Je ne possède aucun des personnages des livres
Pour les elfes, la forêt est un être vivant à part entière, mais parfois, en son sein, elle peut aussi renfermer des pièges mortels, Elladan et son jeune frère de cœur, Estel, vont en faire la douloureuse expérience.
Ce texte est un cadeau de Noël pour Emi, j'espère qu'il te plaira !
En espérant que cela vous plaise !
Bonne lecture
PS : Au fait j'ai commencé à faire du tri et à remettre de l'ordre dans mes publications en faisant une sorte de table des matières dans mon profil alors n'hésitez pas à y faire un tour ;)
PIEGE AU COEUR DE LA FORÊT
Chapitre 3
La forêt semblait interminable, ses ombres s'étirant comme des doigts avides cherchant à les retenir. Glorfindel ouvrait la marche, Estel toujours inconscient dans ses bras. Elrohir suivait, soutenant Elladan qui peinait de plus en plus à avancer.
- Nous devons faire une pause, murmura Elrohir, son regard inquiet fixé sur son frère jumeau.
La respiration d'Elladan était laborieuse, son visage d'une pâleur alarmante. Glorfindel s'arrêta, se tournant vers les deux frères. Ses yeux, d'habitude si calmes, trahissaient une inquiétude grandissante.
- Très bien, acquiesça-t-il, mais pas longtemps. Nous sommes encore trop près du territoire des orcs.
Avec précaution, il déposa Estel au pied d'un grand chêne. Le jeune homme gémit dans son inconscience, son front brûlant de fièvre. Elrohir aida Elladan à s'asseoir à côté de son frère adoptif, puis s'agenouilla devant eux, ses mains tremblantes cherchant à évaluer leurs blessures.
- Comment va-t-il ? Demanda Glorfindel, son regard passant d'Estel à Elladan.
Elrohir secoua la tête, la mâchoire serrée.
- Pas bien. La fièvre d'Estel ne cesse de monter. Et Elladan...
Sa voix se brisa.
- Son bras... Je crains qu'il ne soit infecté.
A ces mots, malgré sa faiblesse, son jumeau parvint à esquisser un faible sourire.
- Ne t'inquiète pas pour moi, petit frère, murmura-t-il. Je suis plus robuste que j'en ai l'air.
Toutefois, ses paroles rassurantes furent démenties par une grimace de douleur qu'il ne put réprimer. Elrohir sentit son cœur se serrer. Il connaissait son frère mieux que quiconque et il savait que pour qu'Elladan montre des signes de souffrance, la situation devait être grave.
- Nous devons nettoyer leurs blessures, décida Elrohir.
Il se tourna vers Glorfindel.
- Pouvez-vous trouver de l'eau ? Et peut-être quelques herbes médicinales ? J'ai vu de l'athelas un peu plus tôt sur le chemin.
Le guerrier blond hocha la tête.
- Je reviens vite, promit-il avant de disparaître silencieusement dans les sous-bois.
Resté seul avec ses frères blessés, Elrohir sentit le poids de la responsabilité peser lourdement sur ses épaules. Il prit une profonde inspiration, tentant de maîtriser la peur qui menaçait de le submerger. Ce n'était pas le moment de céder à la panique. Elladan et Estel avaient besoin de lui. Avec des gestes doux, il commença à examiner plus en détail les blessures de son frère. Celui-ci serra les dents, retenant un cri de douleur lorsqu'il effleura son bras blessé.
- Je suis désolé, murmura Elrohir, le cœur serré.
Elladan secoua faiblement la tête.
- Ce n'est pas ta faute, souffla-t-il.
Puis, son regard se posa sur Estel.
- Comment va-t-il ?
Elrohir se tourna vers le jeune homme. Estel s'agitait toujours dans son inconscience, murmurant des paroles incompréhensibles. Son visage était couvert de sueur, ses joues rougies par la fièvre.
- Il est fort, répondit Elrohir, autant pour se rassurer lui-même que pour rassurer son frère. Il va s'en sortir. Vous allez tous les deux vous en sortir.
Elladan sourit faiblement.
- Bien sûr que nous allons nous en sortir. Nous ne pouvons pas te laisser seul, n'est-ce pas ? Qui sait dans quels ennuis tu te mettrais sans nous ?
Malgré la gravité de la situation, Elrohir ne put s'empêcher de laisser échapper un petit rire. C'était tellement typique d'Elladan, toujours prêt à plaisanter même dans les moments les plus sombres. Le bruit des pas de Glorfindel annonça son retour. L'elfe blond portait une gourde pleine d'eau fraîche et une poignée d'herbes médicinales.
- J'ai trouvé de l'athelas, annonça-t-il en tendant les plantes à Elrohir, et j'ai repéré un petit ruisseau pas très loin. L'eau y est claire et fraîche.
Elrohir hocha la tête avec gratitude.
- Merci, Glorfindel.
Avec des gestes précis, il commença à préparer un cataplasme d'athelas. L'odeur fraîche et vivifiante de la plante se répandit autour d'eux, semblant insuffler un peu de force dans leurs corps fatigués. Elrohir appliqua le cataplasme sur le bras blessé d'Elladan, puis sur les diverses coupures et contusions qui couvraient le corps brûlant d'Estel. Le jeune homme gémit doucement, mais ne se réveilla pas.
