Salut "Guest", pour en revenir à l'inertie de Drago, je l'explique par plusieurs choses :
- Drago c'est un garçon très nombriliste, narcissique. Il croit réellement qu'il a pu totalement infléchir les choix de ses camarades à Poudlard. D'un côté il est fier d'avoir un caractère de leader et de l'autre, il s'en veut de ce qu'il a causé... De cette bombe qu'il a lâché.
- La toge de martyr qu'il revêt face à Gregory lui donne l'impression d'être du bon côté de la frontière, de se repentir en quelque sorte.
- Il est très fier et demander de l'aide c'est dur. Puis il voit bien que Gregory est taré, imprévisible. Il a peur qu'il fasse du mal à ses copains.
- Quant à Harry... il sait qu'il se passe des choses. Mais il a sans doute du mal autant que Drago a imaginer possible tout ce que fait Greg.
- Enfin... Drago est fragile et isolé, c'est très facile dès lors de l'acculer, d'avoir une emprise. Gregory ne le sait pas consciemment, mais il a un instinct de prédateur suffisamment développé pour le sentir et agir en conséquence.
LE CONCEPT ANIMAL
CHAPITRE 6
Jamais l'horloge du salon de Pansy ne lui avait paru aussi assourdissante. Drago, la tête renversée contre le dossier du canapé, respirait avec précaution. Chaque mouvement, même imperceptible, envoyait une vague de douleur de sa main jusqu'à sa tempe. Il ne savait même pas comment il parvenait à retenir ses cris, ou ses larmes.
Il tourna lentement la tête vers Pansy. Elle faisait les cent pas dans le salon, jetant de temps à autre un coup d'œil par la fenêtre pour voir si Harry approchait.
Drago ferma les yeux. Plus les minutes passaient, plus son espoir s'amenuisait. Peut-être qu'il ne viendrait pas. Peut-être même qu'il n'était pas chez lui. Une petite voix en lui tentait de se convaincre qu'il n'y avait rien d'étonnant à cela, mais ça n'empêchait pas la morsure de la déception.
Au bout d'une demi-heure, il inspira profondément et se redressa avec effort.
— Je me suis trompé. Il ne viendra pas.
— Tu crois ? Attendons encore un peu…
Drago se leva lentement, un vertige menaçant de le faire vaciller.
— Tu fais quoi ? Tu vas où dans cet état ? demanda Pansy, alarmée.
— Je rentre. Chez moi. Et je réfléchirai à quoi faire.
Elle s'interposa, fermement décidée.
— Non, pas question. Tu ne bouges pas d'ici. Reste dormir, au moins ça et… Et on va te faire un bandage !
Ils se retrouvèrent face à face, Pansy, immobile, et Drago, les sourcils froncés. Il n'avait plus la tête au moindre élan de patience.
— Bouge, gronda-t-il à voix basse. Laisse-moi rentrer chez moi avant que je ne me fâche.
Pansy ne bougea pas et croisa même les bras pour se donner contenance.
— Non.
— Ne commence pas à faire la maligne… Je t'ai dit de bouger.
— Tu tiens à peine debout et c'est moi qui fait la maligne ? Tu rigoles ?
Drago détourna le regard, le visage figé. Sa main mutilée pulsait douloureusement, mais il refusa de lui donner raison.
— Je m'en sortirai. Je m'en suis toujours sorti, murmura-t-il, plus pour lui-même que pour elle.
Pansy soupira, ses yeux brillants d'une colère teintée de désespoir.
— Par Merlin, Drago, pourquoi tu t'entêtes ? Tu vas finir par…
Elle s'interrompit net quand trois coups secs retentirent à la porte. Drago releva la tête brusquement, fixant l'entrée avec une lueur d'espoir qu'il s'efforça de cacher. Pansy, elle, jeta un coup d'œil furtif vers lui avant de se précipiter pour ouvrir.
De l'autre côté, Harry Potter se tenait là, son manteau trempé par la pluie fine qui s'était mise à tomber dehors. Ses lunettes étaient légèrement embuées, mais son regard, lui, était aussi perçant que jamais.
— Drago est ici ? demanda-t-il sans préambule, balayant l'intérieur du regard avant même que Pansy ne puisse répondre.
— Oui, oui il est encore là, tu es arrivé à temps, entre, dit-elle précipitamment en s'écartant pour le laisser passer.
Harry entra d'un pas rapide, ses yeux se posant immédiatement sur Drago, encore debout dans l'entrée du salon. Il était tout pâle et tenait sa main contre lui, les doigts tordus dans un axe qui attira aussitôt son attention.
— Qu'est-ce que… Drago, qu'est-ce qui t'est arrivé ?! demanda-t-il, sa voix teintée d'inquiétude.
Drago détourna la tête, évitant son regard.
— Rien. Une mauvaise journée, ne sut-il que dire.
Harry s'avança, le regard sévère.
— Arrête de jouer au dur. Je vois bien que ce n'est pas "rien". Ta main… Qui t'a fait ça ?
