Valeur et vigueur,

Non, non, vous ne rêvez pas, c'est bien moi ! La vie a été très mouvementée ces 6 derniers mois. Comme je vous l'avais annoncé, je me suis mariée (c'est fait !), et cela a pris beaucoup de mon temps. Avec tout ce qu'il y avait à faire, j'ai préféré mettre l'écriture en pause.

Quand il a fallu reprendre, je vous avoue que cela a été trèèès difficile ! L'histoire est devenue un véritable mastodonte, et se replonger dedans nécessite un travail de documentation colossal à chaque fois pour me rappeler tous les détails et éviter les erreurs.

Je me doute que reprendre la lecture pourrait être un défi pour vous aussi, pour les mêmes raisons. Cependant, je suis heureuse de vous dire que ce chapitre est assez léger en intrigues et ne nécessitera pas de se souvenir de nombreux points de l'intrigue. Mais si vous avez du temps (et que vous n'avez rien à faire, qui sait) un peu de relecture pourrait être utile.

Quoi qu'il en soit, je suis ravie d'être de retour et d'avoir repris cette histoire qui me tient tant à cœur.

Un immense merci pour vos commentaires. Je vous suis infiniment reconnaissante de m'avoir suivie jusque-là. En route pour la dernière ligne droite de cette aventure !


Recap des chapitres précédents

- Narcissa a été nommée Gouverneure et PDG de l'entreprise familiale des Malfoy après avoir habilement orchestré un plan de longue haleine pour écarter son mari, Lucius. Elle a élaboré ce complot en collaboration avec son assistante et amante, Allegra McGrath. (Chapitre 56)

- Draco a exercé une pression sur Narcissa pour obtenir la Grâce ministérielle pour Ginny, dans le but de la convaincre de rester en Angleterre. Cette manœuvre faisait partie de sa stratégie pour assurer leur avenir commun. (Chapitres 63 & 64)

- Bill et sa famille ont quitté le pays grâce à l'aide de Narcissa, qui leur a permis de se réfugier en France. Face à un choix déchirant, Ginny a finalement décidé de rester au Royaume-Uni. (Chapitre 64)

- Narcissa a donné son accord pour que Draco et Ginny poursuivent leur relation, mais sous certaines conditions. Draco doit feindre de courtiser Astoria Greengrass, tandis que Ginny, désormais sous la tutelle de Narcissa, continue son espionnage de la Gouverneure Cressida Warrington. (Chapitre 49)

- Lors d'une invitation à un match de Quidditch, Ginny a réussi à subtiliser l'agenda de la Gouverneure, et Narcissa lui a confié la tâche de percer le mystère de son contenu. Ginny a également espionné une conversation privée de la Gouverneure, révélant des informations intrigantes. (Chapitre 58)

- Hermione et Ginny se sont revues brièvement à leur ancien appartement, alors qu'Hermione était en mission pour la Résistance. Leurs retrouvailles ont été marquées par des tensions avant de retrouver un semblant de calme. Ginny ignore toujours l'implication d'Hermione dans l'Ordre du Phénix. (Chapitre 65)

- Tracey Davis, la petite amie de Luna, a été laissée pour morte après avoir été attaquée par Isaac Carrow. (Chapitre 31) Cependant, elle a survécu à l'attaque et a rejoint une faction de la Résistance appelée La Ruée Hostile. (Chapitre 64)

Playlist/Montage à retrouver sur mon profil. Bonne lecture !

LXIX. L'Art et la Manière

Wilhelmina Erland, surnommée Mimi, avait toujours eu un faible pour les belles choses. Depuis sa plus tendre enfance, passionnée d'art, elle observait ses parents, deux artistes excentriques, mener une vie insouciante loin des préoccupations des gens "sérieux et responsables". Ils n'avaient pas été les meilleurs parents du monde, mais ils avaient fait de leur mieux, pour élever Mimi et son frère.

La situation financière de la famille Erland n'avait jamais été particulièrement stable, dépendant entièrement des rares ventes que ses parents réussissaient à réaliser de leurs œuvres. "Être artiste est une vocation, un cri de l'âme. On ne fait pas ça pour l'argent." proclamait son père, un homme singulier mais bienveillant, adoptant un ton légèrement hautain, comme à chaque fois qu'il se comparait aux individus "lambdas, sans créativité."

Mimi, quant à elle, avait grandi avec une vision plus nuancée de la question. Ses parents semblaient trouver un plaisir curieux à incarner le stéréotype des artistes pauvres et incompris, s'opposant à un système "capitaliste et corrompu", agissant comme s'ils étaient investis d'une mission importante, que peu de personnes pouvaient comprendre.

Même si elle-même appréciait le beau, Mimi savait que l'argent était une ressource cruciale – peut-être même la plus importante dans ce monde. La voie professionnelle qu'elle avait choisie et les rencontres qu'elle avait faites au fil de son travail n'avaient fait que renforcer cette conviction.

Mimi travaillait à l'Augurey Magistral, le palace le plus prestigieux de Londres – et probablement du pays – reconnu pour sa magnificence et son luxe démesuré. L'Augurey Magistral n'était pas seulement un hôtel, c'était une œuvre d'art en lui-même. Son architecture impressionnante évoquait la beauté d'antan, sublimée par des détails sophistiqués. Il était évident que la rénovation orchestrée par les Malfoy avait été pensée dans les moindres détails et destinée à préserver le faste d'un lieu autrefois délaissé mais riche d'histoire.

Le bâtiment se dressait fièrement parmi les monuments emblématiques de Londres, symbolisant une grandeur intemporelle. Sa façade en briques beiges était rehaussée de détails sculptés en pierre calcaire, tandis que ses fenêtres à guillotine dégageaient une élégance discrète, abritées derrière d'épais rideaux de velours émeraude.

Aucune dépense n'avait été épargnée lors de cette rénovation. Dès l'entrée, le hall impressionnait le visiteur. Cela commençait par le sol, un somptueux damier d'ardoise et de marbre, brillant de propreté. Les boiseries sombres montaient le long des murs, encadrant des œuvres d'art soigneusement sélectionnées et des portraits des générations passées. Des chandeliers imposants, ornés de cristaux, pendaient du plafond, diffusant une lumière dorée et chaleureuse. Tradition et modernité fusionnaient harmonieusement, consolidant son image et sa réputation d'excellence.

Les chambres de l'hôtel représentaient le summum du confort et de la sophistication. Spacieuses et baignées de lumière naturelle, elles étaient ornées de papiers peints aux motifs subtils et de moquettes épaisses en poils de demiguise et de meubles anciens méticuleusement restaurés. La literie invitait au repos, avec ses matelas épais, ses draps en coton égyptien et ses couvertures moelleuses. Les salles de bains transformaient chaque routine en rituel de détente, grâce à leurs carreaux en céramique artisanale, leurs vastes baignoires et leurs robinets en laiton au fini brillant.

Les salons privés, réservés aux résidents de l'hôtel, étaient de véritables havres de paix. De profonds canapés en cuir entouraient une imposante cheminée en pierre, où les flammes crépitaient doucement. Des étagères débordaient de livres reliés en cuir, promettant des heures de lecture captivante. Le soir, ces espaces s'animaient, devenant un lieu convivial où se détendre autour d'une tasse de thé ou d'un verre de whisky pur-feu d'exception, au son d'un pianiste au toucher délicat ou d'une chanteuse à la voix suave.

L'Augurey Magistral était bien plus qu'un simple lieu de séjour pour les sorciers les plus fortunés : c'était une expérience. Une immersion luxueuse et divertissante, où rien n'était impossible pour les clients. Ce niveau d'excellence était rendu possible par un service impeccable, assuré par un personnel formé à répondre aux attentes des clients les plus prestigieux et exigeants.

L'essence de l'Augurey Magistral ne résidait pas seulement dans sa splendeur architecturale ou son opulence, mais bien dans cet équilibre parfait entre un service de luxe et la discrétion. Les concierges privés, vêtus de costumes sur mesure, étaient toujours prêts à satisfaire les moindres caprices des clients, qu'il s'agisse de réserver une table dans un restaurant étoilé difficile à obtenir ou de retrouver un objet perdu à l'autre bout du pays. Chaque client disposait d'un concierge dédié, chargé d'anticiper ses besoins avant même qu'il ne les exprime. Au cours de son séjour à l'hôtel, Mimi avait assisté à des demandes exubérantes, telles que celle d'un client extrêmement fortuné qui avait loué une chambre pour son Fléreur pendant une semaine, sans même y séjourner lui-même. Il avait simplement souhaité offrir des vacances relaxantes à son animal favori, entouré d'un personnel de cinq personnes incluant un psychomage, un masseur et un cuisinier particulier pour concocter les plats préférés de l'animal.

Les gouvernantes veillaient, quant à elles, à ce que chaque pièce soit dans un état irréprochable. Du pliage précis des serviettes dans les salles de bain aux draps impeccablement tendus, chaque détail était scruté avec une rigueur quasi-militaire. Elles se déplaçaient avec discrétion, s'assurant que chaque espace reste toujours immaculé et accueillant.

Les réceptionnistes, exemplaires de professionnalisme, maîtrisaient parfaitement l'art de l'accueil. Dotés d'une mémoire impressionnante, ils se souvenaient des préférences de chaque invité, les accueillant par leur nom dès leur arrivée et ajoutant une touche personnelle qui enrichissait leur expérience.

Quant aux elfes de maison, leur présence était si discrète qu'on pouvait facilement oublier leur rôle essentiel. Ces créatures dévouées veillaient à ce que tout fonctionne comme par magie, que ce soit pour remplacer un verre de whisky vide ou pour ajuster la température d'une pièce, elles étaient toujours là, en coulisses, pour garantir le bon fonctionnement de l'hôtel.

Seul le personnel formé dans les écoles de service et de conciergerie les plus réputées était embauché, les standards de l'hôtel étant extrêmement élevés. La perfection était la norme et toute déviation de cette norme était inacceptée. La formation, intensive, mettait l'accent non seulement sur les compétences techniques mais aussi sur l'art délicat de servir sans être visible.

L'Augurey Magistral incarnait la quintessence du luxe. Les clients se sentaient comme chez eux, dans un monde où chaque désir était silencieusement et élégamment exaucé. Ils pouvaient ainsi s'offrir une parenthèse enchantée au cœur de l'effervescence de Londres, sortant sans aucun doute sublimés de ce havre de sérénité.

Mimi avait toujours su qu'elle était destinée à travailler dans un tel environnement. Une ancienne superviseure l'avait contactée un an plus tôt pour lui proposer de rejoindre l'équipe qu'elle formait en préparation de l'ouverture de l'Augurey Magistral. La femme avait apprécié la qualité du travail fourni par Mimi dans le passé, lorsqu'elle avait travaillé sous sa supervision dans un autre hôtel. Ravie de cette opportunité, Mimi s'était empressée de postuler.

L'hôtel comptait au total 237 chambres supérieures, dont 40 suites et 15 suites de prestige. Mimi était la première femme de chambre d'une section qui contenait une dizaine de suites à thèmes, toutes inspirées de moments importants de l'histoire du pays ou de grands sorciers illustres. Son rôle était de s'assurer que les femmes de chambres qui lui étaient assignées exécutent leur travail correctement. Elle formait également le nouveau personnel de chambre.

« J'ai entendu dire que Pansy Parkinson va venir demain soir. » entendit Mimi alors qu'elle arrivait au détour d'un couloir de service où deux femmes de chambre se déplaçaient discrètement pour éviter de croiser les clients pendant leur travail.

Bien que les informations concernant la clientèle étaient censées rester confidentielles, il était fréquent que l'hôtel accueille des clients de marque dans les chambres les plus prestigieuses, ce qui générait parfois des ragots et de l'excitation parmi le personnel. Les employées aimaient discuter pendant le séjour d'une personnalité connue, louant ceux qui traitaient le personnel avec respect et générosité ou critiquant ceux qui se montraient désagréables.

Ce n'était pas la première fois que Pansy Parkinson séjournait à l'Augurey Magistral. Elle avait passé quelques jours dans l'une des suites de prestige peu après son ouverture. Cependant, le personnel la connaissait surtout parce qu'elle venait régulièrement rencontrer le directeur de l'hôtel, Draco Malfoy, avec qui elle semblait entretenir d'excellentes relations.

« Elle sera avec un groupe, et ils occuperont la section des Nymphéas Nocturnes pour les deux prochains jours », expliqua la femme.

Naturellement, Mimi était déjà au courant de l'arrivée imminente de Pansy Parkinson et de son groupe. Le Pavillon des Nymphéas Nocturnes, l'une des sections de l'hôtel décorée sur le thème de l'eau et des plantes aquatiques, était particulièrement prisée. Ses tableaux représentant des étangs de nymphéas éclairés sous un ciel nocturne projeté au plafond en faisaient un lieu de séjour très demandé.

« Elvira et Penny, nous avons un planning serré aujourd'hui, et si je ne m'abuse, il vous reste encore plusieurs chambres à préparer. » dit Mimi d'un ton ferme, surgissant de l'ombre.

Les deux employées sursautèrent à cette interruption et échangèrent des regards embarrassés avant de hocher la tête avec empressement.

« Tout de suite, Miss Erland. » répondit l'une d'elles.

Les deux femmes se hâtèrent de reprendre leur travail, entrant dans la suite suivante pour la préparer. En fin de matinée, Mimi effectua sa tournée habituelle pour s'assurer que tout était en ordre. Pour la suite adjacente à celle de Pansy Parkinson, la responsable des réservations avait laissé une note spéciale à Mimi, demandant que certains aménagements soient réalisés.

D'un air rêveur, Mimi observait les innombrables fleurs disposées tout autour de la suite. L'endroit, déjà magnifique, se voyait sublimé par cette décoration florale. C'était un service que l'hôtel offrait pour les grandes occasions. Un client aisé souhaitant célébrer un anniversaire de mariage ou un événement spécial demandait souvent à ce que la suite soit décorée avec élégance et romantisme. Mimi, en collaboration avec des créateurs floristes, veillait à concocter des arrangements floraux impressionnants pour parer la suite. Elle choisissait avec soin chaque fleur afin de créer une ambiance olfactive et visuelle unique, avec des couleurs et des parfums méticuleusement sélectionnés.

Mimi parcourait consciencieusement la suite pour s'assurer que tout était parfaitement en place, son œil aguerri ne laissait échapper aucun détail. Elle vérifiait le gigantesque bouquet de roses rouges soigneusement disposé sur la table basse, encadré de délicates pivoines blanches et de brins de lavande. L'arôme envoûtant des roses combinées à la douceur de la lavande remplissait l'air, instillant une sensation d'apaisement et de romantisme absolu.

Elle s'approcha de la grande fenêtre pour ajuster le cordon des longs rideaux de mousseline qui tombaient gracieusement de chaque côté, veillant à ce que le nœud soit parfait. La fenêtre offrait une vue imprenable sur l'extérieur, notamment sur le balcon où des chandelles parfumées attendaient d'être allumées, promettant une atmosphère encore plus enchantée. Continuant son inspection, Mimi ressentit une pointe de mélancolie, pensant à la chance de cette cliente mystérieuse d'être ainsi aimée. La personne qui avait organisé cela, probablement son mari, devait l'aimer profondément, imaginait-elle.

Elle prenait plaisir à créer une ambiance mémorable pour les résidents, orchestrant les surprises, toujours personnalisées et originales, avec attention. C'était l'un des aspects de son travail qu'elle chérissait le plus. Toutefois, cela lui rappelait un aspect moins joyeux de sa vie : sa propre solitude. Son cœur était souvent lourd; elle pensait à son désir de vivre un amour aussi intense. Ses expériences passées avec les hommes étaient loin d'être des contes de fées, et aucun n'avait jamais eu la délicatesse de lui offrir ne serait-ce qu'un bouquet de fleurs.

Vers onze heures du matin, une fois sa première inspection des chambres terminée, Mimi se dirigea vers la salle de pause des employés, où résonnait une radio. Elle reconnut une voix familière.

