Bienvenue sur ce nouveau chapitre où Remus continue à avoir des fulgurances… Bonne lecture!
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1975_Cinquième année, troisième trimestre
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— Monsieur Black ? Qu'est-ce qu'il-… Par Merlin Comment vous-. Qu'est-ce que- ?
Remus se redressa avec vivacité dans son lit. Même s'il ne s'était pas agi de Sirius, la voix de Poppy aurait, à elle seule, suffit à l'alerter. Il y avait plus qu'une pointe d'inquiétude dans ses exclamations. Il se leva avec difficulté, tout courbaturé. Ses os craquaient comme s'il avait deux cent ans.
Il s'appuya à son lit pour retrouver son équilibre et sortit de la petite cellule individuelle dans laquelle il se remettait des nuits de pleine lune. Une de ses longues jambes traînait à moitié derrière lui et son rythme cardiaque était un peu trop rapide.
Il plaqua une main sur sa bouche pour retenir un hoquet de surprise en rejoignant la salle commune de l'infirmerie. Sirius était assis sur un lit, débraillé. Son jean était déchiré et son bras droit pendait lamentablement le long de son corps, son épaule déboitée.
— Pads !
— Hey, Moony, répondit-il.
Ses yeux pétillaient, ce que Remus attribua aux effets antalgiques des potions de Poppy.
— Blessure de guerre, continua Sirius.
Une grimace envahit son visage lorsqu'il tenta - sans succès - de tendre le bras vers lui.
— Je t'ai-
— Quidditch ! J'expliquais à Poppy qu'on s'était levé tôt avec James pour s'entraîner.
— Ce qui est stupide, Monsieur Black. Les Gryffondor ont déjà gagné la coupe, ce que je n'ai pu rater vu le nombre d'estomacs chamboulés que j'ai dû traiter après votre petite sauterie.
L'infirmière lui adressa un regard mi-amusé, mi-courroucé. Remus aurait aimé pouvoir répondre à l'air jovial de Sirius, mais il n'arrivait qu'à se répéter en boucle qu'il était responsable de cette blessure. Il s'en voulait et commençait déjà à élaborer les pires scénarios.
— Remus, mon cher. Allez me chercher le Dujarrier dans la réserve.
Il s'exécuta, de bonne grâce, et rapporta l'attelle en moins de temps qu'il n'en fallait pour le dire. Il se sentait tellement inutile. Il était là, les bras ballants, à regarder l'infirmière appliquer des sorts de guérison sur l'épaule et les ligaments disloqués de Sirius.
Il était sûr d'avoir viré au vert quand les os avaient craqué dans une sonorité sinistre. Il avait même eu besoin de s'agripper aux barreaux du lit quand, d'un geste calculé, elle avait fini de réaligner l'humérus à la glène.
Inquiète de son air pâlot, elle avait réexpédié Remus au lit manu-militari. Elle avait, par contre, laissé Sirius sortir avec un billet qui l'autorisait à passer la journée dans sa salle commune.
Remus s'était torturé pendant des heures. Il avait imaginé le loup attaquer Sirius des pires manières possibles. Poppy l'avait laissé sortir, incertaine, juste avant l'heure du dîner en lui faisant promettre de revenir s'il continuait à se sentir mal.
Il n'eut pas le coeur de rejoindre la Grande Salle et se précipita droit à son dortoir. Quand il y entra, il fixa le lit de Sirius. Il espérait, autant qu'il le redoutait, le trouver vide. Sans en être étonné, il constata qu'il avait dû partir dîner. Remus se laissa tomber dans son lit à moitié soulagé, puis se roula en boule, pétri de culpabilité. Il s'endormit presque aussitôt.
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Lorsqu'il se réveilla, le dortoir était plongé dans le noir et le silence total. Le mélange d'odeurs, celle musquée de Peter, celle boisée de James, et la fragrance si particulière de Sirius, lui indiquèrent qu'ils étaient tous présents.
Remus se redressa et n'hésita qu'un instant. Il avait besoin de s'assurer que Sirius allait bien. Il devait comprendre ce qui s'était passé. Il s'installa au bord de son lit et le regarda dormir.
Il ressemblait à une gravure. Le teint lisse et unifié, les cheveux délicatement éparpillés sur l'oreiller, un bras replié sous son oreille. Un vague sourire persistait sur ses lèvres entrouvertes. Son torse, nu, s'élevait et s'abaissait à un rythme régulier.
Remus tendit la main et dégagea son front, sans arriver à maîtriser ses doigts qui tressaillaient. Le sourire que Sirius lui adressa le cueillit et les mots lui manquèrent. Un murmure l'interpella.
— Hey.
— Hey, répondit-il sur le même ton. T'as mal ?
— Nope.
