Disclaimer : Les personnes trans sont tous·tes merveilleux·euses et plus courageux·ses que Godric lui-même. Celleux qui œuvrent contre leurs droits méritent qu'on leur crache au visage.
Attention : Rated M et relation M/M. Thématique du suicide, de la dépression et de l'addiction. Vous lisez en connaissance de cause.
Des mercis et des bisous à SomeanyArdaeil, feufollet, MmeDeLux, Tiph l'Andouille, Cha, Miss MPREG,FoxyCha24, NyannaCh et Sun Dae V pour leur review. Vos mots ne manquent jamais de me remotiver ! Keur:keur:keur sur vous !
Bonjour à toutes et à tous !
Avant toute chose, une bonne année ! Puisse-t-elle être plus douce que 2022 (et je ne parle pas de la météo). J'espère que vous avez passé de bonnes fêtes avec celles et ceux que vous aimez !
De mon côté, je me souhaite de moins travailler, mais c'est une résolution qui devra sans doute attendre juin, parce que je peux difficilement annoncer à mon chef que j'abandonne une classe xD
Depuis la dernière fois, il y a eu le Nano, pour lequel j'ai écris environ 48 000 mots ce qui, compte tenu de mes to-do listes quotidiennes est quand même une belle prestation ! J'ai écris deux chapitres pour la suite de Supernova et le troisième est depuis en bonne voie.
Pour cette année 2022, j'aurais écris un peu moins de 125 000 mots. C'est beaucoup, mais beaucoup moins que d'habitude, et ça en dit très long sur le fait que j'ai moins le temps qu'avant:(
C'est une petite mise à jour par ici (c'est pas moi qui décide). C'est court, mais c'est beaucoup plus doux que le chapitre précédent et je l'aime vraiment beaucoup. J'espère que ça vous plaira !
Bonne lecture !
Une fois n'est pas coutume, un grand merci à Sun Dae V pour la relecture et ses retours enthousiastes ! Je vais donc redire une fois de plus : sa fic La Course au Chien Sauvage est un must-read si vous aimez Sirius Black !
Black Sunset
Spin-Off : Gravity
Chapitre 14
Gravity : A mutual physical force of nature that causes two bodies to attract each other.
Winter 1993
Pour être tout à fait honnête, il fit preuve d'une grande naïveté en imaginant que le pire était derrière eux.
Raphaël accepta difficilement de poser quelques jours de repos pour se laisser le temps de vraiment reprendre pied avec son empathie. Il fallut que Nico insiste, lourdement, pour qu'il reconnaisse que cela ne serait pas raisonnable. Avec le recul, il se demanda s'il n'aurait pas mieux fait de le laisser n'en faire qu'à sa tête, parce que Raphaël passa les cinq premiers jours à ne communiquer que par monosyllabes, à boire sans doute trop et à fumer des cigarettes à s'en rendre malade.
Eugène n'avait vraiment pas apprécié qu'il l'abandonne pour aller aux Anges, aussi avait-il été obligé de lui promettre de s'occuper de l'ouverture et de la fermeture pendant plusieurs mois pour acheter son pardon. Savoir que Raphaël tournait en rond chez eux et qu'il lui serait très facile de prendre une mauvaise décision pendant son absence lui donnait l'impression d'être de retour au Manoir Black, quand la tension entre sa mère et Sirius atteignait de nouveaux sommets et qu'une dispute était imminente.
Il se rassurait comme il pouvait en se répétant qu'il transplanait toutes les deux heures à l'appartement – une maigre concession d'Eugène – et que la famille de Raphaël se relayait aussi souvent que possible pour éviter qu'il soit seul, mais il n'était pas serein.
Angoissé serait sans doute plus proche de la vérité.
Toute cette attention semblait agacer Raphaël plus qu'autre chose. Il découvrit qu'il pouvait faire preuve d'autant de mauvaise foi que toute la dynastie Black quand il le voulait, ce qui sonnait comme une expérience qui aurait mal tournée.
