Clarke se sentait de plus en plus seule, comme si un voile d'invisibilité s'était abattu sur elle. Ses efforts pour s'intégrer et se faire entendre étaient systématiquement rejetés ou ignorés, sauf par Anya, Raven, Huxley et Lexa, qui tentaient encore de la soutenir. Mais même leur présence ne suffisait plus. Le poids du silence et du rejet qu'elle subissait dans l'équipe finissait par l'écraser.

Les réunions, qui auraient dû être des moments d'échanges stratégiques, étaient devenues un enfer pour Clarke. Chaque fois qu'elle ouvrait la bouche, elle voyait le regard des autres se détourner. Ses idées étaient soit ignorées, soit reprises par quelqu'un d'autre, souvent par Lexa elle-même, qui, sans mauvaise intention, reformulait ses propositions. Pour Clarke, cela ne faisait qu'aggraver sa frustration.

Un jour, après une réunion particulièrement éprouvante où ses suggestions avaient une nouvelle fois été balayées, Clarke se retrouva seule dans la salle, fixant le tableau stratégique avec un regard vide. Elle n'avait plus la force de se battre.

À quoi bon ? Peu importe ce que je dis... ils ne m'écouteront jamais, dit Clarke, murmure désespéré.

Raven, qui passait par là, s'arrêta en voyant Clarke dans cet état. Elle s'approcha, son visage marqué par l'inquiétude.

Clarke ? Ça va ? dit Raven, d'une voix douce.

Clarke leva les yeux vers son amie, forçant un sourire qui ne parvint pas à masquer sa fatigue.

J'essaie, Raven. Je fais de mon mieux, mais j'ai l'impression que ça ne sert à rien. Plus je parle, plus je m'enfonce, dit Clarke, épuisée.

Raven hocha la tête, partageant son sentiment. Elle avait remarqué à quel point Clarke semblait s'éloigner de tout le monde, y compris de Lexa. Elle avait tenté de parler à Anya de la situation, mais cette dernière lui avait conseillé de ne pas intervenir. Cependant, la détresse de Clarke devenait de plus en plus visible.

Clarke, tu es l'une des personnes les plus intelligentes que je connaisse. Si les autres ne voient pas ça, c'est leur problème, pas le tien. Mais tu ne peux pas continuer comme ça. Tu dois prendre soin de toi, dit Raven, avec fermeté.

Clarke secoua la tête, ses yeux brumeux de tristesse.

Je ne sais plus comment. Lexa se rapproche des autres, je me sens mise à l'écart. Et... je ne sais même plus si elle voit à quel point je suis perdue, dit Clarke, désabusée.

Raven fronça les sourcils, mal à l'aise face à la gravité des mots de Clarke. Elle savait que si Clarke en arrivait à douter de Lexa, c'était un signe que la situation était plus critique qu'elle ne l'avait imaginé.

Clarke, tu dois parler à Lexa. Elle t'aime, ça, je le sais. Mais si tu ne lui dis pas ce que tu ressens, elle ne pourra pas deviner. Ne te laisse pas enfermer dans cette solitude, dit Raven, avec sincérité.

Clarke baissa les yeux, les larmes lui piquant les paupières, mais elle se retint de pleurer. Elle se sentait vulnérable, plus que jamais. Incapable de répondre, elle se contenta d'un hochement de tête, mais au fond d'elle, elle doutait de pouvoir affronter Lexa.

L'atmosphère entre Clarke et Lexa devenait de plus en plus lourde, surtout à cause de la proximité grandissante entre Lexa et le reste de l'équipe. Clarke observait de loin cette dynamique, et même si elle savait que Lexa l'aimait, la situation avec Moreno la rongeait.

Malgré les mises au point répétées de Lexa, Moreno n'avait jamais cessé de flirter avec elle. Ses commentaires charmeurs et ses tentatives de rapprochement devenaient de plus en plus audacieux, surtout en présence de Clarke. Il semblait prendre un malin plaisir à la provoquer, profitant de la situation pour creuser davantage le fossé entre elles.

