Bonjour à tous,

Les personnages appartiennent à J.K. Rowling, mais l'intrigue est entièrement de moi. J'espère que cette histoire vous plaira autant qu'elle me passionne.

N'hésitez pas à me partager vos impressions et à me dire ce que vous aimeriez voir dans cette histoire. Comment imaginez-vous que les événements pourraient se dérouler ? Ce serait encore plus amusant de l'écrire en intégrant vos idées, comme un jeu interactif !

Qu'en pensez-vous ?

Petite précision : le couple principal sera Alphard x Cassiopea.

Voici le 2nd chapitre

L'atmosphère de la salle des Black était étrangement paisible ce soir-là, comme si la demeure retenait son souffle. Pourtant, une énergie subtile, presque imperceptible, semblait s'y accumuler. Les ombres des lourds rideaux dansaient au rythme vacillant des flammes de la cheminée, projetant sur les murs des formes mouvantes qui paraissaient vivantes. Les armoiries des Black, gravées dans la pierre de la cheminée, semblaient briller d'une lueur spectrale sous la lumière du feu.

Cassiopea, épuisée par une journée interminable de négociations et de stratégies complexes, s'était laissée tomber dans l'un des fauteuils capitonnés. Le cuir, usé par les générations passées, émit un léger craquement lorsqu'elle s'y installa. Ses paupières se fermèrent, alourdies par la fatigue, et son esprit sombra rapidement dans un sommeil profond, libérant momentanément ses pensées des responsabilités qui l'écrasaient.

Elle ne savait pas que cette nuit allait bouleverser tout son univers. Le silence, d'abord apaisant, semblait progressivement chargé d'une attente mystérieuse. Même les portraits des ancêtres des Black, habituellement immobiles et solennels, paraissaient curieusement attentifs.

La magie ancienne et complexe qui imprégnait la maison des Black commença à s'agiter. Invisible mais omniprésente, elle résonnait dans les murs, vibrant comme une mélodie lointaine. Elle répondait à une série d'éléments précis : le vœu sincère de Cassiopea de trouver de l'aide, son lien unique avec les Reliques de la Mort, et surtout, l'émotion brute et désespérée qu'elle avait libérée plus tôt dans la journée en exprimant son désir de changer les choses.

Ce n'était pas une magie docile ou obéissante. Elle était ancienne, sauvage et indomptée, tissée dans le sang et les secrets de la lignée Black. L'activation ne fut pas intentionnelle : c'était une convergence, un alignement improbable de forces qui répondirent à l'appel silencieux de Cassiopea.

Les reliques et objets magiques de la pièce semblèrent vibrer en harmonie. La montre de poche d'un ancêtre, posée sur une étagère, s'ouvrit sans qu'on y touche. Un livre ancien, gravé de runes oubliées, s'illumina brièvement avant de retomber dans le silence. Même les flammes dans la cheminée prirent une teinte dorée, comme si elles brûlaient sous l'effet d'une énergie nouvelle.

Alors qu'elle dormait, un vent invisible se leva dans la pièce, tourbillonnant doucement au départ, puis de manière plus frénétique. Les flammes de la cheminée vacillèrent, grandirent, puis semblèrent presque s'éteindre avant de jaillir à nouveau, éclatantes et argentées. Les lourds rideaux frémirent, bien qu'aucune fenêtre ne soit ouverte, et les ombres se mirent à danser plus violemment, comme si elles célébraient un rituel ancien.

Les murs eux-mêmes vibrèrent, et un bourdonnement sourd remplit l'air, semblable à une incantation prononcée dans une langue oubliée. Cassiopea, toujours endormie, fronça légèrement les sourcils, comme si son corps percevait ce qui se passait autour d'elle.

Soudain, une lumière argentée éclata dans la pièce, enveloppant son corps d'un halo éclatant. Ses traits se détendirent, et une expression étrange, presque paisible, passa sur son visage. Tout autour d'elle se mit à tourner, d'abord lentement, puis de plus en plus vite, jusqu'à ce que les contours de la pièce disparaissent.

Elle ressentit une pression étrange, comme si l'air lui-même devenait dense, lourd, la comprimant. Une sensation de vertige la traversa, et elle eut l'impression fugace que le sol se dérobait sous ses pieds, bien qu'elle restât immobile. Puis, tout devint noir, comme si le monde entier avait été englouti dans une obscurité insondable.

