« Le fil rouge du destin »

Avertissement : L'histoire de Candy Candy et de tous ses personnages appartiennent à Kyoko Mizuki, les images à Yumiko Igarashi et le dessin animé à TOEI Animation.

L'histoire écrite ci-après est une fiction à but non lucratif.

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Chapitre 1 : Que se passe-t-il ?

Chicago, 28 juin 1918

Il s'était écoulé quelques semaines depuis l'annulation des fiançailles entre Candy et Neal Leagan et surtout depuis la « grande révélation » : Albert était le fameux et énigmatique Grand Oncle William ou encore William Albert Ardlay ! Candy n'en revenait toujours pas.

Flash Back (1)

« C'est tout ce que tu voulais me dire Candy ? »

Mon Dieu ! Cette voix… cette douce voix tant aimée, tant regrettée, tant souhaitée ! Ce n'est pas possible ! C'est toi Albert ? Est-ce bien toi ? Les larmes menaçaient de jaillir dans l'incrédulité. Je dois me tromper, j'ai tellement envie de te revoir que je t'entends même ici ! Lentement je vois une silhouette se lever du fauteuil luxueux puis se tourner me faisant face baignée dans la lumière du Soleil tel un Dieu grec sortant de l'Olympe ! Albert, je suis tellement heureuse de te revoir, mon cœur bat la chamade, je commence à sentir des vertiges, … tous ces mois d'absence sans savoir où tu étais ni même si tu allais bien ? Je sens les larmes inonder mon visage, il est là devant moi, enfin !... Je me sens trembler comme une feuille. Un flot de sentiments déferle sur moi tel un tsunami, m'emporte sans résistance de ma part. J'ai envie de me précipiter dans tes bras mais je suis figée sur place, impossible de faire un mouvement, je ne comprends pas, que se passe-t-il ? Je sens que je vais me liquéfier… mais… Alors… l'Oncle William est…c'est Albert ! Mon esprit est comme disloqué, j'ai l'impression d'être transportée dans un autre monde, je dois rêver toute éveillée ! Albert ne peut pas être l'Oncle William ! …

« Tu… Vous êtes… »

« Je suis désolé de t'en avoir rien dit jusqu'à présent… »

Albert… Oncle William… tu… vous êtes éblouissant dans toute cette lumière… il est tellement beau et élégant dans cette tenue, je ne l'avais jamais vu habillé si chichement ! Je n'avais pas réalisé à quel point il était beau, je suis comme aveuglée par le Soleil, comme frappée par la foudre en cet instant ! … Mais quelle confusion… Albert ne peut pas être mon père adoptif !... J'ai toujours rêvé de le rencontrer pour le remercier de tout ce qu'il a fait pour moi… mais… je ne comprends pas !

« Je… Je …ne m'en suis jamais aperçu ! Alors qu'en fait tu… vous …avez toujours été près de moi ! »

« Arrête de t'adresser à moi de cette façon Candy, tu me tutoyais si je me souviens bien ! »

Tutoyer ? L'oncle William… ou… Albert ? J'ai l'impression de devenir schizophrène !

« Je ne savais pas pour Neal mais tu ne dois plus t'inquiéter pour ça je vais m'en occuper.»

Neal ? Pourquoi il me parle de Neal ?... Ah oui … les fiançailles ! Je n'y pensais même plus ! Je me sens tellement bouleversée par toi Albert…Oncle William ! C'est comme si tu étais devenu une autre personne ! … Je ne me sens pas bien… mon cœur menace de sortir de ma poitrine… tout se met à tourner et j'ai des paillettes puis un voile noir devant les yeux… je sens que mes jambes se dérobent sous moi et je me retrouve sur le sol. C'est alors que des mains douces mais fermes viennent me soutenir et j'entends une voix tendre mais pleine d'inquiétude prononcer mon nom.

« Candy ! Mais que t'arrive-t-il ? »

« Albert, je n'aurais jamais pu imaginer que vous… que tu… étais l'oncle William ! »

Fin du Flash Back

Oui Candy était sous le double choc, retrouver Albert mais découvrir qu'il était le Grand Oncle William !Elle songeait, perdue dans ses différents souvenirs : « Oh, Albert comment as-tu pu me cacher une telle chose ? On s'était pourtant promis de tout partager !... » Elle repensait à ce jour-là, si spécial où Albert était venu la chercher pour une heure de liberté avec la permission du Dr Martin et lui proposer de faire une balade. Il l'avait emmenée dans sa nouvelle automobile, presque une épave qui roulait à peine… Il l'a conduite dans un endroit magnifique dans la banlieue de Chicago qu'il voulait lui faire découvrir, près du lac avec de beaux arbres à escalader. Cet endroit lui rappelait la colline de son enfance près de la Maison de Pony. Elle ne tarda pas à défier Albert de grimper sur l'un d'entre eux, il l'a suivie sans problème. Au sommet, il lui proposa de casser la croute, il avait apporté un unique sandwich car l'achat de sa voiture ne lui avait pas laissé d'argent pour davantage ! Candy lui proposa donc de le partager en deux. Sa réponse alors, l'avait un peu surprise. « Candy… c'est une bonne chose que de partager quelque chose avec ceux que l'on aime… » Avait-il dit d'un air songeur. Que voulait-il signifier par là… ? Mais il ajouta en la regardant tendrement « Ça te dirait qu'on fasse comme ça désormais ? Je voudrais que tu divises tes peines et tes angoisses et que tu me les fasses partager. » Sa proposition l'avait émue jusqu'aux larmes.