Pansy, qui s'était rapprochée, lança un regard furtif à Drago, hésitant à intervenir. Mais ce dernier la devança, levant sa main valide pour couper court à toute réponse.
— Laisse tomber, Potter. Ce n'est pas ton problème.
— Non ? C'est toi qui m'a envoyé un hibou en précisant que c'était urgent. Alors bien sûr que c'est mon problème maintenant ! Explique-moi maintenant.
Drago inspira profondément, la douleur et l'épuisement tirant ses traits.
— Si je te dis que je me suis cogné contre un mur, tu vas me lâcher ?
Harry haussa un sourcil, sceptique.
— Certainement pas.
Un silence pesant s'installa, seulement troublé par le bruit régulier de la pluie contre les fenêtres. Drago soupira finalement, ferma les yeux et recula lentement pour se laisser tomber sur le canapé. Son visage était crispé de douleur, ses traits tirés par l'épuisement.
La scène avait quelque chose d'étrangement incongru : un Gryffondor en plein milieu d'un nid de Serpentards, pourtant plus préoccupé par leur bien-être que par sa propre présence inhabituelle. Harry passa une main dans ses cheveux trempés, l'eau froide lui coulant sur le front, avant de jeter un coup d'œil rapide à Pansy.
— Tu peux faire quelque chose pour lui ? demanda-t-elle à voix basse, se tenant toujours dans l'entrée du salon.
Harry hésita un instant, puis hocha la tête tout en retirant son manteau détrempé. Pansy s'en saisit sans un mot, lançant un sortilège discret qui sécha à la fois le vêtement et les mèches ébouriffées du jeune homme.
— Je vais voir, oui… mais il faudra m'expliquer, répondit-il calmement.
S'approchant de Drago, il se posa à ses côtés.
— Montre-moi ta main.
Drago, toujours affalé, garda les yeux mi-clos, refusant d'obéir.
— Pas besoin. Je te l'ai dit, j'ai les doigts cassés. C'est tout.
Harry ne se laissa pas démonter.
— Je l'ai bien compris. Mais je veux voir comment ils sont. Je te promets que je ne te ferai pas mal, ajouta-t-il d'un ton apaisant, presque paternaliste.
Le regard de Drago s'accrocha à celui d'Harry, une tension palpable dans l'air. Après un moment d'hésitation, il finit par tendre une main tremblante. Harry la saisit doucement au niveau du poignet, l'examinant avec attention. Ses sourcils se froncèrent légèrement en découvrant l'angle étrange des doigts.
— Le mur t'a cassé les doigts d'une drôle de manière, observa-t-il en levant les yeux vers lui.
Drago détourna la tête, une ombre de défi dans son attitude.
— Ce n'est pas la question. Je t'ai appelé pour savoir… si tu pouvais faire quelque chose.
Harry soupira, une note de frustration filtrant dans sa voix. Drago pensait-il vraiment pouvoir jouer longtemps à ce jeu là ? Mais il choisit de ne pas insister. Pas pour l'instant.
— Je connais quelques rudiments en médicomagie, admit-il. Je peux te soulager un peu, stabiliser ça. Mais tu devras aller voir un professionnel, Drago.
Il marqua une pause, scrutant son interlocuteur.
— Si tu ne veux pas expliquer ce qui s'est passé, soit. On fermera les yeux, pour l'instant. Mais je ne peux pas te laisser dans cet état.
Harry attendit une réaction, mais Drago resta silencieux, son expression fermée. Pourtant, l'éclat d'épuisement dans ses yeux en disait long.
Pansy, après un dernier regard à Drago, murmura :
— Je vais préparer quelque chose. Potter… fais ce qu'il faut.
Elle disparut dans la cuisine, laissant Harry et Drago seuls dans le salon. Elle pensait à juste titre que Drago ne parviendrait pas à lâcher un peu prise s'il y avait un témoin comme elle. Le silence retomba, juste entrecoupé par le cliquetis de la pluie et le bruissement étouffé des gestes de Pansy au loin.
Harry reporta son attention sur la main blessée de Drago, qu'il tenait toujours avec précaution.
— Ça va peut-être picoter un peu, prévint-il doucement.
Drago hocha la tête sans un mot, observant Harry du coin de l'œil, tendu comme un chat pris au piège. Le moindre mouvement brusque aurait suffi à lui faire retirer sa main, mais Harry ne bougea pas, patient, comme s'il avait tout son temps.
— T'es sûr de vouloir faire ça ? finit par lâcher Drago, son ton méfiant mais pas agressif.
— Je t'ai promis que je ne te ferais pas mal, répondit Harry en levant un regard tranquille vers lui. Et je tiens mes promesses.
Il sonda le visage de Drago, cherchant à capter son regard. Mais celui-ci restait obstinément fixé ailleurs, comme s'il refusait d'affronter cette proximité.
Harry posa le bout de sa baguette sur les doigts tordus. Une chaleur douce se diffusa dans la main de Drago, accompagnée d'un léger picotement.
— Ça va ? demanda Harry, attentif à la moindre grimace.
Drago pinça les lèvres mais finit par souffler, presque à contrecœur :
— Ça va… Continue.
