Je ne possède aucun des personnages de la série ou des livres
Ensembles de textes courts et de défis sur The Witcher qui nous plonge dans un moment d'histoire ou dans les pensées des personnages.
Ce texte a été écrit pour un atelier de la Bibliothèque de Fictions sur le thème "Monstre"
En espérant que cela vous plaise
Bonne lecture
PS : Au fait j'ai commencé à faire du tri et à remettre de l'ordre dans mes publications en faisant une sorte de table des matières dans mon profil alors n'hésitez pas à y faire un tour ;)
QUELQUES TEXTES DU LOUP BLANC Tome 2
Monstre
Géralt se tenait au bord d'un lac, son regard doré perdu dans les eaux sombres. La nuit était tombée depuis longtemps, mais le sommeil le fuyait. Les mots cruels qu'il avait entendus plus tôt dans la journée résonnaient encore dans son esprit. "Monstre", "mutant", "sans âme"... Ces insultes, il les avait entendues des centaines de fois au cours de sa vie. D'habitude, il les ignorait, les laissant glisser sur lui comme l'eau sur les plumes d'un canard, mais ce soir, pour une raison qu'il ne s'expliquait pas, elles l'atteignaient en plein cœur…et si les gens avaient raison ? Et s'il n'était vraiment qu'un monstre, une abomination créée par la magie et les mutations ? Après tout, combien d'êtres humains normaux pouvaient se vanter d'avoir vécu aussi longtemps que lui ou d'avoir tué autant que lui ? Perdu dans ses sombres pensées, Géralt n'entendit pas les pas qui s'approchaient derrière lui.
- Géralt ?
La voix de Jaskier brisa le silence de la nuit.
- Qu'est-ce que tu fais debout à cette heure ?
Le sorceleur ne répondit pas, se contentant de hausser les épaules, mais Jaskier n'était pas du genre à abandonner si facilement. Il s'approcha de son ami, scrutant son visage dans la pénombre.
- Qu'est-ce qui ne va pas ? Demanda-t-il doucement.
Géralt hésita un moment avant de murmurer :
- Et s'ils avaient raison, Jaskier ? Si j'étais vraiment un monstre ?
Le barde resta silencieux un instant, surpris par cette rare démonstration de vulnérabilité de la part du stoïque sorceleur. Puis, sans hésitation, il prit les mains de Géralt dans les siennes.
- Écoute-moi bien, Géralt de Riv, dit-il d'une voix ferme, mais douce. Tu n'es pas un monstre. Tu es l'homme le plus courageux, le plus noble et le plus compatissant que je n'ai jamais rencontré.
Géralt tenta de détourner le regard, mais Jaskier ne le laissa pas faire.
- Tu risques ta vie chaque jour pour protéger des gens qui te craignent et te méprisent. Tu as sauvé d'innombrables vies, y compris la mienne, plus de fois que je ne peux les compter. Un monstre ferait-il cela ?
Le sorceleur sentit quelque chose se desserrer dans sa poitrine. Les yeux de Jaskier brillaient de sincérité et d'affection.
- Les vrais monstres sont ceux qui jugent sans connaître et qui craignent ce qu'ils ne comprennent pas, poursuivit Jaskier, ce n'est pas toi.
Géralt resta silencieux un long moment, laissant les paroles de son ami pénétrer son cœur endurci. Puis, lentement, il hocha la tête.
- Merci, Jaskier…
Le barde sourit, serrant une dernière fois les mains de son ami avant de les relâcher. - C'est à ça que servent les amis, non ? Maintenant, que dirais-tu d'une chanson pour égayer cette nuit morose ?
Géralt grogna, mais un léger sourire jouait sur ses lèvres.
- Pas de ballade, barde. Je ne suis pas d'humeur.
- Très bien, rit Jaskier, mais un jour, Géralt de Riv, je t'entendrai chanter avec moi !
Et tandis que Jaskier commençait à fredonner doucement, Géralt sentit le poids sur son cœur s'alléger. Peut-être n'était-il pas un monstre après tout. Peut-être qu'avec des amis comme Jaskier, il pourrait un jour se voir comme le barde le voyait.
