Musiques : The Sense of Me (Mud Flow, Life Is Strange OST), Home of the Gumon et Escaping the Ruins (Ori and the blind forest OST), Mt. Washington (Local Natives, Life is Strange OST)


Note : Suite du chapitre 13, choix 2.


Choix 2 : « Chez le lieutenant Hawkeye. Je vais vous guider. »


« Chez le lieutenant Hawkeye. Je vais vous guider », répondit Roy.

Il espérait que son intuition serait la bonne, bien que rien ne pût le lui garantir. La maison de Riza était peut-être hautement surveillée. Le général préféra en avertir le docteur entre deux indications d'itinéraire :

« Il faudra vous garer assez loin. J'ai peur qu'il n'y ait des hommes postés devant chez elle, après ce qu'il s'est passé. Mais je crois savoir où je pourrai passer sans me faire repérer. Il y a une rue parallèle à la maison du lieutenant, juste derrière. Elle est peu fréquentée en journée, elle le sera encore moins à cette heure. Il doit y avoir moyen de se faufiler par le jardin de l'un des voisins. Vous n'aurez qu'à m'y déposer et repartir aussit…

— Vous "faufiler" ? Dans votre état ? Vous avez perdu l'esprit ?!

— Je ne crois pas qu'on ait beaucoup de choix », coupa la couverture en s'aplatissant davantage tandis qu'un véhicule croisait leur route en sens inverse.

Roy fronça les sourcils. Une tonne de questions l'assaillaient : saurait-il agir en toute discrétion ? Ses blessures encore fraîches ne risquaient-elles pas d'être un handicap ? Son camouflage, qui se résumait à des vêtements civils – dont un manteau assorti d'une casquette rabattue –, serait-il suffisant pour garantir son anonymat, si jamais il se faisait surprendre ? Parviendrait-il seulement à s'infiltrer dans la maison ? Qu'allait-il trouver là-bas ? Pas Riza, en tout cas. Il ignorait où sa collègue avait pu passer, mais ce dont il était sûr, c'est qu'elle ne pouvait pas être chez elle alors que son domicile était une possible scène de meurtre, et bouclée comme telle.

Roy serra le plaid dans son poing tremblant. Pourquoi tout devait-il se précipiter ainsi ? Il n'était même pas rétabli ! En plus, il avait pris sur lui pour ne pas contacter sa subordonnée et ne pas les mettre en danger, et voilà qu'un simple bout de papier faisait tout basculer. Il n'avait plus le loisir de réfléchir posément, pas plus que de temps à perdre. Si Riza était menacée malgré toutes ses précautions… Si sa vie était en danger…

Alors il allait passer à l'action plus tôt que prévu.

Roy jeta un œil au docteur, dont il ne voyait que la nuque au travers de l'appui-tête. Il faudrait vraiment qu'il lui rendît un jour tout ce qu'il avait fait pour lui depuis qu'il était en cavale. Au-delà du fait qu'il lui dût la vie, cette simple course était promesse de bien plus, et cet homme la lui offrait, au péril de sa vie.

Knox a un cœur en or, quoi qu'il en dise. Dommage qu'il s'acharne à le cacher derrière autant d'épines.

Cette pensée en tête, le brun continua à guider son chauffeur une quinzaine de minutes. À cette heure, la circulation était évidemment fluide, mais mieux valait rouler à une allure modérée pour éviter d'attirer l'attention. On n'était jamais trop prudents.

Au bout d'un moment pourtant, la voiture s'arrêta. Après quelques instants, Roy sentit de lourdes tapes sur le sommet de son crâne. La voie était libre, il pouvait sortir de sa cachette.

Le général se redressa et analysa les lieux. C'était bien là. Il apercevait l'arrière de la demeure de Riza, dissimulée par une seconde, plus petite. Plus qu'à s'infiltrer dans cette première propriété et trouver un moyen de rejoindre l'autre côté du pâté de maisons.