Un mince sourire étira les lèvres d'Harry, mais il ne fit aucune remarque. Il murmura un sortilège de stabilisation, ses gestes précis, mesurés, comme s'il manipulait quelque chose de précieux. À mesure qu'il travaillait, les traits crispés de Drago s'adoucissaient à peine, la douleur se dissipant légèrement, mais pas sa nausée.
— Tu peux parler, tu sais, lança Harry à mi-voix, brisant le silence. Pas besoin de me raconter des mensonges… mais tu peux parler.
Drago se raidit, ses yeux gris s'assombrissant d'une lueur défensive.
— J'ai rien à dire.
Harry ne répondit pas tout de suite, continuant de travailler sur la main blessée. Ce n'est qu'au bout d'un moment qu'il reprit, d'un ton presque murmurant :
— Parfois, garder tout pour soi, ça fait plus de dégâts.
Drago tourna lentement la tête vers lui, le fixant pour la première fois droit dans les yeux. Il y avait dans ce regard une méfiance viscérale, mais aussi quelque chose d'autre, plus profond, plus fragile. Une hésitation.
— Pourquoi tu fais ça, Potter ? demanda-t-il finalement, très bas.
Harry haussa légèrement les épaules, sans détourner les yeux.
— Parce que je peux. Parce que tu m'as demandé de venir. Parce que t'as l'air d'avoir changé, alors je me dis… Pourquoi pas t'aider. Je ne suis pas rancunier, tu sais ?
Drago fronça les sourcils, déconcerté. Ce genre de réponse, il ne savait pas quoi en faire. Il détourna les yeux, son air renfrogné revenant aussitôt.
— C'est bon, j'ai compris. Le Gryffondor en toi est encore en mission de sauvetage.
— Peut-être, admit Harry en relevant sa baguette dans un léger rire. Mais là, ce n'est pas la mission qui m'intéresse. C'est toi.
Le cœur de Drago manqua un battement. Il se détourna, muré dans un silence boudeur, mais cette fois, il ne retira pas sa main.
Bien qu'Harry ait réussi à soulager la douleur, son intervention restait superficielle. Les doigts de Drago étaient toujours tordus.
— Ça ne tiendra que quelques heures, avertit-il.
— Suffisant pour que je rentre chez moi, répondit Drago avec détachement.
Déjà, il se redressait, arrachant son poignet à la prise d'Harry. Il jeta un coup d'œil à sa main, un brin circonspect, puis se leva. Mais son audace fut rapidement punie : une nausée fulgurante le saisit, le faisant vaciller. Harry se leva à son tour et posa une main dans son dos pour le stabiliser.
— Eh, doucement, Malefoy. Tu es encore en état de choc.
— Ne me touche pas, Potter ! cracha-t-il, furieux, en se dégageant brusquement.
Pansy revint à ce moment-là, portant un plateau avec du café et des biscuits. Elle posa le tout sur la table basse avec un soupir exaspéré.
— J'imagine que si tu as retrouvé l'énergie de râler, c'est qu'Harry Potter a fait des miracles, n'est-ce pas ?
— Je n'ai fait que calmer la douleur, rectifia Harry. Mais je ne sais pas ressouder des os. Il faut qu'il voie un médicomage.
— J'irai demain, trancha Drago.
— Demain ? répéta Harry, incrédule. Tu comptes passer la nuit avec les doigts brisés ? T'es complètement idiot ou quoi ? Qu'est-ce que vous cachez tous les deux pour en arriver là ?
— Rien, Potter ! siffla Drago, les mâchoires serrées. Quoi, tu crois qu'on va m'accueillir à bras ouverts pour me soigner ? Imagine deux secondes : j'arrive avec ma main dans cet état, et ils concluent que je tape les filles pendant mes crises de colère ?
— Arrête de mentir ! Vous ne vous êtes pas disputés, tu n'as pas frappé de mur ! Alors dis-moi ce qui s'est vraiment passé !
— J'ai frappé dans un mur ! scanda Drago, plus fort. Ce mur-là !
Il le désigna d'un geste abrupt avant de s'y diriger. Et, dans un éclat de folie qui sidéra aussi bien Pansy qu'Harry, il abattit violemment son poing blessé contre la surface dure. Le cri de douleur qu'il poussa résonna dans la pièce, et Pansy s'écria en s'élançant vers lui, tandis qu'Harry se précipitait pour l'attraper avant qu'il ne tombe complètement.
— T'es complètement malade, s'horrifia Pansy.
Drago, à genoux, la respiration saccadée, avait les lèvres d'une pâleur alarmante. Pourtant, dans son esprit embrumé par la douleur, une pensée étrange et amère s'imposa : Au moins, cette fois, un médicomage ne pourra pas dire que je n'ai pas cogné ce foutu mur. J'aurais dû faire ça dès le départ… au lieu d'appeler Potter. Quel crétin.
Harry se pencha sur lui, terriblement inquiet. Il n'avait jamais vu Drago dans un état aussi… vulnérable.