Quand elle ouvrit les yeux, Cassiopea se sentit désorientée. Une douce lumière dorée, filtrée par des rideaux épais, illuminait la pièce. Elle était allongée sur un tapis moelleux aux motifs complexes, sentant sous ses mains la texture riche et ancienne du tissu. Tout autour d'elle, les murs, ornés des armoiries des Black, semblaient étrangement neufs, comme si les marques du temps n'avaient pas encore touché cet endroit. Les cadres en bois poli et les dorures qui encerclaient les portraits brillaient avec éclat, dégageant une opulence qu'elle ne connaissait pas.

Elle cligna des yeux, essayant de faire le lien entre ce qu'elle voyait et ce qu'elle se souvenait. Ses pensées étaient floues, comme si une partie d'elle refusait encore d'admettre ce qui venait de se passer. Pourtant, quelque chose d'indéfinissable dans l'air – une odeur de bois brûlé, mêlée au parfum léger du cuir des fauteuils – évoquait un sentiment de familiarité.

Une voix masculine, grave et empreinte d'autorité, brisa le silence :

« Regulus, que fait-elle ici ? »

Cassiopea tourna légèrement la tête, encore alourdie par une étrange fatigue. Là, à quelques mètres d'elle, se tenait Orion Black. Sa stature imposante et ses traits sévères étaient comme gravés dans la pierre, mais son regard la fixait avec une intensité presque inquiétante. À ses côtés, un jeune garçon à la silhouette plus frêle observait la scène avec des yeux écarquillés. Regulus Black, à peine adolescent, se tenait droit, comme s'il cherchait à imiter l'autorité de son père, mais la curiosité et l'étonnement trahissaient son âge.

Les deux semblaient figés, comme s'ils avaient vu un fantôme. Cassiopea, elle, se sentit soudain mal à l'aise sous leurs regards scrutateurs.

Elle tenta de se relever, mais son corps semblait peser une tonne. Une lassitude inexplicable alourdissait chacun de ses mouvements. Ses mains tremblaient légèrement lorsqu'elle les posa sur le tapis pour se soutenir, et son esprit, encore embrouillé, peinait à assembler les morceaux de ce puzzle impossible.

Comment était-elle arrivée ici ? La dernière chose dont elle se souvenait, c'était la lumière argentée, le vent qui tourbillonnait, et cette sensation étrange de basculement dans le néant. Maintenant, elle était ici, dans cette pièce qui semblait sortie d'un passé qu'elle ne comprenait pas encore.

Elle ouvrit la bouche pour parler, pour demander une explication, mais aucun son ne sortit. Sa gorge était sèche, et les mots moururent avant même d'avoir formé une phrase cohérente.

Orion, toujours figé à sa place, échangea un regard rapide avec Regulus. Le garçon, visiblement troublé, s'avança d'un pas hésitant.

« Père... elle ressemble à... » murmura-t-il, sa voix tremblant légèrement. Ses yeux, pleins de curiosité et d'une pointe de crainte, fixaient Cassiopea, scrutant chaque détail de son visage.

Orion leva une main pour l'interrompre, son ton plus sec qu'il n'aurait voulu :

« Silence, Regulus. »

Mais sa voix, bien que ferme, trahissait une nervosité inhabituelle. Il plissa les yeux, détaillant Cassiopea comme si elle était un mystère qu'il cherchait à résoudre. Il semblait hésiter, partagé entre l'instinct de protection pour sa famille et une curiosité grandissante face à cette apparition inexplicable.

Cassiopea, sentant la tension dans l'air, inspira profondément. Elle savait que chaque geste, chaque mot prononcé ici pourrait déterminer la suite des événements.

Alors que la brume dans son esprit se dissipait peu à peu, Cassiopea commença à remarquer les détails qui ne correspondaient pas. Les portraits, d'habitude silencieux et distants, semblaient ici plus vivants, leurs occupants suivant ses moindres mouvements du coin de l'œil. Le mobilier, bien que familier, était dépourvu des marques du temps : pas de rayures sur les accoudoirs, pas de cuir usé sur les fauteuils. Même la lumière, douce et dorée, semblait appartenir à une époque différente, comme si elle n'avait pas encore été ternie par les drames à venir.