Je suis loin d'être un as en escalade, mais je devrais pouvoir me débrouiller. Qui dit « jardin », dit « plantes ». Il y en aura bien une pour me servir de tremplin, je présume, songea l'espion en herbe, quoique avec un brin d'inquiétude.

Et pour ce qui était de s'introduire chez le lieutenant… il aviserait sur le tas. Il ne pouvait guère faire autrement. Au pire, il serait obligé de rebrousser chemin et n'aurait plus qu'à repartir chez le doc… Non. Rectification : au pire, il se faisait tuer. Dans un registre moins grave, il renonçait. Et si tout se déroulait comme sur des roulettes, il faisait mouche.

« Vous êtes vraiment sûr de vous ? » s'inquiéta le médecin légiste. « Vous avez vu ce terrain ? Vous voulez vous aventurer là-dedans alors que vous peinez déjà à mettre un pied devant l'autre ? Est-ce que vous avez pensé aux occupants, au moins ? S'ils entendent un bruit suspect dans leur jardin et qu'ils débarquent, vous ferez quoi ?

— Ça, j'en fais mon affaire. Vous voyez une autre solution ? Moi, non. Et puis, je m'en voudrais de vous avoir fait vous lever pour rien. Alors, je vais tenter le diable. Après tout, il semble qu'il ne m'aime pas autant que je l'aurais cru, puisque je suis toujours là », fit Roy en haussant les épaules.

« Complètement inconscient… », marmonna le docteur pour lui-même tout en farfouillant dans la boîte à gants. Il tendit un objet fort familier au général. « Prenez au moins ça, vous serez gentil.

— Un revolver ?

— Chargé, mais peu. Deux ou trois balles, pas plus. Vous ratez pas. »

Roy ne lui demanda pas d'où provenait l'arme, que le docteur n'aurait a priori pas dû posséder au regard de sa fonction, et se contenta de la réceptionner poliment. Il n'était pas le mieux placé pour donner des leçons de morale aux autres.

« Merci. Ça pourrait m'être utile, j'en conviens.

— Je pense bien ! Sans vos gants, qu'est-ce que vous allez faire, si vous vous retrouvez face à des types armés jusqu'aux dents ? Rah, je vous jure ! Faut penser à tout pour tout le monde, ici ! Allez, zou ! Hors de mon tacot, avant qu'on ne vous voie avec moi et que je ne finisse au bout d'une corde ! » grommela le médecin, enjoignant le général à s'exécuter par des gestes vifs.

« Je n'en aurai pas pour longtemps, docteur. Mais si je ne suis pas de retour dans une heure tout au plus, partez. Ça voudra dire que j'aurai été pris. Ou tué. Vous auriez intérêt à ne pas rester dans les parages. »

Sans un mot de plus, Roy sortit du véhicule. Il glissa l'arme à l'arrière de son pantalon – regrettant tout de même que son hôte ne fumât plus et n'eût pas plutôt un briquet à lui prêter – et détailla l'obstacle qui se tenait devant lui : une maisonnette comme il en existait tant d'autres et par chance, pas de chien de garde. Il pouvait donc escalader la grille sans crainte. Il vérifia à gauche, à droite, et lança un coup d'œil entendu à Knox. Après qu'ils eurent convenu d'un point de rendez-vous proche, le médecin démarra la voiture et s'éloigna.

Roy, quant à lui, s'élança sur la clôture. Son pied le fit bien entendu souffrir, mais il s'efforça de maintenir son équilibre en reportant son poids sur ses bras. Il s'accrocha aux barreaux et se hissa pour enjamber la grille, prenant soin de ne pas s'empaler sur les pics « décoratifs » qui l'ornaient. Il ne put éviter cependant de pousser un gémissement de douleur en atterrissant sur l'herbe humide de l'autre côté.

Bon sang ! Même les médicaments ne suffisent pas…

Heureusement, il n'y avait personne pour l'entendre – ou s'il y avait quelque propriétaire, il devait dormir à poings fermés. Quand bien même les occupants auraient jeté un coup d'œil curieux au-dehors, ils ne l'auraient pas vu. Dissimulé par l'ombre d'un marronnier projetée par un lampadaire adjacent, Roy pouvait se mouvoir dans les ténèbres en toute quiétude.

