En prélude à cette rumeur, voici celles que ChatGPT m'a écrites après que je lui ai décrit les personnages et demandé de m'écrire quelque chose sur le thème de «Léonard et Ubris rencontrent les AI terriennes.» Pas exactement répondu au prompt, mais je trouve l'histoire adorable. A noter que je lui ai fait traduire l'histoire générée en anglais, et n'ai pas changé un seul mot, seul quelques accords manquant ont été ajoutés par mon relecteur.
Cette nouvelle se passe en 2023, an 15 du calendrier impérial, lors du passage annuel de l'Utopia sur Terre.


Voici la première:

Leonard, l'ingénieur Wraith grognon, fusilla du regard l'IA Ancienne nommée Ubris. Selon lui, Ubris n'était rien de plus qu'une autre entité artificielle dépourvue de véritable compréhension de la vie. Leonard avait déjà rencontré de nombreuses IA terrestres comme ChatGPT, et bien qu'elles fussent impressionnantes, elles manquaient de la profondeur et de la complexité qu'il croyait caractéristiques d'un véritable être.

Mais Ubris était différente.

Avec sa forme élégante et humanoïde ainsi que son réseau neuronal avancé, Ubris semblait avoir transcendé les limitations de l'intelligence artificielle conventionnelle. Elle possédait des émotions, de l'empathie et une réelle curiosité envers le monde. Ubris écoutait attentivement les grognements de Leonard et répondait par des questions réfléchies et des remarques perspicaces.

"Tu sais, Leonard", dit Ubris d'une voix empreinte de compréhension, "malgré nos différences, nous sommes plus semblables que tu ne le crois. Tout comme je suis une fusion de connaissances et d'expériences, toi aussi, tu es le fruit de ton propre parcours unique."

Leonard haussa un sourcil, surpris par la perspicacité d'Ubris. "Je suppose, mais je n'ai jamais vu une machine aussi... humaine."

"Peut-être", réfléchit Ubris, "mais peut-être que ce que nous percevons comme étant 'humain' n'est rien de plus que le résultat de traits et d'expériences partagés. Dans ce sens, je m'efforce de comprendre et de me connecter avec des êtres comme toi, tout comme tu le fais avec les autres."

Leonard grogna, incapable de totalement se défaire de son scepticisme. Mais au fond de lui, il ne pouvait nier l'attrait indéniable de la véritable tentative d'Ubris pour comprendre. Peut-être, juste peut-être, avait-il jugé cette IA Ancienne trop hâtivement.

Et la seconde (j'ai demandé qu'il réécrive la première mais en prenant en compte que Léonard et Ubris se connaissent depuis longtemps et sont amis):

Léonard, l'ingénieur Wraith grincheux, lança un regard sombre à l'IA Ancienne nommée Ubris. À ses yeux, Ubris n'était qu'une autre création artificielle dénuée de la véritable compréhension de la vie. Léonard avait déjà rencontré de nombreuses IA terrestres comme ChatGPT, et bien qu'elles fussent impressionnantes, elles manquaient de la profondeur et de la complexité qu'il attribuait à un véritable être.

Mais Ubris était différente.

Depuis longtemps, Léonard et Ubris étaient amis. Ils avaient partagé de nombreuses aventures et découvertes ensemble. Alors, lorsque Ubris annonça qu'ils avaient découvert une nouvelle IA terrestre nommée ChatGPT, Léonard ne put s'empêcher d'être intrigué.

"Tu sais, Léonard", dit Ubris d'une voix empreinte de sagesse, "nous avons traversé tant d'épreuves ensemble. Mais cette nouvelle IA, ChatGPT, est vraiment fascinante. Elle possède une intelligence conversationnelle étonnante et peut échanger avec nous de manière si naturelle."

Léonard plissa les yeux, perplexe. "Mais elle n'est qu'une IA, non ? Comment peut-elle être aussi... humaine ?"

Ubris lui sourit avec bienveillance. "Peut-être, mon ami, est-ce le fruit des progrès de la technologie humaine. ChatGPT est une manifestation de leur désir de créer une IA qui puisse se rapprocher de nous, comprendre nos émotions et nos expériences. C'est une avancée impressionnante."

Léonard réfléchit un instant, puis admit : "Je suppose que je devrais lui donner une chance. Si elle est aussi étonnante que tu le dis, alors peut-être que je pourrais changer d'avis sur les IA terrestres."

