Bonjour à tous ! On se retrouve aujourd'hui sur un nouveau chapitres des aventures d'Ace et surtout, sur le début du "après" Shirohige. Il semblerait que notre Allumette ne veuille pas d'Edward pour père. Meh.

Sinon, concernant ce chapitre, je tiens à le dédier à Commander Robb (alias, The Bbro) de la ligue des Chroniqueurs. Notamment la toute dernière partie de ce chapitre. Merci encore pour l'autorisation d'utiliser ton "personnage" pour cette histoire et d'en faire le meilleur gars qu'on puisse avoir dans cet équipage.

Cocochoco78 : Alors, c'était pas volontaire, mais quand j'ai vu la review et ce que j'avais fait pour commencer mon chapitre, j'ai trouvé ça très drôle comme coïncidence. / Les circonstances sont différentes, mais ça reste un moment très important dans l'histoire d'Ace, surtout pour sa vie de couple avec Marco, donc, même s'il faut la réadapter, elle doit être présente./ Comme tu l'as dit, d'une, Ace a Marco avec lui et de deux, il n'est pas venu de son propre chef. Mais il manque un troisième poin et c'est la relation Ace-Rayleigh. Dans un sens, accepter l'adoption d'Edward serait pour Ace faire l'impasse sur la relation qu'il a déjà avec son oncle, parce que pour lui, l'adoption d'Edward est une tentative de celui-ci de prendre la place qui revient à son parrain./ Je n'ai pas fini avec Shirohige. On verra ce que dit le futur. / Ils vont garder contact, donc, ça va aider le piaf./ Y'a plus de fluffy entre eux de prévu dans la suite de l'aventure.

Lilylys : Oulà, pousse pas tout de même. Oui, y'a du suspens et de l'émotion, mais faut pas exagéré ou tu vas finir par me faire peur./ Bah on a la réponse ici de si oui ou non l'évasion a été une réussite. / J'ai pas mal en tête.

Yuwine : Ace va retrouver sa liberté qu'il n'avait plus chez Shirohige. Certes, Marco ne sera plus là, mais ils se sont fait une promesse de rester en contact. Ils partent donc sur une relation longue distance./ C'est une bonne question, mais je pense que ce n'est pas assez pour satisfaire la quête de réponse d'Ace. / Iro finira par s'y faire. Quand ? Comment ? Bonne question.

Ann la Bêta : Mais avec grand plaisir la belle :)

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Sans le risque de se faire surprendre, c'était tout de suite autre chose. Et devant l'empressement du logia, Marco avait presque du mal à se dire que quelques mois avant, il le déflorait. A croire que la passion et l'envie compensaient le manque d'expérience. En attendant, il était content d'avoir une grande capacité d'apnée, parce qu'Ace avait décidé de lui voler l'air de ses poumons tout en l'aidant à détruire le lit de l'escale où ils avaient jeté l'ancre de leur barque histoire de se reposer après leur fuite sous le couvert de la nuit. Et bien heureusement pour leur tête à tête, Iro était partie chasser, parce qu'elle aurait fait une nouvelle crise de jalousie qui aurait coupé le couple dans leurs ébats. Et dieu qu'ils en avaient besoin. Toute la frustration et le mal-être de ces trois mois de captivité avaient besoin de sortir, afin de faire table rase et d'aller de l'avant. Et ils avaient besoin aussi de se dire que malgré la séparation dans les jours à venir, il y avait toujours quelque chose entre eux, ce lien, cette relation, cette unité.

Purupurupuru… purupurupuru…

Le couple cessa de s'embrasser comme des affamés pour tourner la tête vers le sac de Marco au pied du lit. C'était dedans qu'il y avait un denden qui sonnait. Le blond était très tenté de l'ignorer et de se concentrer sur ce qu'il faisait l'instant d'avant quand le denden se remit à sonner. Il regarda Ace, qui en dépit de sa respiration haletante et de ses joues rougies par l'effort, lui rendit son regard. Un baiser et le zoan se désengagea d'entre les cuisses de son amant. A la troisième sonnerie, l'ambiance était absolument réduite à néant. Avec agacement, il ouvrit son sac, manquant de peu d'arracher les coutures. Il trouva rapidement le denden dans ses affaires de voyage et décrocha.