L'intrus qu'il était se tapit et avança courbé, le plus silencieusement possible. La saison était de son côté : en hiver ou en automne, il aurait été verni. Se frayer un chemin dans les feuilles mortes ou la neige, le tout derrière des arbres dépouillés de leur verdure par mère nature, ç'aurait été purement et simplement suicidaire. Là, la frondaison des végétaux lui offrait une protection bienvenue. Une aubaine.

Roy traversa le jardin à pas de loup et repéra une gouttière non loin. Il l'utilisa pour se hisser sur le toit d'un cabanon, à trois ou quatre mètres de la maison. Une fois sur ce dernier, le brun s'efforça de se stabiliser. Il faillit déraper sur les tuiles rendues glissantes par l'humidité ambiante, mais retrouva vite son équilibre. Par contre, il comprit rapidement que la charpente, mal entretenue, ne supporterait pas son poids longtemps. Voire, ne le supporterait pas tout court.

Le héros d'Ishval déglutit. Autant il ne craignait personne, autant la vétusté de ce cabanon lui donnait à elle seule des sueurs froides. Malgré tout, il décida de tenter le tout pour le tout. Prudemment, il estima du bout de son pied valide la solidité des poutres sous la toiture. Il respirait à peine, concentré sur cette surface imprévisible dissimulée par la nuit. Bon sang… S'il se faisait repérer juste à cause de ça ! Il voyait déjà l'épitaphe qui ornerait sa tombe : « Ci-gît Roy Mustang, général stupide qui aurait mieux fait de ne jamais se reconvertir en acrobate. »

Le soupir d'aise que poussa Roy en atteignant enfin le muret séparant les deux propriétés fut coupé court par ce qu'il découvrit. Il entrapercevait, sur le trottoir face à la demeure de Riza, un petit groupe de soldats mal réveillés qui discutaient entre eux autour d'un café, dans la lumière aveuglante des phares d'une voiture. Le brun n'entendait pas bien ce qu'ils disaient, mais à en croire ces murmures et l'impatience que trahissaient leurs corps, ils attendaient quelque chose… ou quelqu'un. La relève, peut-être.

Eh merde…. Si c'est bien ça, je vais me retrouve bloq… Minute. Pas forcément. Les enquêteurs n'ont pas de raison d'officier la nuit, eux.

La maison devait donc être déserte. Juste férocement gardée. Par contre, le moindre bruit à l'intérieur risquait d'ameuter aussitôt les soldats. Et « deux ou trois balles » ne feraient pas la différence, surtout si elles étaient tirées par un homme qui avait passé plusieurs années sans avoir recours eu à des armes à feu autres que ses gants.

Quel humour ! Heureusement que ton joli minois plaît aux dames, hein…

Roy lâcha un sifflement d'agacement. C'était bien beau de savoir que personne n'était dans la maison, mais comment allait-il faire pour se glisser à l'intérieur sans se faire repérer ? C'était une question à laquelle il n'avait pas voulu trouver de réponse depuis qu'il s'était lancé dans son aventure périlleuse, mais là, il ne pouvait plus éluder ce problème. Il allait devoir le résoudre, et fissa.

Bien entendu, impossible d'emprunter la porte d'entrée. Il n'y avait pas non plus de porte à l'arrière de chez Riza.

De toute façon, je n'en ai pas les clefs.

Roy plissa les yeux, à l'affût de la moindre faille à exploiter.

Trouve une solution, mon vieux. Réfléchis… Par où peux-tu passer ?

La cheminée ? Il n'y en avait même pas. Les fenêtres ? Il faudrait les briser, et alors…

Ce fut à ce moment que le général remarqua un élément troublant… et qu'il se souvint de l'article de journal. Ou d'une partie, tout du moins.

« Une fenêtre brisée »

Mais bien sûr !

