Musiques : Crisis in the North (FMAB, OST 2), Clash of the Alchemists (FMAB, OST 1)
Note : Cette semaine, on continue avec Roy ! Et pour ne rien gâcher, vous allez pouvoir faire votre premier choix avec lui :D Espérons que vous serez inspirés :p
Chapitre 13 : Mauvais timing
Le temps sembla se figer autour de lui lorsque Roy découvrit, dans un petit encadré négligé coincé entre deux grosses rubriques du journal qu'il tenait entre ses mains tremblantes, la mention d'un fait divers. Il avait visiblement secoué l'armée la veille, au petit matin. On avait retrouvé des traces d'échanges de coups de feu dans les douches des hommes du Q.G. militaire de Central… mais surtout, le lieutenant Riza Hawkeye, toute nouvellement promue secrétaire du généralissime, avait manqué à l'appel.
Une enquête avait été ouverte et la maison de la jeune femme, perquisitionnée. Quoiqu'il ne s'y fût trouvé personne, les premières investigations prouvaient que l'endroit avait été vandalisé. L'une des fenêtres de la façade arrière avait été brisée. On soupçonnait une intrusion, mais l'article était si succinct qu'il était difficile d'en savoir beaucoup plus – en même temps, rien d'étonnant si l'affaire était toute fraîche. Le journaliste expliquait néanmoins que les balles retrouvées dans les douches correspondaient au calibre de l'arme de service de la secrétaire et qu'un soldat stationné dans la cour intérieure du Q.G. l'avait vue courir au premier étage de celui-ci la nuit précédente.
Le reste n'était qu'hypothèses : le rédacteur supputait que la blonde s'y serait battue avec une tierce personne. L'individu l'aurait ensuite poursuivie jusque chez elle, selon toute vraisemblance. Après cela, le mystère demeurait entier.
La seule chose sûre, c'était que le lieutenant Hawkeye était désormais portée disparue.
Roy ne sut qu'en penser, mais il y avait là suffisamment d'éléments pour que son cœur s'emballât. Une bouffée d'inquiétude le submergea comme rarement. Il jeta à plat le journal sur le lit dans un geste d'humeur et contint de justesse un juron.
Que s'était-il passé ?! Riza, « portée disparue » ?! C'était à la mode, en ce moment, visiblement. Combien d'affaires closes avec ces deux petits mots ? En tout cas, il était hors de question pour lui de rester là sans broncher alors qu'il était peut-être arrivé à sa subordonnée ce qu'il redoutait de pire.
Roy se leva d'un coup, sifflant de douleur en prenant appui sur son pied blessé. Tant pis pour la discrétion. Il allait de ce pas s'assurer de la véracité de cet article. Si Riza était en danger… Il ne… Il ne… !
Minute. Ne fais pas n'importe quoi. Tu ne peux pas y aller comme ça.
Non. Il devait prévenir son hôte. Il ne pourrait pas se rendre chez sa subalterne à pied, la bouche en cœur et la fleur au fusil. Avec la poisse qui lui collait à la peau en ce moment, il allait certainement croiser un quelconque troufion sur la route et se faire embarquer. Il n'allait pas avoir le choix, ce serait en voiture ou rien.
Le général se dirigea vers la chambre annexe et tambourina à la porte.
« Docteur ! »
Il savait que l'accueil ne serait pas de premier choix à une heure pareille, mais l'avait-il, lui, le « choix » ? Il devait tirer tout ça au clair, et pas plus tard que tout de suite. Pourquoi Riza avait-elle disparu ? D'ailleurs, était-ce seulement vrai ? Était-elle blessée ? Simplement partie ? Ou – il n'osait y croire – morte ? Si oui, com…
Non.
Il ne devait pas penser au pire. Si le docteur Knox ne lui avait rien rapporté la veille, c'était que Riza était vivante. Il était médecin légiste, il aurait forcément vu sa dépouille passer à la morgue, si elle avait été retrouvée. Aucun corps n'avait donc été découvert. Autrement dit, soit quelqu'un s'en était débarrassé à l'abri des regards, soit Riza était encore en vie. Or, Roy doutait que, si elle avait été tuée, on eût manqué l'occasion de prouver sa mort, afin de faire se tenir à carreau d'autres gêneurs, en exhibant son cadavre dans un simulacre d'enterrement tel que celui auquel il avait eu droit.
Conclusion, sa subordonnée était sauve. Peut-être en danger, mais toujours de ce monde. Quoi qu'il en fût, Roy allait devoir enquêter et démêler ce fil de nœuds. Et vite.
« Quoi ? » gronda une voix depuis l'intérieur de la chambre close, après un énième coup à la porte.
Celle-ci s'ouvrit sur le docteur Knox, plus maussade encore que d'habitude. L'homme s'était évidemment levé du pied gauche après ce réveil en fanfare.
« Désolé de vous déranger si tôt, mais je dois emprunter votre voiture », exposa Roy d'un ton qui ne souffrait aucune réplique.
« Pardon ?
— Je sais, je vous en demande beaucoup. Mais c'est une question de vie ou de mort. Je ne me permettrais pas, autrem… »
Roy se prit un livre en pleine tête. Le médecin venait de le saisir à la vitesse de l'éclair dans le bazar qui lui servait de chambre et l'avait abattu sur le haut de son crâne sans cérémonie. Manifestement, quelle que fût la pièce, le rangement n'était pas son fort.
« Imbécile ! » s'exclama le docteur. « Où iriez-vous ? Et comment ? Vous ne pouvez toujours pas conduire, avec votre pied ! L'accélérateur, vous allez l'actionner avec votre genou ?! Vous essayez de saboter tout mon travail ou vous avez complètement perdu l'esprit ? »
Roy grimaça. Flûte.