« Chères auditrices, n'oubliez pas que vous avez la possibilité de recevoir en avant-première les produits de ma nouvelle collection intitulée ''Au Bonheur des Sorcières'', une collection destinée au plaisir des femmes. Entre sensualité et désir, tous vos fantasmes seront réalisés. N'oubliez pas de répondre à la question en fin d'émission pour peut-être être sélectionnée et recevoir la gamme complète ! J'organise également un pop-up store dans deux semaines dans un lieu surprise à Londres. Vous pouvez réclamer des tickets pour cet événement en remplissant le formulaire du Sorcière-Hebdo de cette semaine. Faites vite, car les places sont limitées ! » clama Pansy Parkinson avec une voix enjouée.

Mimi se rappela mentalement que, une fois rentrée chez elle, elle devrait remplir le formulaire. Abonnée à Sorcière-Hebdo et consommatrice régulière des produits recommandés par Pansy dans son émission radio ''Il était une fois… La Sorcière'' elle ne voulait pas manquer cette occasion.

« Revenons à nos niffleurs. Qui est à l'antenne ce matin ? » demanda Pansy.

« Valeur et vigueur, Pansy ! Mon nom est Vera. J'ai 28 ans et je suis propriétaire d'un salon de coiffure à Leeds. »

« Bienvenue à l'antenne, Vera. C'est un plaisir de vous recevoir. Pourquoi me contactez-vous aujourd'hui ? Dites-moi tout. »

« Eh bien, je suis en couple depuis près de neuf mois avec mon compagnon actuel. Et depuis que j'écoute vos conseils, je me suis rendue compte qu'il ne me gâte absolument pas. J'ai le sentiment qu'il fait peu d'efforts pour entretenir notre relation. » exprima Vera, sa frustration perceptible à travers le poste de radio. « Je tiens beaucoup à lui et j'aimerais vraiment que notre relation fonctionne, mais je ne peux pas m'empêcher d'être frustrée. »

« Qu'entendez-vous par peu d'efforts ? » demanda Pansy.

« Eh bien, je suis toujours celle qui doit organiser nos sorties en couple. Rendez-vous, restaurants, activités. Je suis toujours celle qui prend les initiatives et qui les prend en charge financièrement. Je sais qu'il a des raisons valables pour ne pas pouvoir le faire autant que je le souhaiterais, mais il ne fait tout simplement rien. Tenez, par exemple, c'était mon anniversaire il y a un mois et il n'a rien préparé pour l'occasion. Pas de sortie, ni de cadeaux, même pas une seule carte ! De mon côté, j'aime beaucoup lui faire des cadeaux. Je lui ai offert une très belle montre récemment et j'aurais aimé qu'il fasse une belle attention également, au moins pour mon anniversaire. Je sais qu'il a des circonstances atténuantes mais tout de même… » expliqua Vera avec tristesse.

« Vous avez mentionné qu'il a des raisons valables d'agir de cette manière. Quelles sont ces circonstances atténuantes, exactement ? »

« Eh bien, il a perdu son emploi il y a quelques mois et s'est retrouvé dans une situation financière difficile. Depuis, il ne parvient pas à retrouver une autre activité, mais entre nous, je n'ai pas l'impression qu'il cherche vraiment. » expliqua Vera.

Mimi entendit Pansy pousser un long soupir consterné.

« Merci pour cette clarification. Alors, après qu'il ne vous a rien offert pour votre anniversaire, comment avez-vous réagi ? Lui avez-vous dit quelque chose ? »

« J'ai été tellement déçue et surprise que ça a dû se voir sur mon visage. Il m'a demandé ce qui n'allait pas et je lui ai fait part de ma déception. »

« Et comment a-t-il réagi à cela ? »

« Il a dit qu'il préférait garder l'argent pour des projets futurs plus importants pour nous, tels qu'acheter une maison ou préparer un mariage, et qu'il ne voulait pas le dépenser dans des futilités. » expliqua Vera.

Pansy laissa échapper une exclamation, clairement moqueuse.

« À cause de sa situation, j'ai proposé de l'aider à se remettre sur pied et il a emménagé chez moi. » continua Vera.

Pansy émit un gémissement mécontent à l'écoute de cette réponse. Mimi savait que la femme allait probablement recevoir des remontrances, car cela allait à l'encontre des conseils que Pansy donnait habituellement concernant les relations.

« Et il participe financièrement aux dépenses ? » interrogea Pansy.

« Je prends en charge les frais, puisqu'il est dans une position délicate. Cependant, il a contribué à l'achat de quelques meubles après son arrivée. » répondit Vera.

« Vera, me dites-vous que cet homme ne participe pas au loyer ou au remboursement de votre prêt immobilier ? Ni même aux factures ? » s'indigna Pansy.

« Pas vraiment. » répondit Vera d'une voix timide.

« Bon, je crois que j'ai assez entendu. Je vais aller droit au but, Vera. Vous jouez le rôle d'une mère pour cet homme, ce qui est une très mauvaise idée si vous envisagez réellement de construire quelque chose de sérieux avec lui. Je sais que certaines femmes choisissent consciemment de prendre ce rôle, et c'est leur choix personnel que je respecte tout à fait. Mais d'après ce que j'entends, ce n'est clairement pas votre cas, car cela vous dérange. » expliqua Pansy. « Vous êtes amoureuse de cet homme ? »

« Oui. J'ai été beaucoup déçue par le passé et je sortais d'une longue période de célibat lorsque je l'ai rencontré. » expliqua Vera. « Et maintenant que j'approche de la trentaine, l'idée de devoir recommencer me fait peur. »

« Ôtez-vous immédiatement cette idée de la tête, Vera. À vous et à toutes mes auditrices, arrêtez de penser qu'en raison de votre âge, vous devez accepter tout et n'importe quoi pour éviter la solitude ou céder à la pression de votre prétendue horloge biologique. Sinon, certains hommes en profiteront. » conclut-elle avec un soupir lourd de sens.

Elle lâcha un soupir à fendre l'âme.

« Ce type ne fait rien. Ne vous offre rien. Il a même l'air d'un parasite, si nous sommes honnêtes. Qu'est-ce que vous lui trouvez, exactement ? » demanda Pansy.

« Eh bien, il m'apporte beaucoup de soutien et d'affection. Mon travail est parfois très prenant et stressant. Son attention m'aide beaucoup à gérer cela. » expliqua l'auditrice.

« Donc pendant que vous travaillez dur pour subvenir à vos besoins et aux siens, Monsieur vous rembourse avec des mots doux et quelques coups de rein ? » demanda Pansy d'un ton sarcastique.

Mimi lâcha un petit rire à la remarque directe. Pansy était parfois vraiment hilarante.

« Je vous rappelle que nous vivons dans un monde où les femmes sont désavantagées. Vous devez faire vos preuves tous les jours, vous avez même réussi à être une entrepreneuse à succès et vous ramenez chez vous un bon-à-rien qui n'est pas capable du minimum syndical pour lui-même ? Réalisez-vous à quel point cet homme a la belle vie ? Vous travaillez pour lui, vous vous épuisez pour lui. Il est soi-disant là pour vous émotionnellement, et pourtant, il est incapable de vous offrir un cadeau d'anniversaire ? Même une petite attention qui ne coûte rien ? C'est consternant. »

On entendit un feulement désespéré à travers le poste de radio.

« J'évoque souvent les erreurs que les femmes doivent éviter dans leurs relations, surtout au début. Et vous avez commis la plupart d'entre elles, Vera. Beaucoup d'entre vous se font malheureusement leurrer par l'attention qu'on vous donne. Il est facile et gratuit pour un homme de sortir des belles phrases, de vous complimenter, de vous faire des promesses vides de sens pour obtenir ce qu'il veut. Ça ne leur coûte pas un sou et beaucoup d'hommes utilisent cela pour vous berner au lieu de vous montrer des preuves concrètes de leur engagement. Votre homme parle d'acheter une maison et de se marier alors qu'il n'est pas fichu de payer la facture du service de cheminée ? Il mise sur votre portemonnaie et votre énergie, pauvre Vera. »

« Maintenant que vous le dîtes de cette manière… » commença l'auditrice.

« J'entends des cuisses qui se décroisent trop souvent et trop vite pour des hommes qui ne vous ont rien prouvé de concret. A moins de chercher exclusivement du sexe, évitez ces hommes qui ont peu d'argent mais beaucoup d'entrejambe. Vous savez ce qui est plus difficile à obtenir de nos jours ? De la sécurité. Une protection. Un homme qui va travailler dur pour s'assurer que vous et vos marmots ayez tout ce dont vous avez besoin. Apprenez à valoriser les actes plutôt que les paroles, cela vous évitera bien des problèmes à l'avenir. Un homme doit vous apporter de la sécurité émotionnelle, physique et financière. Pas seulement de l'attention. » conclut Pansy avec virulence.

« Vous voulez que je vous dise ce qui va vous arriver si vous continuez ainsi avec ce type ? Si vous faites l'erreur de vous engager sur le long terme avec lui parce que vous avez peur de devoir recommencer à cause de votre âge ? Je peux vous raconter cette histoire, car elle remplit les lettres que je reçois chaque jour d'autres femmes comme vous. Vous allez endosser toute la charge mentale de votre couple : financière, émotionnelle, logistique. Vous allez devoir vous occuper de la plupart des tâches liées à votre foyer et à vos enfants lorsque vous en aurez. Et vous n'aurez pas de temps ni d'énergie pour votre propre bien-être ou vos loisirs personnels, car ces choses seront sacrifiées au profit de vos enfants et de Monsieur, qui sera au final comme un autre enfant à votre charge. Comment se sentir féminine dans un tel couple ? Vous allez finir fatiguée, aigrie et perdre tout votre éclat, Vera. Il aura volé votre jeunesse et vos meilleures années sans offrir de contrepartie. Il sera même difficile pour vous de le respecter mais vous aurez peur de le quitter à cause de ce que vous avez investi. » continua gravement Pansy.

« Et vous savez le pire dans cette situation ? C'est qu'à un moment, et c'est le cas dans 90 % de ce genre de relations, monsieur ira chercher une femme avec qui il pourra vraiment se sentir comme un vrai homme. Car même si cela n'était pas délibéré, vous l'aurez émasculé. Vous avez fait tout ça par amour, mais il ne le verra pas ainsi. Alors, oui, il ira voir ailleurs, vers une femme qui lui demandera ce que vous ne lui avez jamais demandé. Et comme il aura économisé ses propres ressources, il ira les dépenser sur cette dame. Une femme qui sera probablement plus jeune, avec un corps plus ferme puisque le vôtre ne le sera probablement plus après avoir bravé la mort et avoir détruit votre vagin pour lui pondre deux ou trois enfants. Une femme qui ne verra pas le déchet qu'il est vraiment. »

Mimi écarquilla les yeux. Pansy ne s'adressait pas elle, mais la virulence de ses paroles la touchait presque.

« Certaines personnes diront que j'exagère, mais je ne fais que dire ce que je vois trop souvent dans la vie de mes auditrices. Les débuts d'une relation sont primordiaux, c'est ce qui construira la fondation de votre couple sur le long terme. N'acceptez pas un homme qui arrive avec les mains vides, surtout quand vous avez bravé des épreuves et avez réussi à obtenir un bon statut et un style de vie. Je ne parle pas nécessairement d'un homme riche, mais d'un homme généreux. Un pourvoyeur. Notez bien la différence entre les deux. Un homme peut ne pas gagner beaucoup mais peut quand même être généreux avec vous, dans la limite de ses moyens. Et c'est plus précieux que tout. N'oubliez pas, mesdames, que l'amour et l'affection ne remplissent pas les comptes en banque ! »

Une page de publicité interrompit son écoute attentive. Pansy avait le don de captiver son auditoire avec ses paroles. Mimi suivait fidèlement ses chroniques. Malheureusement, elles ne lui avaient pas encore permis de trouver l'homme de ses rêves, mais elle gardait espoir.

Elle remonta à l'étage, se dirigeant vers l'une des suites habituellement réservées à l'une des propriétaires de l'hôtel et fermée aux autres clients ; seuls quelques employés, dont Mimi, pouvaient y accéder pour veiller à ce que tout soit en ordre.

En entrant dans la suite, Mimi se dirigea vers la chambre et inspecta une partie de la garde-robe où certains vêtements et accessoires étaient exposés. Cette suite était régulièrement utilisée par Narcissa Malfoy, surtout pour des rendez-vous d'affaires dans le coin salon et le bureau de la suite.

Parfois, elle y passait également la nuit, sûrement après des réunions prolongées. Après tout, l'hôtel appartenait à sa famille. Depuis qu'elle était devenue Gouverneure, Mrs Malfoy venait rarement à l'hôtel. Mimi supposait qu'elle devait être très occupée.

Mimi avait toujours été fascinée par la garde-robe de la suite personnelle de Mrs Malfoy. À chaque visite clandestine, elle s'émerveillait devant une mer de tissus luxueux. Elle échangea rapidement son uniforme contre un élégant tailleur beige de créateur. En ajustant la tenue, Mimi se demanda ce que pouvait bien contenir la garde-robe personnelle de Narcissa chez elle. Elle frissonna de plaisir une fois le tailleur enfilé. Le toucher du tissu de qualité sur sa peau lui rappelait pourquoi elle prenait le risque de s'introduire clandestinement dans la suite pour essayer ces vêtements. Mimi enfila ensuite une paire d'escarpins vernis, légèrement trop grands, avant de se contempler dans le miroir. Elle sourit en voyant le résultat. Bien qu'elle soit loin de posséder la prestance de Narcissa Malfoy, dont les vêtements épousaient parfaitement le corps, Mimi eut l'impression de se transformer en une autre personne.

Parfois, elle aimait imaginer ce que ce serait de vivre comme Narcissa Malfoy. Elle s'examina sous toutes les coutures, se perdant dans l'idée d'être l'élégante et charismatique propriétaire des lieux. Elle inspira profondément et se dit : « Pansy Parkinson dit toujours que rêver un peu ne fait pas de mal. » Elle ajoutait parfois que la désillusion pouvait aussi être un moteur de motivation.

Mimi se dirigea vers le minibar avec une élégance feinte, imitant la démarche des grandes aristocrates. Elle se servit d'hydromel, savourant chaque gorgée comme si elle buvait le nectar des Treize Sacrés.

« Je suis Wilhelmina Erland, maîtresse et propriétaire de l'Augurey Magistral. » déclara-t-elle avec emphase, jouant avec ses expressions comme si elle s'adressait à une foule d'admirateurs venus pour l'acclamer.

Animée par cette fantaisie, elle retourna au dressing pour essayer une nouvelle tenue. Cela faisait plusieurs semaines qu'elle n'avait pas visité ce lieu et elle remarqua immédiatement les nouvelles acquisitions. Une somptueuse robe de cocktail bleue captura son attention. Elle la saisit avec un enthousiasme palpable, impatiente de l'essayer. Cependant, avant même qu'elle puisse commencer à se changer, un bruit soudain la fit sursauter. On venait d'ouvrir la porte de la suite. Gelée sur place, elle se demanda s'il s'agissait des elfes de maison ou d'un autre membre du personnel.

Sa question fut rapidement répondue lorsqu'elle entendit deux voix féminines dans la pièce principale. Elle reconnut l'une d'elles comme étant celle de Narcissa Malfoy, la propriétaire de l'hôtel. Mimi étouffa un juron, paniquée. Normalement, les visites de Narcissa étaient prévues à l'avance pour que la suite soit prête pour son arrivée. Ce matin-là, Mimi avait même vérifié l'agenda pour s'assurer qu'aucune visite n'était programmée. Était-il possible que Mrs Malfoy ait prévenue de sa venue à la dernière minute ou qu'elle soit venue pour une urgence ?

