Bonjour, on se retrouve aujourd'hui, pour la rentrée, avec un nouveau chapitre de Golden. Et enfin, on arrive à cet instant que tout le monde craint pour une raison ou une autre : des examens scolaires. Ace va passer à la casserole.

Ah, et on a un "début" de passage à sous-entendu érotique. Le passage étant extrêmement petit, j'ai simplement mis deux petites étoiles devant. Si vous n'êtes pas confortable, vous pourrez descendre jusqu'à la prochaine ligne de séparation sans risque. Sur ce, excellente lecture.

Yuwine : Thatch était surtout en face d'un "allier". Si Ace était hostile, y'aurait eu combat et on n'a aucune idée de comment ça se serait fini. / Oui, on a eut la danseuse. Si je retrouve les images, je les mettrais en lien sur AO3, parce que je sais que j'ai encore des fan art qui traine et que c'est l'occasion en or de les montrer./ Oui, on aura quelqu'un de content. Ou pas. Tout dépend de qui est le "quelqu'un" parce que la vidéo pourrait finir par erreur dans les mains de Shanks et lui, il appréciera moyen le spectacle de son neveu.

Cocochoco78 : Alors, j'ai beaucoup réfléchi à ton commentaire et j'arrive toujours pas à savoir si tu me pointes une erreur de typo dans un de mes chapitres ou si c'est toi qui en a fait une... ou si simplement, j'ai besoin de nouvelles lunettes XD

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Ace raccrocha en sifflant d'agacement et revint à la préparation du petit-déjeuner pour l'équipage alors que l'aube n'était pas encore présente à l'horizon. Il avait pris la dernière garde après tout. Et il avait bien fait vu que Javier avait eu vent de sa représentation de danse durant la mission qu'il avait faite pour Shanks. Et comme il s'y était attendu, Javier avait eu quelques mots sévères à son égard, dont une menace de le coller au monastère/couvent. Il était un peu trop protecteur à son sujet. Il tourna la tête en voyant Marina entrer dans la cuisine. Généralement, à cette heure-ci, c'étaient Kali et Chris les premiers debout avec lui, mais apparemment, Marina était elle aussi une lève-tôt. Au vu de sa tête, la nuit avait dû être difficile, mais cela ne l'empêcha pas de réagir en notant la présence de celui qui était désormais son capitaine. Elle se fit toute petite en marmonnant un bonjour. Elle n'avait plus son manteau ni son gros bonnet, ce qui dévoilait une tenue déchirée artistiquement avec son tee-shirt assez court et son jean, ce qui lui donnait une apparence rock et rebelle, complimentée par les rangers qu'elle avait au pied. Pour sa coiffure, c'était une multitude de tresses noires avec des perles. Elles étaient étranges ces tresses, mais il n'arrivait pas à mettre le doigt sur ce qui le faisait tiquer.

- Salut à toi. Sympa tes pompes ! Sinon. Café ou thé ? Sauf si tu es plus lait, mais vu que Kali est la plus grosse consommatrice à bord…

Il ouvrit le frigo et sortit la bouteille de lait de dedans pour le mettre sur la table. L'emballage cartonné explicitait qu'il s'agissait d'un lait végétal à base de riz.

- Je suis pas fan, après, chacun ses goûts, explicita le D. en haussant des épaules.

Et il retourna à sa poêle et ses œufs brouillés.

- ... Merci. Café avec du lait, s'il te plait... Besoin d'un coup de main... Enfin... Voilà quoi ? Je peux faire quelque chose pour aider ?

Sans regarder, Ace ouvrit le placard au-dessus de sa tête et en sortit à l'aveugle une tasse vide qu'il posa à côté de la cafetière sur le plan de travail à sa gauche.

- Le café est chaud, je te laisse te servir. Ton chien, c'est des croquettes ? J'use du BARF pour Iro, alors si tu veux que j'en profite pour faire la gamelle de Strike, fait moi signe.

Il éteignit le gaz alors que Kali et Chris entraient dans la cuisine.

- Si tu veux aider à la cuisine, fais-toi plaisir. Généralement, je fais à manger parce que je sais que je mange énormément donc, je sais que si je suis derrière les fourneaux, je peux remplir mon estomac et éviter d'affamer le reste de l'équipage. Et si on laisse Kali…

- On aura personne qui mangera par peur qu'elle ait craché son venin dans les plats, compléta Chris avec sa touffe châtain ayant presque doublé de volume durant la nuit. Bonjour à vous deux.

- Yo, salua le capitaine.

Ace sortit toujours à l'aveugle deux autres tasses pendant que Kali ignorait le monde pour se servir une tasse de lait avec celle prévue de base pour le café de Marina. Elle offrit néanmoins la bouteille à Marina quand celle-ci eut sa tasse de café. Elle ne la regarda pas en lui donnant la bouteille.

- Bonjour à vous aussi. Merci Kali-san, dit la nouvelle en attrapant la bouteille de lait avant de revenir à Ace. Pour ma part, la cuisine est quelque chose que j'aime beaucoup faire. Donc, si tu veux une paire de main en plus, demande.

Chris attrapa la cafetière et se servit une belle tasse de café avant de poser des pilules sur la table qu'Ace foudroya du regard.

- Si tu veux participer, c'est à toi de voir. Faut juste penser à la miss qui ne consomme rien d'origine animale, même si on est certain qu'elle doit faire en cachette des badtrips sur des souris avariées, déconna le logia.

- Je vais te mordre, menaça Kali.

- Deux secondes.

Ace vida les œufs dans une assiette et tendit son bras à Kali qui se mettait une bonne dose de sirop d'agave dans sa tasse. Et comme on pouvait s'y attendre, l'elfe mordit sauvagement le bras du brun qui se contenta de lui tapoter sa tignasse avec affection avec sa main de libre. Quand elle le relâcha avec satisfaction, elle lui donna sa tasse et s'assit dans son coin de la cuisine où Iro vint la rejoindre pour se faire câliner, sa fourrure virant au jaune pendant qu'elle se mettait à ronronner. Chris s'assit à la table avec son café et une assiette, ignorant le monde pendant qu'il mangeait son petit-déjeuner. Il était habitué à ces conneries, et il préférait clairement ce genre de chose de la part de Kali plutôt que l'état dans lequel ils l'avaient récupérée à l'origine.

