Yennefer et Mandos avaient raison : Ciri et Luffy étaient bien passés par Skellige avant toutes ces rencontres en terre du nord. Ils étaient arrivés d'un autre monde, peut-être celui d'origine des pirates, en compagnie d'un elfe masqué, qui, face à une obscure magie de la Chasse Sauvage, semblait être devenu le malheureux Uma. Le fait est que les deux jeunes et le mage elfe, en compagnie de King, avaient combattu la Chasse avant de fuir vers Velen, de façon séparée. A ce stade, une piste s'arrêtait et une autre débutait. Celle de l'île de Hindarsfjal où le village de Lofoten avait été attaqué. Ce pourrait-il que Luffy et Ciri soient revenus sur Skellige ?
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Geralt râlait pour avoir pris son moyen de transport le plus détesté de tous : les Portails. Merveilleux pour tout le monde de sentir ses ondes de mauvaises humeurs se répandre sur tout leur groupe. Mais les faits étaient là. Ils étaient en vue du patelin de Lofoten. Avec des huttes rasées et des sépultures récentes. Au centre, il y avait un rassemblement sous un chêne sacré. Une cérémonie mortuaire, très certainement. Le mauvais moment pour venir poser des questions, mais quand il était question de la Chasse Sauvage, ce n'était jamais le bon moment.
Lentement, le groupe s'avança, passant à côté de quelques hommes déjà bien âgés. Plus il se rapprochait, plus ils voyaient qu'ils allaient devoir attendre. Yennefer voulut n'en faire qu'à sa tête, mais Geralt la rattrapa par la main, la retenant.
- On veut tous retrouver Ciri et Luffy, mais on est déjà en retard sur la piste. Anaïs l'a dit tout à l'heure. Prendre quelques minutes ici ne changera rien à ce stade.
- Elles la reprendront plus tard.
- Non, Yennefer.
A force de devoir gérer les tendances impulsives du D. et leurs conséquences parfois désastreuses, Geralt savait sentir les mauvaises idées et intervenir avant qu'elles ne soient mises en action. D'où le pourquoi la brune croisa les bras en boudant. Puisqu'ils devaient attendre, Marco fit un signe à Mandos pour s'éloigner.
- On arrive peut-être longtemps après la bataille, mais essayons de voir s'il reste des gens qui ont besoin de soins, yoi. Ce sera toujours une meilleur idée que d'attendre sans rien faire.
- Il y en a. Plus que tu ne le crois. Allons-y.
Et sous la complainte triste de Fumseck perchait sur une branche, les deux médecins s'éloignèrent pour apporter du soulagement et des soins là où ils le pouvaient. Autant ne pas donner d'autres morts à pleurer.
C'est au bout de quelques minutes que les femmes se tournèrent vers eux, ayant fini leurs prières. Geralt lâcha Yennefer et ils purent poser les questions. Oui, tous ces morts, c'était la Chasse Sauvage qui était derrière. Concernant Ciri et Luffy, c'était plus compliqué. Luffy, ça ne disait rien, et outre la cicatrice sur sa poitrine, il était d'un physique assez banal. Quant à Ciri, une vieille femme leur rapporta sa veste. Geralt la fouilla pour y trouver quelque chose d'étrange avec une odeur de menthe chimique et un papier semblable aux Vivre Card des pirates. Il y avait un nom dessus : Rayleigh.
- Des chewing-gums. C'est populaire et bien artificielle. Avec tous les goûts possibles et inimaginables, dit Thatch. C'est un truc qu'on mâche, tout simplement. Les plus doués font des bulles.
- Et ceci, une Vivre Card, aussi ? Se renseigna Geralt en montrant le papier.
- Exact. Rayleigh ? HEY ! FRANGIN !
Marco qui revenait avec Mandos leva un sourcil à l'adresse du vampire.
- Le vieux fossile de Rayleigh est toujours vivant !
- Et tu gueules comme un putois juste pour ça ? C'est un village en deuil, ici, Thatch, pas le Moby Dick, yoi.
- Une personne de votre monde ? Mais Marco n'a pas tort sur le respect des morts, nota Mandos.
- Pour Rayleigh, demande à Roger comment il a forcé un pauv' gars à devenir son bras droit, yoi. Et après Ace ose remettre en question les méthodes d'Oyaji.
Ils rejoignirent le groupe et ils virent la veste à leur tour.
- Elle a dû la faire tomber, dit la vieille dame qui l'avait rapporté. Je l'ai vue brièvement peu avant… enfin, avant tout ça. Elle était à l'écurie, avec… le Veule, qu'il soit maudit cent fois !
Kali plissa des yeux mais Thatch tournait déjà les talons pour rejoindre la côte. Geralt et Yennefer regardèrent le vampire mais Marco secoua la tête, l'air de leur dire de laisser faire. Il nota cependant que Mandos jeta un bref regard à Yennefer, puis vers les hauteurs, là où il savait qu'un lieu sacré de Skellige était implanté.
- Je rappelle ce que je suis. Et certaines choses ne doivent pas être faites en ma présence. Gardez cela en mémoire, dit-il.
Et il s'éloigna.
"Message bien reçu, Mandos", songea Marco.
Il se racla la gorge et fit un pas en avant hors de la ligne.
- Dîtes-moi, ce Veule, il serait pas aller du côté des jardins sacrés de Freyja par hasard, yoi ?
- Oui, c'est exact. Il est parti affronter Morkvarg pour se racheter de sa conduite après qu'il ait fui la Chasse seul, laissant sa mère et sa sœur derrière.
- Et ce Morkvarg, qui est-ce ? Ou qu'est-ce-que c'est ? Se renseigna Geralt.
- Qui était-ce, plutôt, rectifia une des femmes. Le plus infâme individu de l'histoire de Skellige. A ses yeux, rien n'était sacré… Il s'en est pris aux terres de son propre clan, a empoché l'or de Nilfgaard, tué des enfants et des femmes enceintes...
- Je vois le genre, commenta Geralt alors que Marco plissait des yeux.
- On affirme qu'il ne craignait qu'une chose : le courroux des dieux. Aussi, Morkvarg a-t-il cherché à les mettre en défaut… il a mis le cap sur Hindarsfjall pour aller piller le jardin de la déesse. C'était il y a plus de dix ans. La grande prêtresse lui barrant la route, il l'avait passée au fil de son épée et l'avait jetée dans la boue. Dans son agonie, elle l'a maudit… et Morkvarg s'est changé en bête.
- Monstre, malédiction… on a de la chance d'avoir deux sorceleurs à disposition, nota Yennefer.
- Je me souviens de lui, dit Kali. Il y a cinq ans. Je l'ai tué sept fois, pour m'entraîner. Mon dieu m'a dit de ne pas m'en occuper parce qu'il serait important dans le futur et qu'il devait payer pour un lourd crime. Je comprends maintenant.
- Donc, une épée en argent ne servira pas à grand chose, réfléchi Geralt. Et vu ton état, je ne vais pas te demander un autre désenchantement, comme pour le prince grenouille. Cela te ferait plus de mal pour certainement bien peu de bénéfice.
Elle avait peut-être retrouvé la vue et perdu ses griffes, mais elle avait encore des écailles sur sa peau qu'elle cachait sous la cape de voyage qu'Ace lui avait refilé. Quant à ses cheveux, elle les avait enroulés plus d'une fois autour de son cou pour qu'ils ne trainent pas par terre.
