Bonjour à tout le monde ! D'abord, j'espère que vous avez passé de belles fêtes et je vous souhaite une très bonne année 2025 ! Qu'elle vous soit heureuse, sereine, amusante et vous apporte tout ce dont vous avez besoin. En attendant tout ça, je vous souhaite aussi une bonne lecture et je vous remercie d'avance pour vos commentaires !
«Potter, renifla McGonagall. Bien sûr. Vous dites qu'il est dans la Tour?»
Remus ne se sentait pas le courage de parler, alors Dora acquiesça pour lui. Ils suivirent tous deux McGonagall hors de son bureau, sur la route familière de l'ancienne salle commune de Remus, jusqu'au portrait qui en autorisait le passage. Après un coup d'œil à Remus et Dora, McGonagall déclara «Roi de la jungle» et la Grosse Dame s'écarta pour les laisser passer. McGonagall traversa le trou du portrait et puisqu'elle n'avait pas dit qu'ils n'avaient pas le droit de le faire, Remus suivit.
La salle commune n'avait pas changé, même si elle était presque vide en raison de l'heure tardive. Il y avait peu d'élèves encore debout. Deux des septièmes années de Remus, la plupart des filles de cinquième année, Percy Weasley et un groupe d'élèves plus jeunes. Neville était assis seul, se mordillant la lèvre en fixant ses notes de Potions et tout près de lui, les jumeaux Weasley, Lee Jordan et trois garçons de deuxième année – McLaggen, Broder et Toggle – murmuraient entre eux avec une malice apparente.
Bien sûr, dès l'instant où ils remarquèrent McGonagall, tout le monde s'interrompit.
«M. Londubat.» dit McGonagall, et tous les yeux se posèrent sur Neville.
Le pauvre garçon se recroquevilla sur sa chaise.
«Pourriez-vous aller chercher M. Potter pour moi, s'il vous plaît.»
«Il n'est pas là.» couina Neville, terrifié.
Il n'avait visiblement aucune envie de contredire sa Directrice de Maison, mais il savait aussi qu'il ne valait mieux pas lui faire perdre de temps.
«Vous êtes sûr?» demanda McGonagall.
Remus entendit la question, mais il écoutait à peine. Si Harry n'était pas là et qu'il n'était pas dans le bureau de Remus, où pouvait-il bien être? Il avait beau essayer, Remus n'arrivait pas à se concentrer sur autre chose que la mort de Sirius a été confirmé. Son corps a été retrouvé. Sirius est mort.
«J'attendais Hermione pour qu'elle m'aide, dit Neville d'une toute petite voix, le visage rouge. Mais je ne l'ai pas vu, ni les autres.»
McGonagall se tourna vers Remus, clairement surprise, et Remus secoua juste la tête, essayant toujours de réfléchir.
«Dumbledore ne l'a pas emmené avec lui?» demanda Dora à McGonagall, qui secoua la tête.
«Même s'il l'avait fait, où seraient passés Hermione, Ron et Drago?» demanda Remus.
«Messieurs Weasley, dit McGonagall, se tournant vers les jumeaux avec une expression impuissante. Avez-vous vu votre jeune frère ce soir?»
«On pensait qu'il dormait encore dans le bureau de Lupin.» répondit Fred en fronçant les sourcils, les yeux posés sur Remus.
«Mais apparemment non.» dit George.
«Mais s'il est avec Harry, il est sûrement en train d'accomplir de nobles actions-»
«-sauver des demoiselles en détresse-»
«-se montrer digne d'un certain groupe.» dit Fred en observant Remus.
Malgré les mots légers, Remus pouvait sentir que Fred et George n'étaient pas aussi calmes qu'ils semblaient l'être. L'inquiétude émanait de chacun d'eux, juste en dessous de la surface. Puis, une autre odeur attira l'attention de Remus. C'était un mélange de colère qui grandissait lentement et d'une peur plutôt vive.
«Professeur?» demanda Remus.
«Je crois que je sais où ils sont allés.» dit McGonagall.
«Aucun de vous ne doit quitter la salle commune ce soir.» déclara fortement McGonagall.
Fred et George échangèrent un regard sinistre.
«Je suis sérieuse. Cent points seront retirés à quiconque est retrouvé dans les couloirs. Suis-je bien claire?»
«Oui, Professeur.» lui assura Percy avec son habituelle voix pompeuse.
McGonagall lui adressa un signe de tête et fit signe à Lupin et à Tonks, avant de sortir par le trou du portrait.
Percy se retrouva allongé sur le sol, stupéfixé par Fred et saucissonné par George avant même que la Grosse Dame n'ait eu le temps de refermer le portrait. Fred et George sautèrent sur leurs pieds. Plusieurs filles de cinquième année ouvrirent la bouche, surprises, mais aucune ne bougea pour aider Percy.
