Jennifer rentrait à nouveau de son travail et de ses dernières visites à pied. Marcher lui faisait du bien ces derniers temps ; surtout depuis l'annonce de son diagnostic. Implacable.
-Chère belle-mère je vous trouve encore sur le trottoir, ça devient une habitude! entendit Jennifer sur sa droite à un feu.
Elle aurait reconnu cette voix entre milles et eût un sourire au milieu de ses réflexions.
-Bonjour Brian, dit-elle en regardant le mari de son fils se garer sur le bas-côté.
-Allez, montez, fit le brun en déverrouillant les portières de la corvette.
-Je peux marcher Brian.
-Allez venez. Je commence à m'habituer à nos rencontres fortuites et à vous ramener chez vous, répondit le brun avec espièglerie, vous ne voudriez pas me priver de ce moment.
-Bon. Dans ce cas…
En voyant monter sa belle-mère Brian la trouva très pâle et préoccupée. Ils firent le trajet dans un silence religieux ce qui était inhabituel pour Jennifer. Brian se gara devant la maison de la mère de Justin et attendit qu'elle se mette à parler. Elle ne semblait pas décidée.
-Vous allez bien?
Jennifer haussa les épaules en fixant un point devant elle. En réalité elle était comme vissée au siège de la corvette et elle n'arrivait pas à se décider à en sortir pour rentrer chez elle. Depuis son diagnostic elle vivait comme dans une réalité parallèle.
-Jennifer?
-Oui. Oui Brian. Ça va.
Brian constata à quel point Jennifer mentait mal. Comme son fils d'ailleurs. Il sortit son paquet de cigarettes de sa veste et s'alluma une cigarette après avoir baissé la vitre. Si elle ne voulait pas parler, il pouvait attendre. A sa grande surprise Jennifer tendit la main vers lui.
-Vous êtes sûre? lui demanda-t-il.
Il n'avait jamais vu Jennifer fumer. Avait-elle seulement jamais fumé de sa vie?
-Merci, répondit Jennifer après que Brian ait allumé la cigarette qu'elle avait glissé entre ses lèvres.
Ils fumèrent quelques instants en silence dans l'habitacle de la voiture.
-Qu'est-ce que c'est? demanda finalement Brian.
Jennifer ne répondit pas tout de suite mais ne pût que constater la perspicacité de son gendre.
-Cancer du sein, lâcha Jennifer après avoir évacué la cendre de sa cigarette par la fenêtre dans un geste précis.
Elle avait lâché l'information comme ça. Sans savoir pourquoi. Elle avait tout à coup ressenti le besoin de le dire.
Brian s'était attendu à tout sauf à cette révélation. Le sang lui monta à la tête et il dût prendre quelques instants pour comprendre et enregistrer l'information. Il déglutit difficilement après avoir pris une nouvelle bouffée de sa cigarette. Il tourna la tête vers Jennifer qui n'avait pas bougé et qui fixait un point devant elle en continuant de fumer.
-Est-ce que…
-Seuls Tucker et vous, êtes au courant, souffla-t-elle.
-Mais il faut que vous…
-Je dois leur dire. Je sais Brian, soupira-t-elle.
De nouveau, Brian déglutit. Il tourna de nouveau la tête vers le devant de la voiture.
-Depuis quand?
-Je le sais depuis quelques semaines.
-Et…
-Stade 2.
L'annonce de Jennifer résonnait dans l'habitacle de manière irréelle. Brian était sonné. Cette révélation faisait résonner son propre diagnostic reçu il y avait de cela plusieurs années. Était-ce pour cette raison qu'elle lui avait lâché cette bombe?
-Je suis désolé, réussit-il finalement à articuler d'une voix sourde.
-C'est comme ça, énonça Jennifer comme un couperet.
Ils terminèrent leur cigarette en silence. Jennifer l'écrasa dans le cendrier et s'apprêtait à quitter l'habitacle. Cependant quelque chose la retint.
-Brian?
-Oui?
-Je suis désolé pour ce jour-là.