- Qui pourrait me renseigner plus ? Demanda Geralt.
- Tordar, fils d'Einar, répondit une des femmes. Il était au jardin quand Morkvarg et ses sbires ont attaqué. Il a tout vu. De tous les pèlerins présents, lui seul à réussi à sauver sa peau. Il s'est installé à Larvik. Vous devriez le trouver au débarcadère, sauf s'il est reparti en mer. Si vous comptez fouler notre jardin, je vous recommande de faire preuve de respect. Cela nous déplaît grandement de voir des étrangers se balader dans notre lieu de pèlerinage.
- La tradition exige des pèlerins qu'ils fassent don de leur sang au pied de l'arbre. La Veule l'a sûrement fait… sauf s'il a ajouté l'irrespect envers Freya à sa lâcheté, informa une autre femme.
- Nous ferons offrande de notre sang à la grande Freya, assura la pirate en s'inclinant profondément.
- Nous avons pour habitude de témoigner aux dieux le respect qu'ils méritent, assura Yennefer.
Cela sentait très mauvais, brusquement, cette affirmation.
Et ils se mirent en route, traversant le village. Marco donna quelques instructions aux dames pour les blessés qu'il avait traité avec Mandos, avant qu'il ne prenne avec Kali la tête du cortège vers les jardins.
- Qu'est-ce qu'on va faire s'il est mort ? Demanda Anaïs en arrangeant Déa dans ses bras.
- On se débrouillera, répondit avec fermeté Yennefer.
- Tu comptes t'y prendre comment ? Se renseigna Geralt.
- Tu verras bien le moment venu.
- Je te le dis d'avance, fais ce que tu as en tête et je peux t'assurer que tu auras de très puissants ennemis, informa avec lenteur Kali.
En arrivant devant les portes, ils notèrent la présence de Morkvarg. Un loup-garou décharné qui gémissait en fouillant le sol devant les portes, à la recherche de nourriture. Et il devait être sous une puissante malédiction puisqu'il se mit à vomir tout ce qu'il avait pu avaler. Et sans les remarquer, il s'en alla.
- Il n'a pas l'air ravi de nous voir, commenta Yennefer.
- Attends un peu qu'il m'ait vu de plus prêt, lui dit Geralt.
- Allons retrouver Mandos, par ici, il y a un passage dans les hauteurs que la bête n'approche pas, invita Kali en retirant sa capuche de sa tête.
Elle leur fit emprunter un escalier couvert de mousse et de lierre, les menant dans des passages en hauteur qui passèrent au-delà des portes rouillées et condamnées du jardin à l'abandon de la déesse.
Et, loin de les surprendre, ils trouvèrent Mandos les attendant auprès de l'arbre de la déesse. Devant, un autel couvert de sang sec.
- Bon Geralt, Chaton, prenez l'odeur avant qu'on n'y mette la nôtre avec l'offrande à Freya, yoi, recommanda Marco.
Geralt s'approcha et analysa la scène :
- Oui, je vois, il est venu ici. Là, il a mis un genou à terre, juste dans le renfoncement à côté du pied de Mandos. Et ces traces de sang… c'est notre homme, j'en suis certain. Tu vois quelque chose de plus, Portgas ?
Pas de réponse.
Le groupe regarda autour mais le D. brillait littéralement par son absence. Lui et les deux félins n'étaient pas avec eux.
- Mais c'est pas vrai, bon sang ! Je suis vraiment en train de me demander pourquoi je lui ai demandé de m'épouser, ragea Marco. Je vais le chercher, yoi.
- On t'attendra, promit Mandos.
- Non, vous embêtez pas, je ne sais pas où il est passé, ni combien de temps il me faudra pour le trouver. Restez ensemble et on se retrouvera vite.
Et sans un mot de plus, il s'envola.
- Tu as l'odeur ? Demanda Kali en revenant vers Geralt.
Le mutant resta un instant devant l'autel pour enregistrer l'odeur, avant de s'entailler la main pour faire l'offrande. Kali suivit le mouvement, s'arrachant par accident deux trois écailles, puis Yennefer. Kali prit Déa dans ses bras pour que la petite Anaïs puisse faire sa propre offrande. Vu l'âge et l'état du nourrisson, ils doutaient que la déesse leur en veuille si la petite ne suivait pas la tradition. Mandos se leva à son tour pour faire l'offrande avec sa dague runique.
- Bien … trouvons le pauvre homme envoyé à la salle des banquets par la grande porte, commenta le jeune elfe.
- Je m'en vais le chercher. Je vous recommande de rester ici, vous risqueriez…dit Geralt.
- ...d'être des poids morts ? Compréhensible. Vas-y, dit la magicienne.
- Je cherchais un terme moins brut, mais ça marche aussi.
Il commença à s'éloigner avant de se tourner vers la magicienne avec un regard suspicieux.
- Et tu ne protestes pas ?
- Pourquoi ? Je devrais ? S'enquit la petite femme. Tu sauras que je peux me montrer étonnamment conciliante.
Geralt revint vers elle en croisant les bras, les sourcils froncés, affrontant le petit bout de femme en noir qui le regarda avec les mains sur les hanches.
- Yen, regarde-moi dans les yeux, qu'est-ce que tu mijotes ?
- Beaucoup de choses, comme m'emparer de la couronne témérienne ou liquider Kaer Morhen juste sous ton nez. Allez, file.
Anaïs tira un bout de la tunique de Mandos et lui demanda en japonais :
- /Tu crois que je dois avoir peur pour ma vie ou elle ne fait que rigoler ?/
- /Si ta vie est en danger avec cette femme, elle n'aura même pas le temps d'ouvrir la bouche pour respirer qu'elle sera au sol par moi ou nos amis présents. Mais, vu la dose de moquerie de sa voix, ça ira, tu ne crains pas beaucoup./
Et la magicienne offrit un sourire à la petite princesse suivi d'un clin d'œil, faisant que la demoiselle eut une mimique peut convaincue, et resta près de Mandos qui se mit carrément devant la petite. Déjà, le Loup Blanc était au loin, suivant d'infimes tâche de sang sur le sol.
- Bon, Yennefer. Je vais être franche avec toi. J'ai une petite idée de ce que tu prépares, dit froidement Kali.
Ou plutôt, elle avait eu bien trop de visions montrant la suite et ça ne lui plaisait pas. Pas plus qu'à son dieu.
- Ah ? répondit avec une innocence feinte la magicienne.
- Tu ne veux pas jouer à ça ici. Surtout devant Mandos et moi. J'en ai rien à foutre des informations que ça rapportera. Use de cette méthode, vas-y. Et tu le regretteras.
Sa langue fouetta l'air un instant. Yennefer plissa des yeux et croisa les bras.
- Tu as une meilleure option, peut-être ? Demanda la magicienne. Outre retourner à Lefoten et réveiller le souvenir de l'attaque ?
- Il y a toujours de meilleures options que de jouer avec des choses dont on ne connaît pas les prix, magicienne. Et ce que tu comptes faire pourrait te coûter la vie, dit Mandos en accentuant les ombres autour d'eux.
- Ce sont des menaces ?
Ses mains se mirent à briller de magie.
