Chasse aux trésors maudits – 35 ans

Sans surprise, Albus Dumbledore avait dû plier à l'ultimatum, puisqu'il n'avait pas réussi à recruter des médicomages qui se retranchaient derrière le serment de leur profession pour ne pas prendre position et des potions d'excellente qualité étaient toujours mieux que rien pour les soigner. Autre absence de surprise, la participation de Severus était arrivée aux oreilles de Voldemort et aurait pu se terminer de manière dramatique si Lucius Malfoy, qui avait repris ses esprits après son «empoisonnement», ne l'avait pas convaincu de négocier une «participation» du même type en échange d'être laissé tranquille. Ce fut donc ainsi qu'il se retrouva à brasser des potions de soins génériques pour les mangemorts – exactement les mêmes que pour l'Ordre du Phénix – mais il eut également des commandes plus spécifiques.

Cela tombait à pic.

Quand Severus avait récupéré Harry de la garde de Gringotts, la banque lui avait révélé qu'il avait été l'hôte d'un horcruxe et qu'elle s'était permis de l'ôter et le détruire pour ne pas contrevenir à leur contrat de prendre soin de l'enfant sorcier entre le moment où la magie avait considéré qu'il était maltraité par ses tuteurs et celui où Severus le récupérerait. Les années suivantes, Rignar, Alwar et Severus avaient réalisé de nombreuses recherches et les premiers éléments les avaient convaincus que Voldemort ne s'était pas arrêté à un seul horcruxe mais ils n'avaient aucun indice pour retrouver les autres.

Leur quête avait repris avec la mésaventure de Ginevra Weasley. N'accordant que très peu confiance aux médicomages britanniques, Severus avait poussé Molly Weasley à faire examiner sa fille par Gringotts qui avait brisé son lien psychique avec son journal qui lui répondait tout seul, journal qui s'était avéré être un horcruxe. Cette opportunité leur avait permis d'étudier l'artefact sous toutes les coutures et d'en récupérer la signature magique pour créer un nouvel artefact de détection. Son efficacité avait été prouvé lorsque l'un d'entre eux avait été trouvé dans l'un des coffres même de la banque – la famille Lestrange, en vertu du contrat ancestral passé avec la banque, avait ainsi perdu tous les biens laissés en dépôt, argent comme objets et était définitivement expulsée de la banque – et sa portée augmentée. Le journal leur avait également permis d'avoir une base de recherche concernant les origines de Voldemort et l'histoire de Tom Marvolo Riddle leur fit comprendre quelle implication exacte avait eu la société sorcière dans la création du terroriste.

Le véritable nom de Voldemort les avait conduits à la propriété Riddle, dont les propriétaires avaient été assassinés dans des circonstances mystérieuses une cinquantaine d'années plus tôt. L'enquête de voisinage avait permis de trouver la propriété des Gaunt, une famille sorcière, et de tomber par hasard sur la bague des Gaunt, transformée en horcruxe, sur laquelle était enchâssée la Pierre de Résurrection, l'une des plus belles créations du nécromancien Lornan Peverell dont les fils étaient devenus les principaux personnages du conte des reliques de la Mort de Beedle le Barde. Le même nom avait été retrouvé dans un orphelinat au nord de Londres dans lequel il avait acquis une réputation désastreuse et s'était retrouvé mêlé à plusieurs bagarres et histoires d'harcèlement. Par curiosité, l'équipe chargée de traquer les horcruxes s'était rendue sur les lieux de l'incident le plus grave – trois enfants avaient accusé Riddle enfant de les avoir entraîné dans une grotte sous-marine et de les y avoir laissé mourir alors que la mer remontait – et avait découvert que le site avait été ensorcelé. Ils avaient espéré qu'un nouvel horcruxe y avait été caché mais ils n'y avaient trouvé qu'une copie inerte de l'objet recherché et un message du voleur. Rapidement identifié comme étant Regulus Arcturus Black, présumé mort à la date de l'écriture du message, l'équipe avait monté une mission vers le manoir Black à Londres grâce à l'aide de Molly Weasley et ils avaient récupéré le médaillon de Serpentard.

Le départ d'Albus Dumbledore avait révélé que les protections de Poudlard étaient désactivées voire désagrégées faute d'alimentation. Furieuse, Pomona avait fait appel à la guilde d'enchantements pour ériger des barrières magiques temporaires pour tenir jusqu'à la fin de l'année scolaire et avait demandé l'aide des autres directeurs de maison pour réaliser plusieurs rituels pour nourrir petit à petit les barrières détruites à cause de l'absence d'entretien. Au fur et à mesure de leur restauration, plusieurs alarmes s'étaient enclenchées, notamment celles concernant les artefacts dangereux. Si une partie était localisée dans les dortoirs et détenus par les élèves sang pur – qui avaient été priés de les retourner chez eux s'ils n'en avaient pas réellement besoin – la majorité se trouvait dans la salle sur demande. Ne voulant pas prendre de risques, la directrice avait engagé un briseur de sorts de Gringotts autorisé à travailler en freelance, Bill Weasley, pour fouiller la salle en question. Mis dans le secret des horcruxes et muni de l'artefact de détection, le roux avait rapidement repéré la pièce secrète et le diadème de Serdaigle qu'il avait sorti de l'école pour qu'il rejoigne les autres.

Avec six horcruxes identifiés – Harry, le journal, la coupe de Poufsouffle, la bague des Gaunt, le médaillon de Serpentard et le diadème de Serdaigle – s'était posé la question de les détruire. Les recherches initiales de Rignar, d'Alwar et de Severus avaient indiqué que les artefacts, puisqu'ils contenaient un morceau d'âme, étaient tout aussi sensible à ce qui donnait la mort. Heureusement, ils avaient pu neutraliser les protections autour des artefacts et de toutes les façons, ils étaient gardés dans un coffre qui annihilait toute magie à l'intérieur. La Confrérie de l'Après, la guilde des nécromanciens, qui avait été consultée dès l'instant où l'horcruxe dans Harry avait été découvert, leur avait alors fourni plusieurs recettes de potions pouvant leur être utiles. Le maître de potions s'était éclaté à les faire et avait même oublié que ces brassages pouvaient lui permettre d'obtenir la mythique option nécromancie, décernée qu'une fois tous les dix ans environ.

Parmi les potions que Severus devait brasser pour l'un ou l'autre camp de la guerre, celles pour les mangemorts avaient attiré son attention. En effet, dans le lot de celles de base, il y en avait d'autres, plus spécifiques et surtout, personnalisées, ce qui était assez rare et cher. Il n'avait pas fallu longtemps pour rapprocher la signature magique des horcruxes de celle de Voldemort et d'établir, depuis le traitement, ce dont il souffrait. Cette précieuse information en poche, le groupe avait caressé la possibilité d'empoisonner le grand méchant pour ne plus en entendre parler mais ils étaient bien conscients que ce ne serait se débarrasser que d'une partie du problème.

Il fallait donc anéantir l'idéologie prônée par Voldemort avant de s'occuper du leader. Tout un programme …