Valeur et vertu,
De retour avec un nouveau chapitre !
Tout d'abord merci plinchy, Jiwalumy, Sarah MAES, Fleur d'Ange, Lestrange-maria, coeerinnee et DI5M pour vos reviews :3
Merci de me suivre et de commenter assidument cette histoire depuis des mois, voire plus. Sachez que vos messages me font très plaisir et me motivent à garder le rythme !
C'est marrant, parce que je suis en train de relire l'histoire depuis le début et je réalise à quelle point l'histoire est ultra longue. J'essaie de relire de temps en temps pour éviter de faire des erreurs et des contradictions quand j'écris la suite - c'est vraiment le risque quand on écrit autant de détails et qu'on jongle avec autant d'intrigues lol Que voulez-vous... J'aime me rajouter de la difficulté !
Vous pouvez retrouver la playlist/le montage du chapitre sur mon profil.
Bonne lecture !
XLI. Champ Libre
« Niveau 5. Département de la Coopération Magique Internationale. » résonna la voix féminine et sans âme de l'ascenseur.
Les portes s'ouvrirent brusquement et une flopée de missives plissées jaillirent de l'ascenseur. D'autres tentèrent de s'y engouffrer, ce qui provoqua un embouteillage dans lequel quelques missives luttèrent pour forcer le passage. Des morceaux de papiers se délitèrent au sol.
Ginny émergea à son tour de l'ascenseur en trombe. D'un pas pressé, elle effectua un sprint dans le couloir, ignorant les missives volantes qui l'effleuraient au passage. Son réveil n'avait pas sonné pour une raison obscure et elle s'était réveillée plus tard que prévu. Elle avait passé une nuit affreusement courte, après avoir terminé sa journée de travail particulièrement tard la veille. Depuis son emménagement dans l'immeuble de Pansy, cette dernière profitait de cette nouvelle proximité pour la mandater davantage.
Ginny ralentit lorsqu'elle arriva devant le cabinet de la Gouverneure Cressida Warrington. A son entrée, elle fut surprise de trouver l'endroit complètement vide - fait curieux pour un vendredi matin. Il était déjà dix heures passées, remarqua-t-elle en jetant un regard vers une horloge accrochée au mur. Elle eut un bref moment de panique, se demandant si elle avait oublié une réunion importante. Après tout, elle s'était levée du pied gauche et elle avait enchaîné les étourderies à cause de son état d'épuisement. Elle s'empressa de consulter son agenda mais n'y trouva aucune note particulière, ce qui la soulagea.
Alors qu'elle posait ses affaires sur u n bureau, Ginny entendit des bruits provenant de la minuscule salle de pause.
« Pouvoir et pureté ! » la salua joyeusement Katrina-Street Porter, émergeant dans la pièce. « J'étais en train de préparer du thé. Je te sers une tasse ? »
« Volontiers. » accepta vivement Ginny, reprenant son souffle après sa course dans le corridor. « Où sont les autres ? »
« En réunion. La Gouverneure a obtenu un créneau de dernière minute devant la Commission du département au sujet de la réouverture du projet de loi. » expliqua Katrina. « Heureusement que nous étions déjà préparés à cela et qu'elle avait en mains tous les éléments pour défendre sa demande. »
Ginny ressentit un élan d'excitation. Cela faisait près d'un mois qu'elle était de retour au cabinet de Cressida Warrington en tant que Consultante volontaire, afin de préparer la réouverture potentielle du projet consistant à améliorer les droits du travail pour les sorciers de rang inférieur.
Quelques semaines après la conférence des Sorcières d'influence, pendant laquelle Ginny lui avait proposé son retour sur le projet de manière officieuse, Cressida Warrington avait accepté sa proposition. Elle avait toutefois insisté sur le fait qu'elle n'était pas encore en mesure de lui promettre une position stable ou sur le long terme. Ginny s'était empressée d'accepter.
Malgré ce que pensait Cressida, ce n'était pas pour sa carrière que Ginny était tant intéressée par cette position au sein du cabinet. Il s'agissait pour elle d'un moyen de se rapprocher de la Gouverneure, dans l'espoir que cette proximité l'aiderait à obtenir des informations cruciales à son sujet, pour le compte de Draco.
Travailler à temps partiel au cabinet sans être payée signifiait qu'elle avait toujours besoin de son emploi chez Pansy. Les journées de Ginny étaient si chargées qu'elle avait l'impression de ne plus avoir de temps de souffler.
Après une brève accalmie au début de l'année, l'emploi du temps de Pansy se remplissaient de plus en plus, nécessitant l'attention totale de Ginny et de Romilda, son autre assistante personnelle.
Le mois d'Avril se profilait, entraînant avec lui la traditionnelle Saison, une succession d'événements mondains où se réunissait l'élite de la communauté magique britannique. Cette période prenait place pendant la majeure partie du printemps et de l'été. Galas de charité, réceptions privées, garden partys, ou encore bals de débutantes accueillaient chaque semaine la crème de la crème du régime.
Pansy, par son statut et sa notoriété, était invitée à d'innombrables évènements. Romilda et Ginny s'efforçaient d'organiser ses allées et venues de manière efficace et de les faire concorder avec son emploi du temps professionnel, tout aussi chargé. Elles s'assuraient de gérer tous les préparatifs et la logistique qui incombaient, tout en répondant aux nombreux besoins - et toquades - de Pansy.
« Après cette entrevue, la Commission du Département va délibérer pour donner le feu vert – ou non – à la reprise du projet. Nous devrions avoir une réponse dans le courant de la semaine prochaine. » poursuivit Katrina. « Espérons qu'elle soit positive. »
Ginny hocha la tête avec appréhension. Elle ignorait encore ce qu'elle ferait si le projet était remis sur les rails. A part se dédoubler, elle n'était pas certaine d'avoir une solution viable pour pouvoir tout gérer. Elle ignorait si Pansy accepterait de la laisser travailler pour elle à temps partiel. Ginny aurait probablement besoin de l'aide de Draco pour la convaincre de le faire.
« Les autres membres du cabinet sont également à la réunion. » l'informa Katrina.
Les autres membres du cabinet - l'adjoint Cormac McLaggen, la Mage de Loi Mandy Brocklehurst et le contrôleur de gestion Agbert Ruthdower - étaient présents pour leur expertise respective et pour apporter des éléments d'explications additionnels.
Leur stratégie avait déjà été savamment réfléchie et peaufinée, en préparation pour cette entrevue. Ils avaient déjà discuté de l'éventualité d'être convoqués à la dernière minute. Cressida, avec l'aide de Ginny, avait donc préparé un dossier solide. La jeune femme ne se faisait donc aucune inquiétude sur la capacité de Cressida à vendre le projet.
L'élément décisif serait toutefois hors de leur contrôle. Le contexte politique était le plus gros frein au projet. Tout avait été stoppé après l'attentat. Dans une période aussi tendue, ils ignoraient si un projet prônant l'avancement des droits des Sang-Impurs serait accueilli avec enthousiasme.
Ginny accepta avec reconnaissance la tasse de thé fumante que Katrina lui tendit. Elle profitait de ces moments informels entre elles, en dehors du travail ou pendant les pauses, pour obtenir des informations de manière discrète et subtile. Katrina laissait parfois échapper un commentaire ou un détail au sujet de la Gouverneure comme une sortie récente, ou un contact récemment rencontré. Ginny prenait soin de noter toutes ces informations, espérant qu'elles s'avéreraient un jour utiles pour Draco. Cressida était une femme discrète, et les personnes qui l'entouraient étaient triées sur le volet.
Une partie de Ginny se sentait un peu coupable d'utiliser Katrina et sa relation avec la Gouverneure à des fins personnelles. Après tout, elle l'appréciait beaucoup. Katrina avait été une alliée pour elle à son entrée au cabinet. Elle lui avait dispensé de précieux conseils sur les codes de ce milieu élitiste, si éloigné du sien. Elle lui devait une fière chandelle.
« Que se passe-t-il dans ta vie, Ginny ? Je n'ai pas pu m'empêcher de remarquer que tu étais rayonnante, ces derniers temps. » lança Katrina tandis qu'elle prenait place à son bureau, face au sien. « Tu as rencontré quelqu'un ? »
Ginny arbora un air interdit devant cette remarque inattendue. Elle n'avait pas eu l'impression d'agir différemment depuis son retour au cabinet. Du moins pas assez pour attiser les questionnements des gens autour d'elle. Évidemment, Katrina était une femme très observatrice. Une raison pour laquelle Ginny s'efforçait d'être discrète, afin de ne pas attirer de quelconques soupçons de sa part.
Maintenant qu'elle y réfléchissait, elle devait admettre que les changements avaient été nombreux dans sa vie. Elle avait emménagé dans ce nouvel appartement spectaculaire que Draco avait trouvé pour elle et avait de nouveau intégré son poste au sein du cabinet, au Ministère.
Ginny devait admettre qu'elle appréciait cette nouvelle indépendance. Même si Hermione avait toujours été une colocataire facile, elle avait parfois ses humeurs. Pouvoir vivre seule, et exactement comme elle l'entendait, était une expérience particulièrement épanouissante pour Ginny. Elle était également soulagée d'avoir quitté le domicile de son frère, chez qui elle était restée temporairement après l'attaque.
Sa relation naissante avec Draco était sans aucun doute le bouleversement le plus important de sa vie. Et malgré son quotidien désormais trépidant et épuisant, elle s'en plaignait à peine, trop heureuse de ce qu'elle vivait en sa compagnie.
