Chapitre 68

Impuissance ? Le geste désespéré d'Alice !

Le plan de Cylia s'était révélé bien plus efficace que prévu car à mesure qu'elle fouillait les geôles des esclaves, les deux comparses renforçaient encore plus leur armée. Certains n'hésitant même plus à massacrer à main nue les membres du gouvernement dépêcher sur place pour contenir l'assaut des Dragons Forces. Bien sûr, les deux jeunes femmes n'hésitaient non plus un instant à user de leur force pour répondre aux attaques ennemies.

- Grouille toi Cylia ! Il en arrive toujours plus !

- J'arrive !

La brune déposa quelque morceau de poudre coton à la base d'une large double porte en pierre qui donnait accès à la demeure d'un noble.

Elle leva son pistolet en direction de la matière fortement explosive et attendit quelque secondes avant d'annoncer d'une voix ferme, voyant ses ennemis débouler en grand nombre :

- Fin de la partie.

Les balles entrèrent en contact avec la substance qui provoqua une explosion si violente que la totalité du bâtiment fut pulvérisée sous les yeux des spectateurs qui ne pipèrent pas un mot tandis que le sang de leurs ennemis s'écoulait depuis les marches blanches à moitié détruite.

- Ah ouais, je pige pourquoi ton truc il a été interdit maintenant...

Mais d'autres pas des marines retentirent une nouvelle fois, les forçant à se replonger dans le bain sanglant.

La rouge se retourna et sauta en chargeant, son sabre alla se planter dans une boite crânienne, maquillant ses membres du liquide carmin. Les autres esclaves chargèrent sur leurs ennemis et Cylia termina le travail en abattant ceux qui menaçaient leurs alliés d'un jour.

Elle avisa d'un rapide coup d'œil son stock de munition et grimaça.

- Qu'est-ce qu'il t'arrive ? Fit Elise.

- Mon stock diminue beaucoup trop rapidement.

- Pourtant tu as fait le plein avant de quitter la salle.

- Je sais ! Mais faut croire que j'ai sous-estimé le nombre de nos adversaires.

- C'est pour ça que j'ai toujours préféré les armes blanches, pas besoin de munition.

Une balle perdue manqua de peu la tireuse qui effectua un mouvement de recul et braqua son pistolet en direction du tireur qui s'était immobilisé, surpris de voir sa balle manquer la jeune Whiteman. Mais Cylia ne perdit pas une minute et l'abattit d'une balle dans la tête.

- Tu déconne pas quand on te tire dessus, remarqua Elise.

Sa lame de poison envoya à terre un autre soldat pendant que sa compagnon lui répondit sérieusement :

- Régle n°1 de tireur : Quand on a sa cible dans le viseur, on ne lui laisse pas le temps de comprendre ce qui lui arrive.

Elise hocha la tête en comprenant que la jeune femme était bien plus maligne que son apparence de mécano obsédée pouvait laisser penser.

Elles continuèrent leur avancée tout en libérant les esclaves sur leur chemin quand Cylia s'immobilisa en voyant le dôme de verre à quelque mètre devant elle.

- Elise ! Qu'est-ce que c'est ?!

La rouge suivit le regard de sa comparse et déclara tout en retirant son sabre du corps sans vie d'un marine :

- Le dôme de combat ! Les autres troufions s'en servaient comme arène de combat à mort !

- Tu penses qu'il y a encore quelqu'un ?

- Aucune idée ! Mais on n'a pas de temps à perdre !

- Je vais juste jeter un coup d'œil !

À ces mots, Cylia fit sortir ses rollers de ses baskets et fila en direction de l'arène. Elle fit sauter le cadenas d'une balle et fila à l'intérieur tout en saisissant les clés des cellules au passage.

- Est ce qu'il y a quelqu'un ?!

Elle entendit quelque mouvement de chaine émaner de plusieurs cellules et seule une voix bourrue lui répondit :

- Tu fais partie de ceux qui ont déclenchée l'attaque ?

- P-Pas vraiment, mais je suis là pour vous libérer !

Elle joignit le geste à la parole en ouvrant chacune des cellules et jeta le reste à leur pied.

- Vous êtes libres ! Alors partez !

