Hello à tous ! Et voici l'un des chapitres les plus important de cette histoire. Alors pour tout vous dire, je me suis collée à la version du film pour la bataille de Poudlard. Je l'ai trouvée plus entraînante que celle du livre.
Bonne lecture à tous !
La grande rue de Pré-Au-Lard était calme depuis maintenant plus d'une heure. Et pour cause, les Mangemorts et Détraqueurs habituellement postés dans la rue avaient soudainement déserté les lieux pour rejoindre leur maître qui les avait appelés.
Brusquement, un « plop » s'éleva, suivi d'une pétarade qui résonna dans tout le domaine, jusqu'à la forêt interdite.
Abelforth Dumbledore se précipita vers la fenêtre du premier étage de son échoppe, « La Tête du Sanglier », et put distinguer à travers la pénombre nocturne une moto rouge sportive fonçant vers la sortie du village en direction des collines alentours.
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Drago observait les montagnes devant lui. L'air en cette soirée du tout premier jour de mai était frais. Inspirant, pour la énième fois de la soirée, il serra les poings dans sa poche. Blaise s'approcha de lui et jeta également un œil dans l'interstice du rempart.
— Le château est protégé, les professeurs et les membres de l'Ordre ont fait le nécessaire. Tout le monde se prépare et les mineurs ont été évacués.
— Bien.
— Tu devrais peut-être…
— Non, coupa Drago.
— Elle va arriver. J'en suis certain.
Le blond se tourna vers son ami, et, pour la première fois de sa vie, ce dernier put y lire toute l'angoisse présente dans ses yeux.
— Tu sais où est passé Potter ?
— Luna l'a emmené voir la dame grise. Et Ron et Hermione cherchent un moyen de détruire la coupe.
Puis Blaise lança un coup d'œil vers la petite ouverture et se figea brusquement, plissant les yeux.
— Quoi ? demanda le blond en suivant son regard.
— Ils sont là…
En effet, Drago put alors voir une armée faite de Mangemorts, de Rafleurs, de Détraqueurs, de géants des montagnes et d'acromentules se regrouper sur l'autre versant de la montagne. En tête, la peau pâle de Voldemort se reflétait à travers les rayons de lune et les étoiles dans le ciel.
Drago avala sa salive tandis que Blaise accourait vers les petits escaliers de pierre en colimaçon, de l'autre côté du petit pont suspendu, pour rejoindre la cour intérieure où se trouvaient les professeurs et les membres de l'Ordre afin de les prévenir.
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Voldemort pouffa légèrement, observant le château illuminé par les torches enflammées le long des remparts.
— Ils sont incorrigibles… Quel dommage…
Un Mangemort derrière le Seigneur des Ténèbres s'avança d'un pas hésitant.
— Mais… maître…
Voldemort tourna lentement sa tête de nasique vers lui.
— Il faut… peut-être attendre ?
Le regard que lui lança le Seigneur des Ténèbres fit s'incliner le Mangemort qui recula légèrement. Le mage noir se retourna vers l'horizon où se découpaient les tourelles du château de Poudlard dans la nuit.
— Maintenant.
Ce n'était qu'un simple murmure, mais l'ordre était clair. Tous les Mangemorts derrière lui s'exécutèrent et levèrent leur baguette, projetant des éclairs de lumière, tels des sifflements qui traversèrent le vide au-dessous d'eux. Cela dura quelques secondes avant qu'ils n'atteignent le bouclier sphérique qui englobait tout le domaine de Poudlard.
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La forêt alentour fut illuminée d'une vive lumière blanche, laissant une bourrasque souffler à travers les arbres, comme si le globe avait subi une détonation de bombe nucléaire. Dorea, cachée derrière un arbre, contempla le globe s'enflammer. Voldemort était en train de détruire les défenses du château. La respiration tremblante, elle comprit qu'il lui était pour le moment impossible d'accéder au château. Ce ne serait que lorsque les défenses seraient tombées qu'elle pourrait agir. Pourvu qu'Harry ait trouvé l'Horcruxe.
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Harry courut dans la galerie, tentant de rattraper le fantôme de la dame grise qui commençait à faire volte-face.
— C'est ce que vous voulez aussi, Héléna !
Helena Serdaigle flottait au-dessus de la cour de métamorphose, et Harry lança un regard vers le ciel, constatant que le globe prenait littéralement feu. Il se précipita vers l'ouverture juste à côté de lui pour s'approcher de la dame grise, tâchant de garder une distance raisonnable afin de ne pas la braquer.
— Vous voulez qu'il soit détruit, ajouta-t-il fermement.
— Un autre a juré de le détruire il y a fort longtemps, dit le fantôme dans un écho sépulcral. Un garçon étrange avec un nom étrange.
— Tom Jedusor, devina Harry.
— Mais il mentait…
— Il a menti à beaucoup de gens.
Le visage de feu d'Hélèna Serdaigle se tordit dans une rage telle qu'Harry craignit un instant qu'elle ne parte. Elle fonça vers Harry, hurlant de toutes ses forces. Le jeune homme se recula instantanément.
— JE SAIS CE QU'IL A FAIT ! JE SAIS AUSSI QUI IL EST ! IL L'A PROFANÉ AVEC DE LA MAGIE NOIRE.
