Valeur et vigueur le beau monde,
J'espère que cette histoire ne vous a pas trop manqué. Espérons que le bonus du chapitre précédent vous a tenu au chaud en attendant (comme si la canicule n'était pas suffisante !)
Quant à moi, je voulais tout simplement profiter de mon été. Mais je vous rassure, j'ai été très productive dans l'écriture même si je n'ai rien posté le mois dernier. J'ai pris pas mal d'avance.
En tout cas, un gigantesque merci à Sarah MAES, Fatiah Obisesan, Jiwalumy, Fleur d'Ange, DI5M, plinchy, Brouette, coeerinnee, Carlita, Guest et Lestrange-maria pour vos messages **cœurs sur vous**
Playlist/montage du chapitre à retrouver sur mon profil !
XLIV. Château de Cartes
Théodore apposa quelques notes hâtives sur son parchemin avant de l'étudier d'un air pensif, laissant reposer sa plume fraîche sur l'extrémité. Après de longues semaines de procrastination, il avait finalement réussi à se replonger dans la composition de son opéra. Cela faisait des années qu'il travaillait sur ce projet qui serait l'œuvre d'une vie, à n'en pas douter.
L'inspiration lui venait par vagues imprévisibles. Il ôtait, modifiait, développait et retravaillait sans cesse son ébauche, à la recherche de la combinaison parfaite. Il désirait évoquer tellement de choses à travers son travail que le processus en devenait submergeant. Les idées se bousculaient sans cesse dans sa tête, d'une manière brouillonne et alambiquée, et les organiser était parfois une tâche laborieuse.
Théodore leva finalement la tête et aperçut le ciel assombri à travers les baies vitrées. Il réalisa que cela faisait déjà plusieurs heures qu'il était dans la pièce, à travailler d'arrache-pied. Comme à chaque fois qu'il composait, il avait perdu la notion du temps. Par le passé, il avait réclamé à son elfe de maison de l'interrompre de temps à autres. A cette époque, il avait été capable de passer des journées entières sur ses compositions. Plus il vieillissait, et se mêlait au monde qui l'entourait, plus il lui devenait difficile de se plonger dans son art. Le revers de la médaille était cependant qu'il arrivait à incorporer des choses plus sophistiquées et profondes grâce à son expérience et son chemin de vie. Et il fallait admettre que cette année avait été remplie de changements importants. Tant d'événements avaient bouleversé sa vie. Il n'était plus le même Théodore qui avait embarqué ce large navire pour revenir au Royaume-Uni.
Il s'étira longuement, avant de reposer son dos sur sa chaise et d'observer ses alentours. Il se trouvait dans la nouvelle pièce qu'il avait aménagée pour sa musique. Ils avaient emménagé dans leur nouvelle maison quelques jours avant le GAGE. Il avait d'abord proposé à Hermione de patienter quelques semaines, afin de ne pas ajouter le stress du gala à leur déménagement. Elle avait toutefois paru plus empressée que jamais et avait insisté pour qu'ils quittent le manoir des Nott au plus vite.
La maison nécessitait encore quelques travaux minimes et ils devaient régler certains détails comme les protections qui n'étaient pour l'instant qu'apposées sur la maison et non sur la propriété entière. Avec l'euphorie et l'organisation du GAGE, Théodore n'avait pas eu le temps ni l'énergie de s'en occuper.
Pansy lui avait conseillé d'embaucher quelqu'un pour l'assister dans ''ces détails insignifiants et populaciers'' en prétextant que ''le temps était de l'argent'' et qu'il était temps qu'il se comporte comme ''l'héritier qu'il était.''
Depuis le déménagement, il ne disposait plus du large réseau de subordonnés et d'auxiliaires de son père. Une partie de lui avait tout simplement voulu réclamer de l'aide à ce dernier, mais il avait réalisé qu'il était temps qu'il se prenne en main. Il avait défié son père en prenant la décision d'épouser d'Hermione et de quitter le Manoir familial. Il devrait assumer ce choix jusqu'au bout. Retourner voir son père à la moindre contrariété ou à la moindre difficulté ne le rendrait pas crédible.
Pansy n'avait probablement pas tort. Embaucher du personnel qualifié en plus de son elfe de maison leur faciliterait la vie. Toute sa vie, Théodore avait eu l'habitude qu'on fasse tout pour lui. Il n'avait jamais eu à penser à ces détails car d'autres personnes s'en chargeaient pour lui, sans qu'il ne s'en rende compte.
Hermione était sans aucun doute plus dégourdie sur ces choses que lui - ayant son indépendance depuis bien plus longtemps. Toutefois, son statut de sang venait avec des limites évidentes. Même si elle appartenait désormais aux Treize sacrés, le gouvernement la considérait toujours comme une Sang-Mêlée.
Le GAGE avait été une épreuve difficile pour eux. Ils avaient dû faire face aux premières réactions publiques face à leur union sacrée et Théodore n'était pas assez stupide pour penser qu'elles avaient été positives.
Il était seulement soulagé qu'aucun scandale ou incident n'avait éclaté sur place et qu'on ne leur avait pas fait de remarques déplacées publiquement. Le mépris avait pris une forme subtile et discrète. Étrangement, il n'en avait été que plus profond.
Hermione était restée silencieuse pendant tout le trajet du retour dans la diligence, son regard vide rivé vers la vitre et les lumières de Londres. Elle était restée dans cet état pensif pendant les jours suivants. Il se sentait un peu impuissant face à la situation, ne sachant pas comment lui remonter le moral.
Hermione était parfois très solitaire et avait tendance à se replier sur elle-même à certains moments, ne lui communiquant pas ses états d'âme. Cela créait un doute profond en lui, et le rendait anxieux. Il aurait parfois aimé pouvoir lire dans ses pensées, et comprendre comment l'aider davantage. Il ne pouvait toutefois pas le faire tant qu'elle s'obstinait à ne pas s'ouvrir à lui.
Il aurait aimé qu'elle l'interroge sur ses propres états d'âme. Les choses n'étaient pas simples pour lui, malgré les apparences. Même s'il ignorait ce qu'était de vivre sous le régime comme une personne de rang inférieur, il avait aussi risqué l'avenir de sa lignée pour l'épouser. Le mépris qu'on avait pour elle était désormais placé sur lui – et peut-être davantage car sa décision était considérée comme une trahison de son sang, de son rang et des traditions que le régime tenait tant en estime.
Malgré tout, les choses commencèrent à s'améliorer après le GAGE. Théodore dû admettre que quitter le Manoir familial fut l'une des meilleures décisions qu'il avait prises.
Il pouvait voir que cela avait un impact positif sur Hermione. Pendant les premiers jours qu'ils avaient passés dans leur nouvelle demeure, il l'avait sentie plus heureuse et motivée, comme si un poids gigantesque avait quitté ses épaules.
Il ne pouvait pas lui en vouloir. Théodore ressentait la même chose. Le Manoir familial avait toujours été un lieu sinistre pour lui, chargé de souvenirs malheureux. Il ressentait une atmosphère pesante et accablante lorsqu'il s'y trouvait. C'était lorsqu'il en sortait qu'il s'en rendait le plus compte. On disait parfois que certains lieux étaient chargés d'énergies particulières, laissées par les actes et les émotions de ses occupants précédents. L'héritage des Nott était rempli de beauté et d'art, mais il possédait également sa part d'ombre, comme la plupart des familles sacrées. Atteindre et préserver ce statut élitiste sous-entendait la nécessité de perpétrer des actes sombres. Théodore savait ce que ses parents avaient été capables de faire à leur propre fille pour ne pas attirer le mécontentement de la communauté. Leurs ancêtres, n'avaient pas été tous innocents. On préférait seulement taire leurs méfaits et préféré privilégier leur génie artistique.
