Pour relever le nom de Poudlard
A1 - M8
-Un bilan psychologique fait par un psychomage reconnu, un autre par une meute de loups garous, une obligation de soins, un stage de six mois au minimum de gestion de la colère et ensuite, si j'ai prouvé que je peux m'insérer dans la société, je peux reprendre mon poste de professeur? résuma Fenrir Greyback
-On peut dire ça comme ça, concéda Amelia Bones.
Le mois de janvier avait vu arriver le procès de Fenrir Greyback. Comme promis, la directrice de la justice s'était renseignée pour permettre de lui donner le procès le plus équitable possible et l'audience avait révélé de sacrées surprises, notamment l'existence d'un serment inviolable qui faisait de Greyback l'esclave de Voldemort après qu'il soit tombé dans un piège. Les circonstances atténuantes avaient donc été reconnues, malgré les hurlements de la salle, mais ses actes restaient quand même horribles. Lui reconnaissant tout de même le statut de victime, les clauses de sa condamnation étaient telles qu'à la fin, l'accusé pourrait enfin vivre libre. En parallèle, la directrice avait décidé d'annuler toutes les lois qui restreignaient fortement voire supprimaient les droits de toutes les créatures magiques qui n'étaient pas sorcières. Pour cela, grâce au concours d'Harry Potter et de ses amis, elle allait utiliser les mêmes méthodes que celui qui les avait créées: puisqu'elles avaient été votées en très petit comité, c'était un autre très petit comité qui allait les annuler. Sans grande publicité, l'égalité revenait en Grande Bretagne sorcière et Fenrir Greyback était le premier à en bénéficier.
-Si je suis encore à la tête de Poudlard, nuança Severus Snape, également présent.
-Vous y serez, sauf si vous vous rendez coupable d'un crime horrible ou si vous partez les pieds devant, grogna Amelia. Et même si ça arrivait, personne ne reviendra en arrière en remettant Dumbledore à la tête de cette école.
-Vous m'en voyez ravi, sourit Severus. Maintenant, il s'agit de convaincre ton remplaçant de faire quelques mois de plus.
-Si on peut en discuter tous les deux avant que je parte, grogna Fenrir.
-Cela peut se faire, songea Severus. Au pire, nous viendrons ensemble te rendre visite. De toutes les façons, j'ai l'intention de venir régulièrement pour voir tes progrès.
-Toi, gentil? railla Fenrir
-Je surveille un investissement, renifla Severus.
-Messieurs, s'il vous plait, soupira Amelia. Certains membres du Magenmagot exigent des entraves magiques, en plus de la surveillance de sa baguette.
-J'imagine que ce sont les membres de la «Lumière» qui s'indignent qu'un loup garou puisse être libre? grogna Severus. Dumbledore commence sérieusement à me casser les pieds!
-Vous ne les pensez pas capables de penser par eux-mêmes? s'étonna Amelia
-Pas vraiment, avoua Severus. En plus, Fenrir n'a enseigné qu'une seule année donc il n'y a qu'une seule promotion qui a pu juger de sa pédagogie, même s'il s'agit de celle du «Sauveur». Je ne m'attends pas à une adhésion franche et totale quand il reviendra mais je sais qu'on me mettra des bâtons dans les roues.
-Vous n'avez pas tort, concéda Amelia. Bien, revenons à nos baguettes. Monsieur Greyback, vous sortirez dans une semaine pour vous rendre à l'institut Gevaudan.
-J'imagine que je vais en France parce que les infrastructures du même type de notre pays ont été détruites sur ordre de Dumbledore, grinça Fenrir.
-Aussi, concéda Amelia. L'avantage de la France est que vous ne serez pas harcelé tous les jours à cause de votre nature.
-Pas faux, fit Fenrir. Pourquoi une semaine?
-Parce que c'est le temps qu'il me faudra pour vous transférer en toute sécurité, répondit Amelia.
-Je ne veux pas vous dire comment faire votre travail mais ça laisserait amplement le temps à toute personne qui a suffisamment d'influence de saboter le transfert, commenta Severus. Quelle est la procédure?
-Je ne suis pas censée vous le dire, déclara Amelia. Trois aurors seront choisis au hasard et le prisonnier portera des menottes qui restreindront son accès à la magie.
Fenrir et Severus se regardèrent, se comprenant.
-Vous avez l'emploi du temps pour la semaine prochaine? demanda Severus
-Que voulez-vous savoir? demanda Amelia en plissant les yeux
-Les noms des aurors présents, répondit Severus. Je peux également faire un serment magique pour ne pas utiliser ces informations pour l'évasion de Fenrir, si vous voulez.
-Faites, exigea Amélia.
Le serment prêté, le directeur de Poudlard consulta soigneusement la liste et la repoussa finalement, un air dégoûté sur le visage.
-Mis à part quelques exceptions, tous sont de fidèles admirateurs de Dumbledore, déclara Severus. Quand ils ne sont pas des membres de l'Ordre du Phénix qui revendiquaient des actions plus dures sans pouvoir les mettre en application à cause de leur faible niveau. Je pourrais parier ici et maintenant dix galions qu'il y aura un «accident» lors du transfert et si Fenrir n'arrive pas en mauvais état en France parce qu'il a fait de la «résistance», il va mourir parce qu'il aura essayé de s'évader. Rien de mieux pour décrédibiliser la campagne du gouvernement pour rendre ses droits à toutes les créatures magiques dans notre société.
Amelia prit quelques instants avant de capituler.
-Vous avez raison, c'est un plan très plausible et même probable, concéda Amelia. Le mieux serait de décaler le transfert.
-Et que vous choisissiez vous-même les aurors qui vont le faire, pointa Severus. Vous pourrez avancer le fait que même si Fenrir a des circonstances atténuantes, il faut faire attention à ce que les aurors qui l'encadreront pourront correctement se défendre en cas de problème.
-Je passe pour une bête à tes yeux? renifla Fenrir
-C'est ce que les moutons de Dumbledore voudront faire croire au peuple sorcier, rétorqua Severus. Il est hors de question de leur donner cette opportunité.
-Bien dit, abonda Amelia. Je m'occupe de cela. Monsieur Greyback, tenez-vous prêt à partir dans les plus brefs délais. Bonne journée.
La directrice de la justice et le directeur de Poudlard quittèrent la prison du ministère et prirent bien soin d'enlever tous les sorts qu'ils avaient placé autour de la cellule pour que leur conversation reste confidentielle. Tandis que Severus Snape prenait la cheminée pour retourner à l'école, Amelia Bones gagna son bureau pour réfléchir à ce qu'elle avait appris. Si les informations de Snape étaient exactes, il serait bien qu'elle puisse en savoir plus sur cette faction dissidente en toute légalité. Pour cela, rien de mieux qu'un petit piège pour les prendre en flagrant délit …
