d'être de nouveau submergée par l'émotion. Ils ont trouvé quelqu'un qui veut bien nous aider. Je me fais opérer en septembre.

Ses parents n'arrivaient pas à y croire. Ils se jetèrent des regards sans savoir quoi faire, sans oser bouger, avant de se tomber tous dans les bras. Après des mois de douleur et d'incertitude, la famille Evans voyait enfin le bout du tunnel. Lily avait toujours essayé de garder espoir, ça n'avait pas toujours été facile et elle-même avait donné du mal à ses proches, mais aujourd'hui, tout ça se terminait.

Elle allait remarcher sans séquelles. Fini les souffrances et les mauvais souvenirs. Sa jambe blessée, ce n'était pas qu'un fardeau au quotidien, c'était surtout un rappel douloureux de ce qu'elle avait subi lors de l'attaque de Poudlard.

-Merci, merci, merci, répétait sa mère.

-Il fallait juste garder espoir, souffla son père, ému.

-Je ne pensais pas que ça arriverait si vite…

Comme Hugo Leroy, son seul espoir, n'avait pas répondu à son courrier, elle avait cru que toutes ses chances s'étaient envolées. Qu'il lui faudrait attendre des mois voire un an pour que sa situation ne se débloque.

-Par Merlin, il faut que je l'annonce à Severus !

Ses parents l'embrassèrent avant de la laisser partir.

L'ancienne Gryffondor était aux anges. Elle allait pouvoir remarcher sans boiter et c'était tout ce qui comptait pour elle. Bien sûr rien était encore fait, mais elle y croyait éperdument. L'équipe médicale lui avait certifier à nombreuse reprise que cette technique d'opération ne pouvait connaître d'échec. Elle s'était également intéressée au sujet par curiosité et dans le monde entier on vanter cette technique. Alors même si c'était un peu prématuré, elle savourait le bonheur qui l'attendait !

xXx

-Tu as pris un chien ? releva Regulus, surpris de voir un golden retriever en surpoids avec la langue pendante.

-Toujours aussi observateur. Je me suis enfin décidé et il est adorable, fit Sirius, déjà gaga.

-Il a surtout du poids à perdre, rigola James. Comment c'est possible ? C'est pourtant le genre de chien qui se dépense beaucoup, non ?

-Tu y as été sans moi ! s'écria Regulus.

-Tu m'aurais cassé les oreilles, répondit simplement Sirius.

-C'est faux !

Il soupira et tenta de ne pas s'énerver.

-Les vacances sont bientôt finies, j'ai des révisions a commencé, marmonna-t-il ensuite. Essayez de ne pas me déranger et profitez-en pour trouver des occupations qui ne vous font pas passer pour des idiots.

Regulus les abandonna dans l'entrée et remonta dans sa chambre. Il avait du travail à faire. Dans quelques jours, il irait dans le village magique des vélanes et voulait boucler le plus de choses possibles avant.

-Il est si charmant, se moqua James. Il est tellement adorable avec moi que j'oublie que la majorité du temps, il est cassant, rabaissant et de mauvaise humeur !

-Je me demande encore ce que vous faites ensemble. Il n'est tellement pas drôle…

-Ne parle pas trop fort, il pourrait t'entendre !

Les deux amis emmenèrent le chien dans le jardin. Ils jouèrent un peu avec lui mais le golden se fatigua avant eux. Il manquait d'endurance. Sirius devait réfléchir à pas mal de choses le concernant. Il fallait d'abord qu'il lui trouve un nom, puis lui installe une niche et tout un tas d'autres trucs. Au refuge, il avait pu acheter quelques fournitures pour se dépanner, mais il lui faudrait faire des courses le lendemain.

En sortant avec cette grosse bête poilue du refuge, Sirius avait angoissé. Cela représentait une grosse responsabilité et il avait peur de se faire submerger. De ne pas être à la hauteur. Il avait égoïstement pensé qu'au pire, Regulus pourrait s'en charger. Son frère adorait les animaux alors pour lui, cela n'aurait probablement pas été une corvée. Néanmoins, Remus lui avait dit que c'était important que ce soit lui qui s'en charge. Sirius avait acquiescé, toujours inquiet. Mais en y pensant, c'était une bonne idée. S'occuper du chien le tiendrait occupé et il avait cruellement besoin d'occupation.

-Je pense qu'on devrait cacher tous les objets fragiles et encore plus ceux qui ont de la valeur.

-C'est une bonne idée. Juste le fait qu'il marche à côté pourrait les faire tomber.

-Hé! s'indigna Sirius. Il n'est pas si gros que ça !

-Combien de kilos doit-il perdre ? demanda James.

-Au total, 7.

James écarquilla les yeux sous le choc.

-Tu penses y arriver ?

-Ouais. On jouera ensemble, on fera des balades et des parcours. De toute façon, je n'ai pas le choix. S'il ne perd pas du poids très vite, sa santé va en pâtir.

Sirius jeta un coup d'œil au chien. Il était toujours affalé sur l'herbe, à l'ombre.

-C'est quoi son histoire, pourquoi tu l'as choisi ?

-Je n'en ai aucune idée. Au refuge, ils m'ont dit qu'ils l'ont trouvé un matin attaché au grillage sous la pluie.

-Argh, grimaça James. C'est tellement cruel…

-Il était en bonne santé si on exclut son surpoids. Pas de signe de maltraitance et il n'était pas effrayé pas les humains. Il était inconsolable. Ses précédents maitres devaient lui manquer. Il n'était pas identifié donc impossible de les retrouver. À mon avis, sa famille devait l'aimer, au moins un minimum, mais du coup je ne comprends pas pourquoi l'abandonner à un si triste sort.

-Il sera mieux avec nous.

-Ouais. Quand il m'a regardé avec ses grands yeux et sa mine triste, je me suis dit que c'était le bon. Le refuge m'a donné pas mal de conseils et m'a orienté vers un bon vétérinaire.

-Et il va t'aider à... aller mieux ?

Sirius comprenait le scepticisme de son meilleur ami. Il avait l'impression de s'être lancé dans un projet fou et que si sur le papier, ça avait l'air génial, ce serait dans les faits beaucoup plus dur. L'ainé des Black siffla et le chien se réveilla. Il le regarda un instant avant que Sirius ne l'appelle de nouveau en faisant des bruits de bouche. Il devait vite lui trouver un nom. Il lui caressa la tête et lui gratta le flanc. Il était doux et c'était apaisant. Le chien se laissa tomber sur lui, l'écrasant presque, et Sirius émit un grognement plaintif. James l'aida alors à repousser l'animal pour ne pas qu'il étouffe.

-Je vais devoir l'éduquer un peu, du moins les trucs de base. Déjà, il vient quand je l'appelle. Il n'a pas l'air du genre à faire trop de bêtises donc je pense que ce ne sera pas si difficile. Enfin, il faut encore que j'y arrive. Après ça, un éducateur s'occupera de la partie spécialisation.

-Tu penses qu'on devrait prendre un autre animal ? Il va peut-être se sentir seul.

-Hors de question, j'ai vu les prix des croquettes et ce n'est pas donné ! Et puis, c'est moi l'autre chien.

-Ça sonne vachement vulgaire dit comme ça.

-Pas du tout. Mais je suis un Animagus, on jouera ensemble.

Sirius s'allongea sur la pelouse et regarda le ciel. Pour la première fois depuis longtemps, il se sentait apaisé. Il sentait surtout que les choses allaient dans le bon sens.

Est-ce qu'enfin, il allait pouvoir être heureux ?

Il n'y avait plus d'obstacles, ou presque. Il avait envie d'y croire.