- Je ne menace pas. Je mets en garde mes alliés pour qu'ils ne deviennent pas des cibles à abattre. Tu désacralises les jardins de Freya et je ne réponds plus de mes actes, averti Kali.
- Et si tu souilles l'âme d'un mort, je vais oublier que je suis un guérisseur et vous risquez de comprendre pourquoi on interdit certains actes de magies, continua Mandos.
- Mais je suis ouverte à toutes suggestions, je vous en prie ! Leur dit Yennefer. Si vous n'avez rien de mieux à proposer, il ne restera que ma méthode. Et je ne vous laisserais pas m'empêcher de retrouver Ciri.
Mandos leva les bras au ciel avec agacement et Kali se retint de les lui faire baisser. Il allait finir avec les deux pieds dans la tombe comme ça.
- Que Loup Blanc ramène le corps. Je ferais le nécessaire ensuite, grinça-t-il avec colère.
- ~Ne fais pas de bêtise. Si tu as besoin d'aide, magique, matériel, quoique ce soit, demande, je ne veux pas que tu te pousses à bout. Je préfère offrir sa dépouille à Freya plutôt que tu pousses, petit-frère, ~ siffla Kali dans la langue des serpents.
Elle regarda le sol en entendant des sons lointains de combat. Geralt avait dû trouver Morkvarg. Elle se chargerait de chasser ce squatteur des jardins un autre jour.
- ~ Je n'en ferais pas. J'aurais … besoin bien d'une chose … le corps de Skjall, une plume de Hugin. Et … quelqu'un qui m'arrête si je vais trop loin. Le reste, les autres fantômes m'aideront.~
L'elfe noir releva la tête du sol où elle suivait de son Haki les pérégrinations du mutant dans les entrailles du lieu sacré.
- Hey ! Vous m'entendez ?!
La voix de Geralt leur parvint par écho d'une faille dans le sol, faisant sursauter Yennefer et Anaïs.
- Tu m'as fait peur ! Gronda la magicienne en se penchant par la fracture dans le sol entre les racines.
- Désolé, ce n'était pas mon intention !
Et Déa aussi n'avait pas apprécié puisqu'Anaïs devait à présent calmer la petite.
- Quel frère irresponsable, tu fais, Ace, grommela Kali. Donne-la-moi, je vais la calmer. Et toi, remonte le corps et vite. Ou tu découvriras que je peux augmenter la concentration de mon poison au point de passer outre tes mutations.
Lambert avait été un sujet de test un peu récalcitrant sur ce coup là. Mais au moins, il pouvait se vanter d'avoir une meilleure résistance aux poisons que bien d'autres sorceleurs.
- Je l'ai trouvé ! Leur dit la voix de Geralt depuis les profondeurs.
- Et ? Demanda Yennefer.
- Et j'ai vu des putréfacteurs plus présentables.
- Peste. Bon rassemble ce que tu peux et remonte les morceaux !
- Ce n'est pas quelque chose pour Anaïs !
- Je vais me mettre derrière l'arbre avec Déa, comme ça, je ne verrais rien et je serais près de tati Kali et grand-frère Mandos, dit la petite princesse.
Elle prit Déa et alla se mettre derrière l'arbre, à moitié caché par les buissons sauvages qui encadraient le grand arbre de la déesse.
- Tu as un plan, Yen ? Demanda Geralt.
- Non, j'adore reluquer la viande avariée, c'est tout ! Par contre, le guérisseur Mandos dit qu'il peut faire quelque chose. J'attends de voir !
Il eut un silence avant que la voix de Geralt ne leur parvienne de nouveau.
- Tu es certain d'être en état, Mandos ? Je veux retrouver Ciri mais pas au prix de ta mort sur ma conscience, tu nous aides déjà énormément.
- Oui. C'est comme avec les autres. Mais, là, il faut l'appeler. Mais, si je commence à pousser, j'arrêterais. Alors, vous devrez faire très court.
- On sera bref et après, plus de magie pour toi pendant au moins une semaine. Et soit tu te plies à ma demande, soit je mets Marco sur ton dos, averti Kali alors qu'ils entendaient Geralt grommeler en ramassant de son mieux le cadavre.
- Big sis ? Je vais dormir pendant la semaine et envoyer quiconque me réveille par la fenêtre. Donc, on a un accord de non utilisation de magie ensuite.
- Good boy.
Le Loup Blanc arriva à cet instant et déposa ce qu'il restait du corps sur le sol. Il avait été bien amoché et avait eu une mort lente. Une très longue agonie. Yennefer l'examina puis regarda Mandos en croisant les bras. Le message était clair. Soit ils s'y mettaient, soit, les jardins ne seraient plus les mêmes dans pas longtemps, puisqu'elle ferait parler le corps avec sa méthode. Lentement, Kali défit son foulard autour de son crâne, laissant sa collerette de plume dorée à l'air libre. Avec un geste lent, elle enroula un bout de l'étoffe mauve autour de son poing. La divinité dont elle tenait son nom était à l'origine des Thugs, une secte d'étrangleur. Yennefer pourrait découvrir que la pirate avait suivi cette tradition de tuer sans effusion de sang.
À côté, Mandos réunissait ses forces et se concentrait, après avoir semble-t-il regarder autour de lui comme pour vérifier la présence ou non de témoins. Ou alors, il s'assurait que la brigade fantôme était à proximité. Il se baissa au niveau du corps et planta une plume de krebin dans l'entaille de sa main qu'il s'était faite pour l'offrande à Freya. Usant de son sang comme encre, il écrivit un premier symbole sur le front du mort puis sur le sien. Puis, il se mit à écrire dans les airs, le sang restant en suspension pour former un cercle de lettres et caractères qui serviraient à l'invocation.
- ~Viens, toi qui es mort. Réponds à mon appel, ~ siffla l'elfe.
Des veines sombres apparurent sur la peau du jeune en un rien de temps. Et dieu qu'elle avait envie de l'aider, de lui offrir sa magie, son soutien, qu'il ne se torture pas pour eux. Mais tout autour d'eux, des lucioles de magies vertes se mirent à flotter. Pendant un instant, Kali aurait presque cru qu'Ace avait déployé son Hotarubi tout autour d'eux, mais ce n'était pas le cas. Triste de se dire que son capitaine ne serait plus leur amulette favorite. Mandos tendit la plume et un esprit, celui du défunt, s'en empara sous le petit cri de surprise de Yennefer. Il terminait de se matérialiser et clairement, il était assez paumé.
- Parlez, il répondra. Puis, il reviendra à sa place, dans les salles des banquets des braves.
C'était une bonne chose pour l'esprit s'il avait réussi à gagner sa place là-bas malgré que son village ait invoqué la Saga des Anciens contre lui.
- Ton nom, brave combattant, demanda Kali à l'esprit.
Celui-ci semblait perplexe, avant de s'incliner.
- Skjall de Lofoten.
- Tu es mort au combat, tu as retrouvé ton honneur, dit Geralt à l'esprit.
- Je suis accueilli avec mes ancêtres, mais ma place n'est pas acquise.
Et il montra son corps. Cela n'était qu'une question de temps, mais ils avaient des questions avant ça. Par simple précaution, histoire qu'il ne force pas, Kali posa une main sur l'épaule de Mandos, lui laissant puiser dans sa propre magie au nécessaire.
- As-tu vue une jeune femme aux cheveux cendrés et aux yeux verts ? Demanda Yennefer.