- Cependant, si tu utilises le gaz, préviens-moi, continua le logia comme si de rien n'était.

Il rendit à Kali sa tasse désormais fumante et celle-ci se blottit contre le mur, ses cheveux la masquant comme une cape.

- Confortable ? demanda Chris.

- Rien ne vaut une pierre plate chauffée au soleil, mais merci de demander, marmonna l'elfe en sirotant son lait chaud.

- Je suis un logia, donc, si on utilise le gaz sans faire attention… boom, continua le capitaine.

- Autre chose à savoir, même si c'est pas très connu… Ace a de bons contacts. De très bons contacts un poil protecteur à son intention. C'est tonton, c'est ça ? sourit avec un vaguement amusement Chris en pointant les pilules sur la table.

- Ouais, vaguement.

Ace ramassa les médicaments, regarda Chris, l'air de dire que ça ne servait à rien, avant de les enfiler.

- Il est narcoleptique, aussi. Donc, si tu le vois inconscient dans une position bizarre ou dangereuses…

Chris ne termina pas sa phrase, se contentant de retourner à son café.

Marina cligna des yeux, son chien venant de poser sa tête sur ses genoux en quémandant un morceau.

- Bienvenue chez les Spades. Dis-toi que c'est pire depuis qu'on est dans le Shin Sekai.

- Oh ? … ça va… Je pense ? Je peux faire des crêpes pour tout le monde ?

- Fais-toi plaisir. Je dois faire des copies des documents volés, sinon, c'est pas Javier qui va venir râler à mes oreilles, c'est mon oncle alcoolique qui va débarquer. Et vu que l'on a déjà possiblement fait foirer une mission des Shirohige… autant éviter d'en avoir un second mécontent.

Marina cligna à nouveau des yeux, hésitant entre rire ou taper sa tête avec ses mains. Elle se redressa et attrapa les ustensiles pour commencer une préparation de pâte à crêpes et aussi un caramel crémeux pour mettre dessus pour ceux qui voulaient. Une bonne odeur monta dans la cuisine. Strike se mit à chercher quelqu'un qui lui donnerait un morceau et posa sa tête sur le genou de Chris en lui adressant les yeux les plus adorables que pouvait faire un patou, mais le médecin l'ignora.

- Iro, appela Ace.

La panthère se leva de là où elle se faisait câliner par Kali pendant que le reste des hommes arrivaient dans la cuisine comme des zombies. Robb bavait un poil quand il s'assit à table. Ace s'accroupit pour donner un bol de métal à la panthère qui se frotta à lui avec affection, lui léchouilla le bout du nez, avant de manger sa ration.

- Donc, retour à Shabondi, patron ? demanda Patrick.

- Je te laisse les clefs et les commandes en mon absence pendant que je passe ces exams avec la gueule d'ange. Dans l'espoir que le vieux fou ne nous tombe pas sur le dos à nouveau.

- Boooh, tu risques juste de finir dans l'armée, c'est quoi le mal ? Faire ton service militaire ? Ça te fera du bien, rassura Robb.

- Faire mon service militaire avec lui en instructeur. J'ai cru comprendre qu'on mourrait jeune dans la famille, mais j'aimerais au minimum voir mon petit-frère devenir lui aussi un pirate, tu sais.

Marina posa la première assiette avec une pile de crêpes ainsi qu'un pot avec le caramel à côté. Elle regarda Ace et Robb avec un air déprimé.

- Je ne sais pas de quel fou vous parler. Mais il n'y a rien de pire que Garp… C'est un malade. Il a jeté des cadets dans les eaux du port du G5 pour leur apprendre à nager. J'ai jamais nagé aussi vite.

Tous les hommes autour de la table recrachèrent ce qu'ils avaient en bouche alors qu'Ace se redressait avec un louuuurd soupir.

- C'est mon grand-père. Il m'a appris à nager, avant mon logia, avec un putain de crocodile au cul. J'avais quoi… quatre cinq ans ?

- Donc, vous avez une connaissance commune ? nota Patrick.

- Faut croire.

Cela le rendait encore plus curieux de qui était vraiment la demoiselle si, sans être de l'armée, elle avait connaissance de qui était Garp au-delà de l'image du héros, et avait eu droit à l'entraînement de cadet.

Marina se tourna vers Ace et posa les deux mains sur ses épaules avec l'air terrifié.

- Mais comment tu as survécu à ce fou ? Non. Ne réponds pas en fait. Je ne veux pas savoir. Si tu as un plat préféré, je le fais. T'as survécu à ce frappa-dingue, tu as mon total respect.

- J'avais un oncle maternel et un parrain/père. Et deux frères que, je n'ai pas honte, j'ai de temps à autre poussé devant le fou pour m'en sortir. Après, du moment qu'il y a de la viande, que c'est épicé au maximum et que c'est en quantité, tu as mon estomac à bord. Donc, pour ton chien, j'appelle mon oncle véto pour ses recommandations d'alimentation ou tu le prends en charge ?

- Ça marche pour la bouffe. Et pour Strike, j'use du BARF aussi. J'ai les quantités, si tu veux. On trouve pas toujours des croquettes sur la Grande Line.

- Donne-moi ça, que je puisse lui faire sa ration. Et vu comment les mecs dévorent tes crêpes, elles doivent être excellentes. Tu devrais t'en sortir pour les garder en ligne pendant mon absence.

Kali regarda les autres s'empiffrer avec les crêpes, toujours avec son lait chaud par terre, les observant en silence, sans adresser le moindre regard à leur nouvelle venue. Ace le remarqua mais ne fit aucun commentaire, il prendrait à part son amie pour avoir des informations.

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Patrick venait de prendre à part Marina pour lui expliquer quelques trucs sur les habitudes du navire, permettant à Ace de rejoindre ce qui était désormais la cabine des filles. Kali était sur son lit avec un de ses livres ésotériques qu'elle faisait littéralement léviter dans sa main pendant qu'elle le lisait.

