Bonjour à tous,
Les personnages appartiennent à J.K. Rowling, mais l'intrigue est entièrement de moi. J'espère que cette histoire vous plaira autant qu'elle me passionne.
J'aimerais bien que vous me donniez votre avis sur le début de cette histoire svp.
Qu'en pensez-vous ?
Petite précision : le couple principal sera Alphard x Cassiopea.
Voici le 4ème chapitre
Cassiopea ouvrit lentement les yeux, clignant plusieurs fois pour s'adapter à la lumière douce qui baignait la pièce. La chambre était étrangement familière, mais différente de ce dont elle se souvenait. C'était la pièce où Ginny et Hermione avaient autrefois dormi, au 12, Square Grimmaurd, mais elle n'était plus sombre et délabrée comme dans son propre temps.
Les murs, autrefois ternes et recouverts de papier peint défraîchi, étaient impeccablement repeints dans des teintes claires et apaisantes, d'un bleu pastel rehaussé de bordures dorées. Les meubles massifs, toujours présents, semblaient tout juste cirés. Une coiffeuse en bois sombre, ornée de délicates sculptures, reflétait la lumière du soleil qui filtrait à travers des rideaux légers d'un blanc immaculé, soigneusement attachés de chaque côté de la fenêtre.
Le parquet en bois craquait légèrement sous le passage d'une brise tiède, et un vase rempli de fleurs fraîches trônait sur une petite table près du lit. L'air, loin de l'odeur de renfermé qu'elle connaissait, était chargé d'un parfum délicat de lavande et de cire d'abeille.
Elle se sentait faible, comme si toute son énergie avait été aspirée. En portant une main tremblante à son front, elle constata qu'elle était moite. La sensation de vide dans son corps lui rappela douloureusement qu'elle avait trop tiré sur ses réserves magiques.
Alors qu'elle tentait de se redresser, la porte s'ouvrit doucement, laissant entrer Dorea et Euphemia. Leur présence semblait lumineuse, chaleureuse, comme si leur simple arrivée suffisait à dissiper l'épuisement qu'elle ressentait. Les visages de Dorea et d'Euphemia étaient marqués par l'inquiétude, l'un partagé, l'autre dissimulée derrière une façade de calme. Elles observaient Cassiopea, allongée sur le lit, une lueur de malaise dans ses yeux qui trahissait la douleur qu'elle cherchait à masquer.
—Comment te sens-tu ?demanda Dorea, la voix douce mais teintée d'une pointe de préoccupation, comme si elle avait un aperçu des tourments de la jeune fille, mais sans en comprendre la pleine ampleur.
Cassiopea tourna lentement la tête vers elles, son regard fuyant un instant avant de se poser sur les deux femmes. Elle chercha à masquer sa fatigue, mais même un sourire faible ne parvenait pas à dissimuler le profond malaise qui l'envahissait. Elle se sentait étrangère dans cette pièce, auprès de ces deux femmes qui, bien qu'elles fussent aimantes et attentionnées, n'étaient en réalité que des figures lointaines morte dans sa vie. Elle n'a jamais pu apprendre à les connaître comme il se devrait. Dorea et Euphemia, quant à elles, ne connaissaient pas encore les vérités profondes qui résidaient en Cassiopea.
—Tu t'es épuisée tout à l'heure,ajouta Euphemia, un peu plus directe, les bras croisés sur la poitrine, son regard observateur scrutant la jeune fille comme si elle tentait de comprendre la source de son malaise. Son ton était ferme, mais il portait une certaine douceur. Euphemia avait une capacité à prendre soin des autres, mais en même temps, elle savait poser des limites. Ses yeux se posèrent sur Cassiopea avec une inquiétude palpable, comme si elle cherchait à saisir ce qu'il se passait dans l'esprit de la jeune fille, mais elle ne comprenait pas. Elle avait l'impression que, plus elle essayait de se rapprocher, plus Cassiopea semblait s'éloigner.
Cassiopea, allongée dans son lit, ferma les yeux un instant, comme pour fuir la lourdeur de la situation. Les deux femmes ne comprenaient pas. Elles ne savaient pas vraiment qui elle était, ni la profondeur du fardeau qu'elle portait. Mais elles étaient là, malgré tout, soucieuses, cherchant à l'aider, comme si la simple présence de leur attention pouvait résoudre la situation. Mais c'était plus complexe que cela. Cassiopea le savait.
Elle se redressa lentement, sentant la fatigue l'envahir. Ses muscles protestaient, mais c'était bien plus que de la simple fatigue physique. Il y avait cette étrange pression en elle, un poids presque insupportable qui n'avait rien à voir avec l'épuisement d'une journée difficile. Sa magie. Elle devait la contenir, la retenir, de peur qu'elle ne se déchaîne à tout instant, car chaque fragment de cette énergie pouvait la détruire.
—Je vais bien,répondit-elle d'une voix faible, tentant de masquer l'intensité de ce qu'elle ressentait à l'intérieur. C'était un mensonge, un petit mensonge qu'elle se forçait à prononcer pour ne pas alarmer davantage Dorea et Euphemia. Mais au fond d'elle, Cassiopea savait qu'elles ne comprenaient pas. Et peut-être que c'était mieux ainsi.
Dorea, toutefois, sembla sceptique. Elle s'approcha de la jeune fille avec une douceur infinie, mais aussi une détermination qui était difficile à ignorer. Ses yeux scrutaient Cassiopea avec une compréhension intuitive qu'elle n'avait pas voulu accepter.
—Tu n'as pas à cacher ça,insista Dorea, sa voix plus sais bien que ce n'est pas juste de la fatigue. Tu tentes encore de retenir ta magie, n'est-ce pas ?
Les mots de Dorea frappèrent Cassiopea comme un éclair. Elle se raidit. Les deux femmes ne comprenaient pas la profondeur de ce qu'elles disaient. Elles ne pouvaient pas. Aucun d'eux ne pouvait saisir ce que cela signifiait, ce combat constant qu'elle menait contre sa propre magie, cette énergie dévorante qui menaçait de tout engloutir. Et Cassiopea se retrouva une nouvelle fois face à un dilemme : comment expliquer quelque chose qu'elles n'étaient même pas prêtes à entendre ?
Un silence s'installa. Cassiopea baissa les yeux, son regard fuyant la pression de celles qui l'observaient. Ses mains se crispèrent sur les couvertures, le besoin de contrôle se faisant de plus en plus insistant, mais aussi de plus en plus difficile à contenir.
—C'est dangereux,reprit Dorea, sa voix devenant plus grave, plus tu retiens trop de magie, ton corps pourrait ne pas le supporter. Tu risques littéralement d'exploser.
Les mots de Dorea résonnèrent dans la pièce avec une intensité presque menaçante, comme un avertissement qu'il était impossible d'ignorer. Cassiopea sentit une bouffée de chaleur monter en elle, suivie d'un frisson de terreur. Elle savait ce que cela signifiait. Elle avait déjà expérimenté les effets de cette magie non contrôlée. Ses paumes, ses doigts, parfois même son visage, devenaient noirs comme si la magie elle-même se retournait contre elle. Cela lui arrivait de plus en plus fréquemment, mais elle n'avait jamais osé en parler. Elles ne pouvaient pas comprendre. Pas encore.