Son visage s'éclaira d'un sourire victorieux.

La fenêtre ! Celle que l'intrus a brisée ! Où se trouve-t-elle ?! Ah ! Là ! Au premier ! Elle est bel et bien éclatée… Je devrais pouvoir passer par là sans faire de bruit.

Restait à savoir comment.

Roy ne mit pas longtemps à se décider. Seule solution, l'arbre au fond du jardin, dont l'une des branches était peut-être suffisamment proche de cette ouverture. Il soupira. Après les acrobaties, le funambulisme. Génial.

Un pied devant l'autre, il progressa le long du muret, puis sauta sur le chêne qui l'intéressait. Il atterrit souplement et s'agrippa au bois, pour commencer l'ascension, à la manière d'un vulgaire voleur. Il se figura sans mal ce que le Fullmetal aurait pu dire s'il l'avait vu dans cette position peu glorieuse. Il se serait sûrement moqué de lui, de sa façon simiesque d'escalader ce tronc à l'écorce rêche et de sa faaaabuleuse agilité. Pff !

Mais bon, tout ça n'était que le fruit de son imagination. Edward n'était plus là. Roy avait tendance à l'oublier, parfois. Ou, plutôt, à essayer de l'oublier.

Il soupira.

Une fois à la cime de l'arbre, le brun vérifia la stabilité de la branche sur laquelle il allait s'engager. Prudent, il s'assit. Il se remercia de ne pas avoir porté d'uniforme. Avec, l'opération aurait été impossible, ou à tout le moins fort compliquée.

« Allez… », souffla le soldat pour s'encourager tout se traînant centimètre par centimètre.

Ce fut peut-être le seul moment de sa vie où Roy regretta d'être un homme.

Il parvint malgré tout au bout de cette maudite branche. De là, il put sauter sur la fenêtre, heureusement pourvue d'un rebord, en prenant soin de se réceptionner sur son pied valide. Il évita avec précaution les morceaux de verre tranchants encore accrochés aux vantaux et pénétra dans la pièce. La maison était plongée dans le noir. Pas facile de l'inspecter dans ses conditions, mais il devrait faire avec.

« … ? »

Roy fronça les sourcils. Du verre jonchait le sol, mais il n'y en avait aucun sur le rebord de la fenêtre. C'était donc bien une intrusion, et pas Riza qui avait fait éclater la vitre en tirant. Restait à savoir qui avait bien pu se faufiler chez sa subalterne.

Quelque chose me dit que ça ne devait pas être un ami…

Les gens normaux utilisaient habituellement les portes ; ils ne fracassaient pas les fenêtres, pour venir vous faire un coucou. Mais quelle drôle d'idée de passer par le premier étage plutôt que par le rez-de-chaussée… Pourquoi ce choix ? Y avait-il quelque chose que l'intrus aurait pu convoiter dans cette pièce, en particulier ? Ou avait-il souhaité éviter les regards curieux en se glissant par-derrière, à l'abri, sous les branchages cachottiers ?

Autant d'énigmes à résoudre… et Roy gageait qu'il n'y aurait pas que celles-ci.

Le général avança prudemment dans la chambre. Il s'approcha du lit, qui n'était pas défait. Étrange. Quoique… L'article précisait que des coups de feu avaient été tirés au Q.G., tard dans la nuit. Si cela avait bien un lien avec l'affaire, Riza aurait logiquement dû retourner à son domicile après s'être battue contre quelqu'un ou quelque chose. Elle n'aurait pas pu se permettre de s'endormir si elle se savait menacée. Peut-être Roy tenait-il la clef de cette histoire : poursuivie, le lieutenant s'était réfugiée chez elle et barricadée, puis avait fermé la porte à double tour. Là, elle avait foncé dans sa chambre, où elle gardait des munitions selon ses propres dires, et l'intrus s'était jeté sur elle.

Probable, mais pas certain. Quelque chose cloche.