— Qu'est-ce qu-
— Rien. Je me suis cassé la gueule en sortant de la Cabane ce matin. Je- Chhhht. Arrête de rire, Moony !
Remus, penché en avant, écrasa son visage hilare sur le matelas. Il espérait étouffer son rire et y arriva presque. La main de Sirius se pressa à l'arrière de sa tête et l'y enfonça encore davantage. Il chuchota, rageur.
— C'est bon, là ? Tu t'es assez foutu de moi ? C'est un peu ta faute, tu sais !
Remus cessa immédiatement de rire et se dégagea. Il le fixa, l'air à nouveau sérieux.
— Qu'est-ce que j'ai-
— Ce que tu peux être dramatique, s'amusa Sirius. Tu étais juste TRÈS en forme la nuit dernière. On n'a pas arrêté de jouer et de courir alors que t'as foutu une paix royale à Prongs et Wormtail. J'étais crevé ce matin… J'arrivais plus à mettre un pied devant l'autre.
Les épaules de Remus se contractèrent au moment même où une rougeur prenait place sur les pommettes de Sirius. Sa langue se délia d'elle-même et sa voix émergea, rauque.
— Oh. Tu veux dire que je t'ai bousculé au point que tu pouvais plus marcher ?
Sirius le poussa et Remus n'évita la chute qu'en se retenant de justesse aux draps. Il se redressa, grimpa à nouveau sur le lit et l'enjamba avec un manque d'élégance flagrant. Sans leur laisser, ni à l'un ni à l'autre le temps de la réflexion, Remus s'installa dans le dos de Sirius sans le toucher. Il frôla son épaule, se pencha sur lui et murmura, au creux de son pavillon.
— Tu as encore mal ?
Sirius frissonna et nia d'un mouvement de tête. Remus en profita pour glisser son bras sur l'oreiller. Sirius y frotta la joue. Son autre main prit place, légère, sur sa taille.
— Bonne nuit, Padfoot.
Il ferma les yeux, rassuré. Il allait bien. Ils allaient bien. Il ne lui avait pas fait mal. Tout allait bien. Tout était normal. Tout était parfaitement normal. Tout ét- Ses doigts se crispèrent sur la hanche de Sirius qui venait de reculer son bassin tout contre son érection qu'il tentait pourtant d'ignorer.
Remus n'osa pas bouger. Il était sûr que s'il bougeait, il allait gémir comme l'adolescent qu'il était et il ne voulait pas en arriver là. Il en serait mortifié. Il expira longuement, les lèvres entrouvertes. Grave erreur. Sirius se cambra une fois de plus sur son érection.
Incertain de la marche à suivre, Remus laissa sa main glisser de la hanche de Sirius à son ventre. Sous ses doigts, il sentit ses abdominaux se contracter et son bassin s'arquer tout contre lui une fois de plus.
L'érection de Sirius effleura sa main et Remus comprit qu'ils étaient exactement dans le même état. Comme si les autres signes ne suffisaient pas à comprendre. D'un coup de hanches, il laissa son sexe aller à la rencontre des fesses de Sirius.
En silence, ils entamèrent de lents va-et-vient, dans une langueur exquise.
Bientôt, leurs déhanchements furent accompagnés de soupirs et Remus se retrouva incapable d'aligner deux pensées. Sa main quitta le ventre de Sirius et se posa sur son sexe érigé. Il glapit et le coeur de Remus accéléra, effrayé.
Peter et James pouvaient se réveiller à tout instant et gâcher ce moment. Il ne devait pas faire de bruit. Ils ne pouvaient pas. Il délaissa le sexe de Sirius dont le gland perlait déjà et sa main se plaqua sur sa bouche.
Sirius tenta de mordre sa paume et approfondit ses mouvements de bassin. Il se pencha vers l'avant, son torse s'enfonça dans le matelas. Remus le suivit et s'écrasa sur son dos. Ses ondulations se firent plus profondes alors que sa main étouffait toujours les sons qui sortaient de la gorge de Sirius.
Ses propres halètements se perdaient dans sa nuque qu'il n'arrivait pas à cesser de mordiller. La seule chose qui le retenait de jouir dans la seconde était bien la maîtrise à laquelle il faisait appel pour ne pas y planter les crocs.
— Je. Je vais venir, lui souffla-t-il à l'oreille.
La main encore libre de Remus, sur l'oreiller, fut, pour toute réponse, enlacée par les doigts de Sirius. Il éjacula contre lui, souillant leurs pyjamas.
— J'suis. J'suis désolé. J'suis-
— Moony, ferme-là.
Le coeur de Remus battait à mille à l'heure. Le plaisir qu'il avait éprouvé laissait déjà place à la culpabilité. Il se redressa et essuya son front moite. Il osait à peine regarder Sirius qui s'assit à son tour en tailleur. Il fixa sa main délicate qui se posa sur sa cuisse et y planta les ongles.