Il serait le premier à détruire ce cycle.
Dans leur nouvelle maison, il avait l'impression qu'ils pouvaient repartir de zéro. Ils créaient un espace qui leur ressemblait et il était pressé d'y construire leurs premiers souvenirs. La maison avait une atmosphère de liberté et de légèreté qui l'aidait à stimuler sa créativité.
Lorsqu'il descendit à l'étage inférieur, Théodore retrouva Hermione dans la cuisine, occupée devant un livre, un air de concentration extrême sur son visage.
Des ingrédients en tout genre jonchaient les meubles de la cuisine. Depuis quelques jours, Hermione s'était donnée la mission de s'essayer à la cuisine, une activité qui ne l'avait jamais vraiment intéressée par le passé.
Théodore savait que c'était un moyen pour elle de se distraire. Et comme toute activité qu'elle entreprenait, elle s'y mettait avec énormément de sérieux. Une frustration évidente était visible sur son visage. De la poudre maculait les pointes de ses cheveux, plus ébouriffés que jamais. Zéphyr lui avait gentiment proposé son aide, mais Hermione l'avait fermement refusé. Depuis trois jours, ils mangeaient donc les repas qu'elle préparait à la sueur de son front.
« Tu t'en sors ? » demanda Théodore en s'installant sur un tabouret du comptoir.
En guise de réponse, Hermione grommela des paroles à peine audibles.
Une chose qu'il appréciait grandement depuis leur emménagement était qu'ils n'avaient plus de suivre les règles et les convenances strictes de son éducation. Les repas avaient toujours été un rituel particulièrement formel qu'il n'appréciait guère. Désormais, ils pouvaient créer leurs propres traditions.
Théodore n'insista pas davantage et laissa Hermione à son activité. Lorsqu'elle était tant concentrée sur une tâche, il valait mieux ne pas la déranger.
« C'est prêt ! » déclara-t-elle finalement, une demi-heure plus tard, tandis qu'elle extirpait un plat fumant du four.
Entre l'état de la cuisine et les tâches de nourriture maculant ses vêtements, elle semblait sortir d'un combat acharné. Elle déposa une assiette devant Théodore.
« Bœuf wellington. » annonça-t-elle d'un ton énergique.
Il ignorait pourquoi Hermione insistait pour se lancer dans des recettes si compliquées. Il était loin d'être un professionnel en la matière, mais commencer par des recettes basiques lui semblait être le meilleur moyen pour améliorer ses compétences.
Il connaissait toutefois son perfectionnisme à toute épreuve. Elle aimait placer la barre haute dans tout ce qu'elle entreprenait. Tandis qu'elle s'installait à son tour sur un tabouret, Hermione l'observa avec attention, les yeux pleins d'espoir, attendant qu'il goûte son plat.
Théodore s'empara de ses couverts et coupa un premier morceau avant de le porter à sa bouche. Il commença à mastiquer lentement sous le regard attentif de sa femme. La texture du feuilleté était un peu étrange, et la viande à l'intérieur était trop dure car elle avait cuit trop longtemps.
« Ce n'est pas mauvais pour une première fois. » commenta Théodore avec positivisme, après quelques secondes de réflexion.
Hermione découpa à son tour un morceau qu'elle porta à sa bouche. Elle fronça les sourcils puis son nez après l'avoir avalé. Il vit l'espoir sur son visage s'évanouir au fur et à mesure qu'elle mastiquait.
« Tu mens. C'est dégoûtant. » dit-elle d'un ton blasé, lui jetant un regard critique.
Les lèvres de Théodore se fendirent en un sourire. Il avait vraiment tenté d'être diplomatique pour ne pas la vexer. Il savait que sa prestation n'avait pas été convaincante. En voyant sa mine indignée, il ne put s'empêcher de laisser échapper un rire.
Hermione le fixa pendant un bref instant et il se demanda s'il allait regretter sa soudaine hilarité. Pourtant, contre toute attente, elle laissa échapper un rire nerveux à son tour et laissa tomber ses couverts dans l'assiette.
Ils se mirent à rire de manière incontrôlée - un mélange de nervosité et d'hystérie. Voir l'autre rire semblait accroitre leur hilarité respective. Hermione se tenait les côtes, traversée par des hoquets. Théodore, lui, avait les larmes aux yeux.
Quand leur hilarité passa finalement, Théodore réalisa qu'il n'avait pas ri ainsi depuis des lustres. Et voir Hermione se laisser aller lui réchauffa le cœur. Il la suivit du regard tandis qu'elle faisait léviter le plat vers la poubelle, riant toujours, et il ne put s'empêcher de la trouver surprenant. Il se fichait éperdument du fait qu'elle ne sache pas cuisiner. Tout ce qui lui importait était qu'elle était une femme incroyable et qu'elle avec lui.
« J'abandonne. » annonça-t-elle finalement avec un soupir avant de le rejoindre. « Je n'arriverais jamais à cuisiner. La seule chose que je risque de faire est de nous rendre malade. »
L'estomac de Théodore se souvenait encore du curry qu'elle avait préparé la veille et dans lequel elle avait ajouté bien trop d'épices et de piment. La nuit avait été longue et ponctuée de passages incessants dans la salle de bain.
« Je suis désolée, ce truc est immangeable et tu dois être affamé. » dit Hermione avec frustration, posant son front sur l'épaule de Théodore.
« On pourrait en profiter pour tester ce qu'il y a dans le voisinage. suggéra Théodore en caressant affectueusement ses cheveux. « Je crois avoir aperçu une taverne. »
Hermione hocha la tête. Elle posa un baiser rapide au coin de ses lèvres avant de remonter à l'étage pour se changer. Lorsqu'ils quittèrent la maison, un Mangemort sortit de l'ombre et leur emboîta le pas, en silence.
Malgré leur déménagement, c'était l'unique chose dont ils n'avaient pas pu se débarrasser. La présence de Mangemorts pour les escorter était obligatoire.
Quelques jours plus tôt, son père lui avait indiqué qu'Hermione recevrait prochainement son escorte personnelle. Elle n'avait pas paru ravie à l'idée, ce qu'il comprenait complètement.
Ils décidèrent de marcher en direction du village le plus proche, à une vingtaine de minutes de la propriété, afin d'observer les alentours et se familiariser davantage à leur nouvelle localité.
Il sentit Hermione sur le qui-vive lorsqu'ils arrivèrent sur l'allée principale du village. C'était un endroit relativement guindé, majoritairement habité par des familles aisées.
Théodore savait que la nouvelle de leur emménagement dans les environs n'était plus un secret. Il était venu au village quelques jours plus tôt pour acheter une nouvelle chouette. Il avait été salué à plusieurs reprises dans le village et on s'était adressé directement à lui par son nom.
Cette fois, pourtant, tandis qu'ils entraient dans le village main dans la main, aucune des personnes qu'ils croisèrent ne prononça la moindre parole. Certains se contentaient de leur jeter des regards brefs avant de détourner les yeux et d'accélérer le pas, comme s'ils fuyaient quelque chose.
Ce genre de réactions était à prévoir mais le vivre était déstabilisant pour lui, qui n'en avait pas l'habitude. C'était un village traditionnel, habité exclusivement par des sorciers de rang supérieur.