Candy songea « Il avait toujours été là pour moi… Quand j'ai failli me noyer près de la cascade lorsque je m'étais enfuie de chez les Leagans, … après la mort d'Anthony alors que j'étais désespérée, … et puis après ma rupture avec Terry ! … Terry ! … Ça me semble si loin tout cela maintenant !...

Et pourtant l'une des périodes les plus difficiles de ma vie était lorsque tu as disparu pendant tous ces mois en me laissant juste cette note me signifiant que tu avais recouvré la mémoire. Alors pourquoi être parti ainsi brutalement et être resté loin de moi si longtemps ? J'étais folle d'inquiétude, si triste, si seule. Tu m'as tellement manqué, comme jamais personne ne m'avait manqué auparavant ! Cette fuite, je ne comprends toujours pas pourquoi ?... Il faudra qu'on ait une conversation à ce sujet. Quand je repense à cette douleur que j'ai ressentie quand j'ai trouvé ta lettre, j'ai eu l'impression que le monde s'effondrait autour de moi ! Les semaines qui ont suivi, cette impression de vide en moi, une partie de mon âme me manquait, comme si on m'avait amputé d'une partie de mon cœur aussi et rien ne pouvait me soulager. Mais pourquoi cette sensation de manque était si douloureuse, aussi insupportable ? Jamais je n'avais éprouvé cela avant même pas quand j'ai rompu avec Terry car tu étais là pour me soutenir, me comprendre, me réconforter. La chaleur de tes bras, ta douce voix, ton regard tendre, qu'est-ce qu'ils ont pu me manquer, c'est atroce ! … Pourquoi ?

Et quand je t'ai revu, quel choc ! Tu étais le Grand Oncle William, mon père adoptif ! Tout est si confus maintenant dans ma tête, dans mon cœur ! En même temps, j'étais si heureuse de te revoir ! C'est tellement bizarre car je n'arrive pas à te considérer en tant que tel. Qu'est-ce qui me gêne ? Parce que tu es trop jeune pour endosser ce rôle ? Non, c'est encore autre chose mais quoi ? Comment dois-je me comporter maintenant avec toi ? … Et toi comment me considères-tu ?... Et en plus j'ai envoyé mon journal intime à l'Oncle William pour expliquer mes raisons d'avoir quitté Londres et le collège royal Saint-Paul, … donc à toi, tu as dû le recevoir lorsque tu étais en Afrique ! L'as-tu lu ? Tu ne m'en as jamais parlé. Pourquoi maintenant ça me gêne de savoir que tu aies pu lire mes pensées les plus personnelles à propos de Terry ? … A l'époque cela ne me dérangeait pas de te parler de lui, de mes sentiments pour mon acteur préféré… Et quand exactement as-tu retrouvé ta mémoire ? … Ah ! Toutes ces questions vont me rendre folle (2).

Dois-je rester ici avec toi ? J'ai tellement envie de vivre à nouveau avec toi mais ça ne sera jamais plus comme avant dans l'appartement des Magnolias ! Avec toutes ces responsabilités qui t'incombent, tu es si occupé que nous n'avons presque pas pu discuter depuis l'annulation des fiançailles ! » Soupirs.

« On vit sous le même toit et pourtant tu me manques tellement ! Que faire ?... Et ce soir, encore une de ces réceptions que je déteste ! Au moins Neal et Eliza ne seront pas là maintenant qu'ils sont partis en Floride. Je sais que c'est ton anniversaire mais j'aurais tellement préféré le fêter en toute intimité sans tout le gratin de Chicago, la Grande Tante Elroy a vu les choses en grand !

Ce que Candy ignorait encore, c'est que Mme Elroy avait l'intention de présenter à son neveu, toutes les jeunes femmes distinguées de la haute société Chicagoan d'âge nubile. Il fallait qu'Albert se marie rapidement avec une jeune fille bien née parmi les grandes familles avec lesquelles les Ardlay étaient en affaire pour assurer la descendance. Il était le seul héritier mâle en ligne directe et il avait une trentaine d'années. A l'époque les mariages dans les milieux aisés étaient arrangés entre les familles de manière à accroitre pouvoir et fortune des deux parties. La grande Tante avait d'ailleurs reçu des propositions depuis l'avènement de son neveu en tant que chef de clan. Il faut dire qu'il était un très beau parti : jeune, beau, riche et puissant !

Candy et Annie, naturellement invitées pour l'occasion étaient en train de se préparer.

« Oh Candy ! Tu es magnifique dans cette robe, elle fait ressortir tes yeux ! »

Candy portait une magnifique robe en soie verte émeraude comme la couleur de ses yeux. Elle était constituée d'une longue jupe évasée à partir de la taille et d'un corsage en partie recouvert de dentelle fine sur les épaules et le décolleté en forme de cœur mettant en valeur sa peau nacrée et ses formes féminines.