Même si Katrina avait visé juste, Ginny n'était pas en mesure de lui révéler quoi que ce soit. Un fait évident leur était apparu dès le début – il était crucial qu'ils restent discrets sur leur relation. Une chose parfois difficile pour Ginny, forcée de laisser ses proches dans l'ignorance. La réaction d'Hermione avait été un exemple probant de pourquoi elle devait continuer à mentir. Elles ne s'étaient plus adressées la parole depuis leur discussion houleuse au Manoir des Nott, deux mois plus tôt.
Ginny ressentait un pincement au cœur lorsqu'elle repensait à la situation. Puis, sa peine se transformait rapidement en frustration et en rancœur. Elle avait, à plusieurs reprises, contacté Hermione dans une tentative de renouer le contact. Toutes ses missives étaient restées sans réponse. Il était évident que leur amitié ne tenait pas tant que ça à Hermione et cette prise de conscience avait profondément blessé Ginny.
Draco, lui, ne semblait pas particulièrement compatissant sur la question. Même s'il l'écoutait en silence lorsqu'elle en parlait, Ginny sentait que le sujet le blasait. Elle avait tout simplement cessé d'en parler lorsque Draco lui avait dit qu'il était préférable qu'ils se distancent de Théodore et Hermione.
Draco ne dissimulait pas son dédain pour les Nott qu'il avait qualifiés '' d'incroyablement stupides et inconscients'' lorsqu'il avait appris la nouvelle de leur union sacrée. Selon lui, ils allaient s'attirer des problèmes graves - si ce n'était déjà pas le cas - et il refusait que lui ou Ginny soient sur le passage lorsque ''les choses leur exploseraient à la figure.''
Après leur retour du chalet des Parkinson, et leur discussion avec Théodore et Hermione, Draco avait demandé à un détective privé d'enquêter. Ils avaient placé un sort sur l'appartement pour les prévenir de toute nouvelle intrusion, mais rien n'était arrivé, depuis. L'enquête était au point mort.
Ginny se retourna vers Katrina, lui adressant un léger sourire.
« Non. » répondit Ginny d'un ton ferme. « Je n'ai rencontré personne. Je suis simplement heureuse d'être revenue au cabinet. »
A son grand soulagement, Katrina n'insista pas davantage. La discussion se porta sur un autre sujet.
« Oh j'oubliais ! J'ai reçu des invitations pour le GAGE mais mon époux ne pourra pas m'y accompagner. Je voulais donc te proposer d'y venir avec moi. C'est l'occasion de te faire des nouveaux contacts et, pourquoi pas, de rencontrer quelqu'un. » proposa Katrina avec un clin d'œil appuyé.
Katrina avait cette obsession de dégoter un homme de sang-pur bien placé à Ginny pour l'aider à 'épurer son dossier', comme elle-même l'avait fait avec son époux actuel. Le visage de Ginny s'éclaira.
« J'adorerais ça. » dit-elle avec excitation.
Elle avait déjà entendu parler de cet événement car Pansy y était conviée.
Ginny devait admettre que l'idée de participer à ces réceptions de grand standing était particulièrement excitante. Quelque chose dans ces magnifiques décors, ces tenues grandioses, et cette ambiance onirique la fascinait.
Deux heures plus tard, la porte du cabinet s'ouvrit à la volée. Cressida fit irruption dans la pièce, vêtue d'un imposant couvre-chef jaune et suivie par les autres membres du cabinet.
« Un travail d'équipe remarquable. La commission a donné le feu vert à la reprise du projet ! » annonça Cressida d'un ton plein d'enthousiasme, à l'attention de Katrina et Ginny.
Son œil magique tournait dans tous les sens dans son orbite, visiblement surexcité. Tout le monde se fendit en applaudissements face à la bonne nouvelle.
Le reste de la journée fut placé sous le signe de la célébration. Katrina sortit même une bouteille d'hydromel qu'elle gardait pour les 'grandes occasions' et Ginny se retrouva légèrement pompette à deux heures de l'après-midi.
Elle profita d'un passage aux toilettes pour sortir son miroir à double sens et griffonner à la hâte un message sur la glace, à l'aide de sa baguette.
J'ai une excellente nouvelle à t'annoncer, inscrivit-elle.
Le message s'effaça dans la buée, la prévenant qu'il avait été lu. Quelques instants plus tard, des mots apparurent sur le miroir :
AM - 19:00
Ginny esquissa un rictus en coin. Draco envoyait toujours ces messages cryptiques lorsqu'il était occupé, ne pouvant probablement pas écrire une phrase complète. Il lui demandait de le rejoindre à l'Augurey Magistral à dix-neuf heures.
Je ne vais jamais pouvoir attendre jusqu'à là, écrivit-elle.
Elle posa ensuite ses lèvres sur le miroir, sous le message, y déposant un baiser. La forme de ses lèvres se matérialisa sur la glace. La réponse de Draco mit quelques minutes à arriver :
Ne me tente pas.
Ginny sourit avant de ranger le miroir et de retourner dans la pièce principale du cabinet où Cressida discutait des prochaines initiatives sur les semaines à venir, une fois les papiers signés par la commission du département et l'argent du financement débloqué. Ginny réalisa qu'elle souriait toujours jusqu'aux dents après son interaction avec Draco lorsqu'elle vit Katrina lui lancer des regards entendus.
Elle s'efforça de reprendre un peu sa contenance et de ne pas afficher son contentement de manière si évidente. Elle attendit que le reste de la journée se termine avec impatience.
Elle quitta finalement le Ministère quelques heures plus tard et s'engagea dans le gigantesque poste de cheminées publiques, dans l'atrium du Ministère, où des centaines de sorciers se pressaient devant des larges cheminées pour rejoindre leur destination. Ginny arriva au Cours Écarlate et marcha lentement vers l'hôtel imposant qu'elle apercevait au loin.
Elle n'était pas revenue à l'Augurey Magistral depuis le jour de la conférence des Sorcières d'influence de Cressida Warrington. Ce jour-là, Draco et elle avaient eu une discussion particulièrement tendue, après qu'elle ait regardé l'un de ses souvenirs sans son autorisation. Et malgré une conversation difficile et blessante, quelque chose avait changé entre eux, ce jour-là.
Il était étrange de réaliser à quel point les choses avaient évolué entre eux, depuis. Ginny avait parfois l'impression qu'il s'agissait d'une autre vie. Ils ne se voyaient quasiment plus à l'Augurey Magistral pour des raisons de discrétion. Et son nouvel appartement était un endroit bien plus pratique.
Elle fut autorisée à emprunter l'entrée des employés, comme à son habitude. A son arrivée dans le couloir qui menait au bureau de Draco, elle remarqua que la réception était vide. Son assistante était probablement déjà partie. Elle frappa à la porte du bureau mais personne ne répondit.
« Vous ! » s'exclama une voix, derrière elle. « Que faites-vous ici ? »
Elle sursauta et tourna la tête, tombant sur un employé de l'hôtel - sans doute un garde au vu de sa tenue – qui s'approchait d'elle à toute allure, un air menaçant sur le visage. Ginny ne le reconnut pas. Il s'agissait probablement d'un nouvel employé ou quelqu'un qui travaillait généralement dans une autre zone de l'hôtel. La réceptionniste, les Mangemorts qui escortaient Draco, et les gardes de cet étage ne l'interrogeaient plus depuis bien longtemps.
« J'attends M. Malfoy. » répondit Ginny d'une voix lente, prise de court par son emportement.
« Vous n'êtes pas autorisée à être ici. » gronda l'homme d'une voix accusatrice.
Il s'approcha de Ginny.
« Identification. » réclama-t-il.
Ginny croisa les bras, levant un sourcil sceptique. Elle ne connaissait pas cet homme mais elle n'allait pas se laisser intimider par son zèle. Elle n'esquissa aucun geste pour prendre sa baguette.
« J'ai dit 'Identification'. » répéta-t-il d'un ton menaçant. « Avant que j'appelle le reste de la sécurité. »
Le manque de réaction de Ginny sembla le mettre dans tous ses états et il attrapa brutalement le bras de la jeune femme, la forçant à le suivre. Elle se débattit vivement et le garde serra son emprise sur son poignet, le tordant férocement. Un cri de douleur s'échappa de la gorge de Ginny.
« Je ne vais pas me répéter une nouvelle fois. » s'exclama le garde avec colère.
A contrecœur, Ginny fourra son autre main dans sa poche pour saisir sa baguette magique et lui tendit. Le garde la saisit et appliqua un sort d'identification. Une légère brume rougeâtre s'échappa de la baguette de Ginny, marquant son statut inférieur. L'air suspicieux du garde se transforma en une expression haineuse.
« Qu'est-ce qu'une Sang-Impur fait ici ? » s'exclama-t-il avec hostilité. « Que trafiquez-vous ? »
« Que se passe-t-il, ici ? » demanda soudainement une voix familière, à l'autre bout du couloir.
Avec soulagement, Ginny aperçut Draco, escorté par deux Mangemorts.
Le garde relâcha le bras de Ginny et se retourna vivement, arborant un air obligeant qu'elle trouva affreusement faux.
« Valeur et vigueur, Monsieur Malfoy. Je suis navré, j'ignore comment cette femme a pu arriver ici sans autorisation. J'étais en train de procéder à une identifi… » commença à se justifier le garde.
Loin de l'attitude fanfaronne qu'il avait affichée avec Ginny quelques instants plus tôt, il semblait désormais craintif devant le regard froid et intimidant de Draco sur lui.
« Retournez à votre poste. » ordonna Draco d'une voix glaciale.
L'homme hocha la tête et s'empressa de s'éloigner. Il jeta un regard en biais à Ginny, se posant visiblement des questions. Draco vint à la rencontre de la jeune femme dont le regard soucieux était toujours rivé sur l'homme.
« Entre. » lança-t-il à son attention d'une voix plus douce, ouvrant la porte de son bureau.