Un jour, lors d'une réunion stratégique, alors que Lexa expliquait une manœuvre à l'équipe, Moreno se rapprocha d'elle sous prétexte d'observer le plan sur le tableau. Au moment où Lexa se tournait pour écrire, il frôla ostensiblement son bras, son sourire narquois dissimulé derrière une apparente insouciance.

Impressionnant, comme toujours, Lexa. Ta façon de voir les choses est... captivante, dit Moreno en feignant l'innocence, tout en la frôlant subtilement.

Lexa sentit immédiatement le contact et se tendit légèrement, son expression passant rapidement de la concentration à l'agacement. Elle lança un regard sévère à Moreno, mais ce dernier fit mine de ne rien remarquer, continuant de sourire comme si de rien n'était. Clarke, qui observait la scène de l'autre côté de la salle, sentit une vague de colère monter en elle. Elle serra les poings sous la table, tentant de maîtriser sa réaction.

Pendant toute la réunion, Clarke ne pouvait s'empêcher de fixer Moreno, cherchant à déchiffrer ses intentions. Il semblait prendre un plaisir cruel à narguer Clarke à travers ses gestes et son comportement avec Lexa. À un moment donné, leurs regards se croisèrent, et Moreno esquissa un sourire provocateur, sachant parfaitement que Clarke le regardait.

Tu sais, Clarke, c'est difficile de garder quelqu'un d'aussi... remarquable que Lexa. Peut-être que tu devrais t'inquiéter un peu plus, chuchota Moreno à Clarke lorsqu'ils se croisent à la sortie.

Clarke sentit son sang bouillir, mais elle resta silencieuse, ne voulant pas lui donner le plaisir de la voir réagir. Elle détourna les yeux, mais la remarque avait laissé une trace douloureuse. Elle savait que Lexa l'aimait, mais l'insistance de Moreno et son comportement lui faisaient douter.

Les jours suivants, la situation ne fit qu'empirer. Clarke s'enfonçait de plus en plus dans son isolement, tandis que Raven observait, impuissante, la dégradation de son amie. Anya lui répétait de ne pas intervenir, mais la frustration de Raven atteignait son paroxysme. Un jour, alors qu'elles se trouvaient dans une petite salle à l'écart, Raven n'en pouvait plus.

On ne peut pas continuer comme ça, Anya ! Clarke est en train de se détruire et toi, tu veux qu'on reste là à ne rien faire ? dit Raven, frappant la table du poing, la frustration éclatant dans sa voix.

Anya, d'un ton ferme mais calme, répondit :

Raven, Clarke est fière. Si on intervient maintenant, ça ne fera qu'aggraver les choses. Elle doit trouver son propre chemin.

Raven, haussant la voix, la colère clairement visible dans ses yeux, répliqua :

Trouver son propre chemin ?! Anya, elle se perd ! Elle ne mange plus, elle évite tout le monde, et toi tu veux juste... attendre ? Clarke a besoin d'aide, pas de distance ! Et où est Lexa dans tout ça ? Elle traîne avec Moreno pendant que Clarke s'effondre. Elle devrait la protéger, merde !

La porte de la salle s'ouvrit brusquement à ce moment-là. Lexa, ayant entendu les derniers mots de Raven, entra dans la pièce, visiblement tendue, son visage marqué par la douleur.

Qu'est-ce que tu veux dire, Raven ? Tu penses que je ne fais rien pour protéger Clarke ? dit Lexa d'un ton grave, blessé par les accusations.

Raven, incapable de contenir sa colère, se tourna brusquement vers Lexa, ses yeux pleins de reproches.

Oui, c'est exactement ce que je dis. Clarke s'effondre et toi, tu passes ton temps à traîner avec Moreno et les autres, comme si tout allait bien. Si c'est ça "protéger" Clarke, alors tu échoues, Lexa, répondit-elle froidement, chaque mot comme une flèche en plein cœur.

Lexa se figea, les poings serrés, tentant de maîtriser la tempête intérieure qui menaçait de l'envahir. Elle savait que Raven avait en partie raison, mais elle n'était pas prête à l'admettre aussi facilement.

