En 1942.

Francis pensait que Ludwig n'était plus le même qu'il était avant son retour en 1942.

Les secrets, les romantiques, les imbroglios, s'agissaient plutôt d'un courant de fond sous un iceberg, précaire et tendu.

Ludwig ne donnait pas les explications, aimait spécialement à embrasser simplement son amoureux, et ne faisait rien d'autre, ni parlait. Il baignait pénétré d'amour jusque dans les replis les plus intimes de son cœur.

Francis pouvait être dérouté, et disait : « Que se passe-t-il, mon chéri ? »

Tout va bien, disait-il en hochant la tête, mais Ludwig ne lâchait pas prise.

« Alors Louis, tu me cachais. C'est quoi ? » disait-il doucement.

Ludwig en le serrait sur sa poitrine, et demandait : « Pouvez-vous entre en contact avec Arthur ? »

Francis, tout son sang se figeait, restait comme pétrifié : « Je ne peux pas te le dire.»

«Et bien ... qu'est-ce qu'il fait maintenant ? » Ludwig ne remarquait pas que Francis était devenu triste.

Comme au sortir d'un rêve, Francis le repoussait, disait : « Tu n'as aucune position pour embarrasser quelqu'un d'autre que moi. »

Ludwig s'est empressé d'expliquer : « Non, vous m'avez mal compris ... »

Francis le jetait un regard, les sourcils froncés.

Ludwig baissait la tête en évitant soigneusement de croiser son regard.

« Je préparerai le laissez-passer pour vous, est-ce que vous voulez aller en Angleterre ? »

« Quoi ? Pourquoi?» Francis était un peu plus déconcerté.

« Je veux que vous viviez sans accident. »

Son expression était transparente du coup Francis ne pouvait pas faire semblant de ne pas entendre.

Francis restait interdit. ils étaient fort près l'un de l'autre à se regarder. Il voyait qu'ils étaient ensemble non pas pour résister ensemble à quelque chose, mais pour être vaincus ensemble. Il voyait qu'ils ne pouvaient pas sauver le pays, les gens, même eux-mêmes.

Ceux qui sont sauvés par l'amour sont destinés à être détruits par l'amour. Malheureusement, l'amour ne peut pas sauver n'importe qui.

« Maintenant ? Pourquoi ... pardon, je ne dois pas demander. » ses yeux se troublaient un instant.

« Danke. » ajoutait-t-il d'un air mélancolique.

Enfin, Francis savait pourquoi Ludwig l'aimait particulièrement embrasser. Cette séparation implacable, sans doutes, sans avenir prévisible, les laissaient décontenancés, incapables de réagir face au souvenir de cette présence. Les moralités et justices entre eux deux devenaient distinct.

« Le cyclotron ... » Francis avalait un mot.

Ludwig ne répondait pas à la question : « Si tu quittes, j'irais à Heidelberg pour planifier le cyclotron allemand. »

« ...Bien. »

Adieu, adieu, car ça nous étoufferait tous les deux.

Francis sourit de l'air le plus spirituel qu'il put, et dit : « J'espère que nous puissions nous retrouver bientôt pour fêter ensemble de la fin de la guerre. »

« Je pense qu'il vient. »

Dieu ne peut rien ajouter au bonheur de ceux qui s'aiment que de leur donner la durée sans fin.


Arthur ne s'attendait pas à ce qu'il retrouvait Francis en Royaume-Uni.

Au début de la guerre, il a été engagé par le ministère britannique de la Défense comme conseiller en recherche opérationnelle. Pendant l'heure du blitz, Arthur avait travaillé en Écosse sous la protection et avec une limition de communication. Il ne pouvait contacter personne à cause du travail confidentiel.

Jusqu'à la fin de l'heure du blitz, il revenait à Londres pour être décoré par le roi. Et c'est à Londres, où Francis le retrouvait.

« Tel est le destin ? » Quand ils se retrouvaient, Arthur souriait sans joie, et était assailli par mille pensées.

« Tu ne me veux plus voir ? C'est vraiment dommage, moi, suis là, au centre du monde ! » Francis lançait des confettis devant Arthur.

« No! Mon bureau! Pourquoi ? Tu le fais pour le nettoyer, toi ? »

Le laissez-passer avec la signature de Ludwig éloignait Francis de France, sans complication et sans incident, c'était déjà un bon pas de fait. Mais après cela, Ludwig n'y pouvait rien.

Arthur avait mal au crâne. Qu'il s'agissait ou d'un partenariat, c'était comme avant. Comme s'ils avaient encore une vingtaine d'années.

« OK, let me see. So you ... come to London with a laissez-passer and a Ludwig's signature ? He is a member of uranium club you know ? »

« Parlez français, s'il vous plaît. »

« ...Alors. Tu prend le laissez-passer avec la signature de Ludwig ? Ah, regarde, il y a quelque chose sur ton visage, est-ce que un *espion* ? Peut-être. »

Vainement, Francis disait : « Je vais te l'expliquer! Je ne suis pas ... »

« I know, » disait Arthur d'un air sévère, « Je sais bien, et je sais aussi que Ludwig n'est pas une mauvaise personne. Donc, je brûlerai le laissez-passer, et tu ne mentionneras jamais le laissez-passer, d'accord ? Je veux te conduire aux Etats-Unis. »

« Où ? Les Etats-Unis ? » il restait un instant frappé d'étonnement.