-Je vous demande pardon? répondit Brian sans comprendre.
-Vous savez ce jour-là où vous aidiez Justin à faire ses exercices de kiné sur le perron de la maison avec la balle de tennis après son agression. Je vous avais demandé de me le rendre et de le laisser tranquille. Je n'avais pas compris ce qui vous liaient tous les deux et jamais je n'aurais dû vous demander une telle chose. Maintenant je sais. Je ne vous remercierais jamais assez d'avoir sauvé mon fils comme vous l'avez fait ce jour-là mais aussi ce soir-là dans ce parking. Merci Brian. Je sais que Justin est en sécurité avec vous et surtout qu'il est heureux.
-Je…tenta Brian.
Mais Jennifer le coupa dans son élan. Elle se pencha vers lui et embrassa doucement sa tempe dans un geste maternel que Brian ne lui avait jamais connu. Elle sortit finalement de la voiture après lui avoir tapoté l'épaule.
Brian en fût bouleversé et fronça les sourcils.
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Après être rentrée Jennifer était assise à la table de la cuisine, les mains entourant une tasse de café tiède qu'elle n'avait même pas touché. Son regard fixait un point invisible devant elle, mais son esprit, lui, était en ébullition. Un tourbillon d'émotions contradictoires l'étreignait, serrant sa poitrine plus fort que la peur qu'elle ressentait depuis le diagnostic.
Cancer. Cancer du sein. Une grenade se développait sous son sein. Une grenade potentiellement mortelle.
Elle se sentait déchirée. Comment annoncer une nouvelle si bouleversante à Justin et Mollie, ses enfants qu'elle aimait plus que tout ? Justin, son aîné de 24 ans, si solide en apparence mais dont elle connaissait la sensibilité sous-jacente. Et Mollie, sa benjamine de 18 ans, à peine sortie de l'enfance, encore fragile dans sa découverte du monde. Elle craignait de briser une partie de leur insouciance, de leur imposer un poids qu'ils ne devraient pas porter si jeunes.
Une angoisse sourde montait en elle : allaient-ils pouvoir gérer cette nouvelle ? Et si elle n'était pas là assez longtemps pour voir Mollie terminer ses études, ou pour voir Justin évoluer dans sa propre vie avec son mari avec peut être un autre petit enfant même s'ils n'en avaient jamais parlé? Comment leur annoncer une nouvelle qui risquait de bouleverser leur monde ? Comment leur dire qu'elle, leur pilier, devait maintenant mener un combat qu'elle n'avait jamais imaginé affronter ? La peur d'être vue comme vulnérable la rongeait, mais plus encore, elle redoutait de voir la tristesse et l'inquiétude dans leurs regards.
Une voix au fond d'elle murmurait qu'elle devait être forte, mais cette force, elle peinait à la trouver dans l'instant.
Puis il y avait Tucker, son compagnon, son roc inattendu. Vingt ans de différence, mais il lui a avait redonné goût à l'amour, à la vie, à l'idée même d'un futur partagé. Un futur qui semblait aujourd'hui si fragile. Une vague de culpabilité l'envahit : était-ce juste pour lui ? C'était un homme jeune, vibrant, et la perspective d'une longue bataille contre la maladie la faisait douter. Pouvait-elle vraiment lui imposer ce poids ? Une partie d'elle voulait lui dire qu'il était libre de partir, mais une autre se raccrochait désespérément à son soutien. Ils partageaient depuis maintenant quelques années un amour si improbable et pourtant si profond.
La peur de l'inconnu s'entremêlait avec une colère sourde qu'elle n'osait à peine nommer. Pourquoi maintenant ? Pourquoi elle ? Elle se battait contre ce sentiment d'injustice, essayant de le remplacer par une résolution : celle d'être forte, pour elle-même et pour ceux qu'elle aimait.