- J'ai voulu l'aider, mais les miens ont mal interprété mon geste et m'ont maudit.
- Qu'est-elle devenue ? Que faisait-elle ici ? Pressa Yennefer en se rapprochant de l'esprit.
L'espoir, la détresse, la peur. Tout ça avait l'air de monter à la tête de l'Aedirnienne.
- Elle est tombée du ciel, dans la mer, mais elle n'était pas seule. Elle a failli se noyer. Avant que je ne puisse sauver son compagnon, le courant l'avait déjà embarqué. Je l'ai même cru mort.
Oh, ça, c'était mauvais. Même si le "cru mort" laissait un espoir.
- Mais il y avait une troisième personne. Il est sorti de nul part. Un homme avec un masque. Il m'a demandé de les aider. Il est resté un instant avec elle, il lui a parlé pendant qu'elle était inconsciente. Il lui a donné rendez-vous sur la plage, au rocher du noyadé. Puis il est parti. Dans l'après-midi, elle était à nouveau sur pied. Quand elle a appris qui l'avait ramené, elle s'est inquiétée au sujet d'un certain Luffy et n'a pas arrêté de grogner dans une drôle de langue, répétant régulièrement un truc comme "kuzo" quelque chose comme ça.
- Son juron favori, se rappela Yennefer.
- Le Chat Noir le lui a appris à Kaer Morhen, répondit Geralt.
Ou comment se sauver les fesses, bien qu'étant encore et toujours sous le même sort de traduction, il n'y avait qu'Ace et Vesemir parmi le camp mutant apte à apprendre le japonais et les insultes de la langue, à la petite Ciri.
- Elle avait l'air dans avoir vu des rudes, mais elle s'en sortait très bien pour quelqu'un qui avait échappé à la noyade. Ma mère et ma sœur l'ont conduite au sauna pendant que je sellais des chevaux.
Mandos grogna.
Kali fit un geste pour les deux autres afin qu'ils comprennent d'aller aux faits.
- Le village a été attaqué. Mais elle savait comment gérer l'attaque aisément, comme si elle sentait où ils allaient l'attaquer, voire même être à plusieurs endroits à la fois. Elle a dit qu'ils étaient là pour elle, donc, qu'elle devait partir pour sauver tout le monde. Je lui ai montré le chemin du rocher, mais sur la route on a été poursuivi. L'homme masqué l'attendait sur la berge avec une barque. Elle la rejoint pendant que je retournais vers mon village avec les chevaux, mais depuis la route, je les ai vu se disputer. Alors, l'homme a utilisé de la magie pour l'assommer, je suppose. C'est à cet instant que le jeune qu'y s'est fait emporter par le courant a jailli des sous-bois. Il sautait si haut qu'il volait presque au-dessus de moi pour poursuivre la barque. J'ai vu l'homme masqué tendre sa main vers lui mais les cavaliers spectraux m'ont rattrapé… Quand je suis revenu à moi, la barque était échouée sur la berge et un étrange individu difforme se tenait à côté. Il a pris la fuite quand il a vu que j'étais réveillé.
- Uma ? Proposa Anaïs depuis sa cachette derrière l'arbre.
- Ça m'en a tout l'air, confirma Geralt.
- Merci pour ces réponses, reposez en paix à présent. Mes commandants et moi-même vous offriront un départ digne du roi des îles. Et je parlerais à votre village, dit gravement Kali.
L'esprit accepta les paroles et la plume changea de main. Une fois que Mandos la récupéra, elle se consuma dans une flamme verte. Le défunt disparu et le valet de la mort se laissa aller contre l'arbre en grognant, tenant son œil maudit dans sa main.
- Bien. Je suis officiellement en vacances pour la semaine. On est d'accord ?
- Tout à fait, Mandos, assura Geralt.
- Merci, dit doucement Yennefer.
- Au moins, on sait qu'on impose pas Uma à Zoltan et Jaskier pour rien. Mais il est clair que Luffy et Ciri ont été séparés par le mage elfe, réfléchi le sorceleur en se mettant à faire les cent pas.
- Bon, je vais attendre ici qu'un certain vampire veuille bien venir chercher le corps, annonça Kali en s'étirant. Je pense qu'il faudrait aller faire un tour du côté de ce rocher du noyadé. On trouvera peut-être des indices.
- Je reste contre mon arbre encore un moment, annonça Mandos.
- Eh bien, c'est encore mieux ! De Riv, me rendrais-tu service ? s'enquit l'elfe noir.
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Geralt avait donc traversé avec Yennefer une partie de l'île pour rejoindre la berge où était localisé le rocher du noyadé. Seulement, face à la demande logique de Kali (il lui arrivait de détester cette elfe quand elle usait de la logique pour avoir ce qu'elle voulait), il se retrouvait à devoir transporter un cadavre. Ce qui n'était pas une chose facile. Et Yennefer n'avait eu aucune pitié et n'avait pas daigné lui offrir son assistance.
À côté, il était curieux de savoir pourquoi son amante avait remercié Mandos. Il avait l'impression de manquer d'éléments.
En arrivant au bord de mer, la scène qui les attendait était étrange, elle aussi. Ace, Marco et Thatch étaient à genoux dans le sable et le gravier, creusant frénétiquement le sol en compagnie de Iro et King. Le Loup Blanc laissa le corps dans un coin et alla rejoindre le groupe pour avoir une explication. Qu'il n'eut pas besoin réellement de demander. Son Haki sentait une présence à quelques distances sous ses pieds, comme si quelqu'un avait été enterré vivant sous la plage. Et vu le rictus sur le visage de son collègue, le sorceleur avait la quasi-certitude qu'il s'agissait de Luffy. C'était la seule explication.
- Comment as-tu trouvé l'endroit ? demanda Geralt en se mettant au travail.
- King a réagi dès qu'on a mis les pieds sur Lofoten. Je l'ai suivi, informa Ace en continuant de creuser avec frénésie. C'est le familier de Luffy. Ils sont liés de la même façon qu'Iro et moi. C'est lui qui a commencé à creuser. Même sans le Haki, j'aurais compris.
Yennefer s'approcha, une main vers le sable, l'autre vers la mer et son énergie illimitée.
- Poussez-vous.
Il ne fallait pas le dire deux fois. Tout le monde se poussa, laissant la place à la magicienne pour agir. En un instant, tout le sable était repoussé sur les côtés, formant un trou assez profond, d'au moins trois mètres de profondeur, si ce n'est plus. Tout au fond reposait un cercueil de verre dans lequel était enfermé l'une des personnes qu'ils cherchaient au travers le nord : Monkey D. Luffy.
Pieds nus, les cheveux fous, le garçon semblait dormir. Avec crainte, le Chat Noir se laissa glisser dans le trou et posa un pied, puis un second, sur la plaque de verre. Voyant qu'elle résistait à son poids, il se mit à genoux et toqua contre la paroi au niveau du visage de son frère.
Pas de réponse.
- /Luffy ! Réveille-toi ! MERDE ! LUFFY ! DEBOUT !/
Toujours aucune réaction.
- /Si tu ne te réveils pas, je m'en vais bouffer sans toi, j'ai chassé un ours qui se prépare à hiberner, il sera juteux une fois cuit à la broche./
Voir son petit-frère ne pas réagir à la mention de nourriture, alors qu'il avait déjà fait preuve de somnambulisme pour de la bouffe, c'était effrayant.
