Mes petits chats,
Aujourd'hui, suite et fin de "A Noël, tous les chemins mènent à la maison", un petit épilogue tout en douceur pour terminer (l'année, ou la débuter) sur une note sucrée :)
Je suis assez satisfaite d'avoir (à peu près) tenu le nombre de pages que je m'étais fixée, cet exercice ouvre des perspectives stimulantes pour l'année à venir. Je reprendrai la publication de "L'affaire Philippe Delveau" vendredi 10 janvier au rythme habituel d'une partie tous les quinze jours. Je commencerai également très prochainement la publication de mon grand récit rédigé en 2024, le conte fantastique mettant en scène Dean, Castiel, Sam et de nombreux autres personnages. J'espère que cette histoire vous plaira ! :)
Je vous laisse sur ces quelques mots en vous souhaitant le meilleur pour cette nouvelle année, tant personnellement que professionnellement. Prenez soin de vous et de votre santé, faites-vous plaisir car c'est très important :) Je vous embrasse et j'ai mille pensées pour chacun-chacune d'entre vous.
Bien à vous,
ChatonLakmé
PS : J'espère que la temporalité est assez clair, cet épilogue se déroule un an après la deuxième partie de cette histoire et deux ans après la première rencontre de nos deux héros. Petite note juste au cas où... :)
À Noël, tous les chemins mènent à la maison
o0O0o o0O0o
Épilogue
Après cette soirée étudiante à DU, Castiel a choisi de faire médecine puis de devenir médecin urgentiste comme on entre en religion, avec passion et abnégation. Il a suivi de longues études suivi d'un internat presque interminable avant de prendre son poste au DHMC.
Le brun aime l'établissement qu'il a choisi, il aime sa vocation sociale et son rôle de protection des plus démunis.
Il sait que la plupart de ses camarades de promotion ont intégré des structures privées, qu'ils gagnent environ 350 000 $ par an, sortent leur bateau chaque week-end et garent chaque jour leur belle berline haut de gamme sur leur place de parking dédié. Castiel ne les envie pas parce qu'il travaille guidé par ses convictions. Il a toujours pensé qu'être honnête envers soi-même est plus important qu'un bon salaire. Le brun n'a jamais rechigné à assurer des gardes épuisantes, à accepter les contraintes budgétaires quotidiennes inhérentes à un établissement public, à fréquenter parfois la misère la plus sombre parce que le DHMC est ouvert à tous, y compris aux indigents.
Castiel n'a donc jamais éprouvé de regrets parce qu'il a des convictions et qu'il est fier de s'y tenir. C'est le cas de tous les membres de la famille Novak. Tout au plus a-t-il eu un pincement au cœur en réalisant à il y a quelques années ans qu'il ne parviendrait sans doute pas à s'offrir la superbe berline allemande de ses rêves avant la fin de sa carrière. Quoi que… Pourquoi aurait-il besoin d'une Mercedes ou d'une BMW sportive puisque Dean possède une superbe Chevrolet Impala de 1967 ?
Le brun retire sa blouse avec empressement, la suspend au crochet fixé à la porte de son bureau.
Son compagnon ne le laisse pas encore la conduire mais il ne désespère pas de parvenir à le convaincre, y compris par des moyens peu fair-play. Dean est près à accepter beaucoup de choses quand Castiel lui fait l'amour, le laissant longtemps frémissant de jouissance entre ses bras. Le brun n'a pas encore obtenu le droit de s'asseoir derrière le volant en cuir patiné de Baby, si ce n'est une ou deux fois lors d'un délicieux câlin crapuleux dans le parking de l'immeuble de LoDo. C'est bien – c'était même très bon – mais insuffisant. Castiel aimerait vraiment sentir les vibrations de l'Impala sous ses mains, ressentir le ronronnement de son moteur dans son corps. Il trouve que Dean est sexy quand il conduit, le brun aimerait savoir si son compagnon pense la même chose de lui.
Découvrir et redécouvrir sans cesse les bruits faits par Dean pendant l'amour est plaisant aussi. Qu'il est bon d'avoir vingt-huit ans et la libido active d'un étudiant. Castiel est aussi très heureux avec ses trente-cinq ans plein d'imagination et d'expérience.
Le brun décroche son manteau, resserre les pans sur son torse puis noue chaudement son écharpe autour de son cou. Il se glisse rapidement derrière son bureau pour vérifier qu'il a bien éteint son ordinateur.