Mais elle ne se méfia pas assez des alentours car une balle lui traversa le ventre lui arrachant un gémissement de douleur. Sous le coup de la douleur, elle tituba mais se rattrapa bien vite au barreau de la cellule qui hébergeait le minks koala.

- Vous ne partirez pas d'ici vivant ! Esclave !

Cylia se retourna et dévisagea le colonel de la marine qui tentait de faire le brave.

- Tire-toi, gamine.

Elle fut alors poussée par le mink qui sortit tranquillement de sa cellule pour faire face à à l'homme en uniforme.

- Tu dois t'enfuir ! Il n'en vaut pas le coup ! Tenta de raisonner Cylia.

- Hors de question de m'assoir sur ma putain de fierté alors que je peux maintenant les puncher comme je veux !

Il fit alors craquer ses phalanges tandis que des particules d'électro se manifestaient via chaque pores de sa peau.

- Gamine, tu devrais écouter Tony, raisonna un autre esclave.

- Mais il va-

- Ai confiance en lui, Tony n'as jamais perdue un seul combat depuis qu'il est là.

Comprenant que c'était aussi une question d'honneur, Cylia abdiqua et fuit avec les autres esclaves de l'arène. Elle venait de quitter l'arène depuis une dizaine de minute, cette dernière s'éclaira soudainement avant de se stopper aussi brutalement. Elle ignorait tout de la créature qu'elle venait de secourir mais elle espérait pour lui qu'il arrive à sortir d'ici vivant.

Mais ses espoirs se brisèrent brutalement quand elle entendit une lame d'air filer, elle recula juste à temps pour ne sentir qu'une entaille profonde sur sa cuisse, déchirant sa combinaison jaune.

Elle posa le doigt sur la gâchette avant de braquer les armes à feu en direction de son assaillant, vêtue d'habit de la marine, qui ne semblait nullement inquiéter par la réponse de son adversaire du jour.

- Ou pense tu aller, esclave ?

- Je ne suis pas une esclave.

Elle tira deux coups de feu que son adversaire esquiva aisément avant de se propulser droit vers elle, il sauta et contra d'une voix assurée :

- Fauchage de la mante religieuse

Il abatit sa lame mais Cylia esquiva, évitant le coup mortel. Elle fit quelque pas en arrière tout en changeant le chargeur de son arme et reprit en pointant son arme en direction de l'inconnu :

- Tir explosif !

Le pistolet s'illumina dangereusement puis elle tira plusieurs coups de feu, dont les balles explosèrent avec violence au contact de son adversaire. Une épaisse fumée noire recouvrit la scène de l'impact tandis que Cylia, d'un mouvement quasi chirurgical, changea à nouveau son chargeur et ordonna aux esclaves qui était restés à ses côtés :

- Sauvez-vous ! Je m'occupe de lui !

- V-Vous en êtes sûre ? Balbutia un esclave.

Le cran de sureté enlevé, la brune couva un regard déterminé sur la scène tandis qu'elle fléchit les jambes.

- Plus que jamais !

Puis elle s'élança dans la bataille, espérant remporter le combat grâce à ses réflexes de tireuse d'élite.

Du côté d'Alice, cette dernière redoublait de courage pour parvenir à battre Alexandre, qui connaissait et exploitait parfaitement le potentiel de son fruit du démon. Mais elle sortit brutalement de ses pensées quand un siège fut soudainement jeté sur elle.

- Tracer fin !

La lanière claqua violemment l'air, coupant net le siège qui termina sa course derrière la jeune femme, qui comprit que c'était le moment pour elle d'attaquer.

- Premier essai

La lanière s'enroula autour du pied du fauteuil à présent coupé et elle l'envoya sur son adversaire qui disparut brutalement, faisant comprendre à Alice qu'elle devait rapidement réagir et de manière instinctive !

- Premier jet !

La lanière tournoyant devant elle, projetant en même temps quelque goutte d'acide autour d'elle. Alexandre réapparut soudainement devant elle.

- Excellente défense.

- M-Merci, balbutia-t-elle avec surprise.

- Mais pas assez résistante pour moi.