Harry sentait ses membres trembler tandis que la dame grise lui tournait le dos pour repartir de l'autre côté de la cour. Elle vola dans le cloître et Harry s'avança mesurément vers elle, tâchant de reprendre son calme. Il fallait qu'il sache où cet Horcruxe se cachait. Sans cela, tout ce qu'ils avaient fait, lui, Ron, Hermione, Drago et sa sœur, ainsi que tous ceux prêts à combattre dans ce château, ne servirait à rien.
— Je peux le détruire une bonne fois pour toutes. Mais seulement si vous me dites où il est caché.
Le fantôme d'Hélèna se stoppa, survolant à quelques centimètres du sol. Harry réalisa qu'elle n'était pas plus grande que lui.
— Vous le savez, où il est caché. N'est-ce pas, Hélèna ? Il suffit de me le dire. S'il vous plaît, termina-t-il du ton le plus suppliant.
Helena Serdaigle pivota lentement vers lui puis glissa autour de lui.
— C'est étrange, dit-elle. Vous me rappelez un peu…
Elle revint face à lui, puis recula.
— Le diadème est ici. Dans le château. Dans l'endroit où toute chose est cachée. Si vous devez demander, jamais vous ne saurez. Mais si vous savez, il suffit de demander.
Le regard d'Harry s'illumina brusquement, comprenant ce que la Dame Grise lui signifiait. Son souffle se fit court.
— Merci, murmura-t-il.
La Dame Grise hocha la tête puis s'en alla alors qu'Harry courut de l'autre côté du cloître.
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Drago avait rejoint la cour d'entrée, qui donnait sur le pont suspendu, observant le globe de protection se déliter sous ses yeux. La baguette en main, il se tenait prêt, tout comme les élèves et les membres de l'Ordre autour de lui. Dans peu de temps, il savait qu'il allait devoir confronter ses parents, qui devaient certainement se trouver sur l'autre versant de la colline aux côtés de Lord Voldemort.
Ce n'était qu'une question de temps à présent. Il jeta un regard à ses côtés et vit Théo, Blaise et Daphné se tenir là, tout aussi prêts que lui à défendre ce château, ainsi que Potter. Se battre aussi. Se battre pour la liberté. Se battre pour vivre en paix sans avoir à se retrouver sous le joug d'un assassin. Sans être réprimés et opprimés.
Se battre également pour retrouver Dorea saine et sauve, pour qu'ils puissent enfin rêver d'un avenir paisible et meilleur.
Il concentra son attention sur sa baguette, conscient de ce qu'il tenait entre ses mains. Il était le détenteur de la baguette de Sureau. Et il fallait que Potter l'obtienne avant de faire face à Voldemort. C'était sûr et certain.
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Voldemort sentit quelque chose lui percer le cœur. Une sensation qu'il n'avait plus ressentie depuis longtemps : de la douleur. Il s'arqua, la main sur la poitrine, puis la douleur passa aussi subitement qu'elle était apparue. Il comprit aussitôt : une partie de son âme avait une fois de plus été détruite.
Un hurlement déchira les environs alors qu'il pointa rageusement sa baguette devant lui. Un filament électrique traversa le paysage, achevant de détruire la sphère protectrice autour du château.
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L'image du globe s'enflammant se reflétait dans les yeux émeraude de la rousse. C'était le moment. Elle allait entrer et surtout empêcher les Mangemorts de le faire.
Elle se releva, alors accroupie sur l'herbe, et courut vers la moto, fermant le zip de son blouson en cuir. Elle attrapa le casque qu'elle avait posé plus tôt sur l'assise et l'enfonça sur sa tête avant de s'installer. D'un simple geste de main, elle démarra le moteur, maintenant l'embrayage, puis fit jouer la vitesse. Elle enleva la béquille puis, d'une impulsion de pied sur le sol, elle roula à toute vitesse vers le vide qui se trouvait devant elle, à une cinquantaine de mètres.
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Narcissa Malefoy, qui se tenait juste à côté de son époux Lucius, contemplait la sphère prendre feu, des cendres voletant tout autour. Elle avala sa salive, pensant à une unique chose : son fils.
Elle savait. Elle savait qu'il se trouvait là. Juste de l'autre côté. Dans l'autre camp. Et elle n'espérait qu'une chose : le retrouver sain et sauf. C'était l'unique but de sa présence ici.
Elle sentit la main de Lucius se glisser entre la sienne et elle dévia son regard de ce paysage apocalyptique pour le poser sur son époux. L'homme qu'elle avait tant aimé. Qu'elle aimait tant… Et ce, malgré tout ce qu'il leur avait fait endurer ces trois dernières années. Pourtant, elle pouvait lire tant de regrets et d'amertume dans son regard.
Leur fils ne leur pardonnerait certainement jamais. Et quand il avait fui cette nuit-là… Elle avait cru ne jamais s'en remettre. Pourtant, au fond d'elle, au plus profond de son être, elle ne pouvait s'empêcher d'être fière. Fière que le jeune homme se soit libéré des chaînes qui les tenaillaient depuis des mois. Il avait eu le courage nécessaire pour tout balayer d'un revers de main et faire le choix de la liberté.
Inspirant et expirant, elle vit Voldemort se tourner vers eux, ses yeux rougeoyants balayant son armée de Mangemorts. Puis brusquement, une pétarade explosa au-dessus d'eux.
