Je ne possède aucun des personnages des livres et des jeux vidéos

Série de drabbles sur Géralt et Jaskier [Défi d'écriture de La Bibliothèque de Fictions]

Décembre 2024, c'est le retour du Sur Votre 31. Le principe c'est écrire 31 OS sur 31 Thèmes précis pendant le mois sur un duo ou un trio : couple, amis, frères, soeurs...

En espérant que cela vous plaise

Bonne lecture

PS : Au fait j'ai commencé à faire du tri et à remettre de l'ordre dans mes publications en faisant une sorte de table des matières dans mon profil alors n'hésitez pas à y faire un tour ;)


Jour 17 : Le secret de Jaskier (Surnom)

Dans l'ambiance chaleureuse mais bruyante de l'auberge, Géralt et Jaskier occupaient une table dans un coin de la pièce principale. Les rires des clients et le tintement des chopes remplissaient l'air, contrastant avec le silence inhabituel de Jaskier. Le barde boudait ostensiblement, son menton calé sur sa main, jouant distraitement avec une mèche de cheveux, le regard fixé sur sa chope à moitié vide. Géralt, assis en face de lui, le fixait avec cet air impassible qui cachait mal une curiosité grandissante. Il porta sa chope à ses lèvres, puis rompit le silence.

- Tu comptes rester silencieux toute la soirée, ou je dois t'offrir un autre verre pour délier ta langue ?

Jaskier haussa à peine les épaules, soupirant d'un air dramatique.

- Ça ne servirait à rien, Géralt. Je suis vexé… Profondément.

Le Sorceleur posa sa chope avec un soupir.

- Vexé, hein ? À cause de quoi ? Cet homme qui t'a parlé tout à l'heure ?

Jaskier se redressa brusquement, ses joues prenant une teinte rougeâtre, mi-colère, mi-embarras.

- Il ne m'a même pas appelé par mon nom ! Pas par mon « vrai » nom, en tout cas.

Géralt haussa un sourcil.

- Je ne comprends pas et je n'ai pas entendu votre conversation mais nous n'avons tous qu'un seul nom. « Jaskier » est bien ton nom, non ?

Le barde fit une grimace, détournant le regard comme s'il espérait que le sujet s'arrête là, mais Géralt ne le lâchait pas du regard et finalement, Jaskier lâcha un soupir exagéré.

- Très bien, tu veux vraiment savoir ? Jaskier n'est qu'un surnom.

Le Sorceleur s'adossa à sa chaise, croisant les bras sur sa poitrine, intrigué.

- Un surnom, hein ? Intéressant. On parcourt le continent depuis des années et il faut que tu te disputes avec un nobliau pour que j'apprenne que ce n'est qu'un surnom.

- Oui, un nom de plumes, c'est courant tu sais.

- Je l'admets… Alors, c'est quoi ton vrai nom ?

Jaskier hésita un instant, mais la curiosité dans le regard perçant de Géralt semblait réelle et il était son ami alors, il finit par céder, non sans une certaine théâtralité.

- Julian Alfred Pankratz. Vicomte de Lettenhove.

Géralt cligna des yeux, surpris. Il ne s'était jamais attendu à ce que Jaskier soit un noble, encore moins un vicomte.

- Un vicomte ? Sérieusement ?

- Sérieusement, Géralt, soupira Jaskier, appuyant son menton sur sa main avec un air maussade. Mais ne t'emballe pas. Ce n'est pas aussi impressionnant que ça en a l'air.

- Et pourquoi cacher qui tu es vraiment ?

Le barde leva les yeux vers lui, son expression se durcissant légèrement.

- Parce que je déteste tout ce que cela représente. Les titres, les privilèges, les sourires hypocrites, les bals où tout le monde se déteste en secret… toute cette mascarade.

Il fit une pause, prenant une gorgée de bière comme pour se donner le courage de continuer.

- J'ai grandi dans un château somptueux, protégé par des murailles, entouré de gens qui ne vivaient que pour les apparences. J'aurais dû reprendre la gestion des terres, jouer le rôle du bon petit noble, mais ça n'a jamais été pour moi.

Géralt hocha lentement la tête, attentif.

- Alors tu as décidé de fuir.

Jaskier fronça le nez.

- « Fuir » est un mot bien méchant. Je préfère dire que j'ai choisi une autre voie. Je voulais voir le monde tel qu'il est vraiment, pas à travers des récits enjolivés ou depuis la sécurité d'un château. Les gens comme ma mère parlent de la famine, de la guerre, de la pauvreté… mais ils ne savent rien. Ils n'ont jamais mis un pied dehors.

- Alors tu es devenu barde ?

Jaskier sourit, un peu plus sincèrement cette fois.

- Exactement ! Chanter des histoires, parcourir les routes, rencontrer des gens… ça me donne l'impression de faire partie de ce monde, au lieu de le regarder de loin.

Géralt fronça légèrement les sourcils.

- Et l'université ? Tu n'étais pas professeur, aussi pendant un moment ?

Jaskier poussa un autre soupir dramatique.

- Oui, oui, j'ai essayé ça aussi. J'ai été enseignant pendant un temps, mais même là, il y avait des règles, des codes. Trop de rigidité. Et puis, enseigner à une bande de jeunes snobs qui pensent tout savoir… Ce n'était pas pour moi.

Le silence retomba un instant entre eux. Géralt, fidèle à lui-même, gardait une expression neutre, mais il pouvait voir à quel point Jaskier parlait avec une sincérité inhabituelle.

- Alors, pourquoi "Jaskier" ? Demanda-t-il finalement.

Le barde haussa les épaules avec un sourire malicieux.

- Ça sonne bien, non ? Léger, coloré, joyeux… et c'est une fleur qu'on néglige les pissenlits alors qu'elle est beaucoup plus intéressante et belle si on la regarde. Rien à voir avec un vicomte à la voix grave et solennelle. « Jaskier », c'est… c'est moi.

Géralt hocha la tête, satisfait de cette réponse.

- Et tu comptes bouder encore longtemps ?

Jaskier lui lança un regard indigné avant de finir sa chope d'un trait.

- Peut-être. À moins que tu ne m'offres un autre verre.

Géralt leva les yeux au ciel, mais il fit signe à l'aubergiste d'apporter une autre tournée. Si « Julian Alfred Pankratz, Vicomte de Lettenhove » voulait être appelé Jaskier, il ne voyait aucune raison de le contredire.