Valeur et vigueur,

Que de mieux qu'un nouveau chapitre en cette Saint Valentin ? N'allez pas ensuite dire que Fearless ne vous aime pas hein ! Des chocolats en particuliers pour Jiwalumy, Fleur d'Ange, Nanew14, cocofraise et Lestrange-maria. Promis, ce n'est pas un cadeau empoisonné.

Montage / playlist à retrouver sur mon profil !

XXXV. A la Croisée des Chemins

Tonks inspira profondément, le bras posé contre le tronc d'un arbre, s'efforçant d'apaiser son cœur battant et d'ignorer la sensation désagréable qui tiraillait son estomac. Elle saisit sa gourde et pressa l'ouverture contre ses lèvres sèches d'un geste fébrile. Elle gargarisa deux gorgées d'eau avant de les recracher au sol et d'essuyer sa bouche. Elle resta immobile pendant de longues secondes, les yeux fermement clos, comme pour regagner une once d'énergie.

« Tonks ? » s'exclama une voix familière, au loin.

Elle rouvrit les yeux et se redressa, sur le qui-vive. Quelques instants plus tard, elle distingua la silhouette bien bâtie de Sirius Black émerger des arbres. Ses yeux noirs observèrent Tonks avec attention tandis qu'elle arrivait à sa hauteur.

« Tout va bien ? » demanda-t-il d'une voix modulée.

Tonks s'empressa de hocher la tête.

« Du tonnerre. Je n'en dirais pas autant de ma vessie. J'ai l'impression d'être une grand-mère. » dit-elle avec un sourire auto dénigrant qui sembla amuser Sirius. « Désolée de vous avoir fait attendre. »

« Ce n'est rien. Si c'est trop pour toi, je veux que tu me le dises. » insista-t-il, prenant cet air de grand frère qu'il adorait employer avec elle et qui l'agaçait parfois. « Pas la peine de jouer les femmes fortes avec moi, j'ai changé tes couches, tu sais. »

Il avait ajouté cela avec son éternel rictus railleur – celui qu'elle voulait arracher de son visage à chaque fois qu'il l'arborait. Elle se contenta pourtant de secouer la tête.

« Tout va pour le mieux. » mentit Tonks.

Elle ne voulait pas lui montrer à quel point le voyage l'affectait. Les symptômes de sa grossesse naissante étaient difficiles à supporter. Elle était constamment épuisée. Elle avait entendu parler des symptômes par le passé, mais elle n'aurait jamais imaginé qu'ils seraient aussi intenses. Les nausées qui l'assaillaient à chaque minute de la journée étaient insupportables. Elle n'avait pas encore trouvé un moyen de les apaiser.

Quelques minutes plus tôt, elle s'était sentit traversée d'un violent vertige et avait prétexté une envie pressante pour pouvoir s'éloigner du petit groupe, ne désirant pas leur montrer son état. Elle ne voulait pas être un fardeau.

Tonks le savait - si Sirius se rendait compte de son mal-être, il n'hésiterait pas un seul instant à faire marche arrière et retourner au QG des Goules Insoumises. Leur voyage n'avait commencé que la veille et ils étaient encore trop loin de leur but. Convaincre Sirius de la laisser voyager avec lui n'avait pas été une mince affaire et elle ne voulait pas flancher maintenant.

Il avait accepté de l'emmener dans la base de l'Ordre du Phénix. Leurs moyens de locomotion étaient toutefois limités et ils avaient décidé de faire la majorité de la route à travers des bois, moins fréquentés par les forces de l'ordre. Il leur était plus facile de passer inaperçus et d'éviter les groupes de Rafleurs qui pullulaient sur le territoire, à la recherche de Dissidents. Depuis l'attentat, leur nombre s'était multiplié et les routes étaient devenues presque impraticables. Le gouvernement avait augmenté les primes données aux Rafleurs en échange de la capture de Dissidents. Le butin était même doublé s'ils ramenaient le captif vivant. Dans ce contexte, les voyages n'étaient donc pas conseillés.

Le Gouvernement avait récemment levé le couvre-feu placé sur les Sang-Impurs - une mesure accueillie avec soulagement à travers le pays. Les restrictions avaient été difficiles à vivre. Tonks était bien placée pour le savoir. Le moral était au plus bas dans les sous-sols des Goules Insoumises. Les membres n'avaient quasiment pas pu sortir de terre pendant des mois. La découverte de la trahison de Maugrey et des autres extrémistes qui se cachaient dans leurs rangs avait été un coup supplémentaire.

Sirius et Tonks, accompagnés de trois autres compagnons, avaient commencé leur périple à pied. Ils accompliraient une partie du voyage en diligence, lorsqu'ils rejoindraient le prochain point de rendez-vous. La dernière partie du voyage se ferait en balai.

Il leur était impossible de transplaner. Le gouvernement avait apposé sur le territoire un puissant sort anti-transplanage. Ils ne pouvaient pas non plus se risquer à utiliser le réseau de cheminées ni de portoloins, tous étroitement contrôlés par le Ministère.

« Allons-y. Nous ne pouvons pas rester ici trop longtemps. » annonça Sirius tandis qu'ils rejoignaient le reste du groupe. « Nous arrivons au point de rendez-vous dans deux heures. »

Il observait un instrument ressemblant vaguement à une boussole et vérifiait de temps à autre une carte, dont les indications s'effaçaient immédiatement lorsqu'il la quittait des yeux. Avant le départ, Sirius lui avait expliqué brièvement qu'ils devraient faire une première halte pendant le voyage. Une autre faction de la Résistance était située dans les environs.

Entendre une indication de temps soulagea Tonks. Ne pas savoir combien de temps ils devraient se déplacer dans ces conditions avait été stressant pour elle.

« Tu peux le faire, Tonks. » s'encouragea-t-elle.

À son grand soulagement, ils arrivèrent plus vite que prévu. Sirius s'arrêta devant ce qui ressemblait à un champ dégagé. Il leva la main, faisant signe à ses compagnons d'attendre. Tonks le vit triturer quelque chose sur sa boussole. Quelques secondes plus tard, elle vit un homme court au crâne chauve et la barbe mal rasée jaillir de nulle part devant eux. Il portait un manteau marron en cuir ainsi qu'un masque gris sale. Autour de sa nuque, un énorme collier en or pendait. Une odeur de transpiration mêlée à l'alcool se dégageait de lui. Ses petits yeux perçants se posèrent sur le groupe, et il les observa avec méfiance, tour à tour.

« Mot de passe ? » demanda-t-il.

« La responsabilité appelle à la désobéissance. » répondit Sirius d'une voix tranquille.

L'homme hocha la tête, perdant son air méfiant.

« Liberté et dignité. » dit-il avec un sourire, affichant des dents en piteux état. « Black, quel plaisir de te revoir. Ça faisait un bail. »

Sirius le toisa de cet air hautain qu'il arborait parfois, comme si l'homme était une tâche disgracieuse sur sa chaussure parfaitement lustrée.

« Fletcher. » répliqua-t-il d'un ton un peu dédaigneux.

Fletcher esquissa un petit sourire gêné devant Sirius et Tonks sentit une tension palpable entre les deux hommes. Cela attisa sa curiosité. Mondingus Fletcher était une petite frappe connue pour ses activités de recel diverses et variées. Il était infiltré dans le régime, fréquentant activement le milieu de la pègre dans lequel il organisait des activités de passeurs. Cette activité était des plus utiles pour la Résistance.

« Allons-y, avant que les protections ne se referment. » les hâta Mondingus en désignant d'un geste de la tête l'endroit où il venait d'entrer - en apparence totalement vide.

Sirius fit signe au groupe de suivre l'homme. Tonks emboîta le pas à ce dernier et sentit son corps traverser un champ magnétique à la texture humide qui la refroidit pendant un bref instant. Ses yeux s'écarquillèrent légèrement. A la place du champ vide observé quelques instants plus tôt, elle voyait désormais d'imposantes caravanes entreposées un peu partout sur la vaste étendue d'herbe. Des créatures cornues broutaient tranquillement l'herbe, tandis que des personnes marchaient ou discutaient avec animation autour de tables de fortune. Il s'agissait d'un gigantesque campement.

La Ruée Hostile était une autre faction de la Résistance, récemment entrée dans le FLOP. Contrairement au reste des factions, ils vivaient un mode de vie complètement nomade, ne restant que très rarement au même endroit. Ils n'emportaient avec eux que le nécessaire et leur capacité de camouflage et leur flexibilité avaient toujours laissé Tonks admirative. Elle n'imaginait pas la logistique et l'organisation nécessaires pour pouvoir maintenir ce mode de vie.

Malgré les nombreux désavantages que comprenait le fait de vivre sous terre comme les Goules Insoumises, cela avait au moins le bénéfice d'avoir un endroit qu'ils pouvaient qualifier de foyer, et dans lequel ils retrouvaient leurs habitudes, renforçant un sentiment d'appartenance. Les membres de la Ruée Hostile était en mouvement perpétuel et ne pouvaient qualifier aucun endroit de foyer.

« Où est Hestia ? » demanda Sirius d'une voix impérieuse à l'attention de Mondingus.

« Dans sa caravane. Elle vous attend. » indiqua l'homme. « Suivez-moi. »

Ils suivirent Mondingus à travers le campement, où une odeur de viande séchée omniprésente planait dans l'air. Tonks aperçut des larges morceaux de viande tournoyer autour d'une broche en lévitation, au-dessus d'un feu ardent.

Elle s'arrêta brusquement lorsqu'elle vit un groupe d'enfants courir devant elle, riant bruyamment tandis qu'une femme les pistait, hors d'haleine.