Vint ensuite la culpabilité, lancinante et difficile à chasser. Elle se demandait si elle aurait pu détecter la maladie plus tôt, si elle avait négligé des signaux. Mais surtout, elle culpabilisait à l'idée d'imposer à ses enfants ce poids. Ils avaient leur vie à construire, leurs propres défis à affronter, et voilà qu'elle allait leur ajouter cette charge. D'autant que Justin avait déjà subi le cancer et la période de convalescence avec son mari.
Elle ressentait également une profonde tristesse, un poids écrasant dans sa poitrine. Ce n'était pas seulement pour elle-même qu'elle était triste, mais pour tout ce que ce diagnostic risquait de changer : les sourires insouciants de ses enfants, leurs projets, leur vision d'elle en tant que pilier solide et invincible. Elle savait qu'après cette conversation, rien ne serait plus tout à fait pareil.
Cependant, enfouie quelque part sous ces émotions plus sombres, il y avait une pointe de résolution, fragile mais présente. Elle savait qu'elle n'avait pas le choix. Elle devrait leur dire, trouver les mots justes, ceux qui informeraient sans alarmer, ceux qui rassureraient tout en étant honnêtes. Mais comment ? Comment parler de quelque chose d'aussi effrayant, d'aussi intime, sans que la peur ne prenne toute la place ?
Assise là, devant sa tasse de café refroidie, Jennifer était à la fois écrasée par le poids de l'inquiétude et poussée par l'amour incommensurable qu'elle portait à ses proches. Une larme coula le long de sa joue, qu'elle essuya d'un geste brusque.
Elle savait qu'il faudrait parler, bientôt. D'autant qu'elle avait désormais mis Brian au courant et il avait raison, elle devait prévenir ses enfants. Trouver les mots justes, ou du moins, ceux qui feraient le moins mal. Mais pour l'instant, elle resta là, immobile, entre réflexion et espoir.
La maison était calme, mais pour combien de temps encore?
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Pourtant autre chose inquiétait également Jennifer. Depuis plusieurs semaines Mollie était renfermée sur elle-même et semblait déprimée. A plusieurs reprises la mère de famille était persuadée l'avoir entendue pleurer.
Elle avait eu beau poser des questions et essayer de la faire parler mais rien n'y faisait Mollie restait muette.
Jennifer décida d'appeler son fils. Peut-être que ce dernier allait réussir à faire parler sa sœur.
Ce dernier arriva en fin de journée après le travail.
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Mollie révisait sur son lit lorsque la porte de sa chambre s'ouvrit en grinçant. Elle s'apprêtait à repousser sa mère lorsqu'elle vit une tête blonde masculine surgir.
-Salut moustique je peux entrer?
-Bien sûr Jus, répondit-elle dans un soupir.
L'artiste vint s'asseoir à ses pieds sur le lit.
-Laisse-moi deviner c'est Maman qui t'a appelé?
-Dans le mille, répondit son grand-frère avec un large sourire et en penchant la tête sur le côté, elle s'inquiète pour toi.
-Je ne vois pas pourquoi y'a aucunes raisons, s'exclama la jeune femme d'un air buté en continuant frénétiquement à rédiger sa fiche.
-Il s'est passé quelque chose avec Papa?
-Non.
-Ça ne vas pas en cours?
-Si, si tout vas bien, s'agaça-t-elle.
-Est-ce que ça a un rapport avec Hunter alors? Il ne va pas mieux?
A ces mots Mollie se referma comme une huître. Justin compris qu'il avait visé juste.
-Mollie qu'est ce qui se passe? Je vois bien que quelque chose ne va pas, repris doucement Justin.
Mollie s'était pourtant promis de ne rien révéler mais face à la douceur de son frère elle éclata finalement en sanglots ses genoux remontés contre elle, le visage entre les mains.
-Ça va aller, s'exclama doucement Justin en la prenant dans ses bras. Qu'est ce qui s'est passé? Tu veux bien me raconter?
Mollie avoua finalement et raconta l'épisode de l'hôpital et les mots de Mickael à son grand frère. Justin pensait à une peine de cœur mais pas à un tel comportement abject de la part du vendeur de BD. Au fur et à mesure des confidences de sa petite sœur il sentit la fureur l'envahir.