Ginny s'empressa d'entrer à l'intérieur. Draco referma la porte derrière eux, laissant son escorte dans le couloir.
« Désolé, ma réunion a été plus longue que prévu. » dit-il d'un ton harassé avant de l'embrasser brièvement.
Elle remarqua immédiatement qu'il était soucieux.
« Ça ne s'est pas bien passé ? » interrogea-t-elle.
« Les problèmes habituels. Mais rien d'ingérable. » ajouta-t-il, son visage reprenant une expression neutre.
Elle savait qu'il minimisait la situation. Les humeurs de Draco avaient été un sujet de discorde entre eux pendant les premières semaines de leur relation. Elle avait dû taper du poing et lui rappeler vertement qu'elle n'était pas un défouloir pour sa mauvaise humeur. Depuis, il évitait d'apporter les frustrations de son travail dans leurs discussions.
« Espérons que ma nouvelle pourra te redonner le sourire. Le projet de Warrington vient de recevoir le feu vert pour sa reprise. La Gouverneure a déjà proposé de me réembaucher à temps plein, le mois prochain, quand toute la paperasse sera réglée. » annonça Ginny avec contentement.
« Ça a été plus rapide que je ne le pensais. C'est une excellente nouvelle. » dit Draco avec satisfaction, semblant oublier sa frustration.
Ginny lui rapporta en détail les annonces de la Gouverneure, faites pendant la journée, ainsi que ces plans pour les prochaines semaines. Tandis qu'elle parlait, elle frotta à plusieurs reprises son poignet douloureux.
Le regard de Draco suivit son geste et elle vit ses sourcils se froncer imperceptiblement. Il saisit son poignet et l'observa en silence, sous toutes les coutures. Une marque violacée était désormais apparente sur sa peau. Le garde lui avait presque tordu le poignet.
« Il t'a touchée... » murmura Draco à voix basse.
Elle ignorait s'il s'agissait d'une question ou d'une affirmation mais la lueur sombre qu'elle vit passer dans son regard lui fit comprendre qu'il était contrarié.
Il apposa sa baguette sur son poignet et murmura un sort. Immédiatement, elle sentit une sensation glacée sur sa peau. La douleur fut atténuée.
« Merci. » murmura-t-elle avec reconnaissance.
Draco ne répondit pas et se releva soudainement, se dirigeant vers la porte du bureau qu'il ouvrit d'un geste contrarié. Il échangea quelques mots avec l'un des Mangemorts qui attendait derrière la porte. Il claqua la porte et retrouva Ginny, sur le sofa, la mine désormais impassible.
« Que disais-tu sur Warrington ? » demanda-t-il avec intérêt.
Ginny reprit son récit, excitée par les nouvelles perspectives qui accompagneraient la réouverture du projet. Ils restèrent diner à l'hôtel et Ginny fut heureuse de pouvoir passer du temps en sa compagnie. Ils avaient été tous les deux particulièrement occupés et ne s'étaient pas vus depuis la semaine précédente.
« Je te raccompagne chez toi. » décréta Draco, plus tard dans la soirée, lorsque Ginny lâcha un bâillement à fendre l'âme.
Ginny était pratiquement avachie sur lui, les yeux à demi-clos, épuisée par sa journée de travail et sa nuit trop courte. L'hydromel consommé en plein après-midi n'avait pas aidé à améliorer son niveau d'énergie. Elle hocha la tête, approuvant sa proposition. Ginny attrapa la main que Draco lui tendit pour l'aider à se relever. Une fois debout, elle se laissa aller contre lui et enroula sa nuque de ses bras. Ils échangèrent un long baiser qui eut rapidement l'effet de la réveiller.
« Tu restes avec moi, ce soir ? » minauda-t-elle, lorsqu'ils s'écartèrent.
Draco hocha la tête.
« Comment te refuser quoi que ce soit quand tu me fais ces yeux ? » répliqua-t-il.
Ginny fit mine de prendre un air innocent, un sourire malicieux au coin des lèvres. Ils quittèrent le bureau, et s'engagèrent dans le couloir. Les deux Mangemorts postés devant la porte se lancèrent immédiatement à leur suite. Tandis qu'ils empruntaient le couloir adjacent, Ginny aperçut au loin le garde qui l'avait malmenée, quelques heures plus tôt, planté devant une statue. Elle le maudit intérieurement. Son poignet était encore douloureux, malgré le sort de Draco, dont les effets commençaient à s'estomper.
Alors qu'ils s'approchaient de l'homme, Ginny fut désarçonnée lorsqu'elle sentit quelqu'un la bousculer. Un peu hébétée, elle réalisa que les deux Mangemorts derrière eux les avaient soudainement dépassés et se dirigeaient vers le garde, d'une démarche rapide. Arrivés à sa hauteur, ils attrapèrent violemment l'homme par le col de son uniforme. Il lâcha une exclamation interloquée, déstabilisé par cette embuscade inopinée. L'un des Mangemorts assena un sort au niveau de l'estomac du garde. Ce dernier tomba sur ses genoux et laissa échapper un hurlement de douleur, se tordant le ventre, une expression torturée sur ses traits. Les deux Mangemorts le tirèrent sans cérémonie au sol, l'entraînant dans une pièce attenante, avant de refermer la porte brutalement derrière eux. Ginny s'était arrêtée pour observer la scène, choquée.
« Qu'est-ce qu'ils sont en train de lui faire ? » balbutia-t-elle, interdite.
« Rien de bien méchant. Il a simplement besoin qu'on lui remette les idées en place. » répondit Draco d'une voix traînante, visiblement peu intéressé par le sort du garde.
Ginny sentit la main de Draco se poser dans le creux de sa taille pour l'inciter à reprendre sa marche.
« Allons-y. » lança-t-il avec désinvolture.
Elle s'exécuta, machinalement. Quand ils dépassèrent la porte où les Mangemorts avaient traîné le garde de force, elle lança un regard par-dessus son épaule. Elle crut discerner un autre cri. La main de Draco sur sa taille se fit plus pressante et elle reprit sa route, se demandant ce qu'il adviendrait de l'homme.
Et lorsqu'ils s'engouffrèrent dans l'ascenseur et que les portes se refermèrent sur eux, une partie d'elle réalisa qu'elle s'en moquait.
/
Hermione observait distraitement les gigantesques jardins du manoir, à travers la fenêtre de sa chambre. Avec la fin du mois de mars, et le début du printemps, ils retrouvaient toute leur superbe. Elle se souvenait distinctement d'une discussion qu'elle avait eue avec Gislena Nott, quelques mois plus tôt. Sa belle-mère lui avait assuré qu'elle serait extasiée par les jardins, une fois le printemps arrivé. Elle n'avait pas menti. Le climat était particulièrement agréable et le soleil lui caressait le visage, même à travers la vitre. Il était peu commun d'avoir un climat aussi clément à cette période de l'année.
Malgré tout, Hermione n'avait pas le cœur à en profiter. Elle avait l'esprit agité et ses journées étaient remplies par des réflexions profondes sur l'état actuel de sa vie. Elle tritura nerveusement son alliance, comme elle avait pris l'habitude de le faire ces dernières semaines, sans même le réaliser. Parfois, elle lui apportait un réconfort certain. A d'autres moments, elle éprouvait l'envie d'ôter ce symbole qui représentait cette nouvelle vie à laquelle elle avait tant de mal à s'acclimater.
Cela faisait plus de deux mois qu'elle et Théodore s'étaient unis et bien que leur relation soit plus forte que jamais, Hermione avait l'impression que tout le reste de sa vie s'effondrait progressivement. Chaque jour qui passait, elle réalisait le prix élevé de son union avec Théodore.
Ils savaient que la nouvelle causerait la stupéfaction et l'indignation générale. Et même si, pour le moment, ils s'étaient efforcés de ne pas l'ébruiter, Hermione savait qu'elle n'aurait bientôt plus d'autre choix que d'assumer pleinement cette décision.
Le père de Théodore avait réclamé qu'ils prennent leurs nouvelles responsabilités avec sérieux. Restés cachés n'était pas une solution durable.
On attendait beaucoup de la part de l'épouse d'un héritier sacré. En entrant dans son nouveau foyer, elle devait abandonner toute loyauté préalable, et exclusivement se dédier à la prospérité de son nouveau clan. Ses aspirations personnelles devaient être abandonnées, au profit des intérêts de la famille.
En si peu de temps, Hermione avait déjà l'impression d'avoir fait de nombreux sacrifices. Le plus significatif avait sans doute été son travail, après que Theodius lui ait fait remarquer qu'elle n'avait 'aucune raison valable' de continuer à travailler aux Archives privées des Macmillan.
La première réaction d'Hermione avait été de se braquer. Jamais elle n'abandonnerait son emploi aux Archives, avait-elle protesté. Après tout, elle adorait son travail qui lui permettait de s'épanouir, tout en travaillant dans un milieu qui la passionnait. C'était l'une des rares choses qui lui avait procuré du bonheur, avant sa rencontre avec Théodore.
Malgré cela, avec leur mariage et l'épisode Pénélope Deauclaire, où ils avaient frôlé la catastrophe, elle savait que le risque encouru était bien trop grand. Le cœur lourd, elle avait donc annoncé à Aelius Macmillan sa démission.
Elle assistait en spectatrice impuissante à l'une de ses plus grandes craintes – la perte de son indépendance, qu'elle avait tant peiné à obtenir dans ce régime hostile. Hermione était reléguée à la place de ''femme de'' et cette vérité était pour elle des plus frustrantes.
Bien qu'elle ait fait part de ses craintes à Théodore, elle n'avait pas pu s'empêcher de les minimiser, craignant de paraître ingrate ou pire, pleine de regrets.
