Bonjour à toustes,

Je vous souhaite une bonne et heureuse année 2025.
J'ai été un peu silencieuse ici, mais je poste toujours des petites choses régulièrement. Pour celleux qui en ont marre d'attendre que je bascule mes OS depuis AO3 (où je les poste toujours d'abord), vous pouvez vous abonner là bas.
En tout cas, je vous laisse aujourd'hui avec un texte écrit il y a peu, pour HydrusMaelstrom et Wekake (déjà publié sur AO3 depuis le 26/12/24).

C'est parti d'un délire à plusieurs sur notre serveur Discord et j'ai décidé qu'il fallait l'écrire.
Un grand merci à Akhmaleone et Genny pour la relecture.

Bonne lecture.

...

Ce texte est un OS écrit lors de la participation à l'ASPIC (Ateliers Scripturaux Promouvant l'Imagination et la Créativité) Secret Santa organisé par le serveur Discord Potterfictions. Vous pouvez nous rejoindre via le lien dans mon profil.


Desperate HouseDrago

Harry ouvrit la porte, furibond. Qui osait le réveiller en pleine après-midi ? On avait encore le droit de faire des siestes, non ?

— Malefoy ? Qu'est-ce que tu fous là ?

— Ahem, Potter. Euh, bonjour. Je viens pour le poste d'homme de ménage.

Les yeux de Harry manquèrent de sortir de leurs orbites.

— J'ai reçu ça hier, continua Malefoy en sortant un document de sa poche.

Harry lut le parchemin, hébété. Il s'agissait d'un contrat d'embauche : lui l'employeur, Malefoy l'employé. Sa signature au bas ne pouvait prêter à confusion, mais il n'avait pas le moindre souvenir de ce truc-là.

— C'est pas moi qui l'ai envoyé, rétorqua Harry en lui rendant son papier.

— Blaise m'a envoyé une annonce, j'y ai répondu par courrier et après j'ai eu un entretien par cheminette. Et ensuite j'ai reçu le contrat.

— Qu'est-ce que je vais foutre d'un homme de ménage ?

— Comment veux-tu que je le sache ?

Harry éclata de rire. Il attira le regard de sa voisine qui sortait ses déchets recyclables et leva la main pour la saluer en lui adressant un sourire faux. Il détestait que les gens l'observent et cette femme-là était une terrible commère. Elle connaissait la vie de tout le quartier, à croire qu'elle les espionnait. Il garda un œil sur elle alors qu'elle traînait un peu trop à déverser ses cartons de pizza et bouteilles de sodas dans le container. Il jura en silence et se déporta sur le côté.

— Entre, j'veux pas attirer l'attention, grommela-t-il.

Drago pénétra dans l'entrée, raide, tendu, fébrile. S'il avait su qu'il serait reçu de cette façon, il n'aurait jamais postulé en premier lieu. C'était déjà assez humiliant de devoir s'abaisser à travailler – pour Potter, en plus – pour ne pas crever de faim et dormir dans la rue, mais si en plus il en faisait tout un foin…

— Bon, par quoi je commence ?

— Pardon ?

— Par quoi tu veux que je commence ? Pour le ménage ?

Potter le regarda avec un air stupide puis il rit de nouveau. Drago retint un soupir excédé.

— J'ai aucune intention de te laisser fouiner dans mes affaires.

— C'est un contrat magique, j'ai droit à un mois d'essai, tu ne peux pas le rompre sans une raison valable.

— Putain, mais c'est pas possible… J'vais étrangler Ron.

Potter s'enfuit dans une autre pièce et Drago l'entendit pester, jurer puis hurler des mots désagréables à l'intention de son ami. Il jeta un œil par la porte ouverte, curieux. Potter agitait un bras dans les airs, marchait de long en large sur un tapis curieusement élégant et criait dans un petit boîtier. Il se tut finalement, les yeux exorbités, avant de balancer l'objet sur un canapé gris.

— Ron s'est arrangé avec ta pote Parkinson pour payer ton contrat pendant six mois, Malefoy. Le matos est dans le placard de l'entrée, grinça-t-il avant de s'enfuir dans l'escalier.