« Merci Annie ! Toi aussi tu es superbe et je suis sûre qu'Archie va être tout chamboulé » Répondit Candy en lui faisant un clin d'œil et avec un grand sourire malicieux.

« Candy ! Arrête !... » la jeune-fille se mit à rougir en détournant le regard.

« Cette coiffure te va à ravir » ajoute-t-elle rapidement afin de changer de sujet. « Tu fais plus femme ainsi, je crois qu'il est grand temps d'abandonner tes couettes définitivement, tu n'es plus une gamine ! »

Les cheveux longs et bouclés de la blonde étaient savamment rassemblés sur sa nuque et attachés en une sorte de catogan sophistiqué laissant de longues mèches luxuriantes et soyeuses retomber de chaque côté de son visage et dans son dos. Quelques petites fleurs en soie assorties à la couleur de sa robe étaient piquées ici et là donnant l'impression que des émeraudes avaient perlé sa chevelure.

« Tu crois ? »

« Oh oui, sinon comment veux-tu attirer des prétendants ? »

« Oh, Annie ! … Ce n'est pas ce qui m'intéresse pour le moment ! »

« C'est toujours ce que l'on dit mais mon petit doigt me souffle que tu ne tarderas pas à trouver un galant ! » Elle se mit à rire.

« Annie, tu es impossible ! Allez, viens, descendons ou nous allons être en retard et encore nous faire passer un savon par la Grande Tante Elroy ! »

« Oui, tu as raison, allons-y ! »

Elles se précipitèrent en riant en haut de l'escalier qui menait au rez-de-chaussée, juste au pied duquel se trouvait Albert qui les observait attentivement. En fait il n'avait d'yeux que pour la jeune-fille au regard émeraude, il pensait « Qu'est-ce que tu belle ma douce Candy, tu es devenue une vraie jeune-femme depuis des mois que je ne t'avais pas vue. Tu es une magnifique rose qui est en train de s'épanouir, prête à être cueillie… Albert, à quoi penses-tu ? » Se réprimanda-t-il.

« Mesdemoiselles vous êtes belles comme le jour » se décida-t-il à dire.

« Merci Al… Oncle William et Bon anniversaire » répondirent-elles en cœur et flattées du compliment.

« Merci mais je vous ai déjà dit de m'appeler Albert, dit-il en fronçant les sourcils ! »

« Très bien Albert » ajouta Candy moins timide.

Dans le même temps, Candy se sentait perturbée. Elle songeait « Albert, qu'est-ce que tu es élégant dans ton smoking, tu es tellement beau. Ces cheveux d'or tels un halo qui encadrent ce visage si racé, bien dessiné et ces yeux aussi bleus que le ciel un matin d'été sans nuages. Cette élégance féline quand tu te déplaces, ces manières si raffinées dans le moindre de tes gestes. Ton sourire si lumineux et chaleureux que j'aime tant. Ces larges épaules si rassurantes et cette poitrine robuste au creux de laquelle j'aime tant me réfugier… Pourquoi je me sens si troublée… ? »

A ce moment-là, son regard croisa celui d'Albert et son cœur passa un battement avant de s'accélérer. Elle se mit à rougir en se demandant « Mais qu'est-ce qu'il m'arrive ? »

C'était la deuxième fois qu'elle l'avait vu en tenue de gala la première c'était lorsqu'il avait annulé les fausses fiançailles mais alors, elle était trop préoccupée pour le remarquer vraiment.

Archie les rejoignit. « Bonjour Oncle William et bon anniversaire ! »

- « Merci Archie mais je t'ai déjà dit de continuer à m'appeler Albert. » Réitéra-t-il pour son neveu.

- « Ah ! … Euh … oui… onc … je veux dire Albert mais c'est encore difficile pour moi t'intégrer ça ! »

- « Oui en effet, ce jour-là tu l'as répété neuf fois ! » le taquina Candy. (3)

Enfin ce fut au tour de la Grande Tante de faire son entrée. « William, il est grand temps d'accueillir vos invités, ce serait incorrect de les faire attendre ! » Dit-elle sèchement en jetant un regard perçant sur Candy. « Cette petite devient beaucoup trop jolie et William porte un regard sur elle qui ne me plait pas du tout. Se pourrait-il qu'il ait développé des sentiments à son égard pendant leur cohabitation ? Quelle honte pour la famille quand j'y repense, quel scandale ajouté à l'annulation des fiançailles entre elle et Neal ! Il faut laver l'honneur des Ardlay et il va falloir le marier au plus vite ! Et je pense que cette soirée va nous y aider ! Il faudrait également trouver un bon parti pour cette orpheline avant qu'elle ne crée encore plus de souci, cela résoudrait pas mal de choses… en même temps si elle n'avait pas été là pour William lorsqu'il était amnésique…».

La grande tante était bien trop fière pour le reconnaître et n'avait pas encore réussi à remercier Candy pour avoir pris soin de son neveu. De plus Neal, Eliza et leur mère lui avaient tellement dit de mal de Candy que son opinion était complètement biaisée.