Un sourire aux lèvres, il replace affectueusement la panthère en origami sur le large pied de l'écran.
Castiel adore son travail pourtant il n'a jamais eu autant envie de quitter le DHMC qu'à cet instant. Dean l'attend devant l'hôpital.
Le jeune homme remonte le couloir où s'alignent les portes des bureaux des médecins urgentistes et arrive à l'accueil. Derrière le large comptoir, Johanna lui adresse un sourire rayonnant auquel le brun répond d'un geste distrait de la main. Il ne s'attarde pas, Dean l'attend.
Il quitte le service après un dernier salut général. Dean l'attend et Castiel n'a pas envie d'être en retard. Le coeur battant, le brun se précipite presque hors du DHMC. Il manque de se prendre maladroitement les pieds dans le vaste tapis couvrant le sol et se rattrape en battant un peu ridiculement des bras devant lui. Le brun se redresse, crispe ses doigts sur le nœud de son écharpe. Son honneur est sauf, personne ne l'a vu.
Il sort sur le perron, regarde rapidement autour de lui.
Dean. Dean. Dean.
Un petit rire amusé résonne sur sa droite et il tourne la tête.
— «C'était un joli rattrapage Cas…»
Le brun jette un regard noir à son compagnon, les doigts toujours serrés sur le nœud de son écharpe. Nonchalamment appuyé contre l'Impala, Dean s'écarte d'un souple coup de rein et marche vers lui. Il porte le chaud blouson en cuir doublé que Castiel lui a offert un peu en avance pour Noël dans un grand magasin de Denver. Le brun n'a jamais été sensible à la peau animale mais le col en laine de mouton relevé sur son cou et le cuir patiné rendent son compagnon furieusement beau.
Il continue pourtant à le dévisager d'un air mauvais, les oreilles chaudes d'humiliation jusqu'à ce que Dean enroule un bras câlin autour de sa taille. Un léger sourire arrogant ourle ses lèvres pleines, le brun a soudain envie de l'embrasser d'une manière très gênante en public.
— «Tu étais pressé de me voir?», ricane le châtain d'un ton gouailleur.
— «… J'ai juste quelques sujets de préoccupation en tête, j'ai été distrait.»
— «Menteur.»
Dean brosse malicieusement sa bouche de la sienne. Le brun s'agrippe à deux mains aux revers de la veste – son compagnon la porte rarement fermée, l'air un peu crâne et ça le rend torride – et lui mordille la lèvre inférieure. Dean gronde doucement, sa main se pose sur ses reins sous son manteau.
— «Tu mens», répète-t-il. «Aller à Colorado Springs pour le Nouvel An t'inquiète.»
— «Tu serais dans le même état si tu connaissais ma famille. C'est la première fois que tu vas réellement passer du temps avec eux, tu n'as pas la moindre idée de ce qui nous attend…»
— «Je suis le seul que l'on va tester. On va me poser des tas de questions gênantes sur mes intentions à ton égard, sur ce que je fais, sur la manière dont j'envisage notre vie ensemble.»
— «… Sur la manière dont nous nous sommes rencontrés», dit doucement Castiel.
Le châtain hausse les épaules.
— «Ouais, sans doute, mais nous avons convenu de dire la vérité si jamais le sujet est mis sur la table, pas vrai?»
— «Même si nous ne disons rien, ma famille l'apprendra probablement et ça rendra nos prochaines retrouvailles encore plus gênantes…», marmonne le brun.
Dean rit joyeusement et lui vole un baiser malicieux.
— «Je suis persuadé que tout va bien se passer. Tu t'en es très bien sorti quand tu as rencontré Bobby la première fois, je compte bien faire aussi bonne impression.»
— «Bobby est quelqu'un de bienveillant sous son apparence bourrue. Les intentions des Novak sont beaucoup moins claires dès que cela me concerne…»
— «… Ils ont mal accueilli ton ex?»
— «Si tu interroges tante Naomi, elle t'affirmera qu'elle l'a toujours détesté et qu'elle était persuadée qu'il ne resterait pas.»
— «Je l'adore déjà», ricane le châtain en embrassant sa mâchoire. «Ne t'inquiète pas, je suis certain que nous allons passer une excellente soirée. Je suis plein de très bonnes intentions à ton égard et quelques mois de galère m'a appris à être particulièrement résilient. Il faudra plus que quelques regards désapprobateurs et quelques paroles me faisant comprendre que je ne suis pas la bienvenue pour me faire fuir.»