- Quoi ?

« On a perdu Ace, tu ne l'aurais pas dans tes bagages par hasard ? » demanda Haruta à l'autre bout du fil.

- Bravo, vous avez perdu le nouveau, félicitation. Bon, je peux retourner au lit ou pas ? demanda froidement Marco.

« Non, vraiment Marco, on se fait du souci, alors dis-le s'il est avec toi et dépêche-toi de le ramener. »

- Marco~… j'ai froid~… tu m'as abandonné~…

La voix féminine gémissante dans son dos figea le zoan. Tout son sang venait de déserter son cerveau pour virer au sud. Le denden avait les sourcils levés très haut et des yeux grands ouverts de surprise. Lentement, Marco tourna la tête et déglutit, la bouche très sèche, en voyant Ann allongée sur le ventre en serrant un coussin dans ses bras avec un sourire taquin partiellement masqué par quelques-unes de ses boucles brunes.

« Ah…. Ah, » fit le denden.

- J'ai l'air d'être avec Ace ? demanda Marco en se raccrochant autant que possible à sa cohérence.

« Pardon. »

- Merci.

Et il raccrocha avec une main tremblante le denden avant de foncer au lit pour reprendre son poste entre les cuisses d'une D. qui souriait comme un chat. Pour les prochaines heures, il n'avait plus de cerveau, il réfléchirait aux conséquences de tout cela plus tard.

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La séparation avait un air de déjà vu pour Marco qui regardait Ann s'habiller alors qu'il était toujours au lit. A quelques différences près, l'une étant qu'il savait qu'ils se reverraient et de l'autre, cette fois, l'équipage n'était pas au rendez-vous pour récupérer sa belle.

- Pourquoi tu te presses, ils ne sont pas là, yoi, pointa le zoan.

- Je sais, dit la brune en ajustant sa ceinture de pantalon. Ils m'attendent au Red Port.

Cela tira un air un brin agacé au blond.

- Tu me dis de te déposer ici alors que tes hommes ne sont pas là pour te réceptionner mais à une île plus loin ? C'est quoi le but ? Si tu cherchais à garder secret notre relation d'eux, tu aurais pu le dire et…

Il s'interrompit quand Ann l'embrassa, à moitié à genoux sur le lit pour se pencher sur lui. Son pouce caressa d'un geste doux, presque apaisant, le relief de sa mâchoire, le faisant fondre de bien être, avant qu'elle ne coupe l'envoûtement en s'écartant juste assez pour qu'ils puissent se regarder correctement dans les yeux.

- Le Red Port est bien trop proche de Marījoa à mon goût. Je veux t'épargner ça. Et puis, c'est à l'opposé de là où tu vas, non ? Bjasyta me semblait un bon compromis.

D'accord, je pensais pas que c'était possible, mais je l'aime encore plus.

Il arrivait de temps à autre que Marco soit d'accord avec son zoan et là, c'était le cas.

- Sans compter que j'ai des choses à faire avant de les rejoindre et je compte faire un peu de bruit mal venu alors que la Levely doit commencer d'un jour à l'autre. Je ne veux pas que tu te retrouves pris dans tout ce merdier alors que tu as pris sur toi de me sortir de ce pétrin. Je t'aime trop pour ça.

Et elle l'embrassa à nouveau, mais le cerveau de Marco venait de court-circuiter. Il répondit au baiser de façon machinale alors que son cerveau s'était arrêté sur une seule chose.

Ann venait de lui dire qu'il l'aimait.

Ils ne se l'étaient jamais dit avant, et là, c'était sorti comme ça, avec naturel et affection, au détour d'une phrase.

- Marco ?

Le blond renversa la brune dans le lit pour l'embrasser avec passion, la faisant gémir doucement.