Narcissa, comme tout le monde, leva la tête et vit une moto surgissant de la forêt pour voler au-dessus d'eux avant d'atterrir brusquement sur la plaine et de dévaler à toute vitesse la colline menant au pont suspendu de Poudlard.
Le souffle coupé, elle reconnut là la marque de Dorea Artwood. La main de son époux serra un peu plus la sienne et, tout comme elle ne pouvait s'empêcher de ressentir de la fierté pour son fils, elle éprouva un brin d'admiration pour cette jeune femme aussi belle que rebelle. Elle lui faisait tant penser à elle, lorsqu'à une autre époque, la jeunesse et la fougue emplissaient son quotidien.
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Dorea jeta un rapide regard par-dessus son épaule et vit les Mangemorts se mettre en mouvement. Ne perdant pas une seule seconde, elle prit appui sur le repose-pied de gauche et se désengagea de l'assise pour se tourner vers les Mangemorts qui la poursuivaient, volant vers elle dans leurs épaisses volutes de fumée noire. Elle visa quelques-uns face à elle, balançant son bras pour les stopper dans leur course, les projetant en arrière.
— ATTRAPEZ-LA-MOI ! JE LA VEUX MORTE ! hurla Voldemort.
D'autres Mangemorts vinrent en renfort, ainsi que les géants qui commencèrent à dévaler la colline.
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Drago, à l'instar de ses amis, ainsi que des professeurs, élèves et membres de l'Ordre, observaient la scène avec stupeur. À partir du moment où il avait vu cette moto se lancer dans le vide, il n'avait eu aucun doute sur l'identité du conducteur, et plus encore, de la conductrice.
La moto descendait à toute vitesse. Un seul faux mouvement et Dorea se briserait le cou.
À travers la nuit, il pouvait distinguer des Mangemorts projetés au sol tel des poupées de chiffon. Elle leur faisait gagner du temps. Simplement un peu de temps.
Il perçut Gabriel Kowalski accourir à ses côtés et tous deux échangèrent un regard entendu. Ils étaient prêts à intervenir.
Le blond vit alors des racines s'élever de terre, au loin sur le versant d'en face, telle une gigantesque toile d'araignée. Les Mangemorts n'eurent pas d'autre choix que d'interrompre leur poursuite.
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Dorea contracta la mâchoire, serra les dents, et se centra sur son objectif. Le creux de sa main droite était crispé. Une petite flamme apparut, puis disparut, les vibrations de sa moto n'aidant pas. Elle soutint pourtant le guidon et émit un grognement de concentration. Subitement, une boule de feu se forma dans le creux de sa main et elle la lança sur les Mangemorts pris dans les racines d'arbres qu'elle avait fait émerger du sol.
Des hurlements, cris et supplications fendirent l'air, dans une sonorité macabre.
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Harry courait, sinuant dans les corridors, tentant de rejoindre le couloir du septième étage. Mais il y avait trop de monde. Tout le monde était en panique. Il tentait de se frayer un chemin, mais c'était impossible. Les cris provenant de l'extérieur témoignaient de la bataille qui faisait rage. Les Mangemorts avaient déjà dû pénétrer dans l'école.
Il passa devant une fenêtre avant de stopper un peu plus loin. Avait-il bien vu ? Il recula de quelques pas et lâcha un soupir avant qu'un petit sourire n'apparaisse sur son visage.
Il vit sur l'autre versant de la colline une silhouette de phénix s'enflammer dans les airs. Il sut aussitôt de qui il s'agissait : Dorea. Sa sœur.
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La jeune femme reprit place sur la moto, secouant la tête pour recouvrer ses esprits. Sa magie avait été si puissante. Jamais elle n'avait déployé autant de force.
Elle entendit le cri de Lord Voldemort et le tumulte sans nom ravager la colline derrière elle, tandis qu'elle distinguait au loin le pont suspendu.
Elle y était. Elle allait pouvoir rejoindre Drago et son frère, et combattre à leurs côtés. Soudain, un autre hurlement, rauque, suivi d'un tremblement de terre sous les roues de sa moto, la fit se retourner. Écarquillant les yeux, la jeune femme put voir un géant s'approcher à grands pas à travers les flammes qui avaient recouvert les corps des Mangemorts pris dans les branches.
Ne réfléchissant pas plus longtemps, elle freina brusquement sur le côté, tandis que le géant s'approchait d'elle. En frappant du pied sur le sol, la colline trembla encore plus, et à certains endroits, des remous apparurent avant que la terre ne s'effondre sous les pieds du géant, qui fut emporté dans la chute vertigineuse.
Ne perdant pas une minute et voyant l'affaissement de terre se rapprocher dangereusement, elle reprit son chemin, augmentant la vitesse au maximum.
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Drago observait la descente de la colline qui s'effondrait, les yeux écarquillés d'horreur.
— Seigneur tout puissant, souffla Daphné.
— Elle est complètement dingue, ajouta Théo.
Ils virent les phares de la moto se rapprocher du pont à toute vitesse, la terre croulant juste derrière.
Le jeune homme sentit son corps trembler d'épouvante face à la scène. Dorea n'allait pas assez vite. Même si la moto était à sa vitesse maximum, ce n'était pas suffisant.