— «Si cela arrive, je me sentirai vraiment blessé. … Je tiens à toi bien plus que je tenais à Sean», sourit un peu timidement Castiel.
Dean et lui ne se sont plus quittés depuis cette soirée de Nouvel An passé dans l'appartement 12D au 3412 Ellsworth Avenue, Cherry Creek. Les deux hommes se sont réveillés ensemble, étroitement emmêlés l'un à l'autre. Sam s'activait dans la cuisine, l'appartement résonnait de petits bruits doux et domestiques. Le châtain l'ignore mais son cadet les a discrètement pris en photo quand il était venu voir s'ils étaient prêts – et présentables – pour le petit-déjeuner. Castiel adore ce que Sam appelle La Preuve, il la garde précieusement dans son portable comme un souvenir sentimental. C'est lors de ce matin glacé de janvier, alors que la voiture du brun pataugeait dans la neige fondue qui couvrait la route et le trottoir, que tout avait changé. Comme si les choses avaient eu lieu avec un an de retard, il y avait eu le petit-déjeuner les pieds emmêlés sous la table, le baiser du matin, les gestes faciles et tendres dans la cuisine devant une montagne de pancakes, recette spéciale des Winchester.
Depuis, c'est juste évident alors Castiel n'a pas vraiment été surpris de dire «je t'aime» pour la première fois, seulement deux mois après leurs retrouvailles. Dean a un peu rougi et parce qu'il se montre d'une pudeur touchante quand il est question de sentiments, il l'a simplement entraîné dans la chambre pour faire l'amour. Quand le châtain est entré en lui, ses bras étroitement refermés autour de ses épaules, Castiel l'a entendu lui répondre avec son corps entier, avec ses lèvres et avec les ondulations languides de son bassin.
Depuis, c'est juste encore plus évident.
Dean serre sa taille, le colle contre lui avant de l'embrasser profondément. Le brun encadre son visage à deux mains et répond fougueusement à son baiser. Son compagnon sourit contre sa bouche.
— «C'est audacieux, Dr. Novak. Tes collègues peuvent nous voir», le taquine-t-il.
— «La moitié du service des urgences t'adore et l'autre moitié t'envie ta voiture. Tu n'as presque que des amis au DHMC…»
Dean lui répond d'un sourire satisfait et le brun lui pince la nuque. Petit con arrogant.
— «Est-ce que ton supérieur m'apprécie assez pour accepter que tu sois en congé à partir du 2 janvier?», demande-t-il avec espoir.
— «Je suis navré Dean, je suis de repos seulement cette nuit et le 1er janvier.»
— «Tu travaillais déjà à Noël», marmonne le châtain. «Ne te méprends pas, je ne me plains pas de tes horaires et de ton absence à la maison. Je trouve juste que tu travailles trop… «
— «… Ma famille va définitivement t'adorer.»
Le jeune homme éclate d'un rire clair et Castiel sourit. Dean a emménagé avec lui dans son appartement de LoDo à Thanksgiving sans protester, aussi avide de lui que rattraper le temps perdu mais après la rédaction d'une liste précise des dépenses de leur ménage pour assurer sa part. Le brun le laisse faire, il se contente d'adorer encore plus sa vaste crédence en quarzite de sa cuisine et la place de parking de Mrs. Leah occupée par l'Impala. Toujours pas de terrasse mais il s'en fout. Il regrette juste la vidéo-surveillance du parking de l'immeuble. Le gardien les a probablement vu une ou deux fois en train de gigoter ensemble sur la banquette arrière de l'Impala, il leur sourit souvent avec malice quand il les croise et Castiel ne peut s'empêcher de rougir un peu.
Deux pâtés de maison plus loin, les cloches de l'église Saint-John sonnent seize heures. Dean l'embrasse rapidement sur les lèvres.
— «Nous devrions y aller. Sam et Jessica nous attendent pour nous saluer une dernière fois avant notre départ pour Colorado Springs.»
— «Tu as bien pris mon sac de voyage?», demande Castiel avec une pointe d'inquiétude, le regard vers l'Impala.
— «Ton sac de voyage et la housse de ton costume.»
— «Les cadeaux pour mes neveux et nièces? Ils étaient rangés dans le dressing, tout en haut de l'étagère.»