Hermione sembla elle aussi le remarquer et il vit son visage s'assombrir de nouveau, loin de la mine heureuse et hilare qu'elle avait affichée quelques instants plus tôt, dans la cuisine. Elle relâcha la main de Théodore et croisa les bras, se renfrognant immédiatement. A leur arrivée devant la taverne, Hermione lui indiqua qu'elle avait changé d'avis et ne voulait pas rester dîner sur place.
« On peut juste prendre quelque chose à emporter et manger à la maison. » dit-elle.
Il hocha la tête. Il savait que c'était difficile pour elle et il n'allait pas la brusquer. Le chemin du retour, ainsi que le repas, se firent dans le silence complet. Une fois la vaisselle débarrassée, Hermione lui annonça qu'elle était fatiguée. Elle l'embrassa rapidement avant de se retirer dans la chambre.
Le lendemain, Théodore se rendit au Théâtre plus tôt qu'à son habitude. Son père lui avait demandé une entrevue.
« Pur soit le sang. » salua Theodius, à son arrivée.
« Victorieuse soit sa venue. » répondit calmement Théodore.
« Comment les choses se passent-elles, dans votre nouvelle demeure ? Ton épouse s'y plaît-elle ? » interrogea poliment son père.
Il parlait toujours d'Hermione de manière très distante et froide.
« Oui, beaucoup. » assura Théodore.
Malgré le raté de la veille, au village, il savait qu'Hermione se plaisait dans leur nouvelle propriété.
« Je t'ai demandé de me rejoindre ici pour discuter des prochaines obligations qui vous incombent. » indiqua Theodius, tandis qu'il sortait un parchemin et le tendait à Théodore.
« Comment ça ? » demanda Théodore d'une voix lente, en déroulant le parchemin.
Il s'agissait d'une liste de dates et d'évènements.
« Je te l'ai dit Théodore, maintenant que tu es marié, je m'attends à ce que tu reprennes le flambeau sur certaines responsabilités. Et c'est le cas pour ton épouse, également. » ajouta-t-il. « Voici la liste des prochains rendez-vous où vous serez attendus. Évidemment, je garderai tout ce qui a trait à mon rôle de Gouverneur. Mais toutes les occasions mondaines vous reviendront désormais. »
Mal à l'aise, Théodore observa la liste. Sur les deux prochains mois, il n'y avait pas moins d'une douzaine d'événements en tout genre.
« Ces évènements ne sont pas tous du niveau du GAGE. Certains sont relativement simples. » indiqua Theodius. « Mais il serait mal vu de ne pas y participer. »
Les obligations semblaient varier. Elles allaient de bals de charité, à des représentations artistiques et culturelles en passant par des évènements divers, comme une visite à Sainte-Mangouste, où une aile portait le nom des Nott. Les Treize avaient un rôle social important dans la communauté et les responsabilités qui leurs incombaient l'étaient tout autant.
« Je pensais que nous devions simplement aller au GAGE car notre famille sponsorise cet événement. Ce n'est pas le cas du reste. » devina Théodore en fronçant les sourcils.
« Oh non, c'est important que vous répondiez présents lors de toutes les occasions de cette liste. C'est un devoir que ta mère et moi avons honoré. Et plus que jamais, il est important que notre famille soit encore plus irréprochable. Notre réputation est suffisamment ternie. Nous ne pouvons pas nous permettre le moindre écart. » insista Theodius avec une grimace. « Nous sommes surveillés. »
Il lança un regard impérieux à son fils.
« Je te l'ai dit, Théodore, tu as voulu bénéficier des avantages de notre statut et de notre nom. Mais ces privilèges s'accompagnent également de responsabilités. » rappela son père.
Theodore réprima une grimace.
« Et j'insiste sur le fait que ton épouse devra également être présente. » poursuivit-il. « Mais ça ne devrait pas lui poser de problèmes. Elle a très bien géré la situation, pendant le GAGE, après tout. »
Théodore leva des yeux surpris vers son père, médusé par ce qu'il entendait. Venait-il de complimenter Hermione et faire preuve de son approbation ?
« T…Très bien. » balbutia simplement Théodore, trop interloqué pour dire quoi que ce soit d'autre.
Ils avaient attendu les réactions du GAGE avec appréhension, surtout avec la présence de personnes importantes, notamment la procureure Bellatrix Lestrange. Elle ne leur avait pas adressé la parole pendant le gala, ce qui avait été un vrai soulagement s'il devait l'admettre. Il avait toujours trouvé cette femme particulièrement terrifiante. Il ignorait comment il se serait comporté si elle avait fait preuve de son mécontentement de manière vocale et publique pendant l'évènement.
Il se donna une note mentale pour contacter Pansy Parkinson afin de lui demander son ressenti sur le GAGE et sur les commérages qui se faisaient à leur sujet. Après tout, elle était davantage au courant de ces choses que lui. Et pour une fois, son honnêteté brutale serait appréciée.
Les paroles de son père donnèrent à Théodore une vague d'espoir. Peut-être qu'avec le temps, la communauté finirait par accepter leur union. Quand ils se rendraient compte de la femme merveilleuse qu'était Hermione et du fait qu'elle avait toute sa place parmi eux.
Ils devraient néanmoins continuer à faire leurs preuves. Pour le moment, il allait devoir informer sa femme du calendrier obligatoire qui les attendait. Il le savait, la nouvelle ne serait pas accueillie avec enthousiasme.
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Daphné Greengrass était d'humeur irascible. C'était l'une de ses journées déplaisantes, où elle avait l'impression que tout allait de travers. Et pour l'obsédée du contrôle qu'elle était, c'était extrêmement frustrant.
Elle reposa sa plume, levant les yeux du dossier qu'elle consultait au sujet d'un plan de développement immobilier titanesque, à venir sur les cinq prochaines années. Un projet important, que son père lui avait demandé de mener à son terme.
Daphné travaillait en étroite collaboration avec Georgius Greengrass. Très tôt, et en tant qu'aînée de la famille, on l'avait impliquée dans les affaires familiales. Elle gérait désormais des activités importantes pour son père qui la considérait comme son bras droit. Elle avait même désormais un pouvoir de décision plus important que sa propre mère, Renata. Cette dernière avait toujours été particulièrement effacée, aux côtés de son mari. Quand il avait besoin qu'on le seconde, Georgius ne faisait pas appel à sa femme mais à sa fille.
Daphné était formée dans le but de reprendre les rênes de leur entreprise, le groupe immobilier le plus important du territoire. Il s'était développé de manière exponentielle ces deux dernières décennies. Georgius avait réussi à tirer profit des changements en s'alignant sur les stratégies de gentrification menées par le gouvernement.
Malgré son rôle de Gouverneur, Georgius n'était pas vraiment porté sur la politique. Il l'utilisait davantage comme un levier - un moyen d'accroître son influence et ses relations avec des partenaires clés qui lui permettaient de faire passer des changements de législation bénéfiques et qui acceptaient de fermer les yeux sur ses méthodes abusives. Cela leur assurait le monopole sur le marché immobilier.
Sa motivation principale était l'argent. Georgius ne s'embarrassait pas de considérations morales ou éthiques. D'ailleurs, contrairement à la plupart de ses pairs au sein du Coven sacré, les sujets sociaux ne l'intéressaient pas en tant que tels. Tout ce qui importait à Georgius Greengrass était la réduction de ses coûts et d'engendrer des profits toujours plus conséquents.