Elle baissa les yeux, les doigts tremblants, et se perdit dans ses pensées un instant. Elle se souvenait de ces premiers signes de danger, des sensations étranges qui l'avaient envahie quand elle était encore toute petite. Ses paumes devenaient noires, comme si elles étaient brûlées par une chaleur invisible. Ses joues devenaient froides, presque bleutées, et il lui était difficile de respirer. Elle avait d'abord cru que c'était une maladie, une malédiction peut-être. Mais avec le temps, elle avait appris. Appris ce que c'était : la force dévastatrice qui coulait en elle, cette magie ancienne et incontrôlable qui n'avait de limites que celles qu'elle parvenait à imposer.
Pourtant, la jeune fille ne pouvait pas leur dire. Elle ne pouvait pas leur dire qu'elle était la Maîtresse de la Mort, une vérité trop lourde pour être partagée avec des gens qui n'avaient aucune idée de ce qu'elle portait en elle. Ils n'étaient pas prêts. Et elle, elle n'était pas prête à les laisser entrer dans ce monde obscur, un monde qui, plus que tout, la terrifiait.
Elle rouvrit les yeux et fixa Dorea et Euphemia avec une clarté qui trahissait sa douleur.
—Je sais ce que c'est,murmura-t-elle enfin, sa voix pleine de gravité. Mais je… je dois le faire. C'est la seule façon que j'ai trouvée pour survivre.
Les deux femmes restèrent silencieuses, ne comprenant pas pleinement, mais sentant néanmoins l'intensité de ce qu'elles avaient entendu.
Les manifestations incontrôlables de sa magie avaient disparu avec les années, s'estompant peu à peu grâce à la présence de ses prétendus amis. Leur soutien, leur chaleur, ou du moins ce qu'elle croyait être sincère à l'époque, avait apaisé la tempête en elle. Avec eux, elle avait appris à se contenir, à maîtriser ces débordements de magie qui menaçaient de la consumer de l'intérieur. Elle avait cru, naïvement peut-être, qu'ils l'avaient sauvée, qu'ils étaient son ancre, sa famille.
Mais depuis leur trahison, tout avait changé. Les crises étaient revenues de plein fouet, plus violentes, plus fréquentes, s'éternisant parfois des heures. La magie, autrefois endormie, s'éveillait désormais avec une fureur qu'elle ne parvenait plus à contrôler. Elle se déchaînait contre son propre corps, laissant ses paumes noircies, ses muscles tendus à l'extrême, son esprit envahi par une douleur dévastatrice. Chaque manifestation était un rappel cruel de ce qu'elle avait perdu et du gouffre qu'ils avaient creusé en elle.
Ces pensées tournaient dans sa tête alors qu'elle se trouvait là, dans cette chambre où la tension semblait croître avec chaque seconde. Dorea et Euphemia, silencieuses, l'observaient avec une inquiétude palpable, mais leurs regards ne pouvaient percer la muraille que Cassiopea érigeait autour d'elle-même.
Elle ferma les yeux, espérant un instant échapper à leurs regards scrutateurs. Mais le souvenir, vif et brutal, refit surface. Leurs visages. Leurs sourires. Leurs promesses. Et la douleur de la trahison qui lui transperçait le cœur comme une lame.
— Je leur ai fait confiance... murmura-t-elle, les mots s'échappant d'elle comme une confession involontaire. Et ils m'ont trahie. Ils m'ont volée. Ils voulaient que je meure.
Dorea et Euphemia échangèrent un regard. Ces paroles, empreintes d'une douleur si profonde qu'elles semblaient vibrer dans l'air, les frappèrent de plein fouet. Elles ne connaissaient pas tout de Cassiopea, mais elles savaient reconnaître une blessure qui allait bien au-delà des mots.
— De qui parles-tu ? demanda doucement Euphemia, brisant le silence avec une prudence presque maternelle.
Cassiopea détourna le regard, refusant de croiser leurs yeux pleins de questions. Ses doigts tremblants jouaient avec les couvertures, comme si elle espérait y trouver une réponse ou une échappatoire.
— Ça n'a pas d'importance, répondit-elle enfin, d'une voix brisée mais ferme.
Mais elle mentait. Bien sûr que cela avait de l'importance. Ces souvenirs la hantaient, la consumaient de l'intérieur. Les visages de ses anciens amis revenaient encore et encore, lui rappelant à quel point elle avait été stupide de leur faire confiance. Eux qui avaient prétendu l'aimer, qui avaient juré de la protéger… eux qui l'avaient trahie au moment où elle avait le plus besoin d'eux.
Elle inspira profondément, mais le souffle lui manqua. Les crises avaient repris peu après leur trahison, et elle savait que sa magie, si elle continuait de se déchaîner ainsi, finirait par la briser pour de bon. Elle baissa la tête, incapable d'affronter le regard de Dorea et d'Euphemia, qui attendaient, patientes mais insistantes.
Dorea, agenouillée près du lit, posa une main légère sur celle de Cassiopea. Ce contact, bien qu'éphémère, était sincère, empreint d'une chaleur qu'elle n'avait pas ressentie depuis si longtemps.
— Tu n'es pas obligée de tout dire maintenant, murmura-t-elle avec douceur. Mais sache que nous sommes là. Nous voulons t'aider, Cassiopea. Si tu nous laisses faire.
Ces mots percèrent un instant la carapace de Cassiopea. Elle leva les yeux, croisant ceux de Dorea. Une part d'elle voulait croire à cette promesse, croire que ces deux femmes pouvaient vraiment l'aider à porter ce fardeau. Mais une autre part, plus sombre et plus méfiante, la retenait.
— Je ne peux pas, lâcha-t-elle finalement, les larmes menaçant de couler. Je ne peux pas en parler. Pas encore.
Euphemia hocha doucement la tête, respectant son silence.
Dans le couloir, la porte restée entrouverte laissait filtrer les murmures des autres occupants de la maison. Ses paroles, bien qu'elles ne fussent pas destinées à être entendues, avaient franchi les murs et résonnaient désormais dans l'esprit de ceux qui se tenaient à l'extérieur.
Cassiopea, toujours plongée dans ses pensées, ignorait que ses mots avaient été entendus. Pour l'instant, elle se battait encore avec ses souvenirs, luttant contre cette magie incontrôlable qui reflétait toute la colère et la douleur qu'elle tentait de refouler.
Les Potter – Charlus, Fleamont, et James – et les Black – Regulus, Orion, et Sirius – échangèrent des regards lourds de sens dans la pénombre du grand salon. Chacun d'eux semblait peser les implications de ce qu'ils avaient vu et entendu. La présence de Cassiopea, bien qu'éloignée dans la chambre à l'étage, dominait leurs pensées comme une ombre omniprésente.
James, qui tournait nerveusement autour de la pièce, finit par briser le silence.
— Elle est complètement brisée, dit-il, sa voix teintée d'un mélange de colère et de tristesse. Et je ne parle pas que de sa magie. Tout en elle crie à l'aide, même si elle refuse de l'admettre.
Charlus, debout près de la cheminée, posa une main ferme sur l'épaule de son neveu pour le calmer.
— Ce n'est pas en nous emportant que nous arrangerons les choses, James, dit-il calmement. Mais tu as raison. Elle a besoin de nous.
— Besoin de nous ? intervint Orion Black, son ton empreint de scepticisme. Et si, au lieu de notre aide, elle devenait un danger ? Tu as vu ce qu'elle peut faire. Sa magie est instable, imprévisible. Si nous faisons une erreur, cela pourrait nous coûter cher, à tous.
Sirius, assis dans un fauteuil, releva brusquement la tête.
— Peut-être qu'elle est instable parce qu'elle a toujours été seule, répliqua-t-il, son regard flamboyant de colère. Personne n'a jamais été là pour elle. Si on la laisse tomber maintenant, on ne vaut pas mieux que ceux qui l'ont trahie.
