Jour 365
« tu es rentrée, par hasard, dans une vie dont je n'étais pas fier, et de ce jour-là quelque chose a commencé à changer. J'ai mieux respiré, j'ai détesté moins de choses, j'ai admiré librement ce qui méritait de l'être. » camus
La nuit était tombée depuis plusieurs heures déjà, le ciel était parsemé d'étoiles et la lune brillait doucement. Cela fait longtemps qu'Hermione aurait dû rejoindre son lit mais elle n'arrivait pas à s'y résoudre. Cette nuit cela faisait un an, un an que la bataille finale s'était déroulée, un an que Ron et bien d'autre étaient morts. Demain avait lieu la cérémonie de commémoration au ministère, la journée serait éprouvante à n'en pas douter .
Elle commençait à oublier. Non, pas oublier mais parfois elle passait des journées sans repenser à toutes les horreurs de la guerre, sans ressentir le manque des disparus. Elle n'oubliait pas mais le soir quand elle fermait les yeux, elle pensait de plus en plus souvent à Severus Rogue, leur conversations passionnantes, à tout ce savoir qu'il avait. Elle pensait à son rire aussi et à combien il était précieux pour elle. Elle pensait à sa mains qui de plus en plus souvent caressait la sienne au cours d'une conversation à cœur ouvert. Comme si ce simple contact physique pouvait les lier. Elle pensait à sa douceur quand il l'encourageait. Elle pensait au baisé qu'ils avaient échangé, à sa fougue et sa force, aux millions de papillons qui s'étaient envolé au creux de ses reins, aux larmes qu'ils avaient alors partagé suite à cela, à la peur qu'elle avait de le voir partir loins d'elle. À leur promesse d'être là l'un pour l'autre.
Alors certain soirs elle s'endormait sans avoir pensé aux yeux bleus de Ron, figés d'horreur et au sang éclaboussant tout. Les cauchemars étaient plus espacés, plus décousus, et puis quand elle se réveillait en pleurant la nuit, il lui suffisait de se glisser dans le couloir, et regarder par l'entre bâillement de la porte voisine. Et quand elle le voyait, lui et pattenrond blottis l'un contre l'autre elle se sentait mieux et elle pouvait regagner son lit sans crainte. Il serait là. Il lui avait promis. Et cette promesse avait finie d'apaiser totalement son cœur.
Un mouvement à côté d'elle la sorti de ses pensées. Rogue venait de refermer le livre qu'il lisait assit prêt d'elle
- je vais me coucher
- Bonne nuit professeur
- Je ne suis plus professeur
Elle lui sourit. Elle avait continué de l'appeler ainsi parce qu'elle ne savait pas comment l'appeler autrement. Si lui avait fini par passer au tutoiement et par l'appeler par son prénom, elle n'osait pas lui rendre la pareille.
Il avait alors monté les escaliers et elle avait fixé son dos. La pièce lui sembla plus sombre et froide alors elle se blottis un peu plus contre pattenrond.
Et les heures s'étirèrent encore un peu. Dans son esprit se rejouait encore et encore les images de ce funeste soir. Et pattenrond fini par la laisser seule. Alors les démons revinrent à la surface plus puissants. Penser à Rogue n'était plus suffisant. Elle se leva et monta à l'étage. La porte de la chambre de rogue était entre ouverte comme d'habitude. Hermione s'avança silencieusement et posa son regarda sur l'homme endormi. Il était sur le flan gauche, parfaitement recroquevillé, enroulé dans ses couvertures. Pattenrond était roulé et blottis contre lui. Le Coeur d'Hermione battait doucement dans sa poitrine et son estomac se tordis chaleureusement. Elle aimait le voir dormir, elle aimait voir ses traits sereins.
- Hermione ?
Elle sursauta. Normalement il dormait, pourtant elle n'avait pas fait attention mais ce soir ses yeux la fixait dans la peine ombre. Comme elle ne dit rien, il se redressa.
- Tu as mal ?
- Non
Il était assit maintenant et pattenrond le fixait méchamment.
- tout va bien ? Qu'est ce qui se passe ?
Il était sincèrement inquiet, la couette avait glissé de ses épaules, dévoilant une partie de son torse nu et de son ventre. La dernière fois que la lionne l'avait vu si dévêtu elle avait cru le perdre définitivement. Et son cœur en avait hurler de douleur. C'est peut être à cause de ce souvenir qu'elle prononça ses mots. Ou peut être juste parce qu'elle en avait vraiment envie
- je ne veux pas dormir seule
Le coeur de rogue rata un battement, peut être même deux. Était-il en train de rêver ? Non dans ses rêves jamais Hermione ne lui demandait ça. Jamais dans un tel degré d'intimité. Bien sûr il avait déjà rêvé de nombreuses fois qu'il l'embrassait mais toujours de jour, dans le labo parfois dans la cuisine. Le plus souvent dans ses rêves ils se contentaient de se tenir la mains en marchant le long de la plage, ou de glisser ses doigts dans ses cheveux indomptables. Il rêvait de choses simples, de douceur. Il n'avait jamais imaginé qu'elle puisse vouloir se glisser de nuit dans son lit vêtu de son petit short et de son t-shirt trop large. Il secoua énergiquement la tête. Il était idiot, cette demande était sans double sens. Il était évident que la jeune femme cherchait de la sécurité, pas un contact physique inapproprié. Alors il baissa la tête, se décala et souleva un pan de la couette.