Raphaël était en manque, il avait peur de replonger, il reconnaissait qu'il avait besoin d'aide à certains moments, puis il pouvait avoir complètement changé de discours en l'espace de quelques heures, accusant sa famille – lui compris – de le traiter comme un enfant, qu'il n'avait jamais vraiment eu l'intention de s'injecter cette dose d'héroïne et qu'il allait très bien.
Qu'importe que le manque de sommeil ait creusé ses traits et que des cernes d'un violet sombre soulignent ses yeux. Qu'importe que son empathie ne cesse d'échapper à son contrôle ou qu'il donne l'impression d'être sur le point de pleurer plusieurs fois par jour.
Merlin en soit témoin, il avait une fine idée de la leçon de morale interminable qu'il lui aurait servi si leurs places avaient été échangées – ce qu'il accepterait de faire si cela avait seulement été possible –.
Il détestait le voir souffrir comme ça. Raphaël n'était que l'ombre de la personne qu'il avait appris à connaître ces cinq dernières années. Ses seuls sourires ressemblaient à des grimaces, il refusait de parler, de manger et de sortir.
Il se crispait à chaque fois qu'ils étaient à moins d'un mètre l'un de l'autre, ce qui était sans doute le pire.
Même sans les projections qui lui échappaient, il savait qu'il s'en voulait encore pour avoir échoué à sauver son patient et pour ce qui avait failli se passer ensuite. Le manque était en train de se transformer en obsession, ce qui devait être une véritable torture. Puisque Raphaël pouvait aussi se montrer fier – ou stupide – il ne voulait prendre aucune potion pour l'aider un peu.
Il marqua un temps d'arrêt devant la porte de l'appartement. Sachant que Lucie avait prévu de passer, il avait préféré prendre le métro et marcher un peu pour faire le tri dans ses pensées. Raphaël était déterminé à retourner aux Anges le lendemain et il était à peu près certain que Bilal ne mettrait pas plus d'une heure à l'appeler, parce que la situation ne pouvait que dégénérer. Il ne voyait pas par quel miracle Raphaël allait supporter d'être entouré d'une petite centaine de personnes, dont une partie subissait le stress lié aux Urgences et l'autre souffrait. Il devait donc réussir à lui faire entendre raison.
La soirée s'annonçait pénible.
Après un dernier soupir, il poussa la porte. Il reconnut aussitôt la voix de Lucie.
- Je te connais depuis que j'ai treize ans, Raphaël, alors arrête de me prendre pour une conne ! Ça, ce n'est pas que ton empathie. Et ce n'est pas le manque non plus.
Curieux, il referma la porte le plus silencieusement possible, espérant que Raphaël soit assez distrait pour ne pas avoir remarqué son arrivée.
- Alors dis-moi ce que c'est, puisque tu sais tout mieux que moi !
A sa diction, il pouvait dire que Raphaël n'était plus très sobre. Il n'excluait pas que Lucie soit venue avec une nouvelle bouteille.
- Ça, c'est toi quand tu as le cœur brisé.
Il se figea parfaitement tandis que les battements dans sa poitrine s'accéléraient. Il s'appuya contre le mur, les sourcils froncés, l'oreille tendue.
Raphaël resta silencieux.
- Pour ton information, Regulus ne t'a pas encore quitté, et si tu arrêtais deux secondes de te monter la tête, tu verrais qu'il n'a pas du tout l'intention de le faire.
Ce fut à son tour de passer une main nerveuse dans ses boucles brunes. Il fit un premier pas pour les rejoindre et confirmer de vive voix ce que Lucie venait de dire.
Par Adèle, combien de fois allait-il remettre le sujet sur le tapis ?
La réponse de Raphaël le stoppa au bout du couloir.
- C'est ce que tu as fait.
Lucie était assise sur la table basse, un verre vide à la main, une bouteille de Whisky Pur Feu dans l'autre. Elle eut un mouvement de recul, puis elle se pencha vers Raphaël.
- Déjà, on était pas vraiment ensemble. Ensuite, on était pas amoureux. J'avais dix-neuf ans. Et je te rappelle que tu ne pouvais pas tenir plus de quelques heures entre deux fixes à l'époque. Grosses différences.