Je n'avais pas pensé à ça. Mais…
« Je m'arrangerai. Je n'ai pas le choix. »
Il présenta le journal à son hôte. Ce dernier loucha sur l'article que Roy lui désignait et alla chercher ses lunettes pour y voir plus clair. Le temps pour le général de quitter en vitesse son pyjama et d'aller se changer. Quand le docteur revint vers lui, il était, lui aussi, grossièrement apprêté. Roy, qui enfilait une écharpe, s'étonna :
« Qu'est-ce que vous…
— Je vous accompagne. Je serai votre chauffeur. Après tout… Si vous vous faites pincer, je serai le premier embêté, vu qu'ils remonteront forcément jusqu'à moi. Alors, autant mettre toutes les chances de notre côté en prenant le volant plutôt qu'en laissant conduire un infirme. Vous vous feriez choper en deux-deux. »
Roy eut un sourire embarrassé. Il s'apprêtait à remercier le docteur lorsque celui-ci le coupa d'une voix forte :
« Rah ! Qu'est-ce qu'il faut pas faire pour vous, les jeunes ! Toujours à courir partout ! Et c'est comme ça que vous comptez prendre la relève de ce pays ? Tch ! »
Knox maugréa tout ce qu'il put tout en accompagnant Roy au garage, mais celui-ci ne fit aucune remarque. Il demandait à son hôte de jouer sa propre vie et peut-être même celle de sa famille – bien qu'il ne la vît plus –, tout ça pour une histoire qui ne le concernait pas directement. Le brun ne se sentait pas en droit de lui reprocher ses grognements d'ours mal léché.
Les deux hommes montèrent dans la voiture. Roy s'allongea sur la banquette arrière. Son chauffeur jeta sur lui un plaid pelucheux qui avait bien vécu – à en juger par les trous qu'il comportait, et ordonna :
« Surtout, ne sortez pas de là-dessous tant que nous ne sommes pas arrivés. Vous restez bien planqué, et si jamais je m'arrête pour une raison ou pour une autre, sans vous faire signe… ne bougez pas non plus. On sait jamais. Depuis l'attentat, nos amis en uniforme sont plus nombreux et sur les dents. Même à cette heure, il n'est pas exclu qu'il y ait un ou deux soldats qui traînent. S'ils nous contrôlent, faites le mort. »
Roy acquiesça et se roula en boule sous la couverture. Il eut un sourire amer. Il prévoyait de devenir à son tour le dirigeant de ce pays, l'homme vers qui tout le monde aurait le regard tourné… et le voilà qui se planquait sous un vieux plaid, à l'abri de celui du moindre passant.
Quelle misère… Enfin ! On n'obtient rien sans donner quelque chose en échange, pas vrai ?
« Et où allons-nous ? » s'enquit le conducteur en sortant la voiture de l'allée pour s'engager sur la route, encore déserte.
Roy réfléchit un moment. Là, comme ça, tout de suite, il voyait deux possibilités, chacune présentant autant d'avantages que de risques.
La première était la maison de Riza. Elle devait être sous haute surveillance après ce qu'il s'y était passé, mais pas forcément. Si l'armée estimait l'affaire simple – ou pire, si elle y était mêlée –, elle n'avait aucune raison de faire du zèle en y envoyant toute une équipe d'enquêteurs – surtout pas si tôt. Peut-être que les échanges de coups de feu au Q.G. avaient davantage retenu l'attention de ceux-ci, à supposer, encore une fois, qu'il y en eût. Dans ce cas, Roy pourrait dénicher des indices chez sa subordonnée et découvrir lui-même ce qui lui était arrivé. De là, il pourrait espérer trouver un moyen de la contacter.
La seconde option, c'était la maison des frères Elric. Comme Roy l'avait constaté en envoyant le docteur sur place – ou, du moins, aux alentours –, elle était, elle aussi, bien gardée. Néanmoins, il était probable qu'elle ne le fût plus, et pour une raison bien simple : elle n'était pas si éloignée que cela de chez Riza. Il y avait fort à parier que les effectifs présents étaient plutôt allés passer au peigne fin le domicile de la prétendue disparue. Entre une maison vide depuis des mois et une affaire encore toute chaude, il était facile de deviner vers où se porterait l'intérêt de leurs dirigeants, qui savaient pertinemment ce qui était arrivé aux frères Elric de toute manière.
De plus, il y avait une infime chance pour que Riza eût trouvé refuge chez eux. Elle possédait un double de la clef, qu'Alphonse lui avait donné lorsque le Fullmetal avait été kidnappé. Enfin, là-bas, Roy pourrait également trouver quelques livres d'alchimie dont l'adolescent ne se séparait jamais. Peut-être lui permettraient-ils d'en apprendre plus sur les homonculi. Pas sûr de dénicher quelque chose d'intéressant, mais s'il ne trouvait pas sa subordonnée, il pourrait au moins investiguer à ce sujet. Après tout… Il avait une vengeance à assouvir ; elle le rongeait jusqu'aux os – surtout ceux qui le faisaient toujours souffrir. La moindre information supplémentaire à propos de ces monstres pourrait s'avérer décisive dans le combat qui les opposerait tôt ou tard.
« Alors ? » insista le docteur Knox en déboulant sur l'artère principale.
Choix 1 : « Chez les frères Elric. Je vais vous guider. »
Choix 2 : « Chez le lieutenant Hawkeye. Je vais vous guider. »
...
Eh bien ? Où irez-vous ? Pour y découvrir quoi ? C'est à vous de décider ! Rendez-vous au choix que vous aurez fait ! ;D
White Assassin