Face à un autre employé, Mimi aurait pu improviser une excuse pour justifier sa présence. Mais que dire face à la Gouverneure elle-même ? Prise de panique, elle se glissa derrière un portant chargé de vêtements suffisamment volumineux pour la dissimuler complètement. Elle resta là, immobile et silencieuse, écoutant les pas et les voix qui se rapprochaient.

Après quelques minutes d'attente anxieuse, Mimi risqua un regard entre deux vêtements pour observer la scène dans la chambre. Son regard tomba sur Narcissa Malfoy et une autre femme, Allegra McGrath, l'assistante personnelle de Narcissa. Mimi supposa qu'il s'agissait peut-être d'une réunion d'affaires. Cependant, il lui semblait étrange que celle-ci se tienne dans la chambre plutôt que dans la pièce principale de la suite, équipée d'une grande table de réunion. Un autre détail la troubla : la proximité des deux femmes, bien trop intime pour être considérée comme professionnelle ou même appropriée.

Les yeux de Mimi s'écarquillèrent lorsque Narcissa s'approcha d'Allegra d'un pas décidé et l'embrassa passionnément. Sous le choc, Mimi retint un juron, submergée par un flot de pensées contradictoires qui la laissèrent totalement désorientée.

Elle avait du mal à croire que Narcissa Malfoy, une femme mariée, membre des Treize Sacrés et Gouverneure de surcroît, se trouve dans une telle position compromettante avec son assistante, qui était également une femme. Dans son travail, Mimi avait vu sa part de situations étonnantes, mais la scène devant ses yeux dépassait tout ce qu'elle pouvait imaginer.

Elle se mordit la lèvre, incertaine de la conduite à adopter. Devait-elle révéler sa présence, s'excuser pour cet affreux malentendu afin de quitter la pièce et éviter de voir ce qui allait probablement suivre ? Après tout, si elle était découverte en train d'espionner, la situation pourrait devenir catastrophique.

Mimi n'avait aucune excuse plausible pour justifier sa présence dans la suite, et encore moins dans le dressing, dissimulée parmi des vêtements, chacun coûtant plus que son salaire mensuel. Les rares interactions qu'elle avait eues avec Narcissa Malfoy lui avaient montré que cette dernière ne prenait pas les choses à la légère. Derrière son apparence calme, se cachait une femme exigeante et intransigeante.

Absorbée par son dilemme, Mimi ne remarqua pas immédiatement que les deux femmes s'étaient dirigées vers le lit, disparaissant ainsi de son champ de vision. Poussée par un mélange de curiosité et d'appréhension, Mimi se glissa silencieusement le long du mur du dressing. Son regard fut attiré par un grand miroir adossé au mur, reflétant parfaitement les deux femmes.

Emportée par un élan de folie, Mimi décida de rester sur place.

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« N'hésitez pas à actionner cette cloche si vous avez la moindre requête. Un membre de notre personnel se présentera pour vous assister. » annonça un homme à la voix pompeuse à l'attention de Ginny. « Bon séjour, Miss Weasley. »

L'homme fit une révérence polie de la tête avant de quitter la pièce d'un pas raide, laissant Ginny seule. L'inconnu, qui s'était présenté sous le nom d'Agrippus, était apparemment un concierge de l'Augurey Magistral qui lui serait personnellement assigné pour les deux prochains jours. Il s'engageait à arranger chacune de ses demandes, des plus simples aux plus farfelues, un service spécial réservé aux clients exclusifs de l'établissement.

Ginny observa la suite autour d'elle, émerveillée par la splendeur du lieu. Elle connaissait bien l'Augurey Magistral, où elle avait passé d'innombrables soirées lors de ses rencontres clandestines avec Draco. Elle avait pris l'habitude de le rejoindre dans un salon privé de l'établissement pour lui faire part de l'avancement de sa mission auprès de la Gouverneure Warrington. Au fil des mois, alors que leur relation évoluait d'un arrangement purement professionnel à une liaison tumultueuse et passionnée, Ginny avait commencé à fréquenter de plus en plus souvent le bureau de Draco.

Ces derniers temps, à la demande de Narcissa Malfoy qui exigeait une discrétion absolue concernant leur relation, Ginny avait cessé de se rendre aussi régulièrement à l'Augurey Magistral pour ne pas attirer les foudres de la Gouverneure Malfoy.

Malgré sa familiarité avec certaines parties de l'hôtel, Ginny n'avait jamais vu les chambres réservées aux clients avant ce jour. Elle avait été stupéfaite en découvrant la suite qui l'accueillerait pendant les prochains jours.

Les hauts plafonds et leurs moulures détaillées témoignaient de l'ancienneté du bâtiment, mais les récentes rénovations avaient ajouté une touche de modernité. Elle savait que l'hôtel avait une histoire riche. Il avait été érigé sous la direction de Wilhelmina et Janius Bagshot, un couple d'archimages célèbres, mais une grande partie du bâtiment avait brûlé durant le Grand Conflit. Abandonné pendant près de deux siècles et placé sous la tutelle du Ministère, il avait finalement été acquis par les Malfoy lors d'une vente aux enchères. Ils avaient consacré des années à rénover l'endroit pour en faire le plus somptueux des palaces du pays, réservé à une clientèle exclusive et fortunée.

C'était Allegra McGrath, l'assistante personnelle de Narcissa, qui avait fait découvrir l'endroit à Ginny et à Caractacus Burke l'année précédente. Ils étaient venus concocter des potions à l'occasion de l'inauguration de l'hôtel, occasion lors de laquelle Narcissa avait insisté pour offrir à ses invités un cadeau unique et prévenant : un Élixir Anti-Sommeil, une potion ardue à réaliser.

L'architecture de l'ensemble du bâtiment mélangeait subtilement cette fusion d'ancien et de nouveau. Ginny ne doutait pas que Narcissa Malfoy avait fait appel aux meilleurs experts de chaque domaine pour redonner à l'endroit toute sa splendeur d'antan. Les murs de la suite étaient ornés de tapisseries chaudes au toucher velouté, agrémentées d'œuvres d'art soigneusement encadrées qui rappelaient le charme de l'Angleterre d'avant-guerre. Des éclats de lumière dorée émanaient d'un lustre en cristal délicatement ouvragé, jouant sur les reflets des miroirs disposés habilement pour agrandir l'espace.

Ginny s'approcha d'une large fenêtre cintrée offrant une vue panoramique sur la skyline de Londres. Elle se perdit un moment dans la contemplation de la ville qui commençait à s'illuminer à la tombée de la nuit. Un doux parfum d'encens, mélangé à l'odeur de roses fraîches, embaumait la pièce, créant une atmosphère sereine et accueillante. Sur une table basse, un plateau d'argent portait une bouteille d'hydromel et une assiette de mignardises. À côté, une carte écrite à la main portait le message suivant :

Ginevra,

Félicitations pour ta Grâce Ministérielle. J'ai pensé que tu aimerais partager ce moment avec tes proches. Profite-en bien.

D.

La carte était directe et sans fioriture, à l'image de Draco, qui n'était pas du genre à s'étendre en paroles. Le message restait neutre, ne donnant aucun indice aux employés qui pourraient la lire sur la véritable nature de leur relation. Quelques jours plus tôt, Draco lui avait annoncé avoir organisé une surprise en son nom et lui avait demandé de se préparer pour un court séjour dans un lieu mystérieux. Sa curiosité n'avait fait qu'augmenter lorsqu'il lui avait conseillé d'inviter ses amis proches. Jamais elle n'aurait imaginé que Draco lui organiserait un week-end à l'Augurey Magistral en leur compagnie. Une diligence de l'hôtel était venue les chercher personnellement pour les conduire à destination.

Ginny entendit une sonnerie douce et agréable – celle de la suite – et s'empressa d'ouvrir la porte. Son visage s'illumina en voyant Luna Lovegood et Neville Londubat.

« Et moi qui pensais que notre suite était superbe. La tienne est encore plus incroyable, Gin. » s'exclama Neville, émerveillé, en scrutant les alentours.

Ginny leur fit visiter la suite, qui ressemblait davantage à un gigantesque appartement.

« Je n'ose même pas imaginer le prix de ces chambres. Une nuit ici doit coûter le montant de mon loyer mensuel. » commenta Neville, bouche bée.

Ginny esquissa un sourire et hocha la tête sans vraiment répondre. Elle savait que les tarifs de l'Augurey Magistral commençaient à cinq cents gallions la nuit pour une chambre standard, et que les suites coûtaient deux à trois fois plus, selon le type. Ce séjour était un cadeau extrêmement généreux de la part de Draco, et Ginny en était parfaitement consciente.

« On ne peut pas rivaliser avec tes nouveaux amis riches, Ginny. » commenta Luna d'une voix rêveuse, fixant un sablier posé sur un meuble.

« Ne dis pas de bêtises, Luna. » rétorqua Ginny aussitôt. « Les personnes qui comptent pour moi sont ici, avec moi. »

Ginny leur expliqua simplement que cette opportunité lui avait été offerte grâce à son travail avec Pansy. Conscients de la fortune et de la notoriété de cette dernière, ils n'avaient pas posé plus de questions, semblant accepter son explication.

Luna lui répondit par un sourire éclatant.

On frappa de nouveau à la porte, et Neville s'empressa d'aller l'ouvrir. Son expression se transforma en étonnement pur en voyant Pansy Parkinson entrer. D'un pas assuré sur ses talons vertigineux, elle arborait une longue jupe rose fuchsia en tulle, transparente à partir de la mi-longueur, et une blouse à col bénitier noire et sophistiquée.

Pansy serait aussi de la partie pour ce week-end spécial organisé pour Ginny. Draco avait sans doute pensé que sa présence serait une bonne idée, et Ginny lui en était intérieurement reconnaissante. Pansy, toujours à l'aise, pourrait certainement aider ses amis à se sentir moins intimidés par ce milieu élitiste. Ginny se demandait comment les interactions se dérouleraient, Pansy ayant une personnalité très marquée et Luna étant, à sa manière, tout aussi originale. Neville, quant à lui, semblait complètement intimidé par la jeune femme. Il la fixait d'un air ahuri, la bouche ouverte. Ginny lui murmura que s'il ne prenait, pas garde, un Botruc risquait de s'y faufiler. Rouge d'embarras, Neville ferma rapidement la bouche et détourna le regard.

Les présentations entre Pansy et Luna furent mémorables. Avec son sens du style impeccable, Pansy ne put s'empêcher de commenter la tenue de Luna, qui était, comme toujours, assez excentrique. Luna arborait une tunique jaune ornée d'épaulettes bouffantes, accompagnée d'une jupe violette aux bords garnis de faux poils d'oiseau — une combinaison qui serait probablement difficile à apprécier pour la fashionista qu'était Pansy.

« Ginny m'a dit que tu étais Médicomage. Merci pour ton engagement à sauver des vies. En revanche, il va vraiment falloir quelque chose pour ton style, ma chère. Ne t'inquiète pas, mon styliste trouvera quelque chose pour toi ce week-end. » assura Pansy d'un air sérieux, comme si elle était investie d'une mission des plus importantes.

Alors que la proposition directe de Pansy aurait offensé plus d'uns, Luna ne sembla pas se vexer. Bien au contraire, elle sembla accueillir l'idée avec amusement et curiosité. Pansy se tourna vers Neville qui avait rougi, visiblement intimidé.

« Et tu dois être Nevin, c'est bien ça ? » demanda Pansy, concentrée, essayant de se rappeler les détails que Ginny lui avait fournis.

« Euh… Oui… Enfin, non. Mon nom est… euh… Neville. » se rattrapa Neville, les joues encore plus rouges.

« C'est un plaisir de te rencontrer. Merci d'avoir contribué au succès de mon vingt-cinquième anniversaire. Ginny m'a dit que tu avais réalisé la composition florale à la dernière minute. » lui dit-elle.

Lors de son anniversaire l'année précédente, Pansy avait organisé un dîner intime avec ses amis proches. Le fleuriste initial, qui devait décorer l'appartement de Pansy avec des fleurs spéciales, avait annulé à la dernière minute à cause d'un incendie dans sa boutique, plongeant Ginny et Romilda Vane dans une situation désastreuse. Ginny avait alors eu l'idée de contacter Neville, qui travaillait dans une boutique de botanique. Il avait réussi à fournir des fleurs différentes mais suffisamment semblables pour que Pansy ne remarque pas la différence, sauvant ainsi la soirée. Pansy était extrêmement exigeant.

« Je… Je vous en prie. » balbutia Neville, visiblement flatté d'être remercié et reconnu.

« Ginny me parle souvent de vous deux. Je suis ravie de pouvoir enfin mettre des visages sur des noms. » poursuivit Pansy d'un ton enjoué.

« Le plaisir est partagé. C'est un honneur de vous rencontrer. » assura Neville, sans se départir de son air impressionné.

Remarquant que Neville était intimidé, Pansy déclara d'un ton décontracté :

« Pour l'amour de Voldemort, ne sois pas si timide. Et par pitié, tutoie-moi. Je sais que je peux sembler encore plus impressionnante en personne, mais crois-moi, je suis tout à fait normale, au final. Enfin... si on fait abstraction du fait que je ne mange pas de glucides, que je n'utilise pas de matières synthétiques et que je me baigne exclusivement dans de l'eau minérale. » ajouta-t-elle après une brève réflexion.

« C'est une excellente initiative. Manger trop de glucides peut provoquer des éruptions de bulles glacées. Les doxys adorent les voir éclater car elles libèrent une fumée dont ils raffolent. C'est pour cette raison que certaines résidences sont autant infestées de doxys. Beaucoup de mes patients s'en plaignent, mais ils ignorent que leur régime alimentaire est la cause principale de cette infestation. » expliqua Luna.

« Par Voldemort, enfin quelqu'un qui me comprend. » commenta Pansy, ravie. « J'essaie de persuader tout mon entourage d'arrêter d'en consommer, mais on m'accuse d'avoir des troubles alimentaires en retour. »

Elle leva les yeux au ciel avant de se tourner vers Ginny, un éclat de malice dans le regard.

« Assez parlé de bêtises, c'est pour toi que nous sommes ici aujourd'hui, chaton. Portons un toast à cette occasion. » ajouta-t-elle. « Et nous avons tant de choses prévues nous allons nous amuser comme des fous. »

Elle claqua des mains avec enthousiasme. Aussitôt, la porte s'ouvrit et un employé entra dans la suite, poussant un chariot garni de deux bouteilles d'hydromel, de petits fours variés et de fruits frais découpés. L'homme agita sa baguette, et les bouteilles s'élevèrent pour remplir les verres avant de les léviter vers les invités. Ginny attrapa le sien au vol.

« Félicitations, Ginny ! » lança Pansy, d'humeur joyeuse. « Quelqu'un veut dire quelques mots ? »

« Je veux bien le faire. » se proposa aussitôt Luna, pleine d'enthousiasme.

Elle s'avança d'un pas solennel, se raclant la gorge avant de lever son verre en direction de Ginny. Neville sembla réprimer une grimace, comme s'il s'attendait à un désastre. Connaissant le côté décalé et imprévisible de Luna, il appréhendait probablement la réaction de Pansy. Ginny, quant à elle, esquissa un sourire en coin face à sa réaction. Son ami ignorait que Pansy était tout aussi excentrique que Luna, bien que dans un style tout autre. Ginny était impatiente que ses amis s'en rendent compte.

« Ginevra Margaret Weasley. » commença Luna d'un ton solennel. « Nous n'avions que onze ans lors de notre première rencontre à Néréide. Et pourtant, le premier souvenir que j'ai de toi, c'est lorsque tu es intervenue pour me défendre quand une brute m'a lancé une bombabouse. Tu lui as lancé un sort de Renvoi qui l'a frappé en plein visage. Dès cet instant, j'ai su que tu étais quelqu'un de spécial et que tu irais très loin dans la vie. »

Un sourire se dessina sur le visage de Ginny en se remémorant le souvenir de leur première rencontre, plus d'une décennie plus tôt.