Du groupe, seuls Ace et King ne relevèrent pas la tête quand les membres manquant de leur groupe apparurent dans un embrasement dont Fumseck semblait être à l'origine.
- /Derrière-moi, King, je vais essayer de faire fondre le verre./
La panthère passa derrière le D. qui inspira profondément. Igni n'avait pas la même finesse que son ex-akuma no mi, mais le feu, c'était son élément.
- Igni.
Concentrant le jet de flamme sur un seul point, au-dessus de l'épaule de son frère pour ne pas le blesser par accident, le mutant serra les dents, priant pour que le verre fonde.
- Onegai da… murmura le pirate.
Le verre commença à fondre, formant un trou de matière ramolli. Ace arrêta son action un instant et força la couche fondue à s'élargir avec son gantelet d'armure, parvenant à faire un gros trou qui laissa entrer l'air frais et les embruns marins dans le cercueil.
Mais toujours rien.
- /Luffy! Je sais que ma voix est différente ! Mais je t'en prie, réponds-moi ! C'est moi ! Ace ! Ton stupide grand-frère ! Celui avec qui tu faisais tourner Garp et Dadan en bourrique ! Allez !/ appela le sorceleur.
Rien.
- /BOUGE-TOI !/
Rien à faire.
Ace leva un poing tremblant, comme pour fracasser le verre, avant de renoncer. Non, il pourrait faire mal à son frère ainsi.
- On va agrandir le trou pour le tirer de là, yoi, dit Marco en se laissant glisser à son tour dans le fossé.
Il attrapa King pour le faire remonter à la surface et ainsi, libérer plus d'espace, avant de se mettre au travail avec son époux sous le regard anxieux de tous. On ne voyait que des éclats de lueurs rouge et bleu alors que les flammes cherchaient à percer la cage de verre. Quand le trou fut assez grand pour qu'Ace puisse passer ses deux mains, il poussa sans ménagement Marco (qui ne protesta pas le moins du monde) pour enfoncer ses deux mains dans le cercueil. Il attrapa la tête de son frère et l'aplatit avec aisance, réduisant le volume en tordant la chair en tout sens pour la faire passer par le trou.
- Même pour une magicienne comme moi, je dois avouer que c'est quelque chose de bien étrange que voici, nota Yennefer.
- Le corps de Luffy est du caoutchouc. La substance est courante en Zerrikania. Elle est faite à partir de certains arbres produisant une substance couramment appelée latex, expliqua Kali. C'est en séchant à l'air libre qu'on obtient une matière capable de supporter ce genre de déformation.
Pendant qu'Ace tirait et triturait dans tous les sens son frère pour le sortir de sa prison, Marco travaillait toujours avec ses plumes de flammes sur le trou pour l'élargir. Quand les épaules traversèrent enfin le trou, le reste du corps, bien plus fin, suivi le mouvement, envoyant le Chat Noir sur les fesses à cause de l'élan et de l'élasticité du plus jeune. Thatch se pencha dans le trou pour aider à remonter le plus jeune, mais Ace était entré en mode grand-frère protecteur et montra littéralement les dents à son camarade. Il remonta seul avec Luffy, malgré les difficultés puisqu'il devait le garder sur l'épaule avec une main, et l'allongea dans le sable avant de le secouer.
Toujours aucune réponse.
Ace vérifia la présence d'un pouls. C'était l'un des deux seuls signes disant que le jeune pirate était vivant, avec sa respiration. Alors, l'aîné serra les dents, prit une profonde inspiration par le nez et leva une main noircie de Haki. Loin, comme pour un maximum d'élan, alors qu'il refoulait ses larmes.
CLAC !
On devait avoir entendu la claque jusqu'à Dol Blathanna. L'élasticité du corps réagit, envoyant valdinguer la tête plus loin, avant de la ramener avec un cri de douleur de Luffy. Le jeune pirate se recroquevilla sur lui-même en protégeant sa joue.
Cela brisa la tension de tous.
- Jaskier ne sait pas à quoi il a échappé l'autre jour, nota Geralt.
- Oh non, confirma Marco.
Luffy se redressa en position assise, incendiant du regard son aîné, la joue gonflée par la claque qu'il avait reçue.
- /T'étais pas obligé de frapper aussi fort !/
- /Ca fait plus de trois quart d'heure que je m'échine à te réveiller espèce de tête de nœud ! Trois foutu quart d'heure que je gueule pour que tu te réveilles et que tu continues de pioncer comme un bienheureux ! Tu vois mes cheveux blancs ? Tu en es responsable !/
- /Je t'ai pas entendu, j'y suis pour rien !/
- /T'y es pour rien ? POUR RIEN ?! JE VAIS FAIRE UN NOEUD AVEC TON COU ET TE RENVOYER A GARP, STUPIDE ELASTIQUE !/
Ace secoua vigoureusement son frère dont la tête se mit à ballotter en tous sens avant que finalement, le plus vieux ne craque et engloutisse son benjamin dans une étreinte. Entre le chapeau noir et Luffy, impossible de voir le visage du mutant, mais les sanglots et le tremblement des épaules disaient que le dure Portgas D. Ace venait de fondre en larmes.
Pendant presque cinquante ans, il avait dû se faire à l'idée qu'il ne reverrait jamais les siens. Plus jamais son stupide et adorable petit-frère, pour ensuite avoir un semblant d'espoir en retrouvant Marco, Thatch et Kali. Et là, avec le paramecia dans ses bras, c'étaient des décennies de souffrances qui touchaient à leurs fins. La façon dont il serrait son frère dans ses bras auraient étouffé, voire brisé les os de n'importe qui de normalement constitué, mais ça ne sembla pas déranger le plus jeune qui enlaçait son aîné en faisant littéralement trois fois le tour d'eux deux avec ses membres élastiques.
- /Neeee, frangin, je croyais que les hommes, ça ne pleurait pas !/
- /Ta gueule, on fait une exception pour aujourd'hui./
- Tsundere!
- /Je t'ai dit de la boucler !/
Luffy eut un "shishishi" joyeux et Ace s'accorda un rire.
Un reniflement alerta tout le monde pour voir que Yennefer s'était détournée dans l'effort de préserver son mascara. Eh ben, qui aurait cru que la magicienne puisse être touchée ainsi par l'émotion. Puis, le visage du plus jeune se ferma et il repoussa son frère qui le fixa avec perplexité.
La droite partie, noir de Haki, envoyant le plus vieux des D. dans le sable. Ace se releva, le nez en sang.
- /Ca, c'est pour Marine Ford ! T'as pas intérêt à reprendre un nouveau coup pour moi !/ lui dit clairement Luffy.
- /Tu crois sérieusement que j'allais rester à terre et regarder ce salopard te tuer ?!/
- /Tu aurais dû !/
- /Mais t'es complètement con ma parole ! Et pourtant, je t'ai quasi élevé !/
- /C'est pas pour autant que je vais pas te dire ce que je pense après le coup que tu m'as fait ! Et sérieusement ? Te lancer dans un combat contre ce Teach parce qu'il voulait me livrer à la Marine ? C'est toi qui est stupide, Ace !/
- /STOP ! On se calme, les D. ! On a d'autres priorités pour l'instant ! Votre linge sale, vous le laverez entre frère, plus tard et ailleurs !/ intervint Thatch en se mettant entre les deux frères.