— T'es vraiment un idiot, Malefoy ! murmura Harry en l'aidant à se redresser.
Il s'agenouilla près de lui et posa une main sur son épaule, l'attrapant fermement pour l'empêcher de bouger brusquement. Drago tenta de se dégager de cette prise, mais Harry ne le laissa pas faire.
— Laisse-moi, Potter… murmura Drago, sa voix brisée par la douleur.
— Non, cette fois je ne t'écoute plus. On va transplaner chez un médicomage que je connais. On va te soigner cette main, et je te jure que si tu refais une chose pareille, je t'interne sans sommation à Sainte-Mangouste !
— Vas-y, j't'en prie, puisque tu as tous les pouvoirs, toi !
— Bon sang, Drago, tais-toi un peu et écoute le Sauveur pour une fois ! lui lança Pansy.
Mais Drago secoua la tête. Il était complètement à côté de la plaque, se mettant à vociférer qu'il ne voulait pas aller chez un médicomage, alors même qu'il avait lui-même appelé Harry à l'aide. Ce dernier, à bout de patience, ferma un instant les yeux et pinça les lèvres.
— Tu vas me haïr pour ce que je vais faire, mais… Tu ne me laisses pas le choix.
— Qu'est-ce que…
Drago ne put terminer sa phrase. Harry avait saisi ses doigts brisés, appliquant une pression juste suffisante pour provoquer une douleur fulgurante, mais sans aggraver l'état de sa main. Un cri rauque échappa à Drago, suivi d'une respiration erratique, presque désespérée. Son corps perdit toute résistance, et Harry en profita pour l'encercler de ses bras, le maintenant fermement contre lui.
— Pansy Parkinson… Je vais transplaner pour le faire soigner. Tu me fais confiance ?
— Oui… Oui, bien sûr, répondit-elle, pétrifiée, ses mains tremblantes devant sa bouche.
Harry hocha la tête sans attendre davantage et ferma les yeux pour se concentrer. Avec un craquement sourd, ils disparurent.
Ils réapparurent dans une pièce blanche, austère, qui ressemblait à une salle médicalisée rudimentaire. Des étagères regorgeant de fioles scintillantes encadraient une table d'examen au centre. Drago, désorienté, fixa les murs d'un regard fiévreux, ses doigts crispés sur son bras blessé. Il tenta de s'éloigner d'Harry, mais son corps vacillait, incapable de tenir. Il ne souffrait pas que de la fracture. L'Imperio lui laissait une sensation de vertige très désagréable et les Doloris plusieurs fois appliqués, fragilisaient clairement son mental.
— Reste ici, ordonna doucement Harry en posant une main apaisante sur sa tête. Je vais chercher le médicomage. Ne fais rien de stupide.
Il quitta la pièce d'un pas rapide, laissant Drago seul. Ce dernier, la mâchoire serrée, tenta malgré tout de se lever. Mais ses jambes lâchèrent presque aussitôt, et il s'écroula contre un chariot médical, renversant quelques fioles dans un fracas métallique.
Quand Harry revint, accompagné d'un homme d'une trentaine d'année en blouse du nom de Terrence, il trouva Drago effondré, les bras tremblants alors qu'il s'accrochait au bord du chariot.
— Drago, je t'avais dit de ne pas bouger ! Tu n'écoutes jamais rien, bon sang !
Il se précipita pour le relever, ses gestes assurés mais fermes, et le força à s'asseoir sur la table d'examen. Drago, incapable de protester, ferma les yeux en soupirant, la douleur toujours vive.
— Alors, lança Terrence en croisant les bras, c'est bien lui. Drago Malefoy. Je pensais que c'était une blague.
Harry releva un regard sérieux vers Terrence, le médicomange.
— Ce n'est pas une blague, et c'est une urgence. Il a besoin d'aide, tout de suite.
Le médicomage haussa un sourcil, une pointe de mépris au coin des lèvres.
— Une urgence ? Vraiment ? Ça ressemble plutôt à une crise d'attention. Mais bon, les anciens Serpentards, c'est leur spécialité, non ? Dramatiser pour éviter de prendre leurs responsabilités.
Drago ouvrit les yeux, ses pupilles dilatées par la douleur et la colère.
— Vous savez quoi ? Gardez vos remarques, je vais m'en sortir tout seul.
Il tenta de se lever, mais Harry posa fermement une main sur son épaule pour le maintenir en place.
— Drago, arrête, dit-il calmement mais avec autorité. Tu vas te faire encore plus de mal.
Terrence passablement agacé, sortit une baguette et un parchemin de sa poche.
— Évidemment qu'il va se faire encore plus de mal. Regarde-moi ça, un mélange de désespoir et de fierté mal placée. Vous, les Aurors, vous avez toujours le chic pour ramener les cas compliqués. Et en plus, il fallait que ce soit un Malefoy.
Harry, bien qu'il gardât son calme, sentit sa patience vaciller.
— Ce n'est pas un "cas compliqué", c'est une blessure sérieuse. Il a besoin de soins, pas de jugements. Tu peux te concentrer sur ça, je t'en prie Terrence… Je te le revaudrais ?