— «Il est dans le coffre avec le sac de cadeaux pour les autres membres de ta famille. Y compris cette édition collector de Katty Perry pour Anna. J'espère vraiment que cela va lui plaire parce que je t'assure que je prends sur moi pour avoir fait entrer un truc pareil dans l'Impala…»
— «Je suis touché que ton amour pour moi te fasse accepter un tel sacrifice», ricane Castiel.
Dean lui pince les reins et le fait glousser un peu.
Toujours en train de se bécoter, ils marchent vers la Chevrolet. Sa carrosserie noire, ses chromes parfaitement lustrés luisent sous le pâle soleil de décembre. Castiel pose une main sur la poignée de la portière passager, les yeux sur la banquette arrière de la voiture.
— «Est-ce que tu as aussi le cadeau de Jessica? Nous ne l'avons pas croisé à Noël, elle était chez ses parents.»
— «… Sam m'a envoyé un message pour me le rappeler avant que je ne quitte l'appartement. Comme si je pouvais l'oublier, ils habitent ensemble à Cherry Creek depuis Thanksgiving.»
— «… Est-ce que tu lui en veux encore de vouloir passer le réveillon du Nouvel An seul avec elle?», demande gentiment le brun.
Dean renifle légèrement, les yeux levés au ciel mais Castiel sourit affectueusement. Les deux frères ne se sont jamais séparés pour les fêtes de fin d'année depuis que Sam a fait une entrée fracassante dans la vie de son aîné il y a vingt-quatre ans. Le châtain a encore des difficultés à couper le cordon avec lui, même si les deux frères font appartement à part et qu'ils commencent doucement à suivre leurs propres chemins. Castiel se tourne vers Dean. Son compagnon a les sourcils légèrement froncés, ce petit pli un peu soucieux entre ses sourcils. Le brun le lisse affectueusement de son pouce.
— «Nous serons tous ensemble chez Bobby pour le premier week-end de janvier. Ton père a dit qu'il se libérerait et nous nous retrouverons pour fêter la nouvelle année», lui rappelle-t-il gentiment.
— «Je sais…» Dean lui jette un regard en coin. «Papa n'est pas très expressif mais tu sais qu'il t'apprécie, n'est-ce pas?»
— «Je sais», acquiesce le brun en souriant.
Dire que Jonathan Winchester n'apprécie pas les médecins est un euphémisme, il les tient tous personnellement responsable du décès de Mary il y a trois ans. La seule chose qui a racheté Castiel à ses yeux a été les soins qu'il a prodigué à son fils aîné deux Noël d'affilé. Le brun croit même – vaguement parce que le visage de John est parfois aussi insondable que celui du Dr. Russell et ce n'est pas un euphémisme – qu'il admire un peu la fine cicatrice blanche dans la paume de Dean, droite et propre comme la Route 66.
Dean l'embrasse une dernière fois, appuyé contre l'Impala. Il est en train de contourner le capot quand Castiel entend quelqu'un l'appeler. Il regarde alentour, soupire lourdement en voyant Andrew Collins marcher vivement vers eux.
— «Novak! Je n'étais plus sûr de te trouver, je pensais que tu étais déjà parti! Ah, salut Winchester. Déjà là?»
— «Cas est en congé depuis dix minutes et nous étions sur le départ. Il n'est pas disponible pour toi et le reste du DHMC, Collins. Tu as déjà des congés alors laisse les autres profiter des leurs», grogne Dean.
Le jeune homme ricane et secoue la tête.
— «Je te remercie de me rappeler les jours de félicité qui m'attendent. Je serai en congé juste à temps pour le réveillon et accueillir ma famille habitant à Seattle.»
— «… Cas sera encore moins disponible pour toi. N'essaye pas de le convaincre du contraire, je suis tout à fait capable d'envoyer un mail à votre supérieur pour exiger qu'il me laisser passer du temps avec lui.»
— «Russell le sait déjà mais contrairement à nous tous, il n'est pas ton plus grand fan. Il a toujours en travers de la gorge tes accusations concernant le fait que l'activité de notre service empêche Castiel de mener une vie saine et pleinement épanouie sexuellement à tes côtés…»
Dean ricane d'un air de garnementet Castiel lui jette un regard noir. Oh moment gênant de la première rencontre entre son supérieur et son compagnon il y a cinq mois. Johanna s'était étranglée avec son thé dans le bureau des infirmières, Tessa avait bruyamment éclaté de rire. Dean était devenu la coqueluche des urgences même si ses yeux verts et son bruyant amour pour le calme Dr. Novak le plaçait déjà en pole position des meilleurs événements de l'année du service.