Un frisson glacé parcourut son échine. L'aura générale de la maison, empreinte d'une austérité familière, portait pourtant une légèreté qu'elle n'avait jamais perçue auparavant. Une sensation étrange l'envahit : elle connaissait cet endroit, mais il lui semblait à la fois neuf et étranger, comme une version réécrite d'un souvenir.

Elle se redressa légèrement, le regard toujours perdu dans les environs, et murmura, la gorge serrée par une angoisse qu'elle ne pouvait encore nommer :

« Quelle année sommes-nous ? »

Sa voix rauque rompit le silence de la pièce comme un écho venu d'un autre monde. Orion Black, qui avait observé chaque mouvement de Cassiopea avec une méfiance glaciale, plissa les yeux. Son regard acéré cherchait à percer les mystères de cette femme qui semblait connaître leur maison comme si elle en faisait partie.

Après un instant de silence tendu, il répondit d'un ton froid, presque tranchant :

« 1975. »

Ces simples mots frappèrent Cassiopea comme un coup de tonnerre. Son souffle se coupa, et son cœur sembla rater un battement. Ses pensées s'emballèrent, se bousculant pour assembler les fragments de cette révélation. 1975.

Les souvenirs affluèrent en désordre. Les Maraudeurs – James, Remus, Peter et Sirius – étaient encore à Poudlard, jeunes et insouciants, loin des guerres et des pertes qui allaient les déchirer. Sirius, son parrain, venait tout juste de fuir la maison Black pour trouver refuge chez les Potter. Voldemort n'était encore qu'une menace lointaine, une ombre grandissante dans les couloirs du pouvoir, mais pas encore le Seigneur des Ténèbres qui marquerait l'Histoire à jamais.

Une vague de vertige la submergea alors qu'elle réalisait l'ampleur de ce que cela signifiait. Elle n'était pas simplement ailleurs. Elle était autre part dans le temps. Une époque où les destins n'étaient pas encore scellés. Une époque où peut-être, juste peut-être, elle pourrait encore changer le cours des choses.

Elle leva les yeux vers Orion, qui continuait de la fixer, son expression un mélange de suspicion et d'intrigue. Derrière lui, Regulus observait, l'air tendu, comme s'il craignait que chaque seconde de ce moment ne déclenche une catastrophe.

Cassiopea inspira profondément, cherchant à retrouver son calme. Mais au fond d'elle, une seule pensée résonnait : elle avait été ramenée ici pour une raison.

La gravité de la situation s'abattit sur Cassiopea comme une vague glaciale. Peu à peu, les pièces du puzzle s'imbriquaient, révélant une vérité aussi effrayante qu'éblouissante : son vœu, lancé dans un moment de désespoir, avait été exaucé d'une manière qu'elle n'aurait jamais imaginée. Elle n'avait pas simplement appelé à l'aide. Non, la magie – cette force capricieuse et imprévisible – l'avait projetée dans un passé où tout semblait encore possible.

Son cœur battait à un rythme effréné alors qu'elle réalisait ce que cela signifiait. Ici, en 1975, les tragédies qui avaient marqué son époque n'étaient encore que des graines semées dans l'ombre. Les Maraudeurs étaient vivants, insouciants, loin des drames qui les attendaient. Regulus Black, ce jeune garçon qui la fixait avec une curiosité craintive, n'était pas encore l'homme brisé qui sacrifierait sa vie pour détruire l'une des Horcruxes de Voldemort.

Elle releva la tête, son regard rencontrant celui d'Orion. L'autorité qui émanait de lui était palpable, mais même cette figure imposante ne semblait pas savoir comment réagir face à cette étrangère tombée de nulle part. À ses côtés, Regulus restait figé, sa main crispée sur le dossier d'un fauteuil comme s'il craignait qu'elle ne s'élance soudainement sur eux.

Cassiopea inspira profondément, tâchant de calmer le tourbillon d'émotions qui menaçait de l'emporter. Peu importait les circonstances ou les mystères de son arrivée ici. Une seule certitude s'imposait à elle, claire comme le cristal : elle avait une seconde chance. Une opportunité unique de réécrire l'histoire, d'empêcher les drames qui avaient marqué sa vie et celle de tant d'autres.

Elle serra les poings, cherchant à canaliser la détermination qui montait en elle. Oui, elle ignorait encore comment elle s'y prendrait, ni par où commencer. Mais cette époque, ces gens, cette maison... tout cela n'était pas un hasard.

