Marine Académie
Partie 3
Chapitre 20
Ce fut la première fissure. Pas une simple fente dans un mur de marbre blanc, non. Une première entaille qui traversait le mur de haut en bas, le laissant debout mais fragile.
Alors ces vacances ensemble étaient tombées à point nommé. Les premières depuis des années. Les premières ensemble depuis l'incident d'Ohara.
Sakazuki était devenu Akainu quelques jours plus tôt. La cérémonie d'introduction au rang d'amiral avait été magnifique. Murphy était, comme toujours, restée à ses côtés. Elle avait été profondément émue pour lui. Elle savait que c'était son rêve, et il y parvenait enfin. Il avait été un mari parfait pendant toutes ces années, jamais un pas de travers (du moins de ce que elle savait), à la soutenir quand elle rentrait de missions catastrophiques où les morts s'amoncelaient. Il n'était pas un homme très démonstratif, à lui faire des déclarations d'amour passionnées, mais il y avait tous ces gestes du quotidien qui montraient qu'il tenait à elle et voulait qu'elle reste auprès d'elle. C'était son pilier, son phare dans l'océan agité. Mais la voix de Kuzan ne parvenait pas à sortir de sa tête depuis ce fameux incident.
"Fais attention."
Elle n'avait jamais craint pour sa sécurité, il n'avait jamais montré une once d'agressivité envers elle même lors des plus grosses disputes. Elle n'avait pas peur de lui. Mais elle avait peur du soldat qu'il était.
"Garde les yeux ouverts."
Il ne lui parlait que très peu de son travail. D'une part parce qu'elle s'intéressait peu aux manigances des pirates. Mais aussi car leur couple était leur échappatoire, à l'un comme pour l'autre, de leur travail si intense mais si important.
Elle savait quelles missions il effectuait, elle connaissait les raisons et les enjeux. Mais elle savait pertinemment qu'elle n'avait pas connaissance de tout. De toutes ces choses sombres, que le Gouvernement Mondial passe sous le tapis, mais qu'il acceptait de faire sans poser de questions.
S'il pouvait accepter de lancer un boulet de canon sur un bateau remplis de civils innocents, dont des femmes et des enfants, qu'était il capable de faire de plus? Quelles étaient ses limites? Avait-il des limites?
"Fais attention Murphy."
La voix grave de l'amiral la sortit de sa rêverie. Elle remarqua qu'elle se trouvait au milieu de la piscine, sa bouée l'ayant fait dériver du bord. Le brun n'était jamais très à l'aise quand elle était dans l'eau. C'était bien l'une de ses rares faiblesses. Même si elle ne doutait pas qu'il serait capable de réduire en cendres cette piscine et de faire évaporer toute cette eau en une fraction de seconde si c'était pour l'aider.
"Je t'ai pris tes brochettes, du riz et un fraisier." Enuméra le nouveau amiral en posant délicatement la nourriture sur la table de la piscine, sous le parasol.
Elle sortit délicatement de l'eau, enveloppant son corps dans un long peignoir fleurit qu'il lui avait offert. Alors qu'il servait le vin, elle s'arrêta près de lui et lui prit la main.
"Saka, j'aimerais que tu me promettes quelque chose." Demanda la médecin alors qu'elle l'enlaçait à la taille. Akainu s'arrêta un instant et se tourna vers elle.
"Je suis tombée amoureuse de toi il y a des années maintenant."
Le regard de son mari était inexpressif mais elle le connaissait par cœur maintenait pour déceler un lueur d'inquiétude dans son regard.
"Promets moi de ne jamais devenir un autre homme que celui dont je suis tombée amoureuse."
S'était important pour elle, il l'avait très bien compris. Il caressa doucement sa joue et l'attira délicatement vers lui pour l'embrasser.
Alors que les lèvres de l'amiral se posaient délicatement sur les siennes, le visage de vice-amiral Kuzan apparut de nouveau derrière ses paupières closes.
"Fais attention à toi Murphy. Et surtout garde les yeux ouverts."