Ils se dirigèrent tous vers la grande salle de réception. Archie avait offert son bras à Annie, Albert avait donné son bras droit à sa tante et offrit le gauche à Candy en demandant : « Me ferais-tu l'honneur de t'escorter aussi ? Cela ne serait pas correct de laisser une jolie dame seule. »

« Avec plaisir Albert »

Elle sentit un frisson lorsqu'elle apposa sa main sur le bras du jeune homme. « Qu'est-ce que c'était ? Se demanda-t-elle, une fois de plus elle était troublée et cette fois à son contact, cela ne lui était jamais arrivé avant.

La grande salle était magnifiquement décorée et apprêtée pour l'occasion. Des tentures d'apparat ornaient les fenêtres. Des coupes florales trônaient au centre des tables sur des nappes blanches immaculées et sans un pli, la vaisselle en porcelaine anglaise, les verres en cristal de Bohême et les couverts en argent étaient parfaitement placés. Sans oublier les serviettes assorties, brodées avec l'emblème du clan : l'aigle et le fameux « A ». Des chandeliers en argents étaient présents sur chaque table et chaque buffet malgré l'électrification (4) récente du manoir. Tout était fait pour imposer à la vue de tous le faste et la richesse de la famille.

Albert se racla la gorge et s'avança un verre à la main en tapotant dessus avec une cuillère pour attirer l'attention et signifier son intention de prendre la parole : « Mesdames et messieurs, c'est un très grand honneur pour ma famille et moi de vous recevoir ici ce soir. Je vous remercie de votre présence ainsi que des magnifiques présents offerts à l'occasion de mon anniversaire. Je vous souhaite à tous une très agréable soirée et je voudrais finir en portant un toast à ma chère tante pour la remercier d'avoir organisé cette réception en mon honneur. » Il leva une coupe de champagne en direction de sa tante et bu une gorgée.

Candy complétement subjuguée pensait « Quelle belle voix virile en même temps si douce et chaleureuse mais qui intime le respect. »

« Bon anniversaire s'écrièrent tous les invités ».

Ce fut le signal du début du festin qui fut une succession des mets et vins les plus délicats.

« Eh bien, la Grande Tante Elroy n'a pas fait les choses à moitié, on dirait qu'elle veut impressionner le public et qu'elle a invité toutes les demoiselles en âge de se marier ! » S'exclama discrètement Archie à l'attention d'Annie et de Candy qui se trouvaient à la table d'honneur.

« Que veux-tu dire Archie ? » Demanda aussitôt Candy.

« A mon avis, elle veut jouer les entremetteuses pour marier l'oncle William ! » Répondit-il avec un clin d'œil.

« Mais on n'est plus au moyen-âge quand même ! » Dit Candy dépitée.

« Tu sais Candy, dans notre milieu, les mariages sont malheureusement souvent arrangés surtout quand il s'agit du chef de famille. » Précisa Archie.

« Non mais je rêve ! Je pensais que mon engagement forcé avec Neal était exceptionnel ! »

En fait Candy, n'admettait pas qu'Albert puisse être ainsi « marchandé ». Elle se sentait énervée et même révoltée à cette idée. C'était la première fois aussi qu'elle se rendait compte qu'il était un homme adulte largement en âge de se marier et qu'elle pourrait le perdre à nouveau. « Le perdre ? Non pas encore ! Je ne le supporterai pas !... Pourtant il était logique qu'un jour ça devrait arriver. Je ne lui ai jamais connu de conquête féminine… et pourtant… il n'était pas un moine donc il avait dû avoir un passé amoureux… Comment n'y avais-je jamais pensé ? » Cette idée l'a mise mal à l'aise. Elle commença à observer d'un peu plus près l'interaction entre Albert et toutes ces belles jeunes femmes de la haute société qui papillonnaient autour de lui. Il y en avait quelques-unes de très jolies et très distinguées mais pourquoi ressentait-elle de l'antipathie, elle ne les connaissait même pas ? C'était inexplicable.

Puis vint le moment du bal. Un orchestre avait été engagé constitué d'un quatuor à cordes et d'un piano. Une valse se fit entendre et comme la coutume l'exigeait ce fut l'hôte de la maison qui devait ouvrir la danse. Albert commençait à se diriger vers Candy car c'était son intention de l'inviter quand sa tante lui coupa le chemin en lui présentant une grande et belle demoiselle brune avec des yeux couleur noisette. Elle avait deviné son intention et voulait absolument empêcher ces deux-là de se retrouver.

« Mademoiselle Jane Wilson (5) serait ravie d'ouvrir le bal avec vous William ! »

Albert ne pouvait décemment pas décliner l'offre, cela aurait été de la plus grande grossièreté or c'était un parfait gentleman. Ainsi ses lèvres s'arquèrent en un sourire qui n'atteignait pas ses yeux, il s'inclina poliment devant la demoiselle et dit : « Me feriez-vous l'honneur de m'accorder cette danse mademoiselle Wilson ? »

« Avec joie monsieur Ardlay »

C'est alors que le couple très élégant entama la première valse de la soirée. Monsieur James Wilson (5) était un riche industriel qui avait fait fortune dans l'acier et un projet de partenariat avec les Ardlay était en discussion. Lors de l'avènement de William, il ne cacha pas son souhait à madame Elroy d'unir son unique fille de vingt ans à celui-ci.