« Maybe Los Alamos. Bref, ne restez pas ici. Partez ... » disait Arthur, pas très à l'aise.

« Alors Arthur, tu me cachais aussi. » disait-il calmement.

À ces mots le visage d'Arthur était bouleversé. Francis détournait les conversations, et le tirait d'embarras : « Je n'ai pas autorisé à demander cette question, d'accord ? »

Arthur revint un peu, et l'expliquait : « oui, non non non ! Je ne t'ai pas encore parlé de mon travail! Alors, pendant l'heure du blitz, la Défense a inventé une nouvelle discipline, la recherche opérationnelle, presque pareil la statistique. Quand les Américains en ont su, ils ont aussi voulu former leur propre équipe de la recherche opérationnelle, alors ils m'ont invité à aller aux États-Unis pour faire du mentorat. l'Angleterre n'est pas sûre, tu viendras avec moi. »

« Euh... »

« Ok, qu'as-tu fait avec Ludwig ? Je veux dire que tu dois écrire une lettre de recommandation pour toi-même. »

Francis serrait ses mains contre son visage : « Euh... il m'aimait. »

« Tu mens. Il t'aimait, ou il t'aime ? » Arthur le lançait un regard méchant.

Francis s'exclamait : « Aïe! tu savais! »

Arthur en arrivait aux insultes directes : « Catastrophe ! C'est tout à fait absurde ! Non ! Ce n'est pas il t'aimait, mais il t'aime! Crétin! Ludwig se raserait s'il te voyait ! Si tu n'étais pas à l'institut, il ne se raserait pas !»

« Aïe! » Francis, timide d'aimer devant son ami.

« Shut up ! Écris ta lettre de recommandation. Est-ce que tu comprends ce qui peut être mentionné et ce qui ne peut pas l'être ? Je signerai cela, hum hum parce que mon nom est renommé plus que toi. » Arthur répondait avec un rire moqueur.

« Hein! Tu m'aimes tellement aussi. »

« Ne te sens-tu pas malade toi-même ! »

Francis s'y établit avec ce qu'il faut pour écrire, réfléchissant à comment raconter ses expériences. Il était situé dans ces années, sans assistants, sans liberté, sans équipements, sans résultat. Cependant, il n'a pas réellement fait de mal à personne, et il a signé un accord de coopération avec les Allemands au nom de l'Institut.

« Est-ce qu'on prévoit de rentrer en France à un moment ? » demandait-il, écrivant sa lettre.

« Impossible. »

« Espère, mon ami. Tout est possible, n'est-ce pas ? Qu'est-ce qui te rend si pessimiste ? Est-ce parce que nous ne rajeunissons pas ? » répétait-il Francis.

« Ne sois pas un emmerdeur, c'est bien que tu ne sois pas encore mort, non ? » répondait sourdement Arthur.

20 ans est le plus bel âge de la vie, que voulez-vous ? Le temps est un assassin, les chagrins ne se font jamais attendre.

Ils ont parlé nuit et jour, comme deux étudiants qui n'auraient pas vieilli, mais ils ont vieilli.


Après qu'ils sont allés aux États-Unis, ils ont été l'objet de vérifications sur toutes leurs expériences passées, notamment pour Francis. L'accord de coopération a été interrogé de façon répétée.

Heureusement, Arthur avait prévu le danger de loin, inventant des mensonges pour cacher la vérité surérogatoire à Francis et répétant des recommandations pour que Francis ne se trompe pas, sinon, il ne l'amènerait pas aux États-Unis.

Le laissez-passer signé par Ludwig a été entièrement caché. Francis prétendait qu'il s'était sauvé en Espagne, ensuite en Angleterre par bateau, escamotant les Américains.

Les États-Unis leur ont temporairement distribué des appartements pour enseignants. Tranquillement, Francis se logeait chez Arthur avant d'être envoyé sur le projet de distribuer. En somme, Arthur trouvait Francis beaucoup moins ennuyeux que tous les Américains de sa connaissance.

Arthur, obsessionnel, n'aime pas beaucoup de monde, ni l'américanisme. il maintient un minimum de communication avec l'armée, et sur ce point, l'exigence d'Arthur était très claire. Il était épuisé physiquement et moralement par les activités sociales, ayant un œil ouvert et l'autre fermé quand Francis, avec affection, le dérangeait et s'installait chez lui.

Parfois, Arthur découlait des données bizarrees, avec l'énormité de paramètres inconnus que Francis ne comprenait rien.

Mais il n'a pas besoin de comprendre. Quelques jours après, il a été envoyé au projet Manhattan où il a rejoint une grande équipe de scientifiques pour étudier comment les réactions nucléaires pouvaient être appliquées aux armes.

Un atome produit de la fission et ne peut produire qu'une petite quantité d'énergie. Mais si vous pouvez faire fissionner un grand nombre d'atomes en même temps, l'énergie produite augmentera d'un facteur arithmétique. La fission des atomes d'uranium a été réalisée, et en utilisant simplement l'uranium pour déclencher une réaction en chaîne, il peut produire beaucoup plus d'énergie que les réactions chimiques, qui sont de l'ordre de l'exponentiel.

À terme, l'énergie produite par la fission peut détruire des villes entières.

Cette vie significative et occupée, était au goût de Francis, étant remplie par les recherches scientifiques.

Le brouillard de pluie ait été dissipé, un grand avenir devant lui.

Mais devant la réalisation remarquable ait atteint, son passé revient frapper à ta porte.