Je ne possède aucun des personnages des livres et des jeux vidéos

Série de drabbles sur Géralt et Jaskier [Défi d'écriture de La Bibliothèque de Fictions]

Décembre 2024, c'est le retour du Sur Votre 31. Le principe c'est écrire 31 OS sur 31 Thèmes précis pendant le mois sur un duo ou un trio : couple, amis, frères, soeurs...

En espérant que cela vous plaise

Bonne lecture

PS : Au fait j'ai commencé à faire du tri et à remettre de l'ordre dans mes publications en faisant une sorte de table des matières dans mon profil alors n'hésitez pas à y faire un tour ;)


Jour 13 : Une relation spéciale (Spécial)

La chambre était plongée dans une semi-obscurité, éclairée uniquement par la lumière vacillante d'une bougie sur la table de chevet. Géralt était allongé sur le lit, son torse couvert de bandages tachés de sang. Sa respiration, bien que régulière, restait laborieuse, chaque inspiration semblant lui coûter un effort. À ses côtés, assis sur une chaise bancale, Jaskier veillait, les coudes appuyés sur ses genoux, une main serrant doucement celle du Sorceleur. Le silence de la pièce était presque total, à peine brisé par le crépitement du feu mourant dans la cheminée. Cela faisait des heures que Géralt était inconscient, mais Jaskier n'avait pas bougé. Il avait essayé de chanter, de jouer un air sur son luth, mais les mots et les mélodies semblaient creux, inutiles face à l'inquiétude qui l'habitait. Alors il s'était contenté de rester là, à veiller sur son ami.

Il baissa les yeux vers Géralt, sa main toujours fermement posée sur la sienne. Les doigts du Sorceleur étaient froids, sa peau pâle sous l'effet de la perte de sang et de l'épuisement. Jaskier serra un peu plus fort, comme pour lui transmettre un peu de chaleur.

- Tu sais, Géralt, murmura-t-il, même si tu ne peux pas m'entendre, je vais quand même parler. J'ai besoin de le faire… besoin de te dire des choses que je ne t'ai jamais dites.

Il esquissa un sourire triste, baissant les yeux sur leurs mains entrelacées.

- Tu sais c'est spécial tous les deux… Tu es tellement silencieux, tellement... stoïque tout le temps. Parfois, c'est frustrant, tu sais ? Moi qui parle tout le temps, qui chante, qui fais des blagues. Et toi, tu te contentes de grogner ou de rouler des yeux, mais… au fond, je crois que c'est pour ça que je reste.

Il releva les yeux vers le visage endormi de Géralt, les traits de ce dernier marqués par la fatigue et la douleur. Sa voix se fit plus douce.

- Tu ne dis pas grand-chose, c'est vrai, mais tu es toujours là. Quand j'ai besoin d'aide, quand les choses tournent mal, tu es là. Pas parce que tu le dois, pas parce que quelqu'un t'a demandé de le faire, mais parce que tu es comme ça. Parce que, malgré ce que tu prétends, tu tiens aux gens… Tu tiens à moi.

Il eut un rire léger, presque amer.

- Et crois-moi, je sais que je ne suis pas toujours facile à supporter. Je parle trop, je fais des bêtises, je m'attire des ennuis… Et pourtant, toi, tu restes. Tu m'as sauvé plus de fois que je ne peux compter… et ce n'est pas seulement ma vie que tu as sauvée, Géralt, c'est aussi… moi. Qui je suis. Ce que je suis.

Jaskier sentit sa gorge se nouer, mais il continua, sa voix tremblant légèrement.

- Quand je suis avec toi, je peux être moi-même. Pas le barde exubérant qui amuse les foules ou le poète qui charme les dames. Juste… Jaskier… et ça, c'est quelque chose que je n'ai jamais eu avec personne d'autre.

Il fit une pause, prenant une profonde inspiration pour chasser les larmes qui menaçaient de couler.

- Tu sais, les gens me demandent souvent pourquoi je traîne avec toi. Pourquoi un Sorceleur et un barde voyagent ensemble et je leur réponds toujours quelque chose de drôle, comme « Pour m'inspirer pour mes chansons ! » ou « Parce que j'adore les grognements », mais… ce n'est pas pour ça. Pas vraiment.

Il se pencha légèrement, rapprochant leurs mains de son cœur.

- C'est parce que tu es important pour moi, Géralt. Plus que n'importe quelle chanson, plus que tous les applaudissements du monde. Parce que, malgré ton fichu caractère et ta façon de toujours vouloir tout faire tout seul, tu es la seule personne à qui je fais vraiment confiance.

Un silence tomba et Jaskier baissa les yeux, jouant nerveusement avec le bord de la couverture. Puis il ajouta, presque dans un murmure :

- Et je ne sais pas si tu le sais. Je ne sais pas si tu le comprends, mais c'est vrai. Alors… tu dois te réveiller. Tu dois revenir, parce que je ne suis pas prêt à perdre ça… À te perdre.

Sa voix se brisa légèrement sur les derniers mots et il ferma les yeux un instant, inspirant profondément pour se calmer. Il resta là, immobile, écoutant la respiration de Géralt, sentant la chaleur de sa main froide dans la sienne.

- Tu es fort, continua-t-il finalement, sa voix à nouveau stable. Plus fort que tout ce que j'ai vu. Alors je sais que tu vas te relever, comme toujours et quand tu le feras, je serai là. Parce que, même si je râle, même si je me plains, je ne partirai pas. Pas tant que tu me laisseras rester.

Il serra doucement la main de Géralt, puis posa un baiser léger sur ses doigts avant de les reposer.

- Tu es en vie, Géralt. Et tant que tu l'es, je serai là.

La flamme de la bougie vacilla légèrement, projetant des ombres dans la pièce. Jaskier, le cœur un peu plus léger, s'installa mieux sur sa chaise, toujours prêt à veiller sur son ami… son meilleur ami.