Et Justin allait perdre son sang-froid légendaire.
Avant de quitter la maison de sa mère il rassura et réconforta sa petite sœur sans lui montrer le trouble qu'avaient provoquées les confidences de la jeune femme. Mollie fût si soulagée de se confier à son frère qu'elle ne remarqua pas la colère qui grandissait en lui.
Après son départ il fonça vers le snack où il devait retrouver toute la bande pour le diner. Sa colère ne faisait que croître au fur et à mesure de son trajet.
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Le dînner était justement bondé et particulièrement animé ce soir-là. Autour de la table étaient réunis Ted, Blake, Emmett, Ben, Brian et Mickael qui discutaient.
Depuis l'annonce de sa belle-mère, en fin d'après-midi, Brian était un peu ailleurs et en décalage avec l'ambiance qui régnait autour de la table.
Debbie, occupée à leur servir leurs boissons, ne se doutait pas une seconde de ce qui était sur le point de se produire.
Mais l'atmosphère changea soudainement lorsque Justin entra dans le dînner avec un regard furieux. Brian se redressa immédiatement en le voyant. Était-il au courant?
Justin repéra immédiatement Mickael, assis à la table avec les autres, et son visage se crispa de colère.
Les autres remarquèrent aussi l'arrivée de l'artiste, mais avant qu'ils n'aient pu réagir, le jeune homme se précipita vers Mickael, la rage prête à exploser, les yeux étincelants de colère.
-Qu'est-ce que t'as dans la tête, hein ? s'exclama Justin haussant la voix dès qu'il fût à la hauteur de Mickael.
Le vendeur de BD, surpris par l'attaque soudaine de Justin, se redressa immédiatement. Il échangea un regard nerveux avec ses voisins totalement stupéfaits par l'état du jeune artiste.
Mais Justin ne laissa pas le temps à Mickael de répondre.
-Tu crois que je ne vais rien dire ? Que je vais te laisser t'en prendre à Mollie comme ça ?
Les garçons échangèrent des regards inquiets alors que Debbie s'arrêta net.
-De quoi tu parles ? T'es malade? s'exclama Mickael sur la défensive.
-Ne fais pas semblant de ne pas savoir ! répondit Justin la voix sourde en se penchant légèrement au-dessus de la table les poings serrés. Hunter. Hôpital. Mollie. Tu veux que je te fasse un dessin ? Elle m'a tout raconté, Mickael. Comment tu l'as traitée. Tu lui as dit des horreurs ! Des horreurs sur elle, sur moi, sur nous. Et tu oses venir ici en toute tranquillité comme si de rien n'était ?! Tu lui as parlé comme si elle était la dernière des merdes ! T'es qu'un lâche, Mickael!
-Mais ça va pas? Pour qui tu te prends de me parler comme ça devant tout le monde?
-Oh, parce que toi, tu t'es gêné avec ma sœur ? Répliqua Justin élevant encore plus la voix, ignorant les regards autour d'eux. T'as trouvé ça normal de hurler sur une gamine de 18 ans ? De l'accuser de je ne sais pas quoi pendant qu'Hunter était aux urgences ?
-J'étais inquiet pour mon fils, d'accord ? répondit Mickael, excuse-moi si je n'avais pas la patience de gérer ta petite sœur et ses crises !
-Ses crises ?! Elle m'a dit que tu l'avais traitée d'irresponsable, qu'elle n'avait rien à foutre là et que c'était sa faute si Hunter avait fait son malaise.
A ces mots Ben se redressa brusquement.
-Tu te rends compte de ce que tu lui as fait ressentir ? T'es complètement malade! poursuivit Justin.
-Et ce n'était pas sa faute peut-être ? Elle était là, non ? Si elle avait été plus vigilante…
-Quoi?! le coupa Justin. C'est qu'une adolescente, bordel ! Ce n'est pas elle qui devait surveiller Hunter, c'était à toi de t'assurer qu'il allait bien ! Mais non, t'as préféré rejeter ta culpabilité sur elle parce que c'est plus facile, hein ?