Regulus, debout dans un coin de la pièce, resta silencieux un moment avant de parler d'une voix posée mais ferme.
— Sirius n'a pas tort, dit-il. Mais aider quelqu'un comme elle, ce n'est pas simple. Elle ne nous fait pas confiance, et pour être honnête, je ne suis pas sûr qu'elle ait tort.
Fleamont Potter, d'ordinaire silencieux, prit alors la parole.
— La confiance, ça se construit, dit-il doucement. Elle a traversé l'enfer, c'est évident. Mais nous sommes sa famille. Si nous ne lui tendons pas la main maintenant, personne ne le fera.
Un silence pesant suivit ses paroles, chacun réfléchissant aux implications de ce qu'il venait de dire. Charlus regarda tour à tour chaque visage dans la pièce avant de prendre une décision.
— Alors jurons-le, dit-il, sa voix grave résonnant dans la pièce. Jurons de la protéger, quoi qu'il arrive. De lui offrir une vie où elle pourra enfin être libre, où elle pourra guérir. Peu importe le temps que cela prendra, peu importe les obstacles. Nous sommes sa famille, et c'est notre devoir.
James, le visage déterminé, posa une main sur son cœur.
— Je suis avec toi, oncle Charlus. Peu importe ce qu'il faudra faire.
Sirius se leva brusquement, croisant le regard de Charlus.
— Moi aussi, dit-il avec ferveur. Elle mérite qu'on se batte pour elle.
Regulus acquiesça à son tour, bien que plus mesuré.
— Je suis d'accord, murmura-t-il. Mais ne sous-estimons pas ce qu'elle traverse. Cela ne sera pas facile.
Orion, toujours sceptique, finit par soupirer lourdement avant d'acquiescer.
— Très bien. Mais ne venez pas me reprocher d'être prudent. Je reste convaincu que cette situation est plus complexe qu'elle ne le paraît.
Fleamont, pour conclure, posa une main sur l'épaule de Charlus.
— Alors faisons-le. Pour elle, pour nous. Pour réparer ce qui a été brisé.
Ainsi, dans le silence solennel du salon, les Potter et les Black, malgré leurs doutes et leurs réserves, scellèrent un pacte implicite. Cassiopea, isolée dans sa chambre, ignorait encore tout de leur promesse. Mais dans leurs cœurs, une décision avait été prise : ils allaient lui offrir, enfin, la possibilité de se reconstruire et de vivre une vie digne de ce nom.
Le silence dans la chambre était lourd, rempli des émotions qui venaient de submerger Cassiopea. Dorea et Euphemia, toujours debout à ses côtés, semblaient attendre patiemment qu'elle trouve ses mots. Cassiopea, assise sur le bord du lit, fixait le sol, perdue dans ses pensées.
Dorea, prenant une inspiration discrète, finit par briser le silence.
— As-tu besoin de te reposer ou de manger quelque chose ? demanda-t-elle avec douceur, inclinant légèrement la tête pour capter le regard de la jeune femme.
Cassiopea releva la tête, surprise par la simplicité de la question, mais secoua immédiatement la tête.
— Non, répondit-elle d'un ton ferme. Je crois que vous méritez des réponses.
Ses mots flottaient dans l'air, emplis d'une résolution hésitante, mais sincère. Elle savait que le moment était venu de leur accorder un peu de cette vérité qu'elle avait tant gardée pour elle-même.
Dorea lui adressa un sourire rassurant, s'approchant légèrement pour réduire la distance entre elles.
— Si tu es sûre de toi, puis-je te demander quelque chose ? Sa voix était douce, presque hésitante. Peux-tu m'appeler simplement Dorea ? Et Euphemia aussi, bien sûr. Je pense que ce serait plus simple pour toi. Après tout, nous sommes tous des Black ou des Potter ici, et ce serait étrange de maintenir cette distance.
Cassiopea cligna des yeux, surprise par cette proposition. Elle n'était pas habituée à une telle familiarité, mais la chaleur dans les paroles de Dorea la toucha. Un faible sourire, rare et timide, se dessina sur son visage.
— D'accord, répondit-elle doucement. Mais à une condition : appelez-moi simplement Cassiopea. Ce serait plus naturel.
Dorea hocha la tête, un sourire sincère éclairant son visage.
— Cassiopea, alors.
Euphemia, jusqu'alors silencieuse, s'approcha à son tour.
— C'est entendu, dit-elle, un éclat de bienveillance dans ses yeux. Mais avant que tu ne dises quoi que ce soit, va te rafraîchir un peu. Cela te fera du bien. Nous t'attendrons dans le salon principal.
Cassiopea hésita, cherchant dans leurs regards une quelconque trace de jugement ou d'impatience, mais elle n'y trouva qu'une sincérité désarmante.
— D'accord, murmura-t-elle finalement en se levant.
Les deux femmes échangèrent un dernier regard avant de quitter la chambre, refermant doucement la porte derrière elles. Une fois dans le couloir, Dorea se tourna vers Euphemia, son expression pensive.
— Elle est incroyablement forte, dit-elle à voix basse, une admiration sincère dans ses mots.
— Mais aussi incroyablement seule, répondit Euphemia, une note de tristesse dans son ton. Si elle accepte enfin de s'ouvrir, ce sera un premier pas.
Elles descendirent lentement vers le salon principal, conscientes que cette discussion à venir marquerait un tournant.
Dans la salle de bain, Cassiopea observait son reflet dans le miroir. Ses traits tirés et l'ombre dans ses yeux lui rappelaient tout ce qu'elle portait en elle. Elle passa de l'eau fraîche sur son visage, inspira profondément, et redressa les épaules. Peut-être que, cette fois, elle pourrait commencer à lâcher prise. Peut-être que, cette fois, elle pourrait réellement compter sur quelqu'un.
Restée seule dans la chambre, Cassiopea prit un moment pour rassembler ses pensées. Elle savait que les minutes à venir seraient cruciales. Les secrets qu'elle portait en elle étaient lourds, et les partager serait une épreuve qu'elle redoutait presque autant qu'elle la désirait. Inspirant profondément, elle finit par murmurer :
— Kreattur.
Un petit pop résonna dans la pièce, et un vieil elfe de maison à la peau parcheminée apparut devant elle, les oreilles tombantes et les yeux grands ouverts, brillant d'une dévotion sans faille.
— La maîtresse a appelé ? Que puis-je faire pour elle ? demanda-t-il d'une voix rauque mais respectueuse.
Avant que Cassiopea ne puisse répondre, la porte s'entrouvrit légèrement, laissant apparaître Dorea qui, sur le point de quitter la pièce, adressa une dernière instruction à l'elfe.
— Apporte à notre invitée des vêtements propres, dit-elle d'un ton ferme mais bienveillant. Puis, s'adressant brièvement à Cassiopea : Prends le temps dont tu as besoin. Nous serons en bas.
Elle referma la porte en silence, laissant Cassiopea seule avec Kreattur.
L'elfe hocha vigoureusement la tête et disparut aussitôt dans un nouveau pop. Quelques instants plus tard, il réapparut, tenant dans ses bras une tenue soigneusement pliée.
— Kreattur a trouvé ceci dans le grenier, maîtresse, dit-il en tendant les vêtements avec révérence.
Cassiopea prit la tenue, légèrement surprise par son aspect. Les vêtements étaient anciens mais élégants, manifestement d'un autre temps. Bien que le tissu portât les marques du temps, il avait été nettoyé avec soin, et chaque couture semblait parler d'un passé empreint de dignité et de tradition.
