Valeur et vigueur,
Un GRAND merci à Jiwalumy, Ktpham, drou, promesseofslytherin, pcam, Chyriam, Fleur d'Ange, DI5M
J'ai eu une journée vraiment merdique au boulot et relire toutes vos reviews m'a redonné le moral, vous n'avez pas idée !
Je vous laisse lire ce nouveau chapitre et on se retrouve à la fin !
XIII. Esprits Rebelles
« Oh, j'allais oublier - pas de fleurs naturelles. Mrs Warrington a horreur de ça. Elles réveillent ses allergies. » expliqua Katrina Street-Porter d'un ton autoritaire.
Ginny hocha la tête, s'empressant d'annoter le commentaire sur son rouleau de parchemin déjà noir de notes.
« Que nous reste-t-il ? » interrogea Katrina en plissant sa jupe droite en cuir, s'efforçant de faire disparaître des replis invisibles.
« Quasiment rien. » lança Ginny en parcourant attentivement la liste des yeux. « Je crois que tout est confirmé. Les invitations, le traiteur, la décoration, les conférenciers et les divertissements. Il reste juste un point en suspens - la sécurité. »
« Elle sera gérée directement par le Bureau des Aurors. J'ai reçu la confirmation de Dawlish, ce matin. » informa Katrina avec satisfaction.
Elle se releva et d'un pas assuré, se dirigea vers le porte manteau placé à l'entrée du cabinet. A chacun de ses pas, ses hauts escarpins en cuir de dragon résonnaient sur le paquet lustré. Elle saisit sa veste et son large sac à main verni noir.
« J'imagine qu'il ne nous reste plus que ma partie préférée. Suis-moi, Weasley. » lança-t-elle à l'attention de Ginny.
Cette dernière prit ses affaires à son tour et suivit Katrina jusqu'à la sortie du cabinet.
« Si quelqu'un me cherche, je serai en rendez-vous tout l'après-midi avec des fournisseurs pour l'organisation du bal. » lança Katrina à l'attention de Cormac McLaggen. « Miss Weasley m'assiste. »
Ce dernier hocha la tête poliment mais Ginny décela une once d'agacement dans ses yeux bleus.
A la requête de Cressida Warrington, Ginny avait assisté Katrina pour l'organisation du Bal de l'Ellébore, un événement de grand standing organisé chaque année par la gouverneure. L'événement mondain accueillait un parterre d'invités distingués dans une ambiance festive et onirique. Il s'agissait d'un rendez-vous obligé pour les élites du régime qui se réunissaient le temps d'une soirée pompeuse au Palais de la Chimère.
Travailler aux côtés de Katrina Street-Porter avait offert à Ginny une nouvelle perspective sur le haut de la pyramide du régime. Un monde privilégié dans lequel l'argent coulait à flot, où les apparences étaient reines et où tous les excès étaient permis.
Depuis son alliance avec Katrina, ses journées au Ministère lui semblaient bien plus supportables. A la longue, elles en étaient presque devenues agréables. Ginny n'éprouvait plus cette anxiété oppressante à l'idée de se rendre au travail.
Elle avait tenté de suivre les conseils de Katrina à la lettre.
« Apprends leur langage. Adopte la même attitude. C'est comme ça que tu pourras naviguer parmi eux. » avait indiqué Katrina d'une voix assurée.
Katrina savait exactement de quoi elle parlait et Ginny était heureuse d'avoir trouvé en elle un mentor. Sa collègue semblait se complaire dans les jeux politiques du Ministère. Elle était une experte en image et en communication, capable de faire apprécier au public le pire des individus véreux. Cela expliquait pourquoi Cressida l'avait recrutée dans son équipe.
Elles rejoignirent le poste de cheminées réservées au personnel du Ministère, situé au premier niveau du bâtiment. Ginny attrapa une poignée de poudre de cheminette et disparut dans les flammes vertes à la suite de Katrina.
Elles atterrirent sur le Cours Écarlate, l'avenue la plus chic de Londres, où se rassemblaient des boutiques luxueuses et des commerces hors de prix, fréquentés par les sorciers fortunés. Immédiatement, un malaise parcourut Ginny tandis qu'elles marchaient sur les dalles parfaitement lissées de l'avenue. Du coin de l'œil, elle aperçut plusieurs écriteaux placés sur des vitrines et affichant les mots ''Interdit aux Sang-Impurs'' Tous les commerces étaient autorisés à refuser certaines clientèles.
« Personne ne connaît ton statut. Ne donne pas de raison à une personne de te le demander. » indiqua Katrina, semblant remarquer le malaise soudain de Ginny.
Katrina lui avait répété à maintes reprises que son attitude et son apparence définissaient le traitement qu'elle recevrait dans la communauté. Elle lui avait conseillé de porter une attention particulière à son style vestimentaire. Sur les conseils de sa collègue, Ginny avait même fait l'acquisition d'une nouvelle cape de sorcière d'un rouge sombre. L'étoffe était épaisse, les finitions de qualité et la coupe était parfaitement ajustée. Le manteau lui donnait un air sophistiqué.
Ginny avait eu un moment de panique en voyant le prix affiché sur l'étiquette - l'équivalent de deux semaines de salaire chez l'apothicairerie de Burke. Elle s'était efforcée de considérer cela comme un investissement. Le lendemain, lorsqu'elle s'était présentée au Ministère avec sa nouvelle cape, Mandy Brocklehurst avait observé sa tenue avec un ébahissement qu'elle avait rapidement dissimulé derrière son éternel air hautain. Katrina, elle, lui avait adressé un hochement de tête, l'air approbateur.
Même Hermione l'avait complimenté le soir même. Ginny n'avait pas osé lui dire la vérité. Elle avait prétendu qu'il s'agissait d'une ancienne cape de Fleur dont elle lui avait fait don. Hermione n'avait pas insisté et Ginny avait retenu un soupir de soulagement. Elle n'aurait pas pu justifier un achat aussi coûteux.
Hermione l'aurait probablement sermonné pour qu'elle économise le salaire gagné en tant que Consultante sur le projet de Mrs. Warrington. Pourtant, parmi les Sang-Purs du Ministère, elle savait que l'image était primordiale. Depuis qu'elle suivait les conseils de Katrina, elle ressentait une nette différence de traitement à son égard. On présumait parfois son statut de sang à tort.
« Où allons-nous ? » demanda Ginny en observant avec curiosité leurs alentours. « Tu as parlé d'un fournisseur ? »
« Le Bal de l'Ellébore est l'un des événements les plus importants de la saison. » informa Katrina. « C'est l'occasion pour beaucoup de marques de se faire de la publicité. »
Katrina s'arrêta soudainement devant une boutique surnommée Le Palace Pailleté de Madame Patty.
« Nous avons un partenariat exclusif avec cette marque. Chaque année, ils nous fournissent des robes de bal gratuitement. De mon côté, je m'assure que la presse mentionne leur nom sous les photos. C'est du donnant-donnant. Et en tant qu'employés de la Gouverneure, nous pouvons aussi profiter de tous ces avantages. » expliqua Katrina en lui lançant un clin d'œil.
Lorsqu'elles entrèrent dans la boutique, elles furent accueillies en trombes par une femme à la mâchoire carrée surnommée Madame Patty. Elle portait une perruque blonde dont la frange était partiellement couverte par un ruban à pois. Elle semblait bien connaître Katrina car elle posa une bise familière sur sa joue avant d'entamer une discussion pleine de banalités. Ginny adressa un sourire poli à la dénommée Patty tandis que sa collègue faisait les présentations.