Elle savait que lui aussi avait beaucoup à gérer. Le sacrifice était tout aussi important pour lui - c'était son clan et son propre statut qui étaient en jeu - et il n'avait pas hésité une seule seconde à les mettre en péril pour Hermione.
Elle voulait honorer ce choix qu'ils avaient fait ensemble, cette nuit-là, dans cette boutique qui empestait l'encens.
Après tout, ce n'était pas son amour qu'elle remettait en cause. C'était d'ailleurs la seule chose qui la maintenait saine au milieu du chaos que devenait sa vie.
« Mrs Nott ? » lança une petite voix polie, la sortant de sa torpeur.
L'attention d'Hermione se posa sur un elfe de maison profondément incliné devant elle. Elle n'était toujours pas habituée à être appelée ainsi. Ni à être traitée avec autant de révérence par les elfes de maison du manoir.
« Vous avez de la visite. » annonça l'elfe.
« J'arrive. » dit-elle d'une voix plate.
L'elfe quitta la pièce et Hermione prit une longue inspiration avant de sortir à son tour, s'engageant dans le couloir de l'aile Est, qui leur était réservée. Lorsqu'elle arriva finalement au bas des grands escaliers menant au hall principal, elle entra dans le petit salon réservé aux visiteurs.
Elle y trouva une jeune femme aux cheveux noirs de jais, confortablement assise sur un fauteuil, vêtue d'une robe patineuse d'un rose dragée et de talons aiguilles si hauts qu'Hermione se demanda comment elle pouvait faire deux pas sans chuter. Hermione s'éclaircit la gorge pour marquer sa présence avant de prendre place sur le fauteuil opposé.
Elle avait fait la connaissance de Pansy Parkinson quelques jours plus tôt, par le biais de Théodore. Avant cela, Hermione n'avait entendu parler d'elle que de nom, principalement à travers Ginny qui l'assistaitdepuis quelques mois.
Dès les premières secondes, elle avait pressenti qu'elles n'auraient aucuns atomes crochus. Leur première conversation n'avait fait que confirmer cette intuition.
Pansy Parkinson était tout ce qu'Hermione détestait cordialement - exubérante, dénuée de tact et d'un narcissisme si excessif qu'il frôlait le trouble mental.
Theodius avait réclamé qu'Hermione et Théodore reprennent certaines des responsabilités qui incombaient au Maître et à la Maîtresse de maison. Leur première tâche serait d'assister à un événement mondain important.
Pansy était apparemment une habituée et une figure importante des évènements mondains de la haute société sorcière. Théodore avait donc eu la merveilleuse idée de lui réclamer son aide pour enseigner à Hermione certains codes et pour l'aider à naviguer dans ce milieu.
Depuis, Pansy s'était chargée de lui enseigner ce qu'on attendait d'une épouse appartenant aux Treize. En l'absence de Gislena, Hermione devenait automatiquement la nouvelle Maîtresse de maison.
Hermione avait trouvé toute l'affaire particulièrement lassante. Écouter Pansy et son assistante Romilda déblatérer pendant des heures sur la manière de gérer son foyer et son image en public n'avait pas été une partie de plaisir. Elle les avait toutefois écoutées distraitement pendant qu'elles lui expliquaient les codes à respecter lorsqu'elle recevait du monde - jusqu'à l'écriture d'une note de remerciement personnalisée pour ses convives ou encore le choix d'hydromels ou de fleurs pour ces occasions.
« Valeur et vigueur. » salua Hermione d'une voix neutre.
Pansy se tourna vers elle et l'examina de haut en bas, d'un œil critique.
« Il va vraiment falloir faire quelque chose au sujet de ton style vestimentaire. La dernière fois que j'ai vérifié, le mélange de 'je suis en deuil' et de 'je reste vierge jusqu'au mariage' n'était toujours pas à la mode. » commenta Pansy avec désapprobation.
C'était exactement le genre de remarque déplacée qui exaspérait Hermione avec cette femme.
« Enfin bon, je te donnerai quelques contacts pour ta tenue de Gala. » poursuivit Pansy d'un ton dramatique, comme si elle lui faisait une faveur gigantesque. « Essayons d'éviter le carnage pour ton entrée en société. »
Elle se tourna vers l'elfe de maison qui était toujours posté devant la porte.
« Et pour l'amour de Voldemort, que faut-il faire pour avoir un verre d'hydromel, ici ? » se plaignit Pansy. « Tu vas devoir éduquer tes elfes un peu mieux que ça, Mrs. Nott. »
Elle avait prononcé le nom avec un sarcasme évident. L'elfe s'empressa de quitter la pièce, probablement pour aller chercher l'hydromel qu'elle avait réclamé. Pansy se lança alors dans une longue tirade qui consistait à rabâcher à Hermione qu'elle avait encore 'beaucoup à apprendre' sur son rôle de maîtresse de maison. Immédiatement, Hermione se sentit piquée dans son estime. Elle avait déjà beaucoup sur le cœur et devait gérer ses propres frustrations. Elle ne comptait pas rester silencieuse devant les critiques déplacées de cette peste.
« Rappelle-moi à qui tu es mariée, déjà ? » coupa Hermione en levant un sourcil.
L'attaque était vicieuse mais elle s'en moquait. Elle ressentit même un sentiment de satisfaction devant l'air outré qu'afficha Pansy devant sa question. Il était bas et stupide de se vanter sur un accomplissement comme le mariage. Après tout, son statut marital ne faisait pas la valeur d'une femme. Mais pour beaucoup de personnes dans le milieu de Pansy - elle y compris - cela avait toute son importance.
« Pas la peine d'être aussi désagréable avec moi, chaton. Je te rappelle que je suis ici parce ton mari m'a supplié de vous aider. Je peux rentrer chez moi et continuer à vivre ma fabuleuse vie de femme non mariée. Ça me convient parfaitement. Figure-toi que j'ai un empire à bâtir et contrairement à d'autres, je ne compte pas utiliser un mari pour faire un bond dans l'échelle sociale. » ajouta Pansy d'une voix doucereuse.
Elle avait dit cela d'un ton vicieux, imitant celui qu'Hermione avait emprunté quelques secondes plus tôt. Ce fut désormais à son tour d'être offusquée par la remarque de Pansy qui touchait un point sensible. Si Hermione devait accorder un compliment à Parkinson, c'était qu'elle avait une répartie efficace.
Pansy lui adressa un regard qui signifiait clairement 'Nous sommes quittes, maintenant.' Ce fut le moment que choisit l'elfe de maison pour faire de nouveau irruption dans le petit salon, avec un plateau. Le regard de Pansy scintilla tandis qu'elle s'emparait de son verre d'hydromel.
« Commençons ! » décréta-t-elle d'un ton enjoué, comme si elles ne venaient pas de s'échanger de violentes piques, quelques instants plus tôt. « Nous avons beaucoup à discuter aujourd'hui. »
Hermione refusa poliment la tasse de thé que lui proposa l'elfe de maison et reprit son rouleau de parchemin, déjà couvert de notes.
« Le Gala Annuel des Groupements contre l'Éclabouille jaune, communément appelé GAGE, est l'évènement qui lance la Saison mondaine, chaque année. » commença à expliquer Pansy comme si elle lui donnait un cours. « C'est un rendez-vous à ne manquer sous aucun prétexte. Accessoirement, c'est un gala de bienfaisance organisé afin de récolter des fonds destinés à la recherche contre cette maladie. »
Elle sembla satisfaite de voir Hermione prendre des notes sur son parchemin.
« Évidemment, la charité n'est qu'une excuse. C'est surtout un prétexte pour permettre au beau monde de se retrouver après les mois les plus déprimants de l'année. On y vient pour voir et pour être vu. Tout le gotha y sera. » poursuivit Pansy.
Elle dressa un cliché devant Hermione.
« L'évènement a toujours lieu dans l'emblématique Théâtre de Damasus le Décadent, lieu de classe et d'élégance évident, et est sponsorisé par la famille Nott. » expliqua Pansy.
Même si les Nott n'organisaient pas à proprement parler l'évènement, ils tenaient traditionnellement un rôle de sponsor financier pour la fondation derrière le GAGE.
« Cette année sera la première année où Gislena Nott ne sera pas présente pour faire le discours d'ouverture - paix à son âme - donc cette tâche reviendra probablement au reste de la famille. Autant vous dire que toutes les lumières seront sur vous, ce jour-là. Ce sera en quelque sorte votre rite de passage. » ajouta Pansy.
Elle lâcha un soupir avant de poursuivre :
« Pour l'instant, il n'y a que des rumeurs sur votre union. Elle sera confirmée publiquement lorsqu'on vous verra ensemble. Et comme vous vous y attendez sûrement, ton statut de sang sera le sujet principal des conversations. »
De nouveau, Hermione sentit une nervosité angoissante s'insinuer en elle. Elle qui était anxieuse à l'idée de révéler la nouvelle allait se retrouver dans une salle remplie des sorciers les plus puissants du régime, sous leurs regards hostiles. Elle avait la nausée à cette pensée. Elle n'avait pourtant pas le choix. La présence des Nott à cet évènement était primordiale. Theodius avait suffisamment insisté sur ce fait auprès de son fils.
En plus du stress lié à son statut, elle ressentait également une pression certaine à l'idée d'être comparée à Gislena Nott. Elle ne serait jamais comme sa belle-mère. Elle n'arriverait jamais à la cheville d'une femme aussi élégante, bienveillante, et capable d'illuminer n'importe quelle pièce dans laquelle elle entrait.
« Il va bien falloir vous montrer un jour ou l'autre, de toute façon. » dit Pansy d'un air dramatique. « Vous ne pouvez pas rester terrés ici comme des niffleurs jusqu'à la fin des temps. »
Elle farfouilla dans son sac - un cabas sophistiqué en peau de dragon luisante probablement très coûteux - et en extirpa un rouleau de parchemin.