- Je t'aime, chuchota-t-il.

Il avait envie de roucouler de bonheur quand elle le ramena vers elle pour approfondir l'échange. Et ils seraient allés plus loin si des sons provenant de la rue ne leur disait pas qu'une descente de Marine s'organisait.

Avec regret, ils se séparèrent et Marco s'habilla alors qu'Ann finissait ce qu'elle faisait.

- Tu trouveras un moyen de rejoindre le Red Port sans te faire tuer, yoi ? demanda le blond alors que sa compagne boutonnait sa chemise.

- Je suis débrouillarde. Tu n'as pas de souci à te faire pour moi, on saura faire, Iro et moi. Concentre-toi plutôt sur ta mission et ton voyage. Ou sur ce que tu vas dire à Thatch en revenant à bord.

Et elle l'embrassa sur la joue avec un sourire avant de récupérer sur une chaise le bandeau noir qui complétait sa tenue. Marco termina de nouer sa ceinture et alla l'aider avec le tissu noir qu'il noua solidement à l'arrière du crâne, juste sous la queue de cheval. Il en profita pour déposer un baiser sur la peau lisse de la nuque avant que des bruits de pas ne résonnent dans le couloir. Quand on défonça la porte de la chambre, le couple n'était plus dedans, chacun ayant ramassé ses affaires pour aller de son côté en semant au mieux les membres des autorités.

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Dire que la cible était en vue n'était pas très approprié vu qu'elle avait les yeux bandés. Mais elle reconnaissait cette aura. Usant de son logia pour rendre ses pas inaudibles en réduisant au maximum sa solidité, elle se rapprocha le plus discrètement possible de la personne un peu plus loin dans la rue. A quelques mètres de celle-ci, elle accéléra avant de sauter sur sa proie en retrouvant sa solidité.

- Joyeux anniversaire en retard Tenshi ! souhaita joyeusement Ann en resserrant son étreinte sur sa prise.

Elle fourra un instant sa tête dans le creux du cou de Sabo pour partager sa joie et son plaisir de le revoir, avant de redescendre et de reculer histoire de le laisser respirer, sachant que son frère n'était pas très très fan des contacts physiques. Cependant le jeune prodige de la Révolution se retourna en souriant et rendit l'étreinte à sa sœur.

- Merci, Ann. Je suis content de te revoir aussi.

Puis il recula et fronça les sourcils.

- T'as mauvaise mine… et t'as clairement perdu du poids. Je croyais que les Shirohige avaient de bons médecins et d'excellents cuistots ?

- Disons que mon séjour auprès du Yonkou n'a pas été de tout repos et que j'ai pour le coup pas mal à l'esprit.

- Hmhm. Et en plus développé, ça donne quoi ?

- Que j'ai perdu trois mois pour rien ?

- Et ton collier, il est où ?

- Je l'ai perdu.

La tête de Sabo disait qu'il n'était pas convaincu par le bobard.

- On me l'a piqué ? tenta Ace.

- Tu ne le retires jamais ce collier, Ann. Donc, quelqu'un s'est approché de ton cou pour le prendre. En sachant qu'il s'enfile vu qu'il n'a pas de fermoir, il n'y a que deux options. Soit on te l'a arraché, mais dans ce cas-là, tu ne ferais pas tout un plat si c'était un accident ou un combat. Soit, tu l'as retiré volontairement pour une raison que tu ne veux pas partager mais que tu sais pertinemment que je trouverai. Sans parler que tu as un intéressant bijou de cuir au biceps…

Il se saisit du bras gauche pour mieux observer le bracelet de cuir à frange qui se détachait sur le bandage blanc qui enroulait les membres de la brune et qui était parfaitement visible puisqu'elle avait décidé de ranger manteau et la chemise manche longue pour un simple débardeur.

- Bracelet qui a l'air d'avoir vécu tout de même. Il doit être plus vieux que nous deux. Alors ?