Il grogna quelque chose d'inintelligible mais s'approcha de Drago, un air professionnel enfin peint sur son visage. Il fit passer sa baguette au-dessus de sa main brisée, ses mouvements précis mais sans chaleur.
— Les doigts sont fracturés en plusieurs endroits. Tu as de la chance qu'il n'y ait pas eu de déplacement osseux supplémentaire après… eh bien, disons ton accès de folie, Malefoy.
Drago détourna le regard, serrant les dents pour ne pas répondre.
— Je vais opter pour un recomposition des os. Ça va être douloureux, je te préviens, mais cela t'évitera de revenir ennuyer d'autres médicomages, hm ?
Harry resserra légèrement sa prise sur l'épaule de Drago.
— Je suis là. Tiens bon.
— C'est bon Potter, je ne suis pas en sucre.
Il fit un geste de l'épaule, pour l'écarter un peu.
Terrence haussa un sourcil, observant l'échange sans cacher son exaspération.
— Malefoy, concentre-toi, je ne veux pas de gestes brusques de ta part. Et toi Harry tiens sa main si ça peut l'empêcher de tomber dans les pommes encore une fois, lança-t-il avec un mélange de sarcasme et d'agacement.
Harry ignora la pique et se contenta de croiser le regard de Drago qui détourna les siens, sa mâchoire crispée.
Le médicomage s'approcha de la table avec sa baguette et commença à incanter doucement. Une lumière blanche enveloppa la main blessée de Drago, ses doigts tordus se redressant lentement dans un craquement sinistre. Drago observait ça en grimaçant, les dents serrés.
— Là… Doucement, la structure osseuse se rétablie, dit-il d'un ton professionnel. Mais attention, il faudra éviter de solliciter ta main pendant au moins 48 heures, sinon…
Il leva les yeux vers Drago qui pâlissait à vue d'oeil alors qu'il aurait au contraire dû se sentir soulager. Une fine couche de sueur faisait briller son front. Le médicomage s'interrompit, fronçant les sourcils.
— Attends une seconde.
Il pointa à nouveau sa baguette vers Drago, incantant un diagnostic supplémentaire. Une série de symboles lumineux apparut brièvement autour de Drago, au niveau de son visage, clignotant avant de disparaître. Son expression changea légèrement, passant de l'irritation au trouble.
— Tu as autre chose à me dire, Drago Malefoy ? Une autre blessure ? lança-t-il, plus sérieux, en scrutant Drago d'un œil perçant.
— Non, répondit Drago d'une voix tendue, évitant soigneusement son regard.
— Hm.
Terrence ne poussa pas plus loin. Il rangea sa baguette d'un geste sec et s'éloigna de quelques pas, faisant signe à Harry de le suivre.
Harry hésita un instant, jetant un dernier regard à Drago. Ce dernier, toujours assis, passa une main tremblante sur son visage, tentant de reprendre ses esprits.
— Qu'est-ce qu'il a ? demanda Harry, à voix basse pour ne pas être entendu.
Le médicomage croisa les bras.
— Ce n'est pas qu'une simple fracture. J'ai détecté des traces résiduelles d'un Doloris sur lui. Ce n'est pas tout récent, mais suffisamment pour expliquer son état. Le corps ne se remet pas si facilement d'un sortilège de torture, même des jours ou des semaines après. Vertiges, faiblesse, douleurs fantômes… font partis des symptômes courant.
Il marqua une pause, jaugeant la réaction de Harry avant de continuer.
— Et généralement, quand un patient arrive après avoir subi ce genre de sortilège, on évite de surcharger son système avec encore plus de magie. Ça aggrave souvent les choses. C'est comme raviver les braises d'un feu mort.
Harry serra les dents. Il aurait dû s'en douter, Drago ne savait pas faire les choses simplement !
— Tu es sûr de ça ? demanda-t-il malgré tout.
— Eh, je ne suis pas un stagiaire. J'ai vu ma part de victimes du Doloris, et ton Malefoy en porte tous les stigmates. Ce sort qu'il a pris était violent, assez pour laisser des séquelles physiques et mentales m'est avis. Ça pourrait expliquer ses vertiges, sa faiblesse… et son comportement absurde, comme vouloir taper dans un mur jusqu'à s'en fracturer les doigts.
Terrence lança un regard sceptique vers Drago, toujours assis sur la table.
— Maintenant, je ne sais pas qui lui a fait ça, mais ce n'est pas anodin, poursuivit-il d'un ton plus grave. Entre nous, vu son passé, il a dû se faire une belle liste d'ennemis.
Harry accusait le coup en silence. Terrence posa une main ferme sur son épaule, presque compatissant.
— Ton Drago Malefoy a beaucoup fait parler de lui. Entre les Mangemorts et ses anciennes relations troubles, il attire des ennuis comme un aimant. Et franchement, ça ne m'étonnerai même pas que ce sort ait été lancé par… un membre du Ministère.
— Pardon ? répondit Harry, interloqué.
