Des plans pour l'après Voldemort

A1 - M3

-Ce type est mort depuis presqu'un an et c'est maintenant que son testament est ouvert? pesta Harry

-C'est le délai légal pour que l'administration puisse avoir accès à ses biens personnels, rappela Perry. Les loups garous n'ont plus de droits civiques dans notre société depuis un demi-siècle et sont sous la protection d'un tuteur qui a quasiment droit de vie et de mort sur lui. Remus Lupin était de la responsabilité de Dumbledore qui l'a visiblement totalement oublié puisqu'il ne s'est toujours pas manifesté après la lecture du testament.

Harry grogna. Lui qui avait pensé que son dix-neuvième anniversaire allait bien se passer, il s'était lourdement trompé!

Perry Duncan avait assisté quelques jours auparavant à la lecture du testament de Remus Lupin en tant que représentant d'Harry Potter. À ses côtés, Myriam Velvet, l'avocat du clan Black, en avait fait de même en tant que celui de Sirius Black. Albus Dumbledore, son tuteur, n'avait même pas pris la peine de se déplacer et Andromeda Tonks, qui aurait dû représenter sa fille Nymphadora, en couple avec le défunt, n'avait même pas été conviée. Dedans, il désignait clairement Harry Potter comme le parrain de son fils Teddy et exigeait qu'il soit élevé par lui.

-Je suis obligé? soupira Harry

-Le testament a été authentifié devant la magie et a été ouvert, répondit Perry. Donc oui.

-Mais comment ça se fait? s'indigna Harry. Je ne suis pas le parrain de ce gosse! Je n'ai croisé ce type que quand il a été professeur à Poudlard et encore, quand il l'ouvrait parce que je ne restais pas exclusivement avec des Gryffondors!

-Remus Lupin vous a désigné comme tuteur, pointa Perry. C'est en ça que c'est obligatoire.

-Et si sa mère n'avait pas voulu que je le récupère? fit Harry. On faisait comment?

-Ça se serait réglé devant la justice, grimaça Perry. Votre statut de Sauveur aurait tout fait basculer en votre faveur, encore plus si Dumbledore, en tant que tuteur de Lupin, s'en était mêlé.

-Et Andromeda n'aurait pas eu son mot à dire? fit Harry

-Si sa fille n'a pas fait de testament qui aurait pu s'appliquer avant, elle aurait dû aller devant la justice pour réclamer le droit de tutelle, expliqua Perry.

-Elle est au courant? demanda Harry

-Myriam Velvet est en train de le dire à lord Black et c'est lui qui va sûrement le lui dire, répondit Perry.

-Où est-ce que ce gamin est en train de vivre actuellement? demanda Harry

-Chez Andromeda Tonks, répondit Perry. Comme c'était elle qui le gardait pendant la bataille finale et comme il s'agit du fils d'un loup garou et d'une fille de reniée, personne ne s'en est préoccupé.

-Ils me font rire, déclara sombrement Harry. Ils n'ont pas hésité à bafouer les dernières volontés de mes parents et aujourd'hui, ils prennent à cœur celles d'un exclu?

-Tu es mauvaise langue, sourit Perry. La lecture du testament magique de James a été bloqué par Dumbledore pour permettre de te placer là où il voulait selon ses conditions. C'est pour cette raison qu'avec ta mère, ils ont placé un testament complémentaire dans une étude moldue pour éviter les dérives. Leur testament était prévu d'être lu, Dumbledore a seulement fourré son nez là où il n'aurait pas dû.

-Ce qui me fait penser, est-ce qu'il pourra se mêler de la vie de ce gosse si je deviens son tuteur? demanda Harry

-Théoriquement non, répondit Perry. Mais il faudrait vérifier s'il n'a pas pris des mesures pour son pupille et sa famille. D'ailleurs, il a dû donner son accord pour qu'il ait un enfant.

-C'est écœurant, verdit Harry.

-C'est la loi qu'a fait voter Dumbledore, haussa des épaules Perry. Bref, si tu acceptes d'être son tuteur, tu n'auras de compte à rendre à personne.