- Pouvons-nous parler ? demanda le logia.

L'elfe laissa son livre se poser doucement sur le lit, le referma avant de le glisser sous son coussin. Comprenant l'invitation, Ace vint s'asseoir à côté d'elle.

- Tu l'as libérée parce que le Serpent te l'a demandé ou parce que tu as une vision ?

- Ni l'un ni l'autre, soupira l'elfe en retirant un morceau de peau morte de ses écailles couleur sable. J'ai entendu son chien appeler à l'aide pendant qu'on s'infiltrait. C'est pour ça que j'ai fait ce détour.

- Et qu'est-ce qui t'a fait regretter en une soirée de la prendre à bord ?

- Ses tresses. Ce sont des tresses de scribe. Tradition Undod. Ma caste usait de tresses pour expliciter le rang et la fonction des personnes les plus importantes, et celles de Marina, ce sont les mêmes portaient par nos scribes. Et les perles ont des runes en Laith aen Undod, ma langue natale. Mais elle est humaine, et surtout, c'est une femme. C'est pas logique.

Elle se serra dans ses bras en ramenant sa queue vers elle. Les écailles laissèrent place à ses jambes humaines qu'elle enserra dans ses bras maigrelets.

- Quand on est allé à la petite Sarkomand et qu'on a vu l'île en cendre… je me suis sentie enfin en paix. Mais là… c'est juste un détail… mais il m'inquiète, avoua l'elfette.

- Kali. Tu n'es pas obligée de me faire confiance sur ce coup, mais je pense qu'elle est ok. Quant à la source de ces tresses… Rayleigh m'a dit un truc, la première fois qu'on est passé à Shabondy. Apparemment, tu serais pas la dernière.

Kali se figea et le regarda intensément.

- Un légiste dans la Marine. Avant de t'en parler, je voulais plus d'informations. Trouver qui c'était. Mais il ne fait que trop peu parler de lui, et je n'ai même pas pu trouver ses états de service durant mon infiltration de Marine Ford.

Il lui tendit une main et elle s'en saisit comme d'une bouée de sauvetage.

- Prends ton temps pour réfléchir, pour qu'on puisse réunir des informations. Au besoin, je suis prêt à appeler Garp pour trouver nos réponses. La question est… est-ce que tu veux te concentrer sur un témoin d'un passé qui t'a brisé, ou laisser ça derrière, et aller de l'avant ? Quoique tu choisisses, je serai derrière toi. On sera tous derrière toi. D'accord ?

- …J'ai peur. Je sais que l'île est détruite, que je ne peux pas y retourner pour le coup, mais…

- On est avec toi, Kali. Tu n'es plus une esclave de ton passé, tu es une femme nouvelle, forte, indépendante. Ta propre personne. D'acc ?

La brune hocha la tête.

Ace se leva et attrapa une peluche de son amie qui trainait dans les environs pour la donner à l'elfette qui enfouit son nez dedans. Le logia ouvrit un bras et elle se laissa aller contre lui. En soupirant silencieusement, il lui passa une main douce sur ses cheveux pour la rassurer.

- On est un équipage. On reste uni. On se battra pour toi s'il le faut. Alors, si quelque chose ne va pas, tu peux nous le dire. On sera là. D'accord ?

Kali hocha la tête.

- Tu veux que j'appelle Garp ?

Elle offrit une réponse négative de la tête avant de se justifier :

- Peu importe qui est cet aen, s'il capte qu'on est sur ses traces, ça sera pire. Autant ne pas éveiller ses soupçons. Mais je vais la garder à l'œil.

- Je n'en doute pas le moins du monde.

Iro grimpa sur le lit pour léchouiller le visage de la zoan afin de la rassurer et Kali l'embrassa en réponse. Pendant un instant, ils restèrent ainsi, avant qu'ils ne se séparent. Ace sortit ensuite pour voir Marina assise dans un coin du pont en train d'écrire avec frénésie.

- Je peux te déranger ? demanda-t-il alors que Iro venait se frotter à elle en ignorant royalement le patou qui faisait le paillasson à côté de sa partenaire.

- Aucun souci, assura Marina en gratouillant Iro qui leva la tête pour que la demoiselle redirige son attention sous sa mâchoire.

Ace rejoignit sa nouvelle nakama et s'assit à côté d'elle.

- Tu écris quelque chose d'intéressant ? se renseigna le logia.

La demoiselle se mit à rougir sous l'attention.

- Euh... Oui... Enfin... Non ? ... C'est un polar noir. C'est pas le style de tout le monde.

- Oh. Une autrice ? Fais-moi penser à ne jamais te présenter Angelito. Mon jeune frère a publié un livre il y a un an ou deux. Sous un pseudonyme. Vous vous entendriez comme des larrons en foire, même s'il est plus porté par des romans d'aventures. Et avec cet idiot, ça peut vite mal finir, vu les idées qu'il peut avoir. Et contrairement à ce que l'on peut penser, je tiens à ma santé mentale.

- Dommage. Je suis publiée depuis mes seize ans, à présent, j'utilise un pseudonyme pour cela.

- C'est beau. Bon. Patrick t'a expliqué pourquoi on retournait à Shabondi, non ? Sache que j'ai un denden personnel. Le numéro est à côté de celui de bord. Même si on se connait peu, et qu'il y a beaucoup de choses qui vont se passer pour cet équipage suite à ça, je veux que tu saches que mes camarades sont importants pour moi. Si tu as besoin de moi, n'hésite pas à me contacter. Si quelque chose ne va pas, si tu as besoin de vider ton sac, de soutien, ou juste de parler, n'hésite pas. D'accord, Marina ?

Et il lui adressa le sourire qu'il adressait généralement à Sabo et Luffy.

- -... Je ... Merci. Peut-être pas aujourd'hui mais un jour, peut-être, je viendrais vider mon sac, capitaine.

- Je transmettrai mes horaires d'examens quand je les aurai. Alors, n'hésite pas si tu as besoin. Même si c'est pour dire que l'un de ces idiots t'embêtent. Je leur tirerai les oreilles.

Il lui serra l'épaule.