«Où vous allez ?» demanda McLaggen.
«Ça te regarde pas.» lui dit Fred. Petit crétin.
«Mais vous ne sortez pas de la salle commune?» demanda Neville.
«Non, on a stupéfixé Percy pour qu'il ne nous empêche pas d'aller au lit.» ironisa George en levant les yeux au ciel.
«Vous allez nous faire perdre la Coupe des Quatre Maisons!» protesta Neville.
«Seulement si quelqu'un nous attrape.» répondit Fred.
Il se dirigea vers le trou du portrait – George y était déjà presque arrivé – et personne n'essaya de l'arrêter. Personne ne voulait qu'ils perdent des points, mais ils savaient aussi qu'interférer dans les plans de Fred et George pouvait rendre leur vie très difficile.
«Non.»
Neville sauta sur ses pieds, courut après Fred et George et s'arrêta devant le trou du portrait, ouvrant les bras pour bloquer le passage.
«Je ne vous laisserais pas faire.»
«Oh oh.» dit George en arquant un sourcil.
Fred tourna sa baguette entre ses doigts.
«Vraiment?»
«O- oui, dit Neville, pas trop sûr de lui. McGonagall n'au- n'aurait pas demandé ça si ce n'était pas important, pas vrai? Et une cen- centaine de points chacun-»
Neville s'effondra comme Percy, mais cette fois, George l'attrapa et le déposa près du portrait.
«Désolé Neville, dit Fred. Mais la famille passe avant les points.»
Il passa le portrait et fit signe à George.
«Allez, dit-il. Allons voir dans quoi s'est fourré le petit Ron!»
«Je leur souhaite bon courage pour passer ça.» dit McGonagall, en agitant sa baguette par-dessus son épaule, avant de la ranger sans même ralentir le pas.
«Pardon?»
«Ce sont des Gryffondors, Miss Tonks, dit sèchement McGonagall. L'un d'eux aura sûrement eu envie d'enquêter et ça devrait réussir à les en empêcher.»
Remus jeta un coup d'œil par-dessus son épaule et vit le sol de pierre derrière le portrait bouger doucement. Malgré tout, sa bouche frémit, mais cela ne dura pas longtemps.
«Où pensez-vous-»
«Sûrement en train d'accomplir de nobles actions, dit sèchement McGonagall. Potter est venu me voir cet après-midi, en suggérant que la pierre était en danger … Lui et les autres auront sûrement installé un poste de surveillance devant la porte.»
«Pourquoi Harry pensait qu'elle était en danger? demanda Remus en accélérant le pas. Ou plus en danger que d'habitude ?»
«Je n'en ai aucune idée.» dit McGonagall, mais elle aussi marchait très vite.
Dora frémit et Remus tourna les yeux vers elle. Elle sortit son Sidekick.
«Ils l'ont trouvé. Ou plutôt un elfe de maison l'a trouvé.» grogna la voix de Fol-Œil.
«Pardon?» demanda Dora.
«Black! Il s'est presque tué en transplanant d'un autre continent, mais il est à Sainte-Mangouste et ils pensent qu'il va s'en sortir-»
«Vivant?!» cria Dora.
Remus avait l'impression de flotter, tant la sensation de soulagement qu'il ressentait était grisante. McGonagall reniflait doucement.
«Il- Comment?»
«On est pas sûr – il n'est pas resté éveillé assez longtemps pour parler, mais Scrimgeour est avec l'elfe en ce moment même, alors-»
L'odeur de Dora changea brusquement et lorsqu'elle reprit la parole, sa voix était plus sèche que Remus ne l'avait jamais entendu.
«Fol-Œil, il faut que tu trouves Dumbledore tout de suite et que tu lui dises de revenir à Poudlard-»
«Je pensais que t'aurais voulu être là quand Black se réveille, Nymphadora. Et Lupin … Il est avec-»
«Fol-Œil, maintenant.» s'écria Dora en élevant la voix.
Elle attrapa la manche de Remus et l'entraîna au pas de course dans le couloir.
«Dumbledore a reçu un message ce soir pour lui dire que la mort de Sirius avait été confirmé. Si Sirius est en vie, ça veut dire que-»
«Le message était faux.» souffla Remus.
Le visage de McGonagall perdit toutes ses couleurs. Fol-Œil grognait quelque chose dans le fond.
«Quelqu'un voulait l'écarter du chemin-»
Et d'une façon ou d'une autre, Harry savait que ça arriverait ce soir-
«Je viens de lui envoyer un Patronus, dit Fol-Œil, et sa voix était parfaitement professionnelle. Je suis aussi en route. Où est-ce que je peux vous-»
«Dans mon bureau.» cria Remus.
