Hi !

Avant tout, je vous souhaite à tous une très bonne année 2025 ! J'espère que vous avez passé de bonnes fêtes de fin d'année :)

Pour commencer cette nouvelle année, voici la suite de DISTRAUGHT. Cette histoire me tient à cœur et je suis heureuse de pouvoir la partager avec vous. Plus j'ai construit cette histoire, plus je me suis améliorée ; enfin je pense. À ce propos, ça serait tellement agréable pour moi d'avoir vos retours ! Ce que vous en pensez, ce que vous auriez aimé y voir, ce que vous imaginez pour la suite... Il n'y a rien de plus appréciable pour un auteur que l'avis de ses lecteurs :))

Résumé : Après que House eut laissé Cuddy seule dans sa chambre d'hôpital, il avait passé la nuit dans son bureau. Le lendemain, c'est Wilson qui le trouva dans celui-ci. House ramène ensuite Cuddy chez elle.

Good Rread ;)


Chap' 39

Le trajet en voiture avait été silencieux. De bonne ou de mauvaise augure, elle ne savait qu'en penser. Toujours est-il qu'il était resté concentré sur la route, ne lui ayant pas même accordé un seul regard. Après être descendus de la Dodge, ils entrèrent dans la maison et elle put enfin enlever ses talons. Moins hauts qu'à l'accoutumé, mais talons quand même, ses chaussures lui faisaient mal aux pieds. Autre joie de la grossesse qu'avoir les pieds qui gonflent.

House la regarda poser ses affaires. Il resta planté à l'entrée du salon et sembla ne pas savoir quoi faire. Ou ne pas oser, peut-être.

House ? L'interrompit-elle dans ses pensées.

Le concerné reporta son attention sur elle un peu brusquement, pris sur le fait. Décidément il n'aimait pas ça.

Oui, euh… Je me disais que j'irais récupérer ta voiture ce soir avec Wilson.

Lisa avait oublié ce détail et un simple "Oh" sortit de sa bouche. Elle croisa le regard océan du néphrologue et se sentit vaciller. Et puis finalement, parce que trop mal à l'aise sur l'instant présent, il coupa court à cette quelconque ébauche de conversation.

Je retourne à l'hôpital, prévint-il, il paraît que j'ai quelques consultes qui m'attendent. Fit-il sur un air de moquerie. Je vais appeler un taxi.

Et puis il s'éloigna vers la cuisine, son Motorola déjà en main. La jeune femme resta pantoise quelques instants, juste ce qu'il fallait pour chasser ses pensées. Elle allait avoir tout le temps pour elles et ce constat ne fit que faire monter en elle une angoisse diluée dans une amertume certaine.

Le diagnosticien revint vers elle après avoir passé son appel. Sans doute ne le savait-il pas mais elle savait qu'il avait pris de la Vicodin. Elle avait reconnu le son des cachets dans le tube en plastique. Pourtant il avait été discret parce qu'il ne voulait pas qu'elle fasse une fixette sur sa douleur. Serait-ce une forme d'attention à son égard ? De toute façon il était trop tard.

J'espère qu'il ne t'appellera pas constamment pour la moindre broutille.

Ça – c'était sûr – c'était bien une démonstration d'attention vis-à-vis d'elle.

Wilson devra gérer. Affirma-t-elle. Mais je lui ai dit que j'étais disponible s'il avait le moindre problème. Précisa Cuddy en croisant les bras sur sa poitrine. Mais on sait très bien tous les deux qu'il me sollicitera le moins possible.

Et on sait aussi très bien tous les deux que si ce n'est pas lui qui t'appelle, c'est toi qui le fera. Déclara-t-il avec cette étincelle dans les yeux, signe qu'il était fier de sa remarque.

Je suis en congé, House, rappela-t-elle un tantinet contrariée, pas destituée de mes fonctions.

Mais il te faut du repos et ce n'est pas en cogitant à distance que…

Tu veux m'éviter du stress ? Le coupa-t-elle, agacée. Laisse-moi gérer ça à ma manière.

La Doyenne s'était détournée de lui, préférant prendre un instant avant de poursuivre cette discussion. Elle ne voulait pas envenimer les choses, seulement lui faire comprendre son point de vue. Après avoir terminé sa contemplation de l'extérieur, elle se retourna vers lui, s'efforçant de plonger son regard dans le sien.

J'ai besoin de savoir que tout va bien. Confia Cuddy d'une voix plus douce. Et tant pis si je ne me ménage pas à 100%. Je préfère ça que de me poser plein de questions.

