Capitaine de Starfleet

Chapitre 28:

L'ange

- Capitaine Harias à la passerelle. Sommes-nous prêt?

- Oui capitaine, répondit Saru.

- Bien. Je m'élance dans trois, deux, un…

Il ouvrit le sas, aspiré à toute vitesse, filant vers l'astéroïde. Il fusa, la passerelle le suivant, le visualisant grâce à la traînée d'énergie dorée qui le suivait. En une seconde, il s'engouffra dans le nuage de débris, toujours aussi incroyable dans son vol. Là où le meilleur des pilotes se serait écrasé rapidement, lui passait à travers sans aucune difficulté, avec une célérité telle qu'elle en devenait irréelle.

- Qu'est-ce que j'aimerai pouvoir faire ça, soupira Detmer en amusant ses collègues.

- Même si vous étiez un mezoriem ou que vous aviez des ailes vous ne pourriez pas, remarqua Severus en les interpellant. Adolescent, il n'avait pas ses ailes mais il était déjà prodigieux lorsqu'il s'agissait de voler avec nos dispositifs.

Le silence revint, tous observant leur capitaine aller vers le vaisseau écrasé, suivant tout ce qu'il se passait dans la zone et continuant les analyses. Une fois de plus, Harias fit passer une action censée être extrêmement complexe et dangereuse pour un jeu enfantin. Rapidement, il se posait sur l'astéroïde, activant son communicateur neural.

- Harias au Discovery, me recevez vous?

- Oui capitaine, parfaitement, répondit Saru.

- Bien, je me suis posé sans encombre. Maintenant que j'y suis, je sens de la vie ici, dit-il en les surprenant. Il y a encore du monde. Je vais voir ça.

Ce fut avec prudence que le capitaine, suivis par sa passerelle, entra dans ce qu'il restait du vaisseau, prudent mais ne sentant aucun danger en dehors de celui engendré par cet astéroïde. L'engin était en ruine mais l'énergie y circulait toujours, des messages d'urgences résonnant ici et là.

- L'atterrissage a été extrêmement violent, commenta-t-il pour son équipage. Le titane de la structure a été littéralement coupé en deux. Le champs de gravité de l'astéroïde fluctue énormément au point que je peux le sentir nettement. Vu l'impact, il devait être encore bien plus fort lorsqu'ils ont échoué ici. Un objet est en approche, signala-t-il en se tournant vers ce qu'il sentait.

La première chose qu'il vit fut une lumière avant qu'une sorte de sonde volante n'apparaisse derrière elle.

- Il s'agit d'une sorte de drone fait à partir de technologies de Starfleet, dit-il pour son équipage qui ne pouvait le voir.

L'engin se scinda en trois pour le scanner sous plusieurs angles. Ne sentant toujours aucun danger, il se laissa faire. Ce fut vite terminé et une voix s'éleva dans une communication:

- Soyez le bienvenu, salua une voix féminine et forte.

L'astéroïde eut une nouvelle secousse puissante, forçant Harias à écarter les pieds et les ailes pour conserver son équilibre.

- Restez pas planté là, reprit la voix. Suivez les petits. Allez.

Un peu amusé par l'assurance de cette femme semblant faire penser qu'elle n'était absolument pas dans une situation critique, Harias suivit le drone tout en analysant tout ce qu'il avait à porté. Il continua à décrire ce qu'il se passait et ce qu'il voyait à son équipage. Quelques minutes plus tard, il entrait dans un tunnel fait de bâches plastiques reliées par des anneaux solides. Le corridor étroit le força à plaquer un peu plus ses ailes à son dos. Encore un peu et il entrait dans un espace où l'atmosphère de l'astéroïde avait été purifiée, permettant de respirer normalement. Il avança avec prudence, s'arrêtant en percevant un laser au sol.

- Un piège? demanda-t-il à celle lui parlant à travers le drone.

- Ouais et c'est pas le moment de vous faire décapiter, remarqua-t-elle avec un certain engouement.

Souriant, il enjamba le laser pour poursuivre son chemin jusqu'à entrer dans ce qui devait être la seule salle à peu près potable du vaisseau. Là, il trouva plusieurs êtres dans des états de santés extrêmement fragiles et précaires, allongés dans diverses installations faîtes avec les moyens du bord. Il avança encore un peu pour trouver celle qui lui avait parlé et qui était visiblement en train de soigner quelqu'un comme elle pouvait. Il s'agissait d'une humaine brune aux cheveux courts, l'air à la fois frêle et pleine d'énergie malgré une fatigue très présente.

- Oh dieu merci vous voilà, fit-elle en se redressant. Je suis le commander Jett Reno, se présenta-t-elle. Ingénieure. Je vous serrai bien la main mais j'ai de la cervelle de telarite jusqu'au menton, dit-elle en reprenant ses soins sur le dit telarite inconscient.

- Capitaine Harias de l'USS Discovery, répondit-il en la rejoignant.