« Comme prévu, nous avons mis à disposition trois tenues pour Mrs Warrington. » expliqua Madame Patty en désignant trois housses de protection pour vêtements, placées sur un portant.
« Parfait. Et j'imagine que tu as quelque chose pour le reste de son équipe, Pat' ? » lança Katrina d'un air mutin, tandis que ses boucles blondes soyeuses suivaient ses mouvements de tête.
« Absolument. Tout droit sorti de ma nouvelle collection. » annonça fièrement Madame Patty. « Je vous en prie, mettez-vous à l'aise. Verity, apporte de l'hydromel, tu veux ? »
Pendant les deux heures qui suivirent, Madame Patty leur présenta des tenues somptueuses, toutes aussi impressionnantes les unes que les autres. Jamais de sa vie elle n'avait vu de robes aussi belles mis à part dans les magazines comme Sorcière Hebdo, généralement portées par des personnalités mondaines. Verity, l'assistante de Madame Patty, assista Ginny pour les essayages, la complimentant allègrement dès qu'elle enfilait une robe, et l'aidant à faire les ajustements nécessaires. Ginny fut médusée par le service reçu. Elle n'était pas habituée à être traitée de la sorte et elle dut se pincer à plusieurs reprises pour vérifier qu'elle ne rêvait pas.
A la fin de la séance, elle fut autorisée à choisir sa robe favorite qu'elle porterait pour le Bal. Selon Katrina, il s'agissait d'une publicité inestimable pour une maison de couture. Habiller la Gouverneure ainsi que son équipe était une promotion simple qui lui permettait d'augmenter sa propre clientèle.
« Tu verras, nous recevons beaucoup de choses gratuites de la part des sponsors, tout au long de l'année. La Gouverneure n'en a que faire, alors elle nous laisse nous servir. » indiqua Katrina à Ginny sur le ton de la confidence, lui adressant un clin d'œil appuyé.
La famille Warrington était la dynastie la plus fortunée du pays. Il n'était pas étonnant que ces bricoles, comme les désignait Katrina, soient superflues pour quelqu'un comme Cressida.
A leur retour au cabinet, Ginny et Katrina riaient toujours bruyamment, encore émoussées des verres d'hydromel consommés durant leur séance shopping privée. Seule Mandy Brocklehurst se trouvait dans la pièce. Comme à l'accoutumée, elle ne manqua pas de jeter un regard méprisant dans leur direction. Pendant le reste de l'après-midi, elle ne cessa de leur jeter des coups d'œil furieux.
« Pourriez-vous baisser d'un ton ? Certaines personnes ici essaient de travailler. » rugit-elle finalement, visiblement incapable de se retenir davantage.
Katrina leva les yeux au ciel et l'ignora.
« Vous pouvez travailler dans la salle de réunion si vous avez besoin de calme. Il me semble qu'elle est vide. » répliqua Ginny.
Mandy se tourna dans sa direction, visiblement sidérée qu'elle ait l'audace de lui répondre. Depuis son arrivée, et par peur de représailles, Ginny avait gardé le silence face aux remarques persifleuses de Mandy. Elle ne comptait toutefois plus se laisser faire. Elle n'avait jamais été le genre de personne à se laisser marcher sur les pieds dans sa vie personnelle. Elle n'accepterait plus les attaques passives agressives de cette peste. La porte du cabinet s'ouvrit soudainement, laissant entrer Cressida Warrington, escortée par un Auror. Ginny en profita pour poursuivre :
« Et comme vous êtes visiblement en difficulté Miss Brocklehurst, je peux vous apporter de l'aide si vous le souhaitez. Étant donné que j'ai terminé mon travail pour la journée, en avance, ça ne me dérange absolument pas. » ajouta Ginny d'une voix faussement complaisante.
« Très bon esprit d'équipe et d'initiative, Miss Weasley. » commenta Mrs Warrington avec approbation tandis qu'elle traversait la pièce en direction de son bureau, avant d'y disparaître.
Ginny se retourna vers Mandy, arborant un air faussement innocent devant son visage fulminant. Elle était sans doute enragée de s'être fait prendre pour une incapable devant la Gouverneure. D'un geste rageur, Mandy attrapa ses affaires et se dirigea vers la salle de réunion pendant que Ginny la suivait des yeux, lui adressant un sourire éclatant. A ses côtés, Katrina pouffait silencieusement et semblait lutter pour ne pas éclater de rire.
« Tu apprends très vite. » commenta-t-elle.
« Tu avais raison. » déclara Ginny en haussant les épaules. « Prendre sur moi et ne rien lui dire ne sert à rien. Si elle veut que je m'abaisse à son niveau, alors je vais le faire. »
« Il n'y a que ça qui fonctionne. La preuve. » lança Katrina en désignant d'un geste de la tête la salle de réunion, dans laquelle Mandy avait disparu.
Après sa journée au Ministère, Ginny se rendit à la Chaumière aux Coquillages, pour assister au dîner hebdomadaire avec son frère et sa famille. Ce fut Fleur qui lui ouvrit la porte. Elle arborait un air éreinté et son ventre était plus arrondi que jamais. Elle était entrée dans le huitième mois de sa grossesse quelques jours plus tôt.
« Oh Ginny, quelle zolie cape. » s'extasia-t-elle tandis que Ginny pénétrait à l'intérieur du cottage.
« Merci, Fleur. » répondit Ginny avec enthousiasme en étreignant sa belle-sœur. « Comment vas-tu ? »
« Exténuée. » admit Fleur en jetant un regard désespéré à Victoire qui sautillait dans le salon d'un air déchaîné.
Ginny lâcha un petit rire avant de se diriger vers sa nièce. Le visage de la petite fille s'éclaira à la vue de Ginny et elle se précipita dans sa direction. Victoire était une fillette hyperactive qui avait un talent particulier pour épuiser ses parents. La jeune femme serra affectueusement sa nièce dans ses bras, pinçant sa joue.
« Tu fatigues toujours autant tes parents, dis-moi ? » demanda Ginny, d'un ton conspirateur.
Victoire esquissa un petit sourire timide qui la rendit encore plus adorable qu'à l'accoutumée. Ginny farfouilla dans son sac, qui avait fait l'objet d'un sort d'extension, et tendit un paquet soigneusement emballé à sa nièce.
« Une petite surprise pour ma nièce favorite. » annonça-t-elle.
Une lueur d'excitation apparut dans les yeux bleus de la fillette tandis qu'elle s'emparait du paquet.
« Maman, maman ! » s'exclama Victoire en français, à l'attention de sa mère qui venait de s'installer sur l'un des fauteuils du living room, laissant échapper un soupir de bien-être.
« Oui, mon hippogriffe ? » dit-elle d'une voix douce en caressant distraitement son ventre.
« Tante Ginny m'a offert un cadeau. Je peux l'ouvrir ? » questionna Victoire en montrant fièrement le paquet à sa mère.
Cette dernière hocha la tête et Victoire s'empressa de déchirer le papier cadeau, jetant les morceaux déchirés dans tous les sens. Les yeux de la petite fille s'écarquillèrent de surprise lorsqu'elle reconnut le contenu.
« Wow… » murmura-t-elle, stupéfaite, les yeux brillants de bonheur. « Maman, regarde ! C'est un Nimbus X Mini, comme celui que nous avons vu sur le Chemin de Traverse ! »
Du haut de ses six ans, Victoire était déjà une fanatique de Quidditch, à l'instar de son père et de sa tante.
