Hello ! Voici la troisième partie ^^
4meChan : Alors c'est vrai que j'ai dit que j'avais divisé l'OS, mais ça ne voulait pas dire que c'était divisé en deux ^^' plutôt en 7 morceaux d'ailleurs. Il reste beaucoup à dire pour ces retrouvailles ! D'ailleurs il reste quand même plusieurs personnages qui ne sont pas apparus. Dont le "narrateur" de ce chapitre. En tout cas je suis trés heureuse de lire que ça te plaît. J'espère que ce sera aussi le cas de cette troisième partie.
Bonne lecture !
Elle était là. Kuroko l'aurait reconnue entre mille. Ce n'était pas que le rose délicat de sa chevelure, beaucoup de fille se teignait les cheveux de cette couleur ces derniers temps. C'était la légèreté de son pas, l'allure de sa silhouette, le galbe de ses jambes couvertes pudiquement par un fin collant noir.
Il la trouvait belle. Pourtant son regard rosé avait perdu de son éclat. Kuroko savait qu'il n'y était pas pour rien. C'était lui qui avait rompu. Ça n'avait pas été une décision facile à prendre car il aimait encore profondément Momoi. Mais il ne pouvait pas lui offrir ce qu'elle désirait. Ou ce qu'elle pensait désirer à l'époque.
Soudain, elle regarda dans sa direction. Il se retrouva alors coincé. Ses yeux roses avaient appris à la repérer en toute circonstances. Des années de vie commune l'avait immunisée à son manque de présence naturel. Et voilà qu'elle le dévisageait.
Il s'approcha d'un pas prudent et la salua.
-Bonjour, Momoi.
Après la rupture, il avait recommencé à l'appeler par son nom de famille. Il n'avait gardé contact que quelques mois avant de définitivement la perdre.
Momoi lui avait offert un amour inconditionnel pendant huit ans. Depuis, il n'avait pas réussi à retrouver une vie amoureuse stable.
-Bonjour, Tetsu-kun. Que fais-tu ici ?
-Ogiwara-kun m'a donné rendez-vous.
-Je vois. C'est un endroit populaire.
-Oui. Tu viens souvent ?
-Tous les mois je dirai. J'ai rendez-vous avec Dai-chan.
Kuroko sourit.
-Tu as l'air d'aller bien, Tetsu-kun.
Cela sonnait comme un reproche et fana son sourire juste éclos.
-Ca va. Et toi ?
-Je… Je n'ai retrouvé personne depuis toi, Tetsu-kun. J'ai trente-trois ans. Personne ne voudra plus de moi. Tu m'as abandonnée au pire moment.
-Momoi…
-J'avais envie de fonder une famille avec toi !
-Je sais, mais…
-Je te déteste.
-Pas moi. Écoutes, Momoi. Je ne pouvais plus le supporter. Tu n'étais plus toi-même. Tu ne pensais plus qu'au mariage, qu'à un enfant, tu répétais sans cesse ce que ta mère t'avais mis dans la tête comme si je n'étais pas suffisant. C'était de la jeune fille libre que j'étais tombé amoureux.
-Ma mère n'a rien à voir là-dedans !
-Si, justement, elle a tout à voir. Elle ne m'a jamais aimé et a tout fait pour qu'on rompe de toute façon et…
-Et elle a gagné on dirait.
-Oui, elle a gagné. J'en suis désolé, Momoi.
Le téléphone de Kuroko se mit alors à sonner. Il attendit quelques secondes puis bredouilla une excuse avant de décrocher.
-Alors j'ai une mauvaise nouvelle, commença Ogiwara au téléphone. Je ne pourrai pas venir. Mon petit est malade. Gastro. Je ne te raconte pas l'horreur. On décale ?
-Bien sûr, Ogiwara-kun.
-Je suis vraiment désolé.
-Ne t'en fait pas.
-Bon, à la prochaine.
Il raccrocha.
-Ogiwara-kun ne peut pas venir. Son fils est malade.
-C'est dommage.
-Oui.
Kuroko hésita à s'en aller. Il avait envie de rester discuter avec Momoi. Même pour se disputer. Il voulait passer du temps avec elle.
Au bout de la rue, il vit alors de grandes silhouettes approcher. Aomine, Kise et Midorima. Sans aucun doute possible. Momoi tourna également la tête dans cette direction.
-Midorin ? Ki-chan ?
-Tetsu ? Qu'est-ce que vous faîtes là… tous les deux ?
-Ogiwara-kun m'avait donné rendez-vous ici.
-C'est…
-Improbable, compléta Midorima.
-C'est journée est vraiment bizarre… Devinez un peu qui ont a croisé plus tôt ? demandât Kise.
Kuroko plissa les yeux.
-Murasakibara-kun ? Akashi-kun ?
-Murasakibaracchi ! Du coup on va aller manger tous ensemble ce soir.
Kuroko sourit.
-Il ne manque qu'Akashi-kun, soufflât Momoi. En effet, c'est improbable.
Ils entrèrent dans le bar à chat et s'installèrent sur une grande table à l'étage. La baie vitrée laissait la vue dégagée sur le Tokyo Dome. Ici, ils avaient disputé nombre de compétition au lycée. Ici, Kuroko avait battu la génération des miracles pour la première fois de sa vie.