Il disparut à nouveau mais alors qu'Alice comptait déployer la nouvelle attaque, elle sentit sa tête rencontrer avec violence le bitume et les os de son nez se rompre sous le choc.

On lui saisit avec violence les cheveux et on la souleva sans attendre mais Alice serra la garde de son fouet et fit claquer la lanière contre le bras de son adversaire qui la lâcha sous le coup de surprise et de la douleur. Elle se redressa et recula de quelque pas mais elle se fit très vite stopper par une large fenêtre qui se trouvait dans son dos.

- Je n'ai pas dit mon dernier mot

- Dommage pour toi, mais ton voyage s'arrête ici.

Il changea à nouveau de taille, Alice, qui s'attendait à ce qu'il lui administre un simple coup, ne s'attendit pas à ce que son adversaire prononce le mot suivant :

- Ancrage !

Le genou de l'homme percuta avec violence la gorge d'Alice qui, sous le choc, brisa la fenêtre de plein fouet, chutant d'une dizaine de mètre. Elle eut juste le temps de voir une poutre en marbre blanc appartenant au bâtiment derrière elle.

- Calque !

Elle enroula la lanière autour de la poutre et se propulsa dans sa direction, brisant la fenêtre richement décorée tout en roulant sur le large tapis moelleux qui amortit sa chute.

- Moi qui comptais sur ta chute pour venir te ramasser à la petite cuillère.

Alice sentait son esprit vaciller suite au choc et tenta de resserrer sa prise sur son arme.

- Tu n'auras plus besoin de cette chose à présent.

Elle émergea brutalement en sentant que son arme n'était plus présente dans aucune de ses mains. Se redressant brutalement, mais devant se tenir le bras endolori blessé lors de la chute, elle s'écria en voyant son adversaire étudier de plus près son arme.

- Rends-moi ça !

Alexandre lui jeta un regard hautain.

- Pourquoi faire ?

Il lança l'arme en dehors de la bâtisse sous les yeux horrifiés d'Alice, elle tenta de se relever mais son corps retomba rapidement au sol encore douloureux laissant son adversaire l'occasion d'attaquer une nouvelle fois. La jeune pirate fut une nouvelle fois envoyée au sol d'un puissant coup de poing tandis qu'elle sentit les os de ses côtes se briser sous le poids de l'impact.

Son souffle fut coupé à cause du choc important et elle lutta pour le retrouver mais son adversaire n'avait pas fini de lui faire baver et la roua de coup dans l'espoir de la mettre définitivement hors d'état de nuire. Ce qu'il fit sans tarder et l'odorat de la navigatrice fut masqué par une puissante odeur de sang frais et en plus de sentir ses forces l'abandonner.

- Ta défaite était courue d'avance, nul ne peut s'opposer aux puissants de ce monde.

La conscience d'Alice commençait à l'échapper, la douleur envahissant chacun de ses nerfs. Du coin de l'œil, elle vit son adversaire s'éloigner d'elle, sans doute pour s'assurer que personne n'était dans les parages.

Avec sa main tremblante, elle tâta sa poche de jean et sentit une boule sous le tissu. Curieuse, elle l'extirpa et c'est d'un œil fatigué qu'elle roula une bille verte entre ses doigts. Un souvenir récent lui remonta l'esprit.

S'arrêtant juste devant la porte en bois, Alice s'arma de courage et frappa plusieurs coups quand une voix l'intima d'entre.

La navigatrice souffla un bon coup avant d'ouvrir la porte, d'entrer et refermer le battant derrière elle pour faire face à son interlocutrice.

Se trouvant dans la pièce qui servait d'infirmerie où diverses plantes vivantes avaient élu domicile et vivaient en parfaite symbiose, Alice esquiva de justesse une plante carnivore qui manquait de peu de lui croquer l'oreille.

- Alice, je peux t'aider ?

- O-Oui Claire ! Je viens pour te demander quelque information.

- Eh bien, je t'en prie.

Alice baissa le regard intimidé en voyant Claire assise sur une chaise de bureau, les yeux rivés sur le microscope et annotant diverse chose sur un calepin. À cette occasion, ses yeux tombèrent sur une boule verte poser sur un socle fait d'herbe. Elle lut l'inscription attenant :

Sphère appartenant à Bertel Frost

But ? Agit comme un booster de fruit du démon, augmentant leur capacité initiale

Effet secondaire ? Inconnu

- Alice ? Que veux-tu me demander ? L'appela la médecin.