« C'est l'heure du bain ! » s'écria-t-elle d'un ton autoritaire avec lassitude. « Merlin, ils sont pires que des gnomes. »

Tonks observa la scène avec surprise et affection. Instinctivement, elle posa une main sur son ventre, qui n'affichait encore aucune preuve de sa grossesse naissante. Elle croisa le regard de Sirius qui la fixait avec un silence qui en disait pourtant long. Elle se sentit rougir et se remit en marche.

Mondingus les conduisit face à une imposante caravane d'un rouge vermeil. Une gigantesque créature cornue broutait à l'intérieur d'un enclos de fortune placé autour de la caravane, pendant qu'une femme retirait l'équipement qui attachait la créature à la roulotte. Il s'agissait d'une femme brune d'une quarantaine d'années à la silhouette athlétique, avec une coupe à la garçonne. Elle avait revêtu des larges bottes de pluie. Elle s'essuya le front à l'aide d'une petite serviette.

« Nos invités sont arrivés, cheffe. » annonça Mondingus d'un ton pompeux qui sonnait affreusement faux.

« Merci, Mondingus. » répondit Hestia avec reconnaissance.

Hestia Jones était la fondatrice de La Ruée Hostile. Elle avait été membre de l'Armée de Dumbledore avant sa dissolution. A cause de 'différences d'opinions', elle avait décidé de se distancer du groupe afin de commencer son propre mouvement.

Même si Tonks n'avait jamais été particulièrement proche d'Hestia, elle l'avait toujours secrètement admirée et observée en modèle. Son leadership était remarquable et elle gérait son groupe d'une main ferme. Tous les membres de sa faction semblaient lui vouer une loyauté inflexible. Tonks aurait voulu lui ressembler. Elle enviait son calme à toute épreuve et sa manière de convaincre les autres de manière rationnelle.

Les membres de la Ruée Hostile étaient des travailleurs acharnés. Bien qu'ils ne soient pas doués en combat, leur utilité se trouvait dans des aptitudes plus pratiques et inestimables : guérisseurs, des potionnistes, dompteurs de créatures magiques ou encore contreurs de sorts remplissaient leurs rangs. Ces capacités étaient indispensables à la survie et au développement d'une communauté. En temps de guerre, ces fonctions dites ''de support'', pouvaient faire toute la différence. C'était pour cette raison que le Phénix avait voulu les recruter à tout prix au sein du FLOP.

« Liberté et dignité. » salua Hestia avec un sourire avenant.

« La vérité nous rendra libres. » répondirent en chœur les nouveaux arrivants.

« Bienvenue chez vous, mes amis. Comment s'est passé le voyage ? » interrogea Hestia avec intérêt.

« Pas trop de déboires. » l'informa Sirius. « Juste quelques Rafleurs insistants au niveau de Cheltenham. Mais rien que nous n'ayons pas pu gérer discrètement. »

Devant Hestia, il avait perdu l'air hostile qu'il arborait face à Mondingus. Tonks savait qu'Hestia était une vieille amie de Sirius. Elle pensait même qu'ils avaient eu une liaison, bien des années plus tôt. Sirius avait toujours eu un charme évident sur la gent féminine. L'air qu'Hestia arbora lui prouva que le charme de ce dernier était toujours bien présent.

« Heureuse de l'entendre. Nous étions sur la côte, près de Portishead avant d'atterrir ici. » expliqua Hestia. « Depuis que le Ministère a augmenté les primes, ils sont plus nombreux. Heureusement pour nous, la plupart d'entre eux sont des idiots finis. »

« Si ces bras cassés étaient un minimum intelligents, ils auraient terminé Mangemorts et non Rafleurs. » déclara Sirius avec moquerie. « Combien de temps allez-vous établir le campement ici ? »

« Trois jours au maximum. Nous évitons de stationner plus longtemps que ça, ces derniers temps. Nous avons dû quitter l'avant dernier campement au bout de trente-six heures seulement à cause d'un raid de Mangemorts dans un pub du coin. Ils se sont retrouvés à seulement quelques mètres de nos éclaireurs. » indiqua gravement Hestia. « Je ne veux pas jouer avec le feu et mettre mes hommes en danger. »

Elle fit signe à un jeune homme qui passait.

« J'ai préparé des caravanes pour vous. » indiqua Hestia. « Mitch va vous installer. »

Sirius se tourna vers les trois autres personnes qui formaient leur groupe de voyageurs.

« Laissez-le vous accompagner aux caravanes et reposez-vous. Nous nous retrouverons plus tard. » indiqua—t-il.

Ils hochèrent la tête avant de suivre le dénommé Mitch.

« Je vous offre une tasse de thé ? » demanda Hestia à l'attention de Sirius et Tonks.

« Ça ne serait pas de refus. » accepta Sirius avec reconnaissance.

« Merci Mondingus. Je te ferai signe si nous avons besoin de quoi que ce soit. » indiqua Hestia tandis qu'elle ouvrait la porte de sa caravane, invitant Sirius et Tonks à entrer.

A l'intérieur de la caravane, le confort était rudimentaire mais utilitaire. Une petite cuisine, un coin salon et salle à manger avec une table jonchée de parchemins et de cartes. Au fond de la caravane, on apercevait un lit.

Hestia agita sa baguette vers une théière qui s'activa pour chauffer de l'eau. Les cabinets s'ouvrirent, et des petites tasses lévitèrent dans l'air pour venir se poser sur la table. Tonks s'installa sur un petit tabouret.

« Tu t'entoures toujours de cette crapule de Mondingus ? » demanda Sirius d'une voix désapprobatrice.

« C'est peut-être une crapule, mais ses connexions valent de l'or. » temporisa Hestia. « Et il s'est toujours montré loyal envers moi. »

Sirius ne sembla pas totalement convaincu mais n'insista pas davantage.

« J'ai entendu la nouvelle. Au sujet de Maugrey. » indiqua gravement Hestia en secouant la tête, l'air dépité.

Sirius soupira, une expression de rancœur apparaissant sur son visage séduisant.

« Mais pour être totalement honnête, ça ne m'a pas choqué. » admit Hestia. « Il n'a jamais fait dans la dentelle. »

Sirius jeta un regard bref vers Tonks dont la gorge s'était nouée. Penser à la trahison de Maugrey était toujours aussi douloureux. Savoir qu'elle était également la principale fautive dans son évasion était encore plus dur à vivre. Elle n'avait pas cessé de se blâmer, depuis.

« La vérité c'est que ça aurait pu être n'importe qui. Et ce n'est pas terminé. Les extrémistes sont plus nombreux que nous le pensons. » dit Hestia comme si elle avait surpris l'échange de regards entre Sirius et Tonks.

Elle avait toujours été très observatrice.

« J'ai reçu des nouvelles de mes éclaireurs, la semaine dernière. L'un d'eux a reconnu quelqu'un qui ressemblait à Maugrey. » indiqua Hestia. « Près de Gloucester. »

« Gloucester. » répéta lentement Sirius en fronçant les sourcils. « Intéressant. »

Hestia hocha la tête, comme si elle avait également saisi en quoi cette information était intéressante. Tonks ne comprit pas de quoi il s'agissait mais elle ne chercha pas non plus à creuser davantage. Même si elle n'avait pas complètement été démise de ses fonctions de cheffe des Goules Insoumises, elle avait complètement abandonné ses responsabilités.

« Tu as des nouvelles de Remus ? » demanda soudain Sirius.

Sa question fit sortir Tonks de sa léthargie, piquant de nouveau son intérêt.

« Il ne devrait pas tarder, si j'en crois les dernières nouvelles. Je lui ai indiqué notre localisation, et je crois qu'il arrivera seul. » informa Hestia en sirotant tranquillement sa tasse de thé fumante.

« R-Remus va venir ici ? » balbutia Tonks avec effarement, à l'attention de Sirius.

Ce dernier hocha calmement de la tête.

« Il était aussi en mission. J'ai pensé qu'il serait plus simple de se donner rendez-vous ici afin de continuer le voyage tous ensemble. Après les trois jours de campement, nous continuerons la route avec la Ruée Hostile jusqu'à Thetford. On se sépare à cet endroit pour rejoindre la base de l'Ordre. » expliqua Sirius d'un ton laconique sans la regarder dans les yeux.

Tonks lui jeta un regard effaré, choquée par ce qu'elle entendait et par son ton désinvolte. Elle abhorrait cette manière que Sirius avait, à toujours prendre des décisions et à ne pas la mettre dans la confidence. Une habitude horripilante qu'il partageait avec Remus. Sirius savait que Remus les retrouverait en route et il s'était gardé de lui partager cette information pourtant cruciale.

Tonks sentit l'anxiété la parcourir. Elle s'était attendue à avoir davantage de temps avant de le revoir. Cela lui aurait permis de réfléchir à la manière dont elle lui annoncerait sa grossesse. Elle voulait trouver les mots justes. Avec l'arrivée imminente de Remus, elle ne se sentait pas encore prête.

Elle savait pourtant pourquoi Sirius avait omis cette information. Il voulait s'assurer qu'elle révèle la vérité rapidement à Remus et qu'elle n'ait pas le temps de se dégonfler à la dernière minute. Il la connaissait trop bien.

Tonks écouta à peine le reste de la conversation d'Hestia et Sirius, le regard perdu dans la tasse de thé qu'elle avait laissée intacte et qui commençait à se refroidir, ses pensées rivées vers l'arrivée imminente de Remus.

Ils prirent congé une heure plus tard, quittant la caravane d'Hestia. Le campement était désormais silencieux et l'animation qui régnait à leur arrivée s'était estompée.

« Tu aurais dû me prévenir que Remus serait ici. » s'exclama-t-elle d'un ton accusateur pendant qu'ils prenaient la direction indiquée par Hestia.