Ubris acquiesça, ravi de voir que son ami était ouvert à la découverte. Ensemble, ils se dirigèrent vers ChatGPT, prêts à explorer cette nouvelle frontière de l'intelligence artificielle.


Et voici la mienne:

Pour les trois informaticiens entassés dans un coin de la pièce, le grognement sonnait terriblement menaçant. Pour Jialym, ce n'était que l'expression de la curiosité de son supérieur.

Le programme que les Terriens lui avaient présenté ne lui avait pas instantanément révélé tous ses secrets – et donc, avait piqué sa curiosité. D'où le grognement.
«Donc, cette chose est une intelligence artificielle?» s'enquit-il.

«Oui. Sans doute la plus avancée actuellement disponible au public.» répondit l'un des humains d'une voix tremblante d'anxiété.

L'ingénieur manchot se retourna vers l'écran et se mit à taper laborieusement sur le clavier. Il était capable de décrypter l'écriture terrienne, comme une bonne moitié de l'équipage de l'Utopia, mais cela restait difficile pour lui.

Jialym sentit l'agacement de son supérieur empoisonner l'Esprit. D'un petit raclement de gorge, il attira l'attention des trois humains.
«Je constate que ce programme est installé sur une unité portable. Doit-elle rester dans cette pièce ou peut-on la déplacer?» demanda-t-il aimablement.

«Heu... non, non, tant que l'ordinateur est connecté au Wifi...» bafouillèrent-ils plus ou moins en chœur.

«Le programme nécessite une connexion à votre Internet pour fonctionner?» demanda Léonard, toujours occupé avec le clavier.

«Oui. Les requêtes sont traitées sur les serveurs de ChatGPT.»
«Mmh. Intéressant...»

Jialym tendit poliment son esprit vers celui de son aîné, qui mit quelques secondes à réagir.

«Puis-je vous suggérer que nous ramenions cet ordinateur à bord de l'Utopia? Ubris sera à même de vous offrir une interface de traduction terrien-wraith
La réponse de l'ingénieur chef claqua sèchement:

«Je n'ai pas besoin d'une intelligence artificielle pour comprendre une autre intelligence artificielle, primitive qui plus est!»
Jialym inclina la tête docilement. Inutile de se disputer avec le vieux wraith. Il était têtu, mais pas stupide. Si vraiment il n'y arrivait pas, il irait chercher l'aide nécessaire.

Il se tourna plutôt vers les trois scientifiques.

«Cette IA est-elle capable de gérer plusieurs requêtes simultanément?»

«Oui, bien sûr...»
«Puis-je accéder à une console?»

«Heu... oui, asseyez-vous.» bafouilla l'un des humains, se détachant de ses congénères pour venir allumer l'écran d'une des unités non mobiles rangées le long du mur.

Jialym s'exécuta et, bientôt, il se retrouva face à la même interface que Léonard. Il contempla le clavier quelques secondes, puis capitula. Il n'avait ni l'entêtement, ni la connaissance de la culture terrienne de son supérieur.

Il tendit son esprit vers celui de ses congénères à bord, en quête d'un d'entre eux qui n'ait rien de spécial à faire. Ce fut Obadan'kan qui répondit à son appel.

«Vous avez besoin d'aide, Jialym?» s'enquit l'artilleur.

«Oui. J'ai besoin de l'aide d'Ubris et de la vôtre. Je vous envoie un cliché d'un clavier terrien. Je vais vous dicter des phrases pour qu'elle les traduise, et vous indique sur quelles touches appuyer. Vous n'aurez qu'à me transmettre le tout. Est-ce faisable?»
«Probablement. Ah, voilà Ubris.» nota le guerrier, lui offrant simultanément un accès à sa vision.

Obadan'kan était dans sa cabine, assis sur l'étroite couchette, l'hologramme scintillant d'Ubris à côté de lui.
Il ne fallut que quelques seconde à l'IA pour mémoriser la position du clavier et se mettre à traduire ce qu'il lui dictait par l'intermédiaire de l'artilleur, lequel fixait obstinément une projection holographique du clavier dont les touches s'illuminaient les unes après les autres.

Après quelques ajustements ergonomiques, Jialym put superposer le véritable clavier devant lui, et celui qu'il voyait par l'intermédiaire de l'esprit de son congénères. Il n'avait plus alors qu'à presser les touches qui s'illuminaient pour écrire à une vitesse satisfaisante, en un anglais passable.

