Bougie allumée sur son bureau, assis sur sa chaise, la jeune chouette se concentrait sur ses devoirs pendant quelques minutes avant de repenser à sa journée d'école, surtout au duo Fib et Bonacci.
Il ferma les yeux, pensif.
Par flashs, il se remémorait de tous ces moments où ces deux-là n'arrêtaient pas de l'embêter tout en le considérant comme leur ami. Même Solus y croyait! Qu'est-ce qu'il se sentait stupide... Il y avait Otus comme seul véritable ami, ainsi que Geddy et Alphonse... et Brindille. Tous les quatre étaient vraiment gentils avec lui. Alors pourquoi rester avec ce duo de Fib et Bonacci? Parce qu'il n'avait tout simplement pas d'autres amis avant Otus & cie. Il était tout seul. D'abord parce qu'il était timide et ensuite parce qu'il n'avait pas du tout confiance en lui. Depuis tout petit, dès son entrée à l'école, il était toujours dans son coin à lire le même livre, celui recueillants des textes des Chouettes Ancestrales et surtout celui de Noctae, lors des pauses récrées (et même des pauses tout court) alors que les autres enfants jouaient entre eux. Certains en profitaient pour l'embêter en le traitant d'intello, de peureux ou / et de faible, en le poussant ou en lui volant le livre qu'il lisait alors qu'il était tranquille. En étant «ami» plus tard avec Fib et Bonacci lorsqu'il faisait l'effort d'aller vers les autres, il penserait que ça irait mieux mais hélas, il déchantait. Ces deux-là étaient tout aussi méchants que les autres enfants.
Malgré ce harcèlement quotidien, il restait quand même avec eux car il n'avait pas d'autres amis. Mais maintenant qu'il a quatre nouveaux amis, il pensait couper les ponts avec ses détracteurs. Cependant, ce n'était pas facile de les ignorer, il était trop sensibles aux remarques.
Ce soir-là, étrangement, en se souvenant de tous ces moments pénibles surtout en se concentrant principalement sur ce duo qu'il les considérait comme ses amis, Solus ressentait une immense colère en lui. Si on peut comparer : sa colère faisait la taille du vaisseau mère de Molström. Ça le brûlait, en quelque sorte, de l'intérieur. Ça l'envahissait.
Il serra les poings sur son livre de cours, il les serrait tellement fort que, de son point de vue, un mini-séisme assez intense se produisit. Point de vue exterieur, il ne se passait rien, tout était dans la tête de Solus, niveau émotionnel. Une veine était apparue sur chacun de ses poings. Son cœur battait à tout rompre. Mais qu'est-ce qu'il lui arrivait? Ce n'était pas son genre de s'énerver comme ça. Il desserra ses poings et respira profondément tout en se parlant à lui-même.
«... ignore-les, Solus, ignore-les comme d'habitude. Ils finiront par se lasser...» se répéta-t-il à lui-même tout en respirant profondément. «Fais comme s'ils n'existaient pas...»
Solus était calme de nature et docile en plus d'être timide et peu sûr de lui, jamais il ne serait aussi violent de la sorte. Mais depuis ce matin, depuis sa chute, il avait changé de comportement d'abord alimentaire puis mental. Pourtant il ne s'était pas cogné la tête! Il était juste tombé en avant à cause de Bonacci comme les autres fois où il se faisait embêter! Est-ce qu'il débuterait une crise d'adolescence? À son âge c'était possible mais pas aussi soudainement! Il était encore adorable avec ses parents surtout avec sa mère. Il se revoyait en train de réclamer une autre assiette tout sourire et elle, elle était aux anges et lui resservait. Un vrai moment de plaisir en famille.
Ou alors c'était la fatigue... Oui, c'était ça. Solus avait beaucoup étudié ces derniers temps et à force, il se fatiguait. Otus avait raison : son cerveau avait déjà commencé à surchauffer et à fondre, au sens figuré.
Solus commença à s'étirer en baillant, toujours assis sur sa chaise en bois grinçant à l'appui de son dos, il ressentit par la même occasion de l'engourdissement dans les mains, il les secoua, se les massa et se les craqua pour faire circuler le sang dans ses veines.
«Arf... ça m'apprendra à serrer les poings trop fort...»