Sirius soupira avec lassitude, passant une main dans sa chevelure soyeuse.

« J'avais l'espoir que tu décides de rester chez les Goules. » admit-il. « Et si je te parlais de Remus, je n'aurais jamais pu te dissuader de partir. Mais j'aurais dû savoir que tu insisterais pour venir, dans tous les cas. Parfois, j'oublie à quel point tu es têtue. »

« Tu n'as pas le droit de prendre des décisions pour moi, Sirius. » répondit Tonks, sa voix tremblant de colère.

Son ton sembla surprendre Sirius. Il était rare qu'elle élève la voix contre lui. Toutefois, elle était fatiguée de la manière dont lui et Remus la traitaient. Cette attitude que Maugrey avait parfois montré à son égard. Comme si elle était une petite fille incapable de faire ses choix seule et qui avait besoin qu'un homme dicte ses actes.

« Tu as raison. Je suis désolé. » admit Sirius d'un ton résigné.

Elle lui adressa un regard effaré, désarçonnée par ses excuses rapides. Il n'était pas le genre à facilement reconnaître ses erreurs.

« Maintenant que nous en sommes aux confessions, j'en ai une autre à te faire. » ajouta Sirius, une expression gênée sur le visage.

Tonks lui jeta un regard outré. Qu'avait-il encore fait ?

« J'ai peut-être dit à Hestia que tu étais enceinte. » informa Sirius.

Tonks ouvrit la bouche, médusée par ce qu'elle entendait.

« Pourquoi, par Merlin, as-tu … » commença-t-elle avec indignation.

« L'un de ses Guérisseurs pourra t'examiner. J'ai pensé que ça te rassurerait. » interrompit Sirius en haussant les épaules.

Même si elle détestait cette facilité qu'il avait de faire intrusion dans sa vie privée, elle devait reconnaître qu'elle appréciait l'attention. Après tout, Sirius n'avait que son bien-être en tête. Ils se serraient les coudes, car ils étaient de la même famille.

Tonks ignorait comment appréhender cette grossesse. Elle sentait déjà son corps traverser des changements et elle s'habituait à peine à ses sensations nouvelles. Leur style de vie était ardu et peu clément. Vivre une grossesse dans ces conditions ne serait pas une épreuve facile, elle en avait conscience.

Elle devait pourtant l'admettre, pouvoir être examinée par un spécialiste aiderait à la rassurer et à atténuer son angoisse grandissante.

« Merci. » répondit finalement Tonks, trop éreintée pour se lancer dans un nouveau conflit.

L'un des symptômes de sa grossesse, en plus de ces nausées constantes et insupportables, était sa fatigue chronique. Jamais elle ne s'était sentie aussi vidée. Le voyage l'avait épuisée. Elle avait dû puiser dans toute son énergie pour les dernières heures du périple.

« Mais abstiens-toi de raconter ma vie personnelle sans mon autorisation, à l'avenir. » dit-elle avec agacement.

Sirius eut le bon goût de paraître gêné.

Ils se séparèrent quelques mètres plus loin, et Tonks jeta un regard à la caravane qu'on lui avait réservée. Elle était étroite et l'un des côtés de la carrosserie était enfoncé. Lorsqu'elle pénétra à l'intérieur, une odeur de renfermé lui emplit les narines. Malgré cela, la caravane était propre et nette. Elle contenait un mobilier simple mais fonctionnel. Immédiatement, un parchemin posé en évidence sur la petite table en bois attira son attention. Tonks s'en empara et parcourut des yeux les quelques mots griffonnés à la hâte, à son attention. Le message provenait d'une guérisseuse surnommée Eve qui lui indiquait la localisation de sa caravane dans le campement.

Le lendemain, après un long repos revigorant, Tonks décida de s'y rendre. Elle se retrouva devant une caravane d'un bleu Majorelle dont l'intérieur avait fait l'œuvre d'un sort d'extension. Elle contenait une demi-douzaine de lits d'hôpitaux. Une odeur aseptisée planait dans l'air, bien loin de l'odeur de renfermé et de chaussettes sales de la caravane où Tonks avait passé la nuit.

Elle y trouva la fameuse Eve, auprès du seul lit occupé. Elle pansait les blessures d'une femme dont le visage était complètement dissimulé par des bandages. De temps à autres, elle laissait échapper des gémissements de douleur et Tonks se demanda ce qui lui était arrivée.

« Tu dois être Tonks ! » l'accueillit la Guérisseuse avec un sourire avenant « Je suis Eve. Installe-toi. Ça fait quelque temps que nous n'avons pas eu de nouvelles grossesses. C'est ton premier ? »

Tonks hocha la tête, déroutée par l'excitation de la femme.

« Les enfants sont vraiment des miracles. » s'extasia-t-elle d'un ton jovial.

Tonks se détendit, tandis que la femme l'examinait, posant un instrument glacé sur son ventre après avoir lancé un sort au niveau de son abdomen. Eve lui confirma qu'elle était enceinte de six semaines, et lui procura quelques conseils pour les mois à suivre. Tonks l'écouta attentivement, à la fois nerveuse et excitée, réalisant désormais qu'un petit être humain grandissait en elle.

Elle allait être mère. Elle.

Tonks - la jeune femme maladroite dont les frasques étaient observées avec un mélange de paternalisme et de mansuétude - allait être mère. Elle s'était toujours considérée comme une femme enfant, pas complètement en phase avec son rôle d'adulte. Elle ne s'était jamais affranchie de l'opinion de son entourage et avait toujours partagé un lien de dépendance avec eux.

Une émotion intense la parcourut tandis qu'elle réalisait qu'elle serait désormais responsable d'un petit humain qui compterait sur elle. Elle devrait prendre les bonnes décisions pour le protéger et l'élever.

Tonks quitta la caravane une heure plus tard, la tête remplie des recommandations de la Guérisseuse. Elle devrait s'attendre à d'autres symptômes pendant les mois à venir. Il était probable que sa magie décuple pendant la grossesse et qu'elle rencontre des difficultés à la contrôler. Eve lui conseilla de rester avec la Ruée Hostile jusqu'au terme de sa grossesse pour des raisons de commodité. Ils étaient bien plus équipés pour la suivre dans ces circonstances, clamait-elle. D'autre part, leur mode de vie plus pondéré et moins offensif que les autres factions lui permettraient d'appréhender sa grossesse plus sereinement. Tonks déclina la proposition. Elle était déterminée à rejoindre l'Ordre du Phénix et Remus.

Sa nervosité au sujet de ce dernier s'accrut au fur et à mesure des heures, tandis qu'elle attendait son arrivée.

« Il a probablement été retardé. Les Rafleurs fourmillent dans cette zone. » l'informa Sirius lorsqu'elle le questionna dans l'après-midi.

Il était en compagnie d'Hestia Jones et arborait un air plus soucieux qu'à l'accoutumée. Elle devina qu'ils discutaient de sujets stratégiques et plus que jamais, Tonks fut ravie d'avoir été destituée de son rôle de cheffe de faction. Le fait de seulement penser à se retrouver dans ces discussions lui provoquait une anxiété palpable. Porter le poids et la responsabilité de la vie de tant de personnes sur ses épaules frêles avait été anxiogène pour elle. Son échec cuisant la hantait toujours.

Elle se ressassait inlassablement ses conversations avec Maugrey, se demandant si elle aurait pu percevoir les signes avant-coureurs si elle s'était montrée moins naïve. Nombreux étaient ses compagnons qui s'étaient montrés compréhensifs, lui assurant qu'ils avaient tous été bernés d'une manière ou d'une autre. Cela n'aidait pourtant pas à la faire déculpabiliser. Elle avait été très proche de Maugrey, qu'elle considérait comme un mentor et un père adoptif. La trahison était insupportable. Elle savait qu'il ne s'agissait que de paroles prononcées pour la réconforter. Ils ne voulaient pas l'enfoncer alors qu'elle était déjà plus bas que terre.

Elle passa le reste de l'après-midi dans sa caravane, occupée à broyer du noir. Elle sursauta lorsque des coups brefs se firent entendre contre la porte. Son cœur se mit à tambouriner à toute allure dans sa poitrine lorsqu'elle vit Remus monter à l'intérieur.

Tonks laissa échapper un petit hoquet horrifié en l'apercevant. Il paraissait mal en point. Son visage était pâle et fatigué. Les vêtements qu'il portait étaient dans un piteux état, maculés de terre.

« Remus ! » s'exclama Tonks, en se levant précipitamment pour le rejoindre. « Que t'est-il arrivé ? »

« Juste une rencontre imprévue avec des Rafleurs. Une belle brochette d'idiots. » ajouta-t-il en secouant la tête devant son air inquiet. « Ça m'a simplement ralenti. J'ai dû me cacher et attendre, pour ne pas les mener jusqu'ici. »

Tonks hocha la tête, soulagée. La nervosité s'empara d'elle lorsqu'elle réalisa qu'il était enfin devant elle. Les semaines après son départ de la base des Goules Insoumises lui avaient paru interminables. Il lui avait terriblement manqué.

« Sirius a dit que tu avais quelque chose d'important à me dire ? » demanda Remus, ses sourcils épais froncés.

Cette fois, ce fut à son tour d'arborer une expression inquiète. Tonks sentit sa gorge s'assécher.

« Fichu Sirius. » pensa-t-elle.

Elle avait longuement imaginé cette conversation, inventant de nombreux scénarios sur la meilleure façon de lui annoncer. Aucun d'entre eux n'avait pourtant été satisfaisant. Elle prit une longue inspiration et décida de se jeter à l'eau :

« Je suis enceinte. » murmura-t-elle dans un souffle.

