Disclaimer : L'œuvre Harry Potter est la propriété de J. K. Rowling.
Cette nuit-là, Draco crut que le ciel n'avait jamais été aussi noir et l'air aussi glacial. Terré au fond de sa vieille paillasse, il étouffait sous le poids d'une angoisse oppressante qui se resserrait comme un étau sur son estomac.
Dans l'obscurité de sa chambre, le silence régnait en maître. Ni le vent, ni les hululements lugubres des chouettes qui peuplaient le village ne venaient troubler cette trêve macabre. Une nuit bien pire que toutes celles qui l'avaient précédée depuis son arrivée à Owl City, bien que chaque soirée ici fût une véritable torture.
Les souvenirs douloureux se mêlaient à la réalité de son existence actuelle. La vieille Bathilda, acariâtre et cruelle, l'asservissait chaque jour un peu plus. Les corvées interminables, les coups, et l'absence de tout réconfort l'avaient plongé dans une spirale de peur et de désespoir. Pourtant, cette nuit… cette nuit était différente.
Un pressentiment étrange s'insinuait en lui, lui glaçant le sang. Les chouettes étaient silencieuses et ce simple fait aurait dû l'alerter. Ce fut pourtant autre chose qui fit vaciller ses pensées. Une image surgit dans son esprit, vive et déchirante : le souvenir de son départ du manoir familial. L'expression froide de son père, Lucius Malfoy, lorsqu'il l'avait arraché aux bras tremblants de sa mère… La vision d'elle, écroulée sur le tapis rouge de l'entrée, tendant la main dans un appel désespéré… Puis les grandes portes noires se refermant sur ses sanglots.
« Maman… » Murmura-t-il entre deux sanglots étouffés.
Mais son chagrin fut interrompu par un bruit sourd. Un écho sournois, venu de l'étage inférieur. Draco, tétanisé, se redressa. Il tendit l'oreille, sans oser respirer. Était-ce son imagination ? Ou bien…
Un autre bruit, plus distinct cette fois, monta. Quelque chose était là. Quelque chose de terriblement réel. Tremblant, il se leva et s'approcha à pas feutrés de la porte de sa chambre. D'un geste incertain, il tira le battant dans un grincement sourd. Le couloir était vide, baignant dans une pâle lumière lunaire. Le parquet craqua sous ses pieds nus alors qu'il progressait vers la rambarde surplombant l'escalier.
Là, il aperçut une nappe de lumière bleutée. Mais Bathilda n'était pas là. L'instinct de Draco lui hurlait de se replier dans sa chambre, de se cacher sous ses couvertures mais une force inconnue le poussa à descendre.
Une marche. Puis une autre.
Lorsqu'il atteignit le palier, un cri terrifiant éclata, brisant le silence de la nuit. Bathilda…c'était elle! Le hurlement fit bondir Draco, qui recula vivement. Mais avant qu'il ne puisse fuir, un bruit fracassant s'éleva dans la pièce en contrebas, suivi d'un éclat de tissus noirs projeté contre un mur.
Ce qu'il vit ensuite le glaça d'horreur. La vieille Bathilda gisait, écroulée, son visage tourné vers lui. Elle était d'une blancheur cadavérique, ses membres secoués de spasmes. Une éclaboussure de sang déchira son visage. Entre les pans de sa robe, une masse hideuse s'agitait… et rongeait. Une créature immonde, à la peau grise translucide, la dévorait vivante.
L'être grotesque se figea soudain, comme alerté. Lentement, il releva sa tête chauve et grisâtre. Ses yeux entièrement noirs croisèrent ceux de Draco, l'ancrant sur place. Le monstre gronda, d'un râle épais et féroce.
L'enfant retrouva soudain l'usage de ses jambes. D'un bond, il remonta les escaliers en criant. Il se rua dans sa chambre et barricada la porte avec la petite commode branlante qui était là. Tremblant, il se plaqua contre le mur et enserra ses genoux de ses bras. Ses larmes coulaient à flots tandis que ses murmures se perdaient dans le fracas que faisait le monstre en tentant de défoncer la porte.
« Maman… maman… maman… »
La commode vacilla sous les assauts de la bête. Puis, enfin, elle bascula. La porte s'ouvrit en grand et une haleine fétide envahit la pièce. La créature entra, ses griffes raclant le bois.
Draco était paralysé. Il allait mourir. Cette chose allait le dévorer. Mais alors qu'elle bondissait sur lui, un coup sec retentit. La bête fut projetée sur le côté, s'écroulant dans un bruit sourd. Une silhouette sombre s'était interposée.
« Bon sang… » Murmura une voix grave et impatiente.
Draco, les yeux écarquillés, découvrit l'homme qui se tenait devant lui. Grand, mince, il était vêtu d'un manteau noir et portait des bottes tachées de boue et de sang. Le visage blanc de l'inconnu, encadré de cheveux sombres, affichait une mine contrariée. Il lui tendit une main impérieuse.
« Viens. »
Mais Draco était trop terrifié pour bouger. L'homme fronça les sourcils et s'agenouilla brusquement, attrapant le garçon sans attendre son consentement. Draco hurla mais son cri fut noyé par un grondement lointain. Une explosion secoua la maison et la lueur des flammes illumina la pièce.
L'homme se redressa avec Draco dans les bras et descendit les escaliers en courant, esquivant les débris et le chaos qui envahissaient la maison. Lorsqu'ils atteignirent l'extérieur, le garçon fut frappé par la scène apocalyptique. Owl City était en flammes. Des cris, des hurlements, des bruits de combats résonnaient tout autour. Partout, des créatures semblables à celle qu'il avait vue dans la maison attaquaient les habitants en fuite.
« Accroche-toi. » Ordonna l'inconnu.
Le garçon n'eut pas le temps de répondre que l'homme bondit par-dessus une barricade de flammes. Draco, secoué, enfouit son visage dans le manteau noir pour ne pas voir le carnage. Quand il ouvrit de nouveau les yeux, ils étaient sur le toit d'une maison. L'homme sautait d'un bâtiment à l'autre avec une agilité saisissante, esquivant les attaques des monstres.
Enfin, ils atteignirent une carriole qui les attendait dans une ruelle. Un autre homme était perché à l'avant, tenant fermement les rênes de chevaux effrayés.
« Snape ! Monte ! » Hurla-t-il.
L'homme en noir – Snape – bondit dans le chariot avec Draco dans les bras. Les roues grincèrent, les chevaux hennirent et la carriole s'ébranla à toute allure, laissant Owl City en flammes derrière eux.
Le garçon, terrassé par l'épuisement et la peur, s'évanouit dans les bras de son sauveur. La dernière chose qu'il entendit fut la voix grave de Snape…
« On l'emmène à l'Orphelinat. »
A suivre…
N'oubliez pas de laisser un avis!
