28 Novembre : Temple
Boya adorait venir voir son ami chez lui. Non seulement la maison était affreusement agréable à vivre mais l'ambiance y était remarquable. QingMing était un hôte attentif qui, avec le temps et l'habitude, s'était sans surprise révélé être en prime généreux.
Boya avait son propre pavillon à présent. Quand il avait envie de calme et de ne voir personne, il pouvait utiliser le token que QingMing lui avait fabriqué pour venir directement sans avoir à demander à personne. Il pouvait rester dans son pavillon tout seul sans voir quiconque aussi longtemps qu'il en avait besoin. La petite cuisine était toujours remplie de victuaille faciles à conserver, de viande séchée ou salée, de riz et de légumes en saumures. S'il l'avait voulu, Boya aurait pu y vivre en autarcie totale pendant plusieurs mois.
Ce que Boya appréciait aussi, c'était qu'une fois qu'il s'était prosterné devant MiChong et Sha ShengShi pour leur demander pardon pour les avoir agressé, il avait été accueillit parmi les habitants comme s'il faisait partie des meubles. Après tout, même si ca n'avait duré que quelques minutes, Boya avait été leur frère shishen.
Il avait sa place parmi eux quoi qu'on en dise. Et puisqu'il avait sa place parmi eux, ils le traitaient comme tels.
Être un shishen de QingMing, c'était être confronté aussi bien à ses éclairs de génies qu'à ses mauvais jours, à ses crises de profondes dépression, d'obsession voir maniaque.
La première fois, Boya avait eut peur avant que les autres ne le rassurent.
QingMing n'était comme ca que lorsque le Yin Yang avait été particulièrement cruel avec lui. Il fallait juste attendre.
Mais Boya n'était pas le genre de garçon a attendre tranquillement que QingMing épuise son énergie nerveuse, sa colère et sa peine, tout ca à cause d'un temple imbécile qui le traitait comme un chien.
Alors il avait été chercher son épée et avait forcé QingMing à se battre avec lui jusqu'à ce qu'il s'effondre de fatigue. Un bain, un diner rapide et il l'avait collé au lit.
Le lendemain, son ami allait bien mieux.
Les crises maniaques s'étaient espacées. Celles de dépression aussi et surtout avaient changées.
QingMing ne risquait plus de s'ouvrir les veines parce que son temple l'avait traité comme un animal. Par contre, il pestait et râlait beaucoup.
L'un dans l'autre, c'était quand même bien plus supportable et bien moins dangereux.
Ce qui expliquait que depuis deux jours, QingMing aboyait après tout le monde et ne pouvait s'empêcher de lancer pique sur pique a tout le monde. Si ses shishen se taisaient en général, Boya n'avait pas leur retenue. Il n'avait aucun problème à lui rendre coup verbal pour coup verbal, au grand soulagement des autres. Quand QingMing n'allait pas bien, il avait prit l'habitude de se heurter à Boya comme un bélier donne des coups de tête dans un mur. Boya était assez solide pour lui résister et quand QingMing se calmait enfin, il n'avait aucune difficulté à lui gratouiller l'échine.
Ce qui expliquait sans doute pourquoi Boya le suivait comme son ombre pendant que QingMing faisait le tour de la maison.
Pour une fois, il n'était pas le seul à râler.
Kuang HuaShi et Xue TianGou se toisaient avec hauteur. Le couple vivait généralement en toute harmonie mais il leur arrivait, comme à tous les autres, d'avoir des mots.
Les mots du jour venaient de l'été qui arrivait.
Les bourgeons sur le visage de Kuang HuaShi avait fleuris et s'épanouissaient largement.
Xue TianGou tentait comme souvent de le convaincre d'ajouter quelques éléments d'hiver sur sa peau ce que l'artiste refusait. Non, il n'allait pas se tatouer un bonhomme de neige sur la jambe ! Et encore moins une chute de neige dans le dos ! Xue TianGou insistait lourdement à chaque fois. Surtout depuis qu'il savait de qui venait les premiers dessins.
"- Mon corps est un temple !" Pérora Kuang HuaShi, vexé comme un rat pour couper là la conversation une fois pour toute.
"- Ancien, maudit, entrain de s'écrouler et probablement hanté par un truc démoniaque." Marmotta QingMing en passant sur la terrasse, ronchon, Boya dans son dos qui ne put retenir un hoquet d'amusement.
"- QINGMING !" Protesta l'artiste, outré.
"- C'est vrai, hanté par un truc pas démoniaque. Mes excuses Xue TianGou." QingMing en avait marre de leurs engueulades saisonnières.
"- QINGMING !" Même le tengu était scandalisé.
Boya du se mordre la main pour ne pas hurler de rire.
Non, vraiment, il se sentait bien ici.