Le silence qui suivit sa révélation fut atrocement long. Retenant son souffle, Tonks observa Remus avec appréhension. Ses yeux s'étaient écarquillés et ses paupières avaient cessé de cligner, comme figées. Tonks déglutit.

« Dis quelque chose. » plaida-t-elle avec désarroi, ne supportant plus le silence assourdissant.

Remus se laissa tomber sur le siège le plus proche, le regard rivé sur le sol. Il semblait en détresse.

« Je…Je suis désolé. » murmura-t-il finalement d'une voix abattue, avant de lever un regard accablé vers elle.

Dans ses yeux, elle put lire un mélange de crainte, de douleur et de culpabilité.

« Pourquoi es-tu désolé ? » demanda-t-elle, déstabilisée.

« De t'avoir mise dans cette situation. »

« Nous nous sommes mis tous les deux dans cette situation. » rappela Tonks sur le ton de l'évidence.

« J'aurais dû prendre mes précautions… Je n'aurais jamais dû te toucher ce jour-là… J'aurais dû… » poursuivit-il, le visage tourmenté.

« C'est trop tard pour les regrets. » interrompit Tonks d'une voix plus cassante qu'elle ne l'avait espérée.

Les mots de Remus et ses regrets étaient douloureux à entendre. Il était de toute façon trop tard pour discuter de ce qu'ils auraient pu faire pour éviter cette situation. Elle l'avait assez fait avec cette histoire avec Maugrey et elle ne comptait pas réitérer l'expérience avec sa grossesse.

« La situation est ce qu'elle est et je veux penser à l'avenir, maintenant. » poursuivit Tonks en prenant une voix plus ferme, comme pour se donner du courage. « Je vais… Je vais le garder, Remus. Et tout ce que j'ai besoin de savoir maintenant, c'est si tu seras aussi dans la vie de cet enfant. »

La fermeté dans sa voix l'étonna elle-même. Elle était habituellement du genre à prendre en considération les avis des autres avant les siens, quitte à mettre ses propres désirs de côté. Cette fois, elle allait faire les choses différemment. Son bébé innocent comptait sur elle pour faire les bons choix.

Sa dernière discussion avec Sirius lui avait ouvert les yeux. Même si cela avait été difficile à entendre, elle savait qu'il avait raison – un enfant n'était pas un moyen de raccommoder une relation déjà précaire. Même si elle aimait Remus de tout son cœur, elle serait prête à accepter sa décision s'il voulait mettre un point final à leur couple. Elle savait qu'elle n'aurait pas la force émotionnelle de supporter les incertitudes liées à leur relation. Elle aurait désormais d'autres priorités et voudrait s'assurer d'être la meilleure mère possible pour son enfant.

Remus, lui aussi, sembla dérouté par cette soudaine maturité dont elle faisait preuve. Son éternelle expression torturée disparut momentanément, au profit d'un étonnement évident. Plus que quiconque, il connaissait la tendance de Tonks à se laisser influencer par les émotions de ses pairs.

« Je… J'ignore comment quelqu'un comme moi peut-être un bon père. » confessa Remus d'une voix tourmentée.

« Et tu crois que je ne me pose pas la même question ? » répliqua Tonks avec un rire nerveux. « Je suis terrifiée à l'idée. Mais je n'ai pas d'autre choix que d'essayer. »

Elle croisa les bras.

« Je sais ce que tu penses. Que ta condition fait de toi quelqu'un de mauvais. Mais c'est complètement faux. Tu es l'homme le plus droit, le plus généreux et le plus fiable que je connaisse. Tout le monde autour de toi le pense. Et pourtant, pour une raison qui me dépasse, tu es le seul à ne pas le voir, Remus. Je ne peux pas t'aider à combattre tous tes démons intérieurs… Et Merlin seul sait à quel point j'ai essayé. Mais je peux te dire une chose dont je suis absolument certaine. Si quelqu'un peut être un père formidable pour cet enfant, c'est bien toi. » confessa-t-elle avec sincérité.

Remus l'observa en silence pendant un instant, une lueur brillante dans ses yeux ambre, visiblement émotionné par ses mots. Finalement, un faible sourire se fendit sur son visage harassé.

« Tu m'as toujours vu avec ce regard positif, Dora. » murmura-t-il. « L'amour, j'imagine. »

« Tu es trop dur avec toi-même. » répliqua Tonks.

« Sans doute. Mais il le faut. » dit-il, obstiné.

Un nouveau silence s'installa.

« Je ne peux rien te promettre Dora. » dit-il finalement, d'une voix plus sûre cette fois. « Je ne peux pas te promettre que je serais un bon père pour cet enfant mais… Mais je te promets d'essayer. »

Un élan de soulagement parcourut Tonks tandis qu'elle entendait ces mots. Et immédiatement, cette image forte et assurée qu'elle avait revêtu depuis son arrivée se délita complètement, comme si son cerveau comprenait qu'elle pouvait enfin se laisser aller à ses émotions. Elle se précipita auprès de Remus et il lui ouvrit les bras pour l'accueillir dans une étreinte rassurante. Des larmes coulèrent le long de ses joues, se mêlant à celles de Remus.

Elle ne savait pas ce que l'avenir leur réservait. Elle ignorait même ce que cela signifiait pour leur propre relation. Tout ce dont elle était certaine, c'était qu'elle ferait de son mieux pour le bonheur et la sécurité de leur enfant.

/

« L'opération a été un succès. Iola Hillicker a été appréhendée il y a une heure, monsieur le Gouverneur. » annonça la voix grave et solennelle d'un Auror. « Miss Hillicker, ainsi que sa sœur complice, sont désormais en détention provisoire. »

Théodore leva les yeux vers l'homme. Il avait une apparence austère, avec son regard noir perçant et ses sourcils rapprochés qui lui donnaient un air sévère.

« Entendu. » répondit la voix posée de Theodius Nott, son père.

« Nous avons pu recouvrer certains des objets qui vous ont été dérobés. Il semblerait que les autres aient déjà été vendus. Des sommes d'argent conséquentes ont été retrouvées au domicile de Tamsin Hillicker. Le Bureau est en train d'établir les chefs d'accusations et de rassembler les différentes plaintes qui ont été déposées contre elle. Nous vous contacterons prochainement pour une audition supplémentaire au sujet de la vôtre. » indiqua l'Auror avant de s'incliner brièvement devant le Gouverneur.

« Que Voldemort vous accompagne. » salua Theodius, après avoir remercié l'homme.

Le silence retomba dans le séjour principal du Manoir de la famille Nott tandis que l'Auror quittait la pièce, escorté par un elfe de maison.

Immédiatement, les regards d'Hermione et de son père se posèrent sur Théodore, qui n'avait pas prononcé un mot depuis l'arrivée de l'Auror. Il s'était contenté d'écouter les preuves irréfragables que l'homme avait énumérées.

Théodore se remettait à peine du choc de la vérité au sujet de Georgina. Ou plutôt de Iola Hillicker qui avait usurpé l'identité de sa sœur jumelle disparue dans l'unique but de les extorquer, lui et sa famille.

Après un inventaire poussé dans le Manoir, ils avaient confirmé qu'elle avait subtilisé plusieurs artefacts de grande valeur, des bijoux coûteux ayant appartenu à Gislena, sans compter l'argent que Théodore lui avait donné volontairement, trompé par ses excuses incessantes.

Jamais de se vie il ne s'était senti aussi stupide.

Au début, lorsqu'il avait entendu le récit d'Hermione, une partie de lui avait voulu continuer à défendre Georgina. Pourtant, il avait été forcé de reconnaitre la tromperie au fur et à mesure des éléments accablants présentés contre la jeune femme.

L'espoir d'avoir retrouvé sa sœur jumelle l'avait totalement aveuglé, le faisant ignorer tous les signes avant-coureurs, pourtant bien présents. Malgré l'insistance d'Hermione, il avait volontairement choisi de se voiler la face et de placer une confiance aveugle en cette usurpatrice.

Théodore avait voulu y croire de tout cœur. Après tout, la croire était plus simple, plus arrangeant. Cela signifiait pouvoir vivre un bonheur illusoire, et enfin se défaire de cette culpabilité submergeante qu'il avait ressenti toute sa vie au sujet de Georgina. Et par-dessus tout - Théodore l'avait compris plus tard – croire à cette histoire avait été un moyen de l'aider à surmonter la perte de sa mère. Une sorte de remède miracle contre la douleur et le vide que Gislena avait laissés.

La nouvelle de cette trahison et de ces mensonges vicieux avaient dévasté Théodore. Il s'était senti envahi par une tristesse écrasante, lui coupant presque le souffle. Pendant un instant, il avait cru que ses jambes ne pourraient plus le porter.

La trahison était d'autant plus pernicieuse à accepter car il s'était d'abord montré méfiant envers Tamsin, quelques mois plus tôt. Entendre qu'elle avait manipulé sa famille de manière aussi insidieuse et perverse pendant des mois afin de leur soutirer des biens était bouleversant.

Théodore s'en voulait profondément d'être tombé dans le panneau. Et par-dessus tout, il se sentait coupable d'avoir traité Hermione de la sorte alors qu'elle ne tentait que de le protéger.

Il réalisait à quel point il avait mis en péril leur relation en prenant pour argent comptant les dires d'une femme dont il ne connaissait quasiment rien.

C'était d'ailleurs l'absence d'Hermione qui lui avait fait réaliser à quel point il tenait à elle. Après leur dispute au sujet de Georgina, lorsque son elfe l'avait prévenu du départ soudain d'Hermione, une anxiété latente l'avait parcouru. L'idée même de pouvoir la perdre avait été effrayante.

Et même si elle avait rapidement accepté ses excuses lorsqu'il s'était rendu à son appartement deux jours plus tard, et qu'ils s'étaient réconciliés, il s'était rendu compte à quel point il ne supporterait pas de la perdre.