Le phénix enflammé s'amenuisait progressivement. Des Détraqueurs approchaient. Sans plus réfléchir, Drago se mit à courir vers le pont, ignorant les cris de protestations venant de ses amis, des membres de l'Ordre et des professeurs… Il ne pouvait pas la laisser. Pas si près du but.
Il franchit le pont, se frayant un chemin parmi les soldats de pierre que McGonagall avait métamorphosés. Il vit Dorea atteindre le début du pont avec soulagement, puis brusquement freiner sur le côté.
Il se retourna et hurla à son ancien professeur de métamorphose :
— LAISSEZ-LÀ PASSER !
Il vit le professeur lever la baguette aussitôt et les soldats se poster sur le côté. Drago se retourna alors et vit Dorea courir vers lui, les Détraqueurs à ses trousses.
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La jeune femme courait à en perdre haleine. Elle y était. Elle voyait Drago à l'autre bout, qui la rejoignait.
Puis soudain, elle trébucha sur la pierre et entendit une râle gutturale s'élever au-dessus d'elle. Elle se retourna sur le dos et put ainsi distinguer la bouche d'un Détraqueur se penchant vers elle. Le froid la saisit subitement, comme si ses entrailles se gelaient instantanément.
Elle entendit une femme gémir au loin, puis pleurer. Elle semblait lutter.
« Non. »
Le Détraqueur s'approcha mesurément d'elle, et ce fut comme si quelqu'un avait soudainement poussé le son de la radio à fond. Alors elle entendit. Elle entendit sa mère, Lily, en larmes, alors qu'on la séparait de sa fille.
« Non, je vous en supplie… non, pas ma fille. Je ne veux pas qu'on me prenne ma petite fille. »
Et tout s'arrêta aussi vite qu'il avait commencé. Tremblante et en sueur, elle se redressa, une lumière vive devant elle. Elle distingua d'abord le Patronus de son frère : un cerf. À ses côtés se trouvait un animal légèrement plus petit, mais tout aussi sauvage : un loup.
Dorea se retourna et vit Harry et Drago la rejoindre, baguette en main. Lorsqu'ils arrivèrent, ils la saisirent par le coude et l'aidèrent à se relever tandis que le calme revenait. Alors qu'elle fut de nouveau à l'aplomb, elle observa tour à tour les deux hommes qu'elle aimait différemment, mais la force de ses sentiments lui fit comprendre qu'elle ne pourrait rien faire sans eux.
Elle se jeta d'abord dans les bras d'Harry, qui la serra fort contre lui, puis elle se recula pour se tourner vers Drago. Aussitôt, l'attrapant par la taille, le jeune homme happa ses lèvres dans un baiser dur et fougueux, témoignant de la peur qu'il avait ressentie. Leurs langues s'entremêlèrent dans un ballet aussi sensuel que plein de volupté, mais ils furent vite interrompus par Harry, qui tira la veste de la rousse.
— Euh… les gars, vous vous bécoterez plus tard, parce que là… on a un problème !
Tous deux se détachèrent et suivirent le regard du brun, qui fixait l'horizon devant lui. Les branches n'étaient à présent plus enflammées, et le reste de l'armée des Mangemorts avait réussi à franchir le rempart de racines sauvages créé par Dorea, tandis qu'une multitude d'acromentules se précipitait vers eux.
Fronçant les sourcils, ils virent l'affaissement se rétablir, puis levèrent tous trois leurs regards vers Lord Voldemort, qui surplombait le versant, un sourire malfaisant se dessinant sur ses lèvres.
— Je propose qu'on déguerpisse aussi vite de ce pont !
— Bonne idée… Drago, approuva Harry.
Tous trois se remirent à courir, rejoignant les autres dans la cour, qui se tenaient prêts à combattre. Les Mangemorts arrivaient, les survolant, et ils virent Blaise déjà en train de se battre avec l'un d'eux.
Harry stupéfixa Yaxley qui venait de transplaner juste dans le hall d'entrée alors qu'ils le franchissaient, et ce fut alors une multitude de jets de lumière qui jaillirent dans tous les sens. Ils montèrent ainsi les escaliers, Dorea projetant au sol les hommes en noir qui avaient réussi à pénétrer dans le château, aussi rapidement qu'elle le pouvait, à l'instar d'Harry et Drago à ses côtés, avec leurs baguettes.
— Potter, tu as trouvé l'Horcruxe ? s'exclama Drago en lançant un sortilège de chauve-furie à Avery.
— Dans la salle-sur-demande ! Venez, on y va !
Dorea mit sa main devant elle, un mur invisible se matérialisant devant eux, tandis que Fenrir Greyback, qui avait transplané au bas des escaliers, leur lançait maléfices sur maléfices. Puis le mur disparut et Drago l'obligea à se baisser alors qu'Harry lança un stupéfix au lycanthrope. Ce qui n'eut aucun effet en raison de la robustesse de la créature.
Les deux Serpentard et Harry coururent en haut des escaliers tandis qu'Aidan Vaisey prit le relais, leur hurlant de s'échapper. Dorea jeta un coup d'œil par-dessus son épaule, observant son ex-petit ami, Victor Krum, venir à sa rescousse, tentant de venir à bout de Greyback.
Ils grimpèrent les escaliers, percutés par les élèves qui couraient ou se battaient contre d'autres Mangemorts, et ce ne fut qu'après une éternité qu'ils atteignirent le couloir du septième étage.