Tu crois que je ne m'inquiète pas pour elle ? Clarke ne me parle plus, elle s'éloigne de moi. Qu'est-ce que tu veux que je fasse ? Je ne peux pas la forcer à s'ouvrir, dit Lexa d'une voix tendue, ses yeux cherchant à se défendre tout en tremblant sous l'impact des paroles de Raven.

Raven la fixa intensément, son expression marquée par la frustration et le désespoir.

Ne reste pas là à attendre qu'elle vienne vers toi, Lexa ! Va vers elle. Arrête de reformuler tout ce qu'elle dit en réunion comme si elle n'était pas capable de le faire elle-même. Elle a besoin que tu sois de son côté, qu'elle sente que tu la soutiens. Mais tout ce qu'elle voit, c'est que tu la laisses sombrer pendant que Moreno te tourne autour, dit Raven en haussant la voix, l'urgence dans ses paroles se faisant sentir.

Le silence tomba dans la pièce. Lexa, profondément touchée par les mots de Raven, sentit la culpabilité monter en elle. Elle réalisait soudain à quel point elle avait, sans le vouloir, aggravé la situation. Dans sa tentative de protéger Clarke, elle avait fini par l'éclipser, en rendant ses idées plus acceptables aux yeux des autres.

Je ne voulais pas lui faire ça. Je pensais... je pensais que ça l'aiderait si je reformulais ses idées, si je la protégeais discrètement, dit Lexa d'une voix basse, pleine de regrets, ses mots marqués par l'auto-reproche. Mais tu as raison. Elle n'a pas besoin que je la cache derrière mes mots. Elle a besoin que je la soutienne vraiment.

Anya, jusqu'alors silencieuse, croisa les bras, son regard posé mais lourd de sens. Elle s'approcha légèrement, son ton plus ferme et direct.

Lexa, Clarke se bat pour prouver sa valeur, mais elle est en train de perdre cette bataille. Et toi, tu es en train de la perdre aussi. Tu dois la retrouver avant qu'il ne soit trop tard, dit-elle, les mots tranchants comme une lame.

Lexa hocha lentement la tête, le poids de ses paroles s'enfonçant dans son esprit. Elle sentit une boule d'angoisse se former dans son estomac, la peur de ce qu'elle risquait de perdre si elle ne réagissait pas maintenant. La réalité de la situation l'assaillit : rester passive, observer de loin, n'était plus une option. Il était temps de se battre, de se faire entendre.

Elle se redressa brusquement, la détermination se lisant sur son visage. Sans un mot de plus, elle quitta la pièce d'un pas rapide, résolue à retrouver Clarke, à la sortir de cette spirale autodestructrice. Elle ne pouvait pas se permettre d'attendre plus longtemps. Il était déjà peut-être trop tard.

Le trajet en voiture du bureau jusqu'à la maison se fit dans un silence pesant. Lexa jeta plusieurs coups d'œil vers Clarke, mais cette dernière restait fixée sur la route, son visage impassible. Il n'y avait ni geste tendre, ni tentative de dialogue entre elles, un mur invisible semblait s'être dressé. Une fois arrivées, Clarke sortit de la voiture plus rapidement que d'habitude, entrant directement dans la maison sans même attendre Lexa.

Lexa entra à son tour, fatiguée et préoccupée. Son regard se posa sur Clarke, espérant capter un signe, un mot, quelque chose. Mais Clarke déposa simplement ses affaires avant de monter directement vers leur chambre, l'air fermé. Lexa la suivit des yeux, impuissante.

Princesse… ça va ? Tu veux qu'on parle de la journée ? Je sais que ça a été difficile, mais on peut en discuter si tu veux, dit-elle d'une voix douce, presque hésitante.

Clarke s'arrêta un instant au bas des escaliers, sans se retourner. Ses épaules semblaient tendues, et sa réponse arriva froide, presque détachée.

Pas ce soir, Lex'. Je suis épuisée. Je vais me coucher.