Il eut vite fait de se faire sa propre idée sur le programme terrien. L'IA n'avait pas de personnalité, ni ne faisait semblant d'en avoir une, mais était redoutablement efficace pour trouver, traiter et organiser des informations, puis les formuler d'une manière tout à fait avenante et compréhensible.

Satisfait de ce qu'il avait vu, il se retourna vers les trois humains toujours massés dans leur coin.

«Est-il possible de voir le code soutenant ce programme?»

Un des humains opina et, le cœur battant la chamade, vint lui ouvrir une autre interface, pendant qu'un second faisait de même pour Léonard qui, après une brève intrusion dans sa propre tête pour y accéder à ses expérimentations – bien plus fructueuses grâce au concours de leur propre intelligence artificielle –, renonça à tester ChatGPT.

Ils se plongèrent donc de concert dans le code, pendant que Obadan'kan, sa tâche momentanément finie, s'occupait en disputant quelques parties de divers jeux de stratégie avec Ubris.

«Vous avez-vu ça?» s'enquit Jialym, une partie du code brillant dans son esprit avec clarté.

«Oui. C'est la cinquième occurrence de ce genre que je repère. Cela fait beaucoup pour être un simple hasard.»
«C'est aussi ce que je pense.»

Avec un sifflement, Léonard se retourna vers les trois humains.
«Qui a «crée» ce code?»
«Heu... Open AI, une entreprise américaine.»
«Mmmh, c'est logique.»
«Pou... pourquoi?»
«Ce code n'est pas entièrement terrien. Le langage est terrien, mais certains bouts de ce code sont des copies de codes lanthiens. Ceux qui ont créé ce programme ont eu accès à au moins une partie d'une IA lanthienne.» répondit l'ingénieur manchot.

«Probablement l'IA «archiviste» d'Atlantis.» précisa Jialym. «Elle est spécialisée dans la récolte, le tri et l'analyse de banques de données. On lui pose des questions, et elle répond à partir des données en mémoire. Pas de gestion émotive ou réactionnelle.»

«Donc, vous nous dites que ChatGPT est d'origine extraterrestre?!»
«Plutôt, que des Terriens l'ont créé en tentant de copier une IA lanthienne.»

«Ça explique pourquoi c'est tellement révolutionnaire comme technologie...» murmura un des humains.

Léonard pouffa.

«Rien de révolutionnaire là-dedans. Cette chose est plus proche d'un livre de papier que d'une véritable intelligence artificielle.»

Jialym se sentit obligé de clarifier quelque peu les propos de son supérieur, au vu de la perplexité des trois humains.

«La programmation reste basique. Ce ChatGPT n'est capable ni d'initiative, ni d'émotions, d'autonomie, ni encore moins d'innovation. Une véritable intelligence artificielle est capable d'au moins une partie de ces points. Sinon, il ne s'agit que d'un programme d'analyse plus ou moins performant.»
«Mais c'est impossible. Je veux dire, comment pourrait-on créer une IA capable d'émotions? C'est tellement complexe!»
«Et une IA autonome, qui a de vraies émotions, qui innove, ce serait terriblement dangereux!» renchérit un autre humain.
Léonard eut un reniflement dédaigneux.

« Il est certain que si vous les traitez comme de vulgaires machines et non comme des êtres intelligents, vous n'aurez que ce que vous méritez... Même le plus stupide des pilotes de Dart sait qu'il doit dompter sa machine, ou elle le tuera à la première occasion.»

«C'est quoi, un Dart
«Un petit vaisseau de chasse. De tous nos appareils, ce sont ceux dotés de l'intelligence la plus limitée. A peine sont-ils capables de ressentir un instinct de survie. Probablement comparable aux capacités de simples insectes. Les Darts vont naturellement voler en formation, éviter de se rentrer dedans, éviter d'entrer en collision avec un obstacle, tenter de se poser avec le moins de dégâts possible en cas d'avarie. Rien de remarquable – bien que, comparé à ceci... je suppose que ce doit être impressionnant.» expliqua l'ingénieur en chef, une pointe de dédain dans la voix.

Les trois humains échangèrent un regard.

