Petit mot de l'autrice : bon rattrapons ce retard (j'ai l'impression de passer ma vie à dire ça) (encore)


Jour 27 : Légende

pré canon


Jaime n'avait jamais aimé lire. Il avait bien trop de difficultés pour apprécier cette activité. Pourtant, cet après-midi là, il se retrouva à lire, encore et encore, et non pas parce qu'il était forcé. Non, il lisait par choix. La raison de ce soudain revirement tenait en un mot : Tyrion.

Il avait fallu plusieurs mois à Jaime pour se rendre compte que Tyrion n'était pas vraiment apprécié par leur père. Il ne comprenait pas pourquoi ; Cersei disait que c'était parce que Tyrion avait tué leur mère, mais Jaime n'était pas d'accord. Un si petit bébé ne pouvait pas être un assassin. Il devait y avoir autre chose, mais aurait été bien en peine de savoir quoi. Quoi qu'il en soit, le résultat était là : Tywin ne s'occupait jamais de Tyrion. Bien sûr, leur père n'était jamais très présent pour Cersei et lui, mais il chargeait au moins son personnel de s'occuper d'eux. Tyrion, lui, était un peu laissé à l'abandon. Il y avait des gens chargés de le nourrir, de le changer, de lui faire prendre son bain, mais rien d'autre. Personne ne jouait avec lui. Personne ne le distrayait. Personne ne s'occupait d'éveiller son esprit. Personne ne lui lisait des histoires. Jaime avait donc décidé de remédier à cette triste situation d'abandon. Quelqu'un devait bien s'occuper de Tyrion et puisque personne ne semblait décidé à le faire, il allait prendre les choses en main.

Voilà comment il s'était retrouvé avec Tyrion sur les genoux, un livre de contes à la main. Jaime n'était pas sûr qu'un enfant d'à peine un an comme Tyrion comprenne quoi que ce soit à la légende du souffle du dragon d'or, mais à chaque fois qu'il terminait le livre, celui-ci lui faisait signe de recommencer. Jaime ne savait pas si c'était les images, le moment partagé ensemble ou bien le rythme des mots qui lui plaisait, mais Tyrion semblait être content.

Alors Jaime s'exécutait sans rechigner, relisant les mêmes mots, encore et encore. Et plus il avançait dans l'histoire, plus il prenait du plaisir à lire. Il avait toujours autant de mal avec les mots, mais ceux-ci rendaient heureux son frère. Cela avait peut-être de quoi le réconcilier un peu avec la lecture...