Lexa sentit une pointe de douleur percer son cœur, mais elle refusa de baisser les bras. Elle chercha à s'accrocher à quelque chose, à briser cette distance.

Tu n'as rien mangé… Tu devrais au moins prendre quelque chose avant de te coucher, insista-t-elle, son ton trahissant une inquiétude sincère.

Clarke tourna légèrement la tête, à peine, et sa voix, cette fois teintée d'agacement, claqua doucement dans l'air.

Je n'ai pas faim. Bonne nuit.

Sans attendre de réponse, Clarke reprit sa montée des escaliers, laissant Lexa seule en bas, fixant ce vide qui semblait s'installer entre elles.

Lexa resta plantée dans le salon, la regardant monter l'escalier. Elle voulait insister, mais elle savait que ce n'était pas le bon moment. Clarke avait besoin d'espace, même si ça la rongeait de l'intérieur. Après un moment, elle lâcha un soupir lourd et s'effondra sur le canapé, perdue dans ses pensées.

Le lendemain matin, l'atmosphère dans la salle de réunion était tendue. Clarke s'était préparée mentalement, mais malgré l'apaisement de la veille, une partie d'elle restait sur la défensive. Elle savait que sa place au sein de l'équipe n'était pas établie, et chaque réunion représentait un nouveau défi. Lexa, quant à elle, présidait la réunion comme d'habitude, avec cette assurance calme qui la caractérisait, mais aujourd'hui, elle avait une mission claire en tête : montrer à tous que Clarke n'était pas seulement là parce qu'elle était sa compagne, mais parce qu'elle méritait sa place.

Les membres de l'équipe, Torrens, Wilkes Huxley, et Moreno, étaient assis autour de la table, écoutant la présentation de Torrens sur la situation actuelle sur le terrain. L'opération à venir nécessitait des ajustements stratégiques et logistiques, et c'était justement dans ces domaines que Clarke avait réfléchi toute la nuit. Lexa savait qu'elle devait encourager Clarke à parler et à s'affirmer devant tout le monde.

Après que Torrens et Wilkes eurent terminé leur rapport, Lexa prit la parole, dirigeant les échanges avec l'efficacité militaire qui lui était propre. Mais cette fois, elle ne voulait pas simplement dicter la marche à suivre. Elle jeta un coup d'œil à Clarke, qui, bien qu'assise à côté d'elle, semblait légèrement tendue.

Lexa posa calmement son regard sur Clarke, mais sa voix, douce et assurée, brisa le murmure ambiant de la salle. Clarke, tu avais une idée à ce sujet, non ? demanda-t-elle en croisant les bras, son ton plein de confiance.

Clarke releva la tête, surprise par cette invitation directe. Elle sentit les regards se tourner vers elle, et un instant de doute l'envahit. Les souvenirs des réunions précédentes, où ses idées avaient été balayées ou ignorées, revinrent la hanter. Mais cette fois, Lexa lui offrait une chance de s'exprimer. Clarke prit une profonde inspiration, rassemblant son courage, puis se lança, sa voix claire et posée malgré une pointe de prudence.

Oui. Concernant la logistique des prochaines opérations, je pense qu'on pourrait améliorer le flux d'informations entre les unités sur le terrain en mettant en place une ligne de communication secondaire. En cas d'interférences ou de sabotage, cela nous permettrait de contourner les blocages ennemis et de garder une ligne ouverte, expliqua-t-elle en observant l'assemblée, pesant chaque mot.

Un silence suivi ses paroles, pesant et tendu. Moreno plissa légèrement les yeux, clairement sceptique, tandis que Huxley fronça les sourcils, plongé dans une réflexion visible. Clarke sentit la pression monter, chaque seconde s'étirant comme une éternité.

Moreno se pencha nonchalamment en arrière, un sourire condescendant au coin des lèvres. Une ligne de communication secondaire ? Cela semble un peu... superflu, non ? Nous avons déjà un système en place, et il a prouvé son efficacité, lança-t-il, sa voix empreinte d'un détachement calculé.