- Est-ce que… que je… qu'est-ce qu'il va se passer… après, je veux dire. Tu dis qu'il y a quelque chose suite à ton absence…

- J'ai eu… une mésaventure avec Shirohige, dit avec un sourire crispé le capitaine. Même si j'ai appris quelque chose, certes, la méthode n'était pas bonne. Cependant, on en a pas fini, lui et moi. J'ai donc deux trois mots à lui toucher en terrain neutre où il ne cherchera pas à me kidnapper à nouveau pour une adoption.

- Oh... Je crois à moitié comprendre. Et cette discussion pourrait avoir un impact sur l'équipage ?

- J'ai des amis qui comptent sur nous tous, à Wano. On attaquera Wano. La question est de savoir si ça sera un travail long et usant avec juste nous, ou si ça sera avec le soutien de Shirohige. J'ai de bons arguments à lui présenter.

Il pouvait demander de l'aide à Shanks, mais on se poserait des questions si le Roux se manifestait alors qu'il se contentait lui aussi de maintenir un statut quo. Shirohige et Kaidou étaient des anciens Rocks. Et c'était de connaissance commune que le vieux Newgate n'aimait pas ses anciens camarades.

- Wano ? ... Lieu autant secret que dangereux, à ce que je sais. Je pense que si tu veux que Shirohige intervienne, faut vraiment que le sujet devienne personnel. Enfin, c'est mon avis. Après tout, il appelle tous les membres de son équipage ses enfants. Donc, par définition, on ne doit pas attaquer un membre de la famille du plus puissant des pirates actuels sauf si on veut une guerre.

- J'ai déjà mon plan.

Et il lui adressa un sourire mystérieux. Chris, qui passait par là, vit le sourire, vint à la hauteur de son capitaine et lui colla une taloche. Alors que le logia le foudroyait du regard, le médecin s'éloignait déjà. Quand Ace souriait comme ça, c'était généralement des ennuis pour leur bande. Marina l'apprendrait vite.

Marina regarda l'interaction et eut un petit rire. Elle hocha la tête et regarda le carnet entre ses mains.

- Tu veux lire un peu ?

Ace tendit une main pour prendre le brouillon mais sa tête bascula vers l'avant dans une crise de narcolepsie. Avec habitude, Iro vint arranger vaguement sa position avant de se rouler en boule entre les jambes de son camarade.

- Ano… il faut lui mettre une couverture… ou on le laisse comme ça ? demanda avec une légère panique Marina à Chris qui n'était pas encore trop loin.

- Nan, laisse-le, assure-toi juste qu'il ne passe pas par-dessus bord.

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Si Sabo pouvait se présenter avec ses vrais papiers, Ace avait besoin d'une fausse identité. Il n'avait aucune existence légale après tout, outre sa prime. Alors, il avait eu besoin de faux papiers. Et il fallait admettre qu'il avait tiqué. Monkey D. Ace. Si c'était une tentative d'humour de Javier, il allait l'entendre. Mais en ce mois de juin, il n'avait pas la tête à passer ses nerfs sur son oncle. Même Rayleigh n'avait pas eu le cœur de l'embêter à ce sujet. Bien que cela n'avait aucune influence sur son avenir, il voulait avoir ce diplôme. Pouvoir prétendre avoir une éducation était une fierté, une revanche sur le monde. Mais cela lui permettrait aussi de pouvoir prétendre accéder à des études supérieures et ainsi, les compétences nécessaires qui lui permettraient de trouver les secrets du monde. Mieux les comprendre, et peut-être même découvrir ce que son père avait découvert avant lui. Ce qui avait tellement effrayé le monde au point que l'on veuille le tuer dans le ventre de sa mère. Venger tous ceux morts pour ce savoir.

C'est pour cela, qu'il était là, assis en salle d'examen, avec ses faux papiers, sa convocation parfaitement falsifiée, des lunettes et une teinture blonde pour se rendre inidentifiable, et surtout, une tenue moins débraillée que ce qu'il avait habituellement. Il planchait sur son devoir de Langue Ancienne, sachant qu'un des examinateurs l'avait en permanence à l'œil, parce qu'il avait dû leur remettre un certificat médical de son médecin de bord (Chris avait été accepté dans les Marches Tempêtes, donc, il pouvait mettre leur tampon sur les documents qu'il délivrait) avertissant de sa narcolepsie. Et il avait déjà eu une crise, ce qui faisait qu'il avait un foutu retard dans l'épreuve. Il était certain que son frère devait s'amuser sur sa copie dans la salle d'à côté. Ou se faire chier pour avoir fini à l'avance. Le logia, en tout cas, il était heureux du kairoseki à son oreille parce qu'il avait envie de s'arracher les cheveux. Sans le kairoseki, il aurait certainement causé un incendie généralisé. Heureusement qu'il avait droit à du temps supplémentaire pour le coup, mais ce n'est pas pour autant qu'il s'en sortait avec son devoir. Plus l'horloge tournait, plus il craignait de ne jamais avoir le temps de finir.

Ce fut donc en grognant qu'il reposa son stylo alors qu'il n'avait pas fini quand on lui annonça que le temps impartit était écoulé. Quand il disait à Chris que lui donner des médicaments ne servait à rien avec son logia. Il retrouva Sabo dehors qui leva un pouce pour signifier comment c'était passé son épreuve. En réponse, le brun eut un geste sous sa gorge pour signifier que pour lui, ça s'était très mal passé. Sabo lui adressa une grimace sympathique alors qu'ils retournaient vers le bar de l'Arnaque. Ace y logeait le temps des épreuves, puisqu'il avait littéralement laissé le navire aux bons soins de son équipage. Ils en avaient fini pour la journée, plus qu'à se préparer pour le lendemain. Et le surlendemain. Et encore, et ce, jusqu'à la fin de la semaine suivante avec les divers oraux. Cela ne faisait même pas vingt-quatre heures, mais Ace en avait déjà marre. Il ne voulait qu'une chose, et c'était reprendre le large. Reprendre les armes, reprendre sa quête de réponse. Ses plans. Il devait retourner dans le Shin Sekai pour revoir Shirohige et mettre sur la table ce qu'il avait à l'esprit. Il avait l'aval de Rayleigh sur son plan en plus, alors, il avait plus que hâte de mettre tout cela en place.