Au même moment, une paire d'yeux verts les scrutaient avec beaucoup d'intérêt. Albert avait l'air d'être en grande discussion avec la brunette, il souriait tandis qu'elle riait délicatement. « Mais qu'est-ce qu'elle a de si spécial ! » Candy était très agacée par le spectacle de la paire de jeunes gens qui tournoyait dans la salle de bal. « Mais qu'est-ce qu'il me prend ? Pourquoi ça me semble si désagréable ? Pourquoi suis-je si désappointée ? » C'était le même sentiment qu'elle avait ressenti vis-à-vis de Suzanna lorsqu'elle l'avait vue au bras de Terry puis sur l'affiche de Roméo et Juliette avant son tragique accident. Oui, le même sentiment exactement. « Mais ce serait donc … de la … jalousie ?! Non ! … Impossible ! … C'est mon père adoptif ! » Candy voulait chasser cette pensée inopportune pour elle, la laissant dans le désarroi et la confusion la plus totale de cette révélation qu'elle se refusait encore d'admettre mais le doute était planté en elle.

C'est ainsi qu'Albert passa la soirée à danser avec toutes les jeunes demoiselles en quête d'un époux, la Tante avait bien manœuvré en ce sens. Archie offrit une danse à Candy qu'il appréciait toujours beaucoup, il était inquiet pour elle car il avait saisi à un instant la tristesse dans son regard. En effet elle avait tombé le masque de la gaité un moment alors que seule dans son coin pendant que tous dansaient et qu'elle pensait que personne ne l'observait.

« Dis-moi chaton, est-ce que tout va bien, tu as l'air ailleurs ?

« Oui, Archie, je suis juste un peu fatiguée, c'est tout. » Lui répondit Candy sans grande conviction.

« Je te connais bien Candy et à mon avis il y a autre chose… tu … tu penses encore… à … lui, n'est-ce pas ? » Continua-t-il avec hésitation ne voulant pas réveiller d'anciennes blessures.

« Mais à qui ? »

« Et bien … à cet aristocrate… à Terry ! » Lâcha-t-il enfin avec difficulté, il ne savait pas trop comment en parler sans lui briser le cœur.

« Ah, Terry ! Euh … non pas du tout, entre nous c'est bien fini, ça fait presque trois ans maintenant et je suis passée à autre chose ! »

« C'est vrai tu en es sûre, tu veux dire que tu aimes quelqu'un d'autre ? Ajouta Archie surpris par sa réponse mais heureux qu'elle ne pense plus à Terry car il ne l'avait jamais porté dans son cœur, trouvant qu'il ne la méritait pas. Et jaloux de lui car Archie avait eu des sentiments romantiques envers Candy.

« Euh… non ce n'est pas ce que je voulais dire, simplement que j'ai tourné la page. Je te promets ne t'inquiète pas ! »

Candy était elle-même étonnée de sa réponse spontanée concernant être passée à autre chose. Un peu gênée elle profita de la fin de la valse pour ajouter en lui faisant un clin d'œil et un grand sourire rassurant :

« Allez va rejoindre Annie elle se languit ! »

« Bon d'accord, maintenant que je suis rassuré. »

Candy étouffait, elle n'en pouvait plus de cette soirée interminable et surtout de voir Albert danser avec toutes les demoiselles … sauf elle ! Elle aurait tant aimé partager une danse avec lui, elle ne l'avait jamais fait auparavant. Discrètement elle se dirigea vers la terrasse puis emprunta le grand escalier de marbre blanc qui menait vers le magnifique jardin à l'anglaise bordé de buissons de roses de chaque côté de l'allée. Mais une paire d'yeux bleus l'avaient vue s'en aller… L'air embaumait vu que c'était la pleine floraison. Cette douce senteur de rose la rendait encore plus nostalgique et même mélancolique. Elle s'est alors dirigée vers un banc situé à l'écart. C'était une belle soirée de début d'été assez chaude avec un beau ciel étoilé. Elle était songeuse, perdue dans ses pensées. Elle songeait à la lettre qu'elle avait reçue de Mademoiselle Pony et sœur Maria qui lui proposaient de venir leur rendre visite avec Annie. « Que vais-je faire ? Je ne peux pas continuer à vivre ici. S'il faut que j'assiste à un défilé continu de prétendantes, c'est plus que je n'en puis supporter ! Et si Albert doit bientôt se marier, il faudra bien que je parte. Il aura alors encore moins de temps à me consacrer, alors à quoi bon rester ici ? Autant prendre les devants, je dois partir. Je pensais naïvement que notre vie, notre complicité allait recommencer comme à l'époque des Magnolias mais c'est bien révolu. Ce n'est plus l'Albert vagabond et simple que j'ai connu, maintenant c'est un chef de famille très occupé avec ses responsabilités… et c'est mon père adoptif ! Oui, c'est décidé je vais retourner à la Maison de Pony me ressourcer auprès de mes deux mamans. Mademoiselle Pony, sœur Maria, comme vous me manquez ! De plus, je pourrai ainsi vous aider. »

« Alors tu te caches ? »

Elle sursauta quand elle entendit cette voix douce et chaude qu'elle connaissait si bien. Albert vint s'asseoir à côté d'elle. Elle haussa les épaules pour toute réponse sans le regarder. Il la trouva étrange, comme si elle boudait mais ne comprenait pas pourquoi.