« Théodore m'a donné la liste des invités. Je vais t'expliquer qui est qui, à qui tu dois parler et surtout, qui tu dois éviter. » indiqua Pansy.
Elle commença à parcourir la liste des yeux.
« Tiens, c'est curieux… » commenta-t-elle d'un ton pensif, après un instant.
« Quoi donc ? » demanda Hermione, curieuse.
« Un changement de dernière minute sur la liste des invités. La procureure Bellatrix Lestrange a répondu présente à l'invitation. Ce n'est pas le genre d'événements auxquels elle assiste, habituellement. » expliqua Pansy, les sourcils froncés.
« C'est bien ma veine. » songea Hermione, la gorge désormais obstruée tant elle était nerveuse.
Savoir qu'elle serait en plus devant l'une des figures les plus puissantes du régime, connue pour son extrémisme décomplexé, la rendait profondément angoissée. Et dire que ces gens n'avaient aucune idée de son vrai statut, songea-t-elle avec gravité.
Pendant le reste de la leçon, Pansy s'attela à lui expliquer les relations et la dynamique sociale entre certains invités. Hermione prit énormément de notes même s'il était parfois difficile de suivre à cause des commentaires désobligeants ou ironiques que Pansy intégrait dans ses explications. Hermione fut soulagée lorsqu'elle lui annonça qu'elles avaient terminé pour la journée.
« Valeur et vertu. J'espère que je ne dérange pas. » lança une voix près de la porte.
Théodore se trouvait dans l'encadrement de la porte. Hermione ressentit un élan de plénitude et de réconfort, comme à chaque fois qu'elle le voyait.
« Non, nous venons de terminer. J'étais justement en train de partir. Je peux te parler une seconde ? » demanda Pansy à l'attention de Théodore.
Il hocha la tête et Pansy le suivit dans une salle attenante. Hermione leva les yeux au ciel. Elle savait déjà la teneur que prendrait cette conversation. Ils furent de retour quelques minutes plus tard et Pansy prit congé.
« Laisse-moi deviner, elle s'est plainte de mon manque de collaboration. » ironisa Hermione, tandis que Théodore entrait dans le petit salon.
« Elle a dit que tu étais incroyablement têtue mais que tu étais une bonne élève. Et si ça peut te consoler, elle a dit que tu étais bien plus coopérative que la première fois. » ajouta Théodore avec un demi-sourire.
« Quel compliment. » dit Hermione avec sarcasme, levant les yeux au plafond.
Derrière Théodore, à travers la porte, elle vit Zéphyr faire léviter de larges malles.
« Que se passe-t-il ? » demanda Hermione en fronçant les sourcils. « Je croyais que tu ne devais partir que demain. »
Théodore partait en voyage pour honorer l'invitation du Grand Opéra des Harpes en Irlande, pour lequel il jouerait un concerto. Il avait obtenu l'autorisation quelques mois plus tôt. A l'occasion de ce voyage exceptionnel, il tenterait également d'entrer en contact avec la famille d'Hermione.
Immédiatement, toutes les frustrations d'Hermione s'envolèrent. Cet espoir qu'elle paradait depuis remplit de nouveau sa poitrine, faisant battre son cœur à une vitesse fulgurante.
L'idée qu'il parvienne à parler à ses parents et à leur annoncer qu'elle était vivante et en bonne santé, la rendait excitée et nerveuse à la fois. Elle savait qu'elle serait plongée dans un tourbillon d'émotions pendant tout son séjour, et se rongerait les sangs.
Ils savaient que la tâche serait laborieuse à cause du cortège qui l'accompagnerait pendant le voyage. Le risque était important. S'il était pris en flagrant délit, quelles seraient les conséquences de cet affront ?
« Ils ont décidé d'avancer le départ à ce soir. Une décision de dernière minute du Bureau des Aurors. » lui apprit Théodore avec une grimace. « Je l'ai appris il y a une heure. »
Voyant l'angoisse qu'affichait Hermione, il s'approcha d'elle et prit son visage dans ses mains.
« Ça n'a aucune importance. Nous sommes déjà préparés. Tu te souviens ? » assura-t-il.
« Tu es sûr d'avoir les lettres ? » demanda-t-elle, alarmée. « Peut-être qu'on devrait vérifier une nouvelle fois. »
A travers les années, Hermione avait écrit de longues lettres à ses proches. Cela avait été un moyen pour elle d'extérioriser le manque abyssal qu'elle ressentait. Une sorte de thérapie. Théodore leur donnerait ces lettres. Il hocha la tête.
« Tout y est, mon amour. » assura-t-il.
Il jeta un regard autour de lui, comme pour vérifier que personne ne les écoutait. Ils évitaient de mentionner leur plan à voix haute, sauf lorsqu'ils se retrouvaient dans l'intimité de leurs appartements privés. Même les elfes pouvaient avoir des oreilles qui trainaient. Si Zéphyr était l'elfe personnel de Théodore, le reste des elfes, eux, gardaient toujours leur loyauté envers son père. Ils ne voulaient pas prendre le risque qu'ils surprennent une conversation et qu'ils en répètent le contenu à Theodius.
« Je te promets de tout faire pour, Hermione. Tu me fais confiance ? »
Elle hocha la tête - sentant les larmes lui monter aux yeux de nouveau - un mélange d'appréhension et d'excitation à la fois. Théodore pressa ses lèvres contre les siennes, tentant de lui transmettre toute son assurance et son réconfort à travers ce baiser. Lorsqu'il s'écarta d'elle, il lui adressa un sourire rassurant, et effaça les larmes d'Hermione à l'aide de ses pouces.
« Il me reste quelques heures avant le départ. » dit-il en jetant un coup d'œil rapide vers sa montre. « Ça nous laisse un peu de temps à passer ensemble. Je veux passer toutes les minutes qui me restent avec toi. »
/
Théodore ressentit un pincement au cœur tandis qu'il montait dans sa diligence et s'installait sur la banquette. Hermione avait semblé particulièrement bouleversée et anxieuse avant son départ et il n'aimait pas l'idée de la laisser seule dans cet état.
Il aurait été rassuré de la savoir entourée pendant son absence. Malheureusement, il ne pouvait pas qualifier les elfes de maison et son père comme une excellente compagnie. Pour une raison obscure - même s'il pouvait facilement la deviner - Hermione semblait particulièrement en colère contre son amie Ginny Weasley. A chaque fois que Théodore mentionnait son prénom, Hermione l'interrompait d'une manière si sèche et tranchante qu'il n'osait plus l'évoquer.
Le temps atténuerait sans doute les frustrations d'Hermione. Il savait qu'elle était blessée d'avoir été laissée dans l'ignorance au sujet de la relation que Ginny entretenait avec Malfoy alors qu'elle s'était montrée transparente envers cette dernière sur sa propre relation avec Théodore.
Ce dernier s'était retrouvé au milieu de cette situation à son insu. La première fois qu'il avait rencontré Ginny, dans le club privé des Zabini, elle avait été en compagnie de Malfoy. Plus tard, Théodore les avait surpris dans une position un peu trop rapprochée pendant l'anniversaire de Pansy Parkinson. Ginny l'avait supplié de ne rien révéler à Hermione, et il avait accepté, préférant ne pas être impliqué.
Théodore n'aimait pas mentir à Hermione. Il estimait toutefois que la vie privée de Ginny ne le regardait pas. Il était attristé par leur dispute. Toutefois, si Hermione voulait prendre ses distances avec Ginny, il respecterait son choix. Après tout, Hermione était sa femme et il ne désirait rien d'autre que de la soutenir.
Il comprenait ses réserves et son angoisse au sujet de Malfoy. Pour quelqu'un comme Hermione, le nom Malfoy provoquait des sueurs froides. Ils étaient connus pour leur extrémisme assumé. Ce n'était pas le genre de famille qu'une sorcière de rang inférieur voudrait fréquenter.
Évidemment, Ginny Weasley ne lui avait jamais semblé être le genre de femme à avoir froid aux yeux.
Même si Théodore ignorait encore le statut officiel de leur relation - les deux principaux concernés étant totalement silencieux sur le sujet - il pouvait deviner que les choses étaient plus sérieuses qu'ils ne le laissaient paraître.
Le jour de leur visite au Manoir Nott, il avait été surpris de voir Draco Malfoy défendre immédiatement Ginny face à Hermione. Draco avait même cessé de faire la morale à Théodore lorsqu'il avait vu Ginny faire irruption dans la pièce, visiblement bouleversée après sa conversation avec Hermione. Toute son attention s'était tournée sur Ginny. Draco avait semblé préoccupé de la voir ainsi.
Pour compliquer les choses, Hermione avait semblé perdre tout son entrain depuis qu'elle avait quitté son travail. Il savait que la décision n'avait pas été simple pour elle et même s'il lui avait assuré qu'elle n'était pas forcée de le faire, Hermione avait cédé face à la pression de Theodius sur le sujet. Théodore savait également que leur récent problème avec Pénélope Deauclaire n'était pas étranger à sa décision.
Peu de temps après l'annonce de leur union sacrée à Theodius, ce dernier avait déposé une pléthore de parchemins et un agenda devant Théodore, l'air déterminé.
« De quoi s'agit-il ? » avait demandé Théodore, perplexe.
« Le calendrier social auquel nous devons nous tenir. Je vais désormais te léguer une partie de ces responsabilités. Tu as voulu profiter des avantages de notre statut, mais sache qu'il y a aussi des inconvénients que tu devras assumer jusqu'au bout. » avait indiqué Theodius avec sévérité.
Théodore n'avait pas cherché à protester devant son admonition. Il savait que sa décision entraînerait des conséquences et il était prêt à y faire face pour la protection d'Hermione.