Raphaël dut ouvrir la bouche pour répliquer, parce que Lucie leva une main pour le faire taire, son expression dangereuse.
- A quel moment, exactement, j'ai quitté ta vie, Raphaël, hein ? Parce que, de mon point de vue, tu es toujours mon meilleur ami, on élève Alexis ensemble et je t'aime, même quand tu te comportes comme un crétin fini.
Il pouvait sentir la tension entre les deux depuis le bout du couloir. Raphaël baissa la tête. Lucie eut un sourire dur.
- C'est ce que les autres ont fait, si tu préfères.
Lucie eut une imprécation.
- Qu'est-ce que tu peux être buté !
Elle déposa le verre et la bouteille à côté d'elle, puis obligea Raphaël à croiser son regard.
- Je vais te rafraîchir la mémoire et si tu oses me contredire, je te jure que tu vas le regretter, compris ?
Raphaël lui avait souvent dit que Lucie était une très bonne sorcière, et qu'elle avait inventé plusieurs maléfices vicieux pendant ses années à Beauxbâtons. Ceux qui la provoquaient ne le faisaient qu'une fois.
- Alors on va reprendre dans l'ordre. Ça n'a jamais été l'amour fou avec Delphine pour commencer et, même toi, tu disais que vous alliez vous séparer quand tu as fait ta première rechute. Je ne crois pas me souvenir qu'elle t'ait explicitement dit qu'elle te quittait parce que tu n'étais qu'un drogué mais, si c'est le cas, ce n'était qu'un prétexte. Concernant Erik, il n'a pas pu te quitter à cause de ça étant donné qu'il consommait aussi. Il a bien failli te faire retomber dedans et c'est une excellente chose qu'il soit parti en Italie. Et pour Andréa, on sait tous les deux que ce n'est pas tant le fait que tu sois un narco qui l'a fait partir, mais plutôt le fait que tu le lui ais caché pendant presque un an. Donc tu as tort et j'ai raison, espèce d'idiot.
Raphaël émit un bruit étrange, à mi-chemin entre le sanglot et l'éclat de rire. Lucie eut un sourire un peu crispé puis lui tendit une boîte de mouchoirs.
- Et tu exagères un peu. On avait dit pas plus d'une crise existentielle par décennie.
Il ne put retenir un sourire – que Raphaël n'aurait pas manqué de qualifier d'attendri – à la façon dont Lucie couvait Raphaël du regard.
Après toutes ces années à la fréquenter de façon régulière – parce qu'elle faisait partie intégrante de l'univers de Raphaël –, il était obligé de reconnaître qu'elle était devenue son amie, à lui aussi. Il aimait sa répartie cinglante, sa franchise et son intelligence. Il savait qu'il pouvait compter sur elle en toute circonstance, et sa présence ce soir en était une preuve de plus.
Au début, il avait été un peu jaloux du fait que Raphaël et elle se connaissaient depuis aussi longtemps, et que Lucie aurait toujours cet avantage sur lui, puis il avait fini par réaliser à quel point Raphaël avait eu de la chance d'avoir une personne comme elle dans sa vie depuis son entrée à Beauxbâtons. Après tout, Lucie avait protégé ses arrières dès le premier jour.
Elle, la Née-Moldue que ses parents avaient jeté à la rue quand ils avaient appris qu'elle était une sorcière, et qui avait passé trois années à être ballottée de famille d'accueil en foyer. Elle n'avait pas eu peur de l'empathie de Raphaël.
Il fit un pas de plus, puis s'appuya sur le chambranle de la porte. Lucie croisa son regard aussitôt, lui sourit, puis lui fit signe d'approcher.
Raphaël sursauta quand il posa une main sur son épaule, ce qui en disait long sur le nombre de verres que Lucie lui avait fait avaler.
La bouteille semblait pourtant à peine entamée et il n'y en avait aucune autre de vide.
Il prit place sur l'accoudoir du fauteuil. Raphaël s'abandonna aussitôt contre lui.
Il eut l'impression de respirer librement pour la première fois en cinq jours. Il passa un bras autour de ses épaules et embrassa ses cheveux.