« Je n'ai pas encore eu le temps de te remercier de ton cadeau. »

« C'est difficile de trouver un cadeau à offrir à un homme qui possède tout et ce n'est pas grand-chose comparé à tous ces magnifiques présents que tu as reçus de la part de toutes ces belles jeunes femmes ! » Répondit-elle d'un air dépité.

Il sentit son ton mi- boudeur, mi- agacé, il était perplexe mais ajouta :

« Ne dis pas ça Candy, ton cadeau était le plus précieux à mes yeux. As-tu oublié que l'argent et le faste ne sont pas les choses qui ont le plus d'importance pour moi ? »

« Oui mais ce simple dessin maladroit et à peine ressemblant en plus ! »

« Candy ! Je rêvai de l'avoir car il a une signification particulière pour moi, il me rappelle comment tu m'as recherché dans tout Rockstown. » (6)

« Je me suis fait tant de souci alors. Partir comme ça sans rien me dire et ne me laisser qu'une simple note. Pourquoi m'avoir caché tout cela ? Qui tu étais pendant toutes ces années ? Que tu avais retrouvé la mémoire depuis plusieurs mois ? A quel moment exact l'as-tu retrouvée d'ailleurs ? »

« Candy ! Ne sois pas en colère s'il te plait. J'avais mes raisons que je t'expliquerai quand nous aurons plus de temps. Excuse-moi s'il-te-plait. »

« Du temps ! Parlons-en, on s'est à peine vu depuis la grande révélation ! » Prononça-t-elle avec véhémence et en insistant sur les deux derniers mots.

« Je sais, depuis que je suis devenu officiellement le Grand Oncle William j'ai eu beaucoup d'obligations, beaucoup de choses à régler. J'ai échappé trop longtemps à mes obligations vis-à-vis de ma famille. Tu ne dois pas m'en vouloir, Candy ! Tu sais bien que si j'avais eu le choix j'aurais continué ma vie de vagabond dans la nature. »

Candy sentit la culpabilité l'envahir, c'est vrai après tout il avait sacrifié sa liberté, lui l'amoureux de la nature. Il n'aimait pas toutes ces conventions, les codes étriqués de cette haute société à laquelle il appartenait.

« Oui je sais Albert, je suis désolée de m'être comportée comme une gamine capricieuse ! »

La sentant se radoucir, il se tourna vers elle en lui prenant la main gauche. « Non Candy, tu n'es pas une gamine capricieuse. Tu as eu tellement d'émotions et d'épreuves à traverser en particulier ces derniers mois que ta réaction est bien normale et je la comprends. » Il l'avait sentie frissonner au contact de sa main ce qui l'a étonné car ça ne pouvait pas être la douce brise vespérale qui désordonnait ses cheveux d'or. Elle était si belle à cet instant que s'il s'écoutait… ! Elle le regarda avec ses grands yeux étincelants mais elle ne dit rien.

« Candy et si on dansait ? Je n'ai pas encore eu cet honneur ce soir. »

Elle se mordit la lèvre inférieure pour ne pas rétorquer « Évidemment avec toutes ses prétendantes ! » mais en même temps son cœur a bondi de joie dans sa poitrine. On pouvait entendre la musique de l'orchestre jusqu'ici qui commençait à entonner une nouvelle valse.

« D'accord » dit-elle simplement. Elle a souri timidement alors qu'un blush lui envahissait le visage.

Ils se levèrent, Albert prit sa main droite dans sa main gauche et mit la droite dans son dos juste au-dessus de sa taille gracile tandis que Candy posa sa main gauche sur son épaule droite. Ils se rapprochèrent un peu et commencèrent à tournoyer. Elle sentit son cœur manquer un battement avant de s'accélérer. « Quelle drôle de sensation lui provoquait cet homme ! Mais que m'arrive-t-il ? » Elle sentit alors sa senteur masculine, un mélange enivrant de bois de santal et un soupçon de transpiration fraiche. Sa tête commençait à tourner un peu alors qu'il a commencé à réduire inconsciemment l'espace entre leur deux corps. Il était plus que jamais attiré par cette frêle silhouette qui se déplaçait avec tant de grâce, enveloppée par cette douce senteur de rose. Il a alors cherché à établir un contact visuel avec sa partenaire mais elle était trop intimidée, se sentant maladroite. Leur contact physique avait changé, cette intimité lui fit ressentir une gêne ou plutôt une certaine nervosité qu'elle n'avait jamais éprouvée lorsqu'elle était à sa proximité. « Pourquoi je me sens si perturbée ? Serait-ce la danse ? » La chaleur lui montait aux joues. Son odeur, la chaleur de ses bras, tout ce qui provenait d'Albert lui donnait l'impression d'être attirée comme un papillon vers la lumière, comme une abeille par le miel. Comme c'était agréable d'être là avec lui, seuls à l'abri dans leur bulle, elle était sur un petit nuage. Après tous ces mois de séparation insupportable, lorsque la douleur avait élu domicile dans son cœur, Albert son phare pour la guider dans la nuit était enfin de retour dans sa vie. Même s'il était très occupé et souvent absent, au moins elle savait où il était et surtout qu'il se portait bien. Mais cette pensée qu'il était son tuteur légal l'obsédait et la mettait mal à l'aise. Elle s'était bien rendu compte durant son absence qu'il lui avait manqué plus qu'un frère ou qu'un simple ami. Que ses sentiments envers Albert étaient bien plus profonds qu'elle n'en avait eu conscience avant. Et qu'elle commençait à penser à lui comme un homme mais la découverte de sa véritable identité, qu'il était celui qui l'avait adoptée, l'avait vraiment bouleversée et elle avait refoulé inconsciemment ces sentiments naissants. Mais ces contacts physiques avec lui l'électrisaient et c'était une nouvelle sensation grisante pour elle.