Fleur observait avec stupéfaction le balai miniature, une version spécialement conçue pour les enfants.
« Ginny… » dit-elle, visiblement à court de mots.
Les cris surexcités de la petite fille avaient attiré l'attention de Bill qui fit irruption dans le séjour.
« Le dîner est bientôt prêt. Pourquoi fais-tu tout ce grabuge, Vicky ? » dit-il en s'approchant de Ginny pour l'étreindre rapidement, s'appliquant à ne pas la toucher avec ses mains enfarinées.
« Regarde ce que Tante Ginny m'a offert ! » s'écria Victoire. « Un Nimbus X Mini ! »
Le regard de Bill se posa sur le balai et il parut tout aussi stupéfié que sa femme. Il fronça les sourcils, comme s'il voulait faire un commentaire.
« Ginny, tu m'aides à terminer le dîner ? » demanda-t-il finalement d'une voix calme.
Ginny retint un soupir et acquiesça. Elle connaissait son frère sur le bout des doigts. Il prenait toujours ce ton lorsqu'il s'apprêtait à la sermonner. Elle suivit Bill dans la cuisine, où une délicieuse odeur planait dans l'air, émanant du four.
« Tu n'es pas venue la semaine dernière. » rappela Bill.
« J'ai eu un contretemps de dernière minute au travail. » expliqua-t-elle en saisissant des assiettes propres pour dresser la table. « Je suis désolée, j'ai oublié de vous prévenir. »
« Ce balai que tu as acheté pour Victoire est hors de prix, Ginny. Où as-tu trouvé cet argent ? » poursuivit Bill, ses sourcils froncés.
« J'ai fait beaucoup d'heures supplémentaires, ces derniers temps. Il y a tellement à faire à la boutique. » mentit-elle. « Et j'ai eu une augmentation. »
Elle ne voulait pas révéler à son frère la vérité sur son nouvel emploi au Ministère. S'il apprenait qu'elle travaillait pour la Gouverneure, il ferait une crise de panique. Elle savait que Bill ferait tout son possible pour la convaincre de démissionner. Il avait une crainte profonde de tout ce qui avait un lien avec les autorités du régime.
Bill l'observa d'un air attentif, comme s'il tentait de voir si elle disait la vérité. Ginny soutint son regard, gardant son sourire tranquille, pour ne pas éveiller ses soupçons.
« Tu sais que rien ne me fait plus plaisir que de gâter ma nièce chérie. » ajouta-t-elle d'une voix enjouée.
Elle disait vrai. Elle aurait probablement pu faire autre chose avec cet argent mais voir l'expression heureuse sur le visage de sa nièce n'avait pas de prix.
« C'est gentil de ta part, Ginny. » dit finalement Bill, ses traits s'adoucissant.
Ginny retint un soupir de soulagement. Connaissant son frère, elle s'attendait à ce qu'il insiste davantage. Même si elle aimait son frère de tout son cœur, elle avait parfois du mal à supporter ses tentatives de contrôler sa vie. Bill peinait à la considérer comme une adulte. A ses yeux, elle resterait toujours cette petite fille dont il avait la responsabilité.
« Qu'est-ce que tu nous prépares ? » demanda Ginny, pour changer le sujet de la conversation. « J'ai une faim de loup-garou. »
/
Hermione observa Ginny d'un air amusé tandis qu'elle exécutait des bonds surexcités dans leur living room étroit, après avoir écouté le récit de son rapprochement avec Théodore. Sans surprise, Ginny n'avait eu aucune difficulté à lui tirer les vers du nez en voyant Hermione arborer un sourire benêt pendant toute la soirée. Cette dernière avait fini par lui dire la vérité sur le baiser partagé avec Théodore.
Après quelques minutes de gesticulations exagérées, Ginny prit place aux côtés d'Hermione, les yeux remplis d'excitation.
« Comment c'était ? » demanda Ginny, d'humeur jubilatoire. « Je veux tout savoir. N'oublie pas un seul détail. »
« Je ne sais pas trop. » répondit Hermione, haussant les épaules avec embarras.
« Tu ne sais pas trop ? » répéta Ginny, scandalisée. « Allez Hermione, fais-moi rêver. »
« Que veux-tu que je te dise ? » demanda Hermione avec un soupir.
« Est-ce qu'il embrasse bien ? Il t'a pelotée ? Vous avez commencé à le faire sur son piano ? » demanda avidement Ginny.
« Non, Ginny ! » s'écria Hermione, ses joues prenant une couleur cramoisie. « On s'est juste embrassés et c'était particulièrement… agréable. Ça te suffit ? »
Ginny ricana devant la gêne apparente d'Hermione.
« Non, ça ne me suffit pas. » attesta Ginny avec dramatisme. « J'ai besoin de détails croustillants. Je veux juste combler le vide de ma vie amoureuse en vivant la tienne par substitution. »
« Sincèrement Ginny, j'ignore si toute cette situation est une bonne idée. » admit Hermione avec incertitude. « Avec son statut… »
« Non, non, non. Je ne veux pas entendre d'excuses. Je peux voir à des kilomètres à la ronde que ce type te plaît et ça a l'air plus que réciproque. » avança Ginny en secouant la tête. « Hermione, tu as le droit de te laisser aller parfois, tu le sais ? »
Hermione ne répondit pas bien que les paroles de Ginny sonnaient terriblement justes dans son esprit. Elle ressentait une attirance certaine envers Théodore, c'était un fait indéniable. Le baiser qu'ils avaient partagé avait agité ses sens de manière indescriptible.
Le statut de Théodore la rendait pourtant profondément mal à l'aise. Plus alarmant encore, lui ne semblait pas y porter la moindre attention. Les choses étaient cependant différentes pour un sorcier comme lui. Dans le régime, quelqu'un de son statut avait tous les droits. Hermione, en revanche, ne pouvait pas en dire autant. Agir comme bon lui semblait était un luxe dont elle ne disposait pas. Elle craignait les retombées.
« Pourquoi n'ai-je pas un Théodore dans ma vie ? » se plaignit soudainement Ginny avec une moue fâchée.
Le lendemain, lorsque Hermione entra dans le hall du Théâtre de Damasus le Décadent, sa nervosité refit surface. Elle ignorait comment agir après les évènements de la veille.
Comme chaque matin, elle se dirigea directement vers la bibliothèque privée du théâtre. A son entrée, une odeur agréable lui parvint aux narines et un regard bref vers le bureau qu'elle occupait habituellement l'aida à en identifier l'origine. Un bouquet de fleurs blanches était soigneusement disposé dans un vase en verre.
Hermione s'approcha du bureau, intriguée par les fleurs. Elle se pencha pour en inspirer le parfum. Immédiatement un son doux et chantant se fit entendre dans la pièce, semblable à un rire cristallin. Désarçonnée, Hermione jeta des regards autour d'elle.
« J'espère qu'elles te plaisent. » dit une voix derrière elle, la faisant sursauter.
Elle se retourna vivement et aperçut Théodore dans l'encadrement de la porte.
« Elles sont pour moi ? » interrogea Hermione d'une voix lente, effarée par l'attention.
« Évidemment. » répondit Théodore avec un rire. « Ce sont des renoncules fredonnantes. Une variété très rare qui chante parfois. Lorsqu'elle en a envie, du moins. »
« Elles sont magnifiques. » répondit Hermione en observant les pétales duveteux. « Ginny va probablement s'extasier. »
Elle grimaça intérieurement devant sa réponse ridicule. Était-ce vraiment la première chose qui lui était venue en tête ? Elle qui se targuait habituellement d'avoir un sens aigu de la répartie.