Elle enfila la tenue avec précaution, laissant tomber sur ses épaules une robe de coupe simple mais raffinée. Le tissu sombre rehaussait la pâleur naturelle de sa peau, tandis que les détails subtils de la broderie ajoutaient une touche de grâce sans ostentation. Malgré l'austérité de l'ensemble, la robe soulignait sa beauté naturelle, celle d'une femme dont la prestance n'avait besoin d'aucun artifice.
Kreattur, observant sa maîtresse avec fierté, inclina légèrement la tête.
— La maîtresse est magnifique, déclara-t-il avec sincérité.
Cassiopea, touchée par le commentaire de l'elfe, esquissa un faible sourire.
— Merci, Kreattur, murmura-t-elle. Tu peux disposer pour l'instant.
Avec un dernier salut respectueux, l'elfe disparut une fois de plus.
Cassiopea se tourna vers le miroir. Elle s'observa un instant, notant comment la tenue semblait à la fois la contraindre et la libérer. Elle ressemblait à quelqu'un d'une époque révolue, une survivante des siècles, ce qu'elle était en un sens. Mais il y avait aussi quelque chose d'autre : une impression qu'elle n'était plus tout à fait seule.
Inspirant profondément, elle se redressa, prête à descendre. Les Potter et les Black attendaient, et elle savait que cette rencontre serait déterminante. Mais pour la première fois depuis longtemps, elle se sentait peut-être prête.
Cassiopea prit une grande inspiration avant de descendre lentement les escaliers. Chaque pas semblait l'éloigner un peu plus du passé qu'elle portait en elle et la rapprocher de l'inconnu. Le salon était juste en bas, une pièce baignée de lumière tamisée, où elle savait que des regards attentifs l'attendaient. Ce moment serait décisif, un point de non-retour où elle devrait enfin faire face à ses démons.
Elle s'arrêta un instant au pied des escaliers, cherchant du réconfort dans la chaleur du foyer. La pièce était grande et confortable, mais la présence des autres, bien que bienveillante, ne faisait qu'ajouter à la tension de l'instant.
Elle se redressa, fit quelques pas, et franchit le seuil du salon. Là, elle aperçut Dorea et Euphemia qui, avec un sourire discret, s'étaient déjà installées près de la cheminée. Mais ce n'étaient pas elles seules qui l'attendaient. Charlus, Fleamont, James, Regulus, Orion et Sirius étaient également là, rassemblés dans un silence respectueux, leurs regards fixés sur elle. Chaque visage semblait empreint de curiosité, de préoccupation, et peut-être aussi d'une touche de scepticisme.
Cassiopea prit une grande inspiration. Le moment était venu.
— Je suis prête. Posez vos questions, je vous promets d'être honnête. Sachez toutefois que ma venue ici a déjà changé les choses. Nous avons divergé de votre temps. Ce que je dirai n'aura plus aucune incidence sur mon futur. Alors, allez-y.
Ses mots étaient clairs, presque fermes, mais il y avait une pointe de vulnérabilité dans son regard. Elle ne savait pas encore si elle pouvait leur faire totalement confiance, mais la situation l'exigeait.
Charlus, après un long moment de silence, se redressa dans son fauteuil. Il échangea un regard avec les autres membres de la famille, cherchant leur approbation silencieuse. Il avait pris en charge cette réunion, et cela se ressentait dans la manière dont il se tenait, droit et déterminé.
— Si cela te convient, je poserai les questions, dit-il finalement, sa voix calme mais ferme. Il marqua une courte pause avant d'ajouter : Nous voulons comprendre. Tout, Cassiopea.
Elle hocha la tête, acceptant sa proposition.
— C'est à vous de décider où commencer, répondit-elle d'une voix légèrement plus douce, mais toujours assurée.
Fleamont échangea un regard rapide avec son fils James avant de prendre la parole à son tour.
— Nous savons que tu viens d'un autre temps, commença-t-il, son ton teinté d'un intérêt sincère. Mais d'où viens-tu exactement ? Et pourquoi as-tu décidé de venir ici, parmi nous ?
Cassiopea se redressa un peu, réfléchissant aux paroles qu'elle allait choisir. Chaque question, bien que simple, la forçait à se replonger dans un passé qu'elle n'avait pas encore entièrement accepté. Elle se savait en territoire inconnu, mais ces questions étaient légitimes. Ils avaient le droit de savoir.
— Je viens d'un futur… différent, expliqua-t-elle lentement. Un futur où tout ce que vous connaissez a été bouleversé. Où des erreurs ont été commises, des choix faits… qui ont changé le cours des choses. Elle baissa les yeux un instant, avant de relever la tête. Je suis ici parce que je crois qu'il y a encore une chance d'empêcher la destruction qui nous attend. J'ai choisi de revenir dans le passé pour comprendre… pour changer le cours des événements.
Le silence qui suivit ses mots était lourd de sens. Les membres de la famille Potter et Black s'échangèrent des regards, mais aucun d'eux ne posa immédiatement une autre question. Le poids de ses paroles semblait les avoir frappés de plein fouet.
Finalement, c'est Sirius qui brisa le silence, sa voix teintée d'une note d'inquiétude.
— Mais pourquoi maintenant ? Pourquoi ici ? Pourquoi chez nous ?
Cassiopea tourna son regard vers lui. Il était le seul à ne pas cacher son scepticisme derrière une façade trop polie. Il semblait comprendre qu'il y avait quelque chose de plus à découvrir, quelque chose de dangereux, et il ne voulait pas le laisser passer inaperçu.
Elle prit un moment avant de répondre, sentant les yeux des autres peser sur elle.
— Parce que vous êtes ma famille, répondit-elle enfin, les mots franchissant ses lèvres avec une sincérité qu'elle n'avait pas anticipée. Parce que je ne pouvais pas revenir seul, et parce que vous avez le pouvoir de m'aider à éviter ce qui pourrait arriver si je reste seule.
Regulus observa silencieusement, son regard intense ne quittant pas Cassiopea. Il n'avait pas encore posé de questions, mais son visage marquait une curiosité profonde, peut-être même un certain doute.
— Et qu'est-ce que nous devrions faire ? demanda-t-il doucement, son ton neutre mais plein de sous-entendus.
Cassiopea se tourna vers lui, le fixant droit dans les yeux.
— Vous avez une position de pouvoir, dit-elle sans détour. Vous pouvez choisir de m'aider à changer les choses. Vous avez la possibilité de contrecarrer ce qui arrivera, mais il nous faudra agir rapidement.
Charlus, toujours en retrait mais écoutant attentivement, hocha la tête.
— Nous agirons, répondit-il, sa voix ferme. Nous devons en savoir plus avant de prendre une quelconque décision. Mais ce que tu nous dis… il y a quelque chose de vrai, je le sens.
Cassiopea observa chacun des membres présents dans la pièce. Bien que méfiants, ils étaient tous prêts à l'écouter, à comprendre. Ils étaient prêts à lui offrir une chance, et peut-être même à s'engager dans ce chemin incertain. La réunion qu'elle avait tant redoutée se transformait lentement en une discussion plus importante, un pas vers un avenir qu'elle ne pouvait encore pleinement concevoir.
Le silence pesant qui suivit la déclaration de Cassiopea fut interrompu par la voix de Charlus, une question évidente sur ses lèvres.
— Qui sont tes parents ? demanda-t-il, sa voix empreinte d'une curiosité silencieuse.
Cassiopea leva les yeux, et d'un ton calme, elle répondit :
— Mes parents sont James Potter et Lily Evans.