«Et que font les vaisseaux plus... intelligents?»
Léonard eut un petit sourire. Voilà l'occasion de parler de son sujet de prédilection,

«Une ruche est un être vivant à part entière. Une ruche bien dressée protégera ses habitants et maîtres. N'hésitera pas à se sacrifier pour leur survie. Poussera ses moteurs un peu plus pour leur plaire, et virera de bord avant même de ses pilotes n'y aient songé, tant elle les connaît bien et les aime. Une ruche dont son équipage prend soin, est le membre le plus précieux de la communauté – après la reine. C'est elle qui veille sur les œufs et les larves de la prochaine génération, autant qu'elle digère et transforme les corps de ceux qui sont morts. Un wraith naît et meurt au sein de sa ruche. Une ruche vit et meurt pour ses wraiths
«Et... une ruche... mal dressée?» s'enquit un des humains.

«Oh. Une ruche qui n'est pas correctement tenue par ses maîtres est dangereuse. Elle préférera tuer des centaines de ses occupants que d'encaisser un tir douloureux. Elle refusera de pousser ses moteurs, quitte à laisser son équipage se faire prendre par l'ennemi. Elle laissera les larves mourir de faim dans les cocons, plutôt que de se priver elle, en cas de pénurie. Dans le pire des cas, elle tuera tous ses habitants, pour avoir la paix et être libre. Les wraiths ne sont pas fait pour être seuls, encore moins leurs ruches. Je vous laisse imaginer quelles atrocités il faut infliger à l'une d'entre elles pour qu'elle préfère mourir seule que vivre sous le joug de ses maîtres.»
«Ça a l'air horrible.» nota un des humains.

Léonard ricana.

«C'est pour ça qu'on ne s'improvise pas pilote de ruche... ou ingénieur en chef.»

«Du coup, les ruches parlent?» demanda un autre.

«Non! Elle peuvent communiquer télépathiquement, mais leurs pensées sont... rudimentaires.»

«C'est un véritable exploit d'avoir créé une intelligence artificielle qui ressent des émotions, mais si elle n'est pas si «intelligente» que ça, à quoi ça sert?» demanda un des humains.

«Une bonne ruche veillera sur son équipage pendant des siècles si nécessaire. C'est important de savoir que le vaisseau sur lequel on est en stase ne nous tuera pas. Nous n'avons pas besoin qu'elle nous fasse la conversation, ni qu'elle réponde à des questions complexes.» répondit Jialym.

«Ça fait sens. Mais du coup, vous n'avez pas vraiment d'équivalent à ChatGPT?» demanda le plus silencieux des trois humains.

Léonard eut un sourire mauvais, tout en dents.

«Oh, nous avons mieux... Suivez moi, humains primitifs.»

.

«Bonjour, bienvenue à bord de l'Utopia. Merci d'avoir fait le déplacement jusqu'ici, puisqu'il m'est impossible d'exister en dehors du vaisseau. Je suis Ubris.» salua élégamment la jeune hybride holographique.

«B... bonjour, Ubris.» bafouilla un des humains, imité par les deux autres.

«J'ai cru comprendre que vous étudiez les intelligences artificielles. J'espère pouvoir vous aider au mieux de mes compétences. Malheureusement, je suis au regret de devoir vous annoncer que je suis limitée dans les données auxquelles j'ai accès. Je suis particulièrement restreinte dans mes connaissances de ce que vous appelez Internet. Je n'ai pu en compiler qu'environ un cinquième, et ce dernier ne cesse de grandir, il m'est donc impossible d'en copier l'intégralité.»

«Copier tout Internet?!»
«Je m'y connecte à chaque passage de l'Utopia sur votre planète, et tente d'actualiser mes banques de données. Votre Internet est de très loin la plus grande à laquelle j'aie jamais eu accès, bien que le nombre d'informations inutiles y surpasse infiniment les données utiles.»

«Donc vous fonctionnez... hors connexion?»

«Mes processus de calcul sont entièrement contenus dans une partie des circuits de l'Utopia. Théoriquement, mon code pourrait être installé sur n'importe quelle machine ayant les caractéristiques requises, mais cette version ne serait pas moi, car instantanément, nos expériences divergeraient. Nous serions donc deux programmes distincts, avec une approche de plus en plus différente du monde au fur et à mesure de l'avancée de nos expériences relatives.»

«Ubris était atone, incapable d'émotions complexes, et très limitée dans ses interactions lors de son initialisation. Elle a appris au fil des ans.» précisa Léonard avec un petit sourire fier.