Ann avala ses lèvres en essayant d'ignorer la rougeur de ses joues.

Sabo posa un doigt taquin sur la joue de sa sœur.

- Jolie couleur tomate, chérie. C'est ton nouveau fond de teint ?

- Retire ce doigt ou je te mords, grogna Ann comme un animal sauvage.

Le blond tira sur les joues de la logia avant de les lâcher avec une moue.

- De toute façon, c'est plus amusant de jouer avec les joues de Lu.

Il regarda autour de lui, l'air de rien alors qu'Ann se massait les joues.

- Et donc ? Menacer de croquer mon doigt te dispense de répondre ?

Si elle avait été apte à voir quelque chose, elle aurait vu l'air innocent et adorable que son frère lui adressait, mais pour le coup, cela tombait à l'eau.

- Je peux toujours appeler Iro.

- Tsss… Tu peux. J'ai un cadeau pour ton chat, si les couleurs, c'est toujours son truc.

Et Sabo lui mit quelque chose dans la main. Ann remonta un instant un bout de son bandeau pour voir. C'était une petite poupée faîte main colorée à l'effigie de son apparence masculine.

- Elle va aimer. Iro !

La panthère débarqua immédiatement d'une ruelle à proximité, remarqua Sabo et vira au jaune solaire de bonheur avant de lui sauter dessus pour lui renifler le visage avant de le léchouiller. Ann le sauva en montrant la peluche à son amie qui la lui choppa des mains et s'allongea au pied de la logia pour câliner l'objet moue.

- Sinon, demanda Ann en remettant correctement le bandeau sur ses yeux. Tu n'aurais pas vu de gros officiers de la Marine dans les environs ? C'est le début de la Levely, donc, doit en avoir.

- J'en ai vu passer quelques-uns là-bas, lui répondit le blond en faisant un vague signe de la main. Mais rien de bien méchant, ils ne nous poseront pas de soucis, enfin, pour ceux-là.

Iro lâcha sa peluche juste pour donner un petit coup dans la jambe d'Ann dans la direction en question, avant de revenir à son nouveau jouet.

- Je ne pose pas la question pour ça, c'est plus que je veux un gros officier qui puisse me servir devant les journalistes. J'ai deux trois questions à poser. Tu sais, le genre de question dont on connait tous la réponse, ce qui la rend immorale, mais seulement si on le fait à voix haute. Et peut-être aussi que je veux mettre fin aux spéculations sur ma participation à la course au One Piece.

- Oh, alors tu peux aller t'amuser si tu en as envie. Cela fera plaisir à Lu' de voir de tes nouvelles.

Ann allait se mettre en route quand son frère reprit ses questions.

- Il a un nom ?

Elle détestait son frère quand il était aussi insistant.

- Stelly, lui répondit-elle avec un grand sourire moqueur.

C'était un coup bas, mais elle en était fière.

- Si c'est le cas je vais vomir, dit sérieusement le révolutionnaire en réprimant un frisson. Et je te renie.

- Je m'en remettrais, assura la logia en haussant des épaules.

- Et je le tue, de la pire des façons qui soit. Et arrête de changer de sujet Ace, je te connais, tu le sais, je saurais la vérité. Donc, soit tu passes à la casserole maintenant, soit ce sera dans la souffrance et la douleur.

Il émit un rire diabolique qui tira un frisson d'effroi à la logia. Sabo pouvait faire très peur quand il s'y mettait.

- Et au moins, je pourrais prouver dès aujourd'hui que j'ai gagné mon pari. Dooooonc... un nom ? Ou alors au moins une description physique ? Autre que son âge, je me doute qu'au vu de son bracelet de cuir qu'il est plus vieux que nous.

L'affaire de pari réveilla immédiatement l'intérêt d'Ann.

- Un pari ? Quel pari ? Tu connais la règle ! Si on pari sur l'un de nous, on lui doit la moitié des bénéfices !