Cette sensation ne s'arrêtait pas et, très vite, quelque chose le réveillait de sa fatigue. Il sentit le bout de ses doigts le chatouiller. Il se massa les paupières pour tenter de se maintenir éveillé et essayer de comprendre ce qu'il se passe. Les chatouilles se transformaient rapidement en cisaillements, quelque chose sortait des doigts de Solus. Il regarda sa main droite et vit avec horreur que des griffes noires y poussaient doucement au bout de ses doigts. Est-ce qu'il était en train de faire un cauchemar? Est-ce que, sans se rendre compte, il s'était endormi? Si c'était un rêve ou plutôt devrais-je dire : un cauchemar, si c'était un cauchemar, la douleur ne serait pas aussi réelle. Il tourna sa main, voir le dos, puis regarda la deuxième. Ses deux mains étaient maintenant griffues. Il passa sa langue entre ses dents en ressentant une sensation étrange dans la bouche, des petits crocs y avaient poussé doucement eux aussi. Pas de doute, quelque chose arrivait à Solus.
Il regardait par la fenête de sa chambre : ce n'était pourtant pas la pleine lune
Il regardait par la fenête de sa chambre : ce n'était pourtant pas la pleine lune... Il se sentait encore une fois stupide... Les loups-garous, ça n'existait pas (des fois, il doute mais il en est sûr)! Et puis, il n'y avait presque jamais eu de chien ni de loup à Vellie et anciennement à Advent, c'était assez rare. Et aussi, il n'avait jamais été mordu par une bête dernièrement, il avait trop peur de s'en approcher.
Cela le faisait doucement rigoler sur sa stupidité de penser à ça malgré le stress de ce qu'il lui arrivait.
Il regarda encore une fois ses mains et cette fois elles avaient un peu grossi, des veines étaient visibles dessus, Solus ressentit des pulsations dans les bras et une légère pression à ses avant-bras juste là où il y avait ses bracelets, il n'avait pas encore compris ce qu'il lui arrivait. Des petits craquements se firent entendre, le pauvre harfang des neiges ressentit une vive douleur dans la bouche, la sensation de battements dans ses gencives se fit sentir, il ne pouvait pas s'empêcher de pleurer tellement la douleur était très forte, les petites crocs grossissaient et devenaient de plus en plus acérées à vue d'oeil. Ses lèvres s'étiraient en même temps pour s'adapter à la taille de ces crocs et, malgré lui, il bavait et grognait doucement, il n'avait pas l'habitude d'avoir de tels crocs.
La pression aux avant-bras se fit persistante, Solus se leva de sa chaise et releva la cape chouette derrière ses épaules pour regarder pourquoi et il comprit en regardant l'un de ses bras : il prenait de la masse musculaire!
Cette sensation... C'était comme s'il se prenait une énorme décharge électrique dans les bras par petits coups pour les stimuler! Il voyait ses veines pulser dans ses épaules, ses biceps, ses triceps et sur ses mains. Il n'arrivait pas à savourer cet instant, ses bracelets pressaient beaucoup trop à ses avant-bras qui insistaient pour grossir et enfin pouvoir «respirer». Ça lui faisait un mal de chien extrême.
Finalement, ses bracelets cédaient sous la pression, Solus lâcha un grognement de douleur. Les bras avaient pu se développer davantage comme il fallait.
Il n'avait pas le temps de savourer ses nouveaux muscles qu'un autre craquement se fit entendre, une énorme douleur au dos le fit tomber en avant sur le plancher de sa chambre. Ses gros bras lui avaient permis d'amortir sa chute. Il sentit sa colonne vertébrale se dresser du haut jusqu'en bas et les muscles de son dos prenaient de la masse, les craquements continuaient de plus belle durant le processus.
Une sensation étrange et nouvelle se fit alors sentir au niveau du dos et du bas du dos de Solus. Quelque chose poussait en lui. Il comprit maintenant ce qu'il devenait quand deux masses apparaissaient sur ses omoplates sous sa cape chouette et une autre au bas de son dos à travers son pantalon. Les deux premières masses sortirent brusquement, repliées sur elles-mêmes déchirant une partie des habits et relevant la cape chouette, elles avaient une griffe chacune et des plumes à la place des membranes : des ailes! La troisième masse s'allongeait avec le même rythme soudaine que les ailes mais se balançait, l'extrémité avait la forme d'un plumeau : une queue!
Les jambes de Solus prenaient elles aussi de la masse, ses pieds devenaient des pattes arrières griffues et puissantes, ses chaussettes rouges avaient cédé sous la pression, ses chaussures métalliques s'étaient glissées brusquement hors de ses pieds comme des bouchons de champagne, le pantalon et son haut n'allaient pas tarder à se déchirer s'il continuait à prendre de la masse musculaire.
Les crocs, les griffes, les ailes, la queue... Tout était clair pour Solus, dès l'instant qu'il reconnut ces caractéristiques physiques assez particulières, il avait compris ce qu'il était en train de devenir : Un dragon.