« Tu as toujours été une amie extraordinaire pour moi et pour Neville. Alors que beaucoup nous jugeaient, tu as vu au-delà des apparences et tu nous as appréciés et respectés tels que nous sommes. Tu es incroyablement généreuse et tu partages toujours ton bonheur avec ceux qui t'entourent. Tu as été présente dans les moments les plus difficiles de nos vies, même lorsque tu avais toi-même tes propres problèmes. Je ne suis pas surprise que tu aies obtenu cette Grâce Ministérielle. Tu le mérites vraiment. Je suis heureuse que d'autres puissent reconnaître à quel point tu es spéciale, et te voir comme je te vois – une femme exceptionnelle. »

Les mots de Luna émurent profondément Ginny. Elle savait qu'elle n'avait pas toujours été l'amie la plus présente ces derniers mois, occupée qu'elle était par ses engagements dans le monde complexe des Sang-Purs. Entendre ces mots de son amie la rassurait.

Ginny s'était efforcée de compenser et d'être davantage présente pour eux, depuis. Son conflit avec Hermione et la situation qui avait suivi avait été le catalyseur de ce déclic. Luna, en particulier, avait eu besoin de beaucoup de soutien après la disparition de sa petite-amie.

« Merci, Luna. » murmura Ginny avec un sourire, les yeux embués.

« Toi et mon père, graciés. Je n'arrive pas à croire que deux personnes aussi proches de moi aient reçu une Grâce Ministérielle. C'est presque impossible. Statistiquement, j'ai plus de chances d'être écrasée par un troupeau d'éruptifs en chaleur et de survivre, ou de gagner un duel contre un loup-garou lors d'une nuit de pleine lune. Ou de… » énuméra Luna avec un sérieux déconcertant.

« On a compris, Luna. » l'interrompit gentiment Neville. « C'est très rare. »

Ginny étouffa un rire. À cet instant précis, elle se rendit compte à quel point elle était heureuse d'avoir choisi de rester en Angleterre après le dilemme que lui avait présenté Narcissa Malfoy. Au-delà de sa relation avec Draco, la présence de ses amis apportait une lumière indescriptible à sa vie. Il lui avait été facile de se laisser aller à la morosité après le départ de sa famille, mais chaque jour, elle sentait que le vide et la douleur s'atténuaient grâce au soutien de ses proches.

Ces dernières semaines lui avaient montré que la vie qu'elle avait construite au fil des années était riche et solide, malgré les circonstances. Elle aurait aimé qu'Hermione soit aussi présente parmi ce cercle d'amis proches. Néanmoins, Ginny était heureuse d'avoir nterré la hache de guerre avec elle. Leur récent échange dans leur ancien appartement avait été particulièrement tendu, et, pendant un moment, elle avait cru qu'Hermione pourrait l'attaquer. Depuis, Ginny avait pris du recul sur la situation et réalisé que les choses n'étaient pas aussi simples qu'elles paraissaient.

« Oh, et j'ai oublié de mentionner que Ginny fait les meilleures pâtisseries que j'ai jamais goûtées. Ça n'a aucun lien avec ce que j'ai dit précédemment, mais je tenais à le mentionner. » ajouta Luna avec enthousiasme.

Ginny se dirigea vers Luna et l'étreignit fort, partagée entre le rire et les larmes.

« Merci, Luna. » répéta-t-elle à son oreille.

« Eh bien, ça a été une approche pour le moins… unique pour porter un toast. J'adore l'esprit. » commenta Pansy, l'air appréciateur.

Elle leva son verre d'hydromel.

« Félicitations, Ginny. À ta nouvelle vie. » dit-elle.

Ils trinquèrent tous ensemble et Ginny prit une généreuse gorgée d'hydromel. Le goût de la boisson, particulièrement agréable, caressa son palais.

« Qu'as-tu prévu pour nous ce weekend ? » demanda Ginny à l'attention de Pansy, curieuse.

« Cet hôtel possède le meilleur spa du pays. Nous y passerons la journée demain. Ce sera l'occasion de nous remettre. » expliqua Pansy.

« Nous remettre de quoi, exactement ? » interrogea Ginny, un sourcil levé.

« De la soirée de ce soir. » répondit Pansy avec un air conspirateur, en lui faisant un clin d'œil. « J'ai tout organisé pour qu'on s'amuse. Pourquoi penses-tu que Draco t'a offert deux jours ici ? Un jour pour la fête, et un jour pour s'en remettre ! »

Elle chuchota ces mots de sorte que seule Ginny puisse les entendre. Ginny connaissait bien la tendance de Pansy à exagérer et à embellir les faits. Elle n'était pas certaine que cela ait été le raisonnement de Draco, mais elle ne s'en formalisait pas. En vérité, elle voyait ce petit séjour comme un moyen de changer d'air et de se vider l'esprit, tout en étant entourée de ses meilleurs amis.

Bientôt, des employés de l'hôtel entrèrent dans la suite pour dresser une table somptueuse dans la salle à manger, pendant qu'un barman s'occupait de Ginny et ses amis autour d'un bar privé installé spécialement pour l'occasion. Pansy n'avait visiblement pas exagéré.

« Il restera avec nous toute la soirée. Vous allez voir, ses cocktails sont exceptionnels. » promit Pansy avec enthousiasme, applaudissant comme une enfant excitée. « Allez, surprenez-nous ! »

Avant même de passer à table, ils testèrent les créations originales du barman. Le premier cocktail, baptisé L'Éclat d'Étoile, était un mélange d'hydromel blanc, d'eau pétillante et de sirop de myrtille, agrémenté de poudre lumineuse comestible. Les dents de Luna se teintèrent d'un bleu électrique qui, étrangement, se mariait bien avec sa tunique jaune flamboyante. Ginny reçut un Nectar de Nymphe, un mélange à base de rhum qui produisait de la fumée à ses oreilles et la faisait légèrement léviter à chaque gorgée.

Quand Neville goûta le Murmure du Saule, composé de whiskey pur feu, de liqueur de menthe et d'un zeste d'écorce de saule, il jura entendre une douce mélodie dans ses oreilles. De son côté, Pansy, avec son Regard du Basilique — un mélange de tequila noire et sirop de cactus formant une garniture en forme d'œil — eut la langue gelée pendant près de dix minutes, la privant de parole. Ce fut hilarant de voir Pansy, habituellement si loquace, réduite au silence. Elle tenta de communiquer par gestes, ce qui devint rapidement un jeu amusant où chacun faisait exprès de mal interpréter ses signes pour la taquiner davantage.

La plaisanterie cessa quand ils réalisèrent que Luna connaissait les bases de la langue des signes, ce qui permit enfin à Pansy de leur demander de lancer un sort de refroidissement, car elle avait l'impression que sa langue brûlait.

Pansy utilisait parfois le langage des signes pour communiquer avec Galileo, son garde du corps personnel, muet. Lorsqu'ils se dirigèrent vers la magnifique table dressée pour le dîner, ils étaient tous légèrement éméchés après avoir participé avec enthousiasme à la dégustation de cocktails, dont les effets étaient plus forts qu'ils n'y paraissaient.

Le dîner fut également exceptionnel. Chacun des sept plats servis était aussi délicieux que raffiné, et Ginny se demandait si c'était le meilleur repas qu'elle avait jamais goûté. Ils goûtèrent des mets inédits, comme la terrine de Salamandre des Glaces, dont la chair tendre était disposée sur un lit de mâche assaisonné d'une vinaigrette à l'essence de mandragore, créant une sensation pétillante en bouche. Le plat phare fut sans aucun doute le filet d'Augurey, cuit à la perfection, sa chair fondante révélant un éventail de saveurs sur un lit de truffes. Le dessert, une tarte à la citrouille blanche accompagnée d'une glace au lait de licorne, fut le point d'orgue pour Ginny, provoquant une explosion de saveurs en bouche.

À la fin d'un long repas, le niveau d'alcool dans le sang avait sensiblement augmenté, dissipant toute gêne ou timidité initiale. Pansy s'était mise à discuter avec Neville et Luna comme si elle les connaissait depuis des années. Elle avait même commencé à conseiller Neville sur ses relations amoureuses. Neville avait récemment commencé à fréquenter un jeune homme qu'il avait rencontré au mariage de Cédric Diggory. Ce jour-là, Ginny était intervenue pour amorcer une conversation entre les deux hommes, malgré les réticences initiales de son ami. Depuis, ils s'étaient revus plusieurs fois et Neville espérait que la relation deviendrait plus sérieuse.

« Je coache habituellement des femmes qui aiment les hommes, mais puisque tu es gay, Nelson, certains de mes conseils pourraient également s'appliquer. » assura-t-elle à Neville qui fut ravi de recevoir gratuitement des conseils de la coach la plus sollicitée du pays. « C'est pour cela que j'ai aussi une communauté d'hommes gays qui suit mon contenu. »

Pansy peinait à se souvenir du prénom de Neville et l'avait appelé par divers prénoms approximatifs. Neville, toujours admiratif, ne montrait aucun signe de vexation face à ces erreurs répétées.

« Assez plaisanté, passons aux choses sérieuses ! » annonça soudainement Pansy de manière dramatique.

Elle sortit une trousse rose de son sac, sous les regards curieux de Luna et Neville. Ginny ne réagit pas, habituée aux extravagances de Pansy.

« Qui veut rencontrer les étoiles avec moi ? » proposa Pansy d'un ton espiègle en déposant sur la table basse une série de fioles et de sachets contenant diverses substances.

« C'est... de la drogue ? » demanda Neville, stupéfait.

Il avait prononcé le mot à voix basse, comme s'il hésitait à l'employer.

« Ce n'est qu'un moyen pour notre cerveau de se développer au-delà de ses capacités naturelles. » expliqua Pansy avec un sourire malicieux. « Alors, tu es partant, Newton ? »

Neville secoua la tête, nerveusement.

« Ma grand-mère ne veut pas que je touche à ce genre de choses. Elle dit que c'est très mauvais. » expliqua-t-il.

Pansy lança un regard curieux à Neville, incertaine de savoir si la mention de sa grand-mère était sérieuse ou une plaisanterie. Elle semblait sur le point de faire un commentaire, mais se retint, ce qui était rare de sa part.

Elle se tourna ensuite vers Ginny.

« Je te proposerais bien quelque chose, mais je sais qu'il me tuerait, donc ce sera seulement des cocktails pour toi ce soir. » dit-elle d'un ton légèrement désolé à Ginny, qui se contenta de secouer la tête, peu intéressée de toute façon.

Le regard de Pansy se posa finalement sur Luna.

« Je suis partante. » déclara immédiatement Luna, sans attendre la question.

« Décidément, je t'apprécie vraiment beaucoup, madame la Médicomage. » fit remarquer Pansy avec appréciation, arborant un sourire rempli de satisfaction.

Pour Ginny, il était quelque peu surprenant de voir ces deux femmes, si différentes, trouver un terrain d'entente sur un sujet aussi particulier. Pansy utilisait des drogues dans un contexte festif pour des raisons récréatives. Quant à Luna, toujours en quête d'ouverture d'esprit, elle avait exploré diverses substances pendant leurs années à l'école de sorcellerie réservée aux Sang-Impurs, Néréide.

En réalité, Luna et Pansy étaient deux femmes que Ginny n'aurait jamais imaginé voir ensemble. Cependant, toutes deux partageaient une excentricité indéniable, bien que de nature différente, ce qui constituait un point commun entre elles. La seule différence était que l'excentricité de Pansy était célébrée et admirée par la société, tandis que celle de Luna, souvent perçue comme bizarre et ridicule, avait été la cible de moqueries durant leur scolarité.

« J'ai trois propositions, selon l'état que tu souhaites atteindre ce soir. » indiqua Pansy mystérieusement à Luna.

Elle entama une explication détaillée des substances qu'elle avait apportées. Le LSD, communément nommée La Sacrée Défonce, était un puissant hallucinogène provoquant des visions profondément oniriques et une intense communion spirituelle. Le Composant Organique du KO Explosif, mieux connu sous le nom de COKE, offrait un puissant regain d'énergie, conférant audace et vivacité de manière brève mais intense. Quant à la MDMA, décrite comme le Mélange Divin Magiquement Addictif, elle favorisait une ouverture sociale accrue et une connexion renforcée avec les autres.

« Ne jamais en prendre dans un contexte où tu es entourée de trop d'inconnus sans personnes de confiance. Tu pourrais faire des choses que tu regretterais longtemps. » commenta Pansy avec une grimace de dégoût, parlant manifestement d'expérience. « Lors de ma dernière année à Poudlard, j'ai apparemment failli embrasser cette peste de Daphné Greengrass lors d'une fête. Heureusement, Draco m'a arrêtée à temps. »

Ginny réprima un rire. Elle savait combien Pansy détestait Daphné Greengrass, qu'elle considérait comme sa némésis depuis leurs années à Poudlard. Ginny elle-même n'était pas en bons termes avec Daphné, surtout depuis qu'elle avait appris que Draco avait eu une liaison avec elle. De plus, le fait que Daphné ait encouragé sa sœur Astoria à se rapprocher de Draco n'avait fait qu'aggraver les choses.

En tant que Médicomage compétente, Luna intervint pour tempérer l'enthousiasme un peu trop débordant de Pansy à propos des substances, en rappelant l'importance de la réduction des risques. Ginny proposa alors à Neville un autre cocktail et ils s'installèrent confortablement dans le sofa, laissant Luna et Pansy à leurs expérimentations. Bientôt, une fumée rosâtre commença à envahir la pièce, tandis qu'elles utilisaient un bong, créant des bulles à chaque inspiration du mélange vaporeux.

« Tu sais, Ginny, quand tu m'as dit que tu travaillais avec Pansy Parkinson, je n'aurais jamais imaginé que vous seriez aussi proches. » commenta Neville, impressionné. « Elle est l'une des femmes les plus connues du pays. »

Avec le temps, Ginny en était venue à considérer Pansy comme une personne ordinaire, malgré un style de vie nettement plus extravagant que la moyenne, et non comme la chroniqueuse célèbre et inaccessible perçue par le public. Cela tenait sans doute au contexte dans lequel elles s'étaient rencontrées, qui avait permis à Ginny de découvrir une facette très privée de Pansy, bien éloignée de son image publique.

Lors de leur première rencontre, lors de l'attentat, les relations n'avaient pas été cordiales. Ginny l'avait même trouvée particulièrement odieuse. Jamais elle n'aurait pu imaginer qu'une amitié puisse naître entre elles. Désormais, Ginny voyait en Pansy une grande sœur, toujours prête à l'aider et à la conseiller. En sa présence, même les expériences les plus ordinaires devenaient plus divertissantes.

« Je n'arrive toujours pas à croire que je passe un weekend dans un tel palace en compagnie de Pansy Parkinson. Et dire que je vais devoir garder tout ça pour moi. » ajouta Neville avec un soupir à fendre l'âme.

Neville et Luna avaient dû signer un Accord de Non-Divulgation Sanguinaire, un pacte de sang qui engageait les parties à garder confidentielles certaines informations, sous peine de conséquences graves. Pour le signer, les sorciers utilisaient une plume spéciale qui prélevait leur sang. Pansy recourait fréquemment à cette méthode, recommandée par ses Mages de Loi, pour garantir sa confidentialité lorsqu'elle rencontrait des personnes moins connues dans un cadre privé. Avec sa notoriété et ses penchants parfois excentriques, certaines personnes pourraient être tentées de divulguer à la presse des informations compromettantes à son sujet. Il s'agissait d'une stratégie pour protéger son image.

« Peut-être qu'elle finira par utiliser le bon prénom avant la fin du séjour. » plaisanta Ginny. « Nigel. »

Elle ajouta cela en riant légèrement, et Neville afficha un sourire quelque peu niais.

« Pour ma part, elle peut m'appeler comme elle veut, ça me convient. Je veux bien être Newton ou Nevin pour elle. » répondit Neville en haussant les épaules.