Étrangement, il sut qu'elle ne parlait pas uniquement de son boulot et cette prise de conscience eut le don de lui torpiller l'estomac. Le son d'un klaxon se fit entendre et il en fut secrètement reconnaissant. Une minute de plus ici et il croyait devenir fou. Il ne voulait pas se confronter à elle. Son taxi l'attendait devant la maison, et en quittant ainsi le dialogue il ne fuyait pas. Si ?

Je te ramène ta voiture ce soir.

Le médecin enfila son manteau et s'en alla sans plus de mot. Cela aurait-il servi à quelque chose ? Il en doutait. Un regard bienveillant à son égard était bien plus parlant qu'une pléiade de mots compliqués à exprimer.

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Elle partit se préparer quelque chose à manger. Il allait bientôt être treize heures et la jeune femme mourrait littéralement de faim. Elle était maintenant seule et se dit que quelque part ce n'était pas si mal ; pour l'instant. Peut-être que ce laps de temps passé à leurs occupations respectives allait leur permettre de relativiser un peu, de faire retomber cette pression quasi omniprésente depuis son malaise, et d'apaiser les tensions qui s'étaient insinuées entre eux d'une manière extraordinairement blessante.

En début d'après-midi – après avoir pris une douche qui lui fit un bien inimaginable –, elle prit le temps de se reposer. Elle était épuisée des évènements de la veille, ce qui l'avait d'autant plus fragilisé. Elle partit donc s'allonger dans sa chambre, ne mettant pas bien longtemps à trouver le sommeil.

Sur les coups de dix-sept heures vingt, elle immergea de sa crapuleuse sieste et s'étira de tout son long. La jeune femme ramena le coussin de grossesse vers elle et s'y lova. Elle se sentit bien subitement, et n'avait plus envie de bouger. Elle se mit à penser à lui. Un besoin inconsidéré de réconfort la saisit brutalement, comme si elle venait de prendre une décharge électrique. Elle en fut ébranlée. Peut-être était-ce pour cette raison qu'elle se saisit de l'instrument dans le tiroir de la table de chevet. Cuddy s'installa confortablement et remonta un peu son haut. Elle mit l'appareil dans ses oreilles et de sa main gauche se saisit du pavillon avant de placer la membrane sur son ventre. Elle frissonna furtivement au contact du dispositif sur sa peau, et dut déplacer celui-ci plusieurs fois avant d'entendre enfin ce bruit tant recherché. À l'écoute des battements du cœur de son bébé, Lisa se laissa aller et se blottit un peu plus dans son coussin de grossesse. Elle ferma les yeux et ne pensa plus à rien, s'abandonnant complètement à ce son qui parvenait à l'apaiser en un rien de temps.

Une grosse demi-heure plus tard, elle entendit frapper contre sa porte et reconnut tout de suite ce son si caractéristique. Elle alla ouvrir, presque un peu surprise qu'il ne rentre pas de lui-même. C'était sans doute un peu idiot…

Votre carrosse est dans l'allée, Mademoiselle. Déclara le diagnosticien en agitant les clés devant elle.

La jolie brune ne put réprimer un sourire avant de le laisser entrer. Elle le suivit dans le salon, et c'est dans un automatisme déconcertant qu'ils prirent place sur le canapé. Elle était figée sur l'écran de la télé, un plaid recouvrant ses épaules. Lui ne savait pas quoi dire. Y avait-il quelque chose à dire ? Il jugea que finalement non, pas pour le moment, et s'accommoda parfaitement de rester silencieux, se laissant happer lui aussi par cette émission très moyenne qui était diffusée tous les Vendredis. Elle savait qu'il fallait qu'ils discutent de ce qu'il s'était passé la veille, au même titre que lui. Seulement, ni l'un ni l'autre ne semblait enclin à amorcer le débat, quelle qu'en soit la finalité.

Sa cuisse droite recommençait à le lancer petit à petit. Quelle étrange douleur ! Il sentit les tiraillements doucement se répandre dans sa jambe, pour bientôt irradier tout son corps jusqu'à ce que la souffrance ne soit plus qu'une lente paralysie asphyxiante, l'amenant dans une dangereuse agonie. Vraiment étrange…

Il ne put s'empêcher de masser son muscle mutilé, par automatisme. Tout comme elle ne put ignorer ce geste, sans la moindre volonté. Finalement c'est lui qui prit la parole, peut-être pour essayer de se focaliser sur autre chose que sa douleur, ou justement en espérant faire diminuer celle-ci.

Je voulais m'excuser d'être parti, confessa-t-il en frottant sa nuque, visiblement mal à l'aise, j'ai été lâche.

Le regard de la jeune femme était résolument planté dans le sien. Ce qu'il venait de lui dire lui fit mal. Ça la bouleversait tellement qu'elle sentit une fois de plus les larmes monter. Elle se défendit cependant de les laisser couler, serrant ses poings et se mordant l'intérieur des joues.