Les joues de Raphaël étaient humides, ses traits tirés, mais il semblait plus abattu qu'en colère.
- Depuis combien de temps es-tu là ? demanda-t-il.
- Assez pour pouvoir dire que je suis d'accord avec Lucie. Tu es buté et tu es un crétin.
Lucie lui donna l'impression de se mettre à rayonner. Elle s'inclina devant une foule invisible, puis lui fit un clin d'œil. Raphaël grogna.
Il se racla la gorge.
- Et, au risque de me répéter, je n'ai pas l'intention de te quitter parce que je t'aime encore.
Il l'aimerait sans doute pour le restant de sa vie.
Raphaël releva la tête vers lui, ses yeux plissés. Son regard était un peu vitreux, comme s'il avait de la fièvre. La sensation de son empathie ne vint pas.
Il essuya ses joues du plat de sa main.
- Tu as l'air épuisé.
Raphaël cligna lentement des paupières.
- Une bonne chose que tu ne travailles pas demain, n'est-ce pas, Raphaël ? intervint Lucie.
Il haussa les sourcils. Ce n'était pas du tout le discours que Raphaël avait tenu le matin-même.
- Bilal est passé me voir. Il a laissé entendre que je passerai très vite du statut de Médicomage à celui de patient s'il me voyait demain.
Il connaissait assez Bilal pour savoir qu'il n'hésiterait pas une seconde à aplatir le nez de Raphaël d'un seul coup de poing s'il estimait que la situation l'exigeait.
- J'ai toujours dit qu'il avait beaucoup de bon sens.
L'expression amère de Raphaël lui apprit qu'il n'était pas spécialement d'accord avec lui.
- Et ? reprit Lucie, avec le même ton qu'elle utilisait parfois avec Alexis, quand il faisait sa forte tête.
Cette fois, Raphaël serra les paupières, puis tourna la tête pour l'assassiner du regard. Le sourire de Lucie ne fit que s'élargir.
Ils s'affrontèrent du regard en silence, quand bien même c'était une bataille que Raphaël ne gagnait jamais.
- Et Lucie a trouvé une psychologue moldue qui connaît l'existence du monde sorcier, avoua-t-il finalement. J'ai rendez-vous demain.
Lucie tapota sa cuisse.
- Ça, c'est un bon garçon.
Il retint difficilement un soupir soulagé.
- Maintenant que ce petit détail est réglé, que diriez-vous de manger quelque chose ? George m'a chargée de déposer de quoi nourrir une famille de huit personnes pendant un mois.
Il s'avéra que Lucie exagérait à peine. Connaissant George, ce n'était pas vraiment une surprise. Il avait fait la même chose la dernière fois que Raphaël avait été malade. Il s'appliqua à mettre la table pendant que Lucie réchauffait un plat de lasagnes. Raphaël passa le dîner dans une sorte d'état second, mais avala quand même quelques bouchées. Lucie leur raconta les dernières bêtises de Sophie et Clélia – la petite dernière de quatre ans –.
- Alexis passera sans doute demain.
Raphaël donna l'impression de recevoir un électrochoc à la mention de leur fils.
- Je ne veux pas qu'il me voit comme ça.
- Il est inquiet et il veut te voir. Tu te simplifieras la tâche en acceptant maintenant, parce qu'il est capable de te harceler toute la journée.
Si Raphaël était obstiné alors l'adjectif pour décrire Alexis quand il avait décidé quelque chose n'avait pas encore été inventé par la langue française.
Raphaël eut une sorte de borborygme qui n'était pas un oui, mais pas un non pour autant.
Après manger, ils s'installèrent sur le canapé. Lucie réussit à convaincre Raphaël d'avaler une dose de Filtre de Paix, ce qui termina d'achever ce que l'alcool avait si bien commencé.
Il s'endormit au bout d'un quart d'heure, sa tête sur ses genoux, son expression enfin apaisée.
- Comment fais-tu cela ? demanda-t-il, tout en caressant la légère barbe blonde sur la mâchoire de Raphaël.
Lucie sembla hésiter.
- Tu sais garder un secret, Regulus ?