Toujours au sol, en train de résister à sa transformation car il avait comprit qu'il devenait un dragon, Solus se regardait, il regardait son corps massif et musclé. Il grognait de plaisir, sa voix avait mué, passant de la voix d'un enfant à celle d'un monstre. C'était si bon... SI BON pour lui de se sentir extrêmement fort, de ressentir cette immense puissance en lui, c'était plus puissant que lorsqu'il avait utilisé les reliques des chouettes ancestrales et ce n'était même pas fini car s'il continuait sa transformation, il risquerait de :
1- Réveiller ses parents.
2- Détruire la maison. (Il ne sait même pas quelle taille il ferait quand ça sera terminé. En général, un dragon, c'est ÉNORME limite GIGANTESQUE! Pour l'instant, il faisait 2 mètres 50 centimètres / 3 mètres, il pouvait à peine passer la porte)
3- Alerter les villageois et, par la même occasion, les gardes voire l'ARMÉE!
Et ça, il ne le voulait absolument pas!
Il devait sortir mais il devrait d'abord ralentir cette transformation et ne pas crier si jamais une douleur se manifestait.
Il leva la tête. Par chance, il était à côté d'un meuble, il posa sa grosse main presque devenue une patte dessus et tenta de se relever tout en résistant à cette sensation de pulsation en lui. Il priait pour que ce meuble soit assez solide pour ses énormes muscles, un faux mouvement et le meuble pouvait être détruit d'un coup. Sans presque aucune difficulté alors que le meuble grinçait de manière angoissante sous le poids du dragon-chouette pas encore achevé en transformation, Solus put se redresser sur ses pattes arrières mais il était penché en avant car ses pectoraux n'était pas du tout développés mais que son dos, lui, l'était, il avait l'air fin dans cette posture alors tant pis. Heureusement que sa queue lui servait de balancier pour garder l'équilibre. Mais avant de sortir, Solus retira sa cape chouette et la posa sur son lit, elle n'avait pas du tout subi des dégâts de cette transformation, seule une partie des habits de Solus était déchirée, c'est tout. Là, où sa queue avait poussé c'était déchiré, pareil pour les jambes de son pantalon et au dos où il y avait les ailes et où il avait pris des épaules.
En faisant un premier pas, le bruit de son lourd poids se fit entendre, il s'était crispé de peur. Il fit un autre pas mais en douceur.
«Doucement... Il ne faut surtout pas que maman et papa se réveillent...»
Il n'était qu'à quelques petits mètres de la porte de sa chambre pour sortir, il marcha en silence jusque là et referma la porte derrière lui délicatement. Il descendit ensuite les escaliers et là, dure épreuve quand ces marches grincent horriblement... Il fallait qu'il se tienne au mur et à la rampe pour descendre correctement tout en finesse.
«Doucement... En silence... Je me demande comment font les dragons pour être aussi discrets pour chasser... Pour moi, ce n'est pas le cas...»
Arrivé en bas des marches, il faisait un petit signe de victoire, il s'était crispé quand il avait entendu un craquement audible et douloureux : ça venait de sa cage thoracique!
- Ah... Aaaah..., soufflait-il tout bas en sueur en restant immobile.
Il attendit un petit instant avant de souffler pour se dire que ses parents dorment plus que la porte de sortie et c'était gagné!
Avec la même délicatesse, il put sortir de la maison et refermer la porte derrière lui, au même moment, il sentit ses pectoraux grossir légèrement. Directement après être sorti de la demeure, ses ailes, qui étaient repliées sur elles-même, craquaient et se déployaient par réflexe. Il n'y avait rien à apprendre, tout comme avec sa cape chouette, ses ailes de dragon lui permettaient de voler et donc Solus savait comment faire, il s'envola instinctivement.
Solus réfléchissait en vitesse et avec précision de l'endroit où il pouvait terminer sa transformation. Le Temple Chouette? Trop loin. La Grotte de Vellie? C'est parfait. C'était assez isolé et assez profonde. Il fallait juste trouver un espace assez large de la grotte pour se sentir à l'aise.
Il se dirigea donc vers la Grotte de Vellie.
Durant son trajet, ses pectoraux avaient encore grossi et avaient pu s'adapter correctement à l'alignement de ses épaules, le haut des habits de Solus avait complètement cédé sous la pression, il était désormais torse nu. Pas le temps de prendre plaisir, direction : La Grotte de Vellie pour terminer ça.
Le cou de l'harfang des neiges craquait et s'allongeait légèrement, il lâcha un grondement de douleur.
