Hello !

Asuna56Yuki : Merci à toi ! J'espère que cette suite va te plaire.

Bonne lecture !


Aomine les regardaient tous en souriant. C'était tellement improbable… une journée parfaite. Akashi était assis face à lui. Kise à sa droite, Midorima à sa gauche. Lui était entouré par Kuroko et Momoi. Et en bout de table se trouvait Murasakibara. Ils étaient tous ensemble. Quinze ans plus tard. C'était dingue.

-J'ai lu que tu avais repris l'entreprise de ton père, Akashi.

-C'est vrai.

-Ça te plaît, Akashicchi ?

-C'est un travail comme un autre.

-Je vois.

Kise but quelques gorgées de son cocktail sans alcool.

-Tu as une famille ?

-Non.

-Ah bon ? Je pensais que ton père essaierait de te marier dès que possible.

-Il a tenté.

-Ah. Tant mieux s'il n'a pas réussi, non ?

-Oui.

Il n'était pas très loquace. Mais concernant sa famille, il ne l'avait jamais été. Akashi se tourna vers Murasakibara.

-Dis-moi, Murasakibara, que fais-tu désormais ?

Avec passion, le géant se lança dans le récit de sa carrière de cuisinier puis de pâtissier. Soudain, une phrase anodine attira l'attention d'Aomine.

-Attends, c'est qui cette «Ayu » dont tu parles ? Ta femme ?

-Non. Ma fille.

Un petit silence tomba sur la tablée.

-Ta fille ? T'as des gosses ?

-Oui. Quatre.

-Quatre ?! Ok, récapitulons, qui d'autres autour de la table a des enfants ? demandât Kise. Akashicchi ?

-Non.

-Ah non ? reprit Midorima. Tu n'as pas d'enfants, Akashi ?

-Non.

-Pourtant au collège je croyais que tu disais que tu avais envie d'une famille.

-C'est vrai. Mais il y a plusieurs sorte familles. Et puis, je n'ai pas très envie de propager mon patrimoine génétique. Sans compter, ajoutât-il avec un son petit sourire sournois, que jouer à la maman avec vous pendant nos années de collège m'a définitivement vacciné.

-Pff, n'importe quoi ! On était pas si terribles !

-Vous étiez turbulents.

-C'est ce qui fait que tu nous aimais bien, Akashi-kun.

-Je n'ai pas dit le contraire.

-Et puis tu pouvais compter sur papa Nijimura pour t'aider à gérer ! continuât Kise.

Akashi sourit et reposa son verre.

-Et donc… Midorima, je suppose que tu as des enfants. Laisses-moi deviner… Trois ? Deux garçons et une fille ?

-Tu… je ne vais même pas chercher à savoir comment tu l'as deviné, Akashi.

-Ton fond d'écran. Et toi, Murasakibara ?

-J'ai quatre filles.

-Bah t'as pas chômé ! s'exclama Aomine.

-Tu as des photos, Murasakibara-kun ?

Le géant sorti lentement son téléphone de sa poche et chercha quelques photos qu'il fit passer.

-Oh, mais… commençât Kise. Ce sont des jumelles ?

-Des quadruplés ? s'étonna Midorima.

-Non. On a eu deux fois des jumelles.

Kise passa le téléphone à Momoi qui regarda longuement les quatre visages enfantins. Les premières devaient avoir quatre ou cinq ans, toutes deux rondouillettes avec de longs cheveux violets. Les plus jeunes n'étaient que des bébés d'un an sur la photo.

-Elles sont magnifiques, commentât Momoi avec admiration avant de faire passer le téléphone.

-Et donc tous les deux, vous êtes les seuls darons ?

Kuroko sourit.

-Il y a aussi Kagami-kun. Il va être papa dans quelques mois.

-Nan ? Ce Bakagami ? J'y crois pas !

-Si. Un petit garçon d'après ce qu'il m'a dit.

-Félicitation à lui.