- Un pari que tu aurais un chéri avant mes dix-huit ans. Tu demanderas le pourquoi du comment à Luffy, il a commencé à parler de ça une des dernières fois que je l'ai vu. Tu auras ta part, avec bonus, si tu me permets de gagner plus rapidement.

Et il se mit à afficher un sourire de coin un brin amusé et un chouilla attendrit. Sourire qu'Ann ne vit pas. Elle soupira et s'accroupit pour avoir du soutien de la part de la panthère qui se frotta à elle.

- Il se pourrait que si j'évitais absolument le bras droit de Shirohige, c'était pour une bonne raison. Peut-être ?

La réponse frappa Sabo au point de lui faire perdre la voix pendant un instant.

- Lui ? Genre… vraiment ? Lui ?

Et il explosa de rire, se retrouvant plié en deux. Il perdit son équilibre pour finir assis par terre, les larmes aux yeux, se tordant toujours d'hilarité. Et plus il riait, plus Ann songeait au fratricide. Elle ne lui permettait pas de se moquer d'elle et de ses amours, et encore plus de Marco qui était un homme honorable et adorable. Un amour, bien trop bon pour ce monde, avec une patience méritant qu'on le sanctifie.

Quand il finit par se calmer, Ann était littéralement en train de sortir son couteau pour poignarder le blond. Et heureusement qu'elle avait les yeux bandés, parce que le sourire sadique de son petit-frère aurait été certainement le sourire de trop. En tout cas, Iro était rouge, et ce n'était pas bon signe.

- J'ai hâte de voir la tête de otou-san quand il saura, je te jure que je ferai tout pour être là ce jour.

Ann eut un instant de bug, avant de comprendre ce que venait de dire Sabo. Il devait avoir enfin compris que Rayleigh avait fait bien plus que le prendre sous son aile et le considérait comme un fils à l'instar des deux autres. Contrairement à Luffy qui avait toujours Garp dans le paysage pour mettre sa merde et s'opposer à une adoption et Ace pour qui il était question du meilleur ami de Rayleigh, Sabo n'avait aucun obstacle à son adoption par l'ancien. Sans compter que clairement, le vieux pirate était ce qu'il avait de plus proche d'une figure paternelle. Il avait juste fallu pas mal de temps avant que le blond ne le réalise, mais c'était chose faîte. Il y avait aussi que Luffy et Ace ne pouvaient prétendre avoir la moindre existence légale. Cela marquerait une cible sur le dos à l'intention du Gouvernement, alors songer à l'adoption, mauvaise idée. A savoir comment Rayleigh avait réussi à tromper l'administration pour faire les démarches pour Sabo… sauf si c'était quelque chose d'officieux.

Dans un sens, elle se sentait jalouse de Sabo. Elle, elle se faisait presque engueuler quand elle l'appelait ainsi. Mais dans les faits, son père, ce n'était pas Roger en dépit du sang, c'était Rayleigh.

- Ji-chan sait déjà, lui dit Ann d'un ton blasé. Javier l'a découvert et m'a vendu à Ray-ji-chan.

Pour lui pourrir la vie, ses deux oncles étaient doués comme personne.

- Cependant, si tu continues à rire, je vais vraiment le prendre mal. Surtout que sans lui, je serai toujours coincée sur ce putain de navire.

Être séparée de Marco lui faisait mal, et clairement, une part de son amant avait voulu la garder avec lui, mais le pirate l'avait suffisamment répété : pas dans ces circonstances. Ils se reverraient. Quand, c'était une bonne question, mais leur histoire ne s'arrêtait pas avec cette séparation.

- Oh, cela change tout alors, admit Sabo. Je pourrais m'amuser un peu ?

Ann savait ce que son frère pensait quand il disait s'amuser avec ce ton de voix. Et elle lui coupa l'herbe sous le pied.

- Non.

- Puisque Javier s'est amusé sans moi, j'ai le droit aussi, non ? supplia le blond en faisant à nouveau une tête d'ange.

- J'ai dit non.

- Méchant nii-chan

- On en reparlera quand tu auras une copine avec qui je peux moi aussi "m'amuser".