Une porte claqua à l'étage et toute la maison s'ébranla. De la poussière tomba du plafond et fit éternuer Drago. Circonspect, il ouvrit le placard et se demanda à quoi pouvaient bien servir tous ces objets.


— Bordel !

Harry fouilla dans le panier à bazar, puis sous son lit et enfin dans sa penderie.

— Malefoy !

— Oui ? répondit aussitôt Malefoy de son ton traînant et sirupeux.

— T'as vu mes chaussures ?

— Lesquelles ? Tu en as au moins cinq paires. Toutes aussi moches les unes que les autres, d'ailleurs.

— Personne t'a demandé ton avis. Je cherche mes mocassins.

— Ils sont avec les autres : dans le meuble à chaussures de l'entrée.

Harry se redressa et souffla en se tenant le dos. Excédé, il descendit les enfiler. Il avait une sainte horreur de ces chaussures, mais il était censé faire un effort aujourd'hui. Hermione lui avait encore arrangé un rendez-vous avec une collègue et il allait s'emmerder. Mais il voulait faire plaisir à son amie et la pauvre victime n'avait rien demandé, elle. Il ferait l'effort de l'emmener dîner après une promenade au bord de la Tamise et un verre de vin chaud au marché de Noël, puis il déclinerait sa probable invitation à monter chez elle et rentrerait chez lui avec le sentiment d'avoir perdu son temps.


Harry se leva avec la gueule de bois. Il devait vraiment arrêter de sortir avec Dean et Seamus en club, il finirait par y laisser sa santé. Mais les courbatures dans son dos et la peau de ses fesses encore sensible lui rappelaient qu'il avait passé une bonne soirée. Il délassa ses muscles sous une longue douche brûlante, s'accroupit pour attraper la bouteille de shampoing et ne trouva que du vide.

— Putain, il a recommencé. J'vais le buter.

Harry sortit de la douche, trempé, attrapa les bouteilles en plastique alignées méticuleusement dans le placard sous le lavabo et retourna sous l'eau.

Il laissa volontairement les contenants ouverts dans une douche pleine de mousse et des traces de pieds sur le parquet jusqu'à sa chambre. Puis il s'habilla d'un jogging gris et d'un pull tricoté par Molly. Rien de mieux que la douceur de sa laine pour traîner à la maison quand il neigeait dehors.

Dans la cuisine, il se prépara un café, des tartines et des œufs. Il s'installait à table au moment où sa cheminette s'alluma. Malefoy en sortit, raide comme un Nimbus. Harry leva les yeux au ciel avant de les détourner : ce type était l'illustration même du balai dans le cul.

Ils se saluèrent d'un simple bonjour poli et s'ignorèrent. Harry laissa Malefoy nettoyer la cafetière, la vaisselle qu'il avait utilisée en plein milieu de la nuit et quitta la cuisine en abandonnant tout sur la table. Après tout, il était payé pour ça. Par ailleurs, Harry supportait mal d'assister à ses prouesses magiques. À sa plus grande surprise, le bougre était doué pour les sorts domestiques et Harry détestait un peu plus chaque jour son incapacité à faire de même. La magie lui manquait tellement qu'il avait parfois l'impression qu'un boursouflet lui grignotait les intestins. Ce qui était stupide, quand on savait ce que mangeaient les boursouflets.

— Potter ! appela Malefoy un peu plus tard.

Harry prit tout son temps pour poser Quidditch Mag et monter à l'étage.

— Qu'est-ce qui se passe ?

— Regarde le merdier que tu as laissé dans la salle de bain ! grogna Drago, à genoux en train de lancer des sorts sur la mousse accumulée dans le bac de douche.

— T'avais qu'à pas tout foutre dans le placard, répondit Harry en haussant les épaules.

Drago se retourna enfin vers lui et sa bouche resta ouverte sur des mots muets. Harry releva un sourcil en observant ses yeux écarquillés le balayer. Il retint un sourire narquois et attendit, appuyé au chambranle de la porte, les mains dans les poches.