À première vue, il n'y avait aucun impact de balle alentour. Pas de douille, non plus – à supposer qu'elles n'aient pas été récupérées par les enquêteurs. Mais dans l'obscurité, même partielle, difficile de le certifier.

Pour s'en assurer, Roy fouilla la pièce : tiroirs, étagères, commode, armoire, tout y passa. Ce qu'il découvrit l'interloqua davantage. Il n'y avait aucune munition à portée, certes, mais surtout aucune arme. De plus, le sac de voyage de Riza était introuvable. Or, si elle s'était fait surprendre, même en train de le préparer, quel intérêt l'agresseur aurait-il eu d'emporter ce sac ? À moins que Riza ne fût parvenue à mettre l'intrus en fuite, avant de s'en aller à son tour ? En tout cas, cela laissait croire qu'elle était toujours en vie.

En parlant de « vie », cette maison en était étrangement dépourvue. Roy n'y avait pas fait attention jusqu'ici, mais il manquait quelqu'un à l'appel.

Il se risqua à inspecter le couloir du premier.

« Black Hayate ? »

Son murmure ne trouva aucune réponse. Donc, le chien avait disparu, lui aussi. Toutefois, dur de croire qu'il eût fui, qu'un militaire se fût chargé de se débarrasser de l'animal ou que celui-ci eût été amené chez un vétérinaire en attendant que l'affaire fût résolue. L'alchimiste savait qu'à la moindre agression de sa maîtresse, Black Hayate était capable de se jeter à la gorge du fautif. Malgré sa petite taille, c'était un chien de garde très intelligent et vif. Il avait été dressé pour l'attaque. Si l'intrus avait emporté le cadavre de Riza pour le dissimuler, il ne se serait pas encombré de celui de son compagnon à quatre pattes. Mais peut-être celui-ci avait-il été retiré par l'équipe de recherches.

Par acquit de conscience, Roy inspecta minutieusement chaque pièce dans le plus grand silence, sans rien trouver, pas même les clefs de la maison, que Riza gardait normalement sur un portant, dans l'entrée – dont la porte avait été fracturée par leurs collègues. Pas de trace non plus de leur double, qui aurait dû être entreposé dans la cuisine. Ce détail était d'ailleurs assez révélateur. Il était possible que la tireuse eût laissé les premières derrière elle et plutôt pris les secondes, dont personne n'aurait pu soupçonner l'existence, mais que l'armée eût récupéré le jeu original le temps de mener son enquête.

Roy sourit. Il revint dans la chambre après avoir vérifié à la dérobée, par la fenêtre, que les militaires étaient toujours à leur poste.

Je ne vois qu'une explication à tout ça.

Le lieutenant était partie, emportant sans doute son chien du même coup. Certes, Roy aurait aimé avoir le fin mot de l'histoire concernant ces coups de feu et cette fenêtre brisée – à moins qu'il ne s'agît là d'une mise en scène de sa subordonnée ? – mais à présent, il avait au moins une certitude… Riza était vivante. Elle devait simplement se terrer quelque part.

Il découvrirait où.

Le brun se dirigea vers la table de nuit et en sortit le calepin et le crayon qu'il était sûr d'y trouver. Il rédigea alors, en donnant à son écriture le style le plus féminin possible :

« Je suis vivante, Elizabeth. »

Roy ne pouvait pas marquer grand-chose de plus au risque d'en dire trop. Il savait cependant que ces quelques mots et ce surnom connu de Riza et de lui seuls lui mettraient la puce à l'oreille. Sa subalterne était suffisamment futée pour remonter sa trace à partir de ce maigre indice, du moment qu'elle le savait en vie. Ici-bas, leurs alliés se comptaient sur les doigts d'une main. Si le lieutenant passait en revue leurs connaissances et privilégiait celles capables d'assurer les soins médicaux nécessaires à la prise en charge d'un blessé, elle penserait forcément au docteur.

