Bonjour à tous,

Les personnages appartiennent à J.K. Rowling, mais l'intrigue est entièrement de moi. J'espère que cette histoire vous plaira autant qu'elle me passionne.

J'aimerais bien que vous me donniez votre avis sur le début de cette histoire svp.

Qu'en pensez-vous ?

Petite précision : le couple principal sera Alphard x Cassiopea.

Voici le 3ème chapitre

Le claquement sec de la cheminée rompit le silence oppressant du Square Grimmauld. Une lumière verdoyante éclaira brièvement la pièce sombre avant que Fleamont Potter ne surgisse, s'époussetant avec une élégance tranquille. Ses lunettes scintillaient sous la faible lumière, et son expression, bien que calme, était empreinte de détermination.

Euphemia apparut juste derrière lui, droite et gracieuse comme toujours, ses yeux perçants scrutant la pièce avec une vigilance maternelle. Elle s'arrêta un instant pour ajuster une mèche rebelle avant de jeter un regard protecteur à son mari.

James Potter sortit de la cheminée dans un éclat de rire étouffé, trébuchant légèrement avant de retrouver son équilibre. Il arborait un sourire goguenard, ses lunettes légèrement de travers, mais son expression changea en une curiosité mêlée d'appréhension lorsqu'il examina l'intérieur du manoir.

Enfin, Sirius arriva, traînant les pieds comme s'il était enchaîné à une corvée. Ses traits fermés et son air boudeur exprimaient un agacement profond. Sans même lever les yeux, il croisa les bras et laissa échapper un grognement.

— Pourquoi fallait-il que je vienne ici ? grommela-t-il d'une voix mordante.

Euphemia, toujours attentive, s'approcha de lui et posa une main apaisante sur son épaule.

— Sirius, nous sommes ici parce que cette situation est étrange, expliqua-t-elle doucement. Et surtout, parce que nous tenons à toi. Tu es sous notre protection maintenant.

Sirius haussa les épaules, un rictus cynique au coin des lèvres.

— Protection ? Vous pensez qu'Orion et Walburga vont gentiment rester en retrait ? Ils ne s'arrêteront jamais de vouloir m'arracher d'ici pour faire de moi leur fichu héritier.

Fleamont, qui observait la scène d'un œil attentif, ajusta ses lunettes avec calme avant de répondre, sa voix posée mais ferme :

— Peu importe ce qu'ils veulent, Sirius. Tu n'as rien à craindre tant que nous sommes là. Euphemia et moi sommes décidés à veiller sur toi.

Sirius détourna les yeux, mais un éclat de reconnaissance passa brièvement dans son regard avant qu'il ne le dissimule derrière son masque d'irritation.

Pendant ce temps, James parcourait la pièce du regard, visiblement fasciné par l'atmosphère lugubre et imposante du Square Grimmauld.

— Alors, c'est ici que tu as grandi ? murmura-t-il, presque pour lui-même. Pas très accueillant, on peut dire.

Sirius, un sourire amer aux lèvres, répondit sans détour :

— Ce n'est pas une maison, c'est une prison déguisée.

Dans l'ombre, Regulus se tenait près de la porte du salon, les bras croisés, observant silencieusement la scène. Un mélange de colère et de tristesse l'envahit en voyant son frère plaisanter avec James comme si tout allait bien. Comme si leur passé, leurs disputes, et leur lien brisé n'étaient que des détails insignifiants.

Alors que le silence devenait pesant, un bruit de pas gracieux retentit dans le couloir. Dorea apparut, avançant avec l'élégance naturelle d'une reine. Elle portait une robe sombre, parfaitement ajustée, qui ajoutait à son aura de dignité et de contrôle. Ses yeux clairs se posèrent tour à tour sur les nouveaux arrivants.

— Fleamont, Euphemia, merci d'être venus si rapidement, dit-elle avec une voix chaleureuse mais empreinte d'autorité. James, Sirius, suivez-moi, s'il vous plaît.

Sa demande ne laissait aucune place à la discussion. D'un geste fluide, elle tourna les talons, laissant son parfum subtil flotter derrière elle. Les Potter échangèrent un regard intrigué avant de lui emboîter le pas, tandis que Sirius soupirait bruyamment mais obéissait malgré tout.

Dans un coin, Regulus serra les poings en silence, un mélange de jalousie et de regret brûlant dans son cœur.

Cassiopea se tenait à l'écart dans le salon familial, ses mains légèrement tremblantes, posées sur le dossier d'un fauteuil en cuir. Elle observait silencieusement la scène devant elle : ses grands-parents, Fleamont et Euphemia Potter, échangeaient des paroles feutrées avec Orion Black. À quelques pas, James et Sirius, inséparables, murmuraient entre eux, sans doute une de leurs plaisanteries habituelles.