La réaction de James fut immédiate, une explosion de joie contagieuse.
— J'ai réussi à attirer l'attention de Lily ! T'as vu ça, Patmol ?! s'exclama-t-il, son ton triomphant.
Sirius, toujours aussi moqueur, répondit avec un sourire en coin.
— Je n'en reviens pas. Pour qu'elle te remarque, tu as dû la maudire.
James, indigné, se leva presque de son fauteuil, les bras grands ouverts comme s'il allait faire une déclaration épique.
— Hé, je te défends de dire ça ! Vu ma beauté, il était évident qu'elle finirait par céder à mon charme.
Les éclats de rire fusèrent, mais il ne fallut pas longtemps avant qu'Euphemia, d'un ton sec, mette fin à leur plaisanterie.
— Les enfants ! Ça suffit.
Les deux garçons s'écrasèrent sur leurs fauteuils, un air contrit sur le visage.
— Désolé, Tante Euphemia, s'excusèrent-ils en chœur, l'humour soudainement effacé par la réalité de la situation.
Charlus, toujours aussi sérieux, reprit la conversation, l'atmosphère redevenant plus solennelle.
— Que leur est-il arrivé ?
Cette question fit vaciller Cassiopea. Elle baissa les yeux, se perdant dans ses pensées avant de répondre d'une voix empreinte de douleur.
— Mes parents sont morts quand j'avais un an. Ils avaient seulement 20 ans.
Un silence choqué s'abattit sur la pièce, comme si le temps s'était suspendu. James, qui avait repris son souffle après les éclats de rire, se figea. Regulus, Orion, et même Sirius ne purent cacher leur stupeur.
Sirius, le visage pâle, secoua la tête, comme s'il refusait de croire ce qu'il venait d'entendre. Les parents de James, bouleversés, se tournèrent vers Cassiopea, une inquiétude palpable dans leurs yeux.
— Comment cela est-il possible ? demanda Fleamont, sa voix brisée par l'incompréhension.
Cassiopea leva les yeux, sentant une lourde chaleur dans sa poitrine. Elle avait si longtemps gardé cette vérité pour elle-même, qu'aucun mot ne semblait suffisant pour expliquer l'inexplicable.
— Une prophétie a été faite à mon sujet, dit-elle doucement. Elle disait que je serais celle qui pourrait vaincre le Seigneur des Ténèbres actuel. Je suis désolée… mais c'est à cause de moi qu'ils sont morts.
Un silence lourd, presque suffocant, s'installa. Les yeux de Dorea et Euphemia s'écarquillèrent, et sans un mot de plus, elles se levèrent précipitamment pour aller prendre Cassiopea dans leurs bras. La jeune femme, visiblement émue, se laissa faire, mais une grande tristesse se lisait sur son visage.
— Non, souffla Dorea, ses bras se serrant autour d'elle. Tu n'es en rien responsable de ce qui est arrivé. Personne ne devrait te faire croire le contraire.
Cassiopea secoua la tête, les larmes aux yeux.
— C'est pourtant la vérité. Si j'étais morte, ils seraient encore en vie.
Ses paroles étaient presque inaudibles, comme un aveu qu'elle avait gardé enfoui trop longtemps.
— J'aurais préféré mourir à leur place. Cela m'aurait évité bien des souffrances.
Les larmes commencèrent à couler silencieusement sur ses joues, mais elle n'essaya pas de les effacer. Elle n'avait plus la force de le faire.
James, qui avait observé la scène en silence, s'avança alors, son regard plein de détermination. Il se tint droit devant elle, une intensité particulière dans ses yeux.
— Il n'y a rien qui me rendrait plus fier que de mourir pour ma famille. Sa voix était ferme, dénuée de toute hésitation. Et si tu es ma fille — ou que tu le deviennes un jour — sache que mourir pour toi serait une mort digne et honorable, digne d'un Potter.
Les mots de James, lourds de sens et empreints de tout l'amour qu'il avait pour sa famille, eurent un impact immédiat sur Cassiopea. Elle leva les yeux vers lui, et pour la première fois depuis longtemps, une lueur d'espoir, presque imperceptible, s'alluma dans ses yeux. Elle n'était pas seule.
Les autres membres de la famille restèrent silencieux, respectant le moment de partage. Le regard de Sirius, d'ordinaire moqueur et distant, était maintenant plus sérieux. Il semblait comprendre, bien qu'il ne dise rien.
Euphemia et Dorea, toujours à ses côtés, se serrèrent un peu plus contre elle, lui offrant ce réconfort dont elle avait tant besoin, comme pour lui signifier qu'elle n'était plus seule à porter ce poids. Le passé, aussi lourd fût-il, ne pourrait plus l'accabler.
La prophétie, la perte, la douleur — tout cela faisait désormais partie d'un passé qu'elle devait accepter, non comme une condamnation, mais comme un chemin qu'elle pourrait réécrire. Le fardeau des Potter et des Black était lourd, mais ensemble, ils pourraient peut-être tout surmonter.
Charlus posa une nouvelle question, l'atmosphère déjà lourde de révélations :
— Quelle est ta relation avec les Black ? demanda-t-il, une pointe de curiosité dans la voix.
Avant que Cassiopea ne puisse répondre, James intervint d'un ton enthousiaste, comme s'il était pressé de défendre l'honneur de son ami.
— Sirius est mon frère dans tout sauf le sang. Il aurait été son parrain.
Les mots de James firent sourire Sirius, qui hocha la tête, manifestement satisfait de la façon dont son lien avec Cassiopea était décrit.
— C'est exact, confirma Cassiopea, un léger sourire aux lèvres. Il est, ou était, mon parrain.
Le visage de Sirius se ferma un instant, une légère confusion traversant ses traits. Il fronça les sourcils et regarda Cassiopea, son regard perçant cherchant des réponses.
— « Était » ? Je suis mort ? demanda-t-il, d'un ton légèrement troublé. Tu avais quel âge ?
— 15 ans, répondit-elle doucement, sans pouvoir cacher la tristesse qui envahissait son cœur.
Un sourire nostalgique éclaira brièvement le visage de Sirius. Ses yeux s'illuminèrent à l'évocation de son propre passé, un temps révolu, mais cher à son cœur.
— Alors, tu as grandi avec moi. Un éclat de malice traversa ses yeux, et il se tourna vers James, un air de défi dans la voix. Dis-moi, Prongsy, j'ai dû lui transmettre l'héritage des Maraudeurs. Quels tours avons-nous joués dans son enfance ?
Cassiopea ne sut que répondre. L'idée de revoir Sirius, jeune et insouciant, la toucha profondément. Elle était heureuse qu'il soit là, sans les cicatrices d'Azkaban, mais une vague de tristesse l'envahit à l'idée qu'il ait péri, victime de la trahison de ceux qu'il aimait. À cause de cela, le vide qu'elle ressentait était plus profond que jamais.
Sirius, apparemment inconscient de la douleur qui traversait Cassiopea, remarqua son expression sombre et son silence prolongé.
— Quelque chose m'est arrivé, n'est-ce pas ? demanda-t-il, une pointe de préoccupation dans la voix. Qu'est-ce qui s'est passé ?
Cassiopea détourna les yeux, hésitant. Elle n'était pas sûre de pouvoir lui dire la vérité sans briser encore un peu plus l'espoir qui naissait dans ses yeux. Mais elle savait qu'elle devait lui avouer. Il méritait de savoir ce qu'il avait enduré.