-Ça, c'est dans un monde parfait, grommela Harry.

-Nous sommes d'accord, ricana Perry. Mais il est possible d'assurer tes arrières aussi.

-Comment ça? demanda Harry

-Tu pourrais coupler la tutelle par un protectorat, proposa Perry. Tu l'intègres dans le clan Potter et tu lui offres une éducation complète et en retour, il devra travailler pour le clan pour le même temps. Tu gardes la main haute sur lui sans que quiconque ne puisse rien dire et sans en faire ton héritier.

-Ça mérite qu'on se penche dessus, concéda Harry. Tu as d'autres bonnes nouvelles?

-Non, pas pour le moment, plaisanta Perry. Comme toujours, les demandes en mariage, les demandes d'adoption, les demandes d'investissement … c'est répétitif au bout d'un moment.

-Comme si tu ne prenais pas ton pied à trouver les failles dans leurs plans bancals, rit Harry. Si nous en avons fini, je vais y aller. Creuse un peu pour l'histoire de Teddy Lupin. Quitte à ce que je le prenne sous mon aile, je refuse qu'il soit un espion à la solde de Dumbledore.

-Bien entendu, fit Perry. Bonne journée et encore joyeux anniversaire!

-Merci, répondit Harry.

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A1 - M4

-Pendant un instant, j'ai cru que tu étais aveugle, sourit Théo.

-Gryffondor, peut-être, fit Harry. Mais stupide? Je ne crois pas.

-Mais tu vas quand même le faire, pointa Théo.

-Un homme averti en vaut deux, non? sourit Harry en levant son verre

Poudlard terminé, la bande d'amis pouvait se voir plus librement. Chacun de son côté préparait sa rentrée en école supérieure – Mandy Brocklehurst en potions, Millicent Bullstrode en histoire, Hannah Abbot en stylisme et Hermione Granger en droit – ou en apprentissage – Neville Longbottom en botanique, Harry Potter en sortilège et Théo Nott en enchantements – voire commençait directement à travailler – Luna Lovegood devenait journaliste aux côtés de son père et Ginny Weasley était vendeuse chez la couturière – et n'étaient pas mécontents de ne plus subir le cadre strict de l'école.

Courant août, Théo était allé rendre visite à Harry au sujet d'un point qui le turlupinait.

-Je comprends qu'Hermione puisse changer mais Weasley … grimaça Théo.

-Tu ne fais pas d'efforts, plaisanta Harry.

-Tu ne la voies pas quand tu n'es pas dans les parages, fit Théo.

-Je sais qu'elle parle mal des Serpentards, ne t'inquiète pas, fit Harry. Mais j'ai envie d'apprendre à la connaître un peu mieux et si je peux lui faire changer d'opinion, ce sera tout bénef' pour vous.

-Je ne la sens pas et je ne suis pas le seul, prévint Théo.

-Je m'en doute et je vous entends, assura Harry. Mais elle me plait … tu peux comprendre?

-Oui, soupira Théo. Mais je ne serais pas un ami si je ne te parlais pas de mes réticences.

-Tant que tu ne m'interdis pas de me rapprocher d'elle, haussa des épaules Harry. Je suis comme qui dirait allergique aux ultimatums.

-Ce serait le comble si tu ne l'étais pas après qu'on ait déposé sur tes épaules alors que tu n'étais qu'un enfant la charge de tuer Voldemort, ricana Théo. Promets au moins que tu seras prudent.

-Bien sûr, sourit Harry. Toi, promets-moi que tu ne révéleras à personne cette conversation et que tu ne montreras plus tes soupçons.

Théo l'observa quelques instants de manière suspicieuse avant de comprendre.

-Tu as un plan, déclara Théo. Qui comprends que tu te rapproches d'elle.

-Ce que tu ne sais pas ne te fera pas de mal, répondit simplement Harry.

Théo hocha la tête et se renfonça dans son fauteuil, maintenant serein.