- Il faut faire baisser sa fièvre, murmura Elrohir, l'inquiétude perçant dans sa voix.
Glorfindel s'agenouilla à côté d'eux, trempant un morceau de tissu dans l'eau fraîche avant de l'appliquer sur le front brûlant du jeune homme blessé.
- Nous devons continuer, dit-il doucement. Plus vite nous atteindrons Fondcombe, plus vite ils pourront recevoir les soins dont ils ont besoin.
Elrohir acquiesça à contrecœur. Il savait que Glorfindel avait raison, mais l'idée de forcer Elladan à se remettre en marche lui brisait le cœur. Son frère était si faible... Comme s'il lisait dans ses pensées, ce dernier posa sa main valide sur le bras de son jumeau.
- Je peux le faire, assura-t-il. Ne t'inquiète pas pour moi.
Elrohir hésita un instant, puis hocha la tête.
- D'accord, mais tu me dis immédiatement si tu as besoin de t'arrêter, compris ?
Elladan esquissa un faible sourire.
- Promis, petit frère.
Avec précaution, ils se remirent en route. Glorfindel portait toujours Estel, tandis qu'Elrohir soutenait Elladan. Leur progression était lente, chaque pas semblant relever d'un effort surhumain pour l'elfe blessé.
Les heures passaient, interminables. La forêt semblait se refermer sur eux, les arbres projetant des ombres menaçantes. Elrohir sentait la peur grandir en lui à chaque pas et si des orcs les rattrapaient ? Dans leur état, ils ne pourraient pas se défendre... Soudain, Elladan trébucha, manquant de les faire tomber tous les deux. Son jumeau le rattrapa de justesse, sentant la chaleur qui irradiait du corps de son frère. La fièvre l'avait gagné lui aussi.
- Elladan ! S'exclama Elrohir, la panique perçant dans sa voix.
Glorfindel se retourna brusquement, son visage trahissant son inquiétude.
- Que se passe-t-il ?
- Son état se dégrade, répondit Elrohir, sa voix tremblante.
L'elfe blessé tenta de protester, mais ses jambes cédèrent sous lui. Sans le soutien de son jumeau, il se serait effondré.
- Nous devons nous arrêter, décida Glorfindel. Juste le temps de...
Ses mots furent interrompus par un gémissement émit par Estel. Le jeune homme s'agitait dans les bras de Glorfindel, ses yeux s'ouvrant brusquement.
- Non... non... murmurait-il, son regard fiévreux ne semblant rien voir autour de lui. Les orcs... ils arrivent...
Elrohir sentit son sang se glacer dans ses veines. Était-ce juste le délire de la fièvre, ou Estel avait-il réellement entendu quelque chose ? Glorfindel, tendu comme la corde d'un arc, scrutait les alentours.
- Je ne vois rien, murmura-t-il, mais nous ne pouvons pas prendre de risques. Il faut continuer.
Elrohir hocha la tête, son cœur battant la chamade. Avec une force qu'il ne se connaissait pas, il souleva Elladan dans ses bras. Son frère était brûlant de fièvre, sa respiration de plus en plus laborieuse.
- Tiens bon, mon frère, murmura Elrohir. Nous y sommes presque.
Ils reprirent leur route, leur pas plus rapide malgré leur fatigue. La peur leur donnait des ailes, chaque ombre semblant cacher une menace. Les heures s'écoulèrent encore, toujours interminables.
La nuit tomba, rendant leur progression encore plus difficile, mais ils ne pouvaient pas s'arrêter, pas maintenant, pas quand le salut était peut-être à portée de main. Enfin, alors que l'aube pointait à l'horizon, ils aperçurent une lueur au loin. Le cœur d'Elrohir bondit dans sa poitrine. Fondcombe. Ils y étaient presque.
- Encore un effort, encouragea Glorfindel. Nous y sommes presque.
Puisant dans leurs dernières forces, ils accélérèrent le pas. La lueur se rapprochait, de plus en plus brillante et soudain, ils émergèrent de la forêt, la vallée de Fondcombe s'étendant devant eux. Elrohir sentit les larmes lui monter aux yeux. Ils avaient réussi. Ils étaient rentrés, mais leur soulagement fut de courte durée. Dans ses bras, Elladan était devenu terriblement immobile et Estel, dans les bras de Glorfindel, tremblait violemment, en proie à une nouvelle poussée de fièvre.
- Vite, cria Elrohir, sa voix brisée par l'émotion et l'épuisement. Il faut les amener à Ada !
Rassemblant leurs dernières forces, ils se précipitèrent vers la maison d'Elrond. Chaque seconde comptait désormais. La vie d'Elladan et d'Estel en dépendait. Alors qu'ils franchissaient les portes de Fondcombe, Elrohir ne put s'empêcher de prier. Prier pour que leur long et périlleux voyage n'ait pas été vain. Prier pour que son père puisse sauver ses frères. Prier pour que cette terrible épreuve prenne enfin fin, car malgré leur retour à la maison, Elrohir savait que le véritable combat ne faisait que commencer, le combat pour la survie d'Elladan et d'Estel. Un combat qu'ils ne pouvaient pas se permettre de perdre.