Tous les villageois dormaient à poings fermés, aucun d'eux n'était dehors, aucun à part les gardes. Le jeune garçon-chouette faisait en sorte de ne pas se faire repérer bien qu'ils soient loin. Il repéra la grotte à quelques mètres, enfin un soulagement! Vite!
Il attérit lourdement et y entra. Il marchait péniblement entre craquements et douleurs pendant quelques minutes. Une fois qu'il vit un coin assez espacé de la grotte, Solus se laissa tomber au sol et détendit tout son corps afin de lui faire comprendre que «Ça y est, tu peux continuer, on est dans un lieu tranquille où tu peux lâcher toute ta puissance.»
Les craquements et la croissance musculaire avaient repris, Solus pouvait, pendant ce temps, crier pour se soulager. Personne ne pouvait l'entendre. Ça lui faisait bizarre d'entendre sa propre voix qui avait encore une fois changé, elle était devenue de plus en plus monstrueuse au fur et à mesure que Solus grandissait, grandissait, grossissait, grossissait. Son pantalon se déchirait, il était à présent complètement nu sans qu'on puisse voir ses parties intimes. Plus il grandissait et grossissait et plus il prenait du plaisir à se sentir de plus en plus puissant, l'adrénaline accélérait le processus de transformation. Bien entendu, ça devenait de plus en plus douloureux pour Solus. Des épines dorsales noires poppaient du sommet et l'arrière de son crâne jusqu'à un certain point du bout de sa queue, sa structure osseuse se modifiait afin qu'il soit quadripède.
La dernière partie la plus atroce de la transformation était l'allongement de son crâne et l'élargissement et allongement de son bec en guise de nez afin que ça se fonde bien à sa gueule. L'élancement de son crâne était extrêmement brûlante et insupportable qu'il hurlait à plein poumons dans un rugissement monstrueux à la fois aigüe et profondément rauque.
Pendant ce temps, à Vellie, chez Otus, ce dernier était dans son lit en train de dormir. Lorsque un rugissement se fit entendre, Otus se réveillait subitement, il se redressait se demandant dans sa tête ce que c'était. Un autre rugissement résonnait encore et il était nettement plus effrayant, le jeune garçon sursautait de peur et se cacha sous ses couvertures. C'était ironique qu'il ait peur, il avait affronté des tas de monstres tous aussi terrifiants les uns que les autres et il avait peur de celui qu'il venait d'entendre! Mais bon, c'était normal d'avoir peur me diriez-vous et vous avez raison! La peur est primitive aux chouettes comme aux humains!
À la Grotte de Vellie, la transformation de Solus était complètement terminée, il était couché au sol en train de reprendre son souffle, les ailes détendues, les yeux mi-clos. Il lui avait fallu aussi un temps pour que son rythme cardiaque revienne à la normale car son cœur avait aussi grossi en même temps que son corps entier.
Après ce moment de pause, il se redressa sur ses quatre pattes pour se contempler. Ses pupilles avaient disparus mais il pouvait quand même voir ce qu'il entourait comme les parois de la grotte, ses pattes, ses ailes et sa queue. Sa vision n'avait pas changé. En levant la tête, il s'aperçut que sa taille faisait juste-juste, sa tête touchait presque le plafond, un mètre en plus et il se serait fait mal! Il faisait environ dans les sept mètres de hauteur, le double s'il se mettait debout. Il se touchait le visage avec sa patte avant pour se rendre compte qu'il a un museau. «Je ne pensais pas à avoir le nez aussi gros!»
Il se figeait en s'entendant, il ne reconnaissait plus du tout sa voix! Elle était vraiment bestiale! Ça lui faisait un peu peur mais c'était cool. Il s'assit pour regarder son torse, en parti recouvert par ses plumes, et regardait aussi ses bras. Ils étaient assez musclés voire très musculeux. Énormes et musculeux. Il grognait de plaisir en se regardant. Il put enfin savourer ce moment en fléchissant ses bras (encore heureux qu'il peut plier ses doigts malgré ses grosses griffes et ses pattes!) et contracter ses pectoraux.
Quelque part, son vœu fut exaucé, il n'était plus faible en apparence! Il prit rapidement confiance mais resta timide, il avait peur de la réaction des gens s'ils le voyaient dans cet état. Et aussi, sur un point positif, si jamais quelqu'un l'embêtait ou l'énervait, il pouvait se défendre désormais, même si utiliser les muscles n'était pas la meilleure des solutions. Solus savait bien utiliser sa tête mais la force, elle était quasi-absente... l'agressivité aussi... Ces deux dernières possibilités étaient, à présent, là et il était prêt à les mettre en valeur désormais.