Andrew et le châtain se défient un instant du regard avant que le premier ne plonge une main dans la poche de sa blouse.
— «Cesse de faire le chat sauvage Winchester, je suis seulement venu rendre ses gants à ton petit-ami. L'infirmière Davis les a trouvé devant ton bureau, tu as dû les perdre dans ton impatience à quitter le DHMC, Novak.»
— «Merci Andrew», répond le brun en prenant les gants en cuir; cadeau de Dean.
— «… Tu es vraiment venu jusqu'ici pour lui rendre ses gants?», demande le châtain avec suspicion.
— «Et pour le plaisir de sa compagnie à elle», soupire Andrew avec emphase.
Le jeune homme effleure brièvement le capot luisant de l'Impala avec envie avant de rentrer dans le grand hall du DHMC en riant. Dean jure entre ses dents et essuie soigneusement la carrosserie avec un des chiffons propres qu'il garde toujours dans la boîte à gants.
— «Ce déteste ce type, il pose toujours ses doigts gras sur Baby», grogne-t-il.
— «… Nous avons fait des choses autrement plus salissantes sur son capot», lui rappelle nonchalamment Castiel en se glissant dans la voiture.
— «Oui mais nous en avons faite encore plus dans Baby, ça rend la trace de tes fesses ou de tes mains sur la carrosserie un peu plus acceptable.»
Castiel entre rapidement dans la voiture, les joues chaudes et le creux de son ventre tourbillonnant agréablement. Si dans leur chambre à coucher Dean s'abandonne volontiers à lui, sensuel et avide – le seul homme entièrement nu avec lequel il est allé jusqu'au bout est Castiel et ça fait rugir quelque chose de ridiculement possessif en lui –, le brun se laisse à son tour complètement aller quand ils sont d'humeur à faire l'amour dans (ou sur) l'Impala. Brad lui a fait découvrir des choses un peu dingues quand ils étudiaient à DU mais faire l'amour avec Dean est bien meilleur.
Gabriel pourrait le répéter des centaines de fois, ce serait toujours un constat parfaitement exact. Castiel est un homme sentimental et si quelqu'un lui posait la question, il expliquerait que c'est plus fort et plus délicieux parce qu'il est éperdument amoureux du châtain. Il espère que ses frères ne soulèveront pas cette question un peu gênante en famille parce que Castiel sait la manière dont il regarde Dean. Il a donc parfaitement conscience qu'il n'y échappera jamais.
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Dean parvient enfin à s'échapper des bras de Michelle Novak – à moins que ce ne soit ceux de Melissa, les Novak sont très nombreux autour de lui –, et essuie discrètement son front légèrement humide d'un revers de main. Une chaleur torride règne dans la maison familiale de Colorado Springs. Le châtain sent encore sur sa langue le goût capiteux du bourbon d'exception de Woodford Reserve, Kentucky, apporté par Robert Novak. Épicé, malté mais très corsé. Il tire sur le col de son polo noir, grimace discrètement en sentant le coton collé sur sa peau.
Une autre personne l'attire dans une étreinte, l'écrasant contre son torse. Son parfum de vanille envahit son nez, ses longs cheveux roux lui chatouillent le visage. Dean referme ses bras autour de Carolyn Novak, un sourire aux lèvres.
— «Bonne année Dean!», s'exclame-t-elle chaleureusement.
— «Bonne année Carolyn!», répond le châtain en lui tapotant un peu maladroitement le dos.
Malgré sa présentation officielle à la famille Novak il y a quelques heures et son adoubement presque immédiat, le châtain est encore un peu gêné par l'enthousiasme vaguement délirant que suscite sa présence au 630, Monument Street. À peine le décompte achevé, tous se sont précipités sur lui pour l'enlacer; Carolyn Novak est la septième ou huitième personne à le serrer chaleureusement dans ses bras. Dean n'a pas encore pu embrasser Castiel et – même s'il n'avouera jamais combien il est sentimental envers le brun – cela le peine. Il aurait aimé que son compagnon soit son premier baiser de la nouvelle année.
De l'autre côté du salon, le brun est un peu chahuté par Anna, sa sœur aînée. Cette dernière le tient par le cou et lui parle à l'oreille, probablement des choses très gênantes car Castiel rougit.