Ginny éclata de rire à cette remarque. Pansy l'avait appelé par tous les prénoms sauf le bon — Nathaniel, Niall, Nestor, voire Niles. Une vague de chaleur la submergea soudainement. Les effets des nombreux cocktails déjà consommés commençaient à se faire sentir. Elle se sentait plus enjouée que d'habitude. Neville semblait déjà assez éméché, sa tolérance à l'alcool étant moins élevée que la sienne.

« Cet endroit est tellement magnifique, presque irréel. » continua Neville, son regard empreint de fascination et d'intimidation. « Je ne peux m'empêcher de craindre qu'on vienne me débusquer en raison de mon statut pour me dire que je n'ai rien à faire ici. Je ne me sens pas à ma place. Mais je suis probablement le seul d'entre nous à ressentir ça. »

Il avait ajouté cela avec un soupir embarrassé.

« Après tout… Luna est Luna. » dit-il.

Ginny comprit immédiatement à quoi il faisait allusion. Luna, avec son caractère unique, ne ressentait pas la même gêne que la plupart des gens. Elle ne se souciait pas d'être jugée pour sa différence. De fait, Ginny avait vu tant de personnes excentriques et décalées parmi l'élite qu'il n'aurait pas été surprenant que Luna soit prise pour l'une d'entre elles.

« Et toi, tu sembles tellement à l'aise avec ces gens. » ajouta Neville, pensif, avec une pointe d'admiration dans la voix.

Ginny le considéra en silence. Elle n'avait jamais vraiment réfléchi à cela. Après avoir passé du temps dans ce milieu, elle s'était habituée à certaines de ses coutumes. Bien sûr, elle avait toujours été consciente des différences mais cela ne l'avait jamais empêchée de poursuivre ses ambitions. En vérité, elle ne considérait pas ces gens comme supérieurs à elle en raison de leur argent ou de leur statut privilégié. Ce n'étaient pas ces critères qui définissaient sa propre valeur.

Au fil des années, malgré son statut inférieur, elle avait été entourée de personnes qui l'avaient encouragée à avoir confiance en elle. Sa famille, avant leur séparation, les Diggory, Bill et Fleur. La présence de sa belle-sœur dans sa vie avait eu un impact particulièrement bénéfique sur sa manière d'interagir avec les autres. C'était également ce qui avait été inculqué à Victoire – malgré son statut, elle n'était pas moins méritante que les autres.

Ginny était heureuse de ne pas être entravée par les pensées limitantes qui affligeaient la plupart des Sang-Impurs du régime, qui subissaient les injonctions imposées dès leur plus jeune âge. Cette mentalité n'était pas facile à adopter, elle en était consciente, et elle constatait souvent combien elle était rare. Neville, par exemple, manquait cruellement de confiance en lui, ce qui le freinait dans ses actions. Il évitait de prendre des risques et de sortir de sa zone de confort. Hermione, quant à elle, avait catégoriquement rejeté tout ce qui touchait à cet univers, refusant d'y voir le moindre aspect positif, préférant le considérer comme un mal profond.

Ginny observait Luna et Pansy, confortablement installées dans un fauteuil, les yeux fermés, riant par intermittence, partageant visiblement une expérience que seuls les initiés pouvaient comprendre.

Les portes-fenêtres ouvertes sur la terrasse laissèrent entrer ce qui semblait être un insecte géant, provoquant un cri perçant de la part de Pansy. Sous l'effet de ce qu'elle avait consommé, Pansy percevait l'insecte inoffensif comme une menace bien plus grande que la réalité et se mit à courir paniquée à travers la suite, provoquant l'hilarité des autres. Ce fut Galileo qui résolut la situation en capturant délicatement la créature pour la remettre dehors.

Ginny fut surprise par la douceur avec laquelle il traita l'insecte, le manipulant comme s'il s'agissait d'une créature vulnérable et précieuse, ce qui contrastait fortement avec son apparence imposante et presque intimidante. Grâce à lui, la soirée fut sauvée et il prévint une frayeur supplémentaire pour sa protégée.

Ginny, en observant la scène, prit conscience qu'il s'était écoulé bien longtemps depuis qu'elle n'avait pas passé un moment aussi agréable avec des proches, à l'exception de Draco. Les temps avaient été durs depuis le départ de sa famille.

Elle soupira de satisfaction. Les pièces de sa vie commençaient lentement à se mettre en place. Plus le temps passait, plus elle réalisait qu'elle obtenait ce qu'elle avait toujours désiré. Elle peinait à croire qu'elle ne l'avait pas vu plus tôt, aveuglée par le chagrin du départ de sa famille qui avait brouillé sa perception des événements. Elle se sentait extrêmement chanceuse.

Ils riaient tous bruyamment, confortablement installés sur les canapés du salon de la suite, tandis que Luna, debout sur la table basse, tentait d'imiter un Augurey. Visiblement affectée par ce qu'elle avait consommé, elle semblait croire que la table était plus haute qu'elle ne l'était réellement et montrait des signes de vertige. Le sérieux avec lequel elle s'efforçait de jouer son rôle tout en exprimant sa peur du vide les fit hurler de rire.

La porte de la suite s'ouvrit soudainement et Ginny écarquilla les yeux de stupéfaction en voyant Draco entrer à l'intérieur. Le rire de Ginny s'arrêta net, remplacé par une expression choquée. Tous les regards dans la pièce se tournèrent vers le nouvel arrivant. Ginny se leva et se dirigea vers lui, un mélange d'interrogation et d'incertitude dans les yeux, consciente des regards curieux de Neville et Luna posés sur elle. Elle s'approcha de Draco, cherchant dans son regard une explication à cette visite inattendue.

« Y a-t-il un problème ? » demanda Ginny à voix basse, l'inquiétude clairement perceptible sur son visage.

Un mauvais pressentiment la parcourut. Après tout, si Draco se présentait ainsi, en présence de Neville et Luna qui ignoraient tout de leur relation, cela devait sûrement indiquer que quelque chose de grave se passait.

« Absolument pas. » répondit Draco calmement, affichant une sérénité déconcertante.

À sa grande surprise, Draco se pencha vers elle et déposa un baiser sur ses lèvres. Les yeux de Ginny s'écarquillèrent de stupéfaction et elle resta immobile, tellement interloquée par son geste qu'elle ne répondit pas à son baiser. Elle cligna plusieurs fois des yeux, comme pour s'assurer qu'elle ne rêvait pas. Draco la regardait avec amusement, clairement déridé de la voir si désemparée. Elle voulait le questionner, mais elle était tellement sidérée par son action qu'aucun mot ne sortit.

Draco se tourna ensuite vers le reste du groupe et Ginny fit de même, anxieuse de voir leur réaction. Sans surprise, le baiser de Draco avait visiblement choqué tout le monde. Neville et Luna semblaient soudain retrouver une sobriété éphémère, tandis que Pansy riait sous cape, observant la scène avec un plaisir non dissimulé.

« Valeur et vigueur, je suis Draco Malfoy. » se présenta-t-il poliment.

« Moi, c'est Luna. » répondit Luna, reprenant ses esprits la première.

« Et moi, Nigel. Enfin, je veux dire Neville. » se corrigea Neville en bégayant, ses oreilles devenant écarlates, son visage exprimant à la fois le choc et l'embarras.

Ginny aurait probablement éclaté de rire devant sa réponse dans d'autres circonstances.

« Ravi de faire votre connaissance. J'espère que l'hôtel est à votre convenance et que vous passez une agréable soirée. » continua Draco, endossant son rôle de responsable de l'établissement.

Les expressions sur les visages de ses amis trahissaient leur confusion ; ils devaient avoir un millier de questions mais n'osaient pas les poser devant Draco. Ginny pouvait comprendre leur réaction. Voir leur amie embrasser un membre des Treize Sacrés devait être très perturbant. Ils ignoraient même qu'elle avait quelqu'un dans sa vie.

« C'est le plus bel endroit où j'aie jamais mis les pieds. » avoua Luna avec admiration. « Ça dépasse même la fois où je suis allée dans les bois d'Ashdown chercher des nids de nargoles avec mes parents. »

Draco parut perplexe face à cette comparaison mais, par courtoisie, il se contenta de répondre poliment :

« Heureux de l'entendre. »

« Draco. » intervint Ginny avec insistance, reprenant ses esprits « Tu as un instant ? »

Il acquiesça et la suivit à l'autre bout de la suite. Elle sentait les regards de ses amis sur eux tandis qu'ils se dirigeaient vers les portes menant à l'élégante terrasse. La nuit étant tombée, la douce lumière des vers luisants, enfermés dans des récipients de verre suspendus, illuminait le balcon. Ginny ferma soigneusement les portes derrière eux, s'assurant une intimité totale avant de se tourner vers Draco, son expression toujours empreinte de stupeur.

« Tu viens vraiment de m'embrasser devant tout le monde, Draco ? » demanda-t-elle, encore sous le choc.

Même si elle connaissait la réponse à cette question rhétorique, l'entendre à voix haute rendait l'événement encore plus irréel. Draco, imperturbable, semblait parfaitement à l'aise avec la situation.

« Je pensais que tu voulais que tes amis soient au courant à notre sujet. » répondit-il calmement. « Il me semblait que c'était le bon moment pour le faire. »

Ginny le regarda, abasourdie.

« Ce n'est pas ce que tu voulais ? » demanda-t-il, un sourcil arqué.

Elle secoua doucement la tête.

« Non… enfin, oui. C'est juste que je ne m'y attendais pas. » admit-elle.

En réalité, le fait que Draco ait choisi de révéler leur relation à ses amis la remplissait de joie. Garder ce secret avait été pénible et source de culpabilité. Elle était cependant surprise que Draco ait pris l'initiative sans en discuter au préalable. Elle savait que si elle lui avait demandé de faire cette révélation des mois plus tôt, il s'y serait fortement opposé. Cependant, depuis sa décision de rester en Angleterre, elle ne pouvait que constater les changements chez Draco. Le risque de la perdre l'avait profondément affecté, et il avait commencé à aborder différemment certains aspects de leur relation, travaillant sur les points qu'elle avait souvent critiqués.

Ginny se demandait si sa Grâce Ministérielle avait aussi joué un rôle dans cette nouvelle assurance. Draco était-il désormais plus à l'aise avec l'idée de rendre leur relation publique, maintenant que son statut avait évolué ? Avec un sourire radieux, Ginny s'approcha de lui et l'enlaça presque instinctivement.

« Merci, merci, merci. » murmura-t-elle, l'embrassant avec émotion.

Draco passa ses bras autour de sa taille, répondant à son baiser.

« Je suis heureuse de te voir. » murmura Ginny en enfouissant son visage dans le creux de la nuque de Draco, laissant échapper un soupir de contentement alors qu'elle retrouvait l'étreinte de ses bras.

Depuis le retour de Draco de son voyage d'affaires au Pays de Galles, ils avaient eu peu d'occasions de se voir. La surprise qu'il lui avait préparée en organisant ce week-end pour célébrer son changement de statut l'avait prise au dépourvu. Cette attention de sa part la touchait profondément.

« Tout va bien ? » demanda Draco après un moment d'hésitation.

« Oui. » répondit Ginny avec un sourire. « Cet endroit est tout simplement magnifique. Je passe une excellente soirée. Merci pour tout. »

Elle avait déjà exploré la superbe de l'Augurey Magistral lors de précédentes visites, que ce soit dans certains salons privés ou d'autres espaces communs. Mais y résider en tant que cliente offrait une expérience tout à fait différente et encore plus incroyable. Elle n'aurait jamais imaginé séjourner dans un tel lieu.

« Entre nous, je veux dire. » précisa Draco d'un ton mesuré, comme s'il redoutait d'aborder un sujet délicat.

Ginny recula, lui adressant un regard confus. La question inattendue et le sérieux dans sa voix la déstabilisèrent. Habituellement, c'était elle qui exprimait des inquiétudes concernant leur relation.

« Oui, évidemment. » répondit Ginny en fronçant les sourcils. « Pourquoi cela n'irait-il pas bien entre nous ? »

« À vrai dire, je t'ai sentie quelque peu... distante depuis mon retour. » admit Draco, manifestement mal à l'aise de l'avouer.

Lors de leur dernière soirée avant son départ, Ginny lui avait confié que cette semaine de séparation lui paraîtrait interminable et qu'elle avait hâte de le retrouver. Pourtant, à son retour, elle n'avait pas manifesté un désir particulier de le voir. Elle réalisa que son attitude, loin d'être conforme à ses paroles, avait dû le troubler.

« J'ai traversé un petit passage à vide cette semaine-là, car c'était l'anniversaire de Victoire. C'était le premier que je manquais depuis sa naissance, et j'étais un peu déprimée. Je ne voulais pas laisser mon humeur gâcher nos retrouvailles. » confessa Ginny. « Alors j'ai préféré garder mes distances jusqu'à ce que je me sente mieux. »

Ce n'était pas entièrement faux, mais elle omettait la raison principale de son comportement. C'était le retour inattendu d'Hermione Granger qui avait tout bouleversé. Inquiète à l'idée de laisser échapper une information concernant Hermione à Draco, elle avait préféré prendre ses distances le temps d'en savoir plus. Il était difficile pour elle de lui cacher des choses. Draco était très observateur et percevait rapidement quand quelque chose la troublait.

Absorbée par ses propres émotions suite au départ de sa famille et au retour d'Hermione, Ginny n'avait pas envisagé les effets de son attitude sur Draco. Son manque de communication avait clairement semé le doute chez lui, et elle se sentait honteuse de ne réaliser cela que maintenant. Son comportement n'était pas lié à un problème entre eux, mais résultait de circonstances extérieures. Évidemment, sans ces informations, Draco avait naturellement interprété la situation à partir des faits dont il disposait, ce qui avait engendré des malentendus. Ginny ressentit une pointe de culpabilité en prenant conscience de tout cela.

« Tu pensais vraiment que c'était lié à toi ? » demanda Ginny, surprise.

« Oui. Mais je suis content d'apprendre que ce n'est pas le cas. » répondit-il, clairement soulagé.

« Je suis désolée, ce n'était vraiment pas mon intention. » assura-t-elle.

Elle se hissa sur la pointe des pieds et l'embrassa tendrement.

« Même si cela avait été le cas, je n'aurais pas pu t'en vouloir longtemps après ce magnifique week-end que tu as organisé pour moi. » fit-elle remarquer avec un soupir de contentement. « Dis-moi la vérité. Tu as organisé tout cela pour m'amadouer, n'est-ce pas ? »

« Non, mais je constate à quel point cette méthode fonctionne. C'est bon à savoir pour la prochaine fois. » commenta-t-il avec un rictus.

Ginny lui donna une petite tape amicale sur l'épaule et leva les yeux au ciel, bien qu'un sourire persiste sur son visage.

« Tu resteras un peu avec nous ? » demanda-t-elle, pleine d'espoir.

C'était une occasion trop belle pour être manquée. Sa présence à l'hôtel pour les deux prochains jours offrait la perspective de moments rapprochés avec Draco.

« Malheureusement, je ne peux pas rester, ce soir. J'ai encore du travail. » lui confia Draco avec un soupir. « Et il semble que je ne puisse pas interférer avec vos plans parfaitement organisés pour le week-end. Mais Pansy a gracieusement accepté de m'ajouter à ton programme. Nous pourrons passer la soirée ensemble, demain. »

« Merci Pansy, dans ce cas. » dit Ginny avec un sourire amusé au coin des lèvres.

« Passe une bonne soirée. On se voit demain. » dit-il contre ses lèvres avant d'y poser un dernier baiser fervent qui la laissa pantelante.

De retour dans la pièce principale de la suite, Ginny vit que ses amis avaient commencé une partie de bataille explosive sur la table basse.

« Draco ? Tu nous rejoins pour une partie ? » lança Pansy avec enthousiasme.

« Non, passez une bonne soirée. Heureux d'avoir fait votre connaissance. J'espère que vous apprécierez le reste de votre séjour. » répondit-il.