Leur premier devoir serait ce gala de bienfaisance annuel, sponsorisé par sa famille. Un peu dans la panique, et ne sachant pas trop comment agir, Théodore avait contacté Pansy Parkinson en urgence pour leur venir en aide. Pansy n'avait pas paru surprise quand il lui avait annoncé la nouvelle de son union sacrée. Elle avait probablement déjà été mise au courant par son meilleur ami, avec qui elle semblait tout partager.
« Je pensais que tu étais une victime Théodore, mais tu en as vraiment dans le pantalon. » avait complimenté Pansy d'un ton appréciateur, un air admirateur sur le visage.
Elle avait lâché un long soupir.
« J'accepte de t'aider. Cette histoire va être un vrai cirque et je veux être en première place pour y assister. » avait-elle déclaré, une lueur d'excitation brillant dans ses yeux sombres.
Sans surprise, ses rapports avec Hermione avaient été particulièrement conflictuels. On ne pouvait pas faire plus opposées que ces deux femmes. A plusieurs reprises, Théodore avait dû intervenir pour temporiser la situation.
« Nous sommes arrivés, Maître. » annonça Zéphyr, son elfe de maison, qui ferait également partie du voyage.
La diligence s'était subitement arrêtée et la porte s'ouvrit quelques secondes plus tard. Théodore descendit du véhicule. Son regard tomba immédiatement sur un gigantesque port. Au loin, on apercevait la forme imposante d'un paquebot.
« Valeur et vigueur, monsieur Nott. » le salua une voix graveleuse.
Ce n'était pas le Mangemort qui l'escortait qui avait ouvert la porte mais un homme à l'apparence imposante, aux cheveux d'un blond si immaculé qu'ils en paraissaient blancs. Ses yeux bleus et froids observaient Théodore avec circonspection, le jaugeant avec attention. Quelque chose chez lui commandait l'attention et Théodore dut admettre qu'il paraissait particulièrement intimidant.
« Je suis Hunter Jugson, Auror-en-chef. Je serai en charge de la délégation qui vous escortera pendant le voyage. » annonça l'homme de sa voix grave et profonde.
« Victorieuse soit sa venue. » répondit Théodore.
« Le paquebot a été sécurisé pour votre arrivée. » annonça Jugson. « Avant l'embarquement, nous allons procéder à quelques vérifications de sécurité. Si vous voulez bien me suivre, monsieur Nott. »
Alors que Zéphyr claquait des doigts pour faire léviter les caisses contenant toutes les affaires de Théodore, elle fut stoppée par deux Aurors.
« Nous allons nous en charger. » indiqua l'un d'eux d'une voix peu agréable, jetant à l'elfe un regard méprisant.
Zéphyr hocha sa petite tête, l'air intimidée, et se rapprocha de Théodore. Ils se mirent en route, suivant Jugson vers un bâtiment du port. Théodore réalisa que la sécurité semblait à son summum. Le nombre de gardes sur le port le déconcerta. Après tout, il ne s'agissait pas d'un trajet public. Seul Théodore et une poignée d'autres individus seraient du voyage.
La voie maritime était la seule manière de quitter le territoire et toutes les entrées étaient étroitement surveillées. Certaines d'entre elles faisaient l'objet de puissants sorts de protection pour empêcher tout passage.
Ils pénétrèrent dans un bâtiment austère et à peine éclairé. Théodore observa les Aurors avec inconfort tandis qu'ils ouvraient toutes ses malles, fouillant minutieusement l'intérieur.
« Revelio. » lança l'un des Aurors sur les malles.
Ce sortilège annulait toutes les métamorphoses et révélait tous les objets enchantés. Toutes ses affaires personnelles et son matériel musical furent passés au peigne fin.
« Est-ce vraiment nécessaire ? » demanda-t-il à l'attention de Jugson, observant les Aurors retourner les malles de fond en comble.
Jugson se tourna vers lui, une lueur sombre dans son regard sévère. Il resta silencieux pendant un instant, le jaugeant longuement. Théodore fut traversé par un élan d'inconfort devant le regard insistant de l'homme.
« C'est la procédure, monsieur Nott. C'est pour votre sécurité. Ya-t-il un problème ? » demanda Jugson en levant un sourcil si clair qu'il était à peine visible sur sa peau.
Théodore se sentit déglutir face à la question. Du coin de l'œil, il avait vu l'un des Aurors sortir ses partitions. Il sentit sa gorge s'assécher. Ils avaient dissimulé les lettres d'Hermione dans le tas.
Théodore s'efforça de garder un visage calme pour ne pas trahir sa nervosité. Le regard dur de Jugson était toujours rivé sur lui, l'observant avec attention. Il savait qu'il ne pouvait pas se permettre de laisser passer la moindre réaction pouvant témoigner de son stress. Ces hommes étaient entraînés pour remarquer ces détails. Son cœur battait à toute vitesse dans sa poitrine et il savait que ses mains étaient plus moites que jamais. Il pria dans sa tête, implorant qui voulait l'entendre pour que l'Auror ne remarque pas les lettres dissimulées dans la pile.
A son grand soulagement, il ne parcourut que le début et la fin de la pile épaisse de partitions avant de la ranger de nouveau dans sa malle.
« Non, aucun problème. » prétendit Théodore à l'attention de Jugson, esquissant un léger sourire.
Jugson hocha la tête avant de détourner son regard du visage de Théodore et de reporter son attention sur la fouille. Théodore sentit ses battements de cœur reprendre un rythme régulier. Au bout d'une demi-heure, un Auror s'approcha de Jugson et murmura des paroles que Théodore n'entendit pas. Sa nervosité ne l'avait pas quitté et il sentait des gouttes, de sueur perler sur son front.
« Nous allons également garder votre baguette magique. » indiqua Jugson en se tournant vers Théodore, la main tendue.
A contrecœur, Théodore s'exécuta et plaça sa baguette dans la paume tendue de l'Auror. Il savait que refuser serait considéré comme suspicieux. L'homme rangea la baguette dans une boîte qui se ferma avec un cliquetis. Des liens se matérialisèrent autour.
« Rassurez-vous, vous disposez d'une équipe d'Aurors d'élite pour ce voyage. » assura Jugson. « Vous n'en aurez aucune nécessité. »
Il avait prononcé ces mots sur un ton qui donna la chair de poule à Théodore. Immédiatement, il eut un mauvais pressentiment. Il se demanda si ces nouvelles procédures de sécurité avaient quelque chose à voir avec son union sacrée avec Hermione. Il avait envoyé les papiers pour enregistrer leur union aux autorités compétentes et il savait que certaines personnes étaient déjà au courant. Il n'était pas assez stupide pour penser que leur union passerait inaperçue mais il ignorait combien de temps ils s'écoulerait avant que la nouvelle soit répandue.
Des personnes importantes au Ministère étaient-elles déjà au courant ? Avait-on mandaté Jugson et tout ce dispositif de sécurité pour cette raison ? Était-il désormais considéré comme un danger potentiel à cause de son union avec une sorcière de rang inférieur ? Avaient-ils déployé cette équipe d'Aurors confirmés pour une simple représentation artistique parce qu'ils le soupçonnaient ? Les questions se bousculaient dans la tête de Théodore et les palpitations dans sa poitrine reprirent de plus belle.
Il réalisait désormais le danger de leur plan. Se préparait-il vraiment à berner ces Aurors pour entrer en contact avec une famille de Moldus – des Indésirables comme les surnommait son gouvernement ? La folie de son plan le heurta désormais de plein fouet.
Non, songea-t-il, tentant de se reprendre et d'effacer le doute qui l'envahissait, lui faisant perdre toute confiance. Après tout, s'ils le soupçonnaient vraiment, ils ne l'auraient jamais laissé partir. Ils auraient tout à fait pu annuler son autorisation à la dernière minute, sans lui fournir une quelconque explication, et il n'aurait rien pu y faire. Ils avaient tous les droits.
Théodore tenta de se convaincre qu'il s'agissait uniquement de sa propre paranoïa. Ils avaient probablement mis en place des mesures supplémentaires à cause de l'attentat qui avait eu lieu quelques mois auparavant. Il restait malgré tout l'héritier d'une famille sacrée originelle. Il avait une valeur certaine pour eux.
« Tout est en ordre. Il est temps d'embarquer. » ordonna Jugson en faisant signe à ses hommes.
Théodore fut escorté vers l'imposant navire qui ferait la traversée. Tandis qu'il marchait sur le ponton, il passa à travers un champ de protection qui le laissa engourdi pendant quelques secondes. Il reconnut immédiatement le sortilège. C'était le même dispositif que la Cascade des Voleurs à Gringotts, une chute d'eau qui effaçait tous les enchantements et les camouflages lorsqu'on passait à travers.
Jugson l'observa avec attention, comme pour voir s'il se passait quelque chose. Il détourna le regard en réalisant que rien n'avait changé.
Théodore fut conduit à sa cabine personnelle. Une fois à l'intérieur, il se permit enfin de souffler, les nerfs agités après ces interactions mouvementées. Il n'osa même pas adresser la parole à Zéphyr pendant le trajet. Il n'en avait toutefois pas le besoin. Ils s'étaient concertés sur le plan bien avant leur départ.
Une partie de lui se demanda si le changement soudain de sa date de départ avait été délibéré. Avaient-ils pris cette décision pour tenter de mettre à mal ses plans potentiels ? Il s'attendait à tous de la part de ces gens.
Théodore resta immobile pendant le trajet, assis sur sa couchette confortable, les yeux rivés face à lui. Il resterait sur le paquebot pendant les trois prochains jours et logerait dans sa cabine luxueuse. Tout le nécessaire était à disposition sur le navire et il n'aurait pas besoin de sortir, hormis pour les deux représentations qu'il donnerait.