- viens
Hermione n'hésita pas un seul instant et se glissa sous les couvertures. Rogue se recula le plus possible vers le bords du lit, mais Hermione lui sembla quand même trop proche. Comment était-ce arrivé ? Il y a un an, il était un traite, il s'était battu contre minerva, et avait manqué d'être tué de la main du seigneur des ténèbres, aujourd'hui il était allongé dans le même lit qu'Hermione Granger, les yeux plongés dans les yeux.
- je suis désolée
Elle esquiva un mouvement pour se lever mais à leur grande surprise à tous les deux, Severus attrapa le bras de la jeune femme.
- Ne le soit pas, je n'arrive pas non plus à dormir
Ils étaient allongés sur le côté, face à face, la lueur de la lune à travers la fenêtre leur laissant tout le loisir de s'admirer l'un l'autre. La main de Rogue lâcha sa prise à contre coeur. Alors Hermione glissa sa mains dans la sienne et entrelaça leurs doigts.
- avez vous eu peur ? Toutes ses années seul contre tous ? Face à voldemort ?
Sa voix était un murmure, Severus senti son souffle l'effleurer. Son cœur battant bien trop vite, la lionne pouvait-elle l'entendre ?
- non
Il caressa les petits doigts qui étaient contre les siens. Comme ce geste commençait à lui sembler naturel, presque vital. Sans ça il doutait de réussir à lui faire passer ses émotions.
-j'ai toujours su...non pensé, qu'il n'y avait que la mort au bout du chemin. Alors pourquoi avoir peur de quelque chose d'inévitable ? Et puis …
Il se tut un instant et Hermione profita de ce silence pour se rapprocher un peu plus de lui, entremêlant leurs jambes légèrement.
- et puis lily vous manquait et ainsi vous l'auriez retrouver
- Oui
- Je n'ai pas envie de rejoindre Ron... Peut-être que je ne l'aimait pas assez
Elle se mordit la lèvre et baissa le regard. De sa mains libre Severus saisit le menton de la jeune fille et releva son visage pour plonger de nouveau ses yeux dans l'or des siens.
- se damner n'est pas une preuve d'amour, j'ai essayé crois moi. C'est continuer à vivre qui en est une
- elle vous manque encore ?
- l'amie me manque parfois, la femme non. Il n'y avait pas d'avenir, mais je regrette d'avoir perdue son amitié, je regrette de l'avoir perdue. Je regrette de savoir que son existance a prit fin. Je ne sais pas si tu comprends ce que je veux dire ? J'aimerais savoir qu'elle est en vie et heureuse quelque part, je ne regrette pas qu'elle ne fasse plus partie de ma vie.
- vous ne parlez jamais d'elle, de votre enfance.
- c'était il y a longtemps. Ça n'est pas une période joyeuse. Elle était le seul rayon de soleil
Hermione serra un peu plus contre elle la main de Severus.
- je lui suis reconnaissante d'avoir été là pour vous
- je te suis reconnaissant d'être là pour moi aujourd'hui et d'avoir été là pour Potter. Sans ton amitié, sans ton amour il aurait probablement eu plus de points en commun avec moi que je ne voudrait l'admette.
- vous savez, harry est génial. Il l'a toujours été. Son oncle et sa tante ne lui ont jamais donné d'amour, pourtant ça n'a jamais empêcher harry d'aimer et d'être loyal. De toujours se sacrifier pour les autres. Il est facile à aimer. Ron ...
Sentant les larmes monter dans sa gorge, Hermione se rapprocha de Severus cherchant du réconfort. Rogue passa alors un de ses bras dans le dos de la lionne, l'attirant plus prêt de lui.
- Ron n'était pas facile à aimer lui. Il était plein d'insécurité, il était jaloux et envieux. Il n'a probablement jamais vu à quel point il était extraordinaire. Il n'avait rien à envier à Harry, pourtant il passait son temps à se comparer à lui. Il ne s'est sans doute jamais rendu compte à quel point il pouvait être intelligent, il avait de la logique et du courage, il ne s'arrêtait jamais au risques. J'aurais aimé qu'il se voit à travers mes yeux. J'aurais aimé l'aider à réalisé à quel point il était incroyable. Mais j'étais trop jeune je suppose, je ne savais pas comment lui faire comprendre. Donc on passait pas mal de temps à se prendre la tête.