Ils courraient désormais, avec McGonagall sur leurs talons, sous sa forme de chat car c'était la seule façon pour elle de suivre le rythme. Remus s'engouffra dans un passage secret qui les mena directement au quatrième étage et le Sidekick de Dora s'éteignit. Ils foncèrent jusqu'à la partie principale du couloir du troisième étage et Fol-Œil apparut en bas des escaliers, boitant vers eux aussi vite qu'il pouvait.
«Je ne pouvais pas dormir.» répondit-il.
Severus grogna, regardant la silhouette avec désapprobation plutôt qu'avec suspicion.
«C'est juste- Avec tout ce qui s'est passé cette année, c'est agréable de trouver un endroit calme-»
«Aussi apaisant que vous puissiez trouver l'endroit, dit Severus en le coupant. Je suggère que vous alliez ailleurs. Le troisième étage est interdit d'accès pour une raison-»
«Bien sûr, répondit la silhouette en se tournant. Désolé Professeur.»
Tandis qu'il se tournait, son pied se prit dans le bas de sa robe et quelque chose tomba par terre. Au début, Severus pensa que c'était une baguette, mais lorsqu'il se pencha pour ramasser l'objet – battant de vitesse son triste compagnon – il vit que l'objet était une petite flûte grossièrement sculptée.
Severus n'attendit même pas que le reste du souvenir se joue. Il pouvait deviner ce qui était arrivé. Avec ses mains sur la flûte, il n'avait pas pu attraper sa baguette à temps et il avait été stupéfixé, ou immobilisé d'une façon ou d'une autre, sa mémoire avait été modifié et il avait été mordu par Touffu. Non, au lieu de ça, Severus sortit du fin fond de son esprit pour retrouver le monde physique.
Sa tête lui fit mal, mais il s'assit – il aurait du revenir plus lentement, il le savait – mais il s'efforça de s'habiller avec quelque chose de plus approprié que son pyjama. Il accrocha son horrible prothèse et ignora le nouveau plateau de nourriture qui était apparu près de son lit. Depuis combien de temps était-il endormi cette fois? se demanda-t-il. Il entra dans son bureau, le pas inégal.
Quatre hiboux étaient assis sur son bureau – qui était couvert de fientes – et un rapide regard lui indiqua qu'ils venaient tous de Drago. Il ressentit un soupçon de culpabilité, mais décida qu'il s'en occuperait plus tard. Il avait des choses plus urgentes à gérer pour l'instant.
Il sortit de son bureau pour la première fois depuis plusieurs semaines, mais il ne s'arrêta pas pour observer les vues familières. Ce qu'il constata, c'était que le couloir était très calme et il devina que ce devait être le soir ou tôt le matin. Une bonne chose également. Severus ne pensait pas être capable de gérer les élèves ou ses collègues à cet instant.
Sauf un en particulier.
Tandis qu'il bougeait, il envoya un Patronus à Dumbledore et après un moment d'hésitation, un Patronus à Black. Severus ne rangea pas sa baguette après ça, mais préféra la garder dans la main.
A cause de sa jambe, ce qui aurait du être un trajet rapide lui prit près de dix minutes, et Severus se sentit embarrassé d'être aussi fatigué au moment où il atteignit sa destination. Il supposa qu'avoir passé des semaines au lit n'avait sans doute pas aidé son niveau de fatigue.
Severus ouvrit une autre porte à la volée, débarquant dans la pièce d'un pas inégal, avant de se rapprocher de l'autre porte avec bien plus de prudence. Il maudit le bruit sourd que produisait sa prothèse sur le sol, mais il n'entendit aucun mouvement derrière la porte, ce qui le rassura.
Severus utilisa sa baguette pour ouvrir la porte, sachant que ce serait plus silencieux, et il traversa le palier, la baguette levée.
Le lit était vide. Severus agita sa baguette pour allumer les lumières et plusieurs cris et grognements s'élevèrent autour de lui, suivis par des jurons ou des menaces plus cohérentes.
«Où est-il?» demanda-t-il.
«Mais ça va pas, Professeur?» lança Zabini en se frottant les yeux.
Christopher Morton regardait Harry avec un amusement froid dans les yeux, tandis que Harry se figeait dans l'encadrement de la porte, la main serrée sur sa baguette.
«Morton? demanda prudemment Harry. Où est King?»
«King? demanda Morton, l'air bien plus amusé que Harry ne l'avait jamais vu. Au lit, j'imagine.»
«Mais il- c'est toi? C'est toi qui a essayé de voler la pierre?»
Harry ne savait pas s'il devait être soulagé ou inquiet. Il avait pensé que King était Voldemort et il s'était préparé pour faire face à un sorcier compétent, mais finalement, il s'agissait juste de Morton? Morton, qui en savait autant que Harry. Morton, que Harry était sûr de pouvoir battre en duel. Il est arrivé ici tout seul, se rappela Harry. Nous, on a eu besoin d'être quatre.