Aomine dû se retenir de rire. Il imaginait si mal Kagami père ! Pour lui, Kagami était un esprit libre, comme lui. C'était si étrange de l'imaginer avec un poupon dans les bras. Il voyait bien plus Akashi père que Kagami.

Soudain, Momoi se leva.

-Excusez-moi deux minutes. Je vais aux toilettes.

Les garçons la suivirent des yeux quelques secondes puis quand Kise ouvrit la bouche, Aomine et Kuroko en même temps lui firent signe de se taire. Parler de famille et d'enfant devant Momoi n'était pas une bonne idée.

-D'ailleurs, comment va Kagamicchi ? demandât-il pour changer de sujet.

-Il est toujours chez les Bulls.

-Elle dure sa carrière… le veinard.

-Ouais… je ne te le fais pas dire, grognât Aomine.

Était-ce de la jalousie qui était en train de poindre ? Kagami avait eu une magnifique carrière dans le sport, il était en train de fonder une famille. Il avait la vie parfaite. Une blessure l'avait empêché de suivre cette voie.

-Fais pas cette tête, toi aussi tu as eu une belle carrière !

-Essais pas de me brosser dans le sens du poil, toi. J'ai foiré aux portes de la gloire. J'aurai pas marqué l'histoire de la NBA comme Bakagami est en train de le faire.

-Il faut se contenter de ce qu'on a, souffla Akashi.

-Facile à dire pour toi.

Akashi ne releva pas et Aomine s'en voulu immédiatement. Akashi n'avait jamais été maître de sa vie. Ce qu'il avait, même si cela représentait beaucoup, il ne l'avait pas choisi.

-Désolé.

-Ce n'est rien, Aomine.

Momoi revint quelques secondes plus tard et le serveur, qui attendait depuis un moment vint enfin commander les plats.

Ils mangèrent dans la même ambiance détendue que lors de leurs repas à la cantine de Teiko. Aomine essaya de piquer dans l'assiette de Kise. Kuroko et Akashi observaient les chamailleries en silence et Midorima cherchait à faire respecter les bonnes manières.

-Oh ça va, on est pas tes gosses, Midorima !

-Encore heureux ! Mes enfants se tiennent cent fois mieux que vous à table.

Le serveur revint leur présenter la carte des desserts.

-Bon, Akashi va prendre la tarte aux fraises.

L'ancien capitaine sourit.

-Et Kise va choisir l'assortiment de mochi, n'est-ce pas ?

-Non, je vais m'arrêter là.

-Pourtant tu n'as pas mangé grand-chose.

-Je dois être raisonnable.

-C'est pas un dessert qui va te tuer tu sais.

-Le sucre ça fait grossir.

-ça te dérangeait pas quand on allait manger des glaces tous les soirs après les cours en été.

-C'était différent.

-Ah oui, en quoi ?

-Je n'avais pas trente ans.

Aomine soupira.

-Vous êtes chiants à faire une fixette sur votre âge comme ça… Votre vie s'est pas arrêtée, merde ! Trente ans c'est… c'est à peine plus qu'un quart de siècle !

-Mais dans la carrière d'un mannequin, trente ans c'est une date fatidique ! J'ai perdu tous mes gros contrats, je me retrouve à devoir jouer dans des pubs pour des nouilles instantanées et seules les quarantenaires me reconnaissent dans la rue !

Kise essuya rageusement une larme.

-Je… j'en ai marre ! J'ai raté l'occasion de sortir en pleine gloire et je suis coincé ! Je ne sais pas comment rebondir ! Chaque matin je me vois vieillir un peu plus et je ne peux rien faire pour empêcher le déclin et… bientôt plus personne ne voudra de moi. Mon physique a toujours été le plus important et je ne pourrai bientôt plus compter dessus…

-Tu en a déjà parlé avec ton agent ?

-Il me dit toujours qu'on en parlera plus tard. Je crois qu'il ne sait pas quoi faire de moi… J'ai eu l'occasion il y a deux ans de partir en beauté et… j'ai loupé ma chance. Maintenant je suis perdu.

