Bonjour tout le monde !
Calendrier de l'Avent 2024 [Papotage, Ecriture, Lecture et Bonne Humeur]
J'espère qu'il vous plaira.
Bonne lecture à tous !
17. Une tradition chantante (Man from UNCLE - Série)
Chorale de Noël
La neige tombait doucement sur New York, saupoudrant les toits et les trottoirs de son blanc manteau hivernal. Au quartier général de l'U.N.C.L.E., l'atmosphère était pour le moins... festive et c'était bien ce qui inquiétait Illya Kuryakin ce matin-là. Napoléon Solo, impeccablement habillé dans un costume gris perle qui épousait parfaitement sa silhouette, brandissait un dossier comme une arme de persuasion massive. Son sourire était celui d'un homme qui savait pertinemment qu'il allait obtenir ce qu'il voulait.
- Non, déclara Illya, catégorique, sans même lever les yeux de son rapport.
- Non ? Répéta Napoléon, l'air faussement surpris. Tu n'as même pas entendu ma proposition, camarade.
Illya releva la tête, ses yeux bleus lançant des éclairs qui auraient fait fuir n'importe quel agent de THRUSH.
- Je connais ce regard, Napoléon. Ce regard signifie ennui, contrainte et surtout, absolument pas ce que je souhaite faire de mon temps libre.
Napoléon posa nonchalamment son dossier sur le bureau de son partenaire russe.
- La chorale de Noël de l'U.N.C.L.E. C'est une tradition !
Un rire sec s'échappa des lèvres d'Illya.
- Une tradition ? C'est une torture, oui. J'ai affronté des agents de THRUSH plus sympathiques qu'un groupe de collègues chantant des cantiques de Noël !
L'agent américain s'installa sur le coin du bureau, croisant élégamment ses jambes.
- Tu sais, Illya, parfois la meilleure couverture, c'est de se fondre dans la masse. Et quoi de mieux qu'une chorale pour passer inaperçu ?
Illya leva les yeux au ciel.
- Parce que tu crois qu'un espion russe et un séducteur américain chantant ensemble ne vont pas attirer l'attention ?
- Précisément, répondit Napoléon avec un clin d'œil. Personne ne soupçonnera deux agents chantant ensemble d'être en mission… et puis c'est une chorale, nous ne serons pas seul, je suis sûr que je peux convaincre April et Mark, non ?
- Tant que tu me laisses hors de ça.
- Allons, on va bien s'amuser !
- Non !
Le débat aurait pu durer des heures, mais Waverly, le chef de section, choisit ce moment pour apparaître.
- Messieurs, j'espère que vous allez accepter de faire partie de la chorale. C'est important pour le moral de l'équipe et pour apporter un peu de bien-être autour de soi.
A cet instant, Illya sentit qu'il était définitivement coincé. Il était bon pour la chorale… Lui qui n'aimait pas chanter…
...
Comme il le doutait, les répétitions furent un enfer. Ou plutôt, un mélange improbable de torture musicale et de leçon d'espionnage. Napoléon corrigeait constamment la position d'Illya, ses gestes, sa posture.
- Tu chantes comme un agent qui tente de désamorcer une bombe, lui expliqua-t-il un jour. Décontracte-toi… Pense à une mission réussie.
Illya grogna.
- Ma mission réussie serait de ne pas être ici.
C'est ainsi que les répétitions continuèrent, toutes aussi chaotiques qu'un briefing de mission top-secret. Mark Slate, l'agent britannique, toussait régulièrement dans son micro, provoquant des regards désespérés d'April Dancer, qui tentait désespérément de maintenir un semblant d'harmonie.
- On dirait un chat qu'on égorge, marmonna Illya à l'oreille de Napoléon.
Napoléon réprima maladroitement un rire.
- Concentre-toi, mon ami. Ce soir, nous chantons dans les rues.
La veille de Noël, la chorale de l'U.N.C.L.E. était prête. Vingt agents, conjoints d'agents et employés administratifs, vêtus de pulls de Noël kitsch et de bonnets rouges, formaient un groupe aussi hétéroclite qu'improbable. Waverly les avait personnellement sélectionnés et comme Napoléon leur avait déclamé :
- La meilleure couverture, c'est parfois la plus visible.
En ce soir de réveillon, leur première halte fut le quartier de Harlem. Les rues étaient animées, les gens marchaient rapidement, les bras chargés de paquets. Napoléon donna le ton, sa voix chaude s'élevant dans le froid.
- Douce nuit, sainte nuit…
Illya, raide comme un piquet, chanta avec la grâce d'un agent infiltré, mais petit à petit, quelque chose changea. Une femme âgée s'arrêta, les larmes aux yeux. Un groupe d'enfants commença à applaudir. Un homme qui vendait des marrons chauds leur en offrit gratuitement son stock.
- Tu vois, dit Napoléon, ce n'est pas une mission, c'est un acte de générosité.
Illya leva les yeux au ciel, mais un sourire imperceptible se dessinait.
Par la suite, leur périple les mena à différents coins de New York. À Chinatown, les commerçants sortaient sur le trottoir, certains chantèrent même avec eux.
Dans le quartier de Brooklyn, ce fut des enfants qui vinrent danser autour d'eux. Mark Slate, dont la voix ressemblait à un croassement de corbeau, réussit miraculeusement à ne pas faire fuir les passants. April Dancer rayonnait, sa joie communicative couvrant les imperfections musicales du groupe.
- Tu vois, camarade, murmura Napoléon, la musique est une mission comme une autre. Tu dois toucher le cœur des gens.
Illya grogna.
- Je préférerais encore démanteler un réseau de THRUSH.
Toutefois, ses yeux trahissaient son émotion. Chaque sourire d'enfant, chaque regard attendri des personnes âgées le touchait plus qu'il ne voulait le montrer.
Leur dernière halte fut un centre pour personnes sans-abri. Là, leur performance prit une dimension différente. Ce n'était plus seulement un concert, mais un moment de partage, de connexion humaine. Un vieil homme, les larmes aux yeux, serra la main de Napoléon.
- Merci, dit-il simplement.
Illya sentit quelque chose se briser en lui. La musique, réalisa-t-il, pouvait être une arme plus puissante que n'importe quel pistolet. Une arme qui touchait les cœurs, qui créait des liens.
Le trajet du retour fut silencieux. Napoléon et Illya, épuisés mais heureux, réalisèrent que leur mission de la journée dépassait largement le cadre d'une simple chorale.
- Alors, demanda Napoléon avec son sourire espiègle, prêt pour l'année prochaine ?
Illya leva les yeux au ciel, mais pour la première fois, son grognement manquait de conviction. La neige continuait de tomber sur New York, témoin silencieux de cette journée extraordinaire.