Elle jeta un regard embarrassé à Théodore qui parut lui aussi décontenancé par cette remarque. Il laissa finalement échapper un rire amusé. Hermione se détendit.
« Je…Je ne sais pas quoi dire. » dit-elle avec sincérité. « Merci. »
« Je t'en prie. Je voulais te remercier pour la journée d'hier. J'ai vraiment passé un excellent moment. » répondit-il sur le même ton.
Il avait paru particulièrement heureux la veille, lors de leur promenade à la découverte du Chemin de Traverse. Et encore plus lorsqu'ils avaient échangé ce baiser.
« Avec plaisir. » dit Hermione.
Il la rejoignit près du bureau. Il toucha délicatement l'une des fleurs dont les pétales s'écartèrent légèrement. De nouveau, le son qu'Hermione avait entendu quelques instants plus tôt, résonna dans la pièce.
« Elles peuvent rester aussi belles pendant une semaine. Mais elles deviennent silencieuses après trois jours. » expliqua Théodore.
Il se tourna dans sa direction, lui souriant chaleureusement et Hermione sentit de nouveau ce pincement dans sa poitrine. Elle réalisa qu'ils étaient de nouveau très proches. Elle retint son souffle, se perdant de nouveau dans ses yeux clairs. Elle fut traversée par la même envie que la veille – celle de sentir à nouveau ses lèvres pressées contre les siennes.
« Monsieur Nott ? » sollicita une voix, près de la porte.
Pour la troisième fois en l'espace de cinq minutes, Hermione sursauta de nouveau. Elle esquissa un geste de recul, s'efforçant de créer une distance appropriée avec Théodore. Hermione se tourna vers la porte et reconnut la directrice du théâtre, qu'elle croisait régulièrement en compagnie de Théodore.
« L'orchestre est prêt à reprendre, ils n'attendent plus que vous. » dit la femme d'un ton empressé.
Si elle avait remarqué la tension palpable entre Hermione et Théodore, elle n'en fit rien paraître.
« J'arrive dans un instant. » répondit Théodore à l'attention de la femme qui hocha la tête avant de disparaitre de nouveau.
Il se tourna vers Hermione, arborant une expression déçue.
« Le devoir m'appelle. » annonça-t-il avec un soupir. « J'espère qu'elles égayeront ta journée. »
Il avait désigné les fleurs d'un mouvement bref de la tête. Hermione acquiesça. Puis, saisie par une once de courage soudain, elle s'approcha de Théodore et posa ses lèvres sur les siennes. Le baiser fut rapide, mais il fut suffisant pour faire renaître cette agitation dans l'estomac qu'elle éprouvait toujours en sa compagnie.
Lorsqu'elle s'écarta, Théodore arborait un air agréablement surpris.
« Ça égaiera ma journée. Il n'y a aucun doute là-dessus. » assura-t-il, l'air rêveur, avant de quitter la pièce.
Hermione resta plongée sur un petit nuage pendant le reste de la matinée. Elle ne ressentit même pas son stress habituel à l'idée d'être en retard sur ses références. La mission que lui avait confiée Aelius Macmillan prenait bien plus de temps que prévu.
Théodore fut de retour en milieu d'après-midi et proposa à Hermione de faire un tour dans les jardins. Lors de la visite guidée qu'il avait donné à la jeune femme, lors de son premier jour de travail, ils n'avaient pas eu l'occasion de parcourir le jardin dans sa totalité.
La jeune femme frissonna lorsque Théodore prit sa main dans la sienne pendant qu'ils marchaient parmi les rangées de bosquets parfaitement taillés. A l'instar du théâtre, les jardins étaient eux-mêmes une œuvre d'art. Hermione fut surprise de voir l'état irréprochable de la végétation malgré la saison. Sans doute l'œuvre des elfes de maison qui entretenaient les lieux.
Comme la veille, sur le Chemin de Traverse, ils conversèrent pendant des heures, ne voyant pas le temps passer. Cette fois, ce fut au tour d'Hermione d'écouter les récits de Théodore dans des contrées lointaines. Elle n'avait pas eu l'occasion de beaucoup voyager dans sa vie. Puis, l'invasion du régime avait anéanti tous ses espoirs de visiter, un jour, d'autres pays. Malgré son jeune âge, Théodore semblait avoir réalisé un grand nombre de choses dans sa vie. Il dégageait même une certaine mélancolie qu'on trouvait généralement chez les personnes bien plus âgées. Malgré leurs différences évidentes de statut et d'éducation, lui aussi avait l'air d'avoir été confronté à des évènements qui avaient bousculé sa vie.
Pour une raison obscure, Hermione ne ressentait pas de retenue à se livrer à Théodore. Elle ne parvenait pas à expliquer ce sentiment. Après tout, ils se connaissaient depuis peu et elle aurait dû se montrer méfiante face à quelqu'un de son rang. Son instinct la persuadait toutefois du contraire. Avec Théodore, tout lui semblait évident. Lorsqu'ils étaient ensemble, tous ses doutes disparaissaient, faisant place à une envie irrépressible de profiter du moment présent - chose qu'elle peinait habituellement à faire. En temps normal, Hermione était constamment sur la réserve. Elle ne laissait généralement rien au hasard.
« C'était ton anniversaire, récemment ? » dit-il avec surprise, au détour de la conversation.
Elle hocha la tête.
« Ginny insiste pour organiser une fête à chaque fois. » dit Hermione avec un rire. « Cette année, j'ai réussi à la dissuader. »
Trop angoissée après la réception de cette mystérieuse missive, Hermione avait refusé toutes les tentatives de son amie de quitter son appartement pour célébrer son anniversaire.
« Tu n'aimes pas célébrer ton anniversaire ? » demanda-t-il, une lueur étonnée dans ses yeux pers.
« Je n'aime pas célébrer quoi que ce soit. Je déteste les fêtes » ajouta Hermione avec une grimace.
Elle détestait être le centre de l'attention, quelques soient les circonstances. Un silence s'installa. Théodore paraissait étrangement plongé dans ses pensées.
« Et le tien ? » demanda-t-elle.
« Il est dans quelques mois. » répondit-il d'un ton vague. « Et pour dire la vérité, je n'aime pas le fêter, non plus. »
« Pourquoi ? » interrogea Hermione avec curiosité.
« Disons que ce jour réveille des souvenirs désagréables pour ma famille. » répondit-il, la mine soudainement assombrie.
Il secoua la tête comme s'il s'efforçait d'ôter des pensées négatives de son esprit.
« Et c'est une belle journée, je ne voudrais pas la gâcher avec ça. » dit-il avec un sourire.
Il cessa de marcher, pointant du doigt quelque chose face à eux. Hermione suivit son regard et réalisa qu'ils venaient de s'arrêter devant une fontaine. Au centre, se dressait la statue d'une femme brandissant un arc, et s'apprêtant à lancer une flèche aiguisée. Une flute traversière était accrochée à sa taille.
« Elle représente l'inspiration artistique. » révéla Théodore. « On raconte que l'un de mes ancêtres a été touché par les flèches d'une Muse des bois. Depuis, tous ses descendants naissent avec un talent particulier. »
« Je ne suis pas certaine que les Muses des bois existent réellement. » s'empressa de rectifier Hermione d'un ton pragmatique. « Ce n'est qu'un folklore qui n'a jamais été confirmé. »
Sa remarque provoqua un rire bref chez Théodore.
« Ce n'est qu'une vieille histoire que mon grand-père racontait. J'ai de sérieux doutes sur sa véracité. » admit-il.