Cet endroit du château était plus calme, malgré les cris et la poussière environnante, tout comme les explosions à l'extérieur qui rythmaient leurs pas.
Ils tournèrent un dernier angle de couloir à gauche et virent la tapisserie de Barnabas le Follet tapissant le pan de mur à l'autre bout. Complètement essoufflés, ils s'arrêtèrent juste devant.
— Tu es certain, Harry ? demanda Dorea.
— La dame grise me l'a assuré, répondit-il, déterminé.
Puis le jeune homme entreprit de faire trois allers-retours devant, marmonnant dans sa barbe.
— J'ai besoin de l'endroit où tout est caché… J'ai besoin de l'endroit où tout est caché, répétait-il.
Dorea jeta un coup d'œil derrière son épaule, puis reporta son attention sur Harry. Ils virent un bout de porte apparaître dans le mur derrière la tenture et le brun se précipita dessus pour l'ouvrir, suivi de Dorea et Drago.
— Qu'est-ce qu'on cherche ? interrogea Dorea après que la porte se soit refermée.
— Un diadème, dit Harry.
Ils contemplèrent les lieux et réalisèrent qu'ils se retrouvaient dans la salle-sur-demande, qui avait pris l'apparence de cette cathédrale où Drago avait passé la majeure partie de sa sixième année à tenter de trouver un moyen de faire entrer les Mangemorts.
Le temps se suspendit brusquement. Un silence s'installa entre les trois jeunes gens, le malaise s'insinuant en chacun d'eux au souvenir de l'année précédente.
Harry et Drago échangèrent un regard en coin, n'osant pas s'affronter de front. Comment pourraient-ils ? Cette pièce était chargée de souvenirs que le blond aimerait effacer à jamais. Et c'était ce que comprit Harry.
— C'est du passé, dit alors Harry en tournant enfin ses yeux vers le blond. Tu n'es plus le même à présent. Et… je suis conscient que c'était bien malgré toi. Il s'est passé beaucoup de choses depuis…
Le jeune Malefoy fit un hochement de tête imperceptible, puis Harry leur intima de le suivre pour commencer à chercher. Dorea adressa un sourire à son frère, infiniment reconnaissante d'être autant conciliant envers Drago. Même si elle savait pertinemment que ce n'était jamais facile de passer sur ce genre de chose. Mais comme Harry l'avait déclaré : il s'était passé beaucoup de choses depuis.
— Un diadème tu dis ? fit alors Drago en recouvrant son flegme.
— Oui… euh… petit… avec une pierre d'opale incrustée dessus.
Drago s'arrêta et plissa le regard. Harry et Dorea se stoppèrent un peu plus loin, interloqués.
— Avec un aigle sur le dessus ?
— Certainement, vu que c'était le diadème de Rowena Serdaigle, déduisit le brun.
Ils virent le blond fermer les yeux de dépit, puis reprendre une marche plus rapide. Les dépassant, il prit la tête du groupe.
— Suivez-moi, je crois savoir où c'est.
Harry et Dorea échangèrent un rapide coup d'œil avant de suivre Drago, qui contournait une immense colonne de livres. Ils arrivèrent à hauteur de l'armoire à disparaître, où plusieurs supports d'étagères et de petites tables d'appoint de vieilles se trouvaient tout autour, des objets, cadres et sculptures entassés dessus.
— Je crois l'avoir aperçu dans un coffre en argent, expliqua Drago en tournant sur lui-même, commençant à chercher. J'avais galéré à l'ouvrir, pensant qu'il y aurait des outils qui me seraient utiles pour réparer l'armoire. Mais j'avais été déçu de voir qu'il ne s'agissait que d'un jouet pour petite fille. Du moins, c'est ce que je croyais, fit-il en s'accroupissant pour regarder sous l'une des tables.
— Et tu ne sais pas où tu l'as remis ? dit Harry.
— Je… je ne m'en souviens plus, dit le blond en haussant les épaules.
— Sérieux, Malefoy ! s'exclama Dorea. D'habitude, le rangement chez toi, c'est maladif !
— Tout comme ton désordre, Artwood ! rétorqua le blond sèchement.
— Bon, soyons efficaces, temporisa Harry. Dott', tu cherches à l'ouest, Drago à l'est, et moi vers l'armoire.
Tous trois s'exécutèrent, cherchant dans leurs zones respectives. Dorea vit Harry déplacer le matelas qui était étalé au sol près de l'armoire.
— Sérieux, Malefoy ! Tu passais même tes nuits ici ?
Dorea et Drago se figèrent subitement, échangeant un regard complice, sachant exactement pourquoi ce matelas se trouvait ici.
— Euh… oui, murmura le blond.
— Pas exactement, dit alors une voix un peu plus loin.
Tous levèrent la tête et purent constater la présence de Crabbe et Goyle, légèrement essoufflés, baguette tendue vers eux. Harry fit un mouvement vers sa poche de derrière pour saisir la sienne, mais Goyle lança un maléfice qui se répercuta contre l'armoire dans son dos.
— Montrez vos mains ! cracha Crabbe.
Dorea, Drago et Harry hissèrent les mains en l'air avant de se relever lentement.