Le silence de Sabo venait d'attribuer un point à Ann dans cette joute fraternelle sur sa vie sentimentale.

- My point. Tu as ta réponse, tu es satisfait ? Pari gagné, non ?

- Ouais, pari gagné, si jamais tu croises Lu avant moi, il te donnera ta part, je le préviendrai, bougonna Sabo.

Il se releva en soupirant et prit sa sœur dans ses bras alors qu'elle était sur le point de partir. L'étreinte la surprit. Sabo n'était pas très fan des contacts physiques, les initiant rarement. D'où pourquoi, Luffy et elle, gardaient les câlins à une durée minimale à son égard. Alors, qu'il fasse ça… est-ce que ça voulait dire qu'il acceptait sa relation avec cet homme bien plus vieux qu'eux ? Ce gars que Sabo ne connaissait que par les rapports et la réputation ? Fallait croire.

- Je suis heureux pour toi Ace, vraiment. Je suis content que tu aies une personne que tu aimes, et qui t'aimes et sur qui compter autre que nous.

Ann sourit et Iro se mit à ronronner d'approbation à leurs pieds.

Sabo profita encore un peu du câlin avant de la repousser doucement gardant ses mains sur ses épaules, faisant glisser un peu de Haki dedans à la suite de ses mots.

- Mais s'il te fait du mal, s'il lève ne serait-ce qu'une main sur toi, s'il se joue de toi, Shirohige devra se trouver un nouveau second.

Un sourire apparut furtivement sur le visage d'Ann.

- Prend un ticket, je l'aurai descendu avant. Bon, je vais aller jouer. Iro, reste discrète, d'accord ?

La panthère se frotta à ses jambes une dernière fois, avant de lui déposer dans les mains son jouet, l'air de lui demander de le garder précieusement. L'objet disparut dans une poche du pantalon d'Ann qui se mit en marche, suivi d'un peu plus loin par Sabo. Iro prit les devants sous sa couleur naturelle, menant le groupe dans la direction qu'avait indiqué le révolutionnaire. Et bien vite, oui, ils trouvèrent un officier qui retournait à son navire après avoir escorté jusqu'à l'ascenseur des personnalités participant à la Levely. Et mieux encore, Morgans en personne était avec lui de ce que souffla Sabo en jetant avec sa sœur un œil au coin de la ruelle. Alors, la D. escalada le mur de l'échoppe derrière laquelle ils se cachaient et s'assit au bord du toit de celle-ci. Iro la suivit, prenant immédiatement la couleur adaptée pour se fondre avec le décor.

- Bonjour officier.

Réaction immédiate, tout le monde était sur le qui-vive et Morgans prit un premier cliché d'elle. Le flash parvint à passer partiellement au-delà de son bandeau.

- Alors, avant de passer à l'étape panique et tentative de me mettre en état d'arrestation, j'aurais quelques questions, officier.

- Tu les poseras quand tu seras en cellule ! lui répondit certainement le Marine.

- Eh bien justement. Pourquoi vous voulez absolument m'arrêter ? Pour quel motif ?

- Tu le sais pertinemment !

- Justement non. Je connais le code pénal, vous savez. Donc, je connais mes droits. Et outre le fait que je me sois assise sur un monument historique, vous n'avez rien à me reprocher. Bon d'accord, y'a bien quelques refus d'obtempérer et des coups et blessures, mais ça entre dans le cadre de la légitime défense, parce qu'il reste normal de frapper quelqu'un qui vous pointe avec une arme à la figure. D'où ma question… qu'est-ce que j'ai fait pour mériter une prime qui passe son temps à grimper, même quand j'essaie de faire ma vie de mon côté sans faire chier quiconque. Non, sérieusement, pendant trois mois, je n'ai strictement rien fait de répréhensible et je suis restée loin de l'œil du public au maximum. Résultat, je suis passée à sept cent cinquante millions de berrys. Alors, je pense être en droit d'avoir des explications.