Ils poursuivirent la balade dans un silence tranquille, seulement interrompus par les bourdonnements des créatures dissimulées parmi les bosquets.
« Cet endroit est magnifique. » dit Hermione avec fascination tandis qu'ils s'installaient sur un banc en pierre naturelle avec des bords biseautés, finement sculptés.
« Tu devrais voir les jardins de notre domaine familial. Il est encore plus impressionnant. C'est la fierté de ma mère. » indiqua Théodore.
« Comment va-t-elle ? » demanda Hermione en se tournant dans sa direction.
Immédiatement, une expression préoccupée apparut sur les traits de Théodore.
« Elle prétend qu'elle va bien. Mais je la soupçonne de souffrir plus qu'elle ne le laisse paraître. » révela-t-il. « Ses traitements servent à supporter la douleur. Malheureusement, les Médicomages ne peuvent rien faire d'autre. »
Hermione se rapprocha de lui, réduisant l'espace entre eux et posa sa tête sur son épaule. Elle se sentait impuissante devant la situation. Elle espérait que sa présence pourrait apporter un réconfort à Théodore, même minime. Elle ne pouvait qu'imaginer la tristesse qu'il ressentait. Il glissa une main autour d'elle, caressant lentement sa taille.
« Je suis content que tu sois là, Hermione. » avoua Théodore.
Hermione se contenta de poser sa main sur la sienne en guise de réponse. Elle aussi était heureuse d'être en sa présence. Lorsqu'il était à proximité, ses doutes s'envolaient. Elle en oubliait presque leurs statuts respectifs et la distance qui les séparait dans le régime.
« J'aimerais vraiment que tu la rencontres. » dit finalement Théodore, après un moment de réflexion.
Hermione se redressa, lui jetant un regard stupéfait. La lueur dans ses yeux lui prouva toutefois qu'il était sérieux.
« Est-ce que c'est une bonne idée ? » commença Hermione, mal à l'aise.
Que Théodore ne partage pas les idées du régime était une chose mais rencontrer l'épouse d'un Gouverneur, membre du Coven des Treize Sacrés ? Cette requête était d'un autre niveau. L'idée lui paraissait terrifiante. Immédiatement, elle sentit une anxiété latente refaire surface. Théodore sembla remarquer sa soudaine panique car il s'empressa d'ajouter :
« Ma mère est différente. » lui assura-t-il avec véhémence. « Elle n'aura que faire de ton statut. Ce n'est pas de cette façon qu'elle m'a appris à juger les gens. »
Hermione n'était toutefois pas convaincue.
« Je sais que c'est rapide. » admit Théodore. « Mais dans les circonstances actuelles, je ne sais pas encore combien de temps il nous reste. »
Il avait ajouté cela à demi-mots et Hermione se sentit à nouveau submergée par cette vague de sympathie à son égard.
« Très bien. » concéda-t-elle finalement.
L'idée la rendait nerveuse mais être constamment sur la réserve l'épuisait. Théodore était l'homme le plus ouvert d'esprit qu'elle ait rencontré depuis son arrivée dans le régime. Cette attitude était manifestement le fruit de son éducation. Jusqu'à maintenant, il ne lui avait jamais donné de raison de douter. Elle voulait lui faire confiance.
Leurs regards se croisèrent et Hermione se sentit perdre pied, perdue dans ses yeux clairs, dont la teinte était si particulière. Lorsqu'il la regardait ainsi, elle avait l'impression que rien ne comptait autour d'eux. Théodore plaça une main sur sa joue, avant de déposer un baiser sur ses lèvres.
Les battements de son cœur s'étaient accélérés de manière incontrôlable. Hermione s'interrogea - était-il normal de ressentir un sentiment aussi fort pour quelqu'un en si peu de temps ? Ces sensations nouvelles la transportaient et l'effrayaient en même temps.
Hermione sentit une goutte d'eau tomber sur son front, suivie d'une dizaine d'autres, de manière rapprochée. Bientôt, une véritable averse s'abattit sur le jardin, et ils s'écartèrent, les cheveux et le visage trempés.
Hermione se releva, lâchant un rire nerveux tandis qu'un flot de gouttes d'eau ruisselait sur son visage. Théodore l'imita et saisit sa main, se mettant à courir en direction du théâtre. Il glissa sur l'une des dalles, manquant de chuter mais se rattrapa in-extremis sur une rampe du jardin. L'hilarité d'Hermione s'accrut et bientôt, Théodore rejoignit son fou rire. Ils s'empressèrent de rentrer pour s'abriter, ne remarquant pas les deux yeux qui les fixaient depuis déjà plusieurs minutes à travers la vitre, deux étages plus haut, avec une lueur de désapprobation.
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Les journées défilaient rapidement chez les Goules Insoumises, et à sa grande surprise, Hannah n'éprouva pas de difficultés à s'habituer à sa nouvelle vie. Bien que ce mode de vie soit éloigné du sien, elle fut étonnée par sa capacité à s'adapter à son nouveau quotidien.
Jamais de sa vie elle n'aurait pensé pouvoir faire preuve d'autant de courage. Elle avait toujours été une femme simple et sans histoires, parfois un peu craintive, qui n'aimait pas le conflit. Pourtant, la tragédie qu'elle avait vécue l'avait profondément changée. Hannah n'était plus cette jeune femme naïve et docile que son entourage connaissait.
Elle fut surprise de l'accueil que lui réservèrent les Insoumis. Malgré le fait qu'elle soit une parfaite inconnue pour eux, ils la traitaient comme une amie de longue date. Une atmosphère de solidarité, d'entraide et de détermination régnait dans les lieux. En dépit des conditions de vie difficiles, personne ne se plaignait et tous s'affairaient à rendre la vie plus facile pour leurs camarades. C'était l'opposé du régime purifié de Voldemort, où l'individualisme, la méfiance et l'intolérance régnaient en maîtres.
Depuis sa visite guidée de la base, Hannah n'avait pas revu Dean. Lorsqu'elle interrogea certains membres, personne ne sembla pouvoir lui fournir de réponses claires. Elle en déduisit qu'il était en mission.
A son grand étonnement, Hannah se lia d'amitié avec Terrence Higgs, et elle se retrouva à passer une grande partie de son temps en sa compagnie. Ils partageaient le même dégoût profond pour le régime. Elle se retrouvait dans ses opinions.
« Personnellement, je pense que nous sommes trop passifs. Nous devrions faire des choses plus impactantes, pour leur montrer de quoi nous sommes capables. » avança Higgs avec assurance, une lueur passionnée brillant dans ses yeux bleus. « La plupart des gens ici sont trop complaisants. Beaucoup d'entre eux viennent de zones libres et se sont cachés pour ne pas être arrêtés par les autorités. Ils n'ont pas vécu les horreurs du régime. Ils ne savent pas réellement ce qu'il s'y passe. »
D'un geste précautionneux, il enroula un fil ensorcelé autour d'une pierre taillée. Il s'agissait d'un piège explosif que les Insoumis plaçaient à la surface, non loin de la base. Lorsqu'une personne extérieure s'approchait trop près de leur abri, les pierres provoquaient une légère détonation pour prévenir les membres qu'une présence inconnue était en approche.
« Les Treize doivent payer pour ce qu'ils font subir aux Sang-Impurs et les gens qui s'opposent à eux. » poursuivit Higgs. « Nous ne devrions pas faire preuve de clémence. Après tout, ils n'en font pas preuve avec nous. »
Une fois terminée, il posa prudemment sa pierre explosive sur une pile non loin de lui. Hannah lui tendit une nouvelle pierre ainsi que le fil barbelé qu'elle avait soigneusement découpé.
