11 Décembre : Cicatrices (MCU étendu)

Tony faisait jouer les doigts de sa main droite sans y penser. Sa prothèse ne le dérangeait plus vraiment. Il s'était habitué à ce remplacement artificiel. Ce n'était pas le premier, ce ne serait sans doute pas le dernier. Tant que la douleur avait disparue, tout allait bien.

Il avait l'habitude des douleurs chroniques. L'Ark qui lui avait sauvé la vie pendant si longtemps avait laissé ses nerfs marqués de douleurs fantômes qui ne disparaitrait sans doute jamais.

La perte de son œil droit aussi lui causait des douleurs fantômes que sa prothèse ne tenait pas sous contrôle très longtemps. Tony avait encore beaucoup à apprendre sur le corps humain.

C'était ce qui expliquait sa présence au Sanctum Sanctorum de New York. Stephen Strange restait un neurologue de génie. Tout ce qu'il savait était plus que ce que Tony avait besoin de savoir pour pouvoir concevoir une prothèse qui ne le laisserait pas au bord du hurlement de douleur en pleine nuit parce que la pompe à morphine intégrée était vide.

Tony était réaliste. Toutes les addictions étaient bonnes à prendre pour lui. Il pouvait succomber à toutes et encore trouver le moyen d'en découvrir d'autres.

Alors s'il pouvait éviter celle-là, il signait tout de suite.

Machinalement, ses doigts de métal se portèrent à son torse. Sa prothèse était assez bien faite pour qu'il sente la présence de la grosse cicatrice au milieu de son thorax. Il avait survécu à tellement de choses...

Tony avait parfois l'impression que sa vie entière n'était qu'un rêve fiévreux depuis le moment où les éclats de shrapnels s'étaient enfoncés dans son torse.

Et s'il rêvait sa vie depuis ? S'il était dans le coma comme le pire cliché de série télé de mauvaise qualité ? S'il était en train de mourir sur une table d'opération crasseuse au milieu du désert d'Afghanistan?

"- Vous allez vous faire mal, Stark."

Le milliardaire releva les yeux sur son hôte qui venait de poser une bouteille de scotch et une théière avec deux tasses sur la petite table entre eux.

Tony dut fournir un effort conscient pour que ses doigts se décontractent. Il allait avoir un bleu, il en était sûr. Il n'arrivait pas encore à contrôler la puissance de sa prothèse quand il ne faisait pas attention.

"- Comment allez-vous, Stark?"

"- Comme un miraculé ?"

Il était mort sur le champ de bataille. La seule chose qui l'avait sauvé était le mauvais caractère de Wanda.

Brisée par la mort de Vision, déterminée à retrouver l'homme qu'elle aimait, elle avait propulsé toute sa magie dans le corps mort de Tony pour réparer assez les dégâts pour qu'il survive le temps que l'aide médicale arrive. Lorsqu'il l'avait appris, Tony avait promis à la jeune femme qu'il ferait de son mieux pour sauver Vision. Après tout, le synthèzoïde était son fils quelque part. Entre Morgan, Harley et Peter, Tony s'était découvert un instinct paternel aussi bancal que puissant. Alors, tenter de sauver son ainé pour le rendre à sa belle fille ? Bien sûr qu'il allait essayer.

Wanda avait failli faire une attaque lorsque Tony l'avait appelé sa belle-fille la première fois.

Si Tony avait abandonné de sauver le corps original de Vision, il en avait reconstruit un avec l'aide du Wakanda. Le plus long était de décoder la structure même de la conscience de Vision pour l'intégrer dans un nouveau cerveau électronique. Mais ça avançait. Assez pour satisfaire Wanda sur la possibilité de retrouver son amoureux bientôt.

"- Vos prothèses vous causent encore des problèmes ?"

"- La douleur surtout. Et je ne veux pas être dépendant des antalgiques."

Stephen leva une main.

"-Vous permettez?"

Tony hocha la tête. Les deux hommes se respectaient même s'ils ne se faisaient pas entièrement confiance. C'était de bonne guerre. Il aurait pu dire à Tony que leur seule chance lui couterait la vie. Tony n'aurait pas failli mais il était ronchon de ne pas avoir été prévenu.

Stephen utilisa sa magie pour griller quelques terminaisons nerveuses. C'était du travail de barbare mais ca ferait le boulot.

"- Cicatrices pour cicatrices..."

Tony haussa les épaules. Il n'était plus à ca près.