— Potter, ne sois pas naïf. Je ne dis pas que c'est courant, mais j'ai vu des Aurors outrepasser leurs droits sous prétexte de "justice". Un interrogatoire un peu trop musclé, un abus de pouvoir sous couvert de la loi… Ça te surprendrait de savoir ce que certains de tes collègues sont capables de faire.
— Non, coupa Harry sèchement. J'y crois difficilement.
Avant qu'ils ne puissent poursuivre, le bruit des pas de Drago se fit entendre derrière eux. Harry pivota pour le voir descendre de la table, bien que visiblement encore chancelant.
— Merci pour les soins, dit-il d'un ton distant. Je vais rentrer chez moi. Envoyez-moi la note.
Il avait repris son masque d'indifférence, mais Harry remarqua les tremblements légers dans ses mains et la tension qui crispait ses épaules.
— Eh, attends… commença Harry, mais Drago leva une main pour l'interrompre, évitant soigneusement son regard.
— Je vais bien, Potter. Pas besoin de continuer à jouer les héros. Je te remercie pour être intervenu. Mais maintenant, ça suffit.
Harry échangea un regard avec Terrence, dont le rictus méprisant ne s'était pas adouci.
— C'est ça, vas-y, lança ce dernier avec ironie. Mais si tu veux mon avis, ce n'est pas la dernière fois que tu te retrouves sur une de ces tables. Les mauvais choix, ça laisse des traces.
Drago ne répondit pas, serrant les mâchoires, et se dirigea vers la porte d'un pas lent mais décidé. Harry se passa les doigts sous ses lunettes pour se frotter les yeux.
— Terrence, tu n'étais pas obligé d'appuyer là où ça fait mal, soupira-t-il, avant de rattraper Drago. Oh Drago ne pars pas comme ça, tu ne sais même pas où est la sortie et puis… Je te raccompagne chez toi.
Il lança un petit merci beaucoup, je te le revaudrais à Terrence, puis emboîta le pas à Drago, visiblement décidé à ne pas le laisser partir seul. Néanmoins, Terrence les suivit un moment dans le couloir et lança d'une voix forte :
— Pas de transplanage, Harry ! Pas de magie supplémentaire pour l'instant ! Et 48 heures de repos complet pour sa main, tu entends ?
— Oui, oui, merci beaucoup ! Tu as entendu, Drago ?
— C'est ma main qui a été brisée, pas mes oreilles, cracha ce dernier avec agacement.
— Quelle humeur de chien… murmura Harry pour lui-même, tout en continuant de suivre Drago. Voyant que Drago ne disait rien et ne supportant pas trop le silence, il reprit :
— Tu vas vraiment faire comme si tout allait bien ?
— Et toi, tu vas vraiment continuer à jouer les baby-sitters ? répliqua Drago sans même tourner la tête.
Harry laissa échapper un petit rire, totalement incrédule face à ses réactions.
— C'est incroyable… T'es incroyable. Je te rappelle que c'est toi qui m'a envoyé un message !
Il sortit même le papier de sa poche et le relu à voix haute :
— Viens immédiatement à la maison de Pansy. Pas de questions. C'est une urgence.
— Oui et ? Il me semble l'avoir bien précisé justement : pas de questions.
— Ta fierté est très mal placée. Si tu ne veux pas parler de ce qui se passe à Harry Potter, alors considère que c'est l'Auror qui te le demande.
Il l'arrêta dans le couloir, une main lui attrapant l'épaule. Drago visiblement agacé, tourna la tête vers lui.
— Tu crois vraiment que je vais m'épancher sur mes états d'âme, Potter ? Tu rêves. Je te le répète pour la dernière fois : je me suis disputé avec Pansy et ça a dérapé.
— Alors pourquoi avoir frappé dans le mur quand j'étais là ? Tu savais très bien qu'aucun médicomage ne croirait à ton histoire. Quelqu'un t'a fait ça. Qui est-ce que tu protèges ?
— Personne, dit-il yeux dans les siens.
— Pansy ? osa Harry. Elle te fait du mal ?
Drago ne put s'empêcher de rire, tellement il trouvait ça absurde comme idée.
— Tu n'as pas besoin de tout me raconter dans les détails. Mais franchement, tu ne trouves pas que ce serait plus simple d'arrêter de pédaler dans tes mensonges ? Tu es épuisé, ça se voit.
— Je suis épuisé parce que tu me saoules avec tes questions ! Je veux rentrer chez moi, me coucher et oublier cette histoire ! C'est trop demandé ?
Harry inspira profondément et décida de ne pas insister.
— Je t'accompagne…
À la porte du bâtiment, Drago soupira bruyamment. Il pleuvait. Ni lui ni Harry n'avaient de manteaux, et le médicomage avait été catégorique : pas de transplanage pour Drago ce soir. Pourtant, celui-ci insista :
— Pour ce soir, je m'en moque d'être un peu plus mal. Je veux rentrer chez moi. Tout de suite.
Le ton était légèrement capricieux, presque théâtral. Harry secoua la tête avec patience.