Shakky et Rayleigh les accueillirent en souriant pour leur demander comment ça s'était passé.

- J'en ai déjà marre de cette teinture et de ces fausses lunettes, maugréa Ace. Je me suis endormi sur ma copie, j'ai bavé dessus, donc, j'ai perdu un temps fou à devoir réécrire mes réponses avant de continuer !

- Ah. Et bien, au besoin, il te restera les rattrapages, pointa Rayleigh.

- J'ai la tête de quelqu'un qui va apprécier de mettre de nouveau ses activités pirates de côté pour s'asseoir à des rattrapages ? Tu te rappelles que j'ai quelques plans, non ? Et que si je dois refaire une tournée, mes hommes vont réellement me lâcher.

- Sinon, Sabo, tu sais qu'on a des chambres là-haut. Tu es certain de ne pas vouloir dormir ici ?

- Non, c'est bon. Et puis, si je ne rentre pas ce soir, Koala serait capable de m'écorcher vif.

- Plus tu en parles, plus j'ai l'impression que vous deux, c'est un vieux couple.

Sabo adressa un regard tout sauf amusé à son aîné, avant de le détourner quand Rayleigh déposa un sac de sport sur le comptoir.

- Peux-tu le soulever sans te faire mal, Ace ?

Le D. regarda l'innocent sac, puis son parrain, tout en continuant à caresser la tête de Iro (elle l'avait suivi en salle d'examen grâce à son don lui permettant de se fondre dans le décor) qui ronronnait avec son menton sur ses genoux.

- C'est pour me faire la morale pour je ne sais quelle raison en se référant à mon souci de dos ou la question est sincère ?

- Elle est sincère. J'ai besoin de toi pour faire une course, mais je trouverai une autre méthode si tu ne peux pas soulever ce sac, justifia Shakky. Et non, Sabo-chan, tu ne peux pas la faire.

Les deux frères se regardèrent avec perplexité avant que le faux blond ne s'en saisisse et ne le soulève.

- C'est gérable.

- Parfait. Voici l'adresse de livraison, approuva Rayleigh.

Et il tendit un papier plié en deux à son filleul qui le déplia et haussa un sourcil.

- Hôtel pépère et discret à la limite de la zone sans lois. Je fais une livraison à un criminel, donc ? Je connais le gars ?

L'ancien se contenta de hausser les épaules.

- Tu me devras un café, ji-chan. Bon, j'y vais. A plus tard.

Il récupéra le sac qu'il passa à son épaule et embarqua Iro avec lui en sortant du bar. Shakky se mit à sourire quand la porte se referma sur le D. alors que Rayleigh poussait un lourd soupir épuisé. Ses garçons grandissaient bien trop vite à son goût. Il se tourna vers son fils adoptif.

- Bon, tu diras à ton frère de faire attention quand tu le reverras demain pour vos épreuves, d'accord ? Sur un autre sujet, tu dînes avec nous ?

Sabo pencha la tête sur le côté avec perplexité.

- Évite de poser trop de questions à ton frère, demain, quand tu le reverras. L'autre parti pourrait mal le prendre, et pour de la curiosité mal placée de ta part, je n'interviendrais pas, dit clairement Rayleigh avec un regard sévère pour son fils d'adoption.

Puis il soupira et secoua la tête.

- Je n'arrive pas à croire que j'ai permis ça.

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Ace était à quelques pas de l'hôtel quand Iro sembla se dresser, virer légèrement au jaune et accélérer le pas.

- HEY ! Mais où tu vas !

Iro s'arrêta juste dans le hall et le regarda, l'air de lui dire de presser le pas. En roulant des yeux, le pirate arrangea le sac à son dos et suivit sa panthère dans l'hôtel. Le gardien dormait littéralement à son poste. Le pirate secoua la tête et reprit le papier pour voir l'étage où il devait se rendre.

- Iro, je ne sais pas ce que tu as perçu, mais on est pas là pour ça, rappela à l'ordre le logia en voyant sa camarade s'éloignait dans l'escalier. On fait cette course et on va manger avant les révisions pour les épreuves de demain. Alors, non, ton exploration s'arrête là.

La panthère se détourna de l'escalier dans lequel elle allait s'engager et adressa un regard à son camarade disant qu'il était stupide, mais vint le rejoindre devant l'ascenseur. En grinçant, la cage de métal s'arrêta devant lui, tirant un ronflement plus fort au gardien qui bavait à son poste. Le pirate eut un rictus avant d'entrer dans l'habitacle. Iro le suivit et le D. appuya sur le bouton qui correspondait à la chambre où il devait se rendre. Il y avait de la moquette partout, ce qui donnait une odeur particulière au lieu. Pas très agréable, mais ce n'était rien par rapport au Grey Terminal. Il allait juste éviter de toucher les murs. Ou s'il le faisait, ça serait suivi d'une désinfection, du type immolation. Iro avait déjà une fourrure couleur verte suite au dégoût.

C'était avec un certain soulagement qu'ils sortirent dans un couloir, mais un soulagement passager parce que si le hall était en carrelage et tapisserie, le reste de l'hôtel était fait de tellement de moquette que le propriétaire devait avoir fait main basse sur tous les stocks de l'archipel. Et certaines tâches sur les murs lui faisaient douter qu'on l'ait nettoyé depuis son installation… si elle avait été un jour propre.

Il regarda la porte de la chambre la plus proche, puis celle à la droite, avant d'aller dans le sens opposé en comprenant que la chambre qu'il cherchait était dans l'autre sens. Iro partit devant avant de s'arrêter devant une porte. Elle se tourna vers Ace et montra les crocs, lui faisant comprendre de presser le pas.

- Mais qu'est-ce qu'il t'arrive ?

Elle se contenta de poser avec agacement sa patoune avant gauche sur la porte à côté d'elle. Il claqua la langue et accéléra le pas pour rejoindre la porte en question. Il fronça des sourcils en voyant le numéro, regarda sa destination sur le papier. C'était le même numéro.