« Je ne crois pas en la résistance passive. Je crois qu'on devrait plutôt les massacrer si nous en avons la moindre occasion. » ajouta-t-il avec fureur, une haine évidente audible dans sa voix. « Ce sont eux les sauvages et les brutes. Pas nous. Nous essayons simplement de survivre. »
Hannah resta silencieuse. Le discours d'Higgs était si différent de celui de Dean et pour dire la vérité, elle s'y identifiait davantage. Quelqu'un devait payer pour les souffrances continuelles vécues par les couches les plus désavantagées de la population du régime.
« Dans cette base, malheureusement, nous ne sommes pas beaucoup à penser ainsi. La plupart sont des pacifistes. » expliqua Higgs avec une grimace dégoûtée. « Des naïfs qui ne comprennent pas que nous devons combattre le feu par le feu. »
Higgs et Hannah se trouvaient dans le jardin artificiel du sous-sol, en compagnie de deux autres compagnons d'Higgs qui hochèrent la tête avec véhémence à ses paroles.
« Mais certains groupes de dissidents sont du même avis que nous. » ajouta-t-il avec satisfaction. « Pas vrai, Ritchie ? »
Higgs s'était tourné vers l'un de ses compagnons, un jeune homme à la peau basanée et aux cheveux bouclés qui répondait au nom de Ritchie Coote. Ce dernier acquiesça vivement.
« Mon ancienne faction s'appelle la Révolte du Yorkshire. » expliqua Ritchie. « On menait des vraies actions, on ne passait pas notre temps à se cacher comme des goules pour fuir l'ennemi. On manquait d'effectif, mais on avait plus de courage et d'audace qu'une armée de mille personnes. Aux dernières nouvelles, ils ont même refusé d'entrer dans le FLOP parce qu'ils n'aimaient pas l'approche du Phénix. »
Ce ne fut que quelques semaines plus tard qu'Hannah vit Dean. Elle le trouva assis dans le réfectoire. Elle vit que son bras était immobilisé dans un plâtre de fortune. Il lui fit signe de la rejoindre à sa table, lui adressant un grand sourire.
« Salut, Hannah. » dit-il d'un ton enjoué.
Il paraissait fatigué mais il n'avait pas perdu sa bonne humeur habituelle.
« J'en déduis que ta mission s'est bien passée ? » fit-elle remarquer.
« Si tu le déduis par le fait que je sois revenu en un seul morceau - alors oui. » répondit Dean, avec amusement.
Il termina son plat - des pommes de terre et ses saucisses. Les repas s'étaient sensiblement améliorés ces derniers jours, après l'arrivée d'un convoi de vivres.
« J'ai une bonne nouvelle pour toi. » annonça—t-il, après avoir terminé une large bouchée de pommes de terre.
Perplexe, Hannah leva un sourcil, l'encourageant à continuer.
« Tu n'es pas recherchée par les Aurors. » informa Dean.
Une vague de soulagement la parcourut. Cela signifiait que la mère de Jacob ne l'avait pas reconnue. Ils n'avaient donc pas pu remonter à sa vraie identité, réalisa-t-elle.
Même si cela ne faisait que quelques semaines qu'elle avait rejoint les Goules insoumises, son ancienne vie lui paraissait déjà si lointaine. Un mois auparavant, sa vie avait été un enchaînement de journées grisâtres et sans saveur. A l'époque, la seule chose qui lui procurait un semblant de bonheur étaient ses visites illicites chez les Rowle pour épier leurs faits et gestes avec Jacob.
« Ça signifie aussi que tu pourras partir en mission d'infiltration sur le terrain. » annonça Dean.
« Tu veux dire que je vais devoir y retourner ? » murmura-t-elle d'une petite voix.
Dean hocha la tête.
« Tu pourras nous aider de l'intérieur. » affirma-t-il.
Elle n'était pas certaine d'apprécier la perspective de retourner chez elle. Une partie d'elle était heureuse de pouvoir revoir Terry, afin de le rassurer. Pourtant, retourner vivre dans le régime après ce qu'elle avait vécu lui semblait insurmontable.
« Très bien. » dit-elle finalement, avec résignation.
Elle s'était engagée pour la cause et elle ferait tout son possible pour y contribuer. On ne lui avait pas donné de rôle particulier depuis son arrivée. Elle était fatiguée de rester au camp, sans missions intéressantes. Elle voulait se rendre utile, comme les autres.
Le lendemain, elle annonça la nouvelle à Higgs.
« C'est une excellente nouvelle, Hannah. » dit-il. « Tu pourras faire bien plus que nous autres qui sommes coincés dans ce trou. »
Il sembla réfléchir à toute vitesse, et elle sentit qu'une idée germait dans son esprit.
« Oui, c'est vraiment une bonne nouvelle pour nous. » répéta Higgs, en baissant la voix, comme s'il ne souhaitait pas être entendu par les personnes qui passaient dans le couloir.
Par nous, Higgs désignait le petit groupe qu'il avait formé avec Hannah, et ses deux autres compagnons. Ils étaient tous intéressés par des actes qui auraient plus d'impact.
« Maintenant que tu es sur le terrain pour nous, nous allons pouvoir faire des choses grandioses. Le bang qui fera peur au régime. » assura-t-il, une lueur calculatrice dans les yeux.
Leurs discussions extensives des dernières semaines avaient été assez explicites pour faire comprendre à Hannah la teneur des mots d'Higgs.
Le régime ne serait probablement pas prêt devant ce qu'ils préparaient.
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Draco tapota impatiemment le rebord de son miroir à double sens, jetant des regards répétitifs à l'horloge accrochée sur le mur. Il observait son interlocuteur d'un air profondément ennuyé, écoutant à peine les mots qui sortaient de sa bouche. Écouter le résumé des finances de l'hôtel en fin de journée était un véritable supplice. Son degré d'attention était limité lorsqu'il avait faim et le récit soporifique de cet employé rendait la chose encore plus intolérable. Finalement, ne supportant plus de voir les lèvres de son interlocuteur remuer inlassablement, Draco se redressa.
« Les fonds sont-ils conformes au budget, oui ou non ? » interrompit-il.
« Oui Monsieur. » répondit l'homme, pris au dépourvu par l'interruption peu courtoise.
« Vous auriez dû commencer par-là. » critiqua Draco avec irritation. « Bonne soirée. »
L'homme s'empressa de rassembler ses parchemins, avant de prendre congé. Draco quitta la pièce à sa suite. L'une des nouvelles assistantes, dont il avait oublié le nom, était installée à la réception du personnel.
« Monsieur Malfoy, j'ai informé votre mère que vous ne seriez pas présent pour le dîner. Et votre invitée est arrivée. » annonça-t-elle poliment.
« Où est-elle ? » demanda Draco, son intérêt de nouveau attisé.
« Dans votre salon privé, Monsieur. »
Draco hocha la tête avant de s'éloigner. L'hôtel comptait plusieurs ailes dont certaines possédaient des couloirs privés, permettant aux employés de se déplacer sans être vus par les clients, afin de respecter le standing de l'établissement.