Leurs regards se croisent, les deux hommes se sourient et Dean se sent un peu idiot, les jambes en coton.
Il tente de se dégager pour se rapprocher de lui mais Jerry Novak l'attire immédiatement à lui, à peine sa cousine partie. Le châtain croit que c'est leur lien de parenté- ou à peu près-, malgré les explications de Castiel, il est encore un peu perdu. Dean accepte la nouvelle étreinte, le col du pull en laine qui gratte sa joue et l'after-shave trop fort. Mêmes paroles de félicitations, mêmes mots emplis de joie. Même manque de Castiel.
Le châtain se dégage, marche vers le son compagnon.
À quelques pas de Castiel, Dean se fait attraper par Austin, le deuxième neveu du brun. Impossible de refuser. Le jeune homme prend le petit garçon dans ses bras. Il ne sait pas résister aux enfants.
— «Bonne année», glousse ce dernier en lui donnant un baiser baveux sur la joue.
Austin referme ses petits bras autour de lui avant de se lover contre son torse. Dean sourit, il lui rappelle Sam quand il était petit. Le châtain baisse les yeux. Grace, sa sœur cadette, est agrippée d'une main au pantalon de leur mère, un peu timide. Elle rougit et se cache derrière elle. Dean articule un «bonne année» silencieux d'une manière un peu outrée qui l'a fait rire. La petite fille se glisse vers lui, serre doucement sa main dans la sienne en guise de réponse.
Il remarque que Castiel tente à nouveau de nager dans sa direction avant d'être attrapé par les jumeaux Michael et Lucifel. Ils n'y parviendront jamais et Dean a trop chaud. Il dépose Austin sur le canapé voisin et lui chatouille les flancs. Le petit garçon éclate de rire, se tortillant d'aise contre lui. Grace semble un peu envieuse.
Le châtain se redresse, cherche son compagnon des yeux.
Meredith Novak est en train de l'entraîner vers la cuisine, lui demandant probablement son aide pour préparer le traditionnel lait de poule à la mode du 630, Monument Street. Dean lèche ses lèvres un peu sèches. Il a besoin de prendre l'air avant de déguster la boisson fortement alcoolisée au rhum de l'oncle Robert. Il s'éclipse discrètement dans la véranda de la maison, une belle pièce partiellement vitrée ouverte sur le jardin.
Appuyé contre la rambarde, le regard posé sur les pelouses noyées d'ombre de la propriété, il compose le numéro de Sam. Dean est en train d'observer les décorations lumineuses de la demeure voisine – une belle maison victorienne située à une cinquantaine de mètres – quand son cadet décroche.
— «Allô?»
— «Tu es encore debout Sammy? Il est minuit passé», le taquine le châtain.
— «Jess et moi avons tenu bon exprès pour entendre ta voix. Je supposais que tu essayerais de nous appeler si tu arrivais à échapper à la famille de Castiel. Où t'es-tu réfugié?»
— «Dans la véranda. Elle fait la taille de notre salon à Cherry Creek», répondit Dean en regardant rapidement autour de lui.
— «Comment est la décoration?»
— «Plutôt belle. Je vois d'où Castiel tient son bon goût…»
Sam s'esclaffe joyeusement.
— «À quoi ressemble la fameuse cuisine familiale dont il nous a parlé?»
— «Elle est gigantesque. Nous sommes une quizaine d'adultes à table.»
— «Où sont les neveux et nièces de Castiel?»
— «Ils ont mangé ensemble sur une autre table dans le salon voisin. Si tu les avais vu Kathryn – c'est sa nièce la plus âgée, elle a quatorze ans – se comportait comme une véritable petite maîtresse de maison», sourit affectueusement Dean.
— «… Tu les apprécies, n'est-ce pas?»
— «Je les aime beaucoup et je pense que c'est réciproque.»
— «Pourquoi les fuis-tu dans ce cas?»
— «Je dois attendre mon tour pour embrasser Cas pour le Nouvel An. Nous avons été attrapés par tout le monde chacun de notre côté et sa mère vient de l'entraîner dans la cuisine pour préparer le lait de poule Novak. J'avais besoin de prendre l'air.»
— «Qu'est-ce que c'est?»
— «Un lait de poule avec plus de rhum que de tout le reste…»
— «Tu dois te sentir comme chez toi…»
— «L'oncle Robert m'a fait goûter un bourbon du Kentucky qui est une merveille. J'aime vraiment beaucoup Colorado Springs», acquiesce Dean en souriant.