Daphné, elle, avait d'autres ambitions. Elle comprenait l'importance de l'argent comme ressource pour les aider à obtenir ce qu'ils voulaient. C'était d'ailleurs pour cette raison qu'elle avait immédiatement rejoint son père après la fin de ses études. Pourtant, ce qui l'intéressait vraiment était la perspective d'une carrière politique. C'était dans cet objectif qu'elle réalisait tous ses choix.
Cela avait commencé lors de sa scolarité à Poudlard, pendant laquelle elle avait compris l'importance du réseautage pour obtenir des opportunités. Elle avait toujours fait en sorte d'être bien vue par le corps enseignant et par le reste de l'école. Elle avait même activement participé à une élection de popularité ridicule, dans l'unique but de montrer sa domination sur le reste de l'école.
Dans son travail, Daphné s'entretenait quotidiennement avec des personnes dans des postes clés du ministère ou d'autres entreprises.
Le dernier aspect qui l'aiderait à fortifier sa place en politique serait l'aspect familial. Après tout, son appartenance à une famille sacrée était un atout majeur pour ses objectifs. C'était toutefois sans compter sa condition de femme, qui apportait un frein peu négligeable à ses ambitions.
Se marier à une autre famille du Coven aurait pu être une solution pour Daphné. Cela signifiait néanmoins qu'elle serait à la botte d'un homme - ce qu'elle ne pouvait pas accepter. Cela signifiait aussi qu'elle n'aurait probablement pas le rôle de Gouverneure et serait reléguée à la place ''d'épouse de'' comme la plupart des femmes des Treize. Seule Cressida Warrington avait réussi l'exploit de rejoindre une autre famille sacrée par les liens du mariage avant de saisir le rôle de Gouverneure. Ce n'était pas commun. Dans la majorité des familles, le rôle de Gouverneur revenait aux héritiers mâles. Le mariage n'était donc pas une solution pour elle.
Daphné attendrait donc de prendre le rôle à son père. Comme elle était une femme, elle ne pourrait pas passer son nom à la génération suivante, ce qui signifiait que les Greengrass seraient éjectés des Treize après son mandat. Cela impliquait que ses opinions n'auraient pas autant de poids car le reste du Coven savait que sa famille serait sur la sellette. Elle ne pèserait donc pas dans les discussions - ce qui était inadmissible pour elle. La situation actuelle des Black était un exemple excellent de ce phénomène. Malgré qu'ils soient une famille originelle, leur chute imminente les réduisait à un rôle de pantins parmi le Coven. Par obligation et diplomatie, on attendait la mort de la Gouverneure Walburga Black pour les éjecter définitivement.
La stratégie pour laquelle avait opté Daphné était donc de s'assurer d'avoir des alliés puissants qui pourraient l'aider à faire valoir sa place et sa voix au sein du Coven lorsqu'elle deviendrait Gouverneure. Et il n'existait aucune alliance plus puissante que celle du mariage. Elle avait donc rapidement fomenté l'idée de marier sa sœur Astoria à un héritier du Coven, particulièrement l'un des plus influents.
Draco Malfoy était apparu comme une évidence. Héritier d'une famille originelle et de la seconde famille la plus riche du pays. Les opinions et la respectabilité de ce clan n'étaient plus à prouver. Il était ce que le haut du panier avait de mieux à offrir.
C'était pour cette raison que Daphné s'était intimement rapprochée de lui. Draco pensait qu'elle avait développé son plan de mariage bien plus tard, ignorant que c'était l'unique raison pour laquelle elle avait commencé à entretenir une liaison purement sexuelle avec lui.
Draco Malfoy disposait d'un égo surdimensionné et se pensait plus intelligent que les autres – une attitude que partageaient énormément d'hommes dans leur milieu élitiste et qui agaçait Daphné au plus haut point.
Elle avait attendu quelques années avant de commencer à mentionner l'éventualité d'une union entre leurs deux familles. Draco s'était toujours montré particulièrement détaché sur le sujet mais ne l'avait pas rejeté non plus. Cela avait donc donné espoir à Daphné.
Ces derniers mois, elle était devenue plus insistante, perdant même toute subtilité. Draco ne semblait pas vouloir se positionner et le temps manquait à Daphné. Astoria commençait à s'intéresser à d'autres hommes, visiblement découragée du manque de considération de Draco à son égard.
Daphné s'était donc montrée plus proactive pour accélérer les choses. Draco avait fini par proposer à Astoria de l'accompagner à l'anniversaire de Pansy. Un bon début, avait pensé Daphné, à ce moment-là. Le fait qu'il propose à sa sœur d'être son rencard à une occasion et qu'il s'affiche en sa compagnie devant son cercle privé ne pouvait être qu'encourageant.
Pourtant, Draco avait fait preuve d'une indifférence insultante envers Astoria pendant la soirée, ne lui accordant qu'une attention polie, et ne lui montrant aucun signe d'intérêt, ce qui avait découragé cette dernière.
Pour empirer les choses, Astoria avait rencontré un homme à Sainte-Mangouste, où elle effectuait sa résidence de Psychomagie. Daphné avait réalisé que cela allait peut-être gâcher tous ses plans.
Poussée par sa frustration, Daphné n'avait pas pu s'empêcher de se montrer désagréable avec Pansy Parkinson. Une erreur de sa part, elle le savait. Sans surprise, Draco lui avait reproché son attitude lorsqu'elle s'était rendue dans son bureau, à l'Augurey Magistral. Ce jour-là, Daphné avait cru voir son monde s'écrouler.
« Tu réalises que j'ai dû gérer tes bévues avec Pansy ? » avait-il interrogé froidement. « Elle était furieuse. Et à juste titre. »
Daphné avait laissé échapper une exclamation de dédain, sans pouvoir s'en empêcher.
« Il fallait bien que quelqu'un la sorte de sa bulle de petite fille capricieuse. Je ne sais pas comment tu fais pour la supporter. » avait fait remarquer Daphné avec irritation.
« Ne parle pas d'elle de cette manière. » avait-il répliqué d'un ton glacial. « Je m'attendais à mieux de ta part. Malgré vos crêpages de chignons ridicules, je pensais que tu aurais un minimum d'étiquette pour ne pas lui manquer de respect chez elle pendant un évènement qu'elle organisait et auquel tu n'étais pas conviée. »
Ses paroles et son ton infantilisant l'avaient contrarié au plus haut point. Cependant, réalisant que la situation lui échapperait si elle continuait à se montrer hostile, Daphné n'avait pas répliqué. Elle l'avait de nouveau interrogé sur ses intentions avec Astoria.
« Je me suis engagé à l'inviter, rien d'autre. » avait déclaré Draco.
« Si tu continues à agir ainsi, elle va se décourager. Elle ne va pas attendre indéfiniment que tu lui montres de l'intérêt, Draco. » avait rappelé Daphné, luttant pour ne pas montrer sa frustration.
Draco était resté silencieux mais elle n'avait pas manqué la désinvolture dans ses yeux. Et cela l'avait fait paniquer. Immédiatement, elle avait changé d'attitude.
« Que doit-elle faire pour que tu la considères ? » avait demandé Daphné d'une voix suave. « Ou plutôt… Que dois-je faire ? »
Elle s'était approchée de lui pour poser cette question. Lui adressant un regard charmeur, elle s'était penchée sur lui et avait posé une main sur le haut de sa cuisse. Il était resté de marbre.
« Je ne suis pas intéressé. » avait-il répondu froidement.