La navigatrice sursauta en constatant qu'elle n'avait pas poser la question pour laquelle elle était venue.

- D-Désolée ! En fait, voilà, je sais que l'on se dirige vers un des endroits les plus sécurisées du monde. Et j'ai aussi conscience que je ne suis pas la plus forte de l'équipage.

- Et donc ?

- Je voudrais savoir si tu pouvais me fabriquer une sorte de médicament pour augmenter ma force, temporairement bien sûr !

Un silence pesant prit place entre les deux jeunes femmes car, en entendant les mots de la navigatrice, la jeune médecin avait arrêté son travail et s'était tournée pour faire face à sa coéquipière.

- Alice, tu n'es pas en train d'envisager de prendre une drogue ? Demanda la médecin avec sérieux.

- M-Mais si c'est toi qui la fabriques, ce serait plus sûre ? Non ? Répondit la jeune femme timidement.

Comprenant le trouble, la médecin reprit d'une voix calme :

- Prendre ce genre de chose n'est pas anodin, Alice, jouer avec les limites du corps humain n'est pas un jeu. Tu peux en ressortir avec de grave séquelle.

- M-Mais tu peux contrôler ce genre de chose.

- Les effets secondaires sont propres à chacun.

- Tu ne vas pas m'en fabriquer, c'est ça ? Comprit tristement la navigatrice.

Claire soupira.

- Tu es loin d'être faible, Alice. Et puis, tu as ton nouveau fouet.

- Et si ce n'était pas suffisant ? Si je devais être plus puissante ?

- Je comprends tes inquiétudes, Alice, mais je suis désolée, je n'en fabriquerais pas.

Voyant la médecin se retourner pour se plonger dans son étude, Alice sentit la tristesse et l'injustice s'insinuer dans ses veines, des sentiments qui se manifesta via ses poings serrés quand son regard se glissa en direction de la fameuse boule. C'est d'un rapide mouvement discret que la navigatrice la glissa dans sa poche avant de quitter la pièce.

Surtout quand on est faible.

La suite de la phrase d'Alexandre eut l'effet d'un électrochoc pour la navigatrice qui serra sa précieuse trouvaille dans sa main, elle ignorait tous des possibles effet secondaire mais qu'importe, elle devait se montrer digne des ambitions de sa capitaine !

D'un geste précipité, elle ingéra la drogue et croqua dedans, déversant un liquide chaud. Qui, à peine entrer au contact de sa langue, lui provoqua la sensation d'un feu brûlant. Chacun de ses muscles se raidir avant d'être prise de convulsion tellement douloureuse que la moindre extrémité de son corps lui procurait d'intense douleur à en faire perdre la raison à n'importe qui.

- Qu'est-ce que tu as fait ? Lui héla le ramasseur.

Le corps d'Alice cessa de convulser et c'est en voyant la pirate inerte, qu'il s'approcha avec prudence. Du pied, il bougea l'épaule de la pirate qui demeura immobile. La voyant définitivement hors d'état de nuire, il ne prit pas la peine de vérifier le pouls de son adversaire et s'éloigna d'elle.

Grave erreur.

Il ne fallut que quelque seconde pour qu'il soit projeté en dehors du bâtiment et qu'il ne s'écrase sur le sol en pierre dans un violent fracas.

Il parvint néanmoins à se relever tout en se tenant le nez et dévisagea son adversaire rétablit.

Comment est-ce possible ?

Il dévisagea Alice qui venait de récupérer son précieux fouet et se dresser devant lui comme neuve. Mais il y avait quelque chose de changer en elle, sa peau autrefois blanche était à présent rougeoyante et ses cheveux lisses étaient ébouriffés tandis que les nombreuses blessures étaient maintenant cicatrisées.

- T-tu ne de-devrais pas me s-sous-estimer !

- Dans ce cas, clôturons ce combat, pirate !

Alice inspira une nouvelle fois pour se donner assez de courage et cria ces derniers mots :

- Je ne suis pas une pirate !