— C'est là que ça se range, Potter, grogna enfin Malefoy en se tournant de nouveau vers sa tâche.

Harry sourit une fois de plus et retourna à sa lecture.


Potter s'était endormi comme une merde sur son canapé. Il passait la moitié de son temps à dormir. Incroyable. Au moins, il ne dérangeait pas Drago dans son travail. D'un coup de baguette, il empila les magazines de Quidditch éparpillés, envoya les chaussettes sales roulées en boule dans la panière à l'étage et la tasse de café froid dans l'évier. Il s'en occuperait plus tard.

Drago traversa l'appartement en rangeant ce qui traînait. Potter était bordélique au possible, à croire qu'il le faisait exprès. Ce qui n'était pas inenvisageable quand on y pensait bien. Avec un ricanement malicieux, Drago renvoya les chaussures dans le meuble de l'entrée : là où Potter ne les rangeait jamais. Les choses avaient une place, après tout. Même si leur propriétaire était incapable de s'en rendre compte et détestait qu'il le fasse.

Les photos sur le manteau de la cheminée étaient de travers, il les redressa. Puis il décida d'en changer l'ordre pour plus d'harmonie. Potter n'avait aucun goût de toute façon, ça ne lui ferait pas de mal d'apprendre un peu.

Drago fut bientôt à court de rangements inutiles. Rien ne l'amusait plus que de déplacer les affaires de Potter et de l'entendre jurer quand il ne les trouvait pas. Son petit air excédé, sa bouche pincée et ses yeux qui lançaient des éclairs le remplissaient de joie. Il déambula dans la maison et hésita devant la porte de la chambre de Potter. C'était la seule pièce interdite. Mais il était endormi et il l'entendrait émerger avec ses bruits de baleine échouée. Il poussa le battant et pénétra dans son antre.

C'était inexplicablement ordonné, comparé au reste de la maison. Il y avait de la poussière sur les souvenirs d'école qui encombraient les étagères, mais rien d'inattendu. Le reste était propre, le lit était fait, la pièce sentait le frais. Pas de chaussettes sales, pas de magazine ouvert, pas de piles de parchemins sur le bureau. Le tas de linge que Drago avait plié la veille attendait sagement au bout du lit.

Intrigué, Drago parcourut la pièce, observa les photos de Potter et ses amis accrochées au mur. Il y avait une ribambelle de rouquins et un couple qui devait être ses parents. Il reconnut même Lupin quand il était jeune, avec d'autres garçons du même âge. Étrange…

La curiosité titillait Drago, tout était beaucoup trop propret, c'était anormal et ça cachait forcément quelque chose. L'idée de déterrer un secret qu'il pourrait utiliser contre Potter le galvanisa, son cœur tressauta et il ouvrit les placards. Des vêtements, beaucoup de vêtements. Beaucoup de pièces élégantes et de qualités. Pourtant, il portait d'affreuses frusques au quotidien. Le pire était probablement ce jogging gris qui tombait bas sur ses hanches et moulait toutes ses formes. Un frisson le traversa. Il referma le dressing. Le bureau était sans intérêt : de la paperasse qui ressemblait à celle qu'avait eue son père. Inutile de faire remonter de mauvais souvenirs. Il restait la vieille malle d'école au pied du lit et les chevets.

Drago ouvrit la table du côté gauche, là où un verre vide était posé. Le contenu du tiroir le fit sauter en arrière : un tube de liquide transparent avec l'inscription «ANAL» côtoyait un plug beaucoup trop gros et un anneau rouge. Dessous, il aperçut la couverture du dernier numéro de Sexy Wiz. Drago referma le tiroir d'un coup sec, les joues en feu, l'esprit rempli des souvenirs de la double page centrale sur lequel il s'était masturbé pas plus tard que la veille.

Il ressortit de la pièce dans la précipitation, le cœur à la limite de la tachycardie et les intestins noués. Et avec une érection gênante sous ses robes. Il fila récurer ce qu'il avait envoyé dans l'évier et laver le linge sale pour ne plus penser à sa découverte. Peine perdue.