«Mais ma cicatrice-»
«Oui, nous nous sommes posé la question.» dit Morton, pensif.
«Nous?» demanda Harry en regardant sa baguette.
Morton sourit de manière sinistre. La cicatrice de Harry le brûla pendant un moment et Morton avait l'air d'être en train d'écouter quelque chose – quoi, Harry n'en avait aucune idée – avant de se concentrer de nouveau sur Harry. La baguette de Harry glissa de sa main et atterrit sur le sol de pierre de l'autre côté de la pièce.
Ils ne nous ont pas encore appris ça, cette année, pensa Harry en observant Morton avec méfiance, une fois de plus.
«Nous, dit simplement Morton. Quelle étrange magie, cette cicatrice. Elle est douloureuse, n'est-ce pas? Quand il est proche.»
Harry ne répondit rien, mais Morton avait du voir la réponse s'afficher sur son visage.
«J'avais raison alors. J'utilisais déjà l'Occlumancie pour que Severus ne se méfie de rien, mais j'ai pensé à l'utiliser contre toi aussi, juste par précaution. Les professeurs ne t'auraient pas écouté si tu t'étais méfié de moi – ils auraient pensé que c'était de la concurrence entre Maisons – mais Black t'aurait écouté, ou Lupin, et je savais que tu l'informais depuis cette histoire avec Ombrage.»
«Mais finalement-»
«Nous avons fait des erreurs, oui. As-tu la moindre idée à quel point c'est épuisant de conserver en permanence un bouclier mental ? Severus hors d'état de nuire, nous avons pu nous détendre un peu et avec King dans les parages … Tu n'avais aucune raison de me suspecter. Après tout, King était nouveau, King était un inconnu ...»
Morton se mit à sourire.
«Puis bien sûr, Black est passé à travers le Voile-»
Morton observa le visage de Harry et Harry s'efforça de garder un visage impassible, mais il ne pensait pas avoir si bien réussi.
«Oh, les Aurors n'ont pas encore compris?»
Harry ne répondit pas.
«Oh. Et bien, c'est ce qui s'est passé.» lança distraitement Morton.
Harry se dit que Morton mentait, mais Morton avait l'odeur de quelqu'un qui disait la vérité. Le cœur de Harry se contracta dans sa poitrine. Cela lui faisait encore plus mal que ses côtes.
«Et avec Black mort et Lupin occupé au Ministère, tu étais tout seul, alors on a laissé tomber toute protection. J'imagine que tu as une sacrée migraine.»
Il sourit largement.
Continue de le faire parler, fut tout ce que Harry pouvait penser. Hermione irait chercher de l'aide et le plus longtemps Harry pouvait faire parler Morton, le mieux ce serait.
«Alors- alors le troll, et le poison, et Rogue, et le phœnix de Dumbledore-»
«Tout ça, c'était moi.» avoua calmement Morton.
«Mais- tu parlais avec moi- tu nous as aidé avec Norbert-»
«Après ton accrochage avec Rogue, je savais qu'on te persuaderait de donner le boulot à quelqu'un d'autre. J'espérais que ce serait Black et que je pourrais m'arranger pour que lui, un Auror, se fasse attrapé avec le dragon, mais tu as recruté Lupin à la place. Puis j'ai été repéré dans la forêt par Black et Dumbledore, alors je suis rentré, en pensant que j'aurais pu passé devant la bête de Hagrid. Mais j'ai été attrapé par Severus, alors je l'ai piégé et je l'ai mutilé pour faire bonne mesure. C'était regrettable, mais nécessaire.»
«Mais pourquoi être allé dans le bureau de Dumbledore?» demanda Harry.
«Parce que j'ai réalisé que tout s'articulait autour de Black, dit Morton. Si je l'écartais, toi et Lupin seriez trop préoccupés pour vous occuper de moi et Dumbledore serait appelé pour discuter des formalités.»
A nouveau, Harry resta silencieux.
«Je savais que si je restais en vie et que je ne finissais pas comme Paul Morton et cette chouette, alors j'aurais besoin de larmes de phénix.»
«Alors- tu-»
Harry regarda de nouveau sa baguette.
«Tu as tué Patmol-»
«Non, pas moi.» dit Morton en souriant comme s'il avait un secret.
«Voldemort.» dit Harry.
Morton tressaillit.
«Oui.» dit-il.
«Mais pourquoi- tu l'aides- c'est à cause de ton père- Parce que Patmol n'a pas pu le sauver-»
Morton fit claquer sa langue.
«Mais quelle impolitesse de ma part!»
Il s'avança rapidement vers Harry, la main tendue.
«Mon nom – mon vrai nom – est Quirinus Quirrell.»