— Dis-moi la vérité, je peux encaisser, insista Sirius, la détermination perçant dans sa voix.
La tension dans la pièce monta d'un cran. Tous étaient suspendus à ses mots, et aucun d'eux n'osait intervenir. Le poids de l'inconnu était palpable.
Après un silence lourd de non-dits, Cassiopea baissa la tête et finit par avouer, les mots lui brûlant les lèvres :
— Oui, commença-t-elle, sa voix faible. Après la mort de mes parents, tu as été envoyé à Azkaban.
Les mots tombèrent dans la pièce comme un coup de tonnerre. Le silence qui suivit sembla durer une éternité. Tous les regards se tournèrent vers Sirius, qui resta immobile, choqué, incapable de comprendre ce qu'il venait d'entendre.
— Quoi ? Pourquoi ? demanda Sirius, sa voix brisée, un tremblement d'incompréhension dans les yeux. Qu'ai-je fait ?
Cassiopea baissa les yeux, se sentant coupable de lui infliger une telle souffrance. Pourtant, elle savait que la vérité devait être dite, aussi dévastatrice fût-elle.
— Ils ont dit que c'était toi qui avais trahi les Potter et les avais livrés à Voldemort.
À ces mots, la pièce explosa de colère. James se leva d'un bond, le visage déformé par la fureur et l'incrédulité.
— Impossible ! hurla-t-il, la voix étranglée par la rage. Sirius ne me trahirait jamais !
Orion, qui jusque-là était resté silencieux, intervint à son tour, sa voix emportée par une colère glaciale.
— Comment l'héritier des Black a-t-il pu être envoyé à Azkaban ? Il fixait Sirius avec des yeux pleins d'incompréhension et de mépris.
Charlus tenta de calmer la situation, mais sa voix, bien que posée, portait une certaine inquiétude.
— Cela a dû être rectifié au procès. Combien de temps y es-tu resté ? Deux ou trois mois, tout au plus ?
Mais Cassiopea, les poings serrés, secoua la tête avec une tristesse profonde.
— Non… Elle prit une grande inspiration avant de lâcher les mots qui auraient dû être dits depuis longtemps. Il y est resté 12 ans. Sans procès.
Le choc qui traversa les visages présents fut immédiat. Les yeux s'écarquillèrent, les bouches restèrent closes, et même la magie qui se dégageait d'eux semblait perturbée par la gravité de la révélation. Les verres et les bibelots autour d'eux se brisèrent dans une explosion de magie incontrôlée, tandis que Cassiopea, d'un simple geste de la main, répara tout d'un coup. La pièce redevint impeccable, plus belle qu'auparavant. Pourtant, la beauté de l'endroit ne pouvait cacher la douleur et le choc qui planaient désormais sur tous.
Sirius, lui, n'osait plus bouger. Il avait l'air d'un homme figé, un fantôme des horreurs passées, cherchant encore à comprendre ce qui s'était réellement passé durant ces longues années d'enfer.
Le silence pesait lourdement dans la pièce, mais la voix d'Orion perça cette atmosphère tendue. Il s'adressa à Cassiopea d'un ton grave, la méfiance et l'incompréhension marquant ses traits.
— Pourquoi l'héritier de la famille Black s'est-il retrouvé dans une telle position ? demanda-t-il, les yeux fixés sur elle, cherchant des réponses à une question fondamentale.
Cassiopea, bien que troublée par l'intensité de la question, répondit d'une voix calme et maîtrisée, cherchant à apaiser la tempête qui se préparait dans la pièce.
— Parce qu'il était primordial que je sois une arme, faible et malléable. Ses yeux se portèrent sur Sirius un instant, comme pour souligner le rôle que celui-ci aurait dû jouer. Sirius, bien qu'il rechigne à l'accepter, est un Black. Il m'aurait appris les rouages de la société magique, ce qu'il aurait tenté de faire après sa sortie d'Azkaban. Mais… la folie l'avait atteint par moments. Le reste du temps, il a fait de son mieux.
Les paroles de Cassiopea résonnèrent dans la pièce, laissant un goût amer dans la bouche de ceux qui les entendaient. Fleamont, visiblement perplexe, prit la parole, ne comprenant pas le mécanisme en jeu.
— Pourquoi fallait-il que tu sois faible et malléable ? interrogea-t-il, essayant de saisir le but derrière cette manipulation.
Cassiopea, toujours aussi froide et calculatrice dans ses réponses, regarda Fleamont dans les yeux avant de répondre, sans détour.
— C'est simple, dit-elle d'un ton presque détaché. J'étais une arme. On ne voulait pas que je survive une fois que je ne serais plus utile.
Ces mots, comme un couperet, tombèrent dans un silence oppressant. Chaque individu présent semblait accablé par la gravité de la situation. La tension était palpable, presque électrique. Euphemia, inquiète mais résolue à en savoir plus, brisa enfin le silence.
— Qui t'a fait ça ? demanda-t-elle, la voix presque brisée par l'horreur de ce qu'elle entendait.
Cassiopea, sans une once d'hésitation, répondit d'une manière qui fit frémir tout l'assemblée.
— Dumbledore, qui d'autre ?
Les jeunes générations, abasourdies, échangèrent des regards incrédules. Sirius, dont l'expression passait de la surprise à l'incompréhension totale, éclata :
— Impossible ! s'exclama-t-il, secouant la tête. Pas Albus… Ce n'est pas possible.
Tous, sauf Regulus. Celui-ci fronça les sourcils, son regard se durcissant alors qu'il murmurait presque pour lui-même.
— Si quelqu'un peut être le plus Serpentard des Serpentard, c'est bien Dumbledore.
Cassiopea, n'écoutant que sa propre volonté, redressa la tête, le regard déterminé. Elle savait qu'à cet instant précis, elle devait affirmer son autorité, sa vérité, peu importe les conséquences.
— Moi, Cassiopea Dorea Potter Black Peverell, je vous dis la vérité depuis le début et je continuerai à le faire. Qu'il en soit ainsi.
Elle tendit alors sa main, découvrant les cicatrices qui marquaient sa peau. Ces marques profondes semblaient n'être qu'une simple partie de son histoire, mais elles étaient le témoignage d'un passé empli de souffrance. La forme étrange qu'elles prenaient était encore plus frappante, des lignes de sang s'entrelacant sur sa peau, formant des mots qu'aucun des présents n'avait jamais vus auparavant.
— Je ne dois pas mentir, murmura-t-elle en laissant ses doigts frôler les marques comme une litanie silencieuse.
Le choc provoqué par cette révélation était immédiat et puissant. Tous les adultes présents échangèrent des regards horrifiés. La manière dont Cassiopea avait affiché ces cicatrices, ces empreintes de son passé, les pétrifiait. Euphemia, le visage blême, murmura d'une voix tremblante :
— Qui t'a fait ça ? Les plumes de sang sont interdites, utilisées uniquement pour des contrats contraignants. Ce genre d'usage est… de la torture.
La froideur de la question et la gravité de la réponse fit frissonner la pièce entière. Cassiopea haussait les épaules avec une indifférence glaciale, comme si elle avait appris à vivre avec cette douleur, à la porter comme une seconde peau.
— Ne vous inquiétez pas, c'est du passé, dit-elle d'un ton qui semblait chercher à minimiser l'horreur qu'elle venait de partager. Un professeur de Défense contre les Forces du Mal un peu trop zélé, tout simplement.