-Et le cinéma ? demandât Akashi.

-Je connais personne dans le milieu.

Akashi dévoila son petit sourire narquois.

-Sais-tu que Reo est devenu producteur ? Il a produit l'adaptation du « Journal d'un vide ». Entre autres. Tu veux que je lui donne tes coordonnées ?

-Tu… tu ferai ça Akashicchi ?

-Bien sûr. Tu as une carte de visite à me donner pour que je lui transmette ?

-Oui… merci, Akashicchi… Tu… merci beaucoup.

-C'est avec plaisir, Kise.

-Bon. Tu vas choisir un dessert maintenant ?

-Oui, Midorimacchi.

Il essuya ses larmes et se replongea dans la carte. Son visage oscillait entre joie et larmes.

Après le dessert, repus, ils restèrent encore un peu à table alors que le restaurant se vidait lentement.

-Il faut qu'on s'organise une autre sortie comme celle-là. C'était génial de tous vous revoir.

-C'est clair ! Vous habitez dans quel coin ?

Les noms de quartiers fusèrent. Aucun ne vivait au même endroit. Ils cherchèrent un lieu à peu près central pour pouvoir se retrouver.

-Et toi, Akashi-kun ?

-En fait, j'habitude à deux rues d'ici.

-C'est vrai ? C'est chouette comme quartier.

-C'est animé les samedis soir. D'ailleurs… je me disais qu'on pourrait aller boire un verre chez moi.

-Très bonne idée !

-Avec plaisir, Akashi.

-Parfait. Bon, alors je vais régler et…

-Comment ça ?

-Je vous invite.

-Non, non ! On gagne notre vie maintenant ! T'as pas à payer pour nous !

-Ca me fait plaisir.

-Oui mais…

-D'accord, tranchât Momoi. Merci Akashi-kun. C'est très gentil de ta part.

Akashi acquiesça et parti vers le comptoir.

-Celui-là alors… soupirât Midorima en remettant sa veste.

Ils attendirent dehors, dans le froid des soirées d'avril, qu'Akashi sorte du restaurant. Puis ils lui emboîtèrent le pas. Akashi n'avait pas exagéré : il habitait vraiment à deux rues du petit restaurant dans lequel ils venaient de partager leur dîner. Il vivait dans un joli immeuble de six étages. Ils montèrent au dernier étage, certains avec l'ascenseur, les plus courageux via les escaliers.

Akashi déverrouilla la porte et invita ses anciens coéquipiers à entrer. La première chose qui choqua Aomine, c'était la propreté du lieu. Et son vide. L'appartement était spacieux mais il était profondément impersonnel, comme si personne ne vivait ici. Il n'y avait pas de vaisselle en train de sécher, pas de coussins déformés par le poids de son occupant sur le canapé, pas non plus de vêtements qui trainent.

Un appartement impersonnel qu'on pourrait quitter en deux minutes si besoin.

-C'est grand, se contentât de commenter Midorima en remontant ses lunettes.

Les seules décorations se composaient de plantes et de cadres photo. Sur le meuble de l'entrée, une photo de la génération des miracles lors de l'anniversaire des seize ans de Kuroko. Sur le frigo, des photos datant du collège et du lycée. Près de la télévision, un portrait de Shiori, la mère d'Akashi.

La seule photo un tant soit peu récente était celle de la remise de diplôme d'Akashi où il apparaissait solennel aux côtés de son père.

Aomine ressentit immédiatement une pointe de culpabilité qu'il savait partagée avec les autres. Akashi l'avait dit, il y avait plusieurs sortes de famille. Or au collège, la génération des miracles avait été cette famille. Et ils l'avaient laissé tomber une seconde fois en entrant à l'université. Akashi de son côté, semblait s'être rattaché corps et âme à ces souvenirs. Peut-être les seuls vrais bons moments qu'il avait passé depuis la mort de sa mère.

-Vous voulez boire quelque chose ? J'ai du thé, café, jus de fruit. Je dois avoir une bouteille de sake.