Clarke sentit un nœud se former dans son estomac. Elle ouvrit la bouche pour répondre, mais avant qu'elle ne puisse dire un mot, Lexa intervint, sa voix tranchante et ferme, son regard fixé sur Moreno.

Non, ce n'est pas superflu. Clarke a raison. En situation de crise, une alternative est cruciale. En cas d'attaque électronique, tout peut basculer en une seconde. La survie de nos équipes dépend de la redondance, déclara-t-elle d'un ton sans appel, coupant net toute contestation. Puis, elle tourna les yeux vers Clarke, son expression encourageante. Répète-le, Clarke. Ton idée est essentielle.

Lexa parlait avec une autorité telle que tous les regards se détournèrent de Moreno pour se poser sur Clarke. Sentant un regain de confiance grâce au soutien ouvert de Lexa, Clarke redressa légèrement les épaules. Elle inspira profondément avant de reprendre la parole, cette fois avec une assurance renforcée.

Si les forces ennemies parviennent à brouiller notre réseau principal, nous serions coupés de nos unités sur le terrain, déclara Clarke d'une voix plus ferme, son regard balayant la salle. Un système secondaire, même basique, permettrait de maintenir une coordination minimale en cas de crise. Ce n'est pas une mesure superflue, mais un investissement stratégique. Nos forces seraient prêtes à affronter des menaces cybernétiques, de plus en plus fréquentes sur le terrain, ajouta-t-elle, chaque mot porté par une détermination croissante.

Le visage de Huxley se détendit légèrement. Il acquiesça lentement, visiblement en train de peser les implications des propos de Clarke. Torrens et Wilks échangèrent un regard, signe qu'ils réfléchissaient également à la proposition. Moreno, quant à lui, bien que tentant de maintenir une façade impassible, comprit qu'il avait perdu du terrain. Il croisa les bras et se cala dans son fauteuil, affichant un air bougon.

Vous avez un bon point, lieutenant Griffin, dit Huxley après un moment de réflexion, son ton grave mais approbateur. La menace cybernétique est réelle, et nous devons être préparés à toute éventualité. Mettons en place cette option secondaire. Nous ne pouvons pas nous permettre de perdre des communications vitales en situation critique.

Clarke sentit un mélange de soulagement et de fierté monter en elle. Pour la première fois depuis longtemps, elle avait l'impression d'être écoutée pour ses idées, pas pour son nom. Mais le moment fut interrompu.

Je suppose qu'il est facile de prendre de telles décisions quand on a le soutien du capitaine, lança Moreno, son ton moqueur trahissant son irritation. Mais est-ce vraiment nécessaire ?

Clarke sentit une pointe de colère, mais avant qu'elle ne puisse répondre, Lexa intervint. Jusqu'à présent, elle avait laissé Clarke défendre sa position seule. Cette fois, ce fut différent. Lexa se leva légèrement de sa chaise, posant un regard perçant sur Moreno. Le silence se fit dans la salle.

Je ne tolérerai aucun manque de respect envers Clarke, déclara Lexa d'un ton glacial, son regard clouant Moreno sur place. Elle n'a pas besoin de mon soutien pour que ses idées soient valides. Je suis capitaine ici, et je décide quelles sont les priorités. Et en l'occurrence, Clarke a raison. Point final.

Le silence dans la pièce devint presque palpable. Même Huxley, d'habitude si impartial, acquiesça, voyant la détermination de Lexa et comprenant que ce débat était clos. Moreno, cette fois, recula véritablement. Il savait qu'il ne pouvait plus continuer sans risquer une confrontation ouverte avec le capitaine.

Lexa se tourna vers l'équipe, son ton plus calme mais ferme, et déclara :

Nous sommes une équipe. Il est temps que chacun d'entre nous commence à agir en conséquence. Les idées de Clarke méritent d'être écoutées, non pas parce qu'elle est ma compagne, mais parce qu'elles sont valides et stratégiquement intelligentes. Elle a prouvé à de nombreuses reprises qu'elle avait sa place ici. Si quelqu'un en doute, qu'il vienne me voir directement.