Draco les empruntait en fin de soirée, lorsqu'il n'avait pas la patience de faire la conversation aux clients qu'il croisait, tous des individus aisés, qui payaient une fortune pour résider à l'Augurey Magistral et qui s'attendaient à un service impeccable. Il prit l'un des ascenseurs de service qui le conduisit au quatrième étage, dont l'aile Nord était réservée aux salles de réunions et aux salons privatisés. Lorsqu'il pénétra dans l'un d'eux, son regard tomba sur une jeune femme. Elle était de dos, se tenant devant un large buffet garni de mets succulents, que les employés avaient disposé dans la pièce à la demande de Draco.
« Pur soit le sang. » lança Draco d'une voix traînante.
Ginny se retourna vivement, lui faisant face.
« Victorieuse soit sa venue. » répondit-elle, la bouche pleine.
Il l'observa sans un mot tandis qu'elle avalait sa bouchée, visiblement gênée.
« L'attente se faisait longue et j'ai commencé à avoir faim. » se justifia-t-elle.
Dans son milieu, jamais une femme n'aurait fait preuve d'un manque d'étiquette aussi flagrant face à quelqu'un comme lui. Certaines auraient même préféré rester affamées plutôt que de se comporter de la sorte. Ces considérations ne semblaient toutefois pas frôler l'esprit de Ginny Weasley. Elle paraissait même trouver la situation amusante. Il pouvait voir à son expression qu'elle se retenait de rire.
« Vous attendez encore de la visite ? » demanda-t-elle, reprenant un air plus sérieux qui ne le convainquit guère.
« Qu'est ce qui te fait penser ça ? » interrogea Draco.
« Ce festin. » répondit-elle en haussant les épaules, désignant d'un geste de la main le buffet. « Vous organisez une fête ? »
La table était tellement fournie qu'elle aurait probablement pu nourrir une dizaine de personnes.
« Non. » dit Draco avec dédain avant de se diriger à son tour vers la table dressée. « Il n'y a que toi et moi, Ginevra. »
Il avait désigné un siège et Ginny suivit son regard, décontenancée par l'invitation. Elle s'approcha à son tour de la table, ne sachant visiblement pas sur quel pied danser. Ses yeux s'agrandirent lorsqu'elle réalisa que c'était pour elle que Draco avait tiré la chaise. Elle prit place, intriguée. Draco s'installa sur le siège face à elle. Immédiatement, un elfe de maison entra dans la pièce.
« Je n'ai aucune nouvelle information pour vous. » annonça Ginny, incertaine. « Vous m'aviez demandée de faire profil bas. »
« Ce n'est pas pour cette raison que je t'ai demandée de venir, ici » déclara Draco en dépliant sa serviette sur ses genoux.
« Dans ce cas, pourquoi suis-je ici ? J'imagine que vous ne vouliez pas m'inviter à dîner. » rétorqua Ginny.
« Il va sincèrement falloir que tu apprennes les bonnes manières. » prévint Draco tandis qu'il saisissait le verre d'hydromel que l'elfe venait de remplir. « Et éviter de dire absolument tout ce qui te passe par la tête. »
Elle parut sidérée par sa remarque et ses joues prirent même une couleur rosâtre. Ce n'était toutefois pas du fait d'un embarras quelconque - elle semblait contrariée par sa réponse.
« Oh, excusez-moi. J'imagine que les bonnes manières consistent à vous écouter me rabaisser sans vous interrompre ? » demanda-t-elle avec sarcasme.
La répartie provoqua un rictus amusé sur les lèvres de Draco. S'il devait admettre une chose, c'était que Ginny Weasley était d'une compagnie bien plus distrayante que son conseiller financier.
« Tu n'as aucune raison de te braquer autant, Ginevra. » indiqua-t-il d'une voix doucereuse. « Après tout, tu devrais être heureuse d'entendre la raison de ta venue. »
Une lueur de curiosité apparut dans les yeux noisette de la jeune femme et elle ne sembla plus porter attention à l'assiette que l'elfe venait de poser devant elle.
« J'ai besoin de connaître tes antécédents familiaux. » expliqua Draco en saisissant ses couverts. « Sans ça, je ne pourrais pas obtenir la Grâce ministérielle que tu souhaites pour ta famille. »
A l'entente de sa réponse, le visage de la jeune femme sembla s'éclairer. Pendant un court instant, elle ressembla à une petite fille remplie d'espoir. Elle l'observait comme s'il était Voldemort lui-même et qu'il tenait dans sa main l'objet de tous ses désirs.
Elle était si transparente, si émotionnelle, songea-t-il. Ses réactions lui étaient totalement étrangères. Pour dire la vérité, jamais de sa vie il n'avait eu besoin d'espérer obtenir quelque chose avec tant d'ardeur. Et quand bien même cela avait été le cas, jamais il ne l'aurait montré de manière si évidente.
« Que voulez-vous savoir ? » questionna-t-elle avidement.
« Tout. »
Il l'écouta attentivement tandis qu'elle lui détaillait sa situation familiale. Il apprit qu'elle avait été séparée d'une grande partie de sa famille pendant l'enfance, lors d'une invasion. Son père avait été ajouté à la liste de Dissidents potentiels, ce qui expliquait son statut de traîtresse à son sang.
« Mon frère et moi n'avons plus aucun contact avec eux. » dit-elle. « Ce n'est pas juste que nous devions en subir les conséquences. Nous n'étions que des enfants et… »
« Les règles sont les règles. Et elles sont valables pour tout le monde. » interrompit Draco d'une voix détachée, peu intéressé par ses griefs.
« Mais vous avez le pouvoir de faire quelque chose, n'est-ce pas ? » dit-elle, s'efforçant de dissimuler son emportement, sans succès. « Votre famille… Votre père est Gouverneur. »
« Réfléchis, Weasley. Quelle image aurait-on d'une famille du Coven qui distribue des pardons à tout va, à tous les Sang-Impurs ? » demanda-t-il en levant les yeux au ciel. « Malgré ce que tu sembles croire, nous n'avons pas le pouvoir de faire tout ce que nous souhaitons. »
Les décrets liés à la pureté du sang étaient les principes fondateurs du Royaume-Uni purifié. Ces règles étaient au-dessus de tout - des Treize sacrés, du Coven formé par les Gouverneurs, et même du Ministre de la Magie. Elles auraient probablement été au-dessus de Voldemort lui-même s'il avait encore été en vie.
C'était grâce à l'existence de ces principes qu'il régnait un ordre dans la communauté. Toute déviation causait une menace potentielle et laissait place au chaos.
« Vous m'aviez dit que vous pouviez faire quelque chose. Nous avons passé un marché. » rugit-elle, une lueur blessée dans les yeux.
« Je sais exactement ce que j'ai dit. Tu dois comprendre que ce genre d'accord est fait dans l'ombre. Ces discussions prennent du temps. » rétorqua Draco sur le ton de l'évidence.
« Dans ce cas, que dois-je faire pour que ces discussions se fassent plus rapidement ? » demanda-t-elle d'une voix résolue, ses yeux plantés dans les siens, l'observant intensément.
Draco ne répondit pas à sa question. Et pour cause, il ne l'écoutait même plus. L'incertitude avait quitté les traits de Ginny, remplacée par une détermination nouvelle qui l'intrigua.
La seule chose qui captait désormais l'attention de Draco était cette soudaine fougue dans l'attitude de la jeune femme et cette lueur ardente dans son regard. Cela fit immédiatement naître des idées peu appropriées dans son esprit.
Il ne put s'empêcher d'imaginer à quoi ressemblerait Ginny Weasley dans son lit, ses mèches d'un rouge ardent répandues sur ses draps, formant une couronne de feu, tandis que ses yeux affichaient cette même lueur impétueuse.