Mais Cassiopea n'entendait pas vraiment. Tout semblait lointain, presque irréel, comme un rêve éveillé dont elle craignait qu'il ne se brise à tout instant. Elle avait lu des pages entières d'histoire familiale, écouté des récits nostalgiques à propos des Potter disparus. Pourtant, rien ne l'avait préparée à les voir vivants, ici, à portée de main.

Fleamont, avec son port majestueux et ses lunettes impeccablement ajustées, irradiait une autorité rassurante. Euphemia, en revanche, était tout sourire et douceur, chaque geste empreint de bienveillance. Ils incarnaient ce qu'elle avait imaginé : une chaleur familiale qu'elle n'avait jamais connue, un refuge qu'elle avait tant espéré dans ses nuits solitaires.

La poitrine de Cassiopea se serra douloureusement, une chaleur mélangée à une tristesse qu'elle ne pouvait contenir. Son souffle se fit plus court, et sans qu'elle ne s'en rende compte, des larmes perlèrent au coin de ses yeux. Une à une, elles glissèrent le long de ses joues, silencieuses, comme si elles respectaient la solennité du moment.

Elle détourna rapidement le visage, tentant de dissimuler son émotion. Elle prit une inspiration tremblante, s'efforçant de reprendre contenance. Elle ne voulait pas que quiconque la voie ainsi, surtout pas ces grands-parents qui semblaient si parfaits, si forts.

Mais elle n'était pas seule à observer. Orion, assis dans un fauteuil près de la cheminée, avait remarqué le changement subtil dans son attitude. Son regard perçant n'en ratait jamais une miette. Il fronça légèrement les sourcils, intrigué par cette femme dont l'identité restait mystérieuse. Les émotions qu'elle essayait de masquer trahissaient une douleur profonde, un poids qu'elle portait seule.

Non loin de lui, Regulus, debout dans un coin d'ombre, avait également remarqué la détresse de Cassiopea. Contrairement à son père, il ne chercha pas à l'analyser. Ce qu'il ressentait était différent, presque instinctif. Dans cette jeune femme qu'il ne connaissait pas, il percevait un reflet de ses propres tourments. Ce regard perdu, cette lutte intérieure constante… il la comprenait d'une manière qui lui échappait.

Leurs regards se croisèrent brièvement, mais Cassiopea détourna vite les yeux, son cœur battant à tout rompre. Elle ignorait ce qu'ils avaient vu, mais elle espérait qu'ils ne poseraient pas de questions.

S'efforçant de se calmer, elle fixa un point sur le tapis sous ses pieds, inspirant profondément pour contenir l'orage d'émotions en elle. Pourtant, elle sentait déjà qu'il était trop tard. Les souvenirs, la perte, et ce miracle fragile qu'était cette réunion avec ses grands-parents formaient une vague prête à déferler.

Mais pour l'instant, elle s'accrocha. Pas encore, pensa-t-elle. Pas ici.

Une fois que tout le monde fut installé dans le salon, un silence solennel s'installa. Orion, assis dans son fauteuil en cuir sombre, se redressa légèrement, ses yeux perçant l'assemblée comme un aigle scrutant sa proie. L'atmosphère pesante semblait se figer autour de lui, chaque mouvement émanant de la pièce amplifié, chaque respiration devenant plus lourde.

— La raison de votre venue n'est pas Sirius, déclara-t-il d'une voix grave, presque impérieuse, ses yeux d'acier brillant sous la lumière tamisée de la cheminée. Une femme a pénétré chez nous, et il est évident qu'elle est une Potter.

Les regards se tournèrent immédiatement vers Cassiopea. Elle se figea sous l'intensité de leurs yeux, son cœur battant à tout rompre comme un tambour battant sa dernière heure. Un frisson lui parcourut l'échine, et un frémissement imperceptible se fit sentir dans l'air autour d'elle, comme si la magie elle-même était en éveil. James et Sirius, assis côte à côte, se penchèrent légèrement en avant, leurs visages marqués par une expression mêlant curiosité, perplexité et, au fond, un léger inconfort. Fleamont et Euphemia, eux, paraissaient à la fois fascinés et sur leurs gardes, leurs sourcils froncés en un mélange de méfiance et de protection.

Fleamont fut le premier à briser ce silence de plomb. Ses mots étaient mesurés, mais une pointe de confusion transparaissait dans sa voix.

— Qui êtes-vous ?