— Pour répondre à ta question, Potter, reprit Goyle, Drago baisait Dorea sur ce matelas. Un petit plaisir qu'ils s'accordaient de temps en temps lorsque tu avais le dos tourné.
— Goyle… amorça Drago.
— Ne t'avise surtout pas de me donner des ordres, Malefoy ! siffla le jeune homme en pointant sa baguette sur lui. Toutes ces années à marcher trois pas derrière toi. À devoir nous plier à la moindre de tes exigences, pendant que tu faisais les yeux doux à la fille d'une sang-de-bourbe ! Tu en as même oublié jusqu'à ton nom, sale traître !
— Vous allez gentiment nous suivre, siffla Crabbe. Et on va vous livrer au Seigneur des Ténèbres. D'accord ?
— Expelliarmus ! hurlèrent Ron et Hermione qui apparurent derrière eux.
La baguette de Crabbe vola dans les airs, et tous deux s'écrièrent de frayeur, prenant leurs jambes à leur cou. Drago sortit sa baguette de la poche de son pantalon et se mit à les poursuivre avec Ron.
— Ils ne vont pas s'en sortir comme ça, ces deux idiots ! cracha-t-il en disparaissant derrière l'armoire à disparaître.
Harry, relâchant ses mains, soupira de soulagement.
— On a détruit la coupe ! annonça Hermione avec un grand sourire.
— Super… murmura Harry.
Dorea leva alors le regard vers les étagères du haut et fronça les sourcils en voyant un reflet brillant sur l'arche de pierre. Ce fut alors qu'elle distingua un coffre argenté, en tout point identique à ce qu'avait indiqué Drago.
— Là ! s'exclama-t-elle brusquement. Je le vois !
Tandis qu'au loin, ils purent entendre leurs deux amis combattre Crabbe et Goyle, Harry et Hermione levèrent à leur tour le regard. Le brun, qui était le plus proche, se précipita vers l'étagère qu'il commença à escalader sur un amoncellement de chaises et de fauteuils situés juste en dessous. Il les lança dans tous les sens et Dorea et Hermione, se mirent à leur tour à monter pour tenter de l'aider. C'est alors qu'elles virent le jeune homme attraper, par malchance, un lutin de cornouille. Il le jeta au loin et plusieurs autres le suivirent, tous trois s'abaissant pour les éviter.
Ils tentèrent de déblayer la petite montagne pour atteindre les étagères du dessus. Harry réussit à les atteindre et s'appuya sur le dossier d'un fauteuil pour s'étirer et attraper le coffre.
— JE L'AI ! s'exclama-t-il avec force.
D'un coup de baguette, le coffre s'ouvrit, et il saisit le diadème qu'il leur montra alors qu'ils étaient juste au-dessous.
Ils redescendirent, dans l'intention de retrouver Ron et Drago, Harry sautant plusieurs niveaux de meubles d'un seul coup. Le souffle court, et à présent sur la terre ferme, ils échangèrent un sourire soulagé. Mais ce sentiment fut de courte durée quand ils entendirent deux cris distincts approcher.
Ils se retournèrent et virent le blond et le rouquin courir vers eux, une ombre lumineuse à leurs trousses.
— SAUVEZ-VOUS ! SAUVEZ-VOUS ! hurla Ron.
Ron ne cessait de crier, saisissant la main d'Hermione pour la traîner derrière lui.
— GOYLE A FOUTU LE FEU À LA SALLE ! fit Drago à son tour en prenant également la main de Dorea pour se sauver.
La jeune femme se retourna, Harry courant derrière eux, tandis qu'avec horreur, elle crut distinguer des flammes prenant l'aspect d'un immense serpent, les poursuivant.
Ils tournèrent à droite et virent, avec stupeur, qu'un immense oiseau fonçait vers eux. Ils prirent alors le chemin central. Harry, fermant la marche, tentait de jeter des objets de ci de là sur le passage du Feudeymon que Goyle avait lancé.
Mais rien n'y faisait. Au contraire, les deux feux se rejoignirent dans une extraordinaire détonation et le serpent grossit un peu plus avant de reprendre sa poursuite. Ils tournèrent à droite et se retrouvèrent totalement encerclés, découvrant que les amas d'objets entassés prenaient feu tout autour. Ils étaient piégés et commençaient à suffoquer.
Dorea leva alors les mains et fit jaillir une sphère d'eau au-dessus de leur tête. Mais les flammes puissantes eurent raison du globe. Elle s'apprêta à essayer à nouveau quand Drago l'interpella. Elle se retourna et il lui lança un balai, voyant que son frère enjaillait déjà le sien, tout comme le blond et que Ron et Hermione volaient déjà en direction du plafond.
D'un coup de pied, Dorea s'envola et fonça directement vers l'entrée de la salle, Ron et Hermione devant elle, entourée d'Harry et Drago. Elle plongea un regard sous ses pieds et constata que la salle-sur-demande était en train de prendre entièrement feu.
Ils purent voir Crabbe et Goyle se hisser sur une colonne de livres particulièrement instable et Dorea et Drago échangèrent un regard entendu.
— ON NE PEUT PAS LES LAISSER ! cria le blond.
— SÉRIEUX MALEFOY, TU FAIS PREUVE DE COMPASSION MAINTENANT ! hurla Ron.
— DRAGO A RAISON ! insista Dorea. ON NE PEUT PAS !