Il regarda sa panthère qui lui adressa juste un petit regard amusé. Avant qu'Ace ne puisse agir, elle se dressa sur ses pattes arrières et appuya sur la poignée de porte.

- Iro ! gronda entre ses dents le logia.

Elle passa derrière lui et le poussa dans la chambre. Cela faillit être fatal parce que tout juste dans la chambre miteuse, le D. manqua de perdre sa tête quand quelque chose d'acéré s'arrêta à un cheveu de sa gorge. Ace baissa les yeux et reconnut un ergot de rapace géant recouvert d'une couche brillante de Haki. Ses yeux remontèrent le long de la peau jaune de rapace pour rencontrer le bout d'un pantacourt de jean plutôt familier, lui faisant plus vite remonter les yeux jusqu'au propriétaire de la serre à sa gorge.

Marco le regarda comme s'il s'était pris un Man'O War en pleine tête, une serviette de bain lui masquant les cheveux.

Pendant un instant, ils se regardèrent, en silence, n'arrivant pas à réaliser ce qu'ils avaient juste en face.

- Qu'est-ce que tu fais ici ?

La question avait franchi leurs lèvres en même temps. Cela coupa la tension. Marco ramena sa jambe et Ace eut un bref rire en secouant la tête avant de regarder Iro qui lui adressait un regard qu'il connaissait que trop bien.

- Bon, d'accord, je te demande pardon de ne pas avoir eu foi en toi. Contente ?

La panthère prit une teinte mauve avec un semblant de sourire et un air de dédain accompagnée de satisfaction.

- Heureux de vous revoir tous les deux, yoi, sourit le Shirohige. Mais ça ne répond pas à ma question.

Ace jeta un œil au lit, et nota qu'il avait l'air propre. Les draps et la couverture étaient même familiers…

- J'ai trop l'habitude des hôtels miteux, tous les anciens savent qu'il faut toujours conserver dans son sac des draps et oreillers propres en voyage loin des navires, yoi.

- Pas con.

Sur ces mots, Ace laissa tomber le sac sur le lit.

- Tu as fait une demande à Shakky ou mon cher et tendre parrain, récemment ?

- A Shakky, oui. J'ai besoin de deux trois trucs pour une infiltration, répondit le Phénix en allant fermer la porte.

Ace se tourna pour continuer à lui faire face.

- En revenant d'exam, ils m'ont donné cette adresse et ce sac, donc, je suppose que je suis ton garçon de livraison.

- Et tu fais un très mignon garçon de course.

La serviette de bain glissa du crâne à moitié rasé du commandant pour montrer qu'il s'était fait une teinture pour passer ses cheveux du blond dorée à un noir charboneux. En deux pas, il était à nouveau sur Ace et passa un bras autour de ses hanches, portant sa seconde main à une de ses joues.

- Tu m'as manqué.

- Toi aussi.

Ace le rapprocha de lui en accrochant ses bras derrière sa nuque et le plus vieux se plia avec empressement pour le rejoindre dans le baiser. Un baiser légèrement salé avec les larmes qu'ils versèrent. Ils se détachèrent l'un de l'autre, souriant, mais restèrent main dans la main.

- C'est pour cette mission que tu as décidé de passer au brun ?

- Je te demande pourquoi tu as, toi, décidé de virer au blond, yoi ? demanda avec amusement le zoan en s'asseyant sur le lit.

Iro sauta sur le drap à côté de lui et lui réclama des caresses en lui donnant des petits coups dans sa main de libre. Et Marco fut plus que ravi de les lui donner. Son autre main retrouva sa place à la hanche du logia qu'il attira entre ses jambes avant de la faire glisser jusqu'à l'un des genou pour vaguement le tenir. Chose avec laquelle le plus jeune était confortable puisqu'il remit ses bras autour du cou un peu plus à sa portée à présent.

- Je passe mes examens sous une fausse identité, alors, autant m'éloigner de ma prime. Rayleigh m'a fait tirer au sort ma coloration. J'aime mon parrain, je l'ai déjà dit ?

- Je peux comprendre, yoi, rit Marco. Donc, ça y est, c'est le grand moment ?

- Ouais. Javier m'a encore une fois menacé du monastère ou du couvent, mais cette fois, si je n'avais pas la moyenne. Là où je lui en veux, c'est qu'il ne l'a pas sortie à Sabo cette menace. Je sais que cet idiot est un bosseur, mais me faire pointer comme un mauvais élève par mon propre oncle est un poil vexant. Sinon, ta mission, c'est quoi exactement ?

Marco eu un soupir en tirant une expression disant que cette mission ne lui plaisait pas.

- Dans les jours prochains, il va y avoir le grand bal annuel de la Marine. Et cette année, ça me retombe sur le nez de me glisser dans la foule pour infiltrer la base et récupérer des informations. La dernière fois que je l'ai fait…

Il eut une grimace.

- Oh, c'est donc ça l'origine de la photo sur le Mur de la Honte ?

- Qui te l'a montré ?

- Sarah. Un de ces épisodes de gardiennages avant ma première tentative de fuite. Le bleu pervenche te va très bien, mais la coupe de la robe ne mettait pas assez en valeur tes longues jambes.

La remarque lui valut une claque sur les fesses qui tira un petit cri et une moue boudeuse au logia. Pour le coup, Marco décida de le délaisser le temps d'ouvrir sa livraison. Un costume classique qui pourrait passer pour ce qu'un officier pourrait avoir sous son manteau de Marine. Il retira partiellement les vêtements et trouva dessous un dossier assez épais qu'il ouvrit juste sur la première page, avant de le refermer pour le remettre dans le sac.

- Tu vas te faire passer pour un Marine déjà existant ? devina Ace.

- L'homme a une baraque hors de la base et il passe par ici tous les matins, yoi. Je le chopperais au passage pour prendre sa place pour le bal.

- Tu veux que je t'accompagne ?

- Tu as des examens.

- Dis-moi la date et je te dirais.

- Tu tiens tant que ça à m'accompagner, yoi ?

Ace haussa les épaules.