— Pansy. Je ne vais jamais tenir.

— C'est toi qui avais besoin d'argent, mon chou, minauda Pansy en léchant les dernières gouttes de cocktail du bord de son verre.

— Oui, mais chez Potter ? Tu te rends compte de l'humiliation ?

— Hm hm, oui je me doute. Peut-être que tu pourrais te venger ?

Drago se pencha en avant et renversa une partie de son verre sur la table déjà collante.

— Tu as une idée derrière la tête, n'est-ce pas ?

— Tu pourrais l'humilier à son tour, non ?

— Je n'en serais pas là si vous n'aviez pas comploté dans mon dos !

— Peut-être, mais tu vivrais encore à mes crochets à te lamenter dans ton lit.

Drago se renfrogna. Elle avait raison et c'était insupportable. Pas étonnant qu'elle se soit entendue avec la Miss-je-sais-tout et son rouquin. Il termina son cocktail d'une traite, dépité.

— Arrête de faire la gueule, Drago. Potter avait besoin d'aide, tu avais besoin d'un boulot, c'est pas la fin du monde.

— Offre-moi un nouveau verre.

Pansy leva la main et claqua des doigts. Le verre de Drago se remplit à nouveau.

— Maintenant, je suis disponible pour écouter ton idée.

— Qu'est-ce qui serait plus humiliant pour lui que de le faire passer pour un employeur irrespectueux ? Le gentil petit Potter…

— Ahem, oui, peut-être. Comment faire ?

— J'ai lu un truc sur le personnel de maison chez les moldus. C'est plutôt les femmes qui font ça normalement. Je vais te trouver une tenue adaptée. Tu pourrais la porter quand il reçoit ses potes ? Ils trouveront ça horrible.

— C'est quel genre de tenue ?

— Oh, c'est en général noir et blanc. Ça ira très bien.

Drago rentra chez lui éméché, galvanisé par l'idée de pouvoir enfin se venger de Saint Potter qui rendait sa vie misérable. Le colis promis par Pansy arriva une semaine plus tard et Drago eut des doutes quand il l'ouvrit.

La chemise paraissait à sa taille, mais la jupe était courte. Un tablier brodé de dentelle de mauvaise qualité trônait sur l'ensemble. Un petit mot de Pansy accompagnait les vêtements «Porte tes cuissardes en cuir avec, ça sera parfait».

Drago rangea le tout sans intention de l'utiliser. Mais lorsqu'il dut nettoyer la mare de boue dans l'entrée de chez Potter pour la cinquième fois en une semaine, il se résolut à lui faire payer.


La cheminette vrombit. Harry s'y précipita pour accueillir Ron, Hermione, Neville et Luna. Il les fit s'installer avant de retourner chercher des boissons et des chips. Il se cogna au sapin en revenant trop chargé et des aiguilles s'éparpillèrent partout.

— Tu veux que je t'aide à nettoyer, Harry ? proposa Neville en se levant.

— Nan, laisse. Malefoy s'en chargera plus tard.

— Comment ça se passe, d'ailleurs ?

Harry grimaça. C'était la bien la peine qu'ils s'en inquiètent maintenant alors qu'ils avaient comploté dans son dos pour le lui mettre dans les pattes.

— Ça va. Il est maniaque. Il passe son temps à ranger mes trucs.

— C'est un peu pour ça qu'il est payé, non ?

Harry grommela dans sa bouteille de bièraubeurre. Si même ses amis étaient de son côté…

— On fait toujours Nouvel An ici ? demanda Ron.

— Oh, ouais, j'pense que c'est mieux.

— Ahem, ahem.

Harry se retourna en entendant la voix traînante et cracha sa gorgée de bièraubeurre. Ses joues brûlèrent instantanément alors qu'il détaillait la chemise sans manche, la jupe noire surmontée d'un tablier blanc et les bottes en cuir montantes.

— Drago ‽ s'exclama Luna. J'adore tes chaussures, tu les as achetées où ?

Harry fut attrapé par l'épaule et son regard s'arracha à la bande de peau crémeuse entre les bottes et la jupe. Il croisa le regard écarquillé de Ron et l'air choqué de Hermione.