« Alors ? » insista-elle, le regard toujours rivé dans sa direction.
Ce serait tellement simple, songea-t-il, tandis que son regard s'abaissait sur la blouse près du corps qu'elle portait et qui épousait parfaitement ses formes. Il serait tellement simple d'obtenir quelques faveurs de sa part, s'il le désirait. Elle semblait prête à tout.
Draco se força à chasser ces idées de son esprit, se condamnant mentalement d'avoir des pensées de la sorte. Il était un homme mature, désormais. Il n'était plus ce jeune garçon qui se laissait dicter par ses envies primitives. Il avait un plan - une stratégie savamment réfléchie et il devait s'y tenir. Il était primordial qu'il pense sur le long terme au lieu de laisser libre court à ses désirs immédiats. Il avait encore tellement à prouver pour se montrer à la hauteur des attentes de ses parents. Cela devait rester sa seule priorité.
Et Voldemort le savait, Draco était un homme avec des standards. Jamais il ne s'abaisserait à toucher une femme de rang inférieur, aussi attirante soit-elle. Il y avait bien d'autres femmes, de bon rang, prêtes à se jeter sur lui s'il lançait un seul regard dans leur direction. Draco s'empara de son verre et le porta à ses lèvres, appréciant le contact froid de l'hydromel dans sa trachée soudainement devenue sèche.
« La patience est une vertu, Ginevra. » répondit-il finalement d'une voix traînante. « C'est une partie d'échecs qui est en train de se jouer ici. »
Il ne manqua pas la frustration sur les traits de la jeune femme. Elle garda toutefois le silence et pendant les minutes suivantes, seul le son des couverts et de la vaisselle se firent entendre.
« Très bien. Si je dois encore patienter de manière indéterminée pour obtenir ma récompense, j'aimerais une autre faveur. » lança-t-elle soudainement.
« Qu'est-ce qui te fait croire que tu es en mesure de négocier ? » interrogea-t-il avec une expression moqueuse.
Elle haussa les épaules, ne semblant pas déphasée par sa question.
« Vous vouliez que je sois motivée, n'est-ce pas ? » rétorqua-t-elle en levant un sourcil. « Et vous avez vu de quoi j'étais capable jusqu'à maintenant. Vous m'avez sous-estimée. Vous-même l'avez admis. »
Elle reposa sa fourchette aux côtés de son assiette, l'observant avec défi. Immédiatement, l'elfe de maison s'approcha de la table pour débarrasser la vaisselle du plat principal.
« Vous obtenez des informations régulières de ma part. Ca me semble juste et logique que j'obtienne aussi une gratification temporaire. » déclara-t-elle.
Draco savait pertinemment que les termes actuels de leur marché le rendaient clairement gagnant. Il n'était pas étonnant qu'elle tente désormais de niveler les cartes. Bien que Draco ne soit pas du genre à marchander facilement, sa curiosité prit le dessus. Que lui demanderait-elle ? De l'argent ? Un accès ? Des avantages particuliers ? Il était curieux de découvrir les motivations profondes et les désirs intrinsèques qui animaient une femme dans son genre.
« Que veux-tu ? » interrogea-t-il d'une voix égale.
Il jeta un coup d'œil bref à l'assiette de dessert que l'elfe venait de poser devant lui - un confit de framboises, accompagné d'une meringue.
« Ma nièce doit entrer à l'école cette année. Je veux qu'elle puisse entrer dans un établissement correct. » déclara-t-elle d'une voix ferme.
Elle saisit sa petite cuillère, la plongeant dans le dessert avant de la porter à sa bouche. Elle garda les yeux fermés pendant un court moment, semblant savourer le met.
« Et bien évidemment, vous allez payer pour ses frais de scolarité. » ajouta-t-elle.
De tout ce qu'elle aurait pu lui demander, elle avait encore sollicité une requête pour le compte de quelqu'un d'autre. Curieux, pensa-t-il. De quelle planète venait-elle ? Pourquoi ne mettait-elle pas ses propres désirs en avant ?
Si Draco avait retenu une leçon dès son plus jeune âge, c'était que tout le monde avait un prix. Le statut puissant de sa famille et leurs ressources inépuisables leur conféraient un avantage certain qu'ils n'avaient jamais manqué d'utiliser. Il ne croyait pas en l'altruisme détaché de la jeune femme. Tout le monde avait un prix, y compris Ginny Weasley. Il parviendrait à trouver le sien.
« Entendu. » déclara-t-il.
Il vit les yeux de Ginny s'écarquiller légèrement, visiblement médusée de ne pas avoir dû négocier davantage. La vérité était que sa demande était ridicule et facilement obtenable pour quelqu'un comme lui. Si cela était suffisant pour la motiver, il était disposé à accepter.
« Je ne pensais pas que cette sensation serait si agréable. » admit Ginny d'un ton satisfait.
Elle soupira de contentement tandis qu'elle savourait sa dernière bouchée. Draco l'observa avec perplexité, confus devant sa remarque.
« Quelle sensation ? »
« Celle d'avoir une cuillère en argent dans la bouche. » répondit la jeune femme d'un ton guilleret.
Cette provocation aurait probablement dû irriter Draco mais elle eut l'effet contraire. Il esquissa un rictus.
« C'est un jeu dangereux auquel tu joues là, Ginevra. » fit-il remarquer. « Je ne sais pas si j'apprécie ton insolence. Certaines personnes ont été punies pour moins que ça. »
Même si son ton était neutre, il était assez sérieux pour contenir une once de menace.
Une lueur d'incertitude passa dans les yeux de la jeune femme, mais elle disparut rapidement.
« Vous ne me ferez rien. » argua-t-elle.
Elle avait affirmé cela d'un ton qui se voulait sûr de lui mais Draco pouvait deviner à son inflexion qu'elle feignait l'assurance. Cela ne l'amusait que davantage.
« Tu sembles bien certaine de tes dires. » dit-il d'un ton railleur.
« Vous avez besoin de moi. » rappela Ginny.
Les lèvres de Draco s'étirèrent en un rictus ouvertement moqueur, provoquant le regard intrigué de Ginny. Cette nouvelle confiance en elle qu'elle paradait l'amusait plus qu'il ne voulait le laisser paraître. Et s'il devait être totalement honnête, il la trouvait particulièrement divertissante. Tandis qu'il observait la jeune femme avec attention, Draco réalisa qu'il s'était trompé.
Ginny Weasley allait assurément lui apporter une distraction plus stimulante que prévue.
J'espère que ce chapitre vous a plu ! Beaucoup de choses à débriefer...
- Ginny qui commence à tenir tête à cette **insérer l'insulte de votre choix** de Mandy, ça fait du bien quand même, non ? (L'insulte la plus créative gagne un chocogrenouille)
- Hermione et Théodore qui vivent dans leur petit monde. Clairement ça ne va pas plaire à tout le monde... Le début des ennuis ? Rien n'est moins sûr.
- Hannah qui va officiellement retourner dans le régime. Que pensez-vous de son intérêt pour les idées de Higgs ? ? Et comment va réagir son mari ?
- Le dîner aux chandelles entre Draco et Ginny (Oui, pour le romantisme des chandelles on repassera) On dirait que Draco lui aussi préfère quand notre Ginny nationale est insubordonnée... Il commence même vraiment à la regarder d'un autre œil... Quelqu'un me dit à l'oreillette que ça promet des choses très inappropriées par la suite.
J'ai hâte de savoir ce que vous en avez pensé donc laissez une petite review !
A bientôt pour la suite…
Fearless (une goule insoumise)