Le lendemain, lorsqu'il se retrouva devant l'imposant et magnifique Grand Opéra des Harpes, en République d'Irlande, il fut fasciné par la beauté du lieu, pourtant bien différent du Théâtre de sa famille.
Il ignorait s'il s'agissait de l'influence moldue, mais l'architecture fut différente de tout ce qu'il avait l'habitude de voir. La communauté magique irlandaise était peu nombreuse et vivait plus en phase avec leurs compatriotes moldus.
« Monsieur Nott et Monsieur Henry. » le salua chaleureusement une femme blonde d'une cinquantaine d'années, arrivant à sa rencontre. « Je vous souhaite la bienvenue en Irlande. »
Il reconnut la directrice de l'Opéra, qui lui avait envoyé l'invitation.
« Merci pour votre invitation. » dit Henry avant que Théodore ne puisse répondre.
Finley Henry était un homme court et replet, aux yeux grands ouverts qui semblaient s'extasier devant tout ce qu'ils voyaient. Il était l'envoyé diplomatique du régime, un membre imminent du Département de la coopération Internationale au ministère. Théodore s'interrogeait sur l'intérêt d'un tel département étant donné les relations restreintes que le régime entretenait avec la scène internationale. Elles se limitaient généralement à d'autres nations purifiées. L'Irlande n'était pas sur cette liste. Il se demanda si cela signifiait que le régime avait des projets de conquête. Après tout, à travers les décennies, ils avaient apporté de l'aide à d'autres nations également en conflit pour instaurer un régime similaire, comme la France purifiée, et plus récemment l'empire Danois.
Ils avaient aidé à renverser certains gouvernements. Théodore savait aussi qu'ils soutenaient activement des politiciens qui tentaient d'imposer l'idéologie de la suprématie du sang au sein de la communauté magique de leur pays respectif.
Malgré les relations tendues du régime avec la majorité de la communauté magique internationale, il y avait parfois quelques tentatives d'avancées diplomatiques sur certains thèmes, comme les sports ou encore l'art, des thèmes qui transcendaient les différences d'idéologies et d'opinions. Le régime autorisait parfois des représentants à se rendre à des colloques et des compétitions internationales. Ces visites étaient toutefois strictement encadrées.
Théodore se doutait que le régime avait accepté ce voyage en partie pour des raisons diplomatiques. Cet homme du Ministère aurait probablement des discussions avec des membres du gouvernement irlandais, qui viendraient assister au récital de Théodore.
Pendant le reste de la journée, Théodore se prépara à sa représentation imminente. Sa musique pouvait toujours l'apaiser et lorsqu'il était plongé dans sa passion, il arrivait à se libérer l'esprit de ses incertitudes.
Le premier soir de représentation fut un succès retentissant. Il écouta vaguement les hordes de compliments qu'il reçut. Il ne fut toutefois pas autorisé à s'entretenir seul avec des interlocuteurs. Finley Henry se chargea de faire le lien lorsque cela s'avérait nécessaire.
Théodore sentait constamment les regards appuyés de Jugson et de ses hommes sur lui, épiant tous ses faits et gestes. Une fois de retour dans l'intimité de sa cabine, il y retrouva Zéphyr qui l'attendait, et qui lui tendit ses parchemins parfaitement roulés. Il les plaça dans la poche intérieure de sa cape.
« C'est possible ? » demanda-t-il.
Zéphyr hocha la tête en guise de réponse et Théodore laissa échapper un soupir de soulagement. Il avait demandé à ne pas être dérangé, prétendant devoir se préparer à la représentation du lendemain. Un Auror était posté devant sa cabine et il savait que d'autres erraient dans les couloirs.
Théodore saisit la main que lui tendait Zéphyr et dans un ''pop'' discret, ils disparurent. Quelques secondes plus tard, ils posèrent pied dans un quartier résidentiel calme, rempli de pavillons au style curieux pour lui. Il était vingt-trois heures passées et les rues étaient silencieuses. Un chat sursauta et s'enfuit lorsqu'ils apparurent de nulle part.
« Merci Zéphyr. » dit Théodore avec excitation.
Il sentit une vague d'adrénaline le parcourir de la tête au pied. Il n'arrivait pas à croire qu'il avait réussi à s'enfuir. Il jeta des regards autour de lui.
« Je serai de retour dans une heure, au même endroit. » indiqua l'elfe.
Théodore hocha la tête avant de sortir son Sonuminateur de sa poche et lui tendre.
« Tu sais comment l'utiliser. » dit-il.
L'elfe hocha la tête.
« J'en prendrais le plus grand soin, maître. » assura Zephyr en manipulant le Sonuminateur avec précaution.
Il n'existait que deux exemplaires de cet objet très rare et d'une valeur inestimable pour lui. On lui avait subtilisé le premier quelques mois plus tôt, pendant une visite sur le Chemin de Traverse. Il ignorait ce qu'il ferait s'il venait à perdre celui-ci.
« Faites attention à vous, Maître. » plaida Zéphyr avec inquiétude.
« Ne t'inquiète pas. » assura Théodore. « Tout ira bien. »
Il voulait se montrer rassurant mais il était loin d'être aussi confiant qu'il voulait le laisser paraître. Il espérait que leur plan se déroulerait comme prévu. Il craignait les conséquences si on découvrait la supercherie.
Zéphyr hocha la tête avant de disparaître à nouveau.
On lui avait retiré sa baguette, et on le surveillait étroitement, tel un prisonnier tout droit sorti d'Azkaban. Les Aurors, avec leurs égos surdimensionnés, n'avaient pourtant pas réalisé qu'ils lui avaient laissé sa meilleure arme.
Zéphyr - son elfe de maison.
Les sorciers avaient toujours particulièrement sous-estimé les elfes, les considérant comme des esclaves incapables de faire quoi que ce soit sans la tutelle des sorciers.
Dans le régime, les protections déployées sur le territoire par le Ministère étaient particulièrement puissantes et empêchaient tout type de transplanage. Ils n'étaient pourtant pas en mesure de contrôler le territoire aérien d'une autre nation. Cela signifiait que le sort anti transplanage appliqué sur le paquebot était limité. Et s'il empêchait Théodore de transplaner seul, il ne bloquait pas la magie de Zéphyr.
Elle était probablement déjà de retour dans sa cabine et, à l'aide du Sonuminateur, pourrait imiter la voix de Théodore pour faire croire qu'il se trouvait dans sa cabine, occupé à travailler sur sa composition. Le plan était simple, mais il l'espérait, efficace. Évidemment, cela ne fonctionnerait que si aucun des Aurors ne décidait d'entrer à l'intérieur de la cabine.
Théodore prit une longue inspiration et observa ses alentours. Il reconnut le numéro de la maison qu'il cherchait, et qui correspondait aux descriptions que lui avait données Hermione.
Avec nervosité et excitation, il sonna à la porte.
Il vit de la lumière apparaître dans le hall et quelques secondes plus tard, on lui ouvrit la porte. C'était un homme grand aux cheveux châtain clair qui clairsemaient un front dégarni, et dont le nez était tavelé de taches de rousseur brunes. Théodore eut un moment de choc. Les yeux de cet homme étaient tellement similaires à ceux d'Hermione, pensa-t-il. Il était au bon endroit.
« Monsieur Granger. Mon nom est Théodore Nott. » se présenta-t-il. « Je suis ici au sujet de votre fille. »
« Ma fille ? » répéta l'homme, visiblement confus.
« Hermione. » ajouta Théodore.
Les yeux de l'homme s'agrandirent de stupéfaction et il attrapa le bord de la porte, comme s'il menaçait de tomber et qu'il avait besoin d'être soutenu.
« Puis-je entrer ? Je n'ai pas beaucoup de temps. » pressa Théodore en jetant des regards préoccupés derrière lui.
« O… Oui… » balbutia l'homme d'une voix tremblante. « E… Entrez. »
Théodore pénétra à l'intérieur de la maison et suivit l'homme dans un living room où une boîte rectangulaire diffusait des images à toute vitesse.
« A… Asseyez-vous, je vais prévenir ma femme. » bredouilla l'homme en lui montrant le sofa.
Théodore s'installa sur le fauteuil et observa l'homme disparaître dans les escaliers. Ce ne fut que quelques minutes plus tard qu'il entendit à nouveau des bruits de pas, ainsi que des chuchotements étouffés. M. Granger fit de nouveau irruption dans la pièce, cette fois en compagnie d'une femme menue, aux cheveux courts et ébouriffés. Elle était dans sa robe de chambre. Théodore se leva immédiatement à son entrée et la femme le fixait avec un mélange de crainte et de choc.
« Jane, cet homme à des choses à nous dire au sujet d'Hermione. » dit M. Granger.
Mrs Granger fixait Théodore, les yeux brillants. Ils s'installèrent sur le sofa.
« Je suis navré de débarquer à l'improviste, aussi tard. Mais c'est urgent et je suis pressé par le temps. » expliqua Théodore.
« Vous avez retrouvé ses ossements ? » demanda l'homme d'une voix tremblante, son regard rivé sur Théodore.
Théodore lui jeta un regard stupéfait.
« Pardon ? »
« C'est bien pour cette raison que vous êtes ici, n'est-ce pas ? Votre Ministère nous a dit que lorsqu'ils retrouveraient quoi que ce soit - des ossements ou autres - ils nous préviendraient » dit l'homme d'une voix accablée.
Il baissa les yeux vers ses mains tremblantes.
« Ça fait trop longtemps que nous souffrons, monsieur. Nous voulons simplement retrouver notre fille et l'enterrer dignement. Qu'elle puisse enfin reposer en paix, auprès de sa famille. » plaida M. Granger, d'une voix qui trahissait son émotion.