— Le médicomage a dit…
— Moi, Drago Malefoy, je ne ferai pas un pas sous cette pluie torrentielle, tu m'entends ? Je ne suis pas un sorcier de pacotille à prendre un bus ! Je transplane, que ton médicomage soit d'accord ou pas !
Il s'apprêtait à passer à l'acte, ses doigts tremblants déjà sur le point de saisir sa baguette, mais Harry l'arrêta en posant une main ferme sur son bras.
— Très bien, si tu insistes ! Mais c'est moi qui gère ce transplanage. Dans ton état, tu risquerais d'arriver chez toi avec la moitié de tes membres en moins.
Drago arqua un sourcil, défiant.
— Et comment comptes-tu faire, Potter ? Tu ne sais même pas où j'habite.
— Mais je connais ta rue, j'en ai une image en tête.
Drago plissa les yeux, méfiant.
— Pardon ?
Harry détourna un instant le regard, mal à l'aise, et se gratta l'arrière de la tête.
— J'avoue… J'ai fait une ronde dans ton quartier avant de venir te voir au Ministère.
— Sérieusement ? Alors quoi, je suis sous surveillance ? C'est ça que tu es en train de me dire ? Par Merlin, je croyais que le Ministère m'avait gracié !
— Du calme, répliqua Harry en levant les mains. Ce n'était pas dans le cadre de mes heures d'Auror. Je voulais juste m'assurer que… personne ne rôdait.
Drago roula des yeux, l'air exaspéré, et se passa une main sur le visage.
— Potter, tu es vraiment insupportable… Ramène-moi chez moi.
Harry hocha simplement la tête. Il passa un bras autour des épaules de Drago pour le stabiliser, ignorant son grognement d'agacement, et transplana.
Arrivés devant l'immeuble, Harry voulut aider Drago à marcher, mais ce dernier le repoussa d'un geste, se tenant debout par pure fierté. Malgré tout, il vacillait à chaque pas et avançait avec une lenteur presque douloureuse.
Lorsqu'il tenta de sortir ses clés de la poche arrière de son pantalon, ses doigts tremblants les firent tomber au sol. Harry, sans un mot, les ramassa et déverrouilla lui-même la porte. Drago le regarda, interdit.
— Entre, dit simplement Harry en tenant la porte ouverte.
Drago obéit sans répliquer, allumant les lumières en passant. Une fois dans le salon, il s'effondra sur un fauteuil, s'efforçant de conserver un semblant de dignité.
Harry referma la porte derrière lui et jeta un coup d'œil à l'appartement, curieux malgré lui. Il ne s'était jamais demandé comment Drago Malefoy vivait depuis qu'il avait quitté le manoir familial.
L'intérieur était plus moderne qu'il ne l'aurait imaginé : des lignes épurées, des couleurs neutres, un espace fonctionnel. Pourtant, quelques détails trahissaient l'héritage des Malefoy : des cadres en argent finement ciselés, une horloge ancienne sur la cheminée, et des bibelots élégants soigneusement disposés sur un buffet.
Son regard s'arrêta sur un cadre photo posé sur une étagère. Une image mouvante montrait un Drago adolescent entouré de ses amis de l'époque : Pansy, Blaise, Gregory et… Vincent Crabbe. Harry sentit une étrange pointe d'émotion en observant cette scène figée d'un passé révolu.
— Tu comptes rester planté là toute la soirée ? lança Drago depuis son fauteuil, la tête penchée en arrière, les yeux mi-clos.
Harry détourna les yeux du cadre et répondit avec un sourire en coin :
— Je m'assure juste que tu ne t'écroules pas à nouveau.
— Pff… Potter, sérieusement, tu devrais… partir.
Harry pourtant s'installa au bord du canapé et le regarda. Il se disait que Drago était suffisamment à bout pour tout lâcher et il craignait que s'il le laissait reprendre de trop ses esprits, jamais il n'en tirerait rien. C'était mal, pensa-t-il, mais il allait pousser le Serpentard dans ses retranchements. Ce qui ne serait pas difficile en vérité.
Chaque fibre de son être hurlait à Drago son besoin de solitude, de silence, de distance. Tout ceci était insupportable.
Harry Potter, dans son salon. Harry Potter, assis là, à le regarder dans l'attente même de le voir crouler. De la même manière que Gregory. On s'acharnait sur lui ! Qu'avait-il fait pour qu'on souhaite à ce point là le voir en larmes ?
Tout ceci était profondément absurde. Il ne comprenait même pas comment tout avait dérapé à ce point. Ses pensées se heurtaient les unes aux autres, confuses, sans fil conducteur. Il y avait la douleur dans sa main, bien sûr, mais aussi la fatigue des sortilèges qui alourdissait ses membres, sa tête, son esprit. Et au milieu de tout ça, une peur sourde qui rampait au fond de son ventre.
Gregory.
Il avait pensé à lui dès qu'il avait croisé le regard du médicomage. Gregory était toujours en sursit, et la moindre suspicion, la moindre enquête un peu trop fouillée pourrait le faire tomber. Drago savait que Potter était Auror. Qu'il pouvait tout savoir, tout découvrir. Qu'il pouvait devenir un danger sans même le vouloir.