La voix douce mais ferme du patriarche Potter provoqua un nœud douloureux dans la gorge de Cassiopea. Elle ferma les yeux un instant, sentant la chaleur de la pièce s'intensifier autour d'elle. Elle chercha frénétiquement dans ses pensées un moyen de tout expliquer sans détruire ce fragile équilibre. Elle inspira profondément, mais cela n'eût pour effet que de renforcer l'étreinte oppressante dans son poitrine. Lorsqu'elle rouvrit les yeux, son regard vacilla entre Euphemia et Fleamont. Elle pouvait lire dans leurs yeux une attente, une inquiétude. Elle déglutit difficilement.

— Cassiopea Dorea Potter-Black. La réponse échappa à ses lèvres dans un souffle. Elle se redressa un peu, cherchant une force qui semblait se dérober au fil des secondes. Je viens du futur.

Un silence encore plus lourd s'abattit sur la pièce, un poids invisible qui sembla faire plier les murs. Les mots de Cassiopea résonnèrent dans l'air comme un glas. Euphemia posa une main sur son cœur, ses yeux brillaient de confusion, mais aussi de douleur, comme si le monde venait de se fissurer sous la force de cette révélation. Fleamont, quant à lui, fronça les sourcils, l'esprit en ébullition, cherchant à démêler cette absurdité apparente.

— Du futur ? répéta-t-il lentement, son ton oscillant entre scepticisme et une inquiétude grandissante. Il se leva d'un bond, ses yeux cherchant à percer celle qui se tenait devant lui, mais la vérité semblait s'échapper de ses griffes. Ce n'est pas possible…

James et Sirius échangèrent un regard rapide, l'incompréhension se lisant sur leurs visages.

— Attendez, c'est une blague, non ? intervint Sirius, une nervosité palpable dans sa voix. Ça ne peut pas être vrai.

Ses mots semblaient détonner dans l'air, cherchant à repousser l'invisible réalité qui s'imposait. James, cependant, resta silencieux. Il n'eut même pas le temps de formuler une pensée. Ses yeux, intensément fixés sur Cassiopea, reflétaient une étrange mixture de doute et de fascination. Chaque détail de son visage, chaque mouvement de son corps semblait être une énigme à résoudre, et il se sentait paralysé par ce que cette vérité risquait de bouleverser.

Cassiopea, sentant leur confusion, leur doute, savait que sa simple existence allait briser leurs certitudes, mais elle n'avait pas anticipé la force avec laquelle ce choc allait les ébranler. Ses mains tremblaient légèrement, et une bouffée de chaleur envahit son visage. Elle sentait sa magie vibrer au creux de ses mains, prête à éclater, à se libérer. Le contrôle lui échappait, et elle devait se reprendre avant que tout ne dérape.

Euphemia s'approcha lentement d'elle, chaque pas mesuré, comme si elle craignait de briser un sort invisible suspendu entre elles. Ses yeux étaient emplis d'une tendresse mêlée de peur.

— Chérie, est-ce vrai ? demanda-t-elle d'une voix douce, presque maternelle, un tremblement imperceptible dans ses mots. Sa main s'étendit doucement vers Cassiopea, mais elle hésita avant de la poser sur son bras, comme si l'étreinte risquait de faire s'effondrer l'univers tout entier.

Cassiopea hocha la tête, incapable de prononcer un mot. La pression de leurs regards, de leurs attentes, était presque insupportable. C'était comme si le temps s'était figé, et que chaque seconde était une épreuve. Son regard se tourna vers Orion, qui, depuis son fauteuil, observait la scène avec une expression impénétrable.

Il murmura, plus pour lui-même que pour les autres :

— Si elle dit la vérité, alors il y a bien plus en jeu ici que nous ne le réalisons encore.

Les mots résonnèrent dans l'air, lourds de sens, et Cassiopea sentit la réalité se déformer autour d'elle. Ce n'était plus une simple question de voyage dans le temps. Cela touchait quelque chose de plus vaste, de plus dangereux. Une vérité qu'elle n'avait pas pleinement comprise elle-même.

Le salon semblait figé dans un silence tendu, comme suspendu dans le temps, après la révélation de Cassiopea. Les murs eux-mêmes semblaient retenir leur souffle, la tension de l'instant emplissant l'air d'une charge invisible. Mais à peine les mots qu'elle venait de prononcer avaient-ils eu le temps de résonner que l'expression de Cassiopea se transforma brutalement. Ses yeux, d'abord emplis de tristesse et de confusion, se remplirent soudainement de larmes qu'elle ne pouvait plus contenir. La douleur qui se lisait sur son visage était aussi profonde que l'abîme, une souffrance qui semblait la ronger de l'intérieur.