Évidemment, songea Théodore, après un instant de choc. Hermione était portée disparue depuis des années, après des circonstances tragiques. Il était normal qu'ils pensent qu'elle soit morte après tout ce temps.
« Monsieur Granger, Hermione est vivante. » annonça Théodore dans un souffle.
« Qu… Quoi ? C'est… C'est i-impossible… » balbutia Mr Granger, frappé de stupeur.
« C'est de sa part que je viens vous voir. Pour vous faire savoir qu'elle va bien et qu'elle pense à vous. Vous lui manquez terriblement. » révéla Théodore avec un faible sourire.
Mrs Granger glissa du sofa et tomba au sol, sur ses genoux. Elle commença à sangloter bruyamment, le visage enfoui dans ses mains. Immédiatement, son mari se rua dans sa direction, le visage également plein d'émotions, posant un bras autour de la figure sanglotante de son épouse, tentant de la consoler.
« C… Comment ? » articula-t-il en se tournant vers Théodore, en plein désarroi.
Théodore les observa avec pitié et empathie. Il ne pouvait pas imaginer la souffrance qu'ils avaient traversée. Sans aucune nouvelle pendant près de huit années, ils s'étaient probablement résolus à penser qu'elle était morte. Pourtant, sans confirmation, ils n'avaient probablement jamais pu faire leur deuil. Son estomac se serra.
« Hermione a été capturée pendant le jour de l'invasion de l'île de Man. » révéla Théodore.
Il leur relata le périple d'Hermione. Il prit soin d'omettre certains détails, à la demande de la jeune femme, ne voulant pas leur imposer davantage de souffrance. La nouvelle était déjà assez difficile sans qu'ils ne sachent en détail les horreurs que leur fille avait dû affronter pour rester en vie.
Mrs Granger avait cessé de pleurer et l'écoutait avec un mélange de choc et de soulagement.
« Que s'est-il passé ? Que vous a-t-on dit ? » demanda Théodore avec curiosité, lorsqu'il eut terminé.
« Le lendemain de l'invasion, le Ministère nous a contactés pour nous expliquer ce qu'il s'était passé. Ils nous ont dit qu'il n'y avait pas de survivants. La plupart des personnes avaient été capturées ou tuées. Ils nous ont expliqué le mode opératoire de votre dictature, lorsqu'ils envahissent un territoire. Ils capturent les survivants et exécutent ceux qui essaient de se défendre ou les Nés-Moldus. Comme Hermione faisait partie de cette catégorie, nous avons immédiatement pensé au pire. Le Ministère irlandais nous a dit qu'ils cherchaient toujours le reste des corps pour au moins identifier les victimes. Certains étaient probablement échoués en mer, ce qui rendait les choses plus compliquées. Les recherches n'ont jamais rien donné et ça fait des années que nous n'avons pas eu de nouvelles du Ministère irlandais. Pendant tout ce temps, nous avons pensé qu'elle était morte et que son corps était quelque part en mer. »
Cette fois, ce fut au tour de M Granger de pleurer bruyamment, des larmes coulant librement sur ses joues pendant qu'il racontait son récit.
« Est-ce qu'Hermione va bien ? Est-ce qu'elle est en sécurité ? » demanda Mrs Granger, ses yeux brillants rivés sur Théodore.
« Oui. » confirma Théodore. « Elle va bien. »
« Qui êtes-vous ? Comment la connaissez-vous ? Comment savez-vous tout cela ? » demanda-t-elle, décontenancée.
« Je ne vous ai pas tout dit lorsque je me suis présenté. Hermione et moi sommes mariés. » déclara Théodore.
Ils semblèrent tomber des nues devant sa révélation. Dans un silence stupéfait, ils écoutèrent attentivement Théodore tandis qu'il leur expliquait comment ils s'étaient rencontrés et leur donnait des détails sur la position de sa famille dans le régime ainsi que la protection qu'il avait voulu donner à Hermione avec leur union.
« Heureusement, personne ne connaît son vrai statut. S'ils apprenaient ses vraies origines, elle serait exécutée. » annonça-t-il gravement, ses mots lui provoquant une angoisse profonde.
« Mais si vous avez réussi à sortir, elle peut le faire aussi, non ? » demanda Mrs Granger avec espoir.
« Pas légalement. » expliqua Théodore d'une voix navrée. « Du moins, pas pour le moment. Ma venue dans votre pays est une exception. Je n'ai pas le droit d'être ici, avec vous. S'ils savaient que je suis venu vous voir, les conséquences seraient désastreuses. » répondit Théodore avec une grimace.
Il jeta un regard à travers la vitre, comme pour vérifier que personne ne les épiait.
« Je cherche une solution pour qu'on puisse quitter le pays. Le faire illégalement serait trop dangereux. Je ne veux pas d'une vie où nous serions constamment forcés à fuir et à nous cacher. Où Hermione ne pourrait pas revoir ses proches comme elle l'entend. Je veux essayer de le faire légalement mais ça va prendre du temps. Peut-être même des années. » admit Théodore.
Malgré leurs airs de déception, ils hochèrent la tête, semblant comprendre l'argument.
« Nous ne voulons pas la mettre en danger. » assura M. Granger.
Avant qu'il ne puisse répondre, une petite voix retentit près de l'entrée du séjour.
« Papa ? Maman ? »
Théodore se tourna vivement vers l'entrée et aperçut une petite fille dans l'encadrement de la porte les observer d'un air fatigué. Elle s'approcha des Granger en se frottant les yeux.
« Olivia, ma chérie. Pourquoi es-tu debout ? Va te recoucher. » murmura Mrs Granger en caressant doucement les cheveux de la petite fille.
La dénommée Olivia fixait Théodore avec curiosité mais se contenta d'hocher la tête avant de disparaître dans les escaliers.
Théodore l'observa s'éloigner, médusé.
« Est-ce… » commença-t-il.
« Notre fille. » révéla M. Granger, terminant sa pensée.
« Elle est née après sa disparition. Je suis tombée enceinte quelques semaines avant et j'attendais le retour d'Hermione aux prochaines vacances pour lui annoncer. » admit Mrs Granger d'une voix chevrotante. « Elle… Elle n'a jamais su qu'elle avait une petite sœur. »
A ces mots, ses pleurs reprirent de plus belle.
« Je suis certain qu'elle sera très heureuse de l'apprendre. » leur assura Théodore avec un faible sourire.
« Dites-nous-en plus ? Qu'est-elle devenue ? Comment est sa vie, là-bas ? » implora M. Granger.
« C'est la femme la plus merveilleuse que je connaisse. » dit Théodore avec sincérité, un sourire franc sur les lèvres.
Il sortit de sa poche le petit paquet préparé par Zéphyr. Il contenait les lettres d'Hermione à ses parents ainsi que des photos.
Les Granger semblèrent bouleversés tandis qu'ils observaient les clichés de leur fille et écoutaient les paroles de Théodore.
« Elle est devenue une femme. » dit Mrs Granger avec un sourire, le visage plein d'émotion. « Elle est tellement belle. Elle a l'air si heureuse sur cette photo. »
Elle observait en pleurant un cliché que Ginny avait pris le jour de leur union sacrée, juste après la cérémonie. Hermione était plus rayonnante que jamais sur la photo.
Théodore observa sa montre, ne souhaitant pas couper court à ce moment d'émotions mais conscient qu'il devait faire attention au temps.
« Je vous les laisse mais personne ne doit les trouver. Personne ne doit savoir ce que je vous ai raconté. C'est pour sa sécurité. » plaida Théodore avec gravité.
Les Granger hochèrent la tête pour signifier qu'ils comprenaient.
« Avez-vous un message à lui faire passer ? » demanda Théodore.
Une demi-heure plus tard, Théodore était sur le pas de la porte, s'apprêtant à prendre congé. Il fut désarçonné lorsque Mrs Granger se jeta à sa nuque, en larmes.
« Merci. » sanglota-t-elle. « Merci infiniment. »
Théodore hocha la tête en lui rendant son étreinte.
« Prenez soin de notre fille. Dites-lui à quel point nous l'aimons. » insista M. Granger.
« Je le ferai. J'espère que nous pourrons bientôt vous réunir de nouveau. » dit Théodore d'une voix déterminée.
Lorsqu'il quitta la maison, et retrouva Zéphyr au bord de la route, il se jura qu'il ferait tout son possible pour remplir sa promesse aux Granger.
Boooon. Il s'en passe des choses dans ce chapitre, avec ce 'petit' bond dans le temps ! Les Granger font vraiment de la peine… Rester aussi longtemps dans l'ignorance sans savoir ce qu'il est advenu de leur fille a dû être une épreuve atroce…
Plus le temps passe, plus Théodore et Hermione commencent à avoir chaud. A juste titre. Les conséquences de leur union sacrée sont de plus en plus apparentes et elles ne sont pas tendres – surtout pour Hermione. En plus, ils sont en train de perdre des alliés de taille avec Ginny et Draco.
Est-ce qu'ils arriveront à s'en sortir ? Seul l'avenir nous le dira. Sur une échelle de 1 à 10, à quel point avez-vous peur ? (C'est juste pour évaluer votre perception de mon sadisme lol)
A part ça, sans surprise, ce n'est pas la grande amitié entre Hermione et Pansy. Mais je ne peux absolument pas les imaginer s'apprécier lol.
Quant au Drinny, ils ont déjà bien galéré pour en arriver à ce stade, donc je leur offre un peu de répit. Pour l'instant.
Le prochain chapitre n'est pas super long donc j'aimerais vraiment le poster plus vite que d'habitude. Je vais essayer de me motiver à l'éditer.
En attendant, dites-moi ce que vous avez pensé de celui-ci.
Bisous machiavéliques,
Fearless