Enfin, la valse s'arrêta, la soirée touchait à sa fin et il était temps de rentrer afin de ne pas éveiller la curiosité.

« Il faut que j'achève mes obligations en tant qu'hôte mais avant cela il faut que tu me promettes de m'écrire. »

« T'écrire mais pourquoi ? » Dit-elle interloquée.

« Je dois repartir en voyage d'affaire. »

« Encore ! Mais pour combien de temps ? » Elle ajouta désappointée.

« Environ un mois, peut-être un peu plus… »

« Et quand pars-tu ? »

« Dans trois jours. »

« Mais c'est bientôt ! … On s'écrira alors ! »

Elle était très frustrée car elle avait encore tant de choses à lui dire, tant de questions sans réponse et il allait repartir de nouveau pour de longues semaines. Sa décision fut renforcée de retourner à l'orphelinat mais elle le lui annoncerait plus tard car aujourd'hui était son anniversaire et elle ne voulait pas le contrarier.

Au même instant Albert lui pris la main droite et l'emmena vers le manoir. Cette touche lui envoya un frisson et son cœur se mit à bondir comme un oiseau dans sa cage thoracique. Elle était de plus en plus déconcertée par ces nouvelles sensations. Elle était perplexe et ne savait pas comment traiter les émotions qui la submergeaient alors, ses sentiments envers son protecteur. En effet, elle n'avait jamais vraiment eu d'intimité avec un homme, le seul contact avait été ce baiser volé par Terry le jour du festival de mai au collège royal de Saint-Paul à Londres mais à ce moment-là elle n'avait pas encore eu conscience qu'elle l'aimait. De plus elle n'était qu'une toute jeune fille dont le corps commençait à peine à s'éveiller, un papillon (7) qui sortait à peine de sa chrysalide. Il y eut ensuite cette étreinte sur ce maudit escalier de l'hôpital Saint-Jacob de New-York lorsque Terry l'enlaça par derrière et qu'elle avait senti une de ses larmes couler sur son cou et l'heure n'était plus à la romance alors mais au déchirement de la séparation. Ainsi Candy ne savait pas comment appréhender toutes ces nouvelles sensations que lui provoquait la présence masculine d'Albert. Elle ne savait plus où elle en était, complétement perdue avec des sentiments contradictoires. Que ressentait-elle pour son tuteur car oui Albert était bien son père adoptif ? Après ces longs mois de séparation les choses n'étaient plus les mêmes. Maintenant que représentait-elle pour lui ? Et ces rumeurs de projet de mariage, qu'en penser ? Si Albert venait à se marier elle sentait que ses rapports ne pourraient plus jamais être les mêmes. Que ce temps passé avec lui dans l'appartement des magnolias lui manquait. Tous ces bons moments partagés avec lui durant plus de deux années l'avaient profondément marquée. Elle avait besoin de s'éloigner de Chicago même si cela la déchirait aussi mais c'était un mal nécessaire afin de faire le point et comprendre ce qu'il se passait. Loin de la Grande Tante aussi car Albert étant très souvent absent elle se sentait terriblement seule et démunie face à cette figure austère qui n'avait toujours éprouvé que mépris et ressentiment vis-à-vis d'elle pour la mort d'Anthony.

Juste avant de rentrer dans le manoir ils se lâchèrent la main et Albert retourna à ses obligations tandis que Candy après avoir souhaité une bonne nuit à ses proches monta se coucher prétextant un mal de tête. En fait elle était chamboulée et préférait être seule.

Albert aussi était perplexe à propos de l'attitude de Candy ce soir. Il croisa Archie et lui demanda.

« Archie, je m'inquiète pour Candy, elle avait l'air contrariée ce soir. Crois-tu qu'elle soit encore amoureuse de Terry et que cette soirée a pu la rendre mélancolique ? » Demanda-t-il avec anxiété.