Harry ne lui serra pas la main. Il regardait sa baguette. Son esprit réfléchissait à toute allure, comme si les pièces du puzzle retrouvaient toutes leur place. Il avait entendu Patmol prononcer le nom de Quirrell et il savait qu'il travaillait pour Voldemort.
«Mais- Morton-»
Quirrell soupira.
«Christopher Morton est mort depuis un an maintenant.» dit-il.
Son expression changea un peu.
«Quel dommage … Les gobelins, les Aurors, les hybrides, tout ça est justifiable, mais un petit garçon … Mais c'était le seul moyen, après que j'ai échoué-»
Il grimaça.
«-à prendre la pierre à Gringotts, puis que j'ai échoué à tuer ton ami le loup. Il a manqué de tout gâcher, tu sais.»
«Bien.» dit Harry en détournant le regard de sa baguette pour pouvoir fusiller Quirrell du regard.
Quirrell lui adressa un sourire narquois et claqua des doigts. Des cordes épaisses s'enroulèrent autour de Harry, lui appuyant douloureusement sur les côtes. Quirrell lui lança un regard noir, avant de claquer des mains.
«Peu importe, dit-il finalement. Ce que Lupin a empêché, tu es là pour le réparer.»
Quirrell attrapa les cordes qui étaient enroulées autour de Harry et le mena vers l'autre côté de la chambre. Même s'ils faisaient la même taille, Harry était blessé, il n'était pas vraiment prêt à lutter et Quirrell le guida facilement.
Tandis qu'ils s'approchaient d'un lourd pilier, Harry vit vers quoi Quirrell le menait. C'était un grand miroir très familier.
C'est le dernier test? se demanda Harry en l'observant. Dumbledore, pensa-t-il. Mais comment est-ce que ça marche?
«Tu sais comment ça marche?» lui demanda Quirrell.
Harry secoua la tête, regardant sa baguette, qui était plus proche maintenant qu'ils avaient bougé. Il y eut un silence.
«Menteur, s'écria Quirrell. Est-ce que la pierre est à l'intérieur du miroir? Faut-il que je le casse?»
Il fronça les sourcils.
«Ça doit être Dumbledore … Le casser semble trop brutal pour venir de Dumbledore … Il doit y avoir un truc-»
«Qu'est-ce que tu vois? lui demanda Harry. Quand tu regardes dedans.»
Quirrell lui jeta un coup d'œil.
«Je me vois présenter la pierre à mon maître … Il est très content de moi, dit Quirrell. Il a retrouvé son propre corps.»
Il se crispa soudainement et la cicatrice de Harry se mit à le brûler.
Alors Quirrell voit quelque chose qui n'est pas encore arrivé, pensa Harry. La dernière fois, j'ai vu ma famille – toute ma famille … J'ai vu ce qui aurait pu se passer, mais quelque chose qui ne peut pas arriver. Il déglutit. Est-ce qu'il montre l'impossible? Ou juste ce que nous voulons? Harry se demanda ce qu'il verrait s'il regardait dans le miroir maintenant.
«Jette un œil, Potter. Que vois-tu?»
Harry fut poussé devant le miroir et ne fut pas vraiment surpris de se voir, ainsi que Patmol, occupés à rire et à jouer à se pousser. Des larmes lui montèrent aux yeux et Harry tourna la tête pour pouvoir les essuyer avec son épaule.
Patmol est mort, pensa-t-il en essayant de repousser toutes ces pensées douloureuses. Cela ne marcha pas très bien. Je pourrais penser à lui quand je serais en sécurité, pensa Harry en avalant sa salive. Maintenant, il voudrait que je réfléchisse, il voudrait que j'arrête Quirrell pour qu'il ne- pour que ça ne soit pas arrivé pour rien. Et pour arrêter Quirrell, j'ai besoin de la pierre.
Dans le miroir, Patmol sourit tristement et plaça une main sur l'épaule de Harry. Il sortit la pierre de sa poche, la pressa dans la main du reflet de Harry, lui ébouriffa les cheveux et il disparut.
«Non.» murmura Harry en s'approchant du miroir.
Son reflet le regarda dans les yeux, l'air déterminé et calme, et il glissa la pierre dans la poche du pantalon de pyjama de Harry. Harry sentit le poids de la pierre dans sa véritable poche et il lutta pour garder un visage neutre.
«Que vois-tu?» lui demanda Quirrell.
«Je vois Patmol, dit Harry d'une voix pleine d'émotions, ne voyant pas de raison de mentir. Il est de nouveau en vie- il est- on est en train de rire.»
Quirrell ricana et la cicatrice de Harry explosa soudainement de douleur. Il se tourna vers Quirrell, dont les yeux étaient écarlates et l'expression légèrement différente. Harry écarquilla les yeux.