Luna et Neville acquiescèrent énergiquement. Draco se tourna vers Pansy, son regard glissant vers le fauteuil où était disposé son kit de substances douteuses.

« Essaye de ne pas faire trop d'excès. Même si je sais pertinemment que mes paroles sont vaines avec toi. » commenta-t-il en secouant la tête avec lassitude.

« Oui, Père. » répondit Pansy avec sarcasme.

Alors qu'il se dirigeait vers la porte, elle lui fit un geste du majeur discrètement.

« J'ai vu ça. » commenta Draco en désignant un miroir dans le hall, avant de quitter la pièce.

Pansy leva les yeux au ciel, contournant la table pour rejoindre Ginny.

« Il m'a encore laissée en plan. » se plaignit-elle, visiblement indignée.

Pansy ne supportait pas qu'on lui dise « non », ce qui arrivait rarement, car son entourage s'efforçait de satisfaire ses moindres désirs. Draco n'approuvait pas spécialement les choix de consommation de Pansy, mais il se retenait généralement de tout commentaire à ce sujet, habitué à la voir s'adonner à ses excès. En général, les proches de Pansy veillaient simplement à ce que ses excès ne la mènent pas à des situations trop extrêmes et à ce qu'elle reste hors de danger.

« Visiblement, tout le monde passe au second plan quand sa Ginevra est dans les parages. » fit-elle remarquer d'un ton taquin.

Elle avait imité la façon dont Draco prononçait son prénom, en y ajoutant une touche théâtrale. Ginny dut admettre que malgré l'exagération, l'imitation était étonnamment proche de la réalité, ce qui la fit rire.

« Je vous rejoins pour le prochain tour. Pas de triche, je le saurai. » menaça Pansy en s'adressant à Neville et Luna.

Elle attrapa Ginny par le bras et se dirigea vers la terrasse, prenant au passage un verre d'hydromel sur le bar. Ginny remarqua que le barman avait disparu et elle se demanda si c'était sur demande de Draco, qui avait sans doute noté leur état d'ivresse lors de sa visite.

« J'espère que tu apprécies la célébration. » demanda Pansy avec une gaieté encore plus marquée qu'à l'accoutumée.

Elle semblait avoir redescendu après les effets intenses de sa consommation. Ginny acquiesça vigoureusement, remerciant Pansy pour l'organisation.

« Je ne peux pas m'attribuer tout le crédit. C'était l'idée de Draco. Je l'ai juste aidé à la mettre en œuvre. » confia Pansy.

Ginny afficha un sourire reconnaissant. Elle était touchée par toute l'attention que Draco lui portait.

« Qui aurait cru que mes plaintes auraient un tel effet ? » remarqua Ginny en riant avec manière autodérision.

Quelques instants avant son entretien avec Narcissa, qui lui avait annoncé qu'elle avait trouvé une place pour sa famille sur le bateau partant pour la France, Ginny avait discuté avec Draco. Elle lui avait exprimé ses frustrations concernant leur relation – le fait qu'ils se voient peu, son manque de romantisme, son emploi du temps chargé dû à ses nouvelles responsabilités chez Machinations Malforescentes. Hésitante à se confier, ne voulant pas paraître comme la petite amie constamment insatisfaite, elle avait finalement partagé ses frustrations après que Draco l'eut encouragée, ayant remarqué son malaise. Dans les semaines qui suivirent, elle avait observé des changements notables dans son comportement.

Il avait été plus présent, plus attentionné qu'elle n'aurait jamais pu imaginer et avait même commencé à sortir leur relation de l'ombre. Ginny avait été bouleversée par ces changements, et une partie d'elle ressentait une certaine culpabilité de ne pas avoir été aussi reconnaissante qu'elle aurait dû l'être.

Accablée par le départ de sa famille, elle avait eu du mal à profiter pleinement de ces moments tant attendus.

Pansy l'observa pendant quelques instants, l'air désormais pensif.

« Tu sais Ginny… » commença-t-elle sérieusement, « je pense que tu n'as pas réalisé à quel point Draco a eu peur de te perdre. Cet événement lui a fait comprendre que tu n'étais peut-être pas aussi acquise qu'il le pensait. Et entre nous, je pense que c'est une bonne chose, au final. Il se rend compte maintenant que certaines choses ne peuvent pas redevenir comme elles étaient avant, surtout après le sacrifice que tu as fait pour rester avec lui. J'étais avec lui les premiers jours quand tu l'évitais pour réfléchir à ta décision. Et honnêtement, durant toutes nos années d'amitié, je ne l'ai jamais vu aussi… menacé. »

Elle ajouta cela avec un air médusé, les sourcils froncés, comme si l'idée même la surprenait. Ginny fut prise au dépourvu par cette révélation. Trop préoccupée par ses propres sentiments, elle n'avait jamais vraiment envisagé comment Draco avait vécu la situation. Entendre ces mots de la bouche de Pansy la laissa perplexe.

« Il… il ne m'a jamais dit tout cela. » balbutia Ginny, troublée.

« Tu sais que Draco n'est pas un homme de grandes paroles. Il agit. Tu te plaignais qu'il manquait de romantisme et que tu en avais assez de cette relation cachée. Et il s'est mis au travail pour répondre à tes attentes. » expliqua Pansy, désignant la pièce autour d'elles comme pour illustrer son propos.

Elle sembla se perdre à nouveau dans ses pensées avant d'ajouter :

« Tu te souviens peut-être de mes mises en garde, il y a quelques mois. Je t'avais conseillé de ne pas tomber amoureuse, de ne pas laisser Draco prendre le dessus car il avait clairement l'avantage sur toi, ce qui promettait une catastrophe. Mais il est évident que les choses ont changé depuis. »

« Que veux-tu dire ? » demanda Ginny, levant un sourcil.

« Je veux dire que c'est désormais toi qui as le pouvoir de lui briser le cœur. » clarifia Pansy avec sérieux. « Draco est fou de toi, et je sais de quoi je parle. Il ne s'est jamais trouvé dans une telle position auparavant. Cela doit lui causer des sentiments contradictoires. Même sa mère s'en est rendue compte et a reconnu l'impact que tu as sur sa vie. Tu as toutes les preuves, Ginny. Alors je t'en prie, pour l'amour de Voldemort, arrête de douter une bonne fois pour toutes. »

Pansy était l'amie la plus proche de Draco depuis leur plus tendre enfance. Elle était probablement la personne qui le connaissait le mieux. Entendre ces paroles de sa bouche valait leur pesant d'or. Ginny réalisa à quel point elle était chanceuse que Pansy soit dans son camp. Elle avait été un soutien évident pour leur relation, œuvrant avant même qu'ils réalisent les sentiments qu'ils éprouvaient l'un pour l'autre. Sans ses conseils, même les difficiles à entendre, les choses auraient sans doute pris une autre tournure. Pansy n'avait rien à gagner en l'aidant ainsi. Elle aurait même pu causer l'effet inverse étant donné l'influence que ses opinions avaient sur Draco. Ginny lui serait éternellement reconnaissante pour ce soutien inébranlable.

Sans surprise, le réveil du lendemain fut difficile pour tout le monde. Ginny s'en sortit relativement bien malgré une fatigue notable, car elle avait évité les mélanges étranges la veille et s'était bien hydratée avant de se coucher, ce qui lui épargna la gueule de bois. Neville, quant à lui, se plaignait d'une migraine sévère. Luna et Pansy, sans surprise, étaient dans un état piteux après leurs consommations excessives de la veille. La redescente était visiblement laborieuse.

Ils prirent le petit-déjeuner sur la terrasse du restaurant principal de l'hôtel, où une fois de plus, un éventail de mets exquis leur fut offert. Pansy leur annonça qu'ils passeraient le reste de la journée à se détendre dans le spa de l'hôtel, réputé pour ses soins exceptionnels.

« Ils font les meilleurs massages de Londres. » affirma Pansy, dissimulant ses yeux fatigués derrière d'épaisses lunettes noires.

Elles servaient sans doute à masquer les stigmates visibles de sa nuit agitée. Bien que sa présence ici devait rester secrète pour assurer la discrétion que l'hôtel promettait à tous ses clients, elle ne voulait pas être aperçue dans cet état par d'autres clients ou par le personnel, qui la reconnaîtraient sans aucun doute. Son image publique était cruciale, d'autant plus que nombre de ses admiratrices, souvent des femmes au foyer, n'auraient pas apprécié de la voir accolée à la consommation de substances illicites. Si on excusait souvent les frasques de Pansy en raison de son statut et de sa popularité, certaines limites ne devaient pas être franchies. Pansy décida de retourner dans sa suite pour deux heures de sommeil supplémentaires, promettant de les rejoindre plus tard.

Les trois autres furent conduits au spa par le concierge affecté à Ginny. Ils apprirent qu'une partie du spa avait été privatisée pour eux, les isolant ainsi du reste des clients présents.

« C'est donc ça, la vie des riches. » soupira Neville en prenant une gorgée d'un frappé revitalisant apporté par une employée.

Le breuvage, un mélange de jus de citrouille, de poudre de racine de mandragore et de jus de Murlap, était réputé pour être un excellent remède aux lendemains de soirée arrosée.

« J'ignore si j'ai inhalé par erreur votre fumée de LSD ou quoi que ce soit d'autre, mais j'aurais juré avoir vu un homme embrasser Ginny. » avoua Neville, l'air perplexe.

« Tu n'as pas halluciné, Nev'. J'étais encore relativement sobre à ce moment-là, et j'ai vu la même chose. » confirma Luna, amusée. « Crois-moi, je suis certaine de ce que j'ai vu, car j'ai eu plusieurs hallucinations par la suite. »

« Draco Malfoy ? Comme dans la famille sacrée Malfoy ? » demanda Neville, incrédule.

Il ne semblait pas vraiment vouloir y croire. Ginny acquiesça, confirmant ses soupçons.

« Tu... Tu fréquentes un héritier des Treize Sacrés, Ginny ? » répéta Neville, stupéfait. « Depuis combien de temps ? »

« Un an. Je suis désolée de ne pas vous l'avoir dit plus tôt. » avoua Ginny, gênée. « Je ne pouvais pas vous en parler. »

« A cause de votre différence de statuts, n'est-ce pas ? » déduisit Luna, semblant moins ébranlée que Neville par la nouvelle.

Ginny hocha la tête, reconnaissante de la compréhension de son amie.

« Et malgré mon changement de statut, ce n'est pas le genre de choses que l'on peut ébruiter. Je vous demande de n'en parler à personne. » implora-t-elle.

Les deux hochèrent la tête sans hésiter.

« Vous formez un très beau couple. » ajouta Luna, d'un ton rêveur.

« Tu attires toujours les types les plus mignons, Ginny. Quel est ton secret ? » interrogea Neville avec un soupir à fendre l'âme qui provoqua les rires de ses amies.

La matinée se poursuivit par des confidences. Ginny ne s'était pas rendu compte à quel point elle avait besoin de parler de cette partie cachée de sa vie. Jusqu'ici, Pansy avait été la seule confidente de sa relation avec Draco, et même si elles s'étaient rapprochées, Pansy restait avant tout l'amie de Draco. Discuter ouvertement avec ses propres amis, qui étaient inconditionnellement de son côté, était un soulagement.

Sans surprise, Luna et Neville se montrèrent ouverts et compréhensifs – une réaction diamétralement opposée à celle d'Hermione lorsqu'elle avait appris la vérité. Elle avait traité Ginny comme si elle avait commis la pire des trahisons. C'était également une des raisons pour laquelle Ginny avait craint la réaction de Luna et Neville.

« Merci, les amis. Vous ne pouvez pas imaginer à quel point cela me soulage. » confia Ginny, sincèrement reconnaissante. « Je redoutais votre réaction. »

« Si tu trouves quelque chose en lui, cela me suffit. » assura Luna. « Nous avions remarqué que tu avais changé, mais nous ne savions pas pourquoi. Personnellement, je pensais que c'était à cause d'une morsure de boursouf. Neville n'était pas convaincu. Nous avions même parié dessus. »

Ginny offrit un sourire en coin, légèrement surprise par leur perspicacité, mais pas étonnée que ses amis la connaissent si bien. Même Katrina Street-Porter lui avait fait remarquer un changement quelques mois auparavant, peu après le début de sa relation avec Draco.

« Qu'est-ce qui se passe dans ta vie, Ginny ? Je n'ai pas pu m'empêcher de remarquer que tu rayonnes ces derniers temps. » avait dit Katrina. « Tu as rencontré quelqu'un ? »

Il était donc naturel que Luna et Neville perçoivent également un changement. C'était d'ailleurs pour cette raison que Ginny s'était quelque peu éloignée.

« Tu es amoureuse ? » interrogea Luna.

Ginny acquiesça.

« Ça se voit. » confirma Neville. « J'avais remarqué que tu n'étais plus intéressée par Olivier lors du mariage de Cédric. Et franchement, on peut dire que tu as placé la barre plus haut. »

« L'important pour nous, c'est que tu sois heureuse. Et tu as l'air de l'être. » conclut Luna.

« Je le suis, il me rend vraiment heureuse. » admit Ginny. « Même si ce n'est pas toujours simple. »

Elle put enfin partager avec eux les récents événements, notamment son choix difficile de rester en Angleterre alors que sa famille partait définitivement. Neville et Luna affichèrent des expressions de stupéfaction.

« Oh Ginny, nous n'avions aucune idée que tu traversais une épreuve aussi difficile. » dit Neville, visiblement choqué. « Ta famille est vraiment partie ? »

Ginny hocha la tête, une vague d'émotion la submergeant.

« J'aurais voulu vous en parler plus tôt, mais étant donné les circonstances, la discrétion était primordiale. Vous avez vu les réactions lorsque Hermione a épousé Théodore Nott. »

Ils acquiescèrent.

« Ton comportement prend tout son sens maintenant. Je comprends pourquoi tu étais parfois si distante. » répondit Neville avec sérieux.

Ce dernier avait longuement reproché à Ginny son absence et l'avait accusée de ne pas être une bonne amie, ce qui l'avait poussée à tenter de se montrer plus présente, craignant de perdre leur amitié comme avec Hermione. Ginny se sentit soulagée qu'ils comprennent, et même coupable d'avoir douté de leur réaction.

« Je vous avoue que c'est parfois tellement difficile. Tellement frustrant. Mais j'espère que les choses vont s'améliorer maintenant que mon statut a changé. » indiqua-t-elle dans un souffle.

Luna s'approcha d'elle et l'enlaça, suivie de Neville qui les rejoignit dans cette étreinte.

« C'est l'heure de notre câlin collectif. » annonça Neville avec enthousiasme.

Ginny rit, partagée entre la joie et la tristesse. Pendant leurs années à Néréide, ce geste était devenu une tradition lorsqu'un d'entre eux traversait une période difficile.

« Merci, je suis tellement reconnaissante de vous avoir. » murmura-t-elle.

« Tu peux nous parler autant que tu veux, maintenant. Tu n'as plus à porter ce poids seule. » assura Neville.

Elle hocha la tête, soulagée.

Ils profitèrent du reste de la journée au spa. Neville s'éclipsa pour un massage aux pierres chaudes, laissant Ginny et Luna dans un espace de relaxation. Les murs décorés en trompe-l'œil représentaient une plage magnifique, et le son des vagues ajoutait à l'ambiance une note apaisante. La zone privée du spa comprenait leur propre source d'eau chaude, des bassins à diverses températures, un sauna, et une masseuse à disposition.

Ginny saisit l'occasion pour avoir une discussion avec Luna, ce qui n'était pas arrivé depuis longtemps.

« Comment vas-tu, Luna ? » demanda-t-elle.

La vie de Luna avait connu de grands bouleversements, et sa résilience était une source constante d'admiration pour Ginny. Son père, Xenophilius Lovegood, avait lui aussi reçu une Grâce Ministérielle dans des circonstances très différentes. La compétition horrifique organisée par le Coven sacré l'avait profondément traumatisé, et il avait sombré dans une grave dépression. Au retour chez lui, il s'était isolé dans le grenier, qui était devenu une sorte de cellule, probablement un refuge rassurant après ses années à Azkaban.