Hermione avait contacté son père en urgence pour l'informer des méfaits des sœurs Hillicker et pour réclamer son aide. C'était ce dernier qui avait contacté les Aurors. Ils avaient arrangé un faux prétexte pour attirer Tamsin au Manoir et l'avaient ensuite suivi jusqu'à son domicile où ils avaient procédé à son arrestation. Une fois Tamsin appréhendée, ils avaient fait la même chose avec Iola. Toute l'opération s'était faite très rapidement et en toute discrétion grâce au statut de son père. On ne refusait rien à un Gouverneur.

Théodore n'était pas certain du sort qui attendaient les sœurs Hillicker. Il espérait toutefois qu'il serait à la hauteur de la tromperie. Apparemment, elles avaient organisé une arnaque de grande ampleur qui durait depuis des années, laissant de nombreuses victimes sur leur passage. En visant une famille sacrée, elles avaient toutefois fait une grave erreur.

« Puis-je m'entretenir quelques minutes avec mon fils, Miss Granger ? » demanda poliment Theodius. « En privé. »

Théodore avait remarqué le changement d'attitude drastique de son père envers Hermione. Il était sans doute reconnaissant qu'elle ait mis un terme à une situation qui serait allée beaucoup plus loin sans son intervention. Malgré la situation, Théodore était heureux de voir qu'au moins une chose positive avait découlé de cette affaire sordide - les relations de son père et d'Hermione s'étaient sensiblement améliorées.

Hermione hocha la tête avant de quitter le séjour. Théodore leva les yeux vers son père, honteux.

« Je suis désolé d'avoir été aussi crédule, Père. Si seulement j'avais écouté Hermione dès le début… » commença-t-il à expliquer, d'une voix tremblante et torturée.

Theodius leva la main, comme pour l'arrêter. Théodore fut décontenancé de ne pas distinguer de la sévérité dans les yeux de son père mais une expression qui ressemblait à de la tristesse.

« Je ne veux pas que tu prennes toute la faute. » déclara Theodius, l'air impuissant. « C'est la décision que ta mère et moi avons prise, il y a vingt ans, qui nous a placés dans cette situation, aujourd'hui. Nous savions pertinemment que tu allais te poser des questions et nous avons toujours agi comme si de rien n'était. C'était une grave erreur. Et pour ça, j'en prends toute la responsabilité. Et je m'en excuse. »

Théodore avait ouvert la bouche, pris au dépourvu par ces paroles. Son père n'était pas du genre à s'exprimer aussi librement sur ce genre de choses.

« Aujourd'hui, je te dois la vérité. » affirma Theodius d'une voix accablée.

Il soupira avant de poursuivre :

« Malgré ses nombreux mensonges, Tamsin Hillicker t'a dit la vérité sur les raisons pour lesquelles nous avons décidé de placer Georgina dans un orphelinat. Cela a été une décision difficile mais longuement réfléchie. Nous nous sommes mis d'accord pour que l'orphelinat la place dans une famille aimante. Ça a été le cas quelques mois après son abandon. Georgina a été adoptée par une famille honnête et exemplaire, qui avait les moyens de prendre en charge sa… condition. Après cela, nous avions convenu de ne plus intervenir dans sa vie. Et c'est ce que nous avons fait. Pourtant, j'ai secrètement continué à garder un œil sur elle, sans prévenir ta mère. Je ne voulais pas lui faire vivre cette souffrance constante et je savais qu'elle finirait par revenir sur la décision si nous gardions un lien avec Georgina. »

Théodore écouta ses paroles avec ébahissement. Même entre eux, ses parents ne s'étaient pas montrés totalement honnêtes.

« Je sais ce que tu penses de notre décision… Sache que j'ai toujours éprouvé des regrets. Et parfois, je me demande ce qui aurait pu advenir si nous avions fait les choses autrement. Mais je n'ai pas la possibilité de revenir en arrière. » admit-il, l'affliction visible sur son visage soucieux. « Et je dois endosser la responsabilité de ce choix et son impact sur les personnes innocentes – toi et ta sœur - que j'ai blessées au passage. »

Théodore resta silencieux, tandis que son cerveau essayait toujours d'assimiler ces nouvelles informations. Contrairement à ce que Tamsin avait prétendu, Georgina n'avait pas vécu très longtemps à l'orphelinat et avait rapidement été adoptée par une bonne famille.

« Malheureusement, la condition de Georgina ne s'est jamais améliorée, malgré les traitements qu'elle recevait. Ses troubles ont même commencé à empirer et elle est décédée juste avant ses neuf ans. » dit-il finalement, la voix tremblante. « Je n'ai jamais dit la vérité à ta mère. Elle aurait été dévastée. J'ai voulu la laisser penser que Georgina avait quand même eu droit au bonheur, chose qu'elle n'aurait pas pu avoir avec sa condition dans une famille sacrée. »

Sa voix s'était brisée tandis qu'il prononçait ces mots. Théodore observa son père en silence, les bras ballants et les yeux brillants. C'était la première fois qu'il voyait son père afficher autant d'émotions. Il pouvait voir à quel point il était affecté par le poids de ces secrets.

Théodore avait toujours qualifié de détestable le détachement et le silence de ses parents au sujet de la disparition de sa sœur. Il réalisa pourtant qu'ils avaient été autant affectés que lui, sinon plus. Ils avaient simplement tout fait pour le dissimuler.

« Si j'ai un regret, c'est de ne pas t'avoir dit la vérité quand tu étais plus jeune. Ta mère voulait le faire et je lui ai interdit pendant toutes ces années. » avoua Theodius, honteux.

Cela avait été l'un des plus grands regrets de Gislena, également. Si bien qu'elle avait voulu s'affranchir de ce mensonge avant sa mort. Cette vérité avait été ses dernières paroles.

Theodius s'approcha de son fils, prenant place à ses côtés sur le fauteuil qu'il occupait.

« Je suis désolé, Théodore. Pour nos mensonges. Pour Georgina. » dit-il d'une voix chevrotante, sa tête baissée. « Pardonne-moi. »

Théodore avait rarement vu son père pleurer. Il en était certain – il s'agissait de larmes de libération. Garder un secret aussi lourd pendant deux décennies années l'avait sans doute rongé de l'intérieur.

« Je… Je te pardonne. » murmura Théodore, la même émotion dans la voix.

Et ces mots furent tout aussi libérateurs pour lui.

Il avait obtenu la confirmation qu'il redoutait tant – jamais il ne serait réuni avec sa sœur jumelle. Georgina avait lutté jusqu'au bout pour rester en vie comme la battante qu'elle était. Son cœur se serra.

Il devait désormais accepter de lui dire au revoir une fois pour tout, aussi douloureux que cela serait.

Et sans doute serait-ce le meilleur cadeau qu'il pourrait faire à Georgina. Continuer à vivre et à profiter de la vie, en l'honneur de sa sœur qui s'était battue envers et contre tout pour survivre mais qui n'avait pas obtenu cette chance.

Théodore lui devait cela.

En voyant son père dans cet état de vulnérabilité, il réalisa qu'il devait aller de l'avant. Les fantômes de leur passé étaient désormais tous sortis de leurs cages, laissant la vérité nue jaillir dans tout son éclat. Il était enfin libre d'avancer. Et pour une fois dans sa vie, Théodore allait cesser de se morfondre sur son sort. Il allait s'émanciper de ces choses sur lesquelles il n'avait aucun contrôle.

Ils restèrent côte à côte, s'échangeant des paroles consolatrices - une chose qu'ils n'avaient jamais été capables de faire par le passé. Gislena avait toujours été la figure de réconfort pour l'un comme pour l'autre. Théodore se rendit compte que c'était la première fois qu'ils passaient du temps ensemble seuls depuis la mort de Gislena. Tous les deux dévastés par sa perte, ils avaient tenté de gérer leur deuil du mieux qu'ils pouvaient. Theodius avait choisi de s'éloigner et partir en reclus pendant que Théodore avait préféré se voiler la face et trouver des distractions pour ne pas affronter le vide béant que sa mère avait laissé en lui.

Les choses étaient toutefois différentes. Théodore était enfin prêt à se confronter à sa douleur avec son père à ses côtés.

Lorsque Théodore quitta la pièce, il se sentit étrangement plus léger, comme si un fardeau, soutenu pendant des années, lui avait été ôté. Il avait eu une discussion à cœur ouvert avec son père, chose qu'il n'avait jamais faite par le passé.

Théodore traversa le Manoir en direction de son aile personnelle. Il trouva Hermione installée dans un sofa, semblant perdue dans la contemplation des flammes dans l'âtre de la cheminée. Lorsqu'il prit place à ses côtés, elle se tourna vers lui, la mine préoccupée.

« Comment tu te sens ? » demanda-t-elle en s'approchant de lui, esquissant un geste pour l'enlacer.

Elle était trop bien pour lui, songea-t-il. Même après tout cela, elle s'inquiétait pour lui. Il ignorait comment il pourrait, un jour, mériter une femme comme elle.

Il se laissa aller contre elle, rassuré par sa chaleur familière, et conforté par les battements réguliers de son cœur qu'il sentait contre son propre torse. Théodore ne répondit pas et elle n'insista pas non plus. C'était une chose qu'il appréciait grandement chez Hermione. Elle savait quand le silence était de rigueur.

Finalement, après un long silence, il lui relata le contenu de sa conversation avec Theodius.

S'il avait prévenu son père dès le début de l'apparition de 'Georgina' comme Hermione lui avait recommandé, ce dernier aurait été en mesure de les prévenir de la vérité et d'afficher au grand jour le mensonge de cette usurpatrice.