«Je suis désolé pour ça, Harry.» dit-il doucement.
C'était la voix de Quirrell, mais elle était plus aiguë et plus froide.
«Black était un sorcier talentueux et j'accorde beaucoup d'importance au talent.»
Harry serra la mâchoire.
«Tes parents aussi étaient talentueux-»
«Et vous les avez quand même tué.» dit Harry.
«Mais moi seul peut les ramener.» dit Voldemort.
Harry se figea.
«Tes parents et ton parrain bien-aimé. Tu doutes de moi, mais je suis puissant, Harry. C'est complexe, oui, et les fous comme Dumbledore n'oseraient pas, mais moi, je suis assez puissant. J'ai exploré les tréfonds de la magie, j'ai été plus loin que n'importe quel autre sorcier. Je peux te les ramener … si tu m'aides en retour.»
«Vous voulez que je vous aide à voler la pierre.» dit Harry avec éloquence.
«Petit malin.» dit Voldemort.
Cela sonnait absurde dans la bouche d'un garçon de douze ans.
«Oui, Harry, j'ai besoin de ton aide.»
Harry fronça les sourcils en essayant de penser à un moyen de s'en sortir. Il était désormais en possession de la pierre et plus il restait, plus il risquait qu'elle soit découverte.
«J'ai fait des choses pour lesquelles tu m'en veux, mais vois par toi-même ce à quoi je suis réduis … Sans corps, faible. Forcé à voyager d'un humain à une chouette, forcé de vivre comme un pathétique première année. N'ai-je pas assez souffert?»
Harry se contenta de le fixer.
«Ou peut-être que tu doutes de moi, dit doucement Voldemort. Mais réfléchis, Harry, n'ai-je pas réussi à revenir moi-même?»
Le mot Horcruxe était sur le bout de la langue de Harry, mais il le ravala. Ce qui était clair, en revanche, c'était que Voldemort ne pouvait pas ramener Patmol ou ses parents. Eux n'avaient jamais fait d'Horcruxes. Cette idée les aurait été dégoûté.
«Je peux faire des choses extraordinaires, Harry. Je peux t'enseigner des choses extraordinaires. Je te l'ai dit, leurs morts sont regrettables, dit Voldemort. S'il y avait eu un autre moyen-»
«Vous avez ri!» s'écria fortement Harry.
L'expression de Quirrell – ou celle de Voldemort plutôt – devint laide.
«Vous vous en fichiez d'eux-»
Voldemort agita une main et Harry s'envola dans les airs. Il ne put empêcher le gémissement qui s'échappa de ses lèvres lorsqu'il atterrit, mais Voldemort ne lui accordait plus la moindre attention. Il s'était retourné vers le miroir et l'observait avec intensité. Harry tapota sa poche pour s'assurer que la pierre était toujours là et il manqua de sourire.
Maintenant, pensa Harry, avant de se transformer en loup. Comme il l'avait espéré, le fait qu'il change de forme détendit les cordes qui le bloquaient et il fut capable de s'en défaire. Il reprit sa forme humaine aussi vite que possible et ne regarda même pas en arrière pour vérifier si Voldemort l'avait vu ou non. Il se déplaça aussi silencieusement que possible vers sa baguette, il la ramassa et se mit à courir comme un dératé vers la porte par laquelle il était entré. Le désespoir étouffait la douleur de ses côtes.
Un sortilège vert explosa tout près de son oreille. Harry ne regarda pas en arrière. Les flammes avaient disparu autour de l'obstacle de Rogue – après tout, elles ne s'étaient élevées que lorsque lui et Hermione étaient entrés par l'autre porte. Harry courra vers là, incapable de voir ou entendre Voldemort derrière lui, mais il ne comptait pas s'arrêter pour regarder.
Il faut que je me débarrasse de la pierre, pensa-t-il, en réfléchissant à toute vitesse. Comme ça, s'il m'attrape- Les yeux de Harry tombèrent sur les bouteilles sur la table – ou plus précisément sur la grande bouteille, celle que Hermione avait bu. Harry retira le bouchon, sortit la pierre – qui était rouge sang et sculptée grossièrement – de sa poche et la fit tomber à l'intérieur. Harry reboucha la bouteille, espérant que la potion qui se trouvait à l'intérieur n'endommage pas trop la pierre. Puis il se remit à courir.
Il réussit à parvenir au marécage – ce fut là qu'il entendit Voldemort, à cause de l'eau qui bougeait derrière lui – puis à la salle des échecs, mais sa chance tourna. Avec un certain soulagement, Harry remarqua que ses amis s'en étaient visiblement sortis.
«Où- où est-elle?»