Ce qui est fait est fait, je n'ai pas envie de revenir là-dessus. Avoua-t-elle en décrochant son regard du sien.

Serrer les poings et se triturer l'intérieur de la bouche ne suffisait pas pour garder son chagrin silencieux. Il fallait inciser là où elle avait eu mal. Voulait-elle le blesser, lui faire payer ? Ce n'était pas tous les jours que House s'excusait, encore moins en pointant ses défauts. Le mieux à faire dans ces cas-là était d'écouter sa plaidoirie et de profiter pleinement de l'expression de ses regrets, tant ils étaient rarement exprimés. Là, en revanche, c'est comme si elle lui avait mis un stop, comme si elle ne considérait pas ce qu'il avait tant de mal à témoigner. Cuddy savait pourtant que ses excuses étaient sincères, elle avait appris à les distinguer des paroles creuses. Ne serait-ce pas elle maintenant qui fuyait ?

Tu as quand même perdu connaissance ! Lui rappela-t-il, comme si cela semblait nécessaire. Et tu ne veux pas en parler ?

Sa lèvre inférieure était inlassablement mâchonnée, malmenée par ses dents qui ne laissèrent aucun répit à ce bout de chair. Ses doigts s'entrecroisaient les uns aux autres, sans cesse en mouvement. Aucun détail ne lui échappa.

Je sais que j'ai été stupide, répondit l'endocrinologue un moment après, et je m'en veux. Tu n'es pas le seul à avoir eu peur pour le bébé.

Elle baissa la tête après cette phrase, fuyant son regard, gênée. Peut-être n'avait-il pas eu peur pour l'enfant, après tout ce n'était pas lui qui le désirait tant…

J'ai aussi eu peur pour toi.

Il s'était quelque peu penché en avant, cherchant à capter son regard. Lorsqu'elle plongea ses yeux dans les siens, elle fut déroutée. Il semblait réellement se faire du souci pour eux deux, être… terrifié ? Elle déglutit difficilement. Sa gorge se serra alors que ses yeux recommencèrent à la brûler.

Je… Commença-t-elle, réfrénant ardemment ses larmes qui menaçaient de couleur à tout moment. Je n'ai pas besoin que tu t'inquiètes pour moi… si tu n'affrontes pas les choses avec moi.

Cuddy avait maintenu son regard dans celui du diagnosticien. Elle y tenait. Elle voulait qu'il comprenne. Ce fut certainement le cas lorsqu'il hocha la tête de manière quasi imperceptible et que ses lèvres se pincèrent.

Le plaid avait entre-temps glissé de ses épaules et elle se mit à frissonner bien malgré elle. Ou bien était-ce cette conversation des plus difficiles d'un point de vue émotionnel qui lui avait donné froid. Elle ne se posa même pas la question, déjà noyée dans d'autres interrogations. House vit sans mal qu'elle était ailleurs, à mille lieues d'ici. Il le serait lui aussi, un peu plus tard. Pour l'heure il remonta le morceau de laine sur ses épaules, la voyant légèrement tressaillir par moment. Elle tourna la tête vers lui et esquissa un faible sourire. Ses yeux s'étaient creusés en l'espace de quelques minutes. Il fut soudain tiraillé entre deux sentiments. Décidément ça devenait monnaie courante.

Je vais rentrer. Annonça-t-il en se levant. J'ai… besoin d'être seul.

Elle le regarda sans bouger, l'air hagard. Ses mots résonnaient encore dans sa tête alors qu'il prenait son manteau. Et puis elle finit par se lever sous son regard, le raccompagnant à la porte.

Et toi tu as besoin de te reposer. Ajouta le médecin avant de se pencher vers elle et de déposer un baiser sur sa joue gauche.

Il se saisit de la poignée de la porte et sortit, la laissant seule dans cette maison. Lisa resta interdite quelques secondes. Il est vrai qu'elle avait besoin de repos, et c'était sûrement mieux qu'il soit parti. Elle caressa doucement sa joue, sentant encore la barbe de l'homme la piquer agréablement.

Lorsqu'il était rentré à son appartement, le diagnosticien ne savait pas s'il avait bien fait de la laisser seule. Il savait simplement qu'il avait besoin de s'isoler un moment parce qu'il avait besoin de réfléchir. Il ne voulait pas lui faire de peine en s'éloignant d'elle. Il fallait seulement qu'il prenne un peu de recul, si cela lui était possible. Il l'espérait. Une bouteille de bourbon fut sa seule compagnie ce soir-là.