Plongeant son regard dans celui d'Orion, elle sentit un mélange d'appréhension et de curiosité émaner de l'homme. Il ne la voyait pas encore comme une ennemie, mais elle savait qu'elle marcherait sur un fil dangereux. Peu importe. Elle ferait face.

Dans un murmure, presque pour elle-même, elle déclara :

« Si c'est une chance de tout changer... alors je ne la laisserai pas passer. »

Orion fronça les sourcils, son expression devenant plus méfiante, mais il garda le silence. Regulus, lui, pencha légèrement la tête, comme s'il cherchait à comprendre ce que signifiaient ces mots.

Cassiopea savait que ce moment n'était que le début. Un début incertain, mais empli d'un potentiel infini.

L'atmosphère dans la pièce était tendue, presque électrique. Orion Black, d'ordinaire maître de lui-même, avait l'air perplexe, une expression qu'il ne laissait que rarement transparaître. Il scrutait cette femme inconnue avec une intensité glaciale, cherchant des réponses qu'elle ne semblait pas encore prête à fournir.

À ses côtés, Regulus dévisageait Cassiopea, la bouche entrouverte. La surprise mêlée à une pointe de peur se lisait dans ses jeunes traits. Il n'était pas encore l'homme sûr de lui qu'il deviendrait, mais un adolescent qui se tenait en retrait dans l'ombre imposante de son père.

Brisant le silence, la voix autoritaire d'Orion retentit :

— Va les chercher.

Regulus sursauta légèrement avant de hocher la tête avec un respect mêlé d'empressement.

— Oui, Père.

Sans attendre, il se dirigea vers la cheminée, ses pas résonnant sur le parquet poli. Cassiopea, encore affaiblie, le suivit du regard, tentant de deviner à qui il allait faire appel. L'espace d'un instant, une étrange connexion s'établit entre elle et ce garçon. Regulus semblait jeune, vulnérable, bien loin de l'image de traître ou de héros que l'Histoire peindrait de lui.

Arrivé devant la cheminée, Regulus attrapa une poignée de Poudre de Cheminette et la jeta dans les flammes, qui s'embrasèrent immédiatement d'un vert émeraude éclatant.

— Manoir Potter !

Sa voix était claire, presque désespérée, comme s'il espérait qu'on réponde rapidement à son appel. Les flammes vacillèrent un instant avant de s'élever, vibrant d'énergie. Cassiopea sentit son cœur se serrer. Manoir Potter.

Alors qu'elle observait la scène, elle se demanda quels visages familiers allaient apparaître à travers les flammes. La perspective de rencontrer sa famille, bien qu'elle-même encore inconnue pour eux, fit naître en elle une vague d'émotions contradictoires : de l'espoir, de la peur, et une pointe d'excitation face à cette seconde chance.

Dans le silence qui suivit, Orion restait immobile, mais son regard ne quittait pas Cassiopea.

Alors que Regulus arrivé au Manoir Potter, une elfe de maison apparut dans un petit pop sonore. Elle était petite, ses oreilles tombantes légèrement tremblantes sous l'effet de la magie ambiante qui semblait imprégner l'air.

— Que puis-je pour vous, Maître Black ? demanda l'elfe d'une voix respectueuse, bien qu'un brin inquiète.

Regulus, le visage tendu et l'urgence marquant chacun de ses gestes, lui dit :

— Elfe, va chercher Tante Dorea et Oncle Charlus. Dis-leur que c'est important.

L'elfe hocha vivement la tête, ses grands yeux ronds brillants de dévotion.

— Bien, Maître Black. Mindy obéit tout de suite !

Dans un nouveau pop, l'elfe disparut, laissant Regulus seul un instant. Une tension sourde l'habitait, mêlant crainte et anticipation.

Quelques instants plus tard, l'elfe apparut dans le salon où Dorea Potter, élégante et imposante malgré son âge, lisait calmement près de la cheminée. Son regard se leva aussitôt en entendant le bruit distinctif de l'arrivée de l'elfe.

— Mindy ? Que se passe-t-il ?

— Maîtresse Dorea, Maître Regulus Black demande votre présence ainsi que celle de Maître Charlus. Il dit que c'est urgent, très urgent !

Dorea posa son livre d'un geste mesuré, bien qu'un éclat d'inquiétude traverse son regard. Regulus n'était pas du genre à demander de l'aide à la légère, surtout à une heure aussi tardive.