« Je suis tellement désolée. » dit-elle lorsqu'il lui expliqua le sort de Georgina.

Elle resserra son étreinte.

« Non. Je suis désolé. De mon attitude, de t'avoir ignoré. De t'avoir accusé de ne pas être heureuse pour moi. » dit-il d'une voix harassée, remplie de culpabilité et de honte.

« Tu t'es déjà excusé. » répondit-elle d'un ton ferme. « Passons à autre chose. »

Elle était si indulgente, si clémente malgré ses fautes et ses manquements. Elle était une épaule constante pour lui. Un roc infrangible. Une protection sans faille. Il savait qu'il serait perdu sans elle. Il réalisait à quel point il était chanceux de l'avoir dans sa vie. Et plus que jamais, ce fut une confirmation supplémentaire pour justifier ce qu'il s'apprêtait à faire pour la protéger.

Le lendemain, quand Hermione se rendit au travail, Théodore décida de rester au Manoir plutôt que de se déplacer au Théâtre. Il devait répéter pour sa prochaine représentation qui aurait lieu à l'étranger. Il n'avait pourtant ni la force ni l'énergie d'interagir avec d'autres personnes.

Sa journée prit un tournant lorsqu'il reçut des documents scellés par un sort de la part d'Oscar Sleezer, le détective privé. Théodore décida de prendre une pause, conscient qu'il ne pourrait pas patienter plus longtemps pour découvrir le contenu du message. Il n'aurait pas non plus la force mentale d'attendre qu'Hermione termine sa journée de travail. Il décida alors de se rendre aux Archives.

Il prétexterait la nécessité d'accéder une nouvelle fois aux collections privées d'Aelius Macmillan. Une excuse qu'il utilisait de temps à autre pour voir Hermione sur son lieu de travail sans que cela ne paraisse trop suspect pour les employés. Même s'il était certain qu'Aelius avait deviné la teneur de leur relation, ils ne désiraient pas que l'information soit connue par les collègues de travail d'Hermione.

A son arrivée aux Archives, Théodore fut gaiement accueilli par l'une des employées, une jeune femme dont il ne connaissait pas le nom mais qui le saluait toujours profusément. Il lui répondit brièvement avant de se présenter au bureau d'Aelius.

« Théodore, mon garçon, comment allez-vous ? Avez-vous avancé sur votre…projet depuis notre dernière discussion ? » demanda-t-il en lui faisant un clin d'œil.

Théodore avait sollicité son aide quelques semaines plus tôt. C'était d'ailleurs Aelius qui lui avait indirectement donné l'idée qu'il s'apprêtait à accomplir.

« C'est en cours. » répondit Théodore d'un ton détaché, préférant rester vague sur ses plans.

Aelius hocha la tête, visiblement curieux, mais ne l'interrogea pas davantage.

« J'aimerais avoir accès une heure ou deux à votre collection privée, si vous n'y voyez pas d'inconvénients. Je vais partir à l'étranger dans quelques semaines pour un concert et j'aimerais faire quelques recherches, au préalable. » indiqua Théodore.

Il ne mentait qu'à moitié, songea-t-il.

Évidemment, les recherches n'étaient pas la raison principale de sa venue mais Aelius n'avait pas besoin de le savoir.

« Évidemment, mon garçon, vous êtes toujours le bienvenu. Miss Granger pourra vous y conduire, comme d'habitude. » répondit Aelius.

Théodore remercia le vieil homme avant de redescendre les escaliers à toute vitesse. Il trouva Hermione installée à une table, penchée sur des ouvrages, l'air concentré. Avant qu'il n'arrive à sa hauteur, Théodore vit l'employée qu'il avait croisée à l'entrée s'approcher d'Hermione et poser une pile de parchemins sur sa table.

« Il faut indexer les références que j'ai ajoutées ce matin dans le registre. Avant la fin de la journée. » ordonna-t-elle d'un ton froid avant de s'éloigner.

Elle rougit en croisant Théodore, avant de disparaître dans une allée. Hermione ne sembla pas se formaliser de la demande. Elle esquissa un sourire vers Théodore lorsqu'il s'approcha d'elle.

« Valeur et vigueur, Miss Granger. J'aurais besoin d'accéder aux Archives Privées, encore une fois. » sollicita-t-il d'un ton poli.

Elle esquissa un petit sourire face à l'appellation.

« Absolument, monsieur Nott. Veuillez-me suivre. » dit-elle d'une voix professionnelle.

Ils marchèrent en silence vers le couloir menant aux Archives privées. Une fois à l'intérieur, et aussitôt la porte refermée derrière eux, Théodore la saisit par la taille, et pressa ses lèvres contre les siennes, l'embrassant avec ferveur.

« Ce n'est pas très approprié sur mon lieu de travail, monsieur Nott. » dit Hermione d'une voix faussement choquée.

« Si je me rappelle bien, nous avons fait des choses bien plus inappropriées dans cette pièce » rappela-t-il avec un sourire en coin en caressant lentement sa taille.

Les joues de la jeune femme rosirent.

« Tu vas me faire renvoyer. » s'indigna-t-elle. « J'ignorais que tu comptais venir, aujourd'hui. De quelles informations as-tu besoin ? »

Théodore retira l'enveloppe qu'il avait placée à l'intérieur de sa cape et lui tendit.

« Ça vient de Sleezer. C'est probablement important alors je suis venu immédiatement. Je ne voulais pas attendre. » admit Théodore.

Hermione hocha la tête, observant l'enveloppe avec nervosité. Ils s'installèrent à la table pour ouvrir le courrier scellé. Il s'agissait d'un seul parchemin qu'Hermione parcourut des yeux, l'air concentré.

« Qu'est-ce que c'est ? » demanda Théodore avec avidité.

« La liste des établissements qui ont commandé au cours de ces six derniers mois le type de parchemin utilisé pour la missive. » dit-elle. « Sleezer avait dit qu'il n'était pas commun. »

« Certains te rappellent quelque chose ? » interrogea Théodore avec curiosité.

« Oui. Un seul. » répondit-t-elle lentement. « Ici-même - les Archives. »

Elle fronça les sourcils, comme si elle était parcourue d'une idée soudaine. Théodore l'observa avec confusion tandis qu'elle saisissait des fiches de travail, et les parcourait rapidement des yeux, l'air résolu.

Elle s'arrêta brusquement, examinant un parchemin, l'air interloqué. Elle releva les yeux vers Théodore, son regard illuminé par un mélange de discernement et de stupeur.

« Je crois savoir qui m'a envoyé ce message. » murmura-t-elle dans un souffle.

/

Pénélope Deauclaire détestait passer après les autres.

Toute sa vie pourtant, l'univers, dans sa cruauté la plus railleuse, s'était évertué à la condamner à cette place de second choix.

Elle avait grandi dans l'ombre de sa sœur aînée Philomena, bien plus belle et brillante. Pendant que Philomena recevait toutes les louanges, Pénélope, elle, devait se contenter de leurs regards emplis de pitié devant ses résultats médiocres.

« Tu feras mieux, la prochaine fois. » disait-on pour la consoler, mais sans vraiment y croire.

Avec les années, Philomena n'avait pas cessé de provoquer la fierté de ses parents qui ne tarissaient pas d'éloges à son égard. Sa belle carrière et son excellent mariage étaient les accomplissements favoris de leur mère, Patricia Deauclaire. Cette dernière adorait s'en vanter lors de ses discussions entre amies, lors de goûters dinatoires. Lorsqu'on l'interrogeait sur sa seconde fille, dont les perspectives étaient bien plus affligeantes que celles de son aînée, elle donnait une réponse toute prête.

« Pénélope manque simplement de confiance en elle. Tout ira mieux dans quelques années. » clamait-elle.

Pour une raison obscure – probablement les certitudes d'une mère bercée d'illusions – Patricia Deauclaire gardait toujours quelques espoirs chimériques envers sa seconde fille, se persuadant qu'ils parviendraient à faire quelque chose d'elle.

Néanmoins, les années étaient passées, et Pénélope n'avait jamais obtenu cette confiance en elle que Patricia présageait pour elle. A vingt-huit ans, Pénélope vivait toujours chez ses parents et passait le plus clair de son temps libre à personnaliser des poupées et des figurines. Ce hobby était un moyen d'évasion pour elle qui n'avait jamais vraiment su se faire des amis. Ses poupées, elles, ne la jugeaient jamais.

A sa sortie de Poudlard, trouver un emploi avait été compliqué. Encore une fois, c'était sa mère qui était venue à sa rescousse en lui offrant un poste dans les Archives des Macmillan, où elle occupait la fonction de Conservatrice-en-chef. Elle avait ignoré les candidatures de postulants bien plus méritants et compétents pour s'occuper des ouvrages rares, au profit de sa fille.

Ce travail n'intéressait pas spécialement Pénélope. Elle ne comprenait pas le culte que sa mère et les autres employés des Archives portaient à des ouvrages poussiéreux et inintéressants, vieux comme le monde.

Malgré son âge, sa mère semblait toujours avoir un mot à dire sur ses choix de vie. Elle était impliquée dans toutes les décisions la concernant.

Ses parents n'avaient qu'un désir pour elle : que Pénélope trouve enfin un fiancé de bon rang qui pourrait probablement ôter ce fardeau qu'elle représentait pour eux.

Encore une fois, sa mère décida de prendre les choses en main. Ce fut ainsi qu'elles se retrouvèrent chez Lune en Citrouille, une agence matrimoniale hautement recommandée par les amies de Patricia.

La gérante, une cinquantenaire aux joues bouffies et aux robes moulantes colorées du nom de Laurentina Lovelace, prétendait trouver l'amour à ses clients en moins de soixante jours. Elle clamait avoir trouvé une méthode imparable pour créer des couples compatibles, se basant sur des calculs de probabilité complexes.