-Et toi, tu penses que tu vas venir me donner des leçons ? Mais t'es qui pour juger comment je gère ma famille ?
-Mickael! s'exclamèrent en même temps Ben et Debbie.
Mais les mots fusaient et personne ne semblaient pouvoir les arrêter. Justin en particulier semblait inarrêtable.
-C'est pas la première fois, Michael, s'exclama Justin les dents serrées. On sait tous les deux pourquoi tu fais ça. Ce n'est pas Mollie qui te dérange. C'est moi.
-Quoi ? s'exclama Mickael dans un rire dédaigneux.
-Ta jalousie, Michael, répondit Justin implacable. T'as toujours eu du mal à gérer le fait que je sois là, que Brian m'ait choisi. Et maintenant, t'es tellement aigri que tu t'en prends à ma petite sœur ?
-C'est ridicule, répondit Mickael avec un rire méprisant. Tu racontes vraiment n'importe quoi.
-Non, ce qui est ridicule, c'est que tu sois incapable de passer à autre chose. Hunter était à l'hôpital, et au lieu de te concentrer sur lui, tu trouves le moyen de détruire quelqu'un d'autre pour apaiser ta frustration.
Un silence tendu s'installa.
-Écoute moi bien, Michael, repris Justin d'une voix grave et sombre. Si tu veux t'en prendre à quelqu'un, tu viens me voir. Pas Mollie. Pas une gamine qui essaie juste de faire de son mieux. Elle ne mérite pas tes conneries.
- Tu te prends vraiment pour le héros, hein ? T'es là à te défendre comme un gamin qui protège sa petite sœur. Tout ne tourne pas autour de toi tu sais. Tu devrais grandir un peu.
-Nom de dieu Mickael! s'exclama de nouveau Ben.
-Pour ta gouverne, repris Justin fixé sur le vendeur de BD sans faire fi de l'intervention du professeur, je préfère être un gamin qui défend ceux qu'il aime plutôt qu'un homme qui se cache derrière des insultes pour se sentir supérieur alors qu'il est incapable de voir que son fils ne va pas bien.
Mickael se leva alors brusquement. A son tour, Brian se leva d'un bond et se plaça devant Justin. Il lui prit le bras pour l'empêcher de se jeter sur Mickael.
-Justin arrête. Pas ici, s'exclama Brian.
-Quoi ? Tu vas le défendre ? Après ce qu'il a dit à ma sœur, c'est ça que tu fais ? T'es vraiment en train de me dire que tu prends sa défense ?! s'exclama Justin devant son mari le visage déformé par l'indignation.
Brian fut sous le choc de l'attaque soudaine, mais il resta maître de ses émotions, cherchant à garder son calme. La priorité était de ne surtout pas envenimer une situation au bord de l'implosion. Pour la première fois depuis qu'il connaissait Justin il sentait que ce dernier était prêt à exploser. Il savait que Mickael n'aurait pas eu le courage d'aller plus loin que des mots. En revanche pour Justin il sentait que ce dernier en était prêt à venir aux mains, aveuglé par la colère et il était donc primordial de calmer le jeune artiste.
-Et tu vas faire quoi? Lui casser la gueule au milieu du snack? répondit Brian avec calme et fermeté retenant toujours Justin par le bras. Je te demande juste de réfléchir avant de faire quelque chose…
Justin, choqué par l'attitude de Brian, le regarda intensément, une lueur de trahison dans les yeux. Il eut l'impression que Brian prenait la défense de Mickael, ce qui aggrava encore plus sa colère.
-Non, Brian. Mais il est temps que quelqu'un lui dise ses quatre vérités ! Ce n'est pas la première fois qu'il se laisse emporter par sa jalousie, et il le fait maintenant au détriment de ma sœur ! Mollie est dévastée, Mickael, et c'est à cause de toi ! Elle ose même plus s'approcher d'Hunter ou ne serait-ce que répondre à ses textos! T'es complètement malade! l'invectiva l'artiste.