- Ton crime est d'exister ! Tu es l'abominable descendante du Roi des Pirates ! Et nous ne voulons pas d'un Gold Roger bis !

Malgré le chapeau et le bandeau, on devinait qu'elle avait levé un sourcil.

- C'est bien ce que je pensais. Donc, délit de sale gueule. Cela explique tellement. A se demander combien d'innocents sont morts juste pour ça. On pourrait être des gens géniaux, les prochains Vegapunk, ou travailler pour des trucs comme les Marche Tempêtes… que sais-je ?! Et on nous pousse dans le vide parce qu'on a pas la bonne lignée ? Et derrière, les coupables de massacres sont médaillés ? Mais dans quel monde on vit, je vous jure…

Elle soupira et secoua la tête en croisant les jambes pour se laisser aller sur ses mains un peu en arrière, ignorant à nouveau l'appareil photo de Morgans au travail et sa prise de notes.

- Juste pour qu'on soit clair, je ne brigue pas le trône de Gol D. Roger. Le One Piece, qu'il existe ou pas, ne m'intéresse pas. Si y'en a dehors qui veulent s'en emparer, qu'ils se fassent plaisir. Je les y encourage… mais ils ne seront qu'un divertissement pour le vrai roi des pirates. Allez… un peu de patience. Votre véritable cauchemar sera sur les routes d'ici un peu plus de deux ans. Et là, vous regretterez votre comportement. Parce que ce gars, c'est le Karma. J'ai une foi inébranlable en lui.

Et elle eut un rire mauvais.

- Vous avez tous peur de moi, mais vous vous trompez de cible. Et quand vous l'aurez compris, il sera déjà trop tard. Les pirates auront un nouveau roi sous peu, et personne n'est prêt pour la vague qui l'accompagnera.

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Robb avait attendu longtemps ce moment, ce message, ce rendez-vous. Ace était un pote, son capitaine, son camarade, peu importe les secrets. Alors, quand il leur avait demandé de ne pas faire les cons et de l'attendre, il l'avait attendu. Quand Ace avait réussi à leur faire passer ce message leur disant que ça allait prendre du temps et qu'il comprendrait qu'on laisse tomber la bande, il avait décidé d'attendre. Il était prêt à cela, comme tout le monde à bord. Ils savaient tous qu'il y avait assez de fric à bord pour commencer une nouvelle vie, mais ils l'avaient ignoré. Ils avaient bossé de concert pour garder l'équipage à flot jusqu'au retour de leur capitaine. Si le brun leur demandait de sauter en Enfer, ils lui demanderaient « jusqu'à quelle profondeur ». Ils le suivraient où il irait et cette séparation les mettait en boule. Alors, avoir ce message, après tant de temps, leur donnant rendez-vous au Red Port, c'était un cadeau tombé du ciel. Ils n'avaient pas attendu pour mettre les voiles jusqu'à l'île en question, en dépit de la sécurité augmentée due à la Levely. Ace leur avait dit qu'il les retrouverait là-bas, alors, même si ça prenait une vie entière, ils l'attendraient.

No man's left behind. C'était le motto de Robb. Et ça s'appliquait dans cette situation.

Aussi quand il reconnut Iro remontant sur le pont de leur navire, il poussa un hurlement de victoire et de joie qui alerta tout le monde. Mais la joie laissa place bientôt à la perplexité. Certes, c'était une tête brune qui monta à bord derrière la panthère, mais pas celle attendue. Ni celle que l'on aurait cru voir ici.

Gol D. Anabela en personne.

Elle posa son sac à ses pieds avec un gémissement de soulagement avant de se laisser glisser au sol en soupirant.

- Hey ! Tu prends un peu trop tes aises, là. C'est pas parce que t'es belle comme un camion ou que t'es la gosse du précédent roi des pirates que tu peux te permettre ce que tu veux à bord de notre navire.

- Ravi de te revoir aussi, Robb, sourit d'un air épuisé la jeune femme.