Les visages autour d'elle se figèrent. Le choc était indescriptible. Chacun pouvait comprendre que cette réponse anodine cachait un conditionnement beaucoup plus cruel, une forme de manipulation bien plus perverse qu'ils ne l'auraient imaginé. Ils comprenaient, en cet instant, que cette « torture » n'était pas qu'une simple maltraitance. C'était un travail en profondeur sur la volonté, une transformation, une façon d'effacer une personnalité et d'en créer une nouvelle, entièrement contrôlée.
Les regards se croisèrent, emplis de détermination. Il était devenu évident que Cassiopea n'était pas encore libre de son passé, qu'elle avait été façonnée par des forces qui échappaient à son contrôle. Ce que Dumbledore avait fait à cette jeune fille, et les conséquences qui en découlaient, étaient loin d'être digérées.
Euphemia prit une profonde inspiration et, d'un ton plus ferme, dit :
— Nous allons t'aider.
Ses mots étaient pleins de gravité. Tous, autour de Cassiopea, semblaient résolus à l'aider à se reconstruire, à la libérer des chaînes invisibles qui la retenaient encore. Ce moment marqua un tournant décisif pour Cassiopea. Ce n'était plus juste un groupe de personnes dans une pièce, c'était une famille qui s'unissait pour réparer ce qui avait été brisé.
Charlus, après un long moment de réflexion, ramena l'attention sur un sujet qu'il ne pouvait plus ignorer. Il sentait qu'il était temps de se confronter aux vérités douloureuses de l'avenir, malgré l'inquiétude palpable qui flottait dans l'air. Il prit une profonde inspiration avant de poser la question :
— D'après ta réaction, nous sommes tous morts dans ton futur. Peux-tu nous en dire plus ?
Cassiopea leva les yeux vers lui, une lueur de tristesse dans le regard. Elle savait qu'il était difficile de se projeter dans ces révélations, mais elle devait partager ce qu'elle savait, malgré la douleur que cela lui causait. Après un instant de silence, elle répondit, d'une voix teintée de regrets.
— Vous et Euphemia… je ne sais pas. Elle secoua doucement la tête, visiblement désolée de ne pas avoir de réponse plus claire. Je… Je n'ai pas eu le temps de savoir exactement comment cela s'était passé.
Charlus acquiesça lentement, son visage marqué par une gravité tranquille.
— Aucun mal n'est fait, dit-il, cherchant à apaiser l'atmosphère, bien que ses propres inquiétudes ne disparaissent pas. Et pour les autres ?
Cassiopea prit un instant avant de répondre, la mémoire douloureuse des événements à venir la frappant de plein fouet.
— Euphemia et Fleamont sont morts de maladie pendant la septième année de James, mais… les circonstances étaient inhabituelles. Elle marqua une pause, comme si chaque mot était un poids de plus sur ses épaules. Je pense qu'il y a quelque chose à creuser.
Les mots de Cassiopea tombèrent comme un coup de tonnerre. Fleamont et Euphemia échangèrent un regard inquiet, leurs visages s'assombrissant à la pensée de ce qui les attendait dans l'avenir. Euphemia, les yeux remplis de questions, se tourna vers Dorea, mais aucune réponse ne sembla la réconforter.
Orion, qui jusque-là était resté silencieux, prit la parole d'une voix dure, cherchant à comprendre où il se situait dans tout cela.
— Et moi ? demanda-t-il, une inquiétude croissante dans la voix.
Cassiopea hésita un instant. Les mots qu'elle allait prononcer étaient lourds de sens et pourraient bien changer la donne pour tout le monde. Mais elle savait que l'heure des vérités était arrivée. Elle leva les yeux et fixa Orion avec une intensité qui fit frissonner la pièce.
— Vous avez été empoisonné… par Walburga. Elle s'arrêta un instant, puis ajouta, plus bas : Je pense même que c'est déjà en cours. Un silence lourd s'abattit sur la pièce alors que tout le monde digérait cette nouvelle. Cassiopea poursuivit, la voix tremblante de la gravité de ses mots : Je vous conseille de vous rendre à Gringotts pour effectuer un rituel de purification et de guérison. J'ai moi-même subi un tel rituel et découvert des choses surprenantes.
Orion resta figé, l'air pâle comme un spectre, les yeux écarquillés de stupéfaction et de trahison. La mention de Walburga, sa propre femme, l'empêcha de répondre immédiatement. L'idée qu'elle puisse lui vouloir du mal le glaçait jusqu'au fond de l'âme. La stupeur dans le regard de Sirius et Regulus était palpable. Ils ne pouvaient tout simplement pas croire ce qu'ils entendaient.
Sirius, la bouche sèche et les yeux remplis de confusion, chercha ses mots, mais ils restaient bloqués dans sa gorge.
Regulus, bien plus calme que son frère, scrutait Cassiopea avec attention, une lueur d'incompréhension dans les yeux. Il n'était pas en état de réagir impulsivement. Il savait qu'il y avait plus derrière cette révélation que ce que sa mère avait pu faire à son père. Il attendait une explication plus profonde.
Orion, qui semblait à peine capable de contenir sa rage et sa douleur, murmura après un silence accablant :
— Merci, dit-il, la voix étouffée, trahissant sa difficulté à accepter cette vérité. Nous ferons cela.
C'était un aveu amer. Ce n'était pas facile pour lui d'accepter qu'une telle chose puisse être vraie, mais il savait que Cassiopea, bien qu'elle soit encore jeune et pleine de souffrance, ne mentait pas. Elle avait vu plus que tout autre dans cet univers cruel et tordu.
Charlus, qui avait observé la scène avec calme et une retenue imposée par la situation, s'adressa à son tour, déterminé à ne pas laisser la situation dégénérer.
— La famille Potter le fera également. Il se tourna vers les autres, cherchant à les rassurer. On ne sait jamais ce qui pourrait en résulter. Si Walburga a vraiment entrepris un tel geste, il est impératif de s'assurer que rien n'échappe à notre contrôle.
Le silence s'éternisa après ces derniers mots. Chaque individu dans la pièce savait que la menace pesant sur Orion n'était pas anodine. Si l'empoisonnement était en cours, il faudrait agir vite, et avec une précision implacable. L'avenir de la famille Black, et peut-être même de tout le monde, était désormais entre leurs mains.
Fleamont, toujours perturbé par les révélations sur lui et son épouse, posa une main réconfortante sur l'épaule d'Euphemia. Le poids de la situation les accablait tous, mais ils savaient que l'unité de la famille et la vigilance étaient désormais leur seule chance de survie. La guerre à venir, bien plus vaste et bien plus personnelle que tout ce qu'ils avaient imaginé, allait demander des sacrifices. Mais la promesse d'un avenir à reconstruire ensemble les soudait dans leur lutte.
Cassiopea se tourna lentement vers Regulus, ses yeux trahissant une hésitation profonde. La pièce semblait se figer autour d'elle, l'atmosphère lourde d'une tension palpable. Elle savait que ce moment serait l'un des plus difficiles à affronter pour lui, mais aussi pour elle-même. Après un silence qui sembla durer une éternité, elle prit une inspiration, son regard se posant sur Regulus avec une sincérité qui le fit légèrement vaciller.
— Regulus… je suis désolée. Elle marqua une pause, cherchant les mots justes, avant d'ajouter : Veux-tu savoir ?
Regulus, qui semblait hésiter aussi, finit par hocher la tête, bien que la nervosité soit évidente sur son visage. Ses traits étaient tendus, une lueur de crainte traversant son regard, mais il avait l'air résolu. Il savait qu'il n'y avait pas d'échappatoire, que la vérité devait éclater, aussi difficile soit-elle.
