CHAPITRE 3 : Mise à Prix
Carlisle l'avait envoyé à Paris pour discuter d'un partenariat avec Louis, le chef du clan français. Un partenariat qui promettait de révolutionner leur existence. Les lumières de la ville de Paris scintillaient à travers les hublots de l'avion. Edward, après un long voyage, posa le pied sur le tarmac français.
Paul, un ami de longue date, l'attendait, un sourire narquois aux lèvres.
"Ça fait un bail, mon cher ami", lança-t-il.
"Pas assez à mon goût", rétorqua Edward d'un ton sec.
"Allez, ne fais pas cette tête ! Tu sais bien que je ne voulais pas te la prendre", plaida Paul, hilare.
Edward grogna, alimentant encore plus l'hilarité de son ami.
"Je t'avais proposé d'en acheter une nouvelle, n'est-ce pas ? L'offre est toujours sur la table, j'ai ce qu'il te faut : une beauté, souple, tout ce que tu aimes !"
"Non merci", grogna Edward.
"Tu ne peux pas refuser une telle offre. Elle est parfaite."
"Je n'ai pas besoin de tes jouets", répondit Edward
Il n'avait pas oublié leur dernière mésaventure. Paul avait eu la brillante idée de lui emprunter sa dernière acquisition qui avait finie pliée autour d'un poteau. Un souvenir dont il se serait bien passé.
"Je ne pouvais pas prévoir que les freins de ta caisse allaient lâcher dans le virage . Au moins, tu as pu répondre à la question : 'Does a Mercedes bend?' " ricana Paul en imitant un accent anglais caricatural.
Edward secoua la tête, amusé par les pitreries de son ami.
"Tes blagues sont toujours aussi originales, Paul."
Edward ne put s'empêcher de sourire.
" Tu es un idiot qui ne sait pas conduire "
Edward écouta Paul lui raconter avec passion son périple écossais le reste du voyage. Il avait séjourné pendant un mois chez Maggie et son clan, des amis proches de Carlisle, et avait été émerveillé par la beauté sauvage des Highlands.
Louis, le chef du clan français, lui serra la main, un sourire calculateur aux lèvres. Carlisle n'avait pas menti, il était impressionnant.
"Ravi de faire ta connaissance Carlisle ne cesse de vanter ton talent. " dit-il, son sourire dissimulant une froide intelligence.
'Je suis un maître des échecs', pensa-t-il pour le tester
"Je serai honoré de jouer contre toi" répondit Edward.
"Un don rare" acquiesça Louis, les yeux pétillants.
Louis imaginait les avantages qu'il pourrait tirer d'un tel pouvoir : anticiper les actions de ses adversaires, les manipuler à sa guise... Les possibilités étaient infinies et l'idée le grisait il était un livre ouvert pour Edward. L' esprit de Louis s'emballait il voyait des futurs alternatifs, des mondes où il régnerait en maître, grâce à ce pouvoir de lire dans les pensées.
Edward sourit, amusé. Il fût un temps où sa capacité à lire dans les pensées était une véritable torture. Un brouhaha comme un bourdonnement incessant dans les oreilles qui lui avait valu bien des migraines.
Ce souvenir lui arracha un sourire amer. Il avait longtemps souffert de son don mais il avait appris à le maîtriser, et l'appréciait désormais.
Convié par Louis, Edward l'accompagna au nouveau centre de tri, un énième gadget destiné à épater la galerie. Il n'avait qu'une hâte : en finir avec les présentations et aborder l'essentiel. Il n'était pas dupe, il savait que cette visite n'était qu'un prétexte. Les Français avaient toujours eu un goût prononcé pour le grandiose.
Il se remémora une soirée, il y a une dizaine d'années chez Paul, l'image de cette humaine vierge offerte en sacrifice au centre de la pièce avait été le clou du spectacle. Le souvenir de son sang chaud et de la frénésie qui régnait dans la salle le troublait encore profondément.
Son regard s'assombrit légèrement en repensant à ce souvenir Il ferma les yeux, ce mélange de désir et de sang, de cris étouffés et de corps qui se mêlaient.
La chaleur du sang sur ses lèvres et le parfum unique de cette vierge semblaient encore imprégner ses sens, le frisson de l'excitation qui l'avait parcouru cette nuit-là, il avait goûté à la perfection son sang melangé à son excitation alors qu'il lechait sa chair tendre. Un élixir divin qui le transporta au-delà de tous les plaisirs.
