Je ne possède aucun des personnages des livres et des jeux vidéos
Série de drabbles sur Géralt et Jaskier [Défi d'écriture de La Bibliothèque de Fictions]
Décembre 2024, c'est le retour du Sur Votre 31. Le principe c'est écrire 31 OS sur 31 Thèmes précis pendant le mois sur un duo ou un trio : couple, amis, frères, soeurs...
En espérant que cela vous plaise
Bonne lecture
PS : Au fait j'ai commencé à faire du tri et à remettre de l'ordre dans mes publications en faisant une sorte de table des matières dans mon profil alors n'hésitez pas à y faire un tour ;)
Jour 27 : Un amour tragique (Légende)
La pluie tombait en un rideau dense et froid sur le cimetière isolé, une symphonie mélancolique qui accompagnait parfaitement l'atmosphère. Géralt se tenait là, immobile, devant une simple pierre tombale ornée d'un seul mot : Yennefer. Ses cheveux, trempés, collaient à son visage, mais il ne bougeait pas pour les écarter. Ses yeux jaunes, habituellement si perçants, semblaient maintenant éteints, vidés de toute lumière.
- Elle… Elle n'aurait pas dû partir comme ça, murmura-t-il d'une voix rauque, presque méconnaissable.
Derrière lui, à une distance respectueuse, Jaskier observait son ami avec un poids insupportable sur le cœur. Le barde, si souvent bruyant et insouciant, était d'un silence rare, mais il savait que Géralt avait besoin de lui, même si le sorceleur refusait de l'admettre. Il s'avança doucement, ses bottes s'enfonçant légèrement dans la boue.
- Géralt, dit-il d'une voix douce, presque timide, je sais que les mots… ne suffisent pas. Je le sais mieux que quiconque, mais je suis là.
Le sorceleur resta figé, les poings serrés. Sa mâchoire se contractait sous le poids d'une douleur qu'il n'avait jamais voulu ressentir.
- Tu ne comprends pas, Jaskier, grogna-t-il, le ton teinté de colère, mais pas dirigée contre le barde. Tu ne peux pas comprendre…
Jaskier prit une profonde inspiration, sentant le poids de ces mots.
- Non, peut-être que je ne comprends pas entièrement. Je n'ai jamais aimé comme toi tu l'as aimée, mais… je comprends la perte. La douleur de savoir que quelqu'un qui comptait plus que tout… n'est plus là.
Géralt baissa la tête, sa main gantée tremblant légèrement alors qu'il la portait à la pierre tombale.
- J'ai toujours pensé… qu'elle était indestructible, murmura-t-il. Que rien ni personne ne pourrait jamais l'éteindre… que je partirai bien avant elle… et maintenant…
Sa voix se brisa et Jaskier sentit son propre cœur se fissurer à la vue de cet homme, d'habitude si fort, réduit à un amas de chagrin brut. Il s'approcha encore, posant une main légère sur l'épaule de Géralt. Ce dernier ne se dégagea pas, un signe que, malgré tout, il acceptait la présence de son ami.
- Elle n'est pas vraiment partie, Géralt, dit doucement Jaskier.
Le sorceleur tourna légèrement la tête, un regard sceptique et empli de douleur fixé sur le barde.
- Ne me sors pas des banalités sur son esprit qui reste avec moi ou sur des étoiles dans le ciel, Jaskier. Je n'ai pas la patience pour ça.
Jaskier esquissa un sourire triste.
- Non, pas d'étoiles, ni de cieux. Elle est là, continua-t-il en tapotant légèrement le torse de Géralt, là, dans ton cœur. Chaque rire, chaque regard, chaque dispute que vous avez eue… tout ça, c'est toi qui le portes maintenant. Elle est toujours avec toi, Géralt, d'une manière différente, certes, mais elle n'a pas disparu.
Le silence retomba, seulement troublé par le martèlement de la pluie.
- Ce n'est pas assez, Jaskier, murmura Géralt.
- Je sais, répondit le barde sans hésiter. Rien ne remplacera jamais Yennefer. Pas moi, pas une autre personne, pas même le temps.
Il s'agenouilla près de Géralt, ignorant la boue qui maculait ses vêtements soigneusement choisis.
- Mais ce que je peux faire, ce que je vais faire, c'est m'assurer que personne ne l'oublie.
Les sourcils de Géralt se froncèrent légèrement alors qu'il jetait un regard interrogateur à Jaskier.
- Comment ?
Jaskier eut un sourire triste, mais déterminé.
- Une ballade, répondit-il simplement. Une ballade pour Yennefer de Vengerberg. Pas seulement pour la femme que tu as aimée, mais pour la magicienne puissante et fascinante qu'elle était. Une ballade qui chantera sa légende à travers les âges. Ce n'est peut-être pas grand-chose, mais c'est tout ce que je peux faire.
Géralt resta silencieux, ses traits marqués par le chagrin se détendant à peine.
- Pourquoi ? Demanda-t-il enfin, sa voix rauque brisant le silence. Pourquoi fais-tu tout ça, Jaskier ?
Le barde esquissa un sourire doux.
- Parce que tu es mon ami, Géralt et parce que je sais que perdre quelqu'un comme Yennefer, c'est perdre une partie de soi. Alors, jusqu'à ce que tu sois prêt à te relever… ou même si tu ne l'es jamais… je serai là… Toujours.
Les mots de Jaskier résonnèrent dans l'air humide, emplis d'une sincérité qui toucha même le sorceleur endurci.
- Tu es trop bavard, grogna-t-il finalement, mais son ton était moins acerbe qu'à l'accoutumée.
Jaskier haussa les épaules, un éclat de malice brillant brièvement dans ses yeux.
- Oui, et heureusement pour toi, parce que sinon tu passerais tes journées à te morfondre en silence.
Géralt esquissa ce qui pouvait passer pour un sourire, faible et éphémère, mais c'était déjà quelque chose.
- Merci, murmura-t-il après un long moment, à peine audible sous la pluie.
Jaskier serra brièvement l'épaule de son ami, puis se releva.
- Allons-y. On a encore du chemin à faire, et je dois travailler sur cette ballade.
Géralt hocha la tête, déposa le bouquet de lys qu'il tenait sur la tombe de sa bien-aimée et se redressa. Les deux amis quittèrent le cimetière, la pluie continuant de tomber autour d'eux et bien que le poids du chagrin restât présent, Géralt sentit une étincelle infime, mais réelle, de réconfort, grâce à la loyauté inébranlable de son ami.