- Ouais, approuva-t-elle en se levant et en se débarrassant de son tablier de plastique. J'ai vu l'insigne de la Fédération. C'est pour ça que je vous ai pas vaporisé.

- Et je vous en remercie, sourit-il.

- Enchanté, dit-elle en lui tendant une main qu'il serra sans hésiter. Je commençais à désespérer, soupira-t-elle. Dix mois et onze jours qu'on est échoué ici. J'imagine que ce sont les foutus champs d'énergie et de gravité de ce cailloux qui ont compliqué les recherches.

- Pour être tout à fait franc, il n'y avait pas de recherche. Votre vaisseau était déclaré détruit. Mais nous sommes là maintenant et nous allons vous ramener.

- T'entend ça Valentin? dit-elle en s'approchant d'un camarade dans le coma. On rentre à la maison.

Son cœur était enfermé dans une boîte près de lui, fonctionnant par un dispositif totalement artificiel le maintenant en vie.

- Il a reçu un éclat d'obus dans la valve aortique gauche, expliqua-t-elle en posant une main sur la boîte de son cœur. Comme il lui fallait un donneur et que j'en avais pas j'ai greffé son coeur dans ce dispositif pour qu'il continue de battre.

- Vous vous êtes démenée pour garder toutes ces personnes en vie, comprit-il en regardant les autres autour d'eux.

- Ouais et les petits ont aidés, dit-elle en désignant son drone. Je les ai fais pour supporter beaucoup de poids.

- Qu'est-ce qu'il s'est passé? demanda-t-il.

- On allait être détruis alors on a évacué la majeure partie dans des nacelles de sauvetage. Mais ce groupe ne pouvait pas être déplacé.

- Et vous êtes restée avec eux.

- Bien sûr que je suis restée. Vous auriez fait quoi vous?

- La même chose, sourit-il.

- C'était peut-être pas très malin, concéda-t-elle.

Ils furent interrompus par une autre forte secousse de l'astéroïde leur rappelant la situation.

- On se fait secouer depuis des heures, vous savez pourquoi? demanda-t-elle.

- Cet astéroïde va droit vers un pulsar, répondit-il. Le champs gravitationnel va le mettre en pièce.

- Oh quel soulagement, soupira-t-elle, je croyais qu'on allait tous mourir. Vous pouvez nous tirer de ce trou ou quoi?

- Je suis venu pour ça. Votre plateforme de téléportation est encore intacte?

- Autant qu'elle le peut après ce crash, répondit-elle en prenant le chemin de la dîtes salle que Harias commença à analyser.

- On peut déplacer vos patients? questionna-t-il.

- C'est dangereux mais oui.

- Bien, une équipe médicale les attend déjà. Je vais poser les amplificateurs de signal de téléportation.

Il remit le courant et l'endroit s'illumina un peu, la porte se refermant, des gerbes d'étincelles volant un peu partout.

- Pourquoi les déplacer si vous créez un champs d'amplification assez grand pour être téléporté de n'importe où?

- Parce que la téléportation est plus que précaire ici. Les amplificateurs sont là au cas où le téléporteur se déconnecterait. Utiliser la plateforme est beaucoup plus sûr, dit-il en la faisant approuver. Commencez à préparer les blessés, je vous rejoins dés que j'ai terminé.

Elle acquiesça et détala, lui même s'activant pour remettre la salle en fonction et assurer le signal de téléportation. Il fallut rouvrir là porte à la force des bras et y placer une barre de fer pour la garder ouverte. Cela fait, Harias s'activa pour faire ce qu'il fallait avant de rejoindre Reno et de l'aider à transférer les blessés vers la salle de téléportation.

- Vous savez quelque chose au sujet du signal? questionna-t-il tout en déplaçant un brancard avec elle.

- Quel signal?

- On vous a trouvé en suivant les coordonnées d'un signal. Un parmi sept sortis de nul part, expliqua-t-il.

- Non, je sais rien là dessus, répondit-elle.

Une nouvelle secousse les poussa à aller plus vite, Harias téléportant le premier groupe de six avant de poursuivre avec les autres. Ce fut alors qu'ils allait téléporter les derniers que les systèmes défaillirent, Harias sortant de la plateforme pour aller rétablir l'énergie en ordonnant à Reno de rester avec eux. Il parvint à remettre l'énergie assez longtemps pour que le groupe puisse être téléporté mais une explosion du panneau auquel il faisait face le projeta en arrière, lui faisant passer la porte en retirant la barre de fer au passage. Elle se referma et il se retrouva coincé là. Il se concentra sur les systèmes une seconde, déterminant rapidement que la téléportation était hors service. Il pensa une seconde à transplaner mais cela était assurément extrêmement dangereux. Il sentait les énergies s'agitant en tout sens ici. Et comme partout, il y avait de la magie naturelle dans le même état. Aussi comme au jour où il avait dû plonger dans le volcan pour aller chercher Spock directement, une seule solution s'imposait. Il fit demi tour et partit en courant alors que tout tremblait terriblement. Il devait sortir et retourner au Discovery grâce à ses ailes. Un Discovery qui s'inquiétait d'ailleurs énormément pour lui. Calme, il les rassura tout en courant, se faisant en même temps confirmer que tous les rescapés étaient à bord.