- Passer ces épreuves, c'est plus de stress que d'amusement. Sans compter que pour le coup, mes gars sont partis avec le navire. Et même si j'aime mon frère… si on a pas un moyen de souffler chacun de notre côté pour évacuer la pression, nous finissons par nous foutre sur la gueule pour rien. Disons que depuis quelques années, on a besoin régulièrement de cet espace. Ou de quelqu'un pour faire tampon. Généralement, c'était soit Luffy, soit Amelia. On s'adore, mais si on reste trop l'un sur l'autre… ça fait BOOM.

- Je vois le genre, yoi.

- Alors, cette date ?

Pour toute réponse, Marco reprit le dossier qu'il donna à Ace qui ouvrit à la première page avant d'avoir un grand sourire.

- PARFAIT ! J'ai un oral le matin, et ensuite, basta ! Donc, je peux t'accompagner ! J'en profiterai pour faire deux trois choses.

- Dans le genre ?

- Oh, j'ai déjà fait foirer une mission de ton équipage, je vais pas vous refaire le coup. Non, je cherche des infos sur un Marine spécifique et je pourrais faire une sale blague à Garp. La question est… veux-tu que je t'accompagne ou pas ?

Marco le regarda. Normalement, il devrait considérer la chose, y réfléchir à deux fois, mais il avait juste envie de dire oui à son partenaire. Qui devait le savoir vu comment il l'embrassa en se rapprochant encore plus de lui.

- Tu ne seras pas déçu, rassura le logia entre deux baisers. J'ai une autre question pour toi, cependant…

**Il n'eut pas besoin de la poser vu que son compagnon le reversa dans le lit pour mieux l'embrasser. C'était certain, Ace ne rentrerait pas au Rip-off. Les mains du couple commencèrent la tâche d'exploration de l'autre sans briser l'étreinte ou le baiser. L'une des chaussures d'Ace vola, percutant la vieille radio sur une étagère à quelque distance de là, la faisant tomber au sol où elle s'alluma sur une chanson de pop aux accents de vieux morceaux un poil jazzy.

Ace ferma les yeux et se mordit une lèvre alors que Marco dessinait avec sa bouche le contour de son membre au travers de son bermuda.

I could be a better boyfriend than him

I could do the shit that he never did

Up all night, I won't quit

Thinking I'm gonna steal you from him

I could be such a gentleman

Plus, all my clothes would fit

Un gémissement finit par lui échapper quand son intimité bien trop stimulée rencontra l'air plus frais de la chambre.

.

.


.

.

Une semaine et demie.

C'était le temps restant avant cet infâme bal où Ace était décidé de l'accompagner. Mais ce fut aussi la période qu'ils savaient qu'ils pourraient passer ensemble. Une période où le logia avait l'impression de se diviser en deux, et trahir tout le monde. Il rêvait de passer plus de temps avec son compagnon, mais à côté, il y avait quand même sa famille. Et il n'avait pas assez confiance en les hommes de sa famille pour les mettre en présence de Marco à cet instant sans risquer la mort du Phénix. Surtout avec les commentaires de Sabo quand il le vit débarquer à un écrit en boitant et avec l'air de quelqu'un qui a fait nuit blanche.

Il y avait aussi que d'une façon ou d'une autre, ses projets concernant Shirohige pourraient influencer ce semblant de relation, de couple, qu'ils entretenaient. Aussi bien dans le positif que dans le négatif. Et comme Luffy adorait le dire, Ace préférait laisser à ses frères voir le verre à moitié plein, lui, il avait plus de facilité à l'imaginer totalement vide. Avec ce qu'il avait fait pour la mission de Thatch et Haruta, il savait que son plan se présentait mal, et il espérait fortement qu'en assistant Marco dans cette affaire de bal, il pourrait effacer cela et mettre plus de chance de son côté. En dépit de cette angoisse, il profita de son temps avec Marco. Il l'aidait à se préparait autant que ses épreuves le lui permettait, tout comme son compagnon l'aidait dans les révisions.

Puis, le jour-j, Marco revint à l'hôtel pour voir Ace en boule sur le lit, accroché à sa panthère comme si sa vie en dépendait. Le sac à dos du brun avait été jeté dans un coin et il avait encore sa veste et ses fausses lunettes.

- Ace ?

Le commandant n'eut aucune réponse de son jeune amant. Avec précaution, il déposa son propre sac au pied du lit et se rapprocha à pas lent du matelas.

- Je peux m'asseoir ?

Le jeune se contenta de hausser des épaules.

- Il s'est passé quelque chose ?

Ace se contenta de glisser son visage sur la fourrure de son amie qui posa une patte sur sa tête en semblant de câlin, puis appuya le dessous de son museau sur les cheveux teint en blond en ronronnant. Cependant, elle tourna les yeux vers Marco et de la queue, pointa le sac à l'abandon du D. qui commençait vraiment à inquiéter son amant. Comprenant le message, le commandant ouvrit celui-ci et n'eut pas à chercher longtemps puisqu'il était quasiment vide. Il tomba rapidement sur le sujet d'oral d'Histoire qu'avait eu son amoureux le matin même.

C'était une caricature qui semblait tirée d'un journal local d'un océan. Une caricature récente divisée en deux parties. Une montrant un personnage ressemblant à s'y méprendre à Sengoku, couvert de sang, avec des corps de femmes et d'enfants autour de lui. Il avait le doigt levé vers le ciel, commandant l'attention. Il y avait une grosse bulle autour de lui, vantant les mérites de la Marine et son travail pour s'assurer qu'aucun démon avec le sang de Gold Roger ne voit le jour et ne mette le monde en péril, tout cela pour la sécurité des citoyens et la paix dans le monde. Et sur la case suivante, c'était une caricature d'Ann, avec une posture un poil boudeuse, si on en croyait la moue du dessin, exprimant son désir impossible de devenir une Marche Tempête.

Et dessous, la consigne demandait de commenter le dessin en remettant dans le contexte historique et social.

Marco se passa la main dans les cheveux.

Il pouvait comprendre le malaise de son compagnon, avec un sujet qui, pour le coup, était littéralement personnel.