La porte de la salle était en vue. Non, décidément, ils ne pouvaient pas les abandonner ici. Malgré tout, ils ne pouvaient pas les laisser mourir dans cette salle.
Dorea opéra un demi-tour et rebroussa chemin vers les deux jeunes hommes qui observaient avec frayeur les flammes ravager le bas de la salle-sur-demande.
Brusquement, la colonne de Crabbe s'écroula et le jeune homme chuta vers les flammes qui léchèrent le sol sous ses pieds. Mais Drago, ayant suivi Dorea, le rattrapa au vol. De la force de son bras, il l'aida à se hisser, le tirant sur le vieux balai sur lequel il se trouvait. Dorea, de son côté, étant allée un peu plus loin, fit demi-tour et fonça droit sur Goyle, qui levait son bras pour attraper sa main. Néanmoins, elle manqua de le déséquilibrer. Elle freina en biais, puis fonça de nouveau vers lui, abaissant légèrement son altitude, et cette fois réussit à saisir sa main. Dans l'élan de la course, le jeune homme put enfourcher le balai sans effort, tandis qu'ils reprenaient leur route vers la sortie, rejoignant Harry, Ron et Hermione qui les attendaient.
— SI ON MEURT, MALEFOY, JE TE TUE ! cria Ron.
Drago ne répondit pas alors qu'Hermione ouvrait les portes avec sa baguette.
Tous sortirent dans le couloir et tombèrent brusquement au sol, Dorea accrochant son épaule contre la pierre. Ils roulèrent contre le sol et arrêtèrent leur chute à quelques mètres de l'entrée de la salle. Elle percevait Goyle s'enfuir à toutes jambes, tout comme Crabbe, tandis que la jeune femme se relevait, alors que le serpent enflammé chargeait sur eux. Dorea vit alors le diadème à ses pieds. Elle se baissa, l'attrapa et courut vers la salle pour le jeter dans les flammes. Brusquement, le serpent se métamorphosa en trois grands visages prenant l'aspect de Lord Voldemort. Elle sentit Drago l'attraper par la taille pour la faire reculer dans le couloir, et enfin, les portes se refermèrent brutalement.
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Un concert de souffles erratiques s'éleva dans le couloir du septième étage, dont le calme ambiant fit presque bourdonner les oreilles de la rousse. Un contraste saisissant par rapport à quelques secondes auparavant, où ils se trouvaient en pleine ambiance apocalyptique, au milieu des flammes qui ravageaient la salle-sur-demande.
Dorea sentait le bras de Drago l'entourer de manière protectrice, si fortement qu'une vive douleur l'électrisa dans le bas-ventre. Elle prit doucement sa main, lui intimant de la relâcher et se retourna vers lui.
Elle put voir combien son beau visage était couvert de suie. Ses cheveux habituellement blonds étaient maintenant constellés de cendres.
La jeune femme posa une main douce sur son visage, ancrant son regard dans ses prunelles métalliques, emplies de peur, mais également de détermination et d'un courage qu'elle n'avait que rarement vu se refléter en elles. Puis, elle dévia ses yeux pour les poser sur Harry, qui était affalé sur le mur à côté. Il fixait loin devant lui et elle comprit qu'il était en connexion avec Lord Voldemort.
Elle s'approcha de lui, à l'instar de Drago, Hermione, et Ron, et s'accroupit, attrapant sa main pour qu'il puisse reprendre le contrôle de son esprit. Son regard émeraude se reporta alors sur elle.
— C'est bien le serpent, murmura-t-il. Drago avait raison. C'est lui, le dernier… le dernier Horcruxe.
Hermione ferma les yeux, lâchant un soupir. En somme, ils avaient tous espéré, au fond d'eux, que le blond se trompait. Drago lui-même aurait souhaité que ça soit le cas. Mais non.
— Alors, rentre dans la tête de Voldemort, dit Dorea en prenant le visage de son frère entre ses mains. Essaie de trouver où il se trouve. Et nous trouverons le serpent. Là, nous pourrons en finir, dit-elle d'une voix pleine de force. Je suis là… nous sommes là. Trouve-le, pour qu'on en finisse avec ce fumier.
Harry la fixa d'un regard si indéchiffrable qu'elle se demanda pendant un instant s'il n'allait pas la repousser. Mais il acquiesça, sa respiration devenant plus lente, plus profonde, avant qu'il n'obstrue ses prunelles.
Elle lâcha le jeune homme, et Harry eut un mouvement de tête sinueux avant de trembler de tous ses membres. Son souffle s'accéléra de nouveau avant qu'il ne la retienne brusquement. Il rouvrit les yeux et inspira profondément.
— Je sais où il est…
— Où ?
— Le Hangar à Bateau.
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Dorea, Harry, Drago, Ron et Hermione couraient à travers les dédales de couloirs, évitant, contrant et parfois même attaquant les Mangemorts. Les sorts fusèrent tandis qu'ils dévalaient les escaliers de marbre. Un jet de lumière verte passa tout près du blond. Ce dernier se courba tandis que la rousse balançait une boule de feu envers Yaxley. Avant que ce dernier n'attaque à nouveau, les deux anciens verts et argents étaient déjà hors de portée.