Difficile de se dire que l'un n'avait pas loin de la vingtaine et l'autre bientôt soixante-dix ans, vu comment ils se grognaient et aboyaient après. L'attention de Luffy fut détournée par King qui se frotta joyeusement à ses jambes. Immédiatement, le plus jeune se laissa tomber en tailleurs et enlaça sa panthère.
- /J'ai encore échoué, King. J'ai pas su protéger un de mes camarades. Je l'ai perdue./
Le félin lécha le visage de son ami pour le réconforter.
En soupirant, Ace essuya le sang de son nez et secoua négativement la tête vers Marco quand il montra ses flammes pour lui proposer de le soigner.
- Quelqu'un peut lancer un sort de traduction, on va pas s'en sortir, sinon, demanda le Chat Noir.
King grogna quelque chose à Luffy en montrant du museau Geralt, faisant relever le nez au jeune pirate qui eut un cri de joie en se mettant debout.
- Shiroi ōkami !
- Hai, hai, confirma d'un ton blasé son aîné. Yennefer, pourrais-tu…?
Un sort plus tard de la part de Yennefer qui avait retrouvé sa contenance et ce que racontait Luffy semblait déjà plus compréhensible. Si on arrivait à suivre le rythme effréné auquel il parlait et débitait ses questions, réponses, informations et autres. Kali se massa les tempes. Ce n'est pas parce qu'elle avait servi sous Ace qu'elle était préparée à la tempête que représentait le plus jeune.
- Luffy. Calmes-toi, une étape à la fois, demanda Ace dans la langue commune.
Preuve que Luffy comprenait la langue commune, il referma sa mâchoire avec un claquement. L'aîné sortit le vieux chapeau de paille de sa cape et l'enfonça sur le crâne de son jeune frère.
- Bon, cette catastrophe ambulante, c'est mon petit-frère, Monkey D. Luffy. Dis Chapeau de Paille.
Le Chat Noir eut une grimace.
- Ça sonne mieux en japonais. Ouais. Mugiwara no Monkey D. Luffy.
Sa mimique confirmait ses paroles. Marco soupira en se massant le nez. Pourquoi il avait épousé Ace, déjà ? Le mutant en question fit alors les présentations du groupe.
- Monsieur qui se cache sous sa capuche et son cache-nez, c'est Mandos Cerbin, un camarade elfe médecin sorcier.
Luffy ouvrit la bouche pour dire quelque chose mais son aîné le bâillonna immédiatement. Hors de question qu'il laisse cet idiot poser une question aussi bizarre et malaisante que "comment tu fais caca ? " qui était sa spécialité devant ce qui n'était pas commun. Le petit pirate ne s'en offusqua pas, se contentant de lever la main en salut et d'essayer de dire quelque chose en dépit de la main de son frère.
Geralt allait poser une question sur le pourquoi du comment du geste mais ce que son oreille parvint à comprendre lui fit dire qu'il ne voulait pas savoir. Vraiment pas. Il n'était pas très bien niveau santé mentale. Il voulait préserver ce qu'il lui restait, merci.
- À côté, c'est un de mes nakamas. Thatch, le quatrième commandant d'Oyaji.
Luffy retira la main de son aîné sur sa bouche et le regarda.
- C'est pas lui que ce Teach est censé avoir tué ? Ce gars pour qui t'as redescendu toute la Grand Line en quête de vengeance ?
- On en parlera plus tard, Lu', d'acc ? À côté, t'as la magicienne Yennefer de Vengenberg.
- Ciri m'a parlé de toi ! dit d'office Luffy. Elle te cherchait aussi, avec le Loup Blanc !
- On a cru deviner, oui, nota Geralt.
- Le grincheux, c'est en effet le Loup Blanc, Geralt de Riv, sorceleur de l'école du Loup. A côté, c'est une Spade. Haiiro Kali. Zoan mythique.
- Oooooh ! s'émerveilla Luffy avec des étoiles dans les yeux. Il est fort le dieu ?
Qui avait dit à Luffy qu'elle était un dieu ?
- Le serpent à plume n'a pas une force mesurable en puissance physique, dit froidement l'elfe noir.
Elle jeta un œil à son ancien capitaine, se demandant comment il avait fait pour survivre toutes ces années.
- Après, c'est Marco, le Phénix.
- T'étais à Marine Ford non ? se fit confirmer Luffy en penchant la tête sur le côté.
- J'étais le gros oiseau qui s'est pris une droite de Garp à un cheveu de l'échafaud, yoi, confirma Marco.
- Merci d'avoir voulu sauver mon frère.
- C'est normal. On est une famille. C'est cracher sur notre équipage et ce qui nous garde uni, que de le laisser seul affronter la mort.
La main d'Ace se crispa sur l'épaule de son frère alors qu'il rangeait celle portant son alliance dans son dos. C'était une discussion pour plus tard. Et en privé.
- Et enfin, on a Anaïs et Déa. Mes petites-sœurs.
- On est trop de garçons, de toute façon.
Yennefer ne fit aucun commentaire. Elle devait avoir compris de toute façon. Et s'ils avaient besoin d'aide pour renverser le sort, autant qu'elle le sache. Seulement, Luffy s'approcha des filles et prit délicatement la plus petite dans ses bras. Il la regarda avant de sourire largement.
- Je te l'avais dit que ça ne pouvait que s'arranger pour toi ! Et t'as vu ?! T'as rejoint la famille ! Maintenant, je suis ton grand-frère ! C'est cool, non ?
Thatch ouvrit la bouche mais Ace lui adressa un non bien percutant.
- Mais tu sais pas ce que je vais demander ! chouina le cuistot.
- Oui, je sais. D'une, je lui ai déjà posé la question et j'ai eu droit à un refus et de deux, c'est mon frère. À moi.
Et il montra bien les dents.
- Qu'est-ce qu'il y a ? Demanda Luffy.
- Il voulait te proposer de rejoindre l'équipage.
- Ah non ! Je serais le Roi des Pirates ! Pas question de devoir obéir à quelqu'un !
Et il tira la langue à l'idée. Avant de tourner brusquement la tête dans le vide, les sourcils froncés.
- Je suis pas un petit chat ! Je sais pas qui a dit ça, mais j'vais lui botter l'cul ! Je suis un pirate !
Marco devina rapidement ce qu'il s'était passé quand un peu de givre se forma sur son bras. Et Mandos le confirma en se mettant face à Luffy pour le regarder comme s'il avait deux têtes :
- … attends … tu les entends ? Et ne menace pas ce pauvre Kiyan. Il t'appelle petit chat car tu es le frère du Chat Noir. Il se réfère à Ace comme à jeune chat. Désolé Marco, tu étais le plus proche.
- Il n'y a pas de mal, j'ai l'habitude qu'on se cache derrière moi. Généralement, c'est parce qu'Ace, Thatch, ou Haruta, si ce n'est les trois en même temps, ont fait une connerie, yoi. Et un peu de givre, ce n'est rien en comparaison à une brûlure au troisième degré. N'est-ce pas, Portgas ?
- Damare k'so tori !
- Et on s'étonne que Ciri soit devenue vulgaire, commenta Geralt.