Le châtain se tourne, cale ses reins contre la rambarde et observe l'intérieur de la maison par la fenêtre la plus proche. Des rires et des exclamations de joie lui parviennent toujours. Il distingue du mouvement, les ombres vives et mouvantes des enfants et celles, plus calmes, des proches de Castiel. De bruyantes approbations accueillent l'arrivée de la boisson et Dean sourit. Il va enfin pouvoir retrouver son compagnon. Le grand-oncle James lance la deuxième partie de la soirée, celle consacrée aux jeux de société. Le châtain compte bien terminer de gagner sa place et l'assentiment de toute la famille Novak en participant à leur traditionnel tournoi de jeux de cartes. Il n'est déjà pas mauvais mais il s'est entraîné dur pour se montrer à la hauteur. Un adversaire suffisamment habile mais pas un vainqueur absolu, les jumeaux Michael et Lucifel sont d'horribles mauvais joueurs.
— «… Tu passes une bonne soirée, n'est-ce pas?»
— «… Elle est excellente», acquiesce le châtain.
Sam rit doucement.
— «Je suppose que Castiel n'a pas la moindre idée de ton niveau de stress de ces derniers jours…»
— «Il s'agissait tout au plus de légères appréhensions», marmotte Dean avec mauvaise foi avant de sourire. «Quoi qu'il en soit, bonne année à toi et à Jessica.»
— «Merci Dean, bonne année à vous aussi. Profite bien de ta soirée et embrasse Castiel pour moi.»
— «Je n'y manquerai pas et crois-moi, tu n'as pas la moindre envie d'être là pour le voir», ricane le châtain.
Sam proteste d'une voix outrée et Dean s'esclaffe bruyamment.
Il entend la porte de la véranda s'ouvrir dans son dos et le parquet craquer. Il sourit quand deux bras s'enroulent doucement autour de sa taille, des mains caressent son ventre par-dessus son polo avant de s'emmêler. Un nez frotte le tissu entre ses épaules avant qu'une bouche chaude et gourmande ne frôle sa nuque. Le châtain frémit légèrement de plaisir.
— «Je dois raccrocher Sammy, les Novak m'attendent. Dis aussi à Jessica que nous pensons à elle.»
— «Jess vous attend demain dans l'après-midi pour prendre tous ensemble le premier café de la nouvelle année. Elle adore ses gants et son écharpe en cachemire. Bonne soirée, Dean.»
Dean acquiesce. Il raccroche, glisse son portable dans la poche avant de son jean. Les mains de Castiel se resserrent doucement sur son corps et il soupire de contentement, s'appuyant un peu plus contre son torse.
— «… Les Novak t'attendent mais je suis le seul à le faire avec autant d'impatience», souffle le brun à son oreille.
— «Je ne voulais pas te fuir, j'avais juste besoin de prendre un peu l'air…»
— «Ton corps est brûlant…»
— «C'est à cause du bourbon Woodford Reserve.»
Castiel lui mordille doucement la nuque et le châtain se cambre imperceptiblement contre lui. Il a vraiment chaud.
— «… Cas…», soupire-t-il.
— «J'aurai aimé que tu sois mon premier baiser de Nouvel An», sourit le brun contre lui.
— «Et toi le mien mais chez les Novak, les choses se passent souvent d'une manière un peu inattendue, pas vrai?»
— «… Je savais qu'ils t'apprécieraient mais je ne pensais pas que ce serait aussi rapide.»
— « Oserais-tu me dire que je ne suis pas parfaitement adorable?», proteste Dean en se retournant dans ses bras pour lui faire face.
Castiel glousse, pressant ses reins pour le rapprocher de lui. Le châtain se penche et l'embrasse langoureusement. Son compagnon inspire imperceptiblement contre lui, glisse une jambe entre les siennes. Dean crispe ses doigts sur les revers de sa veste de costume.
— «On s'est promis d'être raisonnable chez tes parents. C'est la première fois que je dors chez eux…», souffle-t-il d'une voix lourde contre sa bouche.
— «Je sais mais je suis vraiment vraiment heureux que les choses se passent aussi bien», répond le brun en grognant.
Dean pince les lèvres pour ne pas gémir un peu honteusement. Cas a un peu la même voix quand il lui fait l'amour, qu'il sent son sexe aller et venir et lui tandis que son haleine brûlante couvre sa peau de chair de poule.
