Musiques : No Answer (FMAB, OST 2), Jigoku Tsûshin et Kakugo (Jigoku Shoujo, OST 1)
Note : Suite du chapitre 13, choix 1.
Choix 1 : « Chez les frères Elric. Je vais vous guider. »
« Chez les frères Elric. Je vais vous guider », répondit Roy, toujours caché sous la couverture.
Pourvu que son intuition fût la bonne… Il misait peut-être trop sur la chance de ne croiser aucun militaire, mais il était persuadé de pouvoir trouver quelque chose, là-bas ; Riza, idéalement. En tout cas, il l'espérait de tout cœur.
La route dura tout au plus dix minutes, puisque le trafic était très fluide – voire inexistant – à cette heure. Personne dans les rues encore ensommeillées, que seules les quelques lueurs timides de l'aube à l'horizon ainsi que de rares lampadaires révélaient. Roy s'en voulait d'avoir forcé le docteur à se lever si tôt pour satisfaire son caprice, mais bon. Il s'agissait d'un cas d'extrême urgence, et il ne manquerait évidemment pas de lui rendre la pareille à l'occasion.
« Là ! Prenez cette rue sur la gauche ! » indiqua-t-il.
En tout cas, la première chose qu'il pouvait faire, c'était éviter de mettre en péril la vie de son bienfaiteur, en le faisant se garer à l'écart de leur objectif. Ainsi, si des militaires débarquaient, le docteur aurait au moins une chance de s'échapper et de rester hors de cause.
Après avoir entendu le moteur s'arrêter et senti quelques tapes prononcées sur la couverture, Roy rabattit celle-ci et s'en extirpa.
Fiouh… Enfin, je respire !
L'horrible odeur de cette pelure, qui oscillait entre lourd parfum d'homme et de poussière, n'était décidément plus tenable. Mais alors que le fugitif jetait un regard dégoûté au plaid miteux responsable de sa suffocation, quelque chose entra soudain dans son champ de vision.
« Tenez. »
Le général loucha sur l'objet que le docteur lui tendait. Un revolver. Il leva les yeux tandis qu'il prenait l'arme en main et rencontra le visage sombre de Knox.
« Je n'ai que ça, et il ne doit pas être chargé à bloc. Si mes souvenirs sont bons, il contient deux ou trois balles, pas plus. Mais ce sera mieux que rien si vous vous faites coincer. Après tout, vous n'avez plus vos gants, et comme vous le savez, j'ai arrêté de fumer y a belle lurette, donc pas de briquet à vous filer. Vous ferez aller. »
Son regard se fit plus dur encore.
« Faites-en bon usage, et par pitié, évitez de me donner du travail en rab.
— Pour tout vous dire… », répondit Roy, gêné. « Je n'ai jamais vraiment su tirer. À moins que le hasard soit en ma faveur, il y a peu de chances que j'aie le dessus sur qui que ce soit avec ça. Mais merci quand même. »
Roy ne tenait pas non plus à faire des victimes inutiles – ni à mourir, cela allait de soi. Si des soldats montaient la garde au domicile des frères Elric, les pauvres n'avaient probablement aucune idée des magouilles étatiques auxquelles ils prenaient part malgré eux. On ne confiait pas ce genre de basse besogne à l'élite. Le général espérait donc ne pas se faire remarquer par cette bleusaille, s'il y en avait, au risque de se retrouver confronté à un sacré cas de conscience. D'autant que, comme il l'avait expliqué, ses performances en matière de tir étaient bien plus modestes – et aléatoires – que celles du fameux « Œil de faucon ». Même armé, s'il n'avait d'autre choix que d'engager le combat, il ne donnait pas cher de sa peau sans son arme favorite, à savoir l'alchimie.
Roy adressa malgré tout un signe de tête entendu à Knox et enfila un manteau prêté par ce dernier, assorti d'une casquette qui lui permettrait de dissimuler un tant fût peu son visage aux curieux. Le général inspecta sa dégaine dans le rétroviseur. Il ressemblait à un civil inoffensif. Bon, avec son couvre-chef rabattu comme ça, il avait l'air un tantinet louche, mais son déguisement avait le mérite de faire son office. Ainsi, personne ne le reconnaîtrait. De loin, à tout le moins.
Le brun s'assura d'un coup d'œil qu'il pouvait sortir sans risque. Personne. Pourvu que les deux autres rues qu'il aurait à parcourir jusqu'à la maison des frères Elric fussent elles aussi désertes…
« J'y vais. Si d'ici une heure, vous ne me voyez pas revenir, c'est que j'aurai eu quelque… mésaventure. Dans un cas comme dans l'autre, vous ne pourrez plus rien pour moi. Alors, je compte sur vous pour décamper aussi sec. N'allez pas vous mettre en danger, votre famille en pâtirait également. »
Knox grimaça pour signifier qu'il avait compris l'enjeu, mais que l'idée d'abandonner le général à son sort ne l'enchantait guère. Il se gratta l'arrière du crâne, comme s'il cherchait quels mots de réconfort il pourrait lui adresser, mais opta finalement pour :
« Allez, filez ! »
Roy sourit. Il voyait bien que le docteur s'inquiétait pour lui. Il ne lui en fit cependant pas la remarque et sortit du véhicule. Il marcha ensuite d'un bon pas jusqu'à trente mètres de l'intersection où se situait la maison des frères Elric et guetta le moindre signe de vie. Personne aux alentours.