- J'ai l'impression de louper quelque chose, pointa Yennefer.
- On est hanté, pour faire court. Généralement, c'est un groupe des Stries Bleus qui gardent un œil sur Anaïs, résuma Thatch.
- Et récemment, dans ce cortège de morts, on a récupéré Kiyan, un sorceleur de l'école du Chat qui a eu plus que quelques déboires avec un mage, yoi.
- Décidément, vous savez faire avec les morts, nota la petite magicienne en jetant un bref regard à Mandos avant de revenir vers les D.
Elle avait l'air vraiment petite à côté des pirates. Même Luffy, qui n'était pas grand, la dépassait.
- Et ? Je respecte ces derniers. C'est tout, se justifia Mandos.
Yennefer se contenta d'esquisser un sourire à cette justification. Elle avait découvert l'origine du phénomène de hantise, plus qu'à comprendre le pourquoi du comment.
- Depuis quand tu entends les morts, toi ? se renseigna Ace à l'adresse de son petit-frère.
- J'entends des trucs bizarres depuis mon combat avec Moria, quand j'ai commencé à montrer les premiers signes de Haki. Rayleigh m'a dit que je devais avoir une forme d'un truc qu'il appelle la Voix de Toutes Choses, comme Roger.
- Maravilloso, soupira Ace.
- I'm sorry if you heard them. It's my fault. I will explain later if you want, dit doucement Mandos.
Luffy le regarda sans comprendre de quoi il s'excusait et haussa des épaules.
- On peut revenir à la priorité du moment ? demanda Geralt. Parce qu'on en a un, il manque Ciri.
- Comment tu as rencontré Ciri ? demanda Ace à son frère.
- Elle est apparue durant mon premier mois d'entraînement avec Rayleigh, après Marine Ford. Elle était épuisée et blessée, donc, le vieux s'est occupé d'elle. Quand elle s'est réveillée, elle nous a raconté son histoire. Elle ne parlait que des bases de japonais, donc, Rayleigh lui a mieux appris la langue. C'est là qu'elle nous a dit qu'elle te connaissait.
Le plus jeune serra le poignet de son frère aîné en le regardant sérieusement avec ses grands yeux noirs.
- Tout ce que cette vieille chouette t'a fait, ce que tu as raconté sur toi à Ciri, elle me l'a rapporté. C'est pour ça que j'ai gardé espoir qu'on se retrouve.
Ace serra sa prise sur l'épaule de son frère pour ne pas trembler. Cela expliquait pourquoi il ne réagissait pas à sa nouvelle apparence.
- On est restés un an à Ruskaïna. On est devenu amis et elle a décidé qu'elle voulait rejoindre mon équipage.
Geralt se massa le nez alors que Yennefer ouvrit des yeux surpris.
- Cirilla Fiona Elen Riannon var Emreis ? Héritière de l'empire de Nilfgaard, du trône de Cintra, prétendante au jarldom de Ard Skellig et An Sellig, princesse de Brugge, duchesse de Sodden et suzeraine de Attre et Abb Yarra ? Pirate ?
- Euh oui ? répondit Luffy qui n'avait suivi aucun des titres qu'avait cité la magicienne.
- Elle a dit pourquoi elle voulait tout laisser tomber pour devenir pirate ? se renseigna Geralt.
- Elle disait qu'elle en avait marre. Tout le monde prenait des décisions pour elle, elle voulait vivre enfin sa vie pour elle, sans suivre ce qu'on attendait d'elle avec son sang et tout.
- Logique. Que ce soit la Loge, Emhyr ou la Chasse, tout le monde veut l'utiliser, nota Kali.
- Pourquoi avez-vous laissé Rayleigh ? demanda Marco. Si vous êtes restés un an ensemble, à vous entraîner, c'est que la Chasse ne vous avait pas trouvé.
- En voulant mieux contrôler ses dons, on s'est fait repérer. C'est ce gars, ce… Avach ? Je sais plus…
- Avalla'ch ? devina Geralt avec un visage fermé.
- C'est ça !
- Si c'est lui qui se cache derrière Uma, ça explique ton ressentiment, Kali, dit le mutant. Avalla'ch est un Sage, tout comme Ida. Mais du côté Aen Elle.
L'elfe noir se contenta de cracher du venin dans le sable pour toute réponse. Elle haïssait les Sages.
- Ce gars nous a trouvé, il nous a dit que la Chasse arrivait et que Ciri devait partir. Il n'était pas d'accord pour que je les suive, il disait que je détournais Ciri de sa mission, de son destin et tout… mais elle, elle a voulu que je vienne, alors, je suis venu.
D'où pourquoi Avalla'ch voyait Luffy en gêneur. Le jeune D. luttait certainement pour l'indépendance de Ciri et son droit de faire ses choix quand l'elfe cherchait à l'orienter sur un chemin déjà tracé qui ne plaisait pas au Lionceau de Cintra.
- On est parti avec la Vivre Card de Rayleigh pour qu'on puisse se retrouver et finir notre entraînement, et on a sauté dans pleins de mondes différents en cherchant à semer la Chasse, jusqu'à finir dans un endroit que Ciri m'a dit être Skellige.
- On est toujours à Skellige. C'est un archipel, comme Shabaody, yoi, glissa Marco. Ici, on est sur une île différente de celle où vous êtes arrivées.
- Oooooh ! comprit Luffy.
- Ensuite, vous avez vu les Moires et le Baron Sanglant ? se fit confirmer Geralt.
- Hm. Et on a rencontré une petite fille du nom de Gretka. Ses parents l'avaient abandonnée en pleine forêt. J'ai pas saisi pourquoi Ciri était en colère. C'est vrai, quoi, le jiji faisait la même chose.
- Contrairement à ce que l'on a vécu, Lu', un parent voire gardien responsable, n'abandonne pas un enfant sans défense dans les bois, même sous l'excuse d'entraînement. Ce qui n'était même pas le cas pour elle, puisque sa famille voulait qu'elle rencontre les Moires. Et finisse dans leur soupe.
Luffy plissa les yeux. S'il n'avait pas Déa dans les bras, il aurait fait craquer ses poings.
- On les retrouvera, frangin, assura Ace avec un sourire sanglant.
Le même mauvais sourire apparut sur le visage du plus jeune. Finalement, les deux D. devaient peut-être avoir un peu de sang en commun pour se ressembler autant. Et vu que Mandos regarda le vide pendant un instant, Kali aurait mis sa main à couper que son petit-frère demandait confirmation aux parents d'Ace sur la filiation de Luffy.
- Gretka a été confiée à des amis. Elle va devenir barde, ce qui est bien mieux que ce que ce porc de baron pouvait lui proposer, dit Thatch.
- C'est cool ! nota Luffy en souriant à nouveau.
- Ensuite, Novigrad ? Enchaîna Geralt.
- Hm. Ciri a dit que ce Jaskier était un peu son oncle et qu'il pouvait nous aider pour Avach. Alors, on a fait un braquage ! Et cette fois, j'avais pas Nami sur le dos pour réclamer la majorité du butin !
Le jeune pirate vibrait de fierté face à ça. Ace secoua la tête avec un sourire. En dépit de tout ce temps, il retrouvait son frère tel qu'il l'avait laissé. C'était dingue à quel point Luffy n'avait pas changé d'un poil dans son caractère.