Louis présenta à Edward leur nouveau joyau technologique : un centre de tri ultra-moderne, couplé à un laboratoire d'analyse sensorielle. Ce lieu était dédié à la décomposition et à la reconstitution d'arômes, notamment ceux du sang humain.
Leur objectif ? Reproduire à l'identique la saveur unique de chaque individu, ce qu'ils appelaient « la tua cantante ». En effet, notre espèce est guidée par l'odorat dans le choix de ses proies. Chaque humain possède une signature olfactive unique, une mélodie qui nous envoûte. Imaginons pouvoir créer une symphonie olfactive parfaite, capable d'éveiller nos sens et de nous ensorceler.
Bien sûr, le chemin est encore long, mais les possibilités sont infinies. Car si le sang synthétique ne rivalise pas encore avec la saveur naturelle, il représente un investissement d'avenir. Louis, avec sa finesse habituelle, savait que Carlisle comprendrait l'enjeu : garantir à notre espèce une source de nourriture constante et de qualité, tout en préservant la rareté et le plaisir de la chasse.
Après la visite du laboratoire, Louis, l'œil pétillant, entraîna Edward vers le cœur du centre de tri.
"Viens, mon ami, je vais te montrer notre dernière acquisition." lui dit Louis
Ils s'engagèrent dans une allée bordée de box transparents. Chacun renfermait une précieuse cargaison : des humains, sélectionnés avec soin pour leurs qualités olfactives. Edward fut instantanément captivé par l'une des enceintes VIP.
Une mélodie olfactive le submergea, un mélange envoûtant de fleurs et d'épices.
"Tu as trouvé ta muse, mon ami ?Tu as l'air particulièrement intéressé par celle-ci", murmura Louis, un sourire malicieux aux lèvres.
"Cette section est réservée à nos spécimens les plus rares. Leurs parfums sont si intenses qu'ils en sont presque addictifs."
Ses yeux se posèrent sur les trois humaines, mais aucune ne semblait être l'instrument de cette musique invisible. Il ferma les yeux, essayant de capter chaque nuance de cette fragrance énigmatique.
Louis inspira profondément, savourant lui aussi ce bouquet d'arômes humains.
Une employée vint les prévenir :
"Les enchères vont commencer dans quelques minutes, messieurs."
Louis le tira du coude, un sourire évocateur aux lèvres.
"Ne rate pas ça, Edward."
Les enchères battaient leur plein, une cacophonie de voix et de chiffres qui vibrait dans l'air.
Et puis, elle apparut. De longues jambes fines, gainées d'une robe verte qui soulignait les courbes de son corps. Il sentit son cœur battre plus fort, hypnotisé par cette silhouette. Il se rapprocha, inhalant profondément l'air chargé de son parfum envoûtant.
Qui était-elle ? Sa peau, d'une blancheur presque surnaturelle, était parsemée de petites imperfections qui la rendaient d'autant plus humaine, plus désirable. Ses lèvres, rouges et pulpeuses, semblaient inviter à la transgression. Derrière cette apparente timidité, se cachait-elle une force indomptable ? Ses yeux, d'un marron profond, le fixaient avec une audace surprenante. Il aurait juré y voir un défi. Il retint son souffle, non par besoin, mais par fascination.
L'appel de la sirène le pénétrait jusqu'à l'âme. S'il avait encore été humain, il aurait retenu son souffle, tant l'émotion était intense. Mais sa condition de vampire lui avait ôté cette possibilité. Il entendit sa voix intérieure hurler : ' Mienne ! '
Edward, les yeux rivés sur Bella, demanda à voix basse à Louis :
"Combien ?"
Ce lot, il voulait l'acquérir à tout prix. Louis, d'un geste impérieux, fit signe au maître des enchères que la partie était gagnée.
"Considère cela comme un présent, mon ami", lui dit-il en lui tapotant l'épaule. Le sourire qu'il adressa à Edward était aussi froid que la glace, mais ses yeux brillaient d'une étrange satisfaction.
« Je suis certain que notre collaboration sera fructueuse à l'avenir. Considère cela comme un investissement dans notre partenariat », affirma Louis, entraînant Edward hors de la salle.
Leurs regards se croisèrent un instant, puis Edward détourna les yeux de Bella qui était elle aussi escortée discrètement hors de la scène. Edward grogna de frustration. On l'éloignait de cette créature dont le parfum l'enivrait, et en plus, il venait de s'endetter envers Louis, un prêt dont il ignorait le montant exact.
Carlisle ne serait pas ravi d'apprendre cela.