Elle était restée consternée devant ce rejet et avait retiré sa main d'un geste brutal. Aucun homme ne repoussait une femme comme elle. Et les mots suivants qu'il avait prononcés avait été un affront supplémentaire :
« Tu peux dire à ta sœur qu'elle arrête de perdre son temps. Je n'ai pas l'intention de la fréquenter, de la mettre dans mon lit et encore moins de l'épouser. » avait-il déclaré avec une désobligeance qui frisait l'irrespect. « Et il en va de même pour toi, à l'avenir. »
« Tu…Tu m'avais promis… » avait-elle bredouillé d'une voix tremblante à cause de la colère.
« J'ai dit que j'allais considérer l'idée. C'est tout. Et tout bien considéré, ce n'est pas un choix intéressant pour moi. »
Stupide. Elle s'était sentie tellement stupide. Leurs conversations dans l'intimité des draps n'avaient aucune valeur. Elle réalisa que Draco Malfoy lui avait dit ce qu'elle voulait entendre tout simplement pour s'attirer ses faveurs, sans être dérangé en retour. Et se sentir trompée ainsi avait été extrêmement vexant pour Daphné.
Elle avait été stupide d'être tombée dans le panneau. Elle avait été stupide de s'en tenir à de vagues promesses. Elle aurait dû rendre les choses plus officielles. Elle aurait dû réclamer que Draco se positionne publiquement en allant voir Georgius pour faire part de ses intentions envers sa fille. Elle aurait dû réclamer que leurs parents respectifs discutent de la possibilité d'une union. Cela aurait donné un semblant de sérieux et de formalité à la situation et aurait empêché Draco de reculer aussi facilement.
« Tu le regretteras, Draco. Personne ne me ment sans conséquences. » avait annoncé Daphné d'un ton furibond, en sortant du bureau, éprise d'une rage violente.
Depuis cette conversation et la tromperie de Malfoy, Daphné avait été particulièrement irascible. Et voir Astoria se rapprocher davantage de son soupirant l'avait profondément agacé.
Malgré son erreur, Daphné Greengrass refusait de renoncer aussi facilement. Si Malfoy pensait qu'il allait se débarrasser d'elle aussi aisément, il se trompait lourdement. Elle avait son avenir en tête et elle serait prête à tout pour parvenir à ses fins.
Elle resta en retrait les mois suivants, réfléchissant au meilleur moyen de reprendre le contrôle sur la situation. Et contre toute attente, ce fut la solution elle-même qui vint à elle, tout à fait par hasard.
Daphné se tenait dans l'encadrement de la chambre de sa sœur, l'observant d'un air pensif. Astoria était installée à sa coiffeuse et mettait de l'ordre à son apparence. Elle paraissait extrêmement excitée et Daphné connaissait parfaitement la raison de son engouement. Astoria se rendrait au GAGE accompagnée d'Edmund Crabbe, son soupirant.
Il était issu d'une famille de Sang-Pur de premier rang, occupait un poste respectable et semblait partager les mêmes intérêts et valeurs qu'Astoria. Mais ce n'était pas suffisant pour Daphné. Il était trop quelconque. Et ses perspectives d'avenir n'étaient pas à la hauteur de sa sœur.
Cette soirée était également une occasion pour Georgius d'en apprendre davantage sur le prétendant de sa fille. Daphné savait que l'homme comptait bientôt demander la main d'Astoria à son père.
« Je suis tellement excitée de me rendre au gala. J'espère que ma tenue va plaire à Edmund. » commenta Astoria avec un sourire rayonnant.
Daphné s'empêcha de lever les yeux au ciel en observant sa sœur se comporter comme une adolescente qui avait un béguin.
Ridicule, songea-t-elle avec aversion.
Lorsque le dénommé Edmund arriva dans leur gigantesque domaine près de Chelmsford, Daphné le salua froidement et resta en retrait pendant qu'elle l'observait interagir avec son père et Astoria.
Elle les écouta d'un air distrait tandis qu'ils parlaient du scandale de la famille Nott. L'héritier unique de la famille avait épousé une sorcière de rang inférieur, ce qui avait scandalisé toute la communauté.
Trop absorbée par ses pensées parasites et rancunières, Daphné n'avait pas porté énormément attention au nouveau couple, qui déchaînait toutes les passions. Ce qui l'avait surtout agacé dans la situation était qu'il restait un héritier intéressant de moins à caser avec Astoria.
Il devenait crucial qu'elle essaie d'obtenir Malfoy. Les Black étaient sur le point d'être expulsés et avaient perdu tout leur pedigree. Quant à Ernie Macmillan, il était également déjà marié. Cela ne laissait plus que Draco Malfoy dans les familles originelles, la préférence de Daphné. Évidemment, elle aurait pu se rabattre sur le reste de Treize mais elle était toujours du genre à viser haut. Pourquoi se contenter de quelque chose de bien quand on pouvait avoir le meilleur ?
Daphné aperçut Draco Malfoy lorsqu'il pénétra dans la salle de banquet du Théâtre de Damasus le Décadent, en compagnie de Pansy Parkinson, dont l'entrée ne pouvait jamais être manquée. Elle s'efforçait toujours de se faire remarquer par tous les moyens.
Daphné fut de mauvaise humeur pendant toute la soirée et observa avec mépris sa sœur et Edmund s'amuser. Après deux verres d'hydromel, Daphné eut un élan d'audace et l'idée d'aller voir directement Draco Malfoy lui traversa l'esprit.
Elle commença même à traverser la salle de bal lorsqu'elle le vit avec Parkinson. Arrivée à une dizaine de mètres, elle réalisa que c'était une mauvaise idée et décida de l'abandonner. Elle s'approcha, marchant derrière eux pendant qu'ils se dirigeaient vers le bar. Elle ne put s'empêcher de tendre l'oreille pour écouter leurs paroles.
« On voit bien que tout le monde est obnubilé par les Nott. » commenta Pansy avec amusement. « Personne n'a remarqué comment tu la regardes, Draco. Vous n'êtes absolument pas discrets, ce soir. »
Daphné n'entendit pas la réponse de Draco. Ils arrivèrent au bar et elle dû battre en retraite, ne voulant pas être prise en flagrant délit.
Les paroles de Pansy Parkinson déclenchèrent une curiosité gigantesque chez elle. À quoi - ou plutôt à qui - faisait-elle référence ? Même si elle n'avait pas entendu la réponse de Draco, Daphné avait brièvement vu l'expression sur son visage – loin de son habituelle froideur et impassibilité. Et pendant les heures qui suivirent, elle l'observa attentivement.
Draco avait-il désormais des vues sur une autre femme ? pensa Daphné avec une grimace, son regard rivé sur lui. Si c'était le cas, la situation serait encore plus critique. L'air qu'elle apercevait sur son visage était loin du détachement poli qu'il avait réservé à Astoria.
Daphné suivit son regard mais ne parvint pas à identifier la personne qu'il regardait. Jusqu'à ce qu'elle le voie quitter Parkinson et se placer derrière une femme. Elle vit ses lèvres remuer pendant quelques secondes, comme s'il murmurait des paroles. Il s'éloigna vers le grand escalier qui menait au hall d'entrée du Théâtre, disparaissant de sa vue.
Décontenancée, Daphné reporta son attention sur l'inconnue. Il s'agissait d'une jeune femme rousse qui portait une robe verte élégante. Elle fut frappée par le sourire que cette dernière arborait, tandis qu'un éventail lévitait à ses côtés, battant de l'air. Même s'ils n'avaient échangé aucun regard, il était évident que c'était à cette femme qu'il s'était adressé, songea Daphné en fronçant les sourcils.