Il testait son agressivité de dragon en prenant une position d'attaque puis se mit à gronder en s'imaginant un opposant plus fort que lui qui le provoque. Tiens, par exemple : Molström! En se concentrant sur ses souvenirs où il était impuissant face à lui, la flamme de la colère s'alluma en lui. D'abord la petite colère de «Tu me cherches?» puis ensuite la grosse colère assez menaçante du genre «Ne me cherche pas, mec! Tu ne sais pas à qui tu as à faire! J'suis plus costaud que toi alors fais gaffe!» et pour finir, la position de menace : il contracta ses muscles pour paraître plus impressionnant, ses veines gonflées sur les biceps, triceps et épaules, les plumes se trouvant au-dessus de son torse se gonflèrent et s'hérissèrent, pareil pour les plumes sur son dos, son grondement se fit plus menaçant limite effrayant, il tenta ensuite de se dresser sur ses pattes arrières pour paraître plus grand à l'ajout d'être plus impressionnant avec ses muscles et veines gonflés. Attention au plafond, Solus...
Sans qu'il le sache, les tâches de ses plumes juvéniles commençaient à s'illuminer de bleu petit à petit, du bas vers le haut, à partir de ses ailes jusqu'à sa tête. Ça valait aussi pour ses épines dorsales et griffes de ses ailes et de ses pattes qui eux aussi s'illuminaient de bleu. Des motifs de la même couleur commençaient à se dessiner sur le corps de Solus, du plumeau de sa queue jusqu'à la tête et ses yeux devenaient bleus. Sa vision n'avait pas changé. En faisant semblant d'être en colère, Solus produisit un étrange souffle bleuté (le souffle de wakfu) dans sa gueule, son bec brillait d'un bleu incandescent, il ne s'en aperçut lorsque cela se produisit à son nez.
«Coool!» se disait-il fasciné par cette lumière. Son nez, justement, commençait à le chatouiller due à l'humidité de la grotte.
«Aaah... Aaah...»
Il éternua.
«ATCHOUM!»
En éternuant, ce souffle bleu se libéra, ses yeux s'étaient exorbité et pourtant par réflexe quand quelqu'un éternue, il fermait les yeux, pour Solus c'était pareil mais il y avait un méchanisme anatomique dans sa forme de dragon qui lui faisait presque sortir ses yeux de ses orbites lorsqu'il cracha des flammes ou alors pour paraître encore plus menaçant qu'il ne l'était. Il avait éternué sur un buisson isolé du reste de la végétation, ça brûlait d'un bleu magnifique avant de s'éteindre de soi-même. Le souffle de feu bleu restant actif dans sa gueule, Solus gardait cet étrange état même en étant plus détendu, ses muscles avaient repris leur masse normale. Il se demandait à quoi il pouvait ressembler sa tête, il chercha une flaque d'eau pour se regarder, il en trouva une et lorsqu'il regardait son reflet, il sursauta de peur avant de comprendre que c'était lui. Il s'était fait peur tout seul! Il reprit son stade normal lorsque le souffle de feu s'éteignit. Il regardait à nouveau son reflet, il voyait très bien dans le noir puisque par défaut c'était une chouette transformée en dragon.
Solus avait du mal à admettre que c'est lui mais c'était bien lui avec son museau avec des épines osseuses à la mâchoire et ses aigrettes assez pointues, il avait l'air plus adulte comme ça, plus noble. C'était aussi l'un de ses souhaits : avoir l'air respectueux, ne plus être maltraité par les autres.
Soudain il se rendit compte d'un truc.
«Comment je dois faire pour reprendre mon apparence d'origine? Je n'ai pas envie de rester comme ça toute ma vie! Ce n'est pas comme avec les humains devenant des loup-garous qui redeviennent eux-mêmes au matin! Leur principale base pour pouvoir se transformer, c'est la pleine lune et moi je ne sais même pas ce qui provoque la mienne...»
Il était vraiment embêté, il avait une vie dans la communauté des chouettes et avait des parents. Solus n'avait que 12 ans! Il n'avait aucune envie d'être à l'état sauvage et, malgré les livres qu'il avait pu lire à ce sujet, il ne saurait même pas mettre en pratique sur comment survivre en solitaire... et en tant que dragon.
Il réfléchit longuement une solution à son problème.
«Le seul moyen c'est de m'épuiser... mais de quelle manière? Les flammes sont la source d'énergie des dragons, si j'utilise mon souffle de feu assez longtemps jusqu'à l'épuisement, je redeviendrai peut-être moi-même... Essayons.»
Solus passa à nouveau au stade de souffle de feu bleu, inspira profondément et souffla des flammes bleues dans le vide pendant une durée indéterminée jusqu'à qu'il doit reprendre son souffle et recommencer.