Après s'être servis en boissons, ils allèrent s'installer sur le grand canapé et sur les coussins au sol.

-Tu vis ici depuis longtemps ? demandât Kuroko.

-Depuis que je suis diplômé.

Aomine fit un calcul rapide. Akashi avait dû être diplômé à vingt-trois ans. Cela faisait donc plus de huit ans qu'il vivait ici. Et il n'avait pas réussi à accumuler plus que quelques cadres, des plantes et des meubles ? Aomine se sentait mal pour son ancien capitaine.

-C'est… étonnant, commentât Kise.

Akashi se contentât d'un petit sourire.

-Tiens, je ne connaissais pas cette photo.

-Ah… oui, ça ne m'étonne pas.

Aomine tourna la tête vers le cadre désigné par Momoi. Elle le prit et le posa sur la table basse. C'était une photo d'Akashi et Nijimura datant du collège. Ils étaient tous les deux en uniformes de Teiko et souriaient à la caméra. Sauf que Nijimura avait les yeux rivés sur Akashi.

-Wow, vous aviez l'air si jeune ! Même si toi tu n'as pas beaucoup changé, Akashicchi. C'était à quelle occasion ?

-L'album de fin d'année.

-Ah oui ? J'ai l'album chez moi et pourtant je ne l'ai jamais vue.

-J'ai demandé au photographe de ne pas la mettre. Mais je l'ai récupérée quand même car elle est m'a plu.

À bien y regarder, il y avait beaucoup de photos de leurs deux premières années à Teiko. Nijimura était sur chacune d'elles. Et si ce n'était pas Akashi qui le regardait, alors c'était lui qui dévisageait discrètement Akashi. Ces ceux-là, capitaine et vice-capitaine de Teiko, ils les surnommaient papa et maman à l'époque. La version officielle c'était parce qu'ils étaient toujours sur leur dos ou à prendre soin d'eux, surtout pendant les camps d'entraînements. La version officieuse, c'était parce qu'il semblait évident à tout le club qu'il y avait un lien spécial entre eux. Voire même un crush.

Mais Nijimura était parti à la fin de sa troisième année et les liens avaient été coupés. Aomine se demandât si leur ancien capitaine n'en avait pas souffert plus qu'il ne l'avait laissé paraitre à l'époque. De toute façon, c'était sa spécialité de cacher ses états d'âmes jusqu'à ce qu'ils éclatent au grand jour de façon fracassante.

-Tu as gardé contact avec Nijimura ? demandât-il.

-Un peu. On s'est vite fait vu quand il est revenu au Japon pendant la rémission de son père. Mais il a dû repartir et depuis je n'ai pas de nouvelles.

-C'était il y a combien de temps ?

-Avant que j'entre à l'université. Autant dire qu'après je n'ai plus eu le temps de toute façon.

Aomine acquiesça.

-C'est un DvD de notre match contre Jabberwock que je vois là ? demandât Momoi en contemplant l'étagère de DvD qui se trouvait sous son nez.

-Oui. J'ai demandé à Reo de l'enregistrer quand il a été retransmis à la télévision.

-C'est dingue ! Je ne le trouvais plus sur Youtube depuis des années ! On le regarde ?

-Si vous voulez.

-Oh là… c'est dangereux ça… on va se prendre un méga coup de vieux.

Murasakibara inséra le DvD dans le lecteur. Dès les premières images, ils lâchèrent tous un soupir, revivant les sensations de cette journée incroyable. Un match retour contre une équipe de streetbasket qui avait humilié leurs anciens coéquipiers. Un match qui avait ressoudé l'équipe comme aux premiers temps de la génération des miracles.

-Comme j'étais jeune à l'époque…

-Oh ça va Kise, t'as encore l'air super jeune !

-Tu plaisantes ? J'ai sept rides !

-Sept rides ? Oh mon dieu ! J'ai bien entendu, sept ? Mais quel vieillard !