Daphné la fixa longuement avant de réaliser que son visage lui semblait familier. Elle n'arrivait toutefois pas à mettre un nom dessus. Elle posa une main sur le bras de sa sœur. Astoria avait une mémoire visuelle particulièrement impressionnante et surtout, comme la parfaite débutante qu'elle était, connaissait également beaucoup de monde dans ces événements mondains.
« Cette femme te dit-elle quelque chose ? J'ai l'impression que je l'ai déjà vue quelque part. » dit Daphné, à son attention.
A son tour, Astoria fixa la femme pendant quelques instants et une expression de discernement sembla la frapper.
« Oh oui, je me souviens ! Elle était à l'anniversaire de Pansy Parkinson. C'est son assistante. » lui rappela Astoria. « J'ai discuté avec elle. »
Elle fronça les sourcils.
« Je me demande ce qu'elle fait ici. C'est curieux… » commenta pensivement Astoria.
« Qu'est-ce qui est étrange ? »
« Eh bien, il me semble que c'est une Sang-Impure. » répondit Astoria avec hésitation. « Je crois me rappeler qu'elle a mentionné avoir fait sa scolarité à Néréide, pendant notre conversation. Décidément les choses ont bien changé… »
Astoria soupira avant de se remettre à commenter le scandale des Nott, ainsi que la présence de personnes de rang inférieur dans un événement d'un tel standing. Daphné ne l'écoutait toutefois plus.
Elle venait de voir la femme se mettre à marcher en direction des escaliers, dans la même direction qu'avait prise Draco Malfoy. L'intuition de Daphné lui cria de la suivre. Quelque chose clochait, pensa-t-elle.
Elle traversa la salle de bal à son tour, et une fois arrivée dans l'escalier, elle vit la jeune femme disparaitre par une porte réservée au personnel. Saisie par la curiosité et galvanisée par l'hydromel, Daphné descendit rapidement les marches et se dirigea vers la porte à son tour.
Elle croisa un garde près de celle-ci mais il le ne lui accorda pas d'attention, se contentant de fixer un point devant lui, l'air absent. Elle ne se posa pas davantage de questions et passa la porte à son tour. Le couloir était vide, mis à part des portes identiques, toutes closes. Daphné marcha le long du passage d'un pas lent, tendant la nuque pour distinguer le moindre bruit.
La jeune femme était forcément dans l'une de ces pièces, devina-t-elle. Elle écouta à toutes les portes, mais n'entendit rien. Étrange, pensa-t-elle. Ne voulant pas se faire prendre, elle décida de faire marche arrière. Elle se demandait si Draco était quelque part dans les environs. Après tout, il était lui aussi passé par ce hall et elle ne l'y avait pas aperçu. Daphné retourna dans le hall, faisant mine d'observer l'un des tableaux imposants à l'effigie des Nott, jetant des regards à la porte de temps à autre, attendant le moindre mouvement. Finalement, elle vit Draco Malfoy faire irruption dans le hall, émergeant par la porte en question.
J'avais raison, pensa-t-elle avec une excitation soudaine. Elle était prête à mettre sa baguette à couper qu'ils étaient ensemble. Le visage de Draco n'affichait qu'un air impassible, ne trahissant aucune émotion et il remonta les escaliers pour se rendre dans la grande salle des festivités.
Daphné patienta encore quelques minutes. Sans faute, l'assistante de Pansy émergea à son tour du couloir. Contrairement à Draco, son apparence avait changé. Son rouge à lèvres semblait s'être estompé et son chignon était totalement défait. Ses joues rougies témoignaient d'un trouble évident.
Daphné la suivit du regard et lorsqu'elle prit la direction d'un couloir menant aux toilettes dans le hall, elle décida de lui emboîter le pas. Lorsqu'elle pénétra dans les toilettes, Daphné vit qu'un des WC était occupé. Elle se dirigea vers le lavabo, faisant mine de mettre de l'ordre à sa coiffure. La jeune femme rousse émergea finalement de la cabine. Elle sembla surprise de voir Daphné et eut un moment d'arrêt. Elles échangèrent un regard à travers le reflet du miroir. Détournant les yeux, la jeune femme se dirigea elle aussi vers un lavabo et commença à se laver les mains. Daphné la fixait avec insistance pendant qu'elle observait sa tenue avec un air un peu contrarié et qu'elle relâchait ses cheveux complètement, retirant les pinces de son chignon défait. Puis, de nouveau, à travers le large miroir, elle croisa le regard de Daphné.
Elles se jaugèrent silencieusement. Puis, contre toute attente, la jeune femme lui adressa un sourire éclatant. Daphné ignorait s'il s'agissait simplement de sa propre paranoïa ou de son irritation, mais elle crut déceler dans ses yeux de la moquerie. Finalement, la jeune femme quitta les toilettes, laissant Daphné seule à ses pensées.
Elle était complètement désarçonnée par ce qu'elle venait de voir. Les pièces du puzzle lui semblaient trop évidentes pour les ignorer. Et elle fut soudainement frappée d'une nouvelle réalisation. Ce n'était pas le seul endroit dans lequel elle avait vu cette femme. Le jour où elle s'était rendue à l'Augurey Magistral pour voir Draco, elle l'avait croisée à sa sortie du bureau, s'apprêtant à entrer à sa suite. Ce jour-là, elle avait simplement pensé qu'il s'agissait d'un rendez-vous professionnel.
Elle réalisait désormais qu'elle était loin du compte.
Draco Malfoy fréquentait-il vraiment une sorcière de rang inférieur ? Cette éventualité était tellement sidérante que Daphné n'était pas certaine de vouloir la formuler. Les éléments étaient pourtant trop flagrants, songea-t-elle. Elle allait devoir creuser pour pouvoir utiliser cela à son avantage.
Et pour la première fois depuis des mois, Daphné Greengrass ressentit un élan de satisfaction. Si elle ne pouvait pas obtenir un engagement de la part de Draco Malfoy par la logique et la loyauté, elle l'obtiendrait par la mesquinerie.
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Les mains tremblantes, Hermione parcourut le parchemin que Théodore venait de lui tendre, sentant sa frustration grandir au fil de sa lecture.
« Théodore, tu m'avais dit que le GAGE était une obligation en raison du rôle de sponsor de ta famille. Tu m'avais promis que nous ne serions obligés à rien d'autre. » rappela-t-elle, le visage crispé.
Théodore hocha la tête, l'air déconfit. Pendant le dîner - cette fois délicieux et préparé par Zéphyr - il avait semblé étrangement nerveux. Curieuse de son attitude, Hermione l'avait finalement interrogé sur l'objet de ses préoccupations. Théodore lui avait alors avoué sa conversation avec son père, lui annonçant les obligations sociales supplémentaires qu'on attendait d'eux. Hermione afficha une mine rembrunie devant la liste.
« Je sais, Hermione. Et c'est vraiment ce que je pensais. Crois-moi, je te l'aurais dit si j'en avais eu la moindre idée. » lui assura-t-il, repentant.
Hermione le fixa pendant de longues secondes, trop sidérée pour répondre.
« Je… J'ai besoin d'une minute. » souffla-t-elle finalement, submergée. « J'ai besoin de prendre l'air. »
Elle sentait que cette conversation allait engendrer une anxiété profonde chez elle. Elle n'avait pas l'énergie d'y céder à cet instant précis. Elle laissa tomber le parchemin sur la table de la cuisine et se releva d'un pas précipité, sous le regard hébété de Théodore. Il resta silencieux tandis qu'Hermione attrapait son gilet et quittait la pièce sans un mot supplémentaire.