— Regulus ? murmura-t-elle pour elle-même avant de se lever avec grâce. Très bien, Mindy. Va prévenir Charlus immédiatement. Dis-lui que nous avons une urgence chez Orion, au Square Grimmaurd.

L'elfe s'inclina profondément.

— Oui, Maîtresse. Mindy s'en charge.

En un instant, l'elfe disparut à nouveau, laissant Dorea seule avec ses pensées. Elle tira un châle de soie de l'accoudoir du fauteuil, le drapant sur ses épaules d'un geste rapide. Ses traits, bien que calmes, trahissaient une légère angoisse.

Quelques instants plus tard, Charlus entra dans la pièce, alerté par l'elfe. Sa présence imposante remplit immédiatement l'espace.

— Que se passe-t-il, Dorea ?

Elle lui adressa un regard grave, mais déterminé.

— Nous devons nous rendre immédiatement au Square Grimmaurd. Regulus a besoin de nous. Orion aussi, semble-t-il.

Charlus fronça les sourcils, mais n'hésita pas. Il saisit sa baguette et hocha la tête.

— Alors ne perdons pas de temps.

Pendant ce temps, Regulus, de retour chez lui, scrutait la cheminée, nerveux, guettant les flammes vertes qui signaleraient leur arrivée.

Les flammes vertes de la cheminée s'éteignirent, laissant place à Charlus et Dorea Potter, leurs visages marqués par une inquiétude contenue. Regulus, qui les attendait nerveusement, s'approcha immédiatement, son regard brillant d'une étrange intensité.

— Venez ! dit-il d'une voix pressante, sans perdre une seconde.

Sans poser de questions, Charlus et Dorea suivirent leur jeune neveu à travers les corridors sombres du 12, Square Grimmaurd. Le silence pesant de la maison, rompu seulement par le craquement lointain des planchers, ajoutait une tension presque palpable.

Lorsqu'ils arrivèrent au salon familial, la scène qui les attendait les figea sur place.

Au centre de la pièce, Orion Black se tenait droit, sa posture rigide trahissant sa méfiance. À ses côtés, sur un fauteuil près de la cheminée, une jeune femme était assise, visiblement affaiblie mais étrangement digne. Ses cheveux roux flamboyaient à la lumière des flammes, créant un contraste saisissant avec ses traits rappelant indéniablement ceux des Black.

Dorea porta une main à sa bouche, les yeux écarquillés. Son cœur manqua un battement. Cette femme… non, cette fille… ressemblait tant à Marius, son frère renié. Les mêmes pommettes, le même regard profond, mêlé d'une touche de douceur qu'elle n'avait pas vue depuis des décennies. Une vague de nostalgie, suivie d'une intense culpabilité, l'envahit.

— Je n'ai pas pu sauver mon frère, pensa-t-elle, les souvenirs douloureux de son départ refaisant surface. Mais je ferai tout pour elle.

— Qui est-elle ? demanda Charlus, sa voix grave rompant le silence.

Il examinait la jeune femme avec un mélange d'incrédulité et de curiosité, essayant de rassembler les pièces d'un puzzle qu'il n'était pas certain de pouvoir résoudre. Elle portait en elle des traits des Black, c'était indéniable, mais aussi… quelque chose d'autre. Une lueur dans ses yeux, une énergie qu'il associait instinctivement à la lignée Potter.

Dorea, toujours sous le choc, murmura plus pour elle-même que pour les autres :

— Elle ressemble à Marius…

Ces mots attirèrent l'attention de Charlus, dont le regard s'assombrit légèrement. Bien que Dorea n'ait presque jamais évoqué son frère, son absence avait laissé une marque indélébile sur elle.

Charlus, pragmatique, réfléchit rapidement. La ressemblance frappante de cette femme avec leur famille, combinée à sa présence mystérieuse ici, soulevait une question troublante : comment cela était-il possible ? Les Potter n'avaient plus de descendants connus, ni en Angleterre ni ailleurs. Même la branche américaine de leur lignée s'était éteinte après la guerre contre Grindelwald. Cette étrangère, bien qu'évidemment liée par le sang, ne pouvait pas simplement surgir de nulle part…

— Si elle est vraiment liée à nous, il faudra le prouver, songea-t-il. Mais pour l'instant, il faut comprendre pourquoi elle est ici.