Un silence pesant s'installa dans la salle. Personne n'osa répondre. Clarke sentit une vague de soulagement l'envahir, comme si un poids immense venait de s'évanouir. Elle savait que Lexa la soutiendrait toujours, mais entendre ces mots devant tout le monde était une validation profonde, un moment déterminant.

Lexa lui lança un regard rapide, chargé de fierté et de soutien. Clarke répondit par un léger sourire, reconnaissante. Lentement, la tension dans la salle sembla s'apaiser, les regards se détournant et l'attention revenant au travail.

Merci, murmura Clarke, juste pour Lexa, sa voix douce mais sincère.

Tu n'as pas besoin de me remercier, répondit Lexa avec un sourire tout aussi discret. Tu as tout fait toi-même.

La réunion se poursuivit avec une énergie renouvelée. Cette fois, les idées de Clarke furent non seulement écoutées, mais intégrées à la stratégie générale. Les membres de l'équipe prirent des notes et commencèrent à ajuster leurs propres plans en fonction de ses propositions. Clarke, pour la première fois depuis des semaines, se sentit pleinement légitime dans ce rôle, non pas grâce à Lexa, mais grâce à sa propre force et à ses compétences.

Le soir même, après leur journée mouvementée, Clarke et Lexa furent chaleureusement accueillies chez Regina et Emma pour un dîner intime. C'était une soirée dont elles avaient bien besoin, loin du stress quotidien et des tensions professionnelles. Henry, débordant d'énergie, tournait autour de la table, posant une avalanche de questions à Clarke et Lexa. Le garçon, captivé par leurs exploits militaires, voulait tout savoir de leurs missions.

Alors, c'était comment de sauver le président ? Et Lexa, tu as vraiment combattu comme dans les films ? Des explosions et tout ça ? demanda Henry, les yeux grands ouverts et remplis d'émerveillement.

Lexa, amusée par l'enthousiasme débordant de l'enfant, esquissa un sourire avant de répondre, riant doucement : Eh bien, c'est pas exactement comme dans les films, mais ça s'en rapproche un peu.

Si seulement tu avais vu Lexa en action, Henry, ajouta Clarke en lançant un clin d'œil complice au garçon. Elle est incroyable. Rien ne lui résiste.

Henry éclata de rire, tout excité, ses yeux brillants d'admiration pour Lexa comme s'il avait devant lui une héroïne de bande dessinée. De l'autre côté de la pièce, Emma et Regina les observaient, leurs visages éclairés par des sourires tendres et empreints de fierté.

Alors que la soirée avançait, Henry, fidèle à lui-même, débordait déjà de projets pour le mariage et son rôle à venir. Avec une mine sérieuse mêlée d'enthousiasme, il posa une question qui lui tenait manifestement à cœur :

J'ai une question très importante… Quel sera mon rôle à votre mariage ? Parce que maman m'a dit que je ne pouvais pas être témoin.

Henry! Cela ne se demande pas, dit Regina d'un ton ferme.

Mais maman… Dit-il d'un air suppliant

Non, Henry! dit-elle fermemant

Moi, je pense que tu pourrais être le porteur de bague, qu'est-ce que tu en pense? Demande soudainement Lexa.

C'est vrai? Je pourrais? Demande t'il pleins d'espoir. Je vous promet que je serais le meilleur pour ce rôle !

Son exclamation provoqua un éclat de rire général autour de la table. Lexa, à l'aise, lui donna une petite tape amicale sur l'épaule.

Tu sais, Henry, je pense qu'on ne peut pas trouver mieux que toi pour ce rôle, dit Lexa avec un sourire taquin en direction du garçon.

Emma et Regina échangèrent un regard complice, souriant devant l'enthousiasme débordant de Henry. Pourtant, Clarke, bien que souriante, semblait légèrement en retrait. Une tension subtile se lisait dans ses traits, trahissant des pensées qui la hantaient.

Regina, attentive à ce détail, attendit un moment propice avant de lui adresser un regard bienveillant. Profitant d'une accalmie dans l'animation du salon, elle lui fit signe discrètement, l'invitant à la suivre vers le balcon.