Voldemort arborait une expression très mauvaise sur le visage, ou sur le visage de Morton, ou peu importe à qui appartenait ce visage désormais. C'était encore plus terrifiant à cause du fait qu'il était essoufflé. Il leva une main et Harry leva sa propre baguette.
«Je ne l'ai pas.» haleta Harry, en gardant sa baguette levée vers Voldemort.
Sa main libre était plaquée sur son ventre, qui lui faisait horriblement mal.
«Désolé.»
Harry ressentit quelque chose d'étrange – comme s'il était un peu poussé, mais à l'intérieur de sa tête. Harry réalisa qu'il s'agissait certainement de Légilimancie.
Sors, pensa Harry en envoyant un Maléfice du Saucisson en direction de Voldemort pour le distraire. Voldemort l'esquiva facilement et agita la baguette de Quirrell en direction de Harry. Un sort orange en sortit, que Harry réussit tout juste à éviter, et il explosa sur les pions blancs. Ils prirent feu – Harry n'avait jamais vu de pierre prendre feu – mais par chance, la pression sur la tête de Harry avait disparu.
«Où est la pierre ?!»
«Je ne l'ai pas.» répéta Harry.
Si Voldemort essayait de lire son esprit, alors peut-être valait-il mieux s'en tenir à la vérité.
Cette fois, Voldemort lança quatre sorts, en succession rapide. Harry se jeta sous le premier, roula sur le côté pour éviter le second et les deux autres frappèrent le fou derrière lequel il avait trouvé un abri. A bout de souffle, Harry baissa les yeux sur sa baguette. Comment était-il censé battre ça? Lui qui ne connaissait que les sorts qu'on lui avait appris en première année et les quelques autres que Patmol lui avait enseigné à la maison. Il ne savait même pas comment bloquer des sorts!
«Pedis Offensio!» souffla Harry.
Il y eut un bruit lorsque Voldemort trébucha.
«Ventus.» dit-il lorsque Voldemort essaya de se relever.
Harry se mit à courir vers la pièce avec les clés. Avant d'y arriver, Harry fut projeté dans les airs. Il s'effondra sur la reine blanche, qui l'entoura de l'un de ses bras fissuré et l'empêcha de bouger. Harry se figea en sentant la pression sur ses côtes. Puis, pour la seconde fois cette nuit, la baguette de Harry lui glissa des mains.
«Tu es fou, Harry Potter. Onze ans et tu penses pouvoir te jouer de moi? Je suis le sorcier le plus puissant de notre temps et tu penses vraiment avoir une chance face à moi?»
Pas vraiment, pensa Harry.
«Je ne pensais pas avoir plus de chance quand j'étais bébé, mais je me suis débrouillé pourtant.»
Harry essaya de se défaire de l'emprise de la reine. Voldemort grogna et la reine relâcha Harry. Avant que Harry ne puisse bouger cependant, Voldemort s'approcha et lui saisit la gorge. Puis, il se mit à crier. La main de Voldemort, là où il avait touché Harry, était rouge et pleine de cloques, et les yeux de Harry s'agrandirent.
«Comment?» gronda Voldemort.
Harry ne lui répondit pas, il se jeta en avant et attrapa la main de Voldemort, celle qui tenait sa baguette. Voldemort siffla et sa baguette tomba au sol. Harry marcha dessus, aussi fort que possible, et Voldemort lâcha sa main douloureuse pour grogner de nouveau en regardant Harry. Mais Harry s'élançait déjà vers sa propre baguette.
De nouveau armé, Harry se tourna vers Voldemort, qui regardait avec furie les morceaux de sa baguette. Harry n'était pas sûr qu'il en soit conscient, mais il se tenait les mains et elles étaient brûlées. Quand il retourna les yeux vers Harry, il avait l'air méfiant. Puis il s'effondra au sol en convulsant.
Harry fit un pas en avant, avant de s'arrêter. Sa cicatrice brûlait et il avait un pressentiment horrible-
Ostendere me omnia, pensa-t-il, et sa vision s'ajusta juste à temps pour qu'il puisse voir une masse noire, tachetée de vert et d'argent, le percuter. Il y eut un cri et Harry s'effondra.
McGonagall retrouva sa forme habituelle.
«Il faut que j'envoie un message aux autres Directeurs de Maisons, dit-elle sèchement. Et que je prépare Poppy … Quatre premières années n'ont pas du passer du bon temps là-bas.»
Elle tapota ses yeux et regarda Dora.
« C'est moi qui ai créé la partie d'échecs.» lui dit-elle.
Dora avait l'air confuse, mais Remus comprit. A part James, Dora était la plus douée en Métamorphose de tous les élèves que Poudlard avait accueilli (même si c'était un effet secondaire à sa condition de Métamorphomage) et si quelqu'un pouvait rapidement comprendre son obstacle, ce serait Dora.