— Autre chose à faire aujourd'hui, Potter ?

Harry se tourna de nouveau vers lui et se força à ne pas baver. Il obligea ses yeux à se fixer sur le visage de Malefoy, mais c'était pire de savoir ce qui lui faisait face sans pouvoir le regarder. Les iris gris le fusillaient, comme s'il avait encore fait quelque chose qu'il ne fallait pas.

— Tu voulais qu'il nettoie les aiguilles, intervint Neville d'une voix légèrement tremblante.

— Ouais. Heu. Voilà. Il y a des aiguilles par terre. Heu. S'il te plaît.

— Bien sûr, Potter.

Harry manqua de tomber à la renverse. C'était la première fois qu'il acceptait de nettoyer sans rechigner ! La jupe de Malefoy se balança et dévoila un peu plus ses cuisses à chacun des pas qui le rapprochait du sapin. Harry ne put en détourner les yeux. Drago pivota pour viser les aiguilles tombées à terre.

— Salazar, mais disparaissez donc, saletés !

Harry se pencha sur le côté : les aiguilles étaient toujours là.

— En lançant le sort de plus près, peut-être ? Ou avec une balayette ? intervint Hermione d'une voix étranglée.

— Qu'est-ce que c'est une balayette ? grogna Malefoy en se tournant vers elle.

— Un petit balai pour ramasser des saletés.

Malefoy grommela un truc incompréhensible et se mit à quatre pattes, la tête quasiment dans le sapin. La jupe remonta jusqu'en haut de ses cuisses et dévoila le bas d'un boxer noir. Harry se mit à bander. Merlin, non ! Il se mordit la lèvre jusqu'au sang et se précipita dans la cuisine. Au loin, il entendit Luna proposer son aide et ferma la porte avec violence.


«Chère Pansy,

Ça n'a pas marché, Potter est juste devenu aussi rouge qu'une écharpe de Gryffondor. Aucun de ses amis ne s'est offusqué de ma tenue ni en ma présence ni après quand j'ai espionné. Ils ont même voulu m'aider à ramasser des saloperies d'aiguilles de sapin. J'en ai encore dans les cheveux !

Je suis encore plus humilié qu'avant. Je ne suivrai plus tes conseils désormais.

Sincèrement,

Drago, ton ex-meilleur ami»


Drago retourna chez Potter deux jours plus tard avec un nœud dans le ventre et une envie de vengeance encore plus aiguisée.

Encore une fois, ce flemmard prenait son petit-déjeuner à l'heure du déjeuner. Qui savait où il était encore sorti la veille ? Il se leva en laissant traîner sa vaisselle, une fois de plus.

— Merci, Malefoy.

Drago se retourna, mais il était déjà parti. C'était bien la première fois qu'il le remerciait avant même qu'il ait fait quoi que ce soit. Drago tenta de se concentrer sur sa tâche et de réfléchir à comment emmerder Potter. Mais son esprit ne cessait de revenir à ce jogging gris qu'il portait de nouveau. Avec toutes les merveilles qui prenaient la poussière dans sa penderie, c'était un crime. Ce cul rebondit dans ce pantalon informe l'était tout autant.

Drago s'appliqua ensuite à ranger ce qui traînait sans croiser Potter une seule fois pendant l'heure qui suivit. Il réorganisa la cuisine, déplaça les décorations du sapin, alluma les bougies sur le manteau de la cheminée et fouilla dans la maigre bibliothèque. Sûrement des livres offerts par Miss-je-sais-tout.

Une fois à l'étage, Drago croisa Potter qui sortait de la salle de bain avec les cheveux humides, les pupilles dilatées et un sourire stupide. Il s'empêcha de souffler, il avait encore dû laisser un bordel innommable. Incapable d'accrocher sa serviette, incapable de ranger ses produits de soins, incapable de rincer la mousse. Il se figea après avoir jeté un regard au lavabo. Le plug noir reposait contre la faïence blanche comme une mouche sur un glaçage. Un frisson le traversa, ses joues se mirent à brûler. Il ressortit de la pièce en courant.