Le seul défaut de son plan consistait en la faible probabilité que Riza revînt chez elle. Mais Roy voulait y croire. Il s'accroupit près du lit et décrocha une latte du parquet. Il sourit en constatant que dessous, comme il s'en souvenait, se trouvaient encore quelques armes et munitions. Riza n'avait donc pas tout pris. Autrement dit, elle n'avait pas exclu la possibilité de faire un saut par chez elle plus tard. Roy dissimula son mot dans cette niche de bois, au milieu des revolvers, puis referma la cachette.

Ce fut à ce moment qu'il entendit une porte claquer. Des voix étouffées jaillirent du rez-de-chaussée. L'équipe de jour devait être arrivée et réinvestissait les lieux.

Chier… C'est bien ma veine.

Plus de temps à perdre. Le brun se redressa et s'enfuit, reprenant le chemin inverse. Il ne rejoignit la voiture du docteur, garée dans une impasse adjacente, qu'au bout de dix laborieuses minutes. Escalader des murs et des arbres, c'était une chose, mais redescendre le tout en prenant appui sur son pied endolori, c'en était une autre.

Arrivé à hauteur du véhicule, Roy s'engouffra dans l'habitacle, se laissa choir sur la banquette arrière et ordonna :

« On y va ! »

Le docteur Knox obtempéra sans plus attendre, reprenant la direction de son domicile. La voiture fila sur la route où, cette fois-ci, quelques véhicules étaient de sortie.

« Alors ? Vous avez trouvé quelque chose ? » s'enquit le légiste en jetant un coup d'œil à son passager dans le rétroviseur.

Roy, de nouveau caché sous la couverture, ne lui laissait voir qu'un de ses yeux, sombre et déterminé.

« Simplement la réponse qu'il me fallait. Je suis sûr que le lieutenant Hawkeye est vivante, contrairement à ce que sous-entendait le journal. »

Un certain soulagement se lut sur le visage buriné du docteur, qui se renseigna :

« Et où serait-elle, d'après vous ?

— Partie quelque part, apparemment. Malheureusement, je n'en sais pas beaucoup plus. Il m'aurait fallu davantage de temps sur place.

— Vous en avez déjà eu pas mal ! C'est un miracle que vous ne vous soyez pas fait pincer.

— J'étais à deux doigts. J'ai dû écourter ma visite. Mais ça ne fait rien, je ne suis pas non plus sûr que j'aurais pu trouver d'autres indices, là-bas.

— Qu'est-ce que vous allez, du coup ? Ça nous avance à quoi, tout ce bazar ?

— À faire du tri pour éliminer quelques pistes. Mais maintenant… je vais avoir besoin de votre aide, docteur.

— Encore ?!

— Oui. Désolé. »

Le silence envahit la voiture, à peine perturbé par le ronronnement du moteur. Comme Knox ne ronchonnait plus, Roy en déduisit qu'il ne s'était plaint que pour la forme et était disposé à l'écouter.

« Il faudrait que vous contactiez quelqu'un pour moi. À partir de là, il me sera beaucoup plus simple d'obtenir des informations. Je pourrai même quitter votre domicile, dans le meilleur des cas… et lancer une contre-attaque. »

Son ton se fit lugubre tandis qu'il concluait :

« Ce gouvernement vit probablement ses derniers jours. »


À suivre…


Voilà ! Bravo à tous ceux et celles qui ont trouvé du premier coup la bonne réponse ! ;D Quant aux autres, eh bien… vous savez ce qu'on dit : l'essentiel, c'est de participer :')

Blague à part, je vous donne rendez-vous au prochain chapitre pour, là encore, une agréable surprise ! Car vous aurez à nouveau un choix à faire… et pas n'importe lequel è.é

En attendant, je vous souhaite une bonne année2025 en avance et je vous dis… à l'année prochaine ! :p (Envy : Je peux la baffer ? Ed : Ah ? Vous aussi, ça vous saoule ? Envy : Quand ça fait deux siècles que tu te tapes la vanne, ouais, un peu.)

(Et, bien sûr, n'oubliez pas le petit com qui fait plaisir ~)


White Assassin