Soudain, sans prévenir, un tourbillon de magie brute se déchaîna autour d'elle. L'air se chargea d'une énergie vibrante et électrique, un frémissement palpable qui secoua la pièce comme une tempête. Des éclairs lumineux, d'un bleu aveuglant, dansaient autour de Cassiopea, traçant des lignes arc-en-ciel dans l'air. C'était une magie sauvage, incontrôlable, aussi puissante qu'effrayante. Des objets, tels que des livres, des vases et des chandeliers, se soulevèrent dans l'air avant de se fracasser violemment contre les murs ou de tomber en éclats sur le sol. Les murs eux-mêmes semblaient vibrer sous la pression de cette énergie débridée, et la lumière dans la pièce vacillait comme une chandelle battue par le vent.

Mais ce n'était pas tout. Ses traits, déjà marqués par l'émotion, commencèrent à se métamorphoser involontairement. Ses cheveux, habituellement d'un rouge écalarte, prirent d'autres teintes éclatantes et mouvantes, comme une mer de feu et de lumière, et changèrent constamment de couleur sous l'effet de la magie qui dévalait hors de son corps. Ses yeux, habituellement d'un vert profond, se transformèrent en un kaléidoscope en perpétuelle mutation, passant du bleu au doré, puis au violet, à chaque battement de ses cils. Son don de Métamorphomage, habituellement parfaitement maîtrisé, s'emballa sous la pression de son angoisse, ses traits changeant sans son contrôle, comme si chaque émotion la forçait à se transformer davantage.

— Cassiopea, arrête ça ! s'exclama Orion, sa voix autoritaire résonnant à travers la pièce, tentant de reprendre le contrôle de la situation avec une urgence palpable. Mais sa voix, habituellement ferme et impérieuse, semblait aussi vacillante que la situation elle-même. Il se leva brusquement de son fauteuil, ses yeux emplis de frustration et de peur alors qu'il observait la destruction qui se déroulait sous ses yeux.

Les Potter et les Black étaient figés, les yeux écarquillés, impuissants face à ce phénomène surnaturel. James, avec son regard d'habitude décontracté, semblait absorbé par le spectacle d'une magie qu'il ne comprenait pas entièrement. Sirius, tout aussi déconcerté, se tenait en retrait, son corps tendu, prêt à réagir mais paralysé par la violence de la scène. Euphemia et Fleamont, eux, avaient pâli, la force de cette magie, les empêchant d'agir autrement que par l'angoisse. Ils savaient que la situation échappait à tout contrôle.

Cassiopea, le souffle court, sentit la panique l'envahir, envahissant chaque fibre de son être. La magie qui s'échappait d'elle semblait s'intensifier à chaque seconde de doute, chaque battement de cœur. Son esprit se perdait dans ce tourbillon incontrôlable, et l'idée même de le maîtriser paraissait aussi lointaine qu'un rêve irréalisable. Mais dans un dernier sursaut de volonté, elle tenta de réabsorber cette énergie déchaînée en elle-même. Elle ferma les yeux, se concentrant de toutes ses forces sur le seul point qu'elle pouvait contrôler : sa respiration. C'était comme essayer d'aspirer un ouragan dans un espace minuscule. Elle se battait pour repousser cette force immense qui menaçait de la submerger.

Alors que son corps se tendait sous l'effort, une lumière intense éclata une dernière fois avant de disparaître, comme un éclair frappant l'obscurité. Les éclairs disparurent, l'air redevint immobile, et la pièce tomba dans un silence étrange. Les objets retombèrent sur le sol, les débris se répandant comme des témoins muets de la tempête intérieure qu'avait traversée Cassiopea.

Mais ce qu'elle venait de faire, cette tentative désespérée de reprendre le contrôle, n'était pas sans conséquences. Un souffle profond et haletant s'échappa de ses lèvres, son corps secoué par l'effort.

— Se contenir de cette façon… murmura Dorea, horrifiée, ses yeux fixés sur la jeune femme avec une terreur palpable. C'est ainsi que naissent les Obscurials.

Tous dans la pièce avaient entendu. Chaque mot semblait avoir frappé comme un coup de tonnerre, traversant l'esprit de chacun avec une clarté glaciale. L'angoisse s'empara de l'assemblée. Les Obscurials, ces enfants dont la magie dévastatrice ne pouvait être contenue et qui, dans leur désespoir, perdaient leur humanité pour devenir des armes vivantes. Cette réalité s'installait dans l'esprit de tous, et chacun d'entre eux, dans ce silence lourd de signification, prit conscience du danger que ce geste impulsif impliquait.

Cassiopea, son visage pâle et épuisé, tourna lentement les yeux vers les membres de la famille. Ils étaient terrifiés, et elle comprenait pourquoi. Mais elle n'avait pas le choix. Elle n'avait jamais eu le choix.

Cassiopea, encore tremblante après l'effort colossal qu'elle venait de fournir, sentit soudainement ses jambes fléchir sous elle. La pièce se mit à tourner, comme si le sol se dérobait sous ses pieds, et le monde autour d'elle devint flou, les couleurs se mêlant en une masse indistincte. Les sons semblaient venir de très loin, étouffés par une étrange pression dans ses oreilles.