McGonagall croisa Fol-Œil dans les escaliers. Remus et Dora lui firent signe de se dépêcher. Harry était en bas, tout comme ses amis, et Merlin seul savait dans quel état ils se trouvaient.
Ou s'ils sont même encore en vie.
Tais-toi, se dit Remus. La porte de Touffu était verrouillée et Remus se demanda comment ils avaient réussi à passer sans déclencher l'alarme. Son bureau était silencieux lorsque lui et Dora avaient vérifié. Tu t'inquiéteras de ça plus tard.
Remus fit apparaître des tambours comme il l'avait fait la nuit où il avait trouvé Rogue. Touffu s'endormit en quelques secondes.
«Après moi.» dit Remus en se préparant à sauter.
Avant qu'il ne puisse le faire cependant, un faisceau de lumière rouge et or illumina le centre de la pièce. Surpris, Remus manqua presque de tomber, mais Fol-Œil et Dora lancèrent tous les deux des sorts sur le nouvel arrivant.
Dumbledore annula les deux sortilèges d'un coup de baguette, caressa Fumseck – qui était perché sur son épaule – et leur adressa un signe de tête. Ses yeux étaient alertes, mais Remus pensa qu'il avait l'air effrayé.
Ne le sommes-nous pas tous? se demanda-t-il. Sans un mot, Dumbledore disparut par la trappe et Remus lui donna cinq secondes avant de sauter également.
Dora fut la suivante à les rejoindre, atterrissant gracieusement grâce au sortilège de Coussinage, mais elle trébucha en essayant de se relever. Remus lui tendit la main par habitude et elle lui offrit un petit sourire, mais il était trop stressé pour répondre.
Ils entendirent alors une dispute en haut, où Fol-Œil attendait toujours. D'abord, Remus pensa que Touffu s'était réveillé, mais c'était des voix qu'il pouvait entendre, pas un grognement. L'origine en devint parfaitement claire lorsque Rogue apparut – l'air plus mince et plus pâle que jamais.
«Professeur!»
Remus sursauta, regardant autour de lui, et il repéra Hermione et Ron qui arrivaient par une porte, portant entre eux un Drago inconscient. Remus s'élança vers eux. Drago avait plusieurs égratignures sur le visage et une vilaine blessure plutôt large sur la tempe. Ron serrait sa main contre lui et son visage était aussi tuméfié et plein de coupures, mais à part ça, il avait l'air d'aller bien. Hermione était recouverte de bleus et de coupures, elle avait déchiré sa robe de chambre et était trempée d'eau marécageuse jusqu'à la taille.
Ils sont allés si loin? se demanda-t-il. Hermione pleurait – de soulagement, apparemment – et elle laissa échapper un cri de surprise lorsque Rogue s'approcha pour s'occuper de Drago. Alors elle recommença à pleurer et Dora plaça un bras autour de ses épaules, lui disant des choses que Remus était incapable d'entendre.
«Où est Harry?» demanda Remus à Ron.
«Avec King, dit Ron. Il faut aller l'aider-»
«King?» demanda vivement Dumbledore.
Fumseck fit un geste étrange sur son épaule.
«Mais Severus, votre message-»
«Ça a vraiment de l'importance de savoir avec qui le garçon se trouve?» s'écria Severus.
Il se pencha maladroitement sur sa fausse jambe pour vérifier le pouls de Drago, avant de faire apparaître des bandages qui se fixèrent autour des cheveux clairs de Drago, recouvrant sa tempe.
«Rennervate.»
Drago grogna en se réveillant et se jeta dans les bras de Rogue. Rogue l'interrogea sur ses douleurs, leur intensité et leur localisation, mais Drago ne répondit pas, se contentant de se blottir contre lui en tremblant.
«Vous restez avec eux?» demanda Dumbledore.
Fol-Œil acquiesça, en éloignant Ron. Rogue et Dora n'eurent pas vraiment de choix, car ils avaient tous les deux quelqu'un dans les bras. Dumbledore pencha la tête et fit signe à Remus.
«Sois prudent.» entendit-il Dora murmurer.
Il se tourna et lui adressa un petit signe de tête. Dumbledore était déjà parti en direction de la salle suivante – avec Fumseck qui voletait au-dessus de lui. Sans hésitation, Remus le suivit.
La première pièce dans laquelle ils entrèrent était encore vide quand il était descendu pour mettre sa protection en place. Aujourd'hui, cependant, il y avait des clés partout sur le sol et un tas de balais dans un coin. Dumbledore pinça les lèvres, mais il traversa la pièce jusqu'à l'autre porte sans aucune difficulté.
Lui et Remus échangèrent un regard lorsqu'ils entendirent un son étrange dans l'autre pièce – peut-être un mot ou le bruit d'un animal, Remus n'était pas sûr. Ils se mirent alors à courir.