-Parfaitement ! D'ailleurs c'est pas juste, Akashicchi il a pas changé d'un pouce physiquement en quinze ans.

-C'est normal je suis le plus jeune.

-C'est faux, Akashi-kun.

-Si tu veux tant chipoter Kuroko… je suis le plus jeune en année civile. Mais en année scolaire, oui, ça a toujours été toi le plus jeune.

Momoi, qui s'était montrée plutôt muette jusque-là, repris le débat.

-Je ne suis pas vraiment d'accord. L'âge a son importance.

-Ne remet pas ça sur le tapis, Satsu. Tu n'es pas née avec une date de péremption.

-En un sens, si. Mais vous êtes des hommes, vous ne pouvez pas comprendre. J'ai passé la trentaine. Je ne suis plus bonne à marier.

Kise haussa un sourcil.

-Tu sais, commençât-il, mes grandes sœurs ont toutes les deux eu un premier enfant puis ont divorcé. Reina va d'ailleurs se remarier le mois prochain. Elle a trente-cinq ans et un enfant de dix ans. Comme quoi, tout est possible.

-Oui mais…

-Tiens, par exemple, Murasakibaracchi, quel âge avait ta mère quand ton premier frère est né ?

-Vingt ans.

-Ok, mauvais exemple… Euh… Aominecchi ?

-Vingt-six.

-Ah merdre, vous m'aidez pas. Kurokocchi ?

-Vingt-six aussi.

-Akashicchi ?

-Vingt-deux.

Aomine fit immédiatement le calcul.

-Wow, elle est m…. euh…

-Tu peux le dire, Aomine : elle est morte jeune.

-Ca a du te faire bizarre cette année, dit Midorima avec compassion.

-Je n'ai pas passé le meilleur anniversaire de ma vie. Ca me fait bizarre de me dire que maintenant je suis plus vieux que ne l'a été ma mère.

-Ouais… j'imagine.

-Tu l'as passé seul ? demandât Kuroko.

-Je suis allé voir mon père, comme d'habitude.

Au collège, Akashi était le seul à ne pas organiser une petite fête chez lui ou une soirée film pour son anniversaire. C'était interdit par son père. Bien sûr la génération des miracles s'organisait pour amener des gâteaux et fêter cela dans les vestiaires, mais c'était différent. Un pansement sur une plaie qui ne se refermait pas.

-C'est donc toujours autant un connard.

-Aomine-kun !

-Bah quoi ? On le sait tous ! Je sais pas comment tu as pu vivre aussi longtemps avec cet enfoiré sur le dos.

Akashi ne répondit pas mais son regard en dit long sur les pensées qui avaient pu le traverser.

-Il dirige toujours la société ?

-Oui. Il considère que je ne suis pas encore assez bon pour prendre sa suite. L'année dernière j'ai eu de l'espoir quand il a eu un ulcère mais finalement, il s'est en sorti.

-Akashi-kun… tu ne devrais pas…

-C'est mon père, Kuroko. J'en pense ce que je veux.

Kise décida de venir à la rescousse de la conversation.

-Momocchi, tu sais, mes deux sœurs vont se remarier cette année. Riya a trente-six ans, Reina trente-cinq et deux enfants mais pour autant, elles ont trouvé un nouveau mari. La société évolue.

Momoi semblait sceptique. L'idée qu'une femme n'était plus à marier une fois ses trente ans passés était bien ancrée dans la société. C'était l'image traditionnelle de la famille. Les femmes se voyaient offrir deux choix dans la vie : devenir mère ou faire carrière. Momoi voulait les deux.

-Et puis, tu peux aussi avoir des enfants hors mariage. Ou adopter, continuât Kise.

-Les enfants hors mariage sont mal vus, contrât-elle.

-Moi je suis né hors mariage.

Tous les regards se tournèrent vers Midorima qui rougit face à cette soudaine attention.

-Tu ne me l'avait jamais dit, se surpris Akashi.

Midorima remonta ses lunettes.