Lorsqu'elle quitta la maison, un vent frais lui ébouriffa le visage et elle traversa le jardin de la demeure avec empressement, se dirigeant vers la lisière des bois qui bordaient la maison. Elle se laissa choir sur une large roche taillée. Le soleil commençait à se coucher et son regard se perdit vers l'horizon.
La conversation avec Théodore lui avait immédiatement rappelé la soirée du GAGE. Cette soirée avait été un véritable calvaire pour elle. Théodore en était parfaitement conscient. Ils avaient discuté du sujet à plusieurs reprises, exprimant leur soulagement à l'idée d'avoir surmonté cette épreuve.
Après sa crise de panique, et sa conversation difficile avec Ginny, Hermione était revenue dans la salle de banquet. Elle avait continué de faire face aux réactions hostiles de l'assemblée entière, se persuadant qu'il s'agissait d'un moment très difficile à passer pour eux mais qui les aiderait sur le long terme. Entendre Théodore lui annoncer qu'elle devrait revivre cela encore et encore était anxiogène.
Elle enfouit son visage dans ses mains, ses jambes légèrement tremblantes. Cela n'aurait jamais de fin. Il y aurait toujours une nouvelle épreuve à surmonter.
C'était trop pour elle. Elle sentait que ses nerfs commençaient à lâcher. Elle avait l'impression que tout autour d'elle s'écoulait et elle peinait à trouver un appui qui l'aiderait à préserver sa santé mentale.
C'était pour cette raison qu'elle avait senti le besoin pressant de mettre un terme à la conversation et de s'éloigner. Elle sentait qu'elle était sur le point de perdre son sang-froid et prononcer des paroles qu'elle regretterait immédiatement.
Ses propres réactions lui faisaient peur. Elle ne se reconnaissait plus. Elle devenait une personne rancunière et méchante. Ginny en avait fait les frais et leur amitié était désormais gâchée à cause de son attitude. Elle craignait désormais de projeter ses peurs et ses frustrations sur Théodore. S'éloigner avait été la meilleure solution.
Hermione resta dans cette position pendant ce qui lui sembla une éternité, plongée dans ses pensées. La nuit était désormais tombée et l'obscurité régnait aux abords des bois.
Du coin de l'œil, Hermione aperçut des petites sphères lumineuses virevolter à ses côtés. Elle leva la tête et vit Théodore dont la baguette était levée, son extrémité éclairée.
« Est-ce qu'on peut parler, maintenant ? » demanda-t-il d'une voix hésitante, comme s'il craignait de remettre le sujet sur la table.
Hermione hocha la tête en guise de réponse. Elle l'écouta silencieusement et sans aucune interruption, tandis qu'il lui jurait que les volontés de son père au sujet de leur calendrier social étaient également une surprise pour lui.
« Je sais que ce premier évènement n'a pas été facile mais je pense que nous l'avons plutôt bien géré, tout bien considéré. Ça aurait pu être pire. » assura-t-il avec un entrain un peu forcé.
Elle l'observa sans rien dire. Elle avait préféré ne pas lui mentionner sa crise de nerfs. Théodore ne l'avait pas vue au bord de l'asphyxie dans cette remise. A son grand étonnement, Pansy Parkinson avait aussi semblé gardé l'information pour elle.
Ce gala avait été un calvaire pour elle. Le fait qu'il estime que cela aurait pu être pire la confortait dans l'idée qu'ils avaient une vision diamétralement opposée sur certaines expériences. Il s'agissait d'une tendance constante depuis le début de leur relation. Elle avait toujours eu l'impression que Théodore ne saisissait pas réellement à quel point tout cela lui coûtait. Depuis qu'elle l'avait rencontré, elle avait constamment dû sortir de sa zone de confort, se confronter à des situations difficiles et angoissantes, accepter des choses qui la rendaient profondément mal à l'aise. Et même si elle avait accepté la plupart de ses choix, son investissement lui semblait parfois inégalitaire. Jusqu'où cela allait-il aller ? Jusqu'où devrait-elle s'abandonner ? Endosser ce nouveau rôle qu'on lui avait attribué signifiait qu'elle finirait par se perdre complètement.
Sans rien dire, Hermione continua d'écouter les tentatives de Théodore pour relativiser la situation. Une révélation la fit toutefois tiquer.
« Même mon père pense que nous nous sommes bien débrouillés. » lui assura Théodore.
« C'est ce que ton père t'a dit ? » demanda Hermione d'une voix plate.
Il hocha la tête, visiblement soulagé de la voir prendre la parole de nouveau. Hermione réprima un rire sans joie, traversée par une vague d'amertume. Elle aurait adoré entendre la conversation que Théodore avait eue avec son père au sujet de l'évènement.
Son père qui avait fait preuve de mépris envers elle pendant toute la soirée. Son père qui avait visiblement pris plaisir à la voir en pleine détresse. Hermione n'avait pas oublié le regard satisfait qu'il lui avait lancé lorsqu'elle s'était retrouvée seule, complètement hagarde, à la recherche de soutien après avoir croisé Bellatrix Lestrange.
Contrairement à Théodore, son père avait pleinement conscience de la soirée atroce qu'elle avait passée. Le fait qu'il ait prétendu le contraire à son fils prouva à Hermione qu'il tentait activement de la saboter. Cela ne l'étonnait guère après la conversation houleuse qu'ils avaient eue, au Manoir des Nott. Ce jour-là, Theodius avait tenté de la soudoyer pour qu'elle quitte Théodore.
Il était évident que ces nouvelles obligations sociales sorties de nulle part étaient un nouveau moyen pour la faire céder à la pression.
Cet homme était plus malintentionné qu'elle ne l'aurait imaginé. Il avait toujours été un détracteur de leur relation. Malgré tout, comprendre qu'il tentait de la pousser dans ses retranchements par tous les moyens n'était pas facile à digérer. Ses ennemis étaient partout, songea-t-elle avec un pincement au cœur.
Hermione n'eut pas le cœur d'avouer à Théodore la proposition de son père. C'était déjà difficile pour elle. Elle ne pouvait qu'imaginer à quel point Théodore serait blessé d'apprendre la vérité.
Sa situation familiale n'était pas facile. Il avait perdu sa mère quelque mois plus tôt et avait découvert l'effroyable vérité sur sa sœur disparue et les mensonges de ses parents. Si Hermione ajoutait à la liste le fait que son père tentait de les séparer, elle craignait que Théodore tombe dans une profonde dépression.
Elle avait vu l'air qu'il avait affiché en mentionnant les 'compliments' de son père. Un mélange de fierté, de soulagement et de reconnaissance. Au fond, il cherchait toujours l'approbation de son père, qui avait toujours critiqué ses choix et son refus de se plier aux règles et aux expectatives de son rang.
Elle savait qu'ils tentaient encore de recoller les morceaux de leur relation compliquée et Théodore avait toujours espoir que les choses s'améliorent.
Non, décida-t-elle. Hermione ne pouvait pas lui infliger cela. Pas après tout ce qu'ils devaient déjà traverser. Malgré sa propre souffrance, elle ne pourrait pas le supporter de le voir sombrer à son tour.
« Essayons de faire un effort et de jouer le jeu. Avec le temps, les choses vont s'améliorer. Quand ils seront habitués à nous voir ensemble et qu'ils se rendront compte que tu n'es pas comme ils pensent, ils finiront par se calmer. » continua Théodore avec détermination.