Viens avec moi, Clarke. Il fait bon dehors. On peut profiter d'un peu de calme, juste nous deux, dit Regina avec douceur, un sourire compréhensif éclairant son visage.

Clarke, après un bref instant d'hésitation, acquiesça et la suivit. Dehors, le balcon baignait dans une atmosphère tranquille. La fraîcheur de la nuit contrastait agréablement avec la chaleur de l'intérieur. Les lumières scintillantes de la ville s'étendaient à perte de vue, offrant un spectacle apaisant. Regina, appuyée contre la balustrade, observa Clarke avec attention, son regard perçant mais empreint de bienveillance.

Tu sembles un peu ailleurs ce soir, murmura Regina, sa voix douce se mêlant au murmure des rires qui s'échappaient du salon. Qu'est-ce qui te tracasse ?

Clarke, hésitante, baissa les yeux, jouant nerveusement avec sa bague avant de soupirer profondément. Elle se sentait vulnérable, mais elle savait que Regina, avec son expérience, pouvait comprendre ce qu'elle traversait.

Je ne sais pas… J'ai l'impression de ne pas être à ma place dans ce nouveau rôle. Tout le monde semble douter de moi. Même si Lexa est là pour me soutenir, je sens que je dois constamment prouver que je mérite d'être ici. C'est… épuisant, avoua Clarke, sa voix teintée de sincérité et d'épuisement.

Regina hocha doucement la tête, une lueur de compréhension traversant son regard. Elle se souvenait des moments où elle-même avait dû se battre pour imposer sa légitimité, dans un environnement où chaque décision était mise en question.

Je comprends ce que tu ressens, répondit Regina après un moment de réflexion, sa voix devenant plus douce. Quand j'ai été promue général, chaque pas que je faisais était scruté. Chaque décision, chaque mot, tout était analysé, souvent avec scepticisme. C'était un combat constant pour prouver ma valeur. À chaque réunion, je sentais que je devais justifier ma place.

Clarke leva les yeux vers Regina, surprise par cette confession. Vraiment ? Je n'aurais jamais deviné… Comment as-tu réussi à surmonter tout ça ? demanda-t-elle avec une curiosité sincère.

Regina esquissa un léger sourire, son regard se perdant un instant dans le lointain. J'ai eu Emma, dit-elle finalement, sa voix empreinte de nostalgie. Elle a été mon rocher. Toujours là, prête à me soutenir. Parfois, je pensais que je lui imposais trop avec mes doutes et mes peurs, mais elle ne m'a jamais laissée tomber. Elle m'a montré que je n'avais pas à tout porter seule. Ensemble, on a affronté chaque défi.

Clarke écouta attentivement, ses pensées convergeant vers Lexa. Elle savait qu'elle pouvait compter sur elle, mais sa propre fierté et sa peur d'être un poids l'avaient souvent poussée à affronter ses luttes en solitaire.

Tu as Lexa, reprit Regina, d'un ton doux mais ferme, comme si elle lisait dans l'esprit de Clarke. Elle t'aime profondément, et je peux te dire qu'elle serait prête à tout pour toi. Mais ne te renferme pas, Clarke. Si tu ressens cette pression, partage-la avec elle. Ne la laisse pas te consumer.

Clarke hocha la tête, touchée par la sagesse de Regina. Elle réalisa qu'elle s'était isolée, essayant de prouver sa force seule, mais que cela l'avait éloignée non seulement de son équipe, mais aussi de Lexa.

Pendant que Clarke et Regina discutaient sur le balcon, Emma profita du calme relatif pour s'asseoir à côté de Lexa, qui observait la scène depuis l'intérieur. Lexa semblait détendue, mais Emma, qui avait toujours eu un sens aigu des émotions des autres, remarqua que quelque chose la perturbait.

Pendant que Clarke et Regina discutaient sur le balcon, Emma profita du calme relatif pour s'asseoir à côté de Lexa, qui observait la scène depuis l'intérieur. Lexa semblait détendue, mais Emma, toujours sensible aux émotions des autres, nota rapidement que quelque chose la perturbait.