- Mais un des amis de Ciri s'est fait avoir, alors, on est allé l'aider. Le gars était cool ! Il pouvait changer d'apparence comme Bon Clay ! Shihihi !
- Puis retour à Skellige, c'est ça ? abrégea Yennefer.
Le visage de Luffy se ferma et il baissa la tête, masquant ainsi le haut de son visage avec son chapeau. Clairement un truc que les deux frères avaient en commun.
- Oui. Je me suis réveillé sur une plage, seul, alors, j'ai cherché Ciri. Quand je l'ai retrouvé, c'était pour voir Avach l'emmenait de force sur une barque avec lui, avec la Chasse pas loin. J'ai voulu les rejoindre, mais il m'a repoussé par magie. Et je sais pas ce qu'il s'est passé ensuite.
- Ensuite, on t'a trouvé sous trois mètres de sables dans un cercueil en verre à roupiller comme un idiot, lui répondit Ace.
Luffy soupira, le visage toujours dans l'ombre. Il avait échoué, comme à Shabaody et Marine Ford.
- Au moins, vous êtes réunis et on a une piste pour trouver Ciri. Alors, on continue et on la retrouve pour ensuite qu'elle indique à la Chasse et à beaucoup d'idiots que non, c'est non. Pas plus compliqué que ça, nota Mandos.
- Et moi, j'ai négocié pour rien avec ces charmantes dames de Lofoten, grommela Kali en dardant sa langue dehors avec colère. On va devoir gérer nous-mêmes pour l'enterrement.
- Enterrement ? répéta Luffy.
- Ciri a été secouru par un local en arrivant ici, expliqua Geralt. Mais la Chasse est arrivée juste en suivant et en voulant l'aider, notre homme a été considéré comme un lâche et déserteur par son village. Qui ont décidé de le maudire, donc.
- Raison pour laquelle on va lui rendre son honneur en lui offrant un départ digne de ce nom, informa Thatch. Vous avez le corps ? Moi j'ai la barque.
Geralt pointa des rochers plus loin derrière eux.
- On s'en charge, dit Kali en rejoignant les deux aînés de l'équipage.
Ils regardèrent l'elfe noir partir avec les deux hommes avant que Yennefer ne s'adresse à Geralt :
- Vous êtes certain que ce Uma serait Avalla'ch, et non pas Ciri ?
- Ciri est maudite ? demanda Ace à son frère.
- Nop. C'est Avach. C'est le chef de la Chasse qui l'a maudit.
- Tu as ta réponse, Yennefer.
- On fait quoi maintenant ? demanda Anaïs en rejoignant Ace avec Iro.
- Mandos est au repos, dit Geralt. Je verrais pour que Sac-à-souris te rencontre, il pourra peut-être t'aider. À côté, il reste que Crach m'a demandé de l'aide pour d'un côté, aider son fils avec un géant des glaces et de l'autre sa fille pour le cas de Uldaryk.
- Et j'ai un service un peu particulier à te demander aussi, Geralt, dit Yennefer. Et il n'y a qu'à toi que je peux le demander. Sans remettre en doute les compétences du Chat Noir, ni vouloir offenser.
- Je ne suis pas offensé et ça m'offre une occasion en or massif pour rattraper du temps perdu avec mon petit-frère. Hey, Lu' ! On s'fait un géant ?
- J'l'aurais avant toi ! ricana le pirate sous son chapeau de paille.
- Tu parles, l'enclume !
- Hey ! T'es une enclume aussi !
- Plus maintenant !
- Tricheur !
Et les deux frères se tirèrent la langue.
- Ace, tu devrais faire preuve d'un peu plus de maturité, surtout à ton âge, rappela à l'ordre Geralt.
- Si tu avais été Vesemir, tu aurais eu à peine plus de chance que je t'écoute, vieux loup lubrique.
Yennefer retint un rire au surnom.
- Il reste aussi la demande de Davy Jones pour Mandos, dit Kali un peu plus loin alors que Thatch et Marco poussaient une barque à l'eau avec Skjall dessus.
- Eh bien, je vais à Larvik, annonça Yennefer. Je t'y attendrais, Geralt. Sinon, on se retrouvera à Wyzima, on a un rapport à faire à Emhyr.
Ace perdit d'office son sourire.
- Ce qu'il se passe avec Ciri ne concerne que nous deux, rappela Geralt en se montrant lui et Yen. Et Luffy maintenant.
Luffy ne fit aucun commentaire, se contentant de cligner des yeux, bien que son oreille tique de temps à autre au son de la conversation des fantômes.
- Je suis d'accord, Geralt, mais nous avons passé un accord pour retrouver Ciri. Pas la ramener, la retrouver, il faut donc qu'on aille voir l'empereur si on ne veut pas voir nos recherches entravées par des primes.
- J'ai une prime, vous vous démerdez sans moi, dit Ace en levant les mains.
- T'es officiellement mort, t'as plus de prime, rappela son frère.
- Bah si, j'en ai une. En tant que sorceleur. Je crois que j'ai un peu beaucoup vexé Radovid. Un roi, Luffy, un roi.
- Ah. Rien de nouveau.
- Clairement.
L'air blasé des frangins laissaient une traînée de questions sur les personnes qu'ils vexaient à longueur de temps dans leur vie de pirate, si pour eux, se mettre un roi à dos n'était rien.
- Autant éviter qu'Emhyr en rajoute, non ? dit Yennefer.
- S'il s'en fout pour Radovid, je pense que pour Emhyr, c'est pire. Si je me rappelle bien, Geralt savait à quoi ressemblait Luffy par l'avis donné par les espions de l'empereur. Par contre, Chat Noir non. Et l'ordre donner à Chat Noir était de tuer ceux qui accompagnaient la princesse. Alors, je pense sincèrement qu'il s'en fout littéralement d'avoir une prime sur la tête, pointa Mandos.
- Bon sang, me rappelle pas ça… grinça Ace.
- C'est mon record, nota Luffy.
- Record ? répéta Yennefer.
- Oui. Habituellement, il faut moins de temps aux gens puissant pour vouloir me tuer. J'ai énervé le Gouvernement Mondial, j'ai frappé un Dragon Céleste, j'ai survécu à un Buster Call sur Enies Lobby, j'ai botté le cul à deux corsaires, et réussi à entrer et sortir de la prison inviolable de Impel Down. Beaucoup de gens m'en veulent, mais ils mettent pas des mois avant de chercher à me tuer, dit le petit capitaine comme s'il parlait de la pluie et du beau temps.
Ace sentait littéralement des cheveux blancs se former sur son crâne pendant que son frère parlait. Et la migraine qui allait avec. Quoiqu'il devrait lui demander plus tard qui était le Tenryuubito qu'il avait attaqué. Ce serait un bon moyen de lui lâcher l'information au sujet de Sabo.
Kali étira un arc et une flèche enflammée et la lança vers le ciel. Le bruit de la corde coupa les discussions pour voir le départ du défunt sur une barque qui prenait lentement feu.
- Tu as trouvé où l'épée, yoi ? demanda Marco à son frère.
- Dans les jardins de Freya, où crois-tu ? J'allais pas le faire partir sans sa propre arme, lui répondit le vampire.
Et le silence revint. Kali leva une main et le vent se mit à chanter une douce complainte funèbre qui guida la barque toujours plus loin vers le large.