— Potter !

— Quoi ? répondit la voix de l'étage en dessous.

— Ne compte pas sur moi pour ranger tes sextoys, ce n'est pas dans mon contrat ! hurla Drago en se penchant par-dessus la rambarde.

Potter apparut dans son champ de vision. Il leva la tête vers lui, la nuque cassée en arrière, les mains toujours dans les poches de son stupide jogging. Et un sourire lascif aux lèvres.

— Il était sale, j'ai eu la flemme. Laisse-le là.

Drago jura et retourna dans la salle de bain. Il nettoya et rangea, ce que Potter était infoutu de faire, obnubilé par ce lavabo dont il refusait de s'approcher. Il récura chaque joint de carrelage avec une attention excessive sans jamais pouvoir se sortir de l'esprit que Potter venait de l'utiliser pendant qu'il travaillait non loin. La taille de l'objet le perturbait. Jamais il n'avait imaginé quelque chose comme ça. Potter aimait se faire prendre le cul. Et pas par n'importe quoi. S'il vendait l'information à la presse, il pouvait arrêter de travailler.

Il repartit de chez Potter particulièrement fébrile, avec l'esprit embrumé et un début d'érection qui n'était jamais passé.


Chaque fois que la cheminette vrombissait, le sourire de Harry apparaissait. Une semaine était passée et ça persistait. Le visage écarlate de Malefoy était gravé derrière ses rétines, sa démarche raide quand il avait quitté la maison était enregistrée dans sa mémoire. Inoubliable. Et beaucoup trop excitant. Depuis, Harry avaitoublié le tout dernier Sexy Wiz dans le salon, avait laissé traîner le lubrifiant un peu partout dans la maison, se changeait la porte grande ouverte quand Malefoy passait devant, s'étirait de tout son long sur le canapé quand Malefoy faisait les poussières.

D'ailleurs, le voilà qui arrivait avec le plumeau. Harry ouvrit les yeux et fit semblant de bâiller. Il leva les bras au-dessus de sa tête et camoufla un sourire alors qu'il sentait l'air frais chatouiller son ventre découvert. Il se cambra avec exagération en gardant un œil sur Malefoy qui prétendait ne pas le regarder, puis se tourna sur le côté, la tête relevée sur sa main pour faire ressortir sa hanche et l'arrondi de ses fesses. Depuis le canapé, Harry se délectait de la progression de la rougeur sur les joues et les oreilles de Malefoy. Il se leva et se plaça un peu derrière lui.

Le plumeau se baladait dans la pièce au gré des mouvements de baguette de Malefoy. Ses gestes étaient vifs, saccadés. Harry sourit avec malice.

— Malefoy ?

Il sursauta et se retourna d'un bond. Puis recula d'un pas en avisant Harry.

— J'me disais que tu devrais prendre quelques jours pour Noël, proposa-t-il en avançant d'un pas. Je serais au Terrier de toute façon, rien à ranger ici du coup.

Drago se cogna contre le manteau de la cheminée et le plumeau fit une embardée dans le visage de Harry. Il le repoussa en toussant de la poussière alors que Malefoy ricanait. Le plumeau resta figé dans sa direction.

— Alors ?

Malefoy haussa les épaules.

— Ça m'est égal, je n'ai rien prévu de toute façon.

Harry saisit le plumeau et le dégagea d'un geste brusque.

— Tu ne fêtes pas Noël ?

— Et avec qui veux-tu que je célèbre, Potter ? Mes parents sont en prison.

— Ah. Ouais, c'est vrai. Tu veux venir avec moi ?

Malefoy éclata de rire avant de renifler avec dédain. Il arracha le plumeau de la main de Harry d'un air fâché et s'éloigna.

— J'ai encore des choses à faire.

Harry soupira en le regardant quitter le salon. Ses grandes enjambées étaient raides et ses épaules tendues. Une bouffée de tristesse englua la poitrine de Harry.