— Oui. Sa voix était calme, mais il y avait une note de fragilité dans ses mots.
Cassiopea se sentit soudainement envahie par une vague de compassion pour ce jeune homme qui, comme elle, avait été englouti par les événements d'un monde impitoyable. Elle baissa les yeux un instant avant de répondre doucement, d'une voix qui trahissait la peine et la lourdeur de la révélation.
— Tu es mort en trahissant Voldemort. Elle attendit un instant, scrutant les yeux de Regulus, avant de poursuivre : Tu lui as pris quelque chose de précieux, et pour cela, je te remercie.
Le silence qui suivit ces mots fut lourd, presque oppressant. Regulus resta figé, les yeux écarquillés de surprise et de douleur. Il semblait incapable de réagir immédiatement, son esprit essayant de digérer ce qu'il venait d'entendre. Son corps tout entier vibrait de confusion et d'incompréhension. Pourquoi cela devait-il se passer ainsi ? Pourquoi lui ? Il avait toujours eu l'impression d'être le simple soldat dans une guerre qu'il ne comprenait pas totalement, sacrifié à des forces qu'il ne maîtrisait pas.
Sirius, qui jusque-là était resté silencieux, fut le premier à réagir, mais pas comme les autres l'avaient anticipé. Un tourbillon d'émotions l'envahit à l'instant même où Cassiopea prononça ces mots. Il sentit sa poitrine se serrer, son cœur battant à tout rompre.
La fierté qu'il ressentait pour son frère ne pouvait être ignorée. Regulus, ce jeune homme qui avait si longtemps suivi aveuglément les principes de la famille Black, avait trouvé la force de se rebeller contre les ténèbres. Un acte de courage, une décision qui, même si elle avait coûté sa vie, l'avait propulsé vers un chemin honorable.
Mais en même temps, une profonde honte s'empara de Sirius. Il se rendait compte qu'il n'avait jamais vu cette lumière en son frère, qu'il n'avait jamais cru en sa capacité à choisir une autre voie. Pendant des années, il avait jugé Regulus trop sévèrement, le voyant comme un simple instrument du Mal. Jamais il n'avait imaginé qu'il pourrait se sacrifier pour ce qui était juste, pour ce qui était vrai. Et maintenant, cette vérité lui éclatait au visage, douloureuse et amère.
Enfin, il y avait cet espoir fragile mais persistant, un espoir qu'un jour, dans un autre monde, dans une autre réalité, les deux frères pourraient réparer les liens brisés entre eux. Un espoir qui semblait presque irréel, mais qui était là, dans son cœur, comme une lueur vacillante dans l'obscurité. Il n'avait jamais voulu cette division entre eux. Il aurait donné n'importe quoi pour pouvoir revenir en arrière et tendre la main à Regulus avant qu'il ne soit trop tard.
Le regard de Sirius se fit plus doux, presque distant, comme si la présence de son frère, ou plutôt la mémoire de lui, venait de se glisser dans la pièce. Il observa Regulus, se forçant à comprendre ce qui avait mené à ce sacrifice. Et même s'il ne pouvait pas réparer tout ce qui avait été brisé, il savait au fond de lui qu'il fallait faire la paix avec ce passé.
Regulus, quant à lui, semblait pétrifié. Il ouvrit la bouche, mais aucun son n'en sortit. Ses pensées se bousculaient, et il ne savait pas si la douleur qu'il ressentait venait de la révélation de sa propre fin ou de l'idée qu'il avait été capable de trahir Voldemort, son maître, celui qu'il avait servi sans question pendant si longtemps. Mais en fin de compte, il savait qu'il avait fait ce qu'il fallait. Il avait pris cette décision pour arrêter la machine de guerre, pour mettre un terme à la destruction que Voldemort avait provoquée. Si cela avait coûté sa vie, alors il l'avait acceptée, du moins dans son esprit à ce moment-là.
Le silence qui suivit fut presque apaisant, comme si chacun dans la pièce était suspendu à un fragile équilibre, chacun réfléchissant à ce qui venait de se dire. Les mots prononcés par Cassiopea étaient lourds de sens, mais aussi pleins de respect pour un homme qu'ils avaient, d'une manière ou d'une autre, sous-estimé.
Sirius, brisé mais fier, se tourna vers Regulus, un léger sourire en coin, un sourire désolé, mais sincère. Il s'approcha de son frère, une larme perlant à l'angle de son œil.
— Tu as été plus fort que ce que j'ai cru, Regulus. Sa voix était émue, presque inaudible. Merci, frère.
Regulus le fixa pendant un moment, les yeux remplis de mille émotions contradictoires. Puis, lentement, un léger sourire se dessina sur son visage, timide mais réel.
— C'est… ce que j'aurais toujours voulu entendre, Sirius.
Après la vague de révélations qui avait secoué la pièce, un lourd silence s'abattit, comme si le monde extérieur n'avait plus d'importance. Chacun des présents semblait absorber les informations partagées, chacune d'elles modifiant irrémédiablement leur perception du monde et de l'avenir.
Dorea, d'une voix douce mais ferme, brisa ce silence.
— Il serait peut-être temps pour chacun de se reposer. Elle jeta un regard attentif à Cassiopea, puis aux autres. Nous avons tous besoin de prendre un moment pour digérer tout cela.
Orion se leva alors, son expression empreinte de gravité.
— Des chambres ont été préparées. Vous pouvez rester ici cette nuit. Il s'adressa à tous, l'autorité dans la voix, comme un avertissement silencieux de la nécessité de la prudence.
Les membres des deux familles échangèrent des regards, approuvant sans un mot la décision. Le poids de la situation était trop grand, et la sécurité de chacun était désormais la priorité.
Charlus, toujours pensif, se leva à son tour. Son regard se porta sur les visages de ses proches, avant de se poser sur Cassiopea. Il savait que leur monde venait de changer à jamais.
— Il serait dangereux de sortir avec autant de connaissances sur le futur. Son ton était grave, sérieux, comme si chaque mot était calculé. Nous ne savons pas qui est un ami ou un ennemi. Et maintenant que certaines vérités ont été révélées, il serait imprudent de se disperser.
Le regard de Regulus se fit plus aiguisé. Il comprenait bien ce que cela signifiait. Ils allaient devoir travailler ensemble, pour le meilleur ou pour le pire. Dans ce monde où chaque geste, chaque parole, pouvait être une arme, l'unité était leur seul véritable atout.
Euphemia, d'une voix calme mais affirmée, ajouta :
— Nous devons être prudents. Nous ne savons pas quelles conséquences peuvent découler de tout ce qui a été dit. Ce futur, ces vérités… tout cela peut changer la donne. Elle s'adressa ensuite à Cassiopea. Tu as vu ce qui pourrait arriver. C'est à nous de déterminer ce que nous faisons maintenant.
Cassiopea acquiesça lentement, reconnaissant l'importance de ce moment. Ils étaient tous liés désormais par un même objectif : protéger ce qu'il restait de leur famille, de leur monde, et surtout, de leur avenir.
Ils décidèrent, d'un commun accord, de rester au 12, Square Grimmaurd jusqu'à ce qu'un plan soit établi. La nuit serait propice à la réflexion, au recueillement, et à la stratégie. Mais, plus que tout, elle offrirait un peu de répit après le chaos de la journée. L'ombre du danger planait encore, mais pour l'instant, ils avaient trouvé un sanctuaire, un lieu temporaire de paix avant que la tempête ne se déchaîne.
Fin du 4ème chapitre.
J'espère qu'il vous a plu :D
Svp des reviews juste en bas ;D