« Tiens c'est curieux j'ai eu exactement la même réflexion alors je lui ai posé la question à propos de Terry mais elle m'a assuré qu'elle était passée à autre chose. »

« Passée à autre chose ? »

« Oui c'est exactement ce qu'elle m'a dit, ça m'a semblé bizarre d'ailleurs ! »

Albert était songeur, d'un côté il était soulagé que Candy semblait ne plus être amoureuse de Terry mais en même temps il se posait la question de savoir ce que ses paroles signifiaient « passée à autre chose, qu'est-ce qu'elle a voulu dire par là ?... Se pourrait-il qu'elle ait rencontré quelqu'un durant tous ces mois d'absence ?... Non, je m'en serais aperçu depuis qu'elle est revenue vivre avec moi … oui mais il faut dire que je ne suis quasiment jamais là… Ah mais ma tante aurait vu quelque chose !» Il se rassurait à propos de tout cela mais il ignorait encore la décision que Candy avait prise ce soir.

ooo

Chicago, 30 juin 1918

Candy frappa à la porte du bureau d'Albert (8).

« Entrez ! »

« Bonjour Albert ! »

« Bonjour Candy, tu es bien matinale aujourd'hui petite marmotte ! » Dit-il pour la taquiner.

« Oh ! Albert ! »

« Ah ! Ah ! Ah ! … Mais on dirait que tu t'apprêtes à sortir, tu voulais me parler ? »

« Oui … c'est que … je voudrais … retourner à l'orphelinat ! » Lâcha-t-elle en se tordant les mains et en regardant ses pieds. Elle savait qu'il serait contrarié.

« Tu voudrais retourner à la maison de Mademoiselle Pony ? » Lui répondit-il désappointé et interloqué.

« Oui, je me sens seule ici et pas vraiment à l'aise alors j'ai pensé y retourner, ainsi je pourrai aider Mademoiselle Pony et sœur Maria et même travailler dans un hôpital dans les environs.» D'un autre côté j'aimerais tellement rester près de toi » songeait-elle.

« Tu as bien réfléchi ?» Dit-il en pensant « c'est bien toi ! »

Albert était triste de savoir qu'elle ne serait plus sous son toit mais il avait toujours respecté ses choix. En même temps il admirait sa force et son indépendance, elle qui avait déjà tant souffert malgré son jeune âge.

« Oui je pensais quitter le manoir aujourd'hui, mes bagages sont prêts. »

« Veux-tu que je demande à Georges de t'emmener ? »

« Oui merci, il faut que j'aille voir le Dr Martin et régler quelques affaires avant de quitter Chicago. »

« Malheureusement je ne pourrai pas t'accompagner car j'ai une réunion importante. » Il aurait tellement voulu aller avec elle ! « Ah ces réunions interminables ! »

« Je comprends, ce n'est pas grave, alors… au revoir Albert et bon voyage. »

Albert s'approcha et lui fit une accolade chaleureuse en lui déposant un chaste baiser sur le front. Candy perdue dans son étreinte, sentit de nouveau son cœur battre à tout rompre.

« Alors au revoir Candy, fais un bon voyage, prends bien soin de toi et n'oublie pas de m'écrire je te communiquerai mon adresse dès que possible. Et tous mes hommages à Mademoiselle Pony et sœur Maria. »

Candy s'éloignait, le cœur lourd et en miettes. Elle s'est sentie observée et s'est retournée. Il était là, à la fenêtre lui faisant signe. Elle ressentit des picotements derrière ses yeux et dans le nez ainsi que la gorge qui se serrait. Elle inspira profondément pour refouler les larmes qui menaçaient de couler.

Albert pensait « Candy il n'y a aucune femme comparable à toi dans la famille Ardlay ! Tu construis ton existence par tes propres moyens… » Il était fier d'elle mais en même temps si triste et si déchiré. Ils se verraient encore moins, il avait peur de la perdre. Déjà qu'il avait eu du mal à parler avec elle ces dernières semaines par manque de temps. Qu'en serait-il maintenant ? « Ah Candy ! Quand te reverrai-je ? Que ressens-tu pour moi ? » Candy lui semblait telle une étoile dans le ciel impossible à atteindre !

Il avait bien remarqué son attitude étrange notamment à la soirée d'anniversaire, son trouble et son accès d'humeur, habituellement elle n'était comme ça que lorsqu'elle était perturbée. « Qu'est-ce qui te contrarie ma douce ? Songes-tu toujours à lui … à … Terry ? Pourtant Archie m'a dit que non ! Ou serait-ce à quelqu'un d'autre ? Que se passe-t-il ? »

A suivre… sur mon blog: 2 w trueromantica (point) com


Notes de l'auteur:

(1) Inspirée d'une scène extraite du manga (volume 9)

(2)- Dans CCFS c'est une question que se pose Candy lorsqu'elle se rappelle son passé.

(3)- Remarque qu'a écrite Candy dans une de ses lettres adressée à Archie dans CCFS

(4)- L'électricité a progressivement été installée dans les foyers au début du XXème siècle tout d'abord ce fut l'éclairage : le 22 octobre 1879 Edison invente l'ampoule électrique

(5)- Personnages complétement inventés

(6)- Rockstown : voir dans le manga (volume 9 à partir de la page 95)

(7)- Merci à Antlay pour cette image, au Japon le papillon peut symboliser la jeune fille qui devient femme

(8)- Inspirée d'une scène extraite du manga (volume 9)

Si vous constatez des erreurs n'hésitez pas à me les signaler.

J'attends aussi avec impatience vos commentaires et vos idées.