-Ca me rend nostalgique de revoir cet endroit à chaque fois. On en aura vécu des choses ici.
-Ouais… La Winter Cup en première année. Je crois que ça restera l'une des plus intenses semaine de ma vie. Tu te souviens de la demie-finale, Kurokocchi ?
-Et comment.
-Le buzzer beater, c'était un truc de fou.
-Oui.
-Et la finale contre Rakuzan ! Le match de malade ! La remontée de Seirin à la fin, c'était fou, continuât Kise.
-La seule défaite de Rakuzan sous le règne d'Akashi, plaisantât Aomine.
Ils rirent.
-Vous pensez qu'il a encore perdu après ça ? demandât Momoi.
-Honnêtement, je pense que ça restera à jamais la seule défaite de sa vie.
-Oui, c'est possible. Quelqu'un a eu de ses nouvelles récemment ?
Ils se tournèrent instinctivement vers Midorima qui remontait ses lunettes après avoir consulté le menu.
-Pourquoi vous me regardez ?
-Tu étais proche de lui, Midorimacchi.
-J'étais, comme tu dis. Non, je n'ai pas de nouvelles.
-En tout cas, ça me fait déjà vraiment plaisir de vous voir ! Alors, vous faîtes quoi maintenant ?
Midorima s'étala sur ses études de médecine et son travail aux urgences de l'hôpital. Kise expliqua sa carrière à l'internationale mais ne s'étala pas sur les événements récents.
-Et toi, Kurokocchi ? Tu deviens quoi ?
-Je suis auxiliaire dans une crèche.
Un métier que la mère de Momoi lui avait toujours reproché. Pourquoi voulait-il s'occuper des enfants des autres mais n'en voulait pas avec sa fille ? Et puis auxiliaire, ça ne payait pas assez d'après elle. C'était vrai. Momoi gagnait presque le double de son salaire. Ils n'étaient pas comme les autres couples classiques, alors pourquoi vouloir à ce point leur imposer le cadre des institutions ?
-C'est génial de se retrouver comme ça !
Ils serraient chacun leurs tasses de thé et partageaient leurs souvenirs, interrompus de temps en temps par la visite d'un chat. Peu après dix-huit heures, Murasakibara les rejoignit.
Kuroko et Momoi se gardèrent bien d'évoquer leur passé commun. Mais de temps en temps, ils s'échangeaient des regards lourds de sous-entendus. Kuroko avait envie de lui parler en privé mais n'osait pas. Peut-être un autre fois. De toute façon il avait gardé ses coordonnées. Si Momoi s'était libérée de sa mère alors peut-être… peut-être était-il possible de reconstruire quelque chose.
-Je connais un bon restaurant à Akasaka, indiqua Murasakibara quand le bar à chat annonça qu'il allait fermer. Et je connais le patron.
-Tant mieux parce qu'à Akasaka, rien n'est donné.
Ils sortirent du bar à chat et contemplèrent le Tokyo Dome qui venait d'allumer son éclairage nocturne alors que la nuit tombait sur la ville. Puis ils se dirigèrent vers le train. Ils prirent la ligne C jusqu'à Hibiya. Sur le quai de la ligne I qui allait à Akasaka, ils reconnurent une silhouette aux cheveux rouges.
-Attendez… ce… ce serait pas Akashi ?
-Non… enfin… je sais pas, je crois que tout est possible aujourd'hui.
Il se tenait sur le bord du quai, le regard fixé sur quelque chose de l'autre côté, un sac en bandoulière, habillé de façon élégante, comme toujours : un pantalon parfaitement ajusté, une chemise blanche, une belle montre au poignet.
Il était peut-être celui qui avait le moins changé. Son visage semblait toujours aussi jeune, son corps toujours aussi athlétique. Il avait la posture droite et digne.
-Je suis sûr que c'est lui.
Kuroko vit Aomine s'approcher et le suivi, accompagné par le reste de la troupe.
-Akashi ?
Il sursauta et se retourna. Son regard passa de l'un à l'autre. Akashi semblait complétement déboussolé. Son pied recula et Aomine lui attrapa le bras qui serrait la lanière de son sac comme si sa vie en dépendait.
-Oh là, ne recule pas trop, y'a les rails juste en bas. Et ben mon vieux ! On dirait que tu viens de voir un fantôme !
Akashi était pâle comme un mort.
-Vous…
Un élan les étreignit tous en même temps. Ils connaissaient bien leur capitaine. Ce garçon qui les avait menés pendant des années vers la victoire, à la fois leur phare et plus tard leur plus grand rival. Leur capitaine à la fois invincible et si fragile. Ils comprirent sans avoir à se parler.
-Viens, Akashi. On va marcher un peu.
-C'est vraiment vous ? Articulât-il.
-Ouais je te jure. Enfin, c'est vraiment une journée de fou ! Si tu savais…
-On s'est tous retrouvé par hasard. Tu es le dernier.
-Ah oui ?
-Oui, je te jure.
-On va te raconter, tu vas halluciner.