— Pousse-toi, et va chauffer ton lit. Le mien est dégueulasse. Je vais pas dormir là !
Remus ne put empêcher un vrai rire de franchir ses lèvres alors qu'une trace de foutre maculait le morceau de matelas où Sirius était allongé un instant plus tôt.
— Putain, Remus. Tu as vu l'heure ? Va dormir, bordel ! Tout le monde n'a pas eu la chance de passer la journée à l'infirmerie, émergea la voix de James, excédé.
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Au matin, Sirius était déjà levé lorsque la cloche retentit et ils ne firent pas mine de discuter. A quoi bon ? Poser des mots risquait de tout compliquer et ni l'un ni l'autre n'en avait envie.
Ils n'eurent pas d'autres occasions de partager de nuits avant les vacances de Pâques. Un coup à cause des entraînements de Quidditch, un autre des révisions tardives de Remus et Lily ou encore parce que James squattait le lit de Sirius avant de dormir.
A la veille des vacances, les Maraudeurs s'acharnèrent à chambouler les quartiers des Serpentards, y déployant Bombabouses, Kits à faire pousser des verrues et autres joyeusetés. Ils poussèrent même le vice en déposant en équilibre, sur la porte entrouverte des douches communes, un bébé Mandragore qui manquait de terre pour se sentir à son aise.
Ils ne restèrent pas observer leurs méfaits, déjà satisfaits de voir des étudiants de Quatrième année fuir leur salle commune en criant alors que le couvre-feu venait d'être déclaré.
A la place, ils regagnèrent leur tour ventre à terre. Quand Lily rentra de sa ronde, toute échevelée, les élèves encore présents dans la salle commune lui mentirent éhontément et lui assurèrent que les Maraudeurs n'avaient pas bougé de leur canapé de toute la soirée.
Lily envoya tout le monde se coucher, eux inclus, et la salle se vida sans tarder. Ils n'attendirent toutefois même pas une demi-heure pour redescendre. Sirius plongea sur le canapé. James s'écroula dans le fauteuil attenant. Peter s'installa entre eux, sur un coussin à même le sol, et Remus alla toquer sur une pierre creuse de la cheminée. Il en sortit un joint roulé à la perfection.
— Ce que Frank ignore ne peut lui nuire, affirma-t-il l'index levé.
Les trois autres Maraudeurs acquiescèrent, convaincus, et James tendit sa baguette incandescente à Remus qui tira une longue bouffée sur le joint. Il enjamba la table basse dans la foulée et s'effondra sur les cuisses de Sirius, toujours étalé de tout son long sur le canapé. Il éclata de rire.
— Il est tellement convaincu que sa cachette est infaillible…
Sirius se redressa et lui laissa la place nécessaire pour installer sa grande carcasse. Deux minutes de plus et leurs épaules se touchaient alors que le canapé aurait pu accueillir au moins trois personnes supplémentaires.
— T'as vu la feinte de Marlène, hier, c'était-, commença Peter.
Remus décrocha, incapable d'écouter un énième babillage autour du Quidditch. Il tira sur les pans de son pantalon, le laissa descendre sur ses hanches et se mit à l'aise. Il étendit une jambe sur la table basse et laissa sa nuque reposer sur le dossier du canapé.
Il prit le joint qu'on lui tendit, aspira la fumée qui envahit ses poumons et continua à le faire passer, perdu dans une agréable stupeur. Jusqu'à ce qu'il tourne une énième fois la tête vers Sirius. Remus se mordit la lèvre. Il était beau, à genoux sur le canapé, à gesticuler dans tous les sens avec un enthousiasme à faire peur.
Remus avait envie de l'embrasser. De le toucher et de l'embrasser. Il n'avait presque rien à faire pour réduire l'écart entre eux. Il n'avait qu'à tendre le bras, tirer sur son t-shirt et trouver ses lèvres. Il en avait terriblement envie.
La prise de conscience fut violente. Ce n'était pas que les hormones. Il y avait plus dans son désir. Plus que la libido d'un adolescent. Ses pensées, ses réactions, ses émotions. Tout était déconcertant.
Il ne pouvait pas l'embrasser. Ils pouvaient se toucher. Ils pouvaient se presser l'un contre l'autre. S'embrasser, c'était autre chose. C'était plus. C'était trop. Il ferma les yeux et laissa son esprit retrouver le coton qui l'aidait à arrêter de penser.
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Il sentit que le ronron des paroles des gars se faisait de moins en moins animé et se laissa bercer jusqu'à sentir une agitation sur le canapé. Lorsqu'il ouvrit les yeux, Sirius filait par le couloir du fond. Remus se redressa et attendit quelques minutes qu'il revienne, une poignée de bonbons à la main.