Charlus échangea un regard rapide avec Dorea, cherchant dans ses yeux une confirmation qu'il n'était pas seul à se sentir déconcerté. Dorea, elle, semblait déjà avoir pris une décision.

Orion Black croisa les bras, son regard acéré balayant la pièce comme s'il tentait de percer un mystère à travers la simple observation. Finalement, il brisa le silence d'une voix grave et autoritaire :

— Elle a fait irruption dans la maison sans être invitée.

Ses paroles résonnèrent dans le salon, lourdes de sous-entendus. Les protections du 12, Square Grimmaurd étaient parmi les plus puissantes du monde sorcier, imprégnées de runes anciennes et de sorts familiaux transmis depuis des générations. Aucune intrusion ordinaire ne pouvait contourner ces défenses.

Dorea, attentive, comprit immédiatement la signification de cette déclaration. Orion, en tant que Maître des Runes, aurait senti et bloqué tout type de transgression classique. Si cette jeune femme était là, cela signifiait qu'une magie bien plus profonde – et intime – était à l'œuvre. Une magie familiale.

Sans perdre sa contenance, Dorea s'avança doucement, son regard s'adoucissant en une expression maternelle. Elle s'agenouilla à hauteur de la jeune femme, adoptant un ton calme et rassurant :

— Bonjour, chérie. Qui pourriez-vous être ?

Ses mots étaient empreints de douceur, mais son esprit était en ébullition. Si cette jeune femme était réellement liée aux Black ou aux Potter, cela pourrait expliquer son arrivée, mais comment ? Et pourquoi maintenant ?

Simultanément, elle fit un signe discret de la main à Charlus, un geste imperceptible à quiconque n'était pas familier de leur langage non verbal. Charlus, toujours pragmatique, capta immédiatement son intention et se détourna lentement, feignant d'examiner les alentours.

Charlus se dirigea vers la cheminée, dissimulant sa détermination derrière un calme apparent. Il murmura :

— Manoir Potter.

Il savait qu'il devait faire venir leur frère et sa famille pour aider à comprendre cette énigme. Les secrets familiaux, bien que souvent tus, étaient parfois partagés dans l'urgence. Et cette situation en était une.

Pendant ce temps, Dorea, toujours proche de Cassiopea, attendait patiemment une réponse, prête à faire preuve de toute la douceur nécessaire pour gagner sa confiance.

Cassiopea sentit le poids des regards posés sur elle. L'aura imposante d'Orion Black et la douceur attentive de Dorea Potter rendaient l'atmosphère à la fois tendue et étrange. Malgré son appréhension, elle décida qu'il était inutile de tourner autour du pot. Ils méritaient la vérité.

Prenant une profonde inspiration, elle déclara d'une voix claire mais légèrement tremblante :

— Je me présente : Cassiopea Dorea Potter-Black.

Un silence assourdissant envahit la pièce, comme si le temps lui-même s'était arrêté. Cassiopea poursuivit, son regard déterminé :

— Je viens du futur, de trente ans dans le futur plus précisément.

Ces mots résonnèrent dans le salon, se répercutant comme un écho dans l'esprit des personnes présentes. Orion fronça les sourcils, son visage se fermant dans une expression de méfiance glaciale.

Dorea, quant à elle, resta figée un instant, ses lèvres légèrement entrouvertes. Les implications de cette révélation se bousculaient dans son esprit. Cassiopea, avec sa chevelure flamboyante et ses traits nobles, semblait porter en elle l'héritage des deux familles. Une étrange intuition poussa Dorea à la croire, mais elle garda le silence, laissant la jeune femme s'expliquer davantage.

Charlus, revenu silencieusement de la cheminée après avoir contacté les membres de la famille, échangea un regard grave avec sa femme. Ils savaient tous deux que cette situation dépassait tout ce qu'ils avaient imaginé. La tension dans la pièce était palpable. Orion finit par briser le silence, sa voix empreinte d'un mélange de défiance et de curiosité :

— Des affirmations extraordinaires nécessitent des preuves extraordinaires. Si ce que tu dis est vrai, nous le saurons en temps voulu.

Cassiopea sentit son cœur battre à tout rompre. Elle savait que gagner leur confiance ne serait pas aisé. Prenant sur elle, elle leva une main avec une élégance presque instinctive et, d'un claquement de doigts, fit apparaître un plateau contenant des scones chauds et une théière en porcelaine ornée de motifs anciens.