Il n'était pas bien sûr de se souvenir quand, exactement, elle avait commencé à l'appeler par son vrai prénom, mais il était content qu'elle le fasse.
- J'ai une petite expérience en la matière…
Son regard vert – celui dont Alexis avait hérité – devint pétillant, puis elle attrapa la bouteille de Whisky.
- Raphaël devient très bavard quand il est saoul.
Il hocha la tête. Ça, c'était quelque chose qu'il avait remarqué.
- Il est toutefois résistant et j'ai autre chose à faire que de feindre de descendre une bouteille d'alcool fort pour arriver à mes fins… J'ai dû faire plusieurs essais mais il s'avère qu'une goutte de Véritaserum et un léger sortilège de confusion font merveille.
Ses yeux lui donnèrent l'impression de vouloir sortir de leurs orbites.
- Tout est une question de dosage et je n'utilise cette technique que pour les cas d'extrêmes urgences.
Il avait beau avoir grandi dans le monde Sang-Pur – et peut-être précisément à cause de ça –, il pouvait dire avec certitude que ce stratagème n'était pas moral. Lucie profitait du fait que Raphaël avait une confiance aveugle en elle pour le droguer et lui arracher des confidences.
Il baissa les yeux vers l'homme assoupi contre lui. Ses cernes étaient presque noirs, il semblait avoir vieilli de plusieurs années en quelques jours et, au rythme où allaient les choses, son régime d'alcool et de tabac aurait fini par le rendre malade.
Ou le convaincre de prendre quelque chose de plus fort.
Raphaël marmonna quelque chose dans son sommeil, puis enfouit son visage dans son ventre.
- Je dois admettre que ces urgences ont été plutôt rares ces cinq dernières années.
Il sentit ses oreilles devenir un peu chaudes. Lucie avait la même expression affectueuse qu'un peu plus tôt et, cette fois, elle n'était pas destinée à Raphaël.
Ou pas complètement.
Il ne sut pas quoi répondre, parce qu'il ne s'expliquait toujours pas comment lui, Regulus Arcturus Black, réussissait à rendre heureux quelqu'un aussi exceptionnel que Raphaël Delacour par sa seule présence.
Il ne comprenait pas plus pourquoi Raphaël disait qu'il avait moins de mal à contrôler son empathie depuis qu'ils étaient ensemble.
- Regulus ?
Il prit une profonde inspiration avant de relever la tête. Lucie était de nouveau assise sur la table basse, ce dont il allait finir par se méfier.
- Ça fait plus de vingt ans que je le connais. Je ne l'ai jamais vu aussi heureux que depuis qu'il t'a rencontré.
Il ne savait pas non plus quoi répondre à ça. S'il était tout à fait honnête, il avait la soudaine envie de fuir la pièce pour mettre fin à cette conversation et seul le fait que le sommeil de Raphaël dépende de son immobilité l'en empêcha.
Le sourire satisfait de Lucie lui apprit que, peut-être, cela faisait aussi partie de son plan.
- Enfin, ce n'est pas tout à fait vrai. Il était vraiment pénible, au tout début, quand tu ne répondais pas à ses avances. J'ai cru que j'allais être obligée d'abréger ses souffrances. Et les miennes.
C'était très loin d'être la première fois que Lucie faisait une telle allusion. Puisqu'elle était le premier choix de Raphaël quand il avait besoin de se confier, elle avait eu le droit à toute la genèse de leur histoire. Raphaël soutenait qu'elle avait été de très mauvais conseil, elle ne démordait pas du fait qu'ils soient ensemble grâce à elle.
Il eut un bref éclat de rire.
- Il t'aime vraiment beaucoup, reprit-elle, sérieuse.
Il déglutit.
- Je sais.
- Et je pense qu'il est terrifié à l'idée que, d'une façon ou d'une autre, son dérapage de la semaine dernière lui coûte ce qu'il a de plus cher.
Ce fut à son tour d'avoir les yeux brûlants. Il se racla la gorge.
Lucie serra son bras doucement.