Harry avait trop mangé pendant trois jours, il allait exploser. Lorsque la cheminette vrombit, il se demanda qui ça pouvait bien être : il avait quitté le Terrier seulement une heure plus tôt. Malefoy s'extirpa du feu magique dans la même tenue que d'habitude : une robe de sorcier noir et gris, ouverte devant à partir de la taille. Ça soulignait presque aussi bien sa silhouette que la tenue de soubrette qu'il avait porté deux semaines plus tôt sans aucune raison. L'image hantait encore les souvenirs de Harry, ainsi que ses rêves et ses fantasmes.

— Encore sur ton canapé, Potter ?

— Je digère…

Malefoy renifla avec dédain et se tourna vers le sapin illuminé. Puis baissa le regard.

— Encore des aiguilles…

— Ouais, désolé. T'es pas obligé de le faire maintenant, répondit Harry qui n'avait pourtant rien contre un Malefoy à genoux.

— Tu as oublié un paquet, Potter.

— Il est pour toi.

Harry se redressa, la main sur son ventre tendu. Il adorait la cuisine de Molly, mais chaque année c'était pire.

— Joyeux Noël, Malefoy.

Il quitta la pièce dans l'idée d'aller faire une sieste dans sa chambre, mais sortit faire un tour dans le quartier pour digérer à la place. Il avait longuement réfléchi avant d'acheter quelque chose pour lui, mais sa situation lui rappelait trop celles qu'il avait vécues. Ce n'était pas grand-chose, une simple boule à neige magique de Poudlard, mais il s'était dit que c'était une bonne idée. Peut-être qu'il avait eu tort.

Quand Harry revint une heure plus tard, il était gelé jusqu'aux os d'être sorti sous la neige sans bonnet et sans gants. Quel idiot ! La maison était silencieuse et propre. Les aiguilles étaient nettoyées et une pointe de regret grignota Harry. Dommage d'avoir raté un pareil spectacle. Quoi que… sans la jupe c'était sûrement moins intéressant. Les poussières étaient faites, les bougies allumées, les photos encore une fois déplacées. Harry soupira en les remettant à leur place.

Harry fit le tour de toutes les pièces sans trouver Malefoy. Il était sûrement parti, il n'y avait pas grand-chose à faire après tout. Un bourdonnement provenait de sa buanderie. Il en poussa la porte pour savoir combien de temps d'essorage il restait avant de sortir le linge.

Malefoy était assis sur le sèche-linge, la boule à neige dans les mains, le regard figé dessus. Il se redressa en sursautant et ses yeux brillèrent de culpabilité.

— Hey.

— Ahem. Merci, Potter.

Le regard de Malefoy s'était radouci, un sourire s'esquissa et ses joues rosirent. Le ventre de Harry se tortilla et une boule de chaleur se développa en lui.

— De rien.

Harry s'approcha de lui.

— Malefoy, t'as conscience que c'est idiot de continuer à jouer au chat et à la souris, hein ?

— Jouer à quoi ?

— Expression moldue, soupira Harry. Ça veut dire que ça sert à rien de continuer à se courir après en pensant qu'on va l'emporter sur l'autre.

— Je ne vois pas de quoi tu parles.

Harry s'approcha et lui retira la boule à neige pour la poser sur une étagère.

— Hé !

— Je sais que je suis attiré par toi et que tu es attiré par moi, inutile de tourner la cuillère dans le chaudron plus longtemps.

Les joues de Malefoy rougirent d'un coup. L'érection de Harry se réveilla. Il ne manquait plus que la jupe et cette chemise… Il secoua la tête pour reprendre ses esprits et s'avança pour se caler entre les genoux de Malefoy.

— Ose dire que c'est pas vrai.

— Ce n'est pas vrai ? minauda Malefoy avec un sourire narquois.

Harry explosa de rire, son genou se cogna contre la machine qui bipa puis se mit en marche. Malefoy se mit à vibrer avec l'engin et son rire rejoignit celui de Harry. Il accrocha Harry par le col, le tira vers lui et l'embrassa. Malefoy avait le goût de vin chaud et d'épices, Harry avait envie de le dévorer tout entier.