-Pour la petite histoire, ma mère a rencontré mon père lors d'un dîner organisé par ses parents. Elle avait tout juste trente ans. Ils se sont plu tout de suite mais n'avaient pas forcément envie de se marier puis ma mère est tombée enceinte. Mais ils ne se sont pas mariés pour autant.

-Ils se sont mariés quand ?

-Quand ma sœur est née.

Momoi le dévisageait, perplexe. Elle triturait le bout du coussin sur lequel elle était assise.

-Tout ça pour dire que rien n'est perdu. Tu as encore le temps.

-Merci, les gars, sourit-elle.

Leur attention se reporta doucement sur la télévision où leur match continuait à se dérouler.

-J'y pense… mais Nash, il n'a pas rejoint la NBA lui aussi ?

-Si. Il était chez les Lakers pendant un temps. Je l'ai affronté une ou deux fois. D'ailleurs c'est marrant, il se souvenait très bien de nous. Je peux vous dire que ce match lui est resté en travers de la gorge.

-Et tu l'as battu de nouveau ? l'interrogea Akashi en reposant son coude sur le bord du canapé.

-Nan. Il est quand même vachement fort ce type.

Akashi sourit. Un sourire empli de nostalgie. Aomine le regarda du coin de l'œil. Nash lui avait parlé à la fin de leur rencontre en NBA. Il se souvenait bien d'eux, mais c'était Akashi qui l'avait le plus marqué.

-Il m'a demandé de tes nouvelles.

-Ah oui ?

Il semblait intéressé.

-Oui. Mais je lui ai dit qu'on était plus vraiment en contact. Ça l'a déçu.

-Je vois.

-Dis, Akashicchi, il s'était passé quelque chose entre vous à l'époque ?

Leur ancien capitaine marqua un temps d'hésitation.

-… oui.

La génération des miracles était peut-être la seule à savoir qu'Akashi avait une préférence pour les hommes. Un fait qu'il ne pouvait pas dévoiler publiquement à cause de son père. D'ailleurs Aomine n'était même pas sûr que ce dernier soit au courant…

-Je me disais bien que ce n'était pas pour rien si tu avais passé une semaine de plus à Tokyo…

-Mon père était furieux d'apprendre que je n'allais pas rentrer. Il voulait que je travaille le reste des vacances.

-Qu'est-ce que je disais : un connard, marmonnât Aomine.

-Et donc… avec Nash ? repris Kise avec un air grivois.

-Je ne suis pas sûr que tu ais envie de j'aborde ma vie sexuelle ce soir, Kise.

-Ah… euh… non.

-Et sinon, tu as eu quelqu'un dans ta vie depuis ?

-Non.

-Tu… es célibataire depuis le lycée ?

-Je n'ai pas le temps de faire des rencontres hormis au travail et autant dire que je n'ai aucune envie de sortir avec une ou un employé de mon père.

-Oui, ça se comprend. Mais c'est triste, Akashicchi. Tu vis tout seul ici, tu n'existe que pour ton travail qui n'est d'ailleurs même pas un…

-Tu crois peut-être que je ne le sais pas ? répliquât l'ancien capitaine avec aigreur. Comme tu l'as si bien dit, je n'ai rien choisi.

-Et si tu pouvais choisir ? Tu ferais quoi ?

Le regard du capitaine dériva sur les nombreuses photos, dont celle posée sur la table basse de Nijimura et lui. Il soupira mais ne répondit pas.

-Aucun de mes rêves n'est atteignable, alors à quoi bon y penser ?

Leur attention se reporta petit à petit sur la télévision où leur match continuait à se dérouler. Malgré les années, ils restaient admiratifs de leurs capacités de l'époque. Sauf Aomine qui était heureux de constater qu'il avait su s'améliorer avec les années.

Ils continuèrent de boire, réagissant à leurs paniers et à la tension du match qui continuait à les habiter. Quand le film s'arrêta, une vague de nostalgie les enveloppa. Lentement, la conversation dériva vers leurs années à Teiko.