- Je ne sais pas si quelqu'un te l'a dit, mais tu t'en sors remarquablement bien. Je sais comment il est quand il est vraiment en manque ou quand son empathie devient hors de contrôle. Que tu aies réussi à le convaincre de ne pas se faire cette injection juste en lui parlant est remarquable. A ma connaissance, personne d'autre ne peut se vanter d'une telle chose.
George et Simone avaient semblé impressionnés quand il leur avait raconté ce qui s'était passé. Cela ne l'empêchait pas de se sentir dépassé par les événements ou de regretter de ne pas pouvoir faire plus pour aider Raphaël.
- C'est assez difficile à croire maintenaient, mais ça va s'arranger. Il va aller voir cette psy, il va retourner à ses réunions et il va attendre quelques semaines avant de reprendre le travail.
- Tu es sûre ?
Elle eut un sourire.
- J'ai réussi à lui faire jurer tout ça sur la tête d'Alexis, je suis assez confiante qu'il s'y tienne.
- Parce que tu crois vraiment qu'il va se souvenir de quelque chose après ce que tu lui as fait boire ?
Elle libéra son bras, lui fit un clin d'œil.
- Comme je te l'ai dit, c'est une histoire de dosage.
Contrairement à lui, elle avait déjà été confronté à cette situation, aussi décida-t-il de lui faire confiance.
- Que puis-je faire d'autre ?
- Il n'y a que toi qui puisses me le dire, Regulus. Tu fais déjà tout ce qu'il faut.
Raphaël se mit à ronfler, comme à chaque fois qu'il était épuisé ou malade.
Lucie fronça les sourcils.
- C'est nouveau, ça.
C'était mesquin, mais il fut très satisfait d'apprendre qu'il était le seul à connaître ce détail sur Raphaël.
- Il vieillit.
Lucie rit doucement. Ils observèrent Raphaël dormir pendant de longues minutes.
Si ce dernier avait été réveillé, il était certain que la seule chose qu'il aurait pu sentir était leur amour inconditionnel pour lui.
Son cœur se mit à battre plus fort dans sa poitrine et lui donna l'impression de s'être transformé en soleil, comme la première fois où il avait réussi à avouer à Raphaël qu'il l'aimait.
- Lucie ?
- Oui ?
- Je vais lui demander de m'épouser.
Cette fois, l'affection sur son visage – et dans ses yeux – n'était que pour lui. Son sourire s'élargit.
- Quelque chose me dit qu'il dira oui, souffla-t-elle.
…
Et on fait tous·tes « Awwwwww » en cœur, non ?
Comme d'habitude, je suis curieuse d'avoir votre avis sur :
-Raphaël, mon pauvre, pauvre, petit chat qui m'a clairement brisé le cœur cette fois encore(promis, il va remonter la pente).
- Regulus, qui reste (pour le meilleur, et pour le pire, obviously)
- Lucie, qui est toujours là pour Raphaël aussi (et qui marche un peu sur la ligne avec son histoire de Whisky Pur Feu trafiqué… On lui pardonne parce que c'est pour la bonne cause)
Je suis assez curieuse d'avoir vos prognostiques sur la façon dont Reggie va s'y prendre pour faire sa demande ! Alors n'hésitez pas !
Ma vie d'adulte n'a pas l'air de vouloir me laisser poster aussi régulièrement que j'aimerais. Je ne fais aucune promesse, mais la prochaine MàJ se fera par ici, c'est certain ! Le meilleur moyen (et encore, le site rebeug pour les alerts, j'ai l'impression) c'est encore de vous créer un compte.
Autre info, si jamais ce site venait à disparaître subitement (les rumeurs allaient bon train il n'y a encore pas si longtemps), sachez que vous me trouverez sous le même pseudo du côté de AO3.
Une dernière chose, pour la troisième année, je fais le défis trente jours de Yoga avec Yoga With Adriene pendant tout le mois de janvier (que vous trouverez facilement sur youtube). Je passe l'info, parce que cette petite dame a un peu changé ma vie et qu'elle est vraiment trop chouette. Voilà.
A bientôt !
Orlane.
On n'oublie pas de laisser une review avant de fermer la page ! Sans déconner, ça prend deux minutes !
Mis en ligne le 07/01/2023