Ils n'avaient jamais vraiment parlé de Ron, mais ce soir, blotit l'un contre l'autre, Hermione sentait qu'il était temps. Elle enfuit son visage dans l'épaule du maître des potions qui passa alors délicatement ses doigts dans les cheveux indomptables d'Hermione.
- durant notre chasse aux horcruxes, à cause de la fatigue, de la peur et de la faim on s'est disputé. Ron est parti. Il pensait que harry est moi voulions être seul l'un avec l'autre, qu'il était de trop. Je regrette de ne pas lui avoir dit à ce moment que c'était de lui que j'étais amoureuse. Je regrette de ne pas lui avoir dit avant que Lavande ne le fasse en sixième année. Si je l'avais fait peut être que j'aurais pu l'avoir un peu plus de temps avec moi. Peut être que tout aurait été différent. Peut être qu'il ne serait pas mort...
il y eu un silence entre eux. La mains de Severus continuait de jouer doucement avec les boucles d'Hermione. Elle sentit sa chaleur, sa peau sous sa paume, son coeur battre contre ses doigts. Il était à moitié nu et elle était blotti contre lui.
- j'aurais aimé que ça soit différent pour toi Hermione. J'aurais aimé que jamais tu ne connaisses ce sentiment de vide. J'aurais voulu t'épargner toute cette peine et cette douleur.
- Mais si tout avait été différent, alors je ne vous aurait jamais rencontré. Vous seriez resté pour moi le sinistre et sévère maitre des potions. Je serais passé à coté de vous. Je n'aurais jamais su que vous étiez fan d'interstellar et de films de science-fiction. Ou à quel point vous êtes bon cuisinier !
Ils se mirent à rire tout les deux. Les yeux dans les yeux, elle lui sourit et vint coller son front contre le sien. Et les battements du cœur de rogue se firent frénétiques. Cette fois c'est sur, la lionne allait les entendre. Il sentait sa chaleur partout autour de lui et son souffle effleurer ses lèvres. Ils étaient si proche. Il lui aurait suffit d'un infime mouvement pour pouvoir goûter sa bouche.
- si vous saviez, professeur, à quel point je suis reconnaissante pour notre rencontre.
Elle ferma alors les yeux et son nez frôla celui de l'homme lui faisant face. Et Severus se trouva comblé. Bien sûr qu'il mourait d'envie de goûter à ses lèvres mais en cet instant son cœur était si emplie de joie, il se sentait tellement à sa place, là enlacé avec Hermione, qu'il n'avait pas besoin de plus. La passion, la luxure bien sur qu'il les voulait mais la tendresse était bien plus importante pour l'instant. Alors il ferma lui aussi les yeux, humant l'odeur sucré qui l'entourait, tentant de graver dans son esprit toutes les sensations qui le parcourait. Et après un long moment à savourer la douceur de cet instant, il lui murmura :
- tu m'as offert un bonheur auquel je n'aurait même jamais osé rêver.
Le lendemain quand Severus ouvrit les yeux, la première chose qu'il vit était une masse de cheveux bruns. Et puis il senti contre ses doigts la chaleur d'une petite mains. Il laissa ses yeux glisser dans cette direction. La peau satinée de la jeune femme était collée à la sienne, blanche. Il vit alors des marques rouges apposé contre le noir des siennes. Et un sourire étira ses lèvres. Voldemort se retournerait dans sa tombe de voir cela. Sa précieuse marque des ténèbres touchant le sang impur d'une née moldue. Un rire échappa alors de ses lèvres et un mouvement attira son regard. Deux beaux yeux chocolat le fixaient.
- vous semblez de bonne humeur
Il leva leurs mains toujours jointes, exposant leurs avant bras tachés aux yeux de la lionne.
- je pensais à la tête que ferait le seigneur des ténèbres si il voyait ça.
Elle lui sourit alors de toute ses dents. Ses yeux se perdit un instant sur le visage de l'homme lui faisant face, puis sur ses épaules et le haut de son torse laissé apparent par les draps baissés. Elle laissa tomber sa tête sur l'oreiller enfouissant son visage dedans. Rogue cru voir une légère rougeur sur les joues de la jeune femme. Mais il l'avait sûrement imaginé non ? Il laissa un instant son regard se perdre sur elle. Il pourrait sans soucis s'habituer à ce genre de réveil, même si il ne devrait pas. Cette nuit était une parenthèse, une exception.
Pourtant durant toute la journée la jeune femme s'était tenue à ses côtés, elle avait glissé sa mains dans la sienne lorsque que le ministre avait fait son hommage. Elle n'avait pas lâché sa mains lorsque de les weasley et Potter les avaient rejoints. Elle l'avait regardé en souriant. Alors sans qu'il ne puisse rien y faire son cœur avait continué d'espérer. Espérer que peut être il n'était pas le seul à ne pas vouloir lâcher cette mains.