-Vous vous souvenez quand, pour le premier avril, au lieu de faire un entraînement normal on a passé trois heures à apprendre Nanchu Soran Bushi ? demandât Momoi.

-Tu parles si je m'en souviens ! Je sentais plus mes cuisses !

-C'était drôle, sourit Akashi.

-Kurokocchi a encore vomit à la fin de cet entraînement.

Le concerné fit la grimace. Son corps était loin d'avoir la résistance des autres. Il n'était pas rare qu'il finisse les entraînements aux toilettes à vomir ses tripes.

-On l'a tellement répété que je pense que je saurais encore la danser.

-Alors fait-nous une démonstration Kise. Ne te gêne pas !

-Bah euh… Je ne suis pas échauffé. Et je n'ai pas fait des squats depuis longtemps et…

-Allez !

-N'ai pas peur, Kise.

Rouge comme une pivoine il se leva.

-Nanchu soran bushi, kamae ! s'écriât Akashi pour donner le départ de la danse.

Momoi s'était empressée de chercher la musique alors que Kise se mettait en position, plié en squat, penché, bras gauche tendu face à lui. Sa mémoire musculaire prit le relais et il parvint à exécuter les mouvements. Ce n'était plus aussi précis qu'à l'époque bien sûr et il y avait quelques pertes et hésitations, mais dans l'ensemble il parvint à refaire la chorégraphie.

Ses cuisses tremblaient alors qu'il retournait s'asseoir.

-Et voilà ! soupirât-il avant de prendre son verre d'eau et boire une grande gorgée. Vous m'en devez une.

-Rêve toujours.

-Tu n'as plus qu'à faire ça en boîte de nuit, Kise. Je suis sûr que tu auras toutes les filles à tes pieds, le taquina Midorima.

Kise fit la moue et plongea sur son téléphone, à priori vexé. Aomine ne lui avait posé aucune question sur sa vie amoureuse et il se demanda soudain si Kise n'était pas un irréductible célibataire comme Akashi. A vrai dire il ne pouvait pas les juger, lui non plus n'avait personne pour partager sa vie.

Au fond, il enviait beaucoup Midorima, Murasakibara et Bakagami d'avoir réussi leurs vies.

-Et le festival de Teiko où on s'était déguisé ? C'était sympa ça aussi !

Cette fois ce fut à Midorima et Aomine de faire la moue tandis qu'Akashi se retenait de rire à ce souvenir. Pour remplacer plusieurs membres de la troupe de théâtre, Nijimura avait eu l'idée sadique d'inscrire la génération des miracles comme remplaçants. Kuroko s'était retrouvé déguisé en loup, Akashi en chaperon rouge, Kise en prince, Aomine en princesse, Murasakibara en hakama et Midorima en geisha pour la parade. Aomine gardait un très mauvais souvenir de la broche fleurie qui était si lourde qu'elle lui arrachait les cheveux et le corset qui lui comprimait les côtes.

-Je crois que je n'avais vu Nijimura-san rire autant.

Akashi appuya sa tête sur son poing.

-Il a tout de même été impressionné par notre sérieux. Nous aurions pu nous défiler au dernier moment.

-Au final, on s'est plutôt bien amusé. Et heureusement j'ai pu garder mes baskets sous ma robe. Si j'avais dû en plus porter des talons…

-Tes gros pieds ne seraient jamais rentré dans ces escarpins, Dai-chan.

À contrario Akashi et Midorima avaient eu le pied assez fin pour enfiler les chaussures prévues avec le costume.

-Parlant de boîte de nuit… ça vous dirai qu'on y aille ?

-Pardon ?

-Il y en a une pas trop loin d'ici. Il est pas encore minuit, ça serait sympa, non ?

Il semblait avoir du mal à se retenir de sourire et Kuroko fronça les sourcils.

-Tiens regarde Momocchi… ça a l'air bien, non ?

-Oh ! Oui, ça à l'air parfait ! Toi, tu as l'œil, Ki-chan !

-Hehe ! Alors, vous en dîtes quoi ?