Musiques : Kakugo (Jigoku Shoujo, OST 1), Kuruidashita Haguruma (Jigoku Shoujo, OST 2)


Note : Suite du chapitre 6, choix 2.


Choix 2 : (Tourner les talons et courir après l'inconnue)


Pride s'arrêta net, tourna la tête. Pendant quelques instants, il suivit du regard cette jeune femme intrigante. Sans s'en rendre compte, il pivota d'un seul mouvement… et s'élança. Ce fut plus fort que lui. Un appel irrésistible.

« Plus vite. Rattrape-la ! »

Cette voix, à nouveau. Il ne savait pas s'il l'entendait réellement ou s'il l'imaginait. À qui appartenait-elle ? Était-ce celle de cette femme ? Non… Le timbre était trop bas, mais pas assez pour être celui d'un homme d'âge mûr. Peut-être celui d'un jeune homme… d'un jeune garçon, plutôt.

Sans doute cette inconnue aurait-elle été en mesure de le lui dire.

Pride sentait qu'elle l'aurait pu.

Il en était même sûr.

Il tendit la main. Cette soldate était encore si loin… Mais s'il donnait au moindre muscle de son corps l'impulsion suffisante pour combler l'écart, il pourrait…

« Où tu crois aller, là ? »

Quelque chose tira sur le col de son uniforme et le ramena en arrière aussi sec. Pride eut à peine le temps de couiner de surprise qu'il se retrouva plaqué contre le mur, nez à nez avec une paire d'yeux améthyste dans laquelle flamboyait une émotion qu'il commençait à connaître par cœur : la colère. Il s'y mêlait un autre sentiment, plus diffus, plus complexe, mais le garçon n'eut pas le loisir de l'analyser. Son corps avait plus important à penser ; il manquait d'air. L'avant-bras de son aîné s'était fiché dans sa gorge. Ce faisant, il lui bloquait tout mouvement ainsi que toute velléité de rébellion.

Le message ne devait toutefois pas être assez clair, puisque le blond agrippa le poignet de son vis-à-vis et se tortilla pour chercher à se dégager.

Mal lui en prit.

Envy appuya plus fort encore. Bien vite, Pride comprit qu'il avait tout intérêt à capituler dans les plus brefs délais, sans quoi il perdrait une vie. Mais sa servilité, qui d'ordinaire suffisait à calmer l'ire du brun, ne lui fut ici d'aucun secours.

« Je t'ai posé une question », répéta l'androgyne en détachant chaque syllabe avec la plus grande lenteur. « Où. Tu crois. ALLER ? »

C'était à croire qu'Envy ne se souciait plus d'attirer l'attention. En même temps, la troupe de soldats avait passé son chemin depuis belle lurette. Quant à l'inconnue, elle s'était volatilisée elle aussi.

Le temps de faire cette constatation, l'Orgueilleux se prit une claque retentissante. Le souffle coupé par le choc, ou peut-être parce que son camarade l'étranglait toujours, il garda la tête inclinée sur le côté.

« Tu me regardes, quand je te parle », gronda le brun. Sa main fusa vers les cheveux de sa victime, qu'elle empoigna. « Et tu réponds. Je ne le répéterai pas une troisième fois. »

Pride articula quelque chose d'inaudible dans l'espoir de faire comprendre à Envy qu'en lui bloquant les cordes vocales de la sorte, il n'obtiendrait pas grand-chose de lui. L'intéressé poussa un sifflement d'agacement, comme si la faute incombait au martyr. Ce ne fut qu'après quelques secondes supplémentaires qu'il se décida à relâcher la pression, mais sans pour autant le laisser libre de ses mouvements.

Un coup sec sur la chevelure d'or lui apporta enfin la réponse tant attendue :

« J'ai cru voir… une femme… »

Pride, haletant, plissa les yeux comme s'il ne savait pas très bien lui-même pourquoi cette simple vision l'avait poussé à détaler comme un lapin en sens inverse. Il avait laissé Envy en plan alors qu'il lui avait expressément demandé de ne pas s'exposer. Avec le recul, lui-même trouvait cela stupide.

« Une femme ? » répéta l'éphèbe, les babines retroussées. Il repoussa son élève avec rudesse. « Tu t'appelles Lust ou Pride ? Si tu commences à courir les jupons de toutes les nanas qui passent, tu vas finir comme Greed. Tu le connais pas, mais crois-moi, t'as pas envie. »

Ce n'était pas la première fois que Pride voyait Envy comme ça, mais c'était toujours aussi impressionnant. Un tic nerveux agitait sa tempe. Son bras droit tremblait. Pourtant, contrairement à ce à quoi le fautif s'attendit, aucun coup ne suivit. Le jeune homonculus en resta coi de surprise. S'il savait bien une chose à force d'en avoir fait les frais, c'était que quand son frère était dans cet état-là, son self-control était réduit à néant. Il fut donc soulagé d'obtenir grâce quand l'Envieux rendit son verdict :

« Je laisse passer pour cette fois, mais ce sera la dernière. Alors, t'es gentil, t'évites de te taper des sprints dès qu'une mouche te pique, tu fermes ta jolie petite gueule et tu marches bien sagement à côté de moi. Pigé ? »

Le brun le poussa en avant sans ménagement. Pride, à présent tout ébouriffé sous son képi qui ne tenait plus que par miracle, adressa à son frère un regard craintif. Il hocha la tête pour confirmer qu'on ne l'y reprendrait plus et se mit en route sans regimber. Son camarade était au bord de l'explosion. Autant faire profil bas.

Envy, en effet, fulminait. Pourquoi ? Car l'espace d'un instant, quelque chose avait supplanté l'ordre qu'il avait donné à Pride. C'était la seconde fois que cela se produisait, en peu de temps, qui plus était.

Et ça, il ne le tolérerait pas.

Il dévisagea son disciple tandis qu'il bataillait avec ses cheveux pour les replacer sous son couvre-chef. La dernière fois que le jeune ingénu lui avait désobéi, c'était pour foncer retrouver un inconnu, dont les mots l'avaient plongé dans une transe fatale ; celle qui avait réveillé une mémoire endormie. Là, pas de transe, certes, mais une insubordination significative. Il fallait un élément perturbateur assez puissant, assez important aux yeux de son cadet pour le pousser à la faute.

« Une femme », hein ?

Bien qu'il ne l'eût qu'entraperçue, Envy avait bien sa petite idée sur son identité.

Les pupilles de l'Envieux se rétractèrent. Il se rappela les paroles de leur père :

« Si cette humaine s'avérait trop gênante, je compte sur vous pour prendre les mesures qui s'imposent. »

Un sourire dément illumina le visage du polymorphe. Il allait les prendre, ces « mesures ». Pas plus tard que ce soir. Et ô, chance inouïe, il avait justement l'outil idéal pour ce faire.

Oh, comme il allait prendre son pied ! ~


À suivre…


Voilà voilà ! Bravo à ceux qui avaient trouvé du premier coup la bonne option ! ;D (Qui avait eu du nez, pour celle-ci ? Dites-le-moi en commentaire ! x)) Maintenant que les bases sont posées et que j'ai moins de choses à expliquer, j'espère pouvoir vous proposer au prochain chapitre un récit moins dense, niveau infos ! u.u'

Allez, à la semaine prochaine :3


White Assassin