— Cassiopea ! appela James, se levant précipitamment, ses bras tendus vers elle, mais l'appel sembla flotter dans un brouillard, hors de portée.

Avant que quiconque n'ait eu le temps de réagir, Dorea s'était déjà précipitée vers elle. Son mouvement était celui d'une mère instinctivement protectrice, comme un rayon de lumière perçant l'obscurité. Elle la soutint avec douceur mais fermeté, ses bras se refermant autour d'elle avec une force calme, une assurance qui contrastait avec la fragilité apparente de Cassiopea. Dorea, dans un geste rapide, la força à s'appuyer contre elle.

— Je l'emmène se reposer, déclara-t-elle d'une voix calme mais autoritaire, posant un regard plein de détermination sur les autres.

Personne n'osa discuter. Orion inclina la tête en signe d'assentiment, son regard grave comme une mer calme avant la tempête, tandis qu'Euphemia jeta un dernier regard inquiet vers la jeune femme inconsciente dans les bras de Dorea. Le silence était lourd, rempli de non-dits, de préoccupations non formulées. Aucun mot n'eut besoin d'être prononcé pour que chacun comprenne que l'heure n'était plus à l'explication, mais à la protection.

Dorea quitta la pièce avec une dignité inébranlable, ses pas résonnant doucement dans le hall. Elle portait Cassiopea avec une telle tendresse qu'elle semblait une mère retrouvant un enfant qu'elle avait perdu depuis longtemps. Une mère qui, malgré la douleur et l'incompréhension, savait instinctivement ce qu'il fallait faire. Elle gravit les escaliers sans hâte, son esprit concentré sur la tâche à accomplir. Une fois dans la chambre voisine, elle déposa Cassiopea avec soin sur le lit, s'assurant qu'elle était confortablement allongée, puis éteignit doucement la lumière de la pièce.

D'un mouvement précis de sa baguette, elle murmura une incantation presque imperceptible, créant une alarme magique qui se lierait à ses sens. Préviens-moi dès qu'elle se réveille, ordonna-t-elle au sort, la voix calme mais emplie d'une urgence contenue. Elle savait que la jeune femme n'était pas simplement épuisée ; il y avait quelque chose de plus profond, un combat intérieur dont elle ignorait encore l'ampleur. Dorea, regardant Cassiopea, eut un frisson. Ce visage, si étrangement familier, la troublait profondément. Chaque détail de ses traits, chaque mouvement, lui semblait rappeler quelque chose qu'elle ne parvenait pas à saisir, une mémoire enfouie, une vie antérieure. Une part d'elle sentait qu'elle devait tout faire pour la protéger, mais elle ignorait encore pourquoi.

Après un dernier regard, presque furtif, vers la jeune femme endormie, Dorea quitta la chambre en silence, la porte se fermant doucement derrière elle. Elle rejoignit les autres dans le salon, sa démarche aussi calme que déterminée, mais l'angoisse palpable dans ses yeux trahissait la profondeur de ses pensées.

Les Potter et les Black étaient là, chacun plongé dans ses propres réflexions. Ils étaient assis autour de la table, comme un conseil en pleine délibération. James et Sirius échangeaient des regards inquiets, leurs visages fermés par des préoccupations qu'ils ne savaient pas encore exprimer. Orion, d'un calme étrange, fixait un point invisible au loin, l'air pensif, son esprit visiblement absorbé par des pensées qui semblaient trop complexes pour être dites à voix haute. Euphemia, les mains jointes et tapotant nerveusement le bord de son fauteuil, avait la mine sombre, bien qu'elle essaie de masquer sa propre inquiétude.

Dorea prit place à son tour, sa posture droite, pleine de dignité. Le silence qui suivit son entrée fut lourd de non-dits, comme si tout le monde attendait qu'elle prenne la parole.

— Elle est en sécurité, annonça-t-elle d'une voix claire et rassurante, bien que ses yeux trahissaient la gravité de la situation.

Mais personne ne répondit immédiatement. Le poids des derniers événements reposait sur leurs épaules, écrasant leur esprit sous la gravité de ce qu'ils venaient de découvrir. Le silence s'installa à nouveau, un silence épais, entrecoupé seulement par le crépitement d'une cheminée dont les flammes dansaient comme des âmes inquiètes.

Finalement, c'est Sirius qui brisa ce silence, sa voix basse et hésitante :

— Se contenir comme elle l'a fait… ce n'est pas naturel. Qui lui a appris ça ?

La question flottait dans l'air, douloureuse et incompréhensible, et personne ne savait comment y répondre. Dorea observa Orion, qui se leva lentement, son visage gravement tendu.