— «Tu – Tu en as douté?», déglutit-il.
— «Pas une seule fois mais j'avoue que je ne pensais pas que ce serait aussi rapide. Tu es vraiment quelqu'un d'important, Dean Winchester.»
Le châtain sourit. Il remarque des visages collés à la fenêtre, prend le visage de son compagnon en coupe pour l'embrasser voluptueusement, ses yeux verts luisant de défi. Castiel ne contient pas son léger gémissement et Dean a envie de l'entraîner dans leur chambre pour le savourer. Il a l'impression d'avoir mangé son propre poids en dinde et en pommes de terre pendant le dîner mais il a toujours faim du brun.
Castiel picore affectueusement sa bouche de petits baisers tendres.
— «Je suis content de ce petit aparté avec toi mais nous allons bientôt commencer les jeux de société. Si nous tardons trop à revenir, Anna va venir nous chercher et elle va affirmer des choses très gênantes devant mes parents…», chuchote le brun contre ses lèvres.
— «Comme je suis certain de t'offrir ton premier orgasme de l'année quand on se réveillera tout à l'heure, il est sans doute plus prudent d'éviter de commencer à attirer l'attention sur nous dès ce soir.»
— «Dean…», proteste Castiel.
— «Bonne année, Cas», ricane le châtain.
Le jeune homme lui pince les reins. Dean enroule un bras autour de sa taille avant de l'entraîner vers la maison. La chaleur du salon le frappe au visage à peine la porte passée.
Austin et sa cousine Rose accourent vers eux et s'agrippent à son autre main.
— «Dean, on va commencer à jouer! Tu dois être dans mon équipe!», claironne le petit garçon.
— «Alors, je peux qu'oncle Cas soit dans la mienne», proteste sa cousine.
— «Papa a dit qu'on ne devait pas les séparer parce qu'ils sont comme les oiseaux inséparables de tante Naomi…»
Dean hausse un sourcil vers Castiel et le brun hausse les épaules. Une autre histoire familiale, je te raconterai plus tard.
Lucifel se glisse entre les deux hommes et crochète ses bras autour de leurs cous.
— «Je suis d'accord avec Rosie, ça rendra la partie plus intéressante. Est-ce que tu te sens le courage de jouer contre ta moitié, Castiel?»
— «Je me sens même d'humeur à gagner si on parie quelque chose», répond le brun avec hauteur.
— « Ça devient trop sexuel pour moi… Réglez cette histoire entre vous mais évitez que les enfants ne vous entendent…»
Dean éclate de rire. Encerclé par Austin et Rose, il se laisse entraîner dans le salon avant de s'asseoir à côté de Michelle. Castiel se glisse sur le sofa voisin, non sans oublier de caresser tendrement la nuque du châtain du bout des doigts avant de s'installer.
De l'autre côté du salon, Dean remarque le regard échangé entre son compagnon et sa tante Naomi, assise dans un fauteuil. Une tasse de rhum au lait de poule dans une main, elle lève discrètement son pouce de l'autre avant de rappeler les règles du jeu d'une voix un peu ivre. Le sourire plein de tendresse que lui adresse Castiel le fait rougir et il se racle la gorge pour retrouver une contenance.
Dean perd toutes ses parties – le grand-oncle Vincent tient à ce qu'il se console avec une tasse remplie à ras bord de lait de poule – mais il est heureux. Il sait qu'il a pulvérisé le souvenir de Sean, l'ex-vénal-et-imbécile-qui-a-largué-le-meilleur-homme-de-la-terre. Lui ne laissera pas partir Castiel.
Quand le châtain et son cadet allaient passer les vacances chez les grands-parents Winchester, ils partageaient le grand lit de la chambre d'ami avec le chat de la famille, un animal obèse au poil tigré au caractère placide. Celui-ci adorait se rouler dans leurs draps encore chauds quand les deux frères se levaient. Parfois, Dean pense qu'il ressemble un peu à Sock depuis qu'il vit à LoDo avec Castiel. Il adore quand le brun embrasse son ventre nu et lui caresse distraitement les cheveux devant la télé.
Sock sortait souvent se promener dans le quartier, trottinant doucement à quelques pâtés de maison, avant de rentrer. Il le faisait chaque soir sans faillir, avide de retrouver la maison et le lit des deux frères.
Dean sait qu'il ressemble beaucoup à Sock.