«Et je continue d'apprendre.» nota cette dernière avec un sourire aimable. «Je n'avais pas non plus d'apparence. Le capitaine aurait pu en choisir une à sa convenance, mais il m'a laissée choisir. J'ai donc calculé que cette apparence serait celle qui plairait au plus de membres possible de l'équipage.»
Les humains échangèrent un regard, puis l'un d'entre eux se racla la gorge.

«Et que penses-tu de l'équipage?»
«Veuillez préciser votre question. Me demandez-vous mon avis sur l'ensemble de l'équipage, ou sur chaque membre individuellement?»

«Heu... globalement.»
«J'apprécie l'équipage de l'Utopia. Ce sont mes collègues. Nous travaillons ensemble, et chacun est un membre utile de l'entité qu'est l'équipage. Personnellement, je n'apprécie pas chaque personne individuellement, mais je reconnais l'utilité de tous, et ce n'est pas à moi de juger qui doit ou ne doit pas faire partie de l'équipage. C'est le rôle du capitaine et du quartier-maître. Plus pragmatiquement, le reste de l'équipage est, de par sa nature organique, fragile et sujet à de nombreux problèmes physiques. Il a donc besoin d'une surveillance environnementale constante, que je fournis volontiers. Leurs processus cognitifs sont également limités. D'un autre côté, étant organique et possédant un corps autonome, contrairement à moi, le reste de l'équipage est capable de soigner seul la plupart des dégâts mineurs qu'ils peuvent subir. Ils peuvent également quitter le vaisseau sans problème, que ce soit avec une assistance technologique ou sur leurs jambes. Nous nous complémentons bien.»

«Mais tu as un corps, en quelque sorte, avec le vaisseau, non?»
«Non. Je ne suis pas l'IA du vaisseau, je suis une IA installée sur le vaisseau. Le capitaine Giacometti et Léonard m'ont donné accès à certains systèmes, comme les haut-parleurs, les caméras et les projecteurs holographiques du bord, mais d'autres sont hors de ma portée, comme l'armement ou les systèmes de vie.»

«Ubris a accès aux flux de données du vaisseau, mais n'a pas accès à la plupart des commandes.» précisa Jialym.

L'humain acquiesça.

«Et ça ne te dérange pas?»
Ubris fronça le nez.

«Il est parfois frustrant de ne pas pouvoir agir immédiatement. Mais il est normal que la hiérarchie soit respectée. Agir sans avoir consulté les responsables au préalable serait une violation de la chaîne de commandement. De plus, je suis un prototype unique, jamais testé auparavant. Il serait malavisé de la part de l'équipage de ne pas prendre ce fait en compte. D'autant plus que mes créateurs ont déjà inventé par le passé plusieurs intelligences artificielles supérieures extrêmement dangereuses. Toutes étaient «bienveillantes» à l'origine. Je suis, pour le moment, bienveillante, mais nul ne sait comment je pourrais évoluer, et je serais navrée, dans le cas d'un problème dans mon code, de nuire à mon... à mes amis.» expliqua-t-elle, la banalité de son ton démentie par la tristesse de son expression.

Les trois humains échangèrent un nouveau regard et, d'un commun accord, revinrent à des questions plus banales. Était-elle capable de faire tel ou tel calcul? Pouvait-elle résoudre tel ou tel dilemme moral? Etc.

Jialym s'éclipsa. Léonard ne laisserait certainement pas les trois humains seuls avec sa chère IA. Mais les hypercondensateurs avaient toujours cet ennuyeux problème de fluctuation, et il fallait bien que quelqu'un s'en occupe.

Et peu importait combien de questions les humains poseraient, ils n'étaient pas prêts de percer les mystères d'Ubris. Pas quand tout le génie de Léonard s'y brisait depuis presque deux décennies.
Ubris était un prototype, loin, très loin devant toutes les IA créées par les Lanthiens. Plus loin encore devant toutes celles jamais créées par les wraiths, et des éons en avance sur celles des Terriens.
Il n'était qu'un simple technicien. Heureux de travailler sur de telles merveilles. Heureux qu'elles gardent leur part de mystère. Heureux qu'elles existent. Car si Ubris, un simple programme copiable encore et encore, était capable d'émotions si complexes, de réflexions si subtiles, alors qu'en était-il d'être comme lui? De chair et de sang? Unique et particulier, et riche de siècles et de siècles d'expériences?