Harry, Ron et Hermione menaient le groupe alors qu'ils atteignaient l'extérieur. Ils évitèrent de peu la hache d'un géant, se dissimulant derrière un immense bouclier avant de reprendre leur course vers les remparts qui menaient directement au lac et au hangar à bateau.
Alors qu'ils traversaient la cour d'entrée, ils purent voir Théo et Blaise pris aux prises avec deux autres Mangemorts, Daphné assénant une droite à Carrow, Neville Longdubat, secondé par Luna, Ginny, Seamus et Dean se battant avec plusieurs Rafleurs. Ils virent aussi quelques membres de l'Ordre repousser des Détraqueurs et des Acromentules, puis l'horreur s'étala sous leurs yeux : Fenrir Greyback, plantant ses crocs acérés dans la gorge de Gabriel. Il était inerte, le corps sans vie, le sang coulant de sa plaie.
— NON ! hurla Dorea.
Elle tendit le bras, une pierre volant vers elle, se transformant aussitôt en un poignard tranchant. Puis, le saisissant au vol, elle le lança droit vers le lycanthrope. La dague de pierre se planta dans son crâne et Greyback s'effondra sur le sol, aux côtés de son ami d'enfance.
Elle entendit à peine Drago ordonner à Harry, Ron et Hermione de partir sans eux alors qu'elle cour ait déjà vers le jeune Kowalski.
— Non… non, non, non ! s'exclama Dorea en s'agenouillant près de l'américain.
Elle le secoua, mais il était déjà parti. Drago tenta de la relever, lui disant qu'ils étaient en plein milieu du champ de bataille, qu'ils ne pouvaient pas rester ici, mais elle repoussa le blond avec une force qu'il ne lui connaissait pas.
Et elle se mit à hurler. Hurler sa rage, la colère qui parcourait ses veines telle du poison dans son sang. En cet instant, elle ne voulait qu'une chose : la tête de Lord Voldemort sur un billot.
Elle allait le tuer. Dans d'atroces souffrances. Autant que celles qu'elle éprouvait en cet instant. Se relevant lentement, elle se retourna pour contempler le champ de bataille. Sans même réfléchir, elle frappa du poing au sol. Une bourrasque apparut, accompagnée d'une vive lumière dorée. Les acromentules qui fonçaient droit vers eux se désintégrèrent sur place, disparaissant en fumées. Le calme revint tandis que les combats s'interrompaient soudainement.
— VOOOOLLLDDDEEEMMOOORRRRT ! hurla-t-elle. OÙ TU ES ?! JE VAIS TE TUER !
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Drago, qui était tombé à terre sous le coup de la colère de la rousse, se redressa et l'observa tourner sur elle-même tel un lion en cage. Elle avait des yeux noirs de rage, littéralement. Et ses cheveux… Ses cheveux volaient derrière elle tel des serpents dansants dans l'air.
Il échangea un regard épouvanté avec ses amis qui étaient à proximité. À cet instant, tous comprirent. Ils comprirent que ce n'était pas Dorea Artwood qui se trouvait au milieu de cette cour, mais bien le phénix noir.
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— ALLER, MONTRE-TOI, SALE LÂCHE ! VAS-Y ! VIENS ! cria Dorea. ESPÈCE DE FUMIER ! JE VAIS TE FAIRE PAYER TOUTES LES HORREURS QUE NOUS ENDURONS ICI ! JE VAIS TE FAIRE PAYER TOUTES LES INGOMINIES QUE TU AS COMMISES ! FAIBLE ! VAS-Y ! VIENS QUE JE TE DÉMONTE UNE BONNE FOIS POUR TOUTES !
— TAIS-TOI ! hurla une autre voix.
Dorea s'arrêta et chercha la provenance de la voix, qui n'était autre que celle de Voldemort en personne. C'était comme si elle avait éclaté dans sa tête, mais elle sut, au vu des expressions de tous autour d'elle, qu'ils entendaient également.
— Petite impertinente, continua-t-il, doucereux.
Elle vit Drago se tenir la tête entre ses mains, tentant de boucher ses oreilles. Blaise grimaçer de douleur, tout comme Théo, tandis que Daphné gémissait au sol, souffrant de l'algie provoquée par le sifflement aiguë de la voix du Mage Noir.
— Est-ce là tout ce dont le phénix noir est capable ? De veines menaces.
— CE N'EST PAS MOI QUI ME CACHE !
— Je ne me cache pas non plus…
Un silence s'ensuivit, puis la voix du Seigneur des Ténèbres reprit :
— Vous avez combattu vaillamment… mais en vain… je ne souhaite pas cela… chaque larme versée de sang de sorcier est un terrible gâchis… j'ordonne donc à mes forces de se retirer immédiatement… occupez-vous de vos morts avec dignité… Harry Potter… c'est à toi que je m'adresse maintenant… cette nuit… tu as laissé tes amis mourir à ta place au lieu de m'affronter toi-même… c'est exactement ce que ta sœur me reproche… il n'y a pas de plus grands déshonneur… rejoins-moi dans la forêt interdite… et fais face à ton destin… si tu ne viens pas… je ferai périr jusqu'au dernier homme… jusqu'à la dernière femme… jusqu'au dernier enfant… qui essaiera de te cacher de moi… et toi, Dorea… Dorea Artwood… tu… as… oublié une chose… ton… serment…
Avant même que Dorea puisse réaliser, elle disparut dans une volute de fumée noire.