Lexa... est-ce que tout va bien ? Tu sembles un peu ailleurs toi aussi, demanda Emma, d'un ton calme l'observant avec attention.

Lexa, surprise par la question, hésita un instant avant de répondre. Elle baissa légèrement la tête, sachant qu'Emma la connaissait bien et sentait que quelque chose n'allait pas.

C'est Clarke… Je vois qu'elle se bat, qu'elle se referme de plus en plus, mais je ne sais pas comment l'aider. J'essaie de la soutenir, mais parfois j'ai l'impression de tout faire de travers, souffla Lexa après un moment de silence.

Emma acquiesça doucement, comprenant parfaitement cette difficulté. Elle avait vécu une situation similaire avec Regina, essayant sans cesse de trouver la meilleure façon de soutenir quelqu'un qui refusait d'admettre ses faiblesses.

J'ai vécu quelque chose de semblable avec Regina. Elle avait tellement de responsabilités sur les épaules qu'elle finissait par se renfermer, pensant qu'elle devait tout affronter seule. Ce que j'ai appris, c'est qu'il ne faut pas attendre qu'elle vienne chercher de l'aide. Parfois, tu dois t'imposer, lui montrer que tu es là, même quand elle pense qu'elle n'en a pas besoin, expliqua Emma avec douceur.

Lexa fronça légèrement les sourcils, réfléchissant.

Tu penses que je devrais être plus directe ? demanda Lexa, le regard plongé dans celui d'Emma.

Emma lui sourit chaleureusement.

Oui. Ne la laisse pas affronter ça seule. Parfois, elle aura besoin de toi pour l'écouter, d'autres fois, elle aura besoin que tu prennes les devants. Si tu la laisses trop longtemps dans ses doutes, elle risque de s'enfermer complètement, répondit-elle avec bienveillance.

Lexa hocha la tête, réfléchissant aux paroles d'Emma. Elle réalisa que son approche trop distante n'avait fait qu'empirer les choses, laissant Clarke s'enliser dans ses propres peurs et insécurités.

Merci, Emma. Je crois que j'avais besoin d'entendre ça, dit Lexa, un sourire reconnaissant sur les lèvres.

De retour à l'intérieur, Clarke et Regina rejoignirent le reste du groupe. Les rires résonnaient encore dans le salon, et Henry continuait d'assaillir Lexa de questions, ses yeux brillants d'admiration. Clarke, un sourire aux lèvres, observa la scène un instant, sentant son cœur se réchauffer. Lexa, entourée d'Henry et des rires, semblait tellement dans son élément.

Ne l'oublie pas, Clarke, lui glissa Regina d'une voix douce en lui offrant un conseil. Lexa t'aime plus que tout. Elle est prête à soulever des montagnes pour toi.

Clarke, désormais plus sûre d'elle, se redressa et se dirigea vers Lexa avec un sourire déterminé. Lexa, sentant sa présence, leva les yeux et fut légèrement surprise de voir Clarke venir vers elle avec cette lueur dans le regard, celle qu'elle aimait tant.

Tout va bien ? demanda Lexa, curieuse, un sourire doux sur les lèvres.

Sans dire un mot, Clarke hocha la tête et s'assit à côté d'elle, posant doucement sa main sur celle de Lexa. Le geste simple, mais chargé d'émotion, laissa Lexa légèrement prise de court. Henry, toujours aussi enthousiaste, observait la scène, sans saisir pleinement le sous-texte. Mais Emma et Regina, elles, échangèrent un sourire complice, comprenant parfaitement ce qui se jouait.

Je t'aime, Lexa. Merci d'être toujours là pour moi, murmura Clarke doucement, sa voix tendre.

Lexa sourit en retour, touchée par l'authenticité des mots de Clarke. Elle serra doucement la main de Clarke, reconnaissant en ce moment tout le chemin qu'elles avaient parcouru ensemble, et tout ce qu'elles allaient encore affronter.