Immobile et silencieux, le militaire tendit l'oreille pour tenter de percevoir les conversations lointaines des soldats qui auraient pu monter la garde. Rien. Personne dans la rue, non plus. La voie était dégagée et la route toute tracée vers la demeure des deux garçons. Roy sourit tout en s'approchant. Son intuition ne l'avait pas trahi, sur ce coup-là. Il n'avait placé que de minces espoirs dans cette hypothèse selon laquelle les sentinelles auraient été réaffectées à l'affaire Hawkeye, mais en fin de compte, la chance était avec lui. Et elle continuait à l'être, apparemment, puisque le portail n'était pas fermé à clef.
Au moins, je n'aurai pas à jouer les acrobates. Par contre, ça peut aussi vouloir dire que les lieux sont occupés. Ou alors, on aura laissé la grille ouverte par mégarde. Mais bizarrement, je n'en suis pas convaincu…
Fort de son expérience, Roy inspecta l'intérieur de la maison depuis l'extérieur avant de chercher à y pénétrer. Il la contourna discrètement afin de jeter un coup d'œil rapide par les fenêtres.
R.A.S. On dirait que j'ai le champ libre… mais prudence.
S'il y avait quelqu'un, peut-être la personne se trouvait-elle à l'étage ou dans un angle mort. Dans ce dernier cas, s'il la croisait, il n'aurait qu'à faire usage de son arme en croisant les doigts pour tomber sur moins dégourdi que lui. Cela dit, il espérait tout de même pouvoir s'épargner un combat à mort dans cet espace clos.
Le général retourna sur le seuil, non sans stresser. Il sortit le revolver et en arma le chien. Il soupira. Son geste était lent et manquait clairement de technicité. Riza, elle, l'aurait accompli deux fois plus vite, au bas mot ; lui, il était complètement rouillé. En même temps, n'avoir qu'à claquer des doigts la majorité du temps avait sans aucun doute rendu chez lui obsolètes les réflexes les plus élémentaires du soldat.
Avec une certaine appréhension, Roy saisit la poignée de la porte d'entrée. Si le portail était resté déverrouillé, peut-être en allait-il de même de celle-ci ?
Bingo.
Le brun sentit la poignée s'affaisser sous l'action de ses doigts. Il s'engouffra dans un mouvement aussi fluide que silencieux par la porte entrouverte, sans prendre la peine de refermer derrière lui. Il n'avait pas prévu de s'éterniser ici, alors autant éviter de se faire repérer – si ce n'était déjà le cas. De plus, mieux valait laisser la seule issue du lieu facilement accessible. Cela lui assurerait une retraite rapide s'il avait à fuir.
Pas à pas, sur la pointe des pieds, il s'avança dans le hall.
Ce fut à ce moment que quelqu'un sortit de la salle à manger, juste devant lui.
Roy se figea. Bouche bée, il fixa le nouvel arrivant.
Un garçon.
De petite taille, aux cheveux et aux yeux d'or.
Intrigué par la silhouette tremblante qui se tenait immobile au milieu de l'entrée et des ombres, l'adolescent tourna la tête… et s'arrêta à son tour, les yeux écarquillés.
Ses lèvres s'entrouvrirent. Elles commencèrent à former les syllabes « Géné »… bien vite remplacées par un cri d'alarme :
« ENVY ! »
Le regard du blond, tout d'abord incrédule, devint sans prévenir aussi froid et perçant qu'un dard. De longues pupilles rétractées prirent place au creux de ses prunelles auparavant affadies, dévoilant au général un visage monstrueux à mille lieues de la sympathie caractéristique d'Edward Elric. Néanmoins, Roy put à peine se faire cette réflexion que son attention fut attirée par un corps mouvant qui déboula dans la pièce à toute vitesse.
La silhouette se jeta sur lui.
Il leva son bras pour tirer. Trop tard.
L'alchimiste sentit une vive douleur le prendre à la gorge et éteindre le cri de surprise qu'il s'apprêtait à pousser.
Cette fois-ci, Roy perdit définitivement connaissance.
GAME OVER
Désolée pour la fausse joie, mais comme le titre l'indique… mauvais timing pour vous ! X3 Vous avez été audacieux, mais peut-être trop :p Je crois qu'Envy n'a pas aimé… (Envy : NAN. Pas touche à Pride.)
Allez ! Retour à la case départ pour poursuivre l'histoire :p
White Assassin