— Personne ne le lui a appris, j'en suis certain, répondit-il d'une voix sombre, marquée par l'expérience. Ce genre de réflexe n'est pas enseigné. C'est quelque chose que l'on fait par instinct… ou par désespoir.

Tous échangèrent un regard grave, une ombre de compréhension traversant leur regard. Ils savaient que ce qu'elle avait fait était au-delà de tout ce qu'ils pouvaient imaginer. Que cette magie incontrôlable, cette douleur qu'elle portait en elle, n'avait probablement pas été causée par un simple voyage dans le temps, mais par quelque chose de bien plus lourd, de bien plus sombre. Ils étaient loin de connaître toute l'histoire de Cassiopea, mais chacun d'eux sentait que ce qu'elle avait vécu dans le futur avait creusé en elle des abîmes dont l'écho allait les suivre bien au-delà de cette soirée.

Le salon semblait pesant sous le poids de la tension. Les Potter, les Black, Sirius et James étaient assis autour de la table, chacun perdu dans ses propres pensées. L'air était épais de non-dits, chaque membre du cercle tentant de digérer les événements récents tout en cherchant à comprendre l'origine de cette rencontre improbable.

Le silence se prolongeait, pesant et presque oppressant, jusqu'à ce que Sirius, fidèle à son habitude de briser les tensions par une remarque acerbe, ne parvienne à faire éclater la lourdeur du moment :

— Sérieusement, cette fille… dit-il, jetant un regard interrogateur dans la direction de James. On dirait un mélange entre un Black et un Potter, mais avec les yeux et les cheveux de Lily Evans. C'est une blague, non ?

L'ironie de la remarque, bien que mordante, n'eut pas l'effet escompté. James, indigné et toujours aussi impulsif, se redressa brusquement sur sa chaise.

— Hé ! Lily va un jour m'épouser, tu verras !

Sirius éclata de rire, son éclatant rire résonnant dans la pièce, perturbant une atmosphère pourtant grave. Ses yeux pétillèrent de malice.

— Oui, dans tes rêves les plus fous, Prongs. Tu crois vraiment qu'elle va te regarder autrement que comme un cafard agaçant ?

— Tu dis n'importe quoi ! protesta James, son visage rougissant de gêne et de frustration. Lily-Flower finira par voir mes qualités, tu verras !

Avant qu'un échange d'insultes affectueuses ne dérape et ne devienne trop bruyant, Euphemia, impassible, frappa des mains avec autorité, un éclat de commandement résonnant dans la pièce.

— Ça suffit, vous deux ! Ce n'est pas le moment de plaisanter.

Le ton sévère d'Euphemia, plus maternel qu'ordonné, fit aussitôt retomber le climat léger. Les jeunes hommes se figèrent, la gravité du moment les ramenant soudainement à la réalité. Euphemia les fixa, ses yeux remplis de la sagesse d'une mère, une intensité calme et bienveillante qui les faisait se sentir petits et conscients de l'ampleur de ce qui était en jeu.

— Vous n'avez pas remarqué ? reprit-elle, sa voix douce mais pleine d'autorité. C'est quand elle a entendu nos voix qu'elle a perdu le contrôle de sa magie.

Fleamont, qui avait écouté en silence, hocha lentement la tête, son regard tourné vers la table, perdu dans ses pensées. La lumière tamisée accentuait ses traits graves, lui donnant un air pensif et concentré.

— C'est vrai, dit-il, sa voix grave marquant chaque mot. Et cela ne peut signifier qu'une chose.

Ses yeux balayèrent la pièce, s'arrêtant d'abord sur James, puis sur Sirius, et enfin sur Dorea, qui observait en silence. L'atmosphère devint encore plus lourde, comme si tous se préparaient à entendre une vérité difficile.

— Nous ne sommes probablement plus en vie dans son époque, déclara Fleamont d'une voix profonde et assurée, mais non dénuée d'une tristesse contenue.

Cette affirmation glacialement logique fit frémir l'air de la pièce. Un silence lourd s'abattit, chaque parole s'éteignant dans l'ombre de cette réalité inouïe. James sentit son cœur se serrer, sa respiration se bloquer. L'idée même que ses parents, toujours si pleins de vie et de chaleur, puissent un jour disparaître, était presque intolérable. Il avait toujours considéré la mort comme une abstraction lointaine, mais ce qu'il venait d'entendre rendait ce concept soudainement terriblement réel.

Sirius, d'ordinaire prompt à répliquer, resta cette fois silencieux. Une ombre passa sur son visage, et il se détourna légèrement, comme s'il ne voulait pas que les autres voient la douleur soudaine qui s'était emparée de lui. Il évita de croiser le regard de Regulus, qui était assis en retrait, un air de désapprobation silencieuse sur son visage. Les deux frères semblaient séparés par un abîme que l'un d'eux ne pouvait franchir.