La vapeur parfumée du thé envahit doucement l'air. Les tasses, parfaitement disposées, flottaient légèrement avant de se poser devant chaque personne présente. Cassiopea observa leurs expressions stupéfaites, un sourire timide jouant sur ses lèvres.

— Je ne voulais pas vous importuner davantage. Une petite pause s'impose, je crois.

Orion arqua un sourcil, intrigué malgré lui par la fluidité et la puissance de sa magie non-verbale. Dorea, bien que toujours troublée, ne put s'empêcher de sourire légèrement. Il était rare de rencontrer une sorcière capable d'une telle maîtrise magique.

— Intéressant, murmura Orion.

Dorea saisit une tasse et s'adressa à Cassiopea avec une voix douce mais ferme :

— Vous avez du sang Black, c'est indéniable. Mais pour que je croie le reste de votre histoire, il faudra davantage que du thé et des scones.

Cassiopea hocha la tête. Elle comprenait. Ce n'était que le début des révélations à venir, et elle était prête à tout pour les convaincre.

Alors que Cassiopea agitait ses doigts avec une aisance presque nonchalante pour faire apparaître les scones et le thé, Orion et Regulus échangèrent un regard lourd de sous-entendus. Dorea, assise un peu en retrait, observait également chaque mouvement de la jeune femme avec une attention accrue, son esprit cherchant des réponses.

Chaque détail de son comportement renforçait une certitude troublante : Cassiopea connaissait cette maison. Non seulement elle y était à l'aise, mais elle agissait comme si elle en était une habitante régulière. Elle n'avait pas hésité à manipuler la magie des lieux, un privilège normalement réservé aux membres de la famille Black.

Orion fronça les sourcils, croisant ses bras comme pour contenir sa frustration intérieure. Une série de questions lui traversait l'esprit. Pourquoi une descendante Potter vivrait-elle ici, dans la maison des Black, et non au Manoir Potter ? Qu'était-il arrivé pour que les lignées s'entrelacent si étroitement ?

Regulus, quant à lui, observait Cassiopea avec une curiosité teintée d'inquiétude. Son esprit adolescent, toujours avide de comprendre les mystères, luttait pour rassembler les pièces du puzzle. Si cette femme venait réellement du futur, cela signifiait-il que les Black connaissaient un sort funeste ?

Un silence pesant s'installa dans la pièce, interrompu uniquement par le bruit discret de la théière remplissant les tasses. Orion, fidèle à son pragmatisme, décida de briser l'atmosphère étouffante.

— Vous semblez bien connaître cette maison, fit-il remarquer d'un ton froid et calculé. Trop bien, pour quelqu'un qui prétend venir d'un futur lointain.

Cassiopea posa calmement sa tasse, relevant les yeux pour croiser ceux d'Orion. Elle sentit la méfiance presque tangible émaner de lui, mais choisit de répondre avec franchise.

— Cette maison m'est effectivement familière, concéda-t-elle. Et pour cause : dans mon époque, le Square Grimmauld est... mon foyer.

Cette déclaration provoqua une onde de choc silencieuse. Regulus laissa échapper un hoquet de surprise, tandis qu'Orion serra les poings, ses pensées tourbillonnant.

Dorea, elle, restait étrangement calme, mais un pli soucieux marquait son front. Elle murmura d'une voix douce mais empreinte d'une certaine gravité :

— Si cette maison devient votre foyer... qu'advient-il du Manoir Potter ?

Cette question suspendit le temps dans la pièce. Une inquiétude sourde s'insinua dans leurs cœurs. La stagnation ou l'extinction de leurs familles était-elle une possibilité réelle ?

Cassiopea, sentant le poids de leurs regards, s'efforça de ne pas montrer son trouble. Elle savait que leurs craintes étaient fondées, mais il était trop tôt pour dévoiler tous les détails.

— Les choses sont... compliquées dans mon époque, répondit-elle prudemment. Mais je suis ici pour changer ce qui peut l'être.

Orion ne dit rien, mais son regard pénétrant sembla peser chaque mot. Regulus, lui, ne pouvait s'empêcher de ressentir une certaine admiration mêlée à un malaise profond. Si cette femme venait pour corriger des erreurs, quelles horreurs avait-elle vécues pour en arriver là ?

Fin pour ce chapitre : D

J'espère qu'il vous a plu.