Le taux de réussite est de 95%, clamait un fascicule mauve sur le bureau de la réception, qui avait rendu la mère de Pénélope aux anges.

« Plus j'en saurais sur vous, plus je pourrais vous présenter des candidats convenables. Qu'aimez-vous dans la vie, Miss Deauclaire ? » demanda Laurentina.

Derrière la femme, une plume à papote s'était dressée fièrement dans l'air, prête à gribouiller sur un parchemin vierge. Face à la question, Pénélope haussa les épaules.

« Ma petite Penny est très créative. » assura Patricia d'un ton enthousiasmé.

Elle avait apporté une photo montrant Pénélope prenant le thé avec ses figurines. Pénélope ne manqua pas l'expression de la gérante qui esquissa un sourire poli mais lourd de sens, tandis que sa plume à papote écrivait frénétiquement sur le parchemin. Le reste de l'entretien montra à Pénélope à quel point sa vie était entachée de nullité. Et même si elle le savait mieux que quiconque, obtenir la confirmation extérieure que sa personnalité était vide et sans grand intérêt, fut une expérience particulièrement douloureuse. Dans une tentative désespérée, sa mère tenta agressivement d'enjoliver les réalisations de sa fille, comme une vendeuse qui tentait de refourguer un produit défectueux à un client crédule.

« Et Pénélope est intacte. » révéla Patricia avec fierté. « Les valeurs se perdent tellement de nos jours. J'imagine que c'est un atout pour son dossier ? »

A la fin de l'entretien, l'entremetteuse assura qu'elle travaillerait activement pour trouver des prétendants convenables, et empocha l'acompte de quatre-vingt-treize gallions pour ses services.

« Prions Voldemort que cela fonctionne. » murmura Patricia tandis qu'elles quittaient le Chemin de Traverse.

Elle semblait à court d'idées pour sa fille. Toutes les rencontres qu'elle avait organisées par le passé s'étaient toujours soldées en échecs cuisants pour Pénélope. Elle ne semblait pas intéresser les hommes qui la rencontraient – ni physiquement, ni mentalement.

Le lendemain, pendant le dîner, sa mère arbora une expression indignée.

« Tu n'imagineras jamais qui monsieur Macmillan a décidé d'engager aux Archives. » annonça-t-elle d'un ton plein d'indignation, piquant dans sa purée de pommes de terre. « Une Sang-Impure. »

Elle avait baissé la voix pour prononcer le mot, comme si elle ne voulait pas se faire entendre, malgré l'intimité de leur living-room au papier peint fleuri. Pénélope écarquilla les yeux.

« Une employée de Sang-Mêlé. » clarifia Patricia avec un dégoût évident. « Il prétend qu'elle a de grandes capacités et une excellente culture. Je n'ai pas eu le cœur de lui dire qu'on ne peut jamais faire confiance à ces individus. C'est un homme trop complaisant, les gens ont tendance à en profiter. Et il se fait vieux, peut-être qu'il n'a plus toute sa tête… J'aurais aimé qu'il me consulte avant d'engager cette… personne. Quelle réputation cela va entraîner pour les Archives ? »

Ce fut la semaine suivante qu'elles firent la connaissance d'Hermione Granger, qu'Aelius Macmillan leur présenta avec un enthousiasme surprenant. Immédiatement, Pénélope décréta qu'elle ne l'appréciait guère.

Malgré qu'elle travaille aux Archives depuis près d'un an, Aelius Macmillan n'avait jamais eu une parole encourageante ou un compliment à l'égard de Pénélope. Ce n'était pourtant pas faute d'avoir essayé d'attirer son approbation. Patricia s'était efforcée de la mettre en avant, lui donnant des responsabilités pour l'aider à obtenir davantage de visibilité. Elle l'avait notamment assignée à l'assistanat d'Aelius.

Pénélope faisait souvent des erreurs qui, même couvertes par sa mère, semblaient être remarquées par Aelius. Il arborait toujours une expression irritée lorsqu'il s'adressait à elle.

L'arrivée de la Sang-Impure empirèrent les choses pour Pénélope. Malgré l'air poli que Granger arborait pour poser des questions, Pénélope décela chez elle un air de Miss-Je-Sais-Tout qui l'agaçait profondément. Son irritation ne fit qu'accroître devant la culture et les connaissances que Granger s'évertuait à vouloir étaler devant tous. Comment une Sang-Mêlée pouvait-elle connaître toutes ces choses ? Cela n'avait aucun sens. Il y avait probablement quelque chose qui se cachait là-dessous, songea Pénélope.

Sa contrariété grandit davantage à la suite d'un incident. Après une brève absence causée par une fièvre plumeuse, Pénélope fut scandalisée d'apprendre que la Sang-Mêlée l'avait remplacée auprès de monsieur Macmillan. Il décida de maintenir cette nouvelle organisation, retirant cette responsabilité des mains de Pénélope.

Cette dernière ne manqua pas le sourire satisfait qu'arbora Granger, probablement ravie de lui avoir dérobé sa plus grande responsabilité au sein des Archives alors qu'elle venait à peine d'arriver.

Pénélope fulminait. Il était tellement injuste qu'une personne de second rang lui vole ainsi ce qui lui revenait. Après tout, elle était de Sang-Pur et avait plus de droits que cette arriviste m'as-tu-vu. Et si ce n'était pas suffisant, cette manière que Granger avait de la narguer et de faire son intéressante était insupportable. Pourquoi Aelius semblait-il aveuglé face aux manipulations évidentes de cette femme ?

« Fais quelque chose, maman ! » se plaignit-elle à l'attention de Patricia.

Malgré les griefs de Patricia à l'attention de son employeur, Aelius campa sur ses positions et s'obstina à garder la Sang-Impure comme assistante principale.

« Je suis en train de faire la paperasse pour valider son embauche. Quelque chose cloche, à son sujet. » commenta sa mère, quelque jour plus tard, à l'issue de la période d'essai de Granger.

Les permis de travail étaient différents selon les statuts de sang et les embauches de Sang-Impurs sur certains postes impliquaient davantage de vérifications et d'autorisations auprès du Ministère afin d'être en règle.

« J'ai réclamé une vérification de ses antécédents avant la fin de sa période d'essai. Après tout, on ne sait jamais avec ces gens-là. J'ai demandé une faveur à Irmina, mon amie qui travaille à la Commission d'Enregistrement des Indésirables. Après quelques recherches, elle m'a indiqué que les résultats étaient peu concluants et qu'ils n'avaient pas réussi à faire une vérification de certains de ses ancêtres sorciers en croisant les différentes sources. »

Elle fronça les sourcils tandis qu'elle mastiquait énergiquement un morceau de tournedos.

« Apparemment, il arrive régulièrement que certains d'entre eux parviennent à mentir sur leurs statuts ou sur leurs origines. Imagine un seul instant que cela soit le cas et que le Ministère apprenne que nous avons embauché quelqu'un qui a falsifié des informations ? Que cela soit vrai ou pas, nous ne pouvons pas nous permettre de laisser planer le moindre doute. Je vais proposer de la renvoyer afin d'éviter tout problème » assura Patricia avec aplomb.

Patricia s'empressa de faire part de ses découvertes à son chef dès le lendemain. Pénélope attendit patiemment son compte rendu, espérant secrètement que Granger soit enfin mise à la porte. Pourtant, à sa sortie du bureau d'Aelius, Patricia arborait une expression frustrée.

« M. Macmillan m'a assuré qu'il n'y avait rien d'anormal dans son dossier et m'a demandé de ne pas investiguer davantage. » dit-elle d'une voix scandalisée. « Il veut simplement valider sa période d'essai. »

Patricia ne sembla toutefois pas vouloir insister davantage, craignant sans doute de contrarier son chef. Pénélope, elle, bondit de fureur. Comment cette fille pouvait-elle bénéficier d'autant de protection ?

« Tu ne croiras jamais qui je viens de voir entrer dans le bureau de monsieur Macmillan. » s'exclama sa mère avec excitation, quelques semaines plus tard. « Le fils du Gouverneur Nott. »

Théodore Nott était apparemment un virtuose de renommée, qui s'était déjà fait connaitre sur la scène musicale internationale malgré son jeune âge.

« J'ai entendu le début de leur conversation. Apparemment, il est de retour au Royaume-Uni. » commenta Patricia. « Quel beau jeune homme - tu es à peine plus âgée que lui. »

Elle avait dit cela d'un ton entendu. Une lueur de connivence brillait dans les yeux de Patricia, comme si elle venait de flairer une opportunité.

Pénélope attendit patiemment entre deux allées pour apercevoir le jeune homme tandis qu'il quittait le bureau d'Aelius Macmillan. Quel beau garçon, pensa Pénélope avec rêverie. Sa mère n'avait pas menti. Il dégageait une sensibilité et une élégance qui l'émoustillèrent. Elle avait rarement croisé des hommes comme lui. Dans un recoin de son esprit, elle se demanda si quelqu'un comme lui pourrait remarquer une jeune femme comme elle.

Pénélope fronça les sourcils lorsqu'elle constata qu'il était escorté par la Sang-Impure.

« Pouvez-vous nous conduire aux Archives privées de M. Macmillan ? » demanda Granger de cette habituelle voix pompeuse que Pénélope abhorrait au plus haut point.

« Pardon ? Tu n'es pas autorisée à entrer dans les Archives privées. » répondit immédiatement Patricia avec désobligeance.

Granger brandit une clef devant le visage de Patricia, un petit sourire condescendant au coin des lèvres.

« M. Macmillan m'a personnellement demandé d'escorter M. Nott dans ses Archives privées. » répondit Granger d'un ton suffisant.