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Le week-end, Cuddy l'avait passé à se reposer et s'était un peu recentrer sur elle-même. Elle avait pris du temps pour elle, s'accordant de longues minutes en tête à tête avec son ventre. Bébé faisait parler de lui et elle avait constaté qu'il était grand temps de lui accorder de l'attention. Elle avait alterné entre bains relaxants, siestes bienfaisantes, écoutes et monologues pour ce petit être. Il fallait qu'elle lui parle, qu'elle lui fasse écouter des sons agréables et rassurants. Au début elle avait eu un peu de mal, se trouvant un peu bête de "se parler à elle-même". Et puis finalement elle s'était rapidement prise au jeu et cela avait semblé plaire à son bébé qui s'était mis à donner des coups de pied comme pour donner son assentiment.

Elle avait aussi – en bonne bureaucrate qu'elle était – rédigé un courrier à l'attention des Ressources Humaines, cherchant à informer celles-ci de sa prise de congé. Elle y avait également expliqué qu'elle avait nommé le docteur James Wilson pour la gestion de l'hôpital le temps de son absence. Elle irait leur déposer ce courrier dès Lundi, sachant qu'elle allait de toute manière avoir encore de la paperasse à remplir ; autant que cela soit fait rapidement. Elle irait aussi trouver l'oncologue pour les dernières mises au point, ne pouvant s'empêcher de ressentir une sorte de déchirure en elle quant au fait de laisser son hôpital – certes entre de bonnes mains. Aussi irait-elle voir Sanford Wells dans le but de le tenir au courant des évènements en cours.

La semaine s'était déjà bien installée et elle commençait à prendre goût à ce plaisir qu'elle s'autorisait en solitaire avec son futur bébé à naître. Elle était toujours un peu plus émerveillée par le contact qu'elle pouvait avoir avec lui, toujours un peu plus émue de par les liens qui se tissaient petit à petit entre eux. Parfois elle se sentait égoïste et se blâmait intérieurement pour qu'il n'y ait qu'elle qui puisse avoir le privilège d'une telle relation.

House ne l'avait pas appelée. Avait-il un cas ? Elle n'en savait rien. Elle ne savait plus rien maintenant qu'elle ne gérait plus le Princeton Plainsboro. Elle n'avait aucune nouvelle. Elle ne se concentrait plus que sur elle et sur son enfant à venir, et même si cela lui convenait et qu'elle appréciait cette nouvelle perspective, elle souffrait de ne rien savoir. Un sentiment d'exclusion l'envahit et elle sentit son visage devenir érubescent de colère. Elle n'y pouvait rien.

Il avait eu besoin d'être seul pour mettre à plat ses pensées. Il fallait qu'il s'isole pour se plonger dans ses réflexions. Il était partagé. Constamment tiraillé entre son envie d'être avec elle et sa peur d'échouer. Mais l'échec serait inévitable s'il restait continuellement dans la fuite. Il savait qu'il n'était pas fait pour elle, qu'il ne pourrait jamais lui offrir ce qu'elle souhaitait tant. Du moins s'en était-il convaincu. Mais avec un peu de recul, il se rendit compte qu'il avait parcouru avec elle un chemin qu'il n'aurait jamais pensé pouvoir parcourir. Était-ce la preuve qu'il était capable de changement ? Il en vint à la seule conclusion qu'il avait peur de lui-même.

Les jours ont passé et il ne l'avait pas revue depuis le soir où il lui avait ramené sa voiture ; il ne l'avait pas même appelée. Quelque part, au fond de lui, il s'en voulait, mais il fallait qu'il s'éloigne d'elle pour pouvoir appréhender la situation sous un nouvel angle. Il savait qu'elle en avait conscience, mais il ne savait pas si elle pouvait le comprendre.

Faisant face à cette paroi de bois, elle n'osa bouger. Des notes de musique se firent entendre et elle ne put s'empêcher de les écouter. Elle s'en voulait de l'écouter en cachette, sans qu'il ne sache qu'elle était derrière la porte, mais d'un autre côté elle en profitait parce qu'elle savait qu'il ne jouerait jamais devant elle ; jamais devant personne. Elle se laissa bercer par les notes de piano. C'était calme, reposant. Une telle douceur émanait de l'instrument qu'elle aurait pu s'endormir si elle s'était trouvée sur le cuir de son canapé, l'observant faire danser ses doigts sur les touches… Elle pouvait toutefois l'imaginer. Elle laissa ses yeux se fermer un instant, son dos plaqué contre le mur. Et puis plus rien. Le silence prit place jusqu'à ce que la peur ne s'empare d'elle.

TBC...


Une idée de ce qui va se passer par la suite ?

Qui sait, peut-être y trouverez-vous une belle surprise :)

- Kisses to you and see you soon -