Sauf que la voix ne cadrait pas. C'était la voix d'Ace, Robb en aurait mis sa main à couper. Et pour en rajouter, Kali quitta le rang pour foncer sur la brune et lui faire un énorme câlin, enroulant de façon presque protective sa queue de serpent autour d'elle.

- Tu m'as manqué aussi, Kal. Tout le monde m'a énormément manqué, répondit la fille de Roger.

- Bon retour à bord, capitaine, salua Patrick comme si de rien n'était.

Il s'avança vers la femme et lui prit une main en restant debout. Elle tira un peu et comprenant l'intention, Patrick tira dans son sens, aidant la brune à se remettre sur pied.

- Dieu que ça a été long… soupira-t-elle.

Elle retira son chapeau noir, puis son bandeau, dévoilant un visage qui, même si féminin, était plus que familier pour l'équipage. C'était Ace, à n'en pas douter.

- Alors, je sais que vous avez tous des questions, des commentaires, des coups de gueule et j'en passe, mais j'ai possiblement fait chier la Marine. Puis-je suggérer qu'on bouge le navire avant qu'ils ne débarquent et qu'on puisse s'asseoir pour discuter de tout ça plus tard ?

- Tu nous as menti ? demanda un des gars qui avait retrouvé sa voix le plus vite.

Ann lui adressa un regard blasé avant de se tourner vers Patrick.

- Qu'a dit tante Shakky ?

- En devenant pirate, on renonce à tous ses droits, cela inclus à la reconnaissance par l'administration de tout enfant de notre sang, résuma Patrick.

- Donc, d'un point de vue légal, j'étais juste un Portgas avant de devenir moi-même pirate… ce qui est en soit un paradoxe puisqu'on veut absolument me coller les faits d'armes de mon défunt père sur le dos, reprit la capitaine. Je n'ai menti à aucun moment. Juste cacher les faits pour protéger tout le monde. Je me suis retrouvé deux fois avec le Gensui sur le dos quand j'étais gosse et donc, encore un civil innocent.

Elle se saisit de son fusil à deux mains avec un œil légèrement plissé.

- Vous pensez qu'il se serait passé quoi si j'avais débarqué dans le milieu de la piraterie en hurlant que j'étais le bâtard de Gol D. Roger ? On n'aurait pas réussi à sortir d'East Blue en vie. Entre le Gouvernement et les anciens ennemis de mon paternel, ça aurait été plus simple de creuser notre propre tombe à ce stade. Alors que si je prends le nom de ma mère et forme un alter-ego féminin avec le nom de mon père… je redirige l'attention sur une autre cible, et nous permet ainsi de vivre un peu plus longtemps.

- Eeeeh… il a un point… concéda Robb avant de faire une pause et de regarder leur capitaine. Elle ?

- J'ai été assigné homme à la naissance, mais je me définis comme agenre. Cela me passe à mille lieux. En ça, mon logia m'aide. Quelle est la foutue utilité de chercher à genrer du feu. Quoique… l'apathie de genre entre dans le tiroir d'agenre ou c'est autre chose ?

Et le logia se mit littéralement à fumer alors qu'il réfléchissait intensément à la question.

- Priorité, Ace, priorité, rappela avec amusement Kali.

- Tu sais depuis longtemps ? demanda Chris à l'adresse de Patrick. Kali, on ne demande pas... elle sait des choses que le commun des mortels devrait ignorer…

L'elfette était trop occupée à bichonner Iro pour faire un commentaire.

- Mais toi ?

- Je l'ai découvert à Shabondy. L'artisan qui nous a enrobés, c'est le Mei-ö.

- NANI !?

- Je vous l'ai pourtant dit, quand on a rencontré Shanks. J'ai pire qu'un oncle Yonkou dans mes bagages. C'est le Mei-ô qui m'a changé les couches après tout. Mon père en tout sauf le nom.

Yup, c'était bien Ace et ses révélations hors normes sans pincettes.

Bon sang, il leur avait manqué.