Le silence, cette fois, était lourd et palpable. Euphemia posa doucement une main réconfortante sur celle de son fils, qui serrait le bord de la table avec une telle intensité que ses jointures étaient blanches.

— Mon chéri, murmura-t-elle, sa voix douce mais marquée par la tristesse. Quoi qu'il arrive, sache que nous sommes fiers de toi.

James hocha la tête, les yeux brillant d'une émotion qu'il n'avait pas l'habitude de laisser paraître. Il n'arrivait pas à trouver les mots, et, pour une fois, il n'en avait pas envie. La certitude de la disparition des gens qu'il aimait l'envahissait, et il n'arrivait pas à en accepter l'idée.

De son côté, Regulus observait silencieusement cette scène avec un mélange d'amertume et de tristesse. Voir Sirius si complice avec James lui rappelait douloureusement le fossé infranchissable qui se creusait entre lui et son frère. Une douleur sourde, toujours présente, se noua dans sa gorge, et il détourna les yeux, espérant que personne ne le verrait lutter contre l'émotion.

Orion, toujours calme et implacable, rompit finalement le silence.

— Nous devons comprendre ce qui s'est passé pour nos familles, dit-il en fixant les Potter. Ce qu'elle a vécu pour réagir ainsi à vos voix… cela signifie quelque chose de profond.

Dorea, qui écoutait attentivement, acquiesça lentement. Un éclat de compréhension brilla dans ses yeux.

— Il y a tant de choses que nous ignorons encore, dit-elle. Mais une chose est certaine : cette jeune femme est liée à nous tous.

Euphemia, résolue, reprit la parole, son regard déterminé et inébranlable.

— Alors, trouvons des réponses. Ensemble.

Les regards se croisèrent, et dans les yeux de chacun brillait une lueur de solidarité. Malgré l'incertitude, malgré les peurs qui s'étaient levées, il y avait désormais un but commun : découvrir la vérité, et protéger celle qui, pour des raisons encore inconnues, semblait jouer un rôle bien plus grand que ce que l'on aurait pu imaginer.

Dans un coin sombre du salon, Regulus se tenait silencieux, observant la scène avec un mélange de frustration et de tristesse. Sirius, son frère aîné, riait et discutait avec James, les deux jeunes hommes se comportant comme si rien n'avait changé, comme s'ils étaient les meilleurs amis du monde. Le bruit de leur conversation, légère et insouciante, résonnait dans la pièce, mais pour Regulus, il avait un goût amer.

Il ne m'a même pas adressé la parole depuis qu'il est arrivé, pensa-t-il, le regard dur. C'est comme si je n'existais pas pour lui.

Un sentiment d'isolement envahit Regulus, son esprit tourbillonnant de pensées contradictoires. Il baissa les yeux, se mordant la lèvre pour contenir la colère et la douleur qui montaient en lui. Il avait passé des années à se sentir rejeté, ignoré par Sirius, et aujourd'hui, cet écart semblait s'être encore élargi. Ce simple spectacle de son frère retrouvant l'amitié de James à tel point qu'il en oubliait son propre frère faisait ressurgir toutes les blessures anciennes. Un sentiment d'abandon profond l'étouffait.

Est-ce que Sirius se soucie encore de nous ? Cette pensée le hantait, le rongeait. Le regard qu'il avait jeté sur son frère plus tôt, celui où il semblait avoir complètement ignoré sa présence, avait confirmé sa plus grande crainte : Sirius avait trouvé sa place ailleurs, loin des Black, dans un autre monde, celui des Potter. Il se demandait si, au fond, Sirius ne l'avait jamais vraiment vu comme un frère. Le lien qu'ils avaient autrefois partagé semblait maintenant appartenir à un passé révolu, effacé par des années de divergences et de choix opposés.

Pourtant, une petite voix, minuscule et fragile, murmurait encore dans son esprit. Une part de lui, malgré tout ce qu'il avait vécu, espérait encore que les choses pourraient changer. Un regard furtif de la part de Sirius, un mot, une attitude, un signe, même minime, qui montrerait que ce lien n'était pas aussi brisé qu'il semblait. Mais à chaque instant qui passait, ce rêve s'éloignait un peu plus, comme une brume dissipée par un vent froid.

Regulus se sentit envahi par la confusion et l'impuissance. Il n'avait jamais su comment exprimer ses sentiments, ni comment rétablir le contact avec Sirius. La barrière entre eux était trop grande maintenant. Il savait que sa colère, son ressentiment, ne feraient qu'élargir cet abîme. Pourtant, il n'arrivait pas à se défaire de cette sensation de trahison. Le vide qui le séparait de Sirius, qui semblait chaque jour plus insurmontable, était un fardeau difficile à porter.