Il inspira profondément, mais le souffle se brisa dans sa gorge. Un sanglot avorté qu'il réprima immédiatement, avec colère.
— Malefoy, tu vas bien ? demanda la voix d'Harry, douce, presque timide.
Cette douceur était insupportable.
Drago releva brusquement la tête et planta ses yeux dans ceux de Potter.
— Non, Potter, je ne vais pas bien. Ça ne se voit pas peut-être ? lâcha-t-il d'un ton venimeux.
Harry ne se démonta pas. Il croisa les mains sur ses genoux et attendit patiemment que Drago continue. Mais ce dernier détourna les yeux, agacé par cette attitude.
— Tu peux arrêter de jouer les saints ? Je sais ce que tu attends là, assis dans mon salon. Mais c'est peine perdue.
Harry haussa légèrement les épaules, sans cesser de le regarder.
— Je suis ici avant toute chose parce que tu m'as appelé à l'aide et parce que je crois pouvoir t'aider.
— Malgré ce que tu sembles croire, je ne suis pas une âme perdue.
— Je n'ai jamais dit ni même pensé ça. Tu te rends compte que tes monologues n'ont… aucun sens ?
Il se leva et s'approcha du buffet, fixant de nouveau les cadres et les objets. Drago suivit son mouvement du coin de l'œil, exaspéré. Mais sous son agacement bouillonnait autre chose. L'angoisse de perdre tous ses moyens, de parler.
— Tu veux que je te laisse, j'imagine, dit doucement Harry, brisant le silence.
— Je veux que tu partes, oui, répondit Drago. Mais tu ne vas pas partir, hein ?
— Pas tant que tu ne m'en auras pas dit davantage.
Drago se tassa un peu plus dans son fauteuil, son esprit tiraillé entre l'envie de hurler à Potter de disparaître et celle, plus trouble, de céder à ce sentiment inédit de protection.
Harry, de son côté, observait les petits détails de la vie de Drago avec un intérêt sincère. Il posa un cadre, se tourna vers lui, puis s'approcha doucement.
— Tu sais, je ne te crois coupable de rien présentement. Tu as l'air plutôt d'être une… victime.
Drago éclata brusquement, incapable de contenir davantage sa colère.
— Une victime ? Va te faire foutre Potter ! Je ne suis rien de tout ça ! Quoi, quoi ? Parce que tu m'as vu dans un état vaguement alarmant chez Pansy, voilà que je deviens une victime à tes yeux de sauveur ? Mais y a rien à sauver hein ! Retourne à ton trou d'Auror, laisse-moi bon sang ! Rentre chez toi ! Laisse-moi vivre ma vie !
Sa voix s'éteignit brutalement. Il tremblait de haine, mais il refusa de détourner les yeux.
Harry resta immobile, le regard posé sur lui avec une patience désarmante.
— Tu n'es pas obligé de tout porter seul, Drago, dit-il simplement, d'un ton si sincère que cela en devenait presque insupportable.
Il n'avait pourtant pas l'impression de porter les choses seul, comme le disait Harry. On lui avait imposé cette enclume, à raison. C'était une histoire entre Gregory et lui, il ne voulait pas qu'on s'en mêle. Et pourtant, il était conscient qu'il prenait la mauvaise voie. Avec ce qu'il avait entrevu des désirs de Gregory ce soir, il se doutait que ça irait de mal en pis. Il allait de bousiller, totalement. Encore une fois, cette drôle d'envie masochiste lui donnait envie de tester ses limites face à son ancien camarade, de voir jusqu'où il tiendrait, où serait la rupture totale. Quand est-ce que sa dignité éclaterait pour le laisser en chiffon. Il voulait être fort et seul.
Seul et fort.
Il se redressa avec lenteur dans son fauteuil et reprit un peu de calme.
— Ce n'est pas à toi d'en décider, dit-il enfin, plus sûr de lui. Ce n'est pas à toi que je vais apprendre que certaines choses ne peuvent pas se régler avec une aide extérieure. Merci de ta sollicitude, mais je n'attends aucune aide de ta part.
Harry laissa ses épaules légèrement s'affaisser. Il laissait tomber. Il ajouta juste, en prévention :
— Alors écoute simplement ceci, Drago : les parents de Londubat sont devenus complètement fous à cause du Doloris.
Il se crispa, pris au dépourvu par l'annonce. Harry savait. Bien sûr qu'il savait !
— C'est à toi de voir si tu souhaites prendre de ton plein gré le même chemin. Autrement… Je suis là, ma porte t'es ouverte, d'accord ?
Drago hocha vaguement la tête.
— Bon… bon, bon, bon. Je n'insiste pas plus, tu as besoin de repos… Tu ne devrais pas aller travailler demain. Bonne soirée Drago Malefoy. Heureux d'avoir pu un peu t'aider.
Drago ne répondit rien et attendit qu'il s'en aille. Une fois seul, il remarqua les silhouettes au coin de ses yeux et jura les avoir vu se moquer.
Le Doloris, hein ?