- Tu veux en parler ? demanda doucement le Phénix en revenant s'asseoir sur le lit.

Il aurait voulu prendre son compagnon dans ses bras, mais cela serait revenu à le séparer de Iro qui avait littéralement grandi avec lui et savait certainement mieux que lui comment réagir à ce genre de situation. Mais dieu que ça lui faisait mal de voir son amour aussi démoralisé. Avec délicatesse, il posa sa main sur sa nuque, lui caressant tendrement la peau pour lui rappeler qu'il était là pour lui s'il voulait vider son sac. Sans geste brusque, comme s'il était face à un animal blessé et effrayé, il se pencha sur sa nuque et y déposa un furtif baiser, avant de se redresser.

Le geste d'affection tira une respiration tremblante au plus jeune. Un souffle de quelqu'un au bord des larmes mais qui refuse de les laisser tomber.

- Tu as le droit de pleurer et d'avoir mal, tu sais, yoi ?

- Non. Pas pour ça. Pas pour ce sujet, souffla Ace avec une voix brisée.

La main sur la nuque remonta jusqu'aux boucles teintes du logia et les ongles raclèrent délicatement contre la peau du crâne du jeune homme brisé.

- Raconte-moi.

Après un instant, Ace finit par se redresser, mais Iro ne le laissa pas s'éloigner d'elle puisqu'elle s'allongea littéralement en travers ses cuisses. Il la regarda faire et lui caressa son poil gris.

- T'as pas à te sentir triste pour moi, princesse, souffla le D. en continuant à la caresser.

Iro se contenta de s'installer un peu plus sur lui, l'air de dire qu'elle n'en avait rien à cirer.

Profitant de la position redresser de son amant, Marco se rapprocha de lui et l'enlaça par derrière, glissant son menton sur son épaule.

- Qu'est-ce que tu fais ? demanda Ace en le regardant du coin de l'œil.

- Tu m'as soutenu avec les PTSD que j'ai à cause de cet archipel. C'est normal que je t'aide à mon tour quand tu en as besoin, yoi. C'est quelque chose qui se fait dans un couple. On peut être cassé, défectueux ou autre, mais on sait que l'autre est là avec ses propres faiblesses. Et c'est mathématique. Deux moins donnent un plus.

- C'est stupide.

- Dis-moi ce qu'il t'arrive, yoi. Je ne bougerai pas tant que tu n'auras pas parlé. Tant pis pour le bal de ce soir.

Ace hésita, puis soupira pour raconter pourquoi le sujet le touchait autant. Et la façon dont il crispa ses doigts sur les bandes de cuir à ses poignets disait à Marco qu'il allait avoir l'histoire derrière la tentative de suicide.

- J'avais douze ans. C'était… un jour normal. Mais surtout la première fois où je me suis transformée en Ann. J'ai dû avorter mon expérimentation quand Sabo a débarqué dans ma chambre pour me dire que les cours par correspondance étaient arrivés. J'ai rejoint mes frères et on s'est mis à travailler dans le salon. Javier nous faisait suivre des cours d'une école qui refusait le programme de propagande du Gouvernement.

Marco resta contre lui, sans rien dire, attentif à l'histoire.

- Pour la leçon d'Histoire, il était question des massacres perpétrés en South Blue par le Gouvernement. Je n'ai pas eu besoin de lire le cours jusqu'à la raison de ces massacres. Voir les dates était suffisant pour comprendre. Pile de la mort de mon père jusqu'à peu avant ma naissance. Femmes et enfants, tous pouvant ressembler, ne serait-ce que vaguement, à l'ancien roi des pirates…

Ace s'accrocha aux mains de son amant qui lui embrassa délicatement l'épaule en réponse. Le logia voulait pleurer mais il se l'interdisait, il se l'empêchait.

- C'était suffisant pour que je comprenne que tous ces innocents étaient morts par ma faute. On voulait empêcher mon existence, ma naissance, et pour cela, des personnes qui n'avaient rien demandé, outre le droit de vivre, ont perdu la vie. J'ai compris avant mes frères, c'est pour ça que je me suis précipité dans la salle de bain pour vomir. Puis, j'ai vu le rasoir de papa, et je me suis dit… pourquoi j'aurais le droit de continuer de vivre quand la simple idée que j'existe a causé autant de mort et pourrait en causer d'autres.

Les mains du logia se crispèrent sur celles de son compagnon qui ignora les brûlures qu'il commençait à subir à cause du fruit offensif qui réagissait aux émotions du plus jeune.

- C'est Luffy qui m'a trouvé. S'il avait pas eu envie d'aller aux toilettes à cet instant, ou juste décidé d'aller dehors, je serais très certainement mort.

Ace savait très bien qu'il avait fait du mal à sa famille et surtout, à ses frères, en cherchant à mettre fin à ses jours. Mais la réalisation, la culpabilité et l'horreur avaient été trop fortes pour lui.

- Ace… tu n'es pas coupable de ce massacre. Tu es aussi victime que ceux qui sont morts. Un enfant n'a pas à payer pour les actes de son père. D'après moi, la meilleure chose que tu puisses faire pour eux, c'est de continuer à vivre et être heureux. Parce qu'ainsi, tu réaliseras ce que l'on voulait justement empêcher d'arriver et les vengera.

Marco embrassa son compagnon dans le cou et ferma les yeux.

- Tu as le droit de vivre, d'être heureux. Porter les malheurs du monde et culpabiliser pour un crime qui n'est pas le tien n'est pas une solution. Tu n'as rien à te reprocher, yoi.

Une maigre larme coula sur la joue d'Ace avant de s'évaporer. Il défit les bras de Marco autour de sa taille et se leva.

- Faut que je me prépare pour ce soir, souffla-t-il en cherchant à faire comme si rien ne s'était passé.

Le commandant le regarda faire, tendit le bras et le ramena sur le lit pour le serrer à nouveau dans ses bras.

- C'est secondaire. Ton état passe en priorité, yoi. Je t'aime Ace.

Les yeux larmoyants, le logia accepta l'étreinte, s'accrochant à son amant comme un noyé à un radeau.

- Je t'aime aussi Marco.