Alors que Sirius éclatait de rire une fois de plus avec James, Regulus détourna les yeux. Un élan de frustration l'envahit. Il n'était pas sûr de ce qu'il ressentait exactement. La douleur de l'abandon. Le dégoût de la situation. Et au fond, un espoir encore vif, bien qu'il sache qu'il était probablement vain.

Il se leva finalement, cherchant à échapper à cette vision qui ne faisait qu'intensifier son malaise. Peut-être qu'au fond, il était simplement fatigué d'espérer.

Le silence pesant qui régnait dans le salon fut finalement brisé par la voix profonde et autoritaire de Fleamont Potter, dont les mots résonnèrent dans la pièce comme un appel à la vérité.

— Que peux-tu dire sur elle, Orion ?

Tous les regards se tournèrent alors vers le patriarche des Black. Son visage impassible, presque froid, ne trahissait aucune émotion, mais une certaine gravité flottait autour de lui. Il n'avait jamais été du genre à se laisser perturber, et ce n'était pas ce soir-là que l'on allait voir Orion Black se déstabiliser.

— Elle est une Potter-Black et une Métamorphomage, répondit-il avec une calme autorité, sa voix ne laissant aucune place au doute. Ces faits seuls suffisent à prouver son appartenance à nos deux familles. Elle affirme venir du futur et dit vivre ici, au Square Grimmauld, dans son époque.

Une tension nouvelle s'installa dans la pièce, chacun des membres présents pesant les mots d'Orion. La mention du futur fit frémir l'air, comme une promesse d'énigmes à résoudre, mais aussi un poids de doute.

Sirius, qui jusque-là était resté silencieux, se redressa, les bras croisés sur sa poitrine, une expression marquée par le scepticisme.

— Vous pensez vraiment qu'elle dit la vérité ? lança-t-il, son regard perçant ancrant Orion dans une évaluation silencieuse. Ça pourrait être un mensonge, une manipulation.

Orion ne se départit pas de son calme. Il fixa Sirius, ses yeux sombres scrutant chaque mouvement du jeune homme, comme pour évaluer la portée de ses paroles.

— Peut-être, répondit-il, son ton mesuré. Mais jusqu'à preuve du contraire, nous devons la croire. Les réponses qu'elle détient sont cruciales.

Les mots d'Orion résonnèrent dans l'esprit de tous, et un frisson d'incertitude parcourut la pièce. Les mystères autour de Cassiopea étaient vastes, et cette décision de lui accorder leur confiance semblait à la fois nécessaire et dangereuse. Une guerre invisible était en train de se jouer, celle des choix qu'ils feraient face à ce qu'elle représentait.

Dorea, qui jusque-là avait écouté en silence, se leva doucement, son regard empreint d'une tendresse et d'une protection infinie. Elle s'adressa à Orion d'un ton ferme, presque doux mais intransigeant.

— Orion, je t'en prie. Peu importe les questions que nous avons, je refuse que tu lui fasses du mal pour obtenir ce que tu veux. Elle est une Black, tout comme toi, et je veillerai sur elle.

Le ton de Dorea laissait peu de place à la discussion, et Orion la fixa un instant, ses yeux révélant une lueur d'énigme. Il savait que, quand Dorea s'exprimait ainsi, il valait mieux ne pas chercher à défier sa volonté. Il n'y répondit donc rien, mais la tension entre eux était palpable.

Un bruit cristallin, aussi soudain que percutant, brisa ce fragile équilibre. Une alarme magique retentit dans la pièce, remplissant l'air d'une vibration presque palpable.

Dorea se leva immédiatement, son visage marqué par un mélange d'inquiétude et de soulagement. Ses yeux brillèrent brièvement, avant qu'elle ne se tourne vers Euphemia, dont le regard était empreint de la même détermination.

— Elle est réveillée, annonça Dorea d'une voix calme, mais qui portait un poids indéniable.

Elle se tourna ensuite vers Euphemia, et dans un échange silencieux, les deux femmes comprirent qu'elles avaient un rôle à jouer dans ce moment décisif.

— Viens avec moi, Euphemia, ajouta Dorea. Nous allons voir comment elle va.

Les deux femmes quittèrent la pièce, emportant avec elles une brume de questionnements non résolus. Les regards des autres restèrent fixés sur la porte par laquelle elles étaient parties, chacun se demandant dans son for intérieur quelles vérités allaient enfin être révélées. Le silence qui suivit leur départ semblait plus lourd que jamais, comme si le temps lui-même retenait son souffle dans l'attente de ce qui allait se passer ensuite.

Fin du 3ème chapitre.

J'espère qu'il vous a plu :D

Svp des reviews juste en bas ;D