C'est de ma famille dont tu parles, Mickael. Et ma sœur mérite mieux que ça! Tu veux qu'on parle de tes raisons, Mickael ? Parce que je suis bien placé pour savoir que tes "raisons" ne sont qu'un prétexte pour déverser ta haine. Si tu veux vraiment me comparer à un enfant, vas-y! Mais ne crois pas que je vais rester là sans réagir. Je protégerai toujours ma famille. Je t'interdis de t'approcher à nouveau de ma sœur où je te jure que tu vas t'en souvenir.
Justin se dégagea violement de la poigne de Brian.
Les poings serrés, il regarda intensément son mari avant de se tourner brusquement vers la sortie, son regard empli de colère envers Mickael et de douleur envers Brian. Il quitta le snack en trombe, sans se retourner, faisant claquer la porte contre le mur.
Tout le monde fut pris de court par cette explosion. Ted et Emmett échangeaient des regards, nerveux, tandis que Ben resta silencieux, choqué. A dire vrai tous les garçons étaient profondément choqués par les mots qui avaient été échangés et par-dessus tout par l'attitude de Mickael.
Le snack resta figé un instant, un silence lourd pesant sur tous les occupants de la table fixés par les autres clients.
Finalement, autour d'eux, les conversations reprirent tout doucement.
Puis, Brian, furieux, se tourna vers Mickael.
-Mais qu'est-ce que t'as fait putain?! s'exclama Brian vers son meilleur ami. Qu'est-ce que t'as été dire encore? Si tu continues à foutre ta merde partout, crois-moi, t'auras affaire à moi, et là, je te jure que tu comprendras la différence entre moi et toi, termina Brian avant de quitter à son tour le snack à la suite de Justin.
Mickael, bien qu'encore sur ses gardes après la menace à peine voilé de Justin, se rendit compte qu'il avait franchi un point de non-retour. La tension était palpable, et chacun autour de la table sentait que cette soirée venait de prendre une tournure irréversible.
Ben regardait Mickael avec colère.
Quant à Debbie elle semblait prête à le gifler.
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-Justin attends-moi, cria Brian dans la rue après son jeune mari.
Il le rattrapa et lui attrapa la main.
-Lâche-moi putain! s'exclama Justin avec force en se dégageant.
Brian recula légèrement surpris par la violence de la réaction de son partenaire. Justin repris sa marche.
-Tu peux arrêter de faire une scène et te calmer bordel!
Justin s'arrêta net et se retourna vers Brian les yeux brillants de colère.
-Me calmer? Sérieusement? répondit Justin amer, tu veux que je me calme alors que ton cher Mickey a été odieux avec ma sœur sans parler de tout ce qu'il vient de dire? Et toi tu t'es contenté de prendre sa défense!
-Ce n'est pas ce qui s'est passé, répondit Brian en levant légèrement les mains, je voulais éviter que ça dégénère.
- Éviter que «ça dégénère»? Donc, tu lui donnes raison, et moi, je suis quoi? Un gamin capricieux qu'il faut remettre à sa place?
Brian soupira et passa une main dans ses cheveux, visiblement exaspéré.
-Ce n'est pas une question de prendre parti. Mickael a été débile, je suis d'accord, mais toi, tu es parti au quart de tour! De toute façon tu étais déjà dans cet état là en arrivant. Tu sais comment il est. Il ne pense pas toujours à ce qu'il dit.
-C'est ça ton excuse? Cracha Justin, "c'est Mickael, il ne pense pas?" Et moi? Je dois juste tout accepter parce que c'est ton meilleur ami?!
-Non je ne me cherche pas d'excuses, écoute…
-Vous faites vraiment la paire tous les deux. Va te faire foutre Brian!
Et sur ces derniers mots Justin tourna les talons et s'éloigna dans la nuit, le laissant comme ça sur le trottoir.
-Justin!