« Il commence à aller mieux. C'est lent, mais je vois des progrès. À la maison, il se sent de nouveau à l'aise. Il a même commencé à sortir du grenier et passe la plupart de la journée en bas. Parfois, il s'occupe aussi de maman, qui va d'ailleurs beaucoup mieux. » expliqua Luna d'une voix sereine.

Ginny fut soulagée d'entendre enfin de bonnes nouvelles concernant les Lovegood. Les dernières années avaient été éprouvantes pour leur famille, mais les choses semblaient enfin s'améliorer. Par miracle, ils étaient à nouveau réunis et faisaient tous de leur mieux pour retrouver une vie normale.

« C'est à l'extérieur que les choses se corsent. Il a encore du mal avec les autres, surtout les inconnus. Il y a quelques jours, des adolescents l'ont reconnu et l'ont interrogé sur l'attaque. Cela a ravivé de mauvais souvenirs, et depuis, il s'est renfermé. J'ai peur que cela nuise à ses progrès. » admit-elle, l'anxiété perceptible dans sa voix.

« Et toi, comment vas-tu ? » demanda Ginny.

Luna poussa un long soupir.

« Je dois avouer que m'occuper de papa m'aide à me distraire. Avec ça, plus Maman et l'hôpital, je n'ai pas beaucoup le temps de penser à autre chose. C'est plus simple ainsi, j'avoue. Cela m'évite de penser constamment à Tracey. » confessa Luna, sa voix chancelante alors qu'elle évoquait le nom de sa défunte petite amie.

Ginny posa une main sur celle de son amie, la regardant avec tristesse et inquiétude. La disparition de Tracey avait été soudaine et choquante pour tous.

« Puis-je te confier quelque chose ? Tu vas sûrement trouver ça bizarre. Enfin, plus bizarre que d'habitude. » ajouta Luna avec un sourire contrit.

Cette remarque surprit Ginny. Bien que les croyances de Luna aient souvent été considérées comme excentriques, elle était généralement la seule à y croire pleinement. Ses amis, habitués à ses idées inhabituelles, avaient cessé depuis longtemps de les contester. Durant leur scolarité, Luna avait souvent débattu de ses opinions avec d'autres élèves. Exaspérés par son refus de renoncer à ses croyances, ils avaient fini par abandonner.

Lorsque Ginny avait présenté Luna à Hermione peu après le début de leur colocation, Hermione avait été visiblement agacée par les propos « infondés et incroyablement ignorants » de Luna, ce qui avait donné lieu à des discussions interminables où Hermione essayait de démontrer, avec acharnement, l'erreur des opinions. Ginny n'avait même plus l'énergie de lui demander de ne pas engager de débat.

Le fait que Luna qualifie quelque chose de bizarre était inhabituel. Il était clair que Luna savait que ses idées étaient souvent perçues avec scepticisme par son entourage, mais elle avait toujours agi comme si ses pensées étaient parfaitement logiques et qu'elle ne les trouvait pas étranges.

« Bien sûr, dis-moi. » encouragea Ginny, lui jetant un regard curieux.

« J'ai parfois ce sentiment... Cette impression étrange, comme si je ressentais encore sa présence, son aura, dans l'air. Comme si elle ne m'avait pas totalement quittée. Et puis, comme son corps n'a jamais été retrouvé... »

Luna laissa sa phrase en suspens, mais cela suffisait pour que Ginny saisisse ce qu'elle sous-entendait.

« C'est peut-être pour ça que je n'ai pas encore réussi à lui dire au revoir. » admit Luna d'une voix attristée.

Ginny observa son amie, le cœur serré. Luna nourrissait-elle encore de l'espoir parce que le corps de Tracey n'avait pas été retrouvé ? La quantité de sang sur les lieux présumés du crime ne laissait guère de doute quant au destin tragique de Tracey, mais Ginny comprenait que Luna s'accrochait à ce qu'elle pouvait.

« Tu dois penser que je délire, encore plus que d'habitude. » supposa Luna avec un soupir, esquissant un sourire autodénigrant.

« Non, Luna. Absolument pas. À vrai dire, j'ai ressenti la même chose pendant des années à propos de ma famille. Même s'ils étaient loin, une partie de moi sentait toujours leur présence, comme s'ils veillaient sur moi. » partagea Ginny.

Elle se perdit dans ses pensées. Avec le temps, et à mesure que ses souvenirs s'estompaient, elle avait l'impression de perdre cette connexion étrange.

« Et qui sait, peut-être que c'est possible que quelqu'un de loin ou... disparu laisse une trace en nous, ou dans l'univers. » conjectura Ginny.

Il y avait tant de phénomènes dans ce monde sans explication. Ginny croyait aux énergies et aux ondes que les humains pouvaient émettre, semblables à des résidus d'émotions particulièrement intenses.

Le visage de Luna s'illumina à ces mots, visiblement soulagée de trouver quelqu'un qui la prenne au sérieux, surtout pour un sujet aussi délicat que Tracey. Ginny savait que le simple fait d'être crue et écoutée apportait un grand réconfort à son amie.

« Oh, j'ai failli oublier. J'ai quelque chose pour toi. » dit soudainement Luna, saisie par un éclair soudain.

Elle fouilla dans son sac — une mini besace en forme de poire avec des fausses oreilles de Chapeaurouge en guise de poignées. Elle en sortit une pochette familière et un parchemin soigneusement attaché. Ginny reconnut immédiatement la pochette. Elle contenait les copies de l'agenda de la Gouverneure Cressida Warrington, que Ginny avait réussi à subtiliser discrètement pendant un match de Quidditch. Elle avait copié une partie du contenu avant de rendre l'original à Katrina, de peur d'être découverte.

Narcissa Malfoy avait confié à Ginny la tâche d'élucider le mystère du contenu de l'agenda, rempli de mots mystérieux sans liens apparents entre eux, dissimulant sans doute une signification secrète. Après de longues heures passées à scruter le contenu sans parvenir à en extraire un sens, Ginny, découragée, avait redouté les reproches de Narcissa, qui avait insisté sur l'importance de résoudre cette énigme. Dans un élan de génie, elle avait finalement décidé de confier l'agenda à Luna. Après tout, à part Hermione, son amie était l'une des personnes les plus intelligentes qu'elle connaissait.

« Je pense avoir déchiffré le sens de ces messages secrets. » annonça Luna avec enthousiasme.

Elle déroula un parchemin couvert de notes — probablement les siennes. Ginny, excitée par cette nouvelle, se redressa, reportant toute son attention sur Luna.

« Selon mon analyse, l'agenda contient deux types de notes. Les pages de gauche listent des rendez-vous. Les pages de droite renvoient à l'emplacement des rendez-vous. Si tu examines attentivement le premier mot de chacune de ces pages, tu remarqueras que certaines lettres sont en majuscules. Je pense qu'elles représentent des initiales, probablement celles des personnes impliquées dans les rendez-vous. Cependant, comme je ne connais ni la propriétaire de l'agenda ni les personnes qu'elle fréquente, je ne peux pas t'aider davantage à identifier les détails. Néanmoins, je pense avoir identifié certains lieux de rencontre. »

« Lesquels ? » demanda Ginny avec empressement.

« Ce sont des symboles qui font référence à des lieux. Certains peuvent être identifiés grâce à une certaine connaissance littéraire ou magique. Pour chaque page, j'ai identifié des lieux plausibles. Par exemple, le 18 septembre, l'indice est 'Masques de Mirabilis'. Cela fait référence à l'œuvre dramatique 'Les Fantaisies de Damasus le Décadent'. »

« Ce qui signifie que le lieu de rendez-vous serait le Théâtre de Damasus le Décadent. » conclut Ginny, lentement.

« Exactement. » confirma Luna. « Et pour le Jour de la Victoire, il est inscrit : "Tout homme s'enrichit quand abonde l'esprit." »

« Ça te dit quelque chose ? » interrogea Ginny, curieuse.

Luna acquiesça.

« La plupart de mes camarades en école de Médicomagie sont passés par Poudlard. Ils faisaient souvent allusion à des 'maisons'. Apparemment, l'école est divisée en quatre maisons, chacune portant un nom distinct, où les élèves sont répartis dès leur arrivée selon leur personnalité, et ils y restent jusqu'à la fin de leur scolarité. Ils organisent même des compétitions entre ces maisons. »

« Ça a l'air captivant. » remarqua Ginny.

Elle connaissait peu de choses sur Poudlard, l'école prestigieuse réservée aux sorciers de sang pur. Fleur y avait effectué une année d'échange scolaire avant de rencontrer Bill, mais Ginny ne l'avait jamais interrogée en détail sur son expérience. Au fil de ses conversations avec Pansy, qui évoquait parfois ses années scolaires, Ginny avait appris que Poudlard offrait de nombreuses activités parascolaires et des clubs. À l'opposé, son école, Néréide, manquait cruellement de ressources. Entre le matériel insuffisant pour certains cours, obligeant les élèves à se partager les équipements, et un corps professoral souvent démotivé et absent, l'éducation qu'elle avait reçue n'était pas de première qualité. La seule activité extra-scolaire disponible était le Quidditch, géré par les élèves eux-mêmes, qui rassemblaient l'équipement nécessaire grâce à des dons ou en récupérant de vieux équipements. Pendant la dernière année de Ginny, ils avaient même réussi à organiser une petite compétition. La structure en maisons de Poudlard l'intriguait, mais elle ne voyait pas encore le lien avec l'agenda de Warrington.

« Par curiosité, j'ai donc commencé à lire l'Histoire de Poudlard pour en savoir plus. » expliqua Luna. « Et je suis tombée sur cette phrase : "Tout homme s'enrichit quand abonde l'esprit."C'était la devise de l'une des maisons, Serdaigle, si mes souvenirs sont exacts. »

« Donc tu penses que le lieu mentionné ici se réfère à Poudlard ? » demanda Ginny.

Luna acquiesça.

« Oui, et probablement à un endroit spécifique là-bas. Le fait que la mention soit spécifiquement de Serdaigle laisse entendre que le lieu de rencontre est lié à cette maison. J'ai lu que les Serdaigle possèdent une tour dédiée. »

Ginny écouta Luna avec admiration, impressionnée par sa connaissance et sa curiosité. Luna avait toujours brillé académiquement durant leur scolarité. Elle avait souvent trouvé des ressources supplémentaires pour pallier les déficiences de leurs cours. Elle donnait même des cours particuliers à certains élèves en échange de petits pourboires, qu'elle utilisait pour soutenir financièrement son père à Azkaban ou payer les soins médicaux de sa mère. Elle refusait que Ginny et Neville lui donnent quoi que ce soit pour son aide, insistant sur le fait qu'elle ne ferait jamais payer ses amis proches. En échange, Ginny préparait souvent de grandes quantités de nourriture pour la famille Lovegood, et Neville aidait régulièrement à entretenir leur vaste jardin, riche en fruits, légumes et plantes utiles pour les potions.

« Et pour les initiales… » Ginny commença à lire à voix haute.

'Tout hoMMe s'enrichit quand abonde l'esprit.'

« M.M.. » confirma Luna. « As-tu une idée de qui cela pourrait être ? Cela pourrait être n'importe qui à l'école, mais cela ne concerne probablement pas un élève. Il resterait donc les adultes, comme les membres du corps enseignant... »

« Minerva McGonagall. » lança soudainement Ginny.

Luna lui jeta un regard surpris.

« C'est la directrice de Poudlard. »

Ginny connaissait ce détail grâce à Pansy, qui avait souvent parlé de la façon dont la directrice l'avait prise en grippe dès le début de ses études à Poudlard. La directrice avait été l'une des rares personnes à ne pas se laisser intimider par le comportement de Pansy ou par le prestige de sa famille, allant même jusqu'à lui donner des retenues. Pansy évoquait souvent cette femme qui avait marqué sa vie.

« Cela semble tout à fait plausible. » acquiesça Luna, impressionnée.

Il n'y avait désormais aucun doute sur cette théorie. Ginny se rappela d'un détail et commença à parcourir les pages pour obtenir confirmation. Elle s'arrêta à la date du match.

'Retrouver le Hibou Farouche chez le corbeau.'

Elle se souvenait avoir vu une enseigne avec un corbeau à l'entrée de la loge privée de la Gouverneure au stade des Harpies, où elle invitait des personnes de son cercle proche, professionnel et personnel, à assister aux matchs des Harpies de Holyhead, un club qu'elle sponsorisait. Le corbeau faisait référence à cet endroit. Elle regarda à nouveau la phrase.

'Retrouver le Hibou Farouche chez le corbeau.'

Les lettres "H" et "F", qui n'auraient normalement pas dû être en majuscules, attirèrent l'attention de Ginny. Elle se rappela alors l'officier du ministère qu'elle avait rencontré brièvement lors d'une rencontre discrète avec Cressida, loin des autres invités. Il s'appelait Henry Finley. Une onde d'excitation la parcourut en réalisant que la théorie des initiales de Luna était exacte et maintenant confirmée. Henry Finley avait fait une brève apparition le jour du match, et lorsque Ginny était retournée dans la loge après avoir écouté en secret la conversation entre cet homme et la Gouverneure, elle avait discrètement posé des questions à Katrina sur son identité. Elle s'était assurée de poser des questions sur plusieurs invités afin de ne pas éveiller de soupçons.

L'homme était un haut fonctionnaire du Département de la Coopération Magique Internationale, spécialement invité dans la loge de la Gouverneure pour ce match. Pourquoi la Gouverneure avait-elle ressenti le besoin de coder ses rendez-vous avec cet homme ?

Le souvenir de ce jour précis revint à l'esprit de Ginny. Elle s'était discrètement glissée dans la loge adjacente à celle de la Gouverneure et de l'homme, qui se trouvait être un fumoir. De là, elle avait pu entendre des bribes de leur conversation.

« Les discussions auront lieu au début du mois d'août. La plupart des institutions sont en congé à cette période, ce qui devrait nous garantir de la discrétion. » avait déclaré Henry Finley.

« Il est important que cela se fasse avant l'anniversaire de l'attentat et le jour de la Victoire. « Qui sait ce que les Lestrange préparent cette année pour l'occasion ? » avait répondu Cressida d'un ton grave. « Et qu'en est-il de nos amis ? »

« Ils ont dû faire preuve de discrétion, mais m'ont assuré que l'opération est toujours en cours. » avait répliqué l'homme.

« Le premier tour des élections sera décisif. » avait ajouté Warrington après un court silence, leur attention toujours divisée par le match visible à travers la vitre. « Certains clans négocient depuis des mois. »

Ils avaient continué à discuter des prévisions pour les élections à venir, et avaient même évoqué l'ascension rapide de Narcissa Malfoy au poste de Gouverneure suite aux problèmes de santé de son mari.

« Puisse Nestoria nous guider en ces temps troubles. » avait finalement conclu Cressida, mettant fin à la conversation. « Nous ne pourrons compter que sur sa miséricorde. »

À l'époque, cette conversation avait déjà paru étrange à Ginny. Maintenant, consciente du mystère entourant ce rendez-vous, elle comprenait que cela cachait probablement quelque chose de bien plus significatif. Ginny avait choisi de ne pas partager cette information avec Narcissa, préférant explorer ce qui lui semblait être une piste importante. Elle savait qu'elle devait conserver une longueur d'avance sur Narcissa, en qui elle n'avait pas entièrement confiance.

À quelles discussions et quels alliés faisaient-ils allusion ? Il semblait qu'un plan mystérieux était en cours de réalisation, et cela avait probablement un lien avec la politique. La dernière phrase de la conversation, en particulier, avait troublé Ginny. Qui était Nestoria ? Elle n'avait jamais entendu ce nom auparavant. Appeler quelqu'un d'autre que Voldemort était considéré comme un blasphème, surtout pour une Gouverneure et membre des Treize sacrés comme Cressida.