— Jamie, tu-
— Chhhut, il s'est endormi,
— Ces chochottes… conclut Sirius.
Il se réinstalla sur le canapé et jeta un coup d'oeil à Pete, roulé en boule sur le tapis. Remus étendit son bras sur le dossier derrière lui et enroula une mèche de cheveux de Sirius autour de son index.
Il pivota dans sa direction et empoigna sa cuisse avec assurance. Remus fixa sa main puis lui sourit. Sirius en profita pour faire mine de remonter vers son aine. Son estomac fit un tour sur lui-même. Comme s'il avait raté une marche, juste avant de dévaler l'escalier. Il lui adressa son sourire lumineux et Remus se sentit à nouveau effrayé. Et exalté. Et débauché. Il tourna la tête vers la cheminée.
— Merlin, Moons. Je lis en toi comme dans un livre ouvert.
— Tu crois ? J'aimerais que la réciproque soit vraie, Pads.
Ils laissèrent le silence s'installer, les yeux rivés l'un à l'autre. Ils ne souriaient pas. Pas vraiment. Et le temps s'étirait. Pete grogna dans son sommeil et Sirius se glissa sous le bras de Remus. Il leva son visage vers lui.
— Embrasse-moi.
Il avait parlé si bas que Remus n'était pas sûr d'avoir bien entendu. Il se pencha, leurs souffles s'emmêlèrent. Sirius entrouvrit ses lèvres et une digue se rompit. Remus ravagea sa bouche, sans douceur. Leurs dents s'entrechoquèrent avant qu'ils ne réajustent leur position.
Toute maladresse disparut lorsque leurs langues se rencontrèrent enfin et un son guttural s'échappa de la gorge de Remus. Sirius se détacha, les yeux pétillants, et enfourcha les hanches de Remus, prêt à piller ses lèvres à nouveau.
Une paire de jambes dévala l'escalier qui venait des dortoirs des filles. Sirius jura et s'éloigna, à regret, à l'autre bout du canapé. Il était cinq heures. L'heure, pour les vacanciers les plus pressés, de se préparer à prendre le train deux heures plus tard.
Remus croisa les jambes et écrasa un coussin sur ses cuisses. Il ricana alors que Sirius se recroquevillait sur lui-même en enserrant ses genoux dans le même objectif de dissimulation de ses émois.
— Tu devrais aller finir tes valises, Moony, lança Sirius, un peu amer.
— J'crois que je vais regretter de pas rester, cette année…
— T'inquiète, je reste pour m'assurer que Pads tombe pas en dépression, émergea James, la voix pâteuse.
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Au retour de ses vacances, Remus eut à peine le temps de franchir les portes de la Grande Salle que Sirius sautait sur son dos. Il réussit de justesse à rétablir son équilibre et le fit descendre d'un coup d'épaule. Ils se retrouvèrent à faire semblant de se battre sous les yeux blasés de leurs camarades.
Sirius se glissa dans son lit le soir même, et enlaça son grand corps en silence. Ils en firent de même les soirs suivants, sans aller plus loin. Sans réitérer l'expérience des caresses. Et encore moins d'un baiser. Trop risqué. Trop d'enjeux.
Et puis, il y eut ce week-end, à la mi-avril, où ils se trouvèrent à franchir la porte du dortoir au même instant. Sirius en sortait et Remus venait récupérer un livre. Ils s'étaient coincés dans l'embrasure et Sirius se retint à sa taille.
Il laissa un doigt glisser sous le t-shirt ample de Remus et caressa l'os de sa hanche. Remus déglutit, comme trop souvent. A chaque fois que Sirius y posait les doigts, il réagissait de la même manière. Son coeur loupait un battement et, tout de suite après, il captait son sourire lubrique.
— Tu devrais te faire tatouer mon nom. Juste-là, commença Sirius.
Il appuya sur l'os iliaque du bout de l'index. Sur la pointe des pieds, il lui glissa à l'oreille.
— Pour que personne n'ignore que toi et moi, c'est pour la vie.
Remus ricana, incertain, et souffla.
— Ouais, pour qu'on pense que je t'appartiens, plutôt.
— Ou l'inverse, suggéra Sirius.
Il se redressa, l'embrassa au coin des lèvres et réajusta son t-shirt.
— James m'attend pour l'entraînement. A plus tard.
Sans plus de cérémonie, il abandonna Remus avec ses questions, ses doutes et son érection contrariée. L'image d'une marque indélébile de leur lien tournait en boucle dans sa tête. Il en avait envie. De se tatouer son nom. De voir le désir flamber dans ses yeux à l'idée de sa langue qui retraçait les lettres sur sa peau.
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Oh là, là! Mais on approche de plus en plus de… The Prank! Alors, verdict?