Hermione lui adressa un regard estomaqué. Elle n'arrivait pas à croire à quel point il était naïf au sujet de cette situation. Elle réalisa avec gravité qu'elle l'avait trop laissé prendre les rênes. Si elle continuait à le laisser gérer leur futur, les choses finiraient par tourner au vinaigre pour elle.
« Théodore. » dit-elle finalement d'un ton plus ferme. « Ce n'est pas ce que nous avions prévu. Tu sais à quel point c'est difficile pour moi. Tu m'avais promis que nous n'aurions pas à nous exposer davantage après cet événement. »
« Je sais, Hermione. Mais nous savions que ça allait être compliqué. Qu'être ensemble nous demanderait des sacrifices. » dit-il. « Je sais que ce n'est pas facile, mais c'est ce que nous avons accepté en nous mariant. On ne peut pas tout avoir sans accepter de compromis. »
« Non. » souffla Hermione d'une voix plate.
« C… Comment ? » demanda-t-il un peu, surpris.
« Non, ce n'est pas ce que nous avons accepté, Théodore. Tu savais ce que cette union sacrée impliquerait et nous n'en avons pas discuté en détail avant de nous marier. » rappela Hermione d'une voix amère. « J'ai été prise de court et je n'ai pas pu réfléchir à la situation convenablement. Si tu m'avais expliqué toutes ces responsabilités avant, peut-être que les choses auraient été différentes. »
Les mots qu'elle avait réprimés depuis des semaines étaient finalement sortis de sa bouche, sans qu'elle ne puisse les retenir. Elle avait finalement exprimé de vive voix cette frustration qu'elle ne pouvait s'empêcher de ressentir autour des circonstances de leur union.
Hermione n'avait eu que quelques minutes pour prendre sa décision. Elle n'avait pas eu le loisir de réfléchir à toutes les considérations éventuelles. Depuis leur mariage, elle n'avait pas cessé de s'interroger. Si elle avait eu du temps avant de prendre une décision, aurait-elle accepté leur union sacrée ?
Ces questionnements étaient déchirants. Ils créaient un sentiment de culpabilité gigantesque en elle. Elle n'avait pas voulu les exprimer à Théodore, craignant sa réaction.
Pourtant, avec la tournure que prenaient les choses, elle ne pouvait pas les réprimer davantage. Elle était fatiguée de rester passive dans cette situation. Avoir le sentiment d'être conduite, sans vraiment avoir son mot à dire, était terriblement frustrant. Et imaginer que c'était la vie qui l'attendait en tant qu'épouse d'un héritier des Treize était terrifiant.
Théodore arborait désormais une mine choquée. Il l'observait les bras ballants, le regard désemparé, tandis qu'il saisissait le poids de ses mots.
« Est-ce que tu regrettes de m'avoir épousé ? » demanda-t-il finalement d'une voix basse, à peine audible.
Hermione écarquilla les yeux, déstabilisée face à cette question. L'air autour d'eux se fit soudainement accablant.
« T…Théodore… » balbutia Hermione.
« Est-ce que tu penses que c'était une erreur, Hermione ? » demanda-t-il, sa voix désormais tremblante. « Est-ce que tu regrettes ? »
Il avait répété la question en haussant le ton, une hystérie soudaine dans sa voix tandis qu'il la fixait, les yeux brillants. Hermione s'était complètement figée, éprise par un malaise soudain, son cœur battant à tout allure dans sa poitrine, sentant de nouveau la panique l'envahir.
Elle fut incapable de prononcer le moindre mot.
Et pourtant, son silence était assourdissant. Et il sembla donner une réponse à Théodore. Le visage de ce dernier se décomposa et elle put voir une douleur extrême sur ses traits. Sous la lumière des sphères lumineuses, ses yeux brillaient et elle aperçut des larmes au coin de ses yeux.
Sans un mot, Théodore fit volte-face et s'éloigna en direction de la maison. Hermione l'observa s'éloigner, ses membres figés, hagarde et choquée parce ce qu'il venait de se passer.
Elle était tellement stupide, pensa-t-elle, la gorge nouée, tandis qu'elle sortait de sa léthargie.
Trop surprise et choquée, elle n'avait pas pu répondre à une simple question. Elle savait qu'il avait besoin d'être rassuré. Et elle n'avait même pas pu lui offrir ça. Cela témoignait encore une fois de la piètre épouse qu'elle faisait.
A nouveau, elle avait démontré son incapacité à communiquer efficacement. Il avait interprété son silence par un regret de leur union. Et elle ne pouvait pas lui en vouloir d'être arrivé à cette conclusion.
Cela avait simplement été un moment de faiblesse de sa part, une autre preuve de son incapacité à communiquer convenablement ses émotions et ses doutes. Trop obnubilée par sa négativité et sa frustration, elle n'avait pas réalisé l'impression qu'elle lui donnait.
Et même si elle aurait aimé avoir plus de temps pour discuter de cette étape importante de leur relation, elle ne regrettait absolument pas leur union. Théodore était la seule chose dont elle était certaine. Et à cause de sa bêtise, il pensait probablement que ce n'était pas le cas.
Son estomac se serra douloureusement en se rappelant de l'expression de son visage. Son silence lui avait brisé le cœur. Elle se releva d'un bond, ses yeux remplis de larmes. Elle devait le retrouver au plus vite. Lui assurer qu'elle n'avait aucun regret les concernant. Lui jurer à quel point elle l'aimait. Lui demander pardon.
Et si elle devait se rendre à tous les événements sociaux de l'élite du régime pour le lui prouver, alors elle était prête à le faire. Encore et encore.
Alors qu'elle s'apprêtait à se ruer en direction de la maison, elle entendit un craquement derrière elle. Elle se retourna vivement, alertée par le bruit. Les sphères lumineuses avaient disparu lorsque Théodore était parti, plongeant les alentours dans l'obscurité totale.
Hermione plissa les yeux. Les arbres imposants se dressaient devant elle, leur forme terrifiante dans l'obscurité. Il s'agissait probablement d'une créature magique, songea-t-elle. Ils avaient déjà vu des gnomes et des niffleurs dans les environs. Un sentiment d'inconfort la parcourut et elle décida de rentrer. Elle devait retrouver Théodore au plus vite.
Du coin de l'œil, elle distingua un jet de lumière l'approcher à toute allure et fut frappée de plein fouet. Hermione s'effondra au sol, incapable de bouger. Elle entendit des voix étouffées et des bruits de pas. Elle sentit soudainement qu'elle lévitait, en direction des bois, s'enfonçant à l'intérieur. Elle tenta désespérément de se débattre. Ses membres étaient toutefois stupéfixiés et ses tentatives furent vaines.
La dernière chose qu'elle vit fut un nouveau jet de lumière dans sa direction et elle tomba dans l'inconscience.
Oui oui, je sais, j'abuse. Et j'assume lol. Pourquoi j'aime autant le drama ? J'aimerais vous dire que je me soigne de cette addiction, mais ce serait mentir.
Aie, aie, aie. Y'a plus rien qui va, là. Entre Théodore qui a le cœur brisé, Hermione qui se fait kidnapper et Daphné qui soupçonne fortement Draco et Ginny, les couples font vivre un sale quart d'heure.
Vous vous souvenez, quand je vous disais qu'on allait entrer dans des bails très sombres avec cette histoire ? C'est bon, on y arrive.
On se dit à très vite pour la suite ! En attendant, dites-moi ce que vous avez pensé de ce chapitre !
Peace,
Fearless