« Oh Luna ! Tu es incroyable. » s'exclama Ginny, se précipitant pour étreindre son amie. « Je ne sais pas comment te remercier. »

Luna lui rendit son sourire chaleureusement.

« Ce n'est rien, j'ai vraiment trouvé ça amusant de m'y pencher. Si tu as d'autres énigmes de ce genre, n'hésite pas à me les confier. » dit Luna avec un sourire.

Ginny acquiesça avec enthousiasme, ravie par la résolution du mystère par son amie. Elle se sentit revigorée et pleine d'énergie pour le reste de la journée, galvanisée par la percée de Luna. Après de longs moments de frustration face à l'énigme de l'agenda, elle avait enfin quelque chose de concret à présenter à Narcissa. Celle-ci, sans aucun doute, apprécierait les informations de valeur que Ginny était sur le point de lui apporter. Depuis l'obtention de sa Grâce Ministérielle et depuis le départ arrangé de sa famille pour le Royaume-Uni, Ginny se sentait encore plus redevable envers Narcissa. Elle était déterminée à lui fournir les informations demandées sur la Gouverneure, bien que la tâche fût complexe.

De nouveau, elle omettrait les détails de la conversation surprise entre la Gouverneure et Henry Finley lors du match des Harpies. Cette conversation l'avait intriguée et semblait cacher un plan d'une grande importance.

Luna s'excusa pour aller recevoir un massage, et Pansy rejoignit le groupe, apparaissant bien plus reposée que lors du petit-déjeuner. L'après-midi se déroula dans la détente et les rires. Ils passèrent presque toute la journée à se prélasser sur la terrasse privée du spa, ou à recevoir des soins diverses et variés de la part des employés. Ils ne quittèrent le centre de bien-être qu'en fin d'après-midi, avec l'intention de se retrouver pour dîner ensemble. Le soir-même, l'hôtel organisait apparemment une soirée sur le thème casino. Ce genre d'événements était monnaie courante selon Pansy. Luna, Neville et cette dernière s'y rendraient, laissant à Draco et Ginny l'occasion de passer une soirée romantique.

De retour dans sa suite, Ginny jeta un coup d'œil à l'horloge. Encore deux heures avant de retrouver Draco, songea-t-elle avec impatience. Se sentant d'humeur taquine, elle saisit son miroir à double sens pendant qu'elle continuait à se préparer pour le dîner. Quelques secondes plus tard, le visage de Draco apparut dans le reflet du miroir.

« Tu en as encore pour longtemps ? Je vais devoir t'attendre combien de temps ce soir ? » demanda-t-elle.

« Non, je devrais avoir terminé juste à temps pour la fin de votre dîner. » répondit Draco.

Ginny hocha la tête avec satisfaction.

« Que penses-tu de ma robe ? » demanda-t-elle d'un ton espiègle, lui montrant sa tenue à travers le miroir.

Elle portait une robe noire qui épousait sa silhouette à la perfection.

« Tu es incroyable. » complimenta-t-il sincèrement.

« Attends de voir ce que je porte dessous. » dit-elle, faussement innocente, un sourire malicieux aux lèvres.

Avec une lenteur étudiée, elle desserra le lacet à l'avant de sa robe, relâchant légèrement le vêtement au niveau du décolleté et révélant les détails de sa lingerie séduisante - un body en dentelle de couleur vert sombre, agrémenté de délicats lacets. Elle avait acheté l'ensemble lors d'une visite dans une boutique chic sur le Cours Écarlate, initialement pour Pansy. En attendant que la vendeuse prépare la commande de Pansy, Ginny avait été captivée par cet ensemble porté par un mannequin qui changeait régulièrement de position pour mieux mettre en valeur la lingerie. Elle avait immédiatement craqué pour le body corseté, complété par un porte-jarretelles et des bas d'un élégant vert empire, persuadée que cela plairait à Draco.

En voyant l'effet de sa tenue sur Draco, Ginny sut qu'elle avait choisi la bonne stratégie. Même à travers le miroir, elle pouvait voir son regard s'obscurcir d'envie. Elle ajusta sa robe pour recouvrir à nouveau sa lingerie.

« Montre-moi le reste. » insista Draco, captivé.

Ginny secoua la tête avec fermeté.

« Juste un petit aperçu ? » tenta-t-il, cherchant à négocier.

« Je viens de te donner un aperçu, Draco. » rappela-t-elle en roulant des yeux, bien que son sourire espiègle ne disparût pas.

« C'était trop rapide, je n'étais pas prêt et je n'ai pas vraiment eu le temps de bien regarder. » prétendit-il. « Juste une minute... pour m'aider à patienter jusqu'à ce soir ? »

Elle secoua à nouveau la tête.

« Non, tu vas devoir patienter et venir la retirer toi-même plus tard, mon amour. » dit-elle, mutine.

La manière dont Draco la dévorait du regard avec avidité déclencha une vague de chaleur en elle. Ginny se sentait infiniment désirable sous son regard admiratif, une sensation enivrante.

« Comment peux-tu me montrer ça maintenant alors que je m'apprête à enchaîner deux réunions importantes ? Comment suis-je censé me concentrer ? » se lamenta-t-il avec dramatisme. « C'est de la torture, Ginevra. »

« Je te conseille de les expédier rapidement, alors. » répliqua-t-elle, taquine.

« Si tu savais tout ce que j'ai envie de te faire. » dit-il d'une voix rauque, emplie de désir.

Un bruit de fond se fit entendre à travers le miroir, indiquant que quelqu'un d'autre était entré dans son bureau. Draco se tourna brièvement pour répondre sèchement à une probable assistante, visiblement agacé par l'interruption. Il reporta ensuite son attention sur Ginny.

« Ma réunion va commencer. » informa-t-il. « À plus tard, trésor. »

La communication se coupa brusquement, laissant Ginny seule avec ses pensées. Elle acheva ses préparatifs avant de quitter sa suite pour rejoindre ses amis. Elle les retrouva sur la terrasse du restaurant principal de l'Augurey Magistral, une section leur ayant été réservée. Leur table, entourée de plantes, offrait une intimité appréciable. Ils étaient suffisamment éloignés des autres clients pour discuter librement.

Le repas fut marqué par une conversation animée, principalement dominée par Pansy qui décrivait sa nouvelle gamme de produits. Dans le cadre de sa marque, elle lançait occasionnellement des collections limitées, cette fois-ci centrées sur des produits pour adultes destinés principalement à une clientèle féminine. Elle avait intitulé cette collection "Au Bonheur des Sorcières", comprenant cinq gadgets conçus pour maximiser le plaisir féminin. La semaine suivante, une boutique éphémère ouvrirait sur le Cours Écarlate pour deux semaines seulement. La veille du lancement, Pansy organisait une soirée exclusive pour son cercle proche et quelques fans chanceux ayant gagné des invitations via un concours. L'accès à la boutique serait uniquement sur rendez-vous, et tous les tickets étaient déjà vendus. Comme toujours, chaque initiative de Pansy rencontrait un succès fulgurant, peu importe le produit lancé.

Le dîner fut à la fois plaisant et divertissant, animé notamment par les récits de voyage de Pansy et Luna, qui racontaient leurs expériences après avoir consommé des substances hallucinogènes. Malgré l'étrangeté de leurs aventures, Ginny devait admettre que leur nouvelle complicité fonctionnait étonnamment bien. Leur duo formait le tandem le plus déjanté et chaotique qu'elle avait vu depuis des lustres.

Alors qu'elle essuyait les larmes d'hilarité perlant sur ses joues, Ginny prit conscience qu'elle n'avait pas ri aussi franchement depuis bien longtemps. Elle ressentait une profonde gratitude d'être entourée de ses amis les plus proches pour partager de tels moments. Elle aurait aimé qu'Hermione puisse se joindre à eux, mais elle savait que cela resterait impossible. Néanmoins, elle espérait avoir bientôt de ses nouvelles.

Après le repas, Ginny, légèrement éméchée, se dirigea vers sa suite. Comme la veille, le dîner avait été copieusement arrosé. Ses trois amis, quant à eux, se dirigèrent vers le hall où se tenait la soirée casino. Une fois dans sa suite, Ginny fit couler de l'eau dans l'imposante baignoire à remous. Lorsque celle-ci fut remplie, elle s'y glissa et laissa échapper un soupir de bien-être, les bulles massant agréablement son dos. Quelques instants plus tard, elle fut tirée de sa relaxation par la sonnerie de la porte.

« Entrez. » cria-t-elle, d'une voix forte.

Elle entendit une porte claquer et Draco apparut dans l'embrasure de la grande salle de bain. Un sourire malicieux éclaira son visage tandis qu'elle caressait le bord de la baignoire.

« Tu me rejoins ? » lui proposa-t-elle.

Sans se faire prier, Draco commença à se déshabiller sous le regard appréciateur de Ginny, qui examinait son corps parfaitement sculpté. Elle se redressa pour mieux l'observer alors qu'il entrait dans l'eau, prenant place en face d'elle.

« J'ai besoin d'un verre. » soupira Draco.

Ginny désigna du doigt une petite table en verre sur laquelle reposait une bouteille d'hydromel blanc entourée de glaçons, à côté de verres vides. Draco agita sa baguette et la bouteille s'anima, remplissant les verres qui glissèrent ensuite vers eux à travers les airs. Draco saisit le sien et l'engloutit presque d'un trait, provoquant chez Ginny un regard à la fois étonné et amusé.

Sous l'effet des vapeurs du bain, Ginny souleva sensuellement son pied pour caresser le torse de Draco. De sa main libre, il attrapa la cheville de Ginny, la tenant fermement avant de déposer une série de baisers le long de son tibia, la faisant frissonner.

« Approche. » ordonna-t-il, posant son verre maintenant vide sur le rebord de la baignoire.

Ginny se redressa sans hésitation, faisant attention à ne pas renverser son verre. Elle glissa vers lui et s'installa entre ses jambes. Draco entoura sa taille de ses bras et la tira doucement vers lui. Ginny se laissa reposer contre son torse alors qu'il prenait une noisette de gel moussant dans sa main pour masser doucement ses épaules et son haut du dos.

« Comment se passe le séjour ? Tu as apprécié ta journée ? » demanda-t-il.

Elle hocha vigoureusement la tête.

« Tout est tellement… parfait. Je me sens vraiment comme une princesse avec tous ces traitements spéciaux. » dit-elle avec ravissement. « Merci infiniment. »

« C'était l'intention. » avança Draco, une expression de satisfaction s'installant sur son visage.

« Et toutes ces fleurs et ces attentions. Je ne savais pas que tu pouvais être aussi romantique. C'est tout simplement parfait. » ajouta-t-elle d'un ton mutin. « En plus de ça, j'ai le luxe de t'avoir pour moi toute seule ce soir. Je suis vraiment la plus chanceuse. »

« Je suis tout à toi ce soir. » lui confirma-t-il, accentuant le frisson qui la parcourait. « D'ailleurs, tu devrais t'hydrater, princesse. La nuit s'annonce longue. »

Il avait ajouté cela d'un ton moqueur, désignant d'un signe de la tête le verre non entamé dans sa main.

« J'ai déjà tellement bu au dîner. » confessa Ginny avec un soupir. « Je crains de m'endormir si je continue. »

Draco saisit délicatement sa main, la portant à ses propres lèvres pour boire une gorgée de l'hydromel. Ginny l'observa alors qu'il vidait le verre d'un trait, une expression de surprise et d'amusement peinte sur son visage.

« Ça a vraiment été ce genre de journée ? » demanda-t-elle tandis qu'elle relâchait le verre désormais vide, qui lévita de lui-même vers la petite table.

« A vrai dire, ma journée se déroulait plutôt normalement avant qu'une certaine princesse tentatrice vienne la perturber avec sa torture. » commenta Draco d'un ton dramatique. « Ma dernière réunion a été un calvaire. »

« Oh, vraiment ? Et pourquoi cela ? » demanda Ginny, feignant l'innocence.

« Je n'ai pas pu me concentrer une seule seconde. Je n'avais qu'une chose en tête : cette princesse tentatrice. » Draco laissa ses mains glisser sur ses bras couverts de mousse, mélangeant massage et caresse.

« Et à quoi pensais-tu exactement ? » continua Ginny, frissonnant sous l'effet de son toucher.

« Je pensais à tout ce que je voulais te faire. » avoua-t-il en poursuivant ses caresses. Ses mains descendirent le long de ses épaules jusqu'à sa poitrine, la faisant frémir sous l'effet du désir qui montait en elle. « Et il est maintenant temps de passer du rêve à la réalité. »

Draco se pencha vers elle, les yeux remplis de promesses, visiblement prêt à mettre en pratique ses paroles.

Lorsque Ginny ouvrit de nouveau les yeux, quelques heures plus tard, la pièce était plongée dans une lumière faible. Draco dormait paisiblement à côté d'elle, et elle prit un moment pour l'observer en silence.

Perdue dans ses pensées, elle ne remarqua pas le lever de l'aube tant qu'un filet de lumière ne perça pas les rideaux épais. Une main caressa doucement sa joue, et elle tourna son regard vers Draco qui venait de se réveiller. Ses yeux gris la scrutèrent dans la pénombre. Un sourire timide naquit sur ses lèvres, et elle posa sa main sur la sienne, se fondant dans sa paume.

« Tout va bien ? » demanda-t-il d'une voix encore ensommeillée.

Elle hocha simplement la tête.

« Quelle heure est-il ? » demanda-t-il d'une voix ensommeillée.

« Il est encore tôt. » répondit-elle. « Tu as le temps. »

Draco commençait habituellement ses journées tôt, mais l'avantage de leur emplacement actuel était qu'il n'avait pas à se déplacer loin pour se rendre au bureau.

« J'espère que tu as faim. » dit-il en jetant un œil à sa montre. « J'ai demandé qu'on nous apporte le petit-déjeuner ici ce matin. »

« Après toute cette activité, je suis affamée. » répondit-elle avec un sourire espiègle.

« Parfait, juste le temps pour une douche rapide. » dit-il en se levant.

Il contourna le lit pour rejoindre son côté, la confusion marquant le visage de Ginny.

« Et bien sûr, tu viens avec moi. » annonça-t-il en la soulevant avec aisance pour la porter jusqu'à la salle de bain, provoquant son rire.

Alors qu'elle enroulait ses bras autour de sa nuque, une pensée marquante traversa l'esprit de Ginny. Elle aurait voulu que ces moments durent éternellement et que ces souvenirs se gravent indélébilement dans sa mémoire.

Avec Draco, tout semblait si évident.

Il était à elle, et elle à lui.

Leur lien transcendait leurs différences. Elle ne voulait plus subir les pressions extérieures ni les critiques de ceux qui empêchaient de s'aimer librement. Qu'il s'agisse de la société, du Coven Sacré ou de Narcissa Malfoy, elle en avait assez de laisser les circonstances extérieures et les manipulations influencer leur relation.

Elle désirait qu'ils appartiennent enfin l'un à l'autre sans limites, sans contraintes.

Et elle était prête à tout pour prendre le contrôle de son destin.


J'espère que ce chapitre vous a plu ! C'est officiellement le plus long de l'histoire (et même encore plus long que prévu !). Je ne reviens pas les mains vides après ma longue absence… Ce chapitre contient deux scènes bonus (eh oui, deux !) : une avec Narcissa/Allegra et une autre avec Draco/Ginny.

Comme d'habitude, si vous avez laissé un commentaire par le passé, vous pouvez obtenir ces bonus.

Pour cela, envoyez-moi un message privé direct sur le site (c'est le plus simple) ou un email à itsfearlessuntamed AROBASE gmail . com en précisant votre pseudo.

En attendant, n'hésitez pas à me dire ce que vous avez pensé de ce chapitre (j'ai besoin de motivation, clairement !) et on se voit bientôt pour la suite !

Fearless