Pénélope vit une mine indignée sur le visage de sa mère. Elle était probablement choquée par l'attitude de Granger mais était trop polie pour ne pas causer une scène devant M. Nott.

« Absolument. » dit finalement Patricia d'un ton agréable qui semblait trop forcé pour être naturel. « Suivez-moi. »

Toujours dissimulée dans une allée, Pénélope les observa s'éloigner avec exaspération. Quelques instants plus tard, Patricia fut de retour, l'air furieux.

« Je n'arrive pas à croire que monsieur Macmillan lui ait donné l'accès aux Archives privées. C'est tellement insensé ! »

Pénélope, elle non plus, ne pouvait le croire. En une année, elle n'avait jamais eu le droit d'accéder aux Archives privées. Qu'avait fait cette arriviste pour mériter ce droit ?

« J'ai bien peur que monsieur Macmillan ne réalise pas la position délicate dans laquelle il pourrait se mettre. Et nous mettre, également. » se plaignit Patricia en secouant la tête. « Et l'afficher ainsi devant une autre famille sacrée. Pour l'amour de Voldemort, notre réputation… »

Pourtant, malgré son indignation manifeste, Patricia ne fit rien d'autre pour communiquer sa désapprobation. Pénélope, elle, fulminait toujours autant.

Après cette première visite, Théodore Nott se présenta régulièrement aux Archives. A plusieurs reprises, Pénélope tenta d'attirer son attention et d'entamer une conversation. Elle s'efforçait de porter ses plus belles tenues, et s'appliquait à le saluer de manière enthousiaste à chaque fois qu'il passait les portes, lui jetant ses plus beaux sourires. Il répondait à peine à ses tentatives d'interaction.

Pire encore, Pénélope surprit la lueur dans les yeux de Théodore Nott pendant qu'il observait Hermione Granger. Celui d'un homme intéressé par une femme. Un regard que Pénélope n'avait jamais reçu dans sa vie. Et aussitôt, elle sentit ce monstre puissant jaillir dans son estomac - la jalousie.

« Il n'a probablement aucune idée de son statut. » tenta de justifier Patricia, pour la consoler. « Regarde-là, à essayer de le séduire de cette manière effrontée. Quelle indécence. »

Cette fois, ça allait trop loin. Granger commençait à pourrir sa vie, pensa Pénélope avec contrariété. Elle volait toutes ses opportunités et ce n'était pas acceptable. Elle devait faire quelque chose pour l'arrêter.

Dans le bureau de sa mère, Pénélope retrouva le dossier de Granger, qui contenait l'enquête sur ses antécédents. Peu concluant, disait le dossier. Cela signifiait qu'on ne pouvait pas confirmer avec assurance les informations qui s'y trouvaient. Granger venait d'une zone extérieure et n'était pas née dans le régime, ce qui rendait des recherches plus compliquées. L'amie de sa mère à la commission prétendait que les services secrets utilisaient des contacts dans d'autres pays pour confirmer le parentage de certains individus. Cette méthode était pourtant rare car elle demandait énormément de ressources.

Pénélope eut l'idée de son plan en se rappelant d'une technique que sa sœur Philomena avait utilisée sur elle pendant leur adolescence pour lui faire avouer qu'elle avait dérobé sa broche favorite. Philomena avait prétendu avoir posé un Sort de Suivi sur toutes ses possessions, un sortilège qui la prévenait si une personne subtilisait ses affaires sans permission. Extrêmement naïve à l'époque, Pénélope avait cru à ce mensonge et avait immédiatement avoué le vol de la broche.

Pénélope s'empara d'un parchemin vierge sur le bureau de sa mère et s'empressa d'écrire quelques mots brefs sur le papier.

Je connais ton secret.

Même si elle ne savait pas exactement quoi, elle était certaine que Granger cachait quelque chose. Et si elle parvenait ne serait-ce qu'à l'effrayer, elle arriverait peut-être à la déloger. C'était un plan bancal qui ne donnerait sans doute rien mais Pénélope n'avait rien à perdre. Elle utilisa un hibou d'une volière publique pour envoyer la missive à l'adresse de Granger, dégotée dans son dossier d'employée.

Ce fut le changement brutal dans l'attitude Granger qui lui assura qu'elle avait visé juste. Le lendemain, Granger ne se présenta pas au travail, prétextant être souffrante. Puis, à son retour, Pénélope l'observa attentivement. Le visage de Granger affichait sans cesse une mine pâle et préoccupée. Elle semblait sur le qui-vive et particulièrement nerveuse.

Pénélope réalisa alors que les doutes de sa mère étaient probablement fondés. Elle garda d'abord le silence, ignorant comment agir. Si Granger avait falsifié des informations pour être embauchée, cela aurait peut-être une incidence sur son employeur et le reste de l'établissement.

Pénélope retrouva les coordonnés de l'amie de sa mère qui travaillait à la Commission d'Enregistrement des Indésirables au Ministère de la Magie et décida alors de s'y rendre.

« Souhaitez-vous signaler un délit ou une violation ? » lui demanda-t-on au Département de l'Uniformisation de la Pureté Exemplaire.

Sa requête fut enregistrée par un sorcier à l'air blasé. Les citoyens étaient incités à signaler tout manquement aux règles de la Pureté Exemplaire. La délation était fortement encouragée. A l'issue de l'enquête du département, si les informations s'avéraient confirmées, les citoyens étaient récompensés par des gratifications pécuniaires. L'homme sembla pris de court lorsque Pénélope mentionna les noms de deux familles sacrées - les Nott et les Macmillan - comme victimes potentielles dans son signalement. Elle l'avait fait de manière délibérée, espérant que cela donnerait de l'importance à son témoignage.

« Votre requête sera évaluée dans les prochains mois par la Commission. Vous recevrez un courrier si nous avons des questions supplémentaires. Merci pour votre collaboration. » dit l'homme avant de rouler le parchemin et de la placer dans une étagère qui contenait des milliers de rouleaux similaires. « La pureté sera la clef. »

« Puisse-t-elle nous guider. » répondit Pénélope tandis qu'elle se relevait.

Soulagée et nerveuse à la fois, Pénélope quitta le Ministère. Avec un peu de chance, cette usurpatrice de Granger serait prise en flagrant délit de fraude et serait enfin renvoyée des Archives. Peut-être même serait-elle envoyée à Azkaban pour quelques mois, songea Pénélope avec un petit plaisir non dissimulé.

Ce jour-là, elle rentra chez elle avec un sentiment d'accomplissement.

Les semaines suivantes furent des plus frustrantes. Elle observa Granger se balader dans les Archives en toute quiétude, comme si elle était la propriétaire des lieux.

Granger fut même choisie pour effectuer une mission spéciale dans la bibliothèque privée des Nott, au Théâtre de Damasus le Décadent.

« C'est scandaleux qu'il la choisisse alors que tu es là depuis bien plus longtemps. Cette mission devrait te revenir ! Tu as davantage d'expérience. » critiqua Patricia.

Pour une fois, Pénélope garda son calme devant la nouvelle. Elle savait qu'elle devait être patiente. Granger l'ignorait mais elle passait sans aucun doute ses dernières semaines aux Archives. Une fois qu'elle serait renvoyée, Pénélope aurait tout le loisir de recevoir les projets spéciaux de M. Macmillan et de parler avec Théodore Nott quand il passait aux Archives.

Un soir d'hiver, tandis qu'elle sortait des Archives après une longue journée, elle prit la direction du poste de cheminées publiques le plus proche. La nuit tombait tôt à cause de la saison. Une fois sortie de la cheminée, elle resserra sa cape tandis qu'elle marchait le long de l'allée silencieuse menant à son domicile.

« Miss Deauclaire ? » demanda une voix derrière elle.

Pénélope se retourna, s'attendant à voir une personne du voisinage. Ses yeux tombèrent toutefois sur un homme qui portait un costume coloré et un large chapeau assorti. Elle ne parvint pas à distinguer son visage à cause de l'obscurité. Avant qu'elle ne puisse dire quoi que ce soit, Pénélope vit la lueur d'une baguette magique pointée sur elle, puis un flash de lumière aveuglant, avant que tout ne devienne confus.

« Oubliettes ! » fut le dernier mot qu'elle entendit.


Ça valait le coup de payer Oscar Sleezer une fortune pour les aider à trouver. Il avait finalement raison, la personne était plus proche qu'Hermione ne le pensait. Décidément, on a tous ce collègue casse-couilles au boulot (et si vous n'en avez pas, c'est que c'est probablement vous lol :p)

Êtes-vous surpris ? Je crois qu'il y avait juste une lectrice qui n'était pas loin du compte et qui avait mentionné que c'était peut-être une personne sur son lieu de travail.

Malgré ce sort d'oubli sur Pénélope, sont-ils pourtant sortis d'affaires ?

Seul l'avenir nous le dira !

Je me suis rendue compte qu'avant ce chapitre, j'ai utilisé le nom ''Clearwater'' au lieu de 'Deauclaire' pour Pénélope et sa famille. Si vous avez remarqué le changement, c'est juste une gaffe de ma part. J'avais oublié que ce nom avait une traduction spécifique dans la VF. J'irais modifier ce détail sur les chapitres précédents quand j'aurais le temps.

Sinon, qu'avez-vous pensé de la découverte d'une nouvelle faction de la Résistance ? La Résistance sera l'intrigue principale du prochain arc.

Et ce sera l'occasion de voir quelques personnages connus de la saga… Mais un peu de patience, car je dois d'abord faire quelques dégâts avant d'en arriver là :p Je vous dirais bien de ne pas vous inquiéter mais ce serait mentir :p

Laissez-moi vos impressions si vous n'êtes pas un(e) collègue chiant(e)

Liberté et Dignité,

Fearless