Il courut à toute vitesse, traversant les explosions qui émanaient de partout en se protégeant au mieux, un peu malmené par la magie s'agitant toujours plus autour de lui. Il était presque sortit quand une violente explosion l'envoya voler contre un mur, le choc le faisant grimacer. Il se retrouva assis au sol, se secouant pour se reprendre. Il se figea pourtant lorsque qu'une silhouette ailée apparut devant lui, auréolée d'une puissante lumière rouge. Il regarda plus attentivement, analysant ce qu'il sentait. C'était une personne, un humain, dans une combinaison technologique comme jamais il n'en n'avait vu. Mais le plus surprenant fut de trouver une certaine forme d'énergie et de magie autour de cette personne. Elle resta un petit moment, planant tel un ange avant de disparaître, comme aspiré vers l'arrière. Il bougea sur le champ, sautant sur ses pieds pour sortir de là aussi vite que possible, s'envolant dans une pulsation de lumière d'or pour retourner vers son vaisseau. Bientôt, il entrait dans un sas, entendant presque sa passerelle soupirer de soulagement lorsqu'il confirma qu'il était bien rentré. Il en prit le chemin, accueillit par un regard blasé de Severus lorsqu'il entra.

- Vous n'avez pas changé d'un poil malgré le temps, remarqua-t-il. Vous faîtes toujours les choses les plus folles possibles n'est-ce pas? posa-t-il en l'amusant.

- Ce ne serait pas drôle sans ça, sourit-il en reprenant son siège laissé par Saru. Bien, où en sommes nous? Des nouvelles de l'infirmerie?

- Tout les rescapés ont été pris en charge, informa Bryce.

- Et notre astéroïde? Rien de neuf? Vous n'avez rien détecté entre la dernière téléportation et ma sortie du vaisseau?

- Non capitaine, répondit Owosekun.

- Mais nous aurions dû sinon vous ne le demanderiez pas ainsi, remarqua Khan. Alors quoi?

- J'ai en effet vu quelque chose, acquiesça-t-il. Subitement, une personne, humain d'après ce que j'ai senti, est apparue dans une combinaison intégrale d'un genre et d'une technologie qui m'est inconnue. Son équipement prenait la forme d'ailes technologiques dans son dos, dit-il en les surprenant. Il baignait dans une puissante lumière rouge. Puis il a disparu aussi vite qu'il était venu. Je ne sais pas trop ce que c'était.

Tous restèrent perplexes, réfléchissant à ce que cela pouvait vouloir dire. On se remit aux analyses et ce fut Tilly débarquant avec excitation sur la passerelle qui eut de nouvelles informations la première. Il semblait que l'astéroïde était fait d'une matière inconnue prodigieuse qui emballait déjà les scientifiques qui se penchaient dessus. Aussi, Harias s'attela à obtenir un échantillon de cette matière. Les téléporteurs ne pouvant la transporter, confirmant un peu plus le phénomène jusque là impossible qu'était ce cailloux, ont entreprit d'en prendre en faisant entrer des morceaux dans le hangar principal grâce à des manœuvres de pilotage. Avec Detmer, Harias rechercha les blocs de roches les mieux positionnés pour y parvenir avant de mener la manœuvre délicate, laissant faire sa pilote. Dans le hangar, un dispositif gravitationnel était déjà prêt pour recevoir et fixer les échantillons. Si cela prit un peu de temps, ce fut sans encombre qu'ils parvinrent à faire entrer plusieurs gros blocs dans leur hangar, tous sautant de joie une fois la manœuvre réussie sans encombre. Le capitaine félicita sa pilote fière d'elle avant de lui demander de les remettre dans une zone moins dangereuse.

Cela fait, ils firent leur maximum pour analyser cette zone et tenter de comprendre ce qu'était le signal, s'il avait un rapport avec ce que le capitaine avait vu. Harias s'était servi de son transpondeur neural pour transmettre une image de ce qu'il avait vu. Aussi, tous purent rapidement voir, se demandant ce que cela était. Avec la lumière rouge dans son dos, on ne put voir que peu de détails de la combinaison et de son occupant. De toute manière, une simple image n'aurait pu les renseigner plus que cela. C'était un début. Ils n'omirent pourtant pas d'analyser absolument tout jusqu'à devoir s'en aller, l'astéroïde rencontrant le pulsar promettant une titanesque explosion. Harias les fit donc sauter pour sortir de là, ordonnant ensuite que l'on étudie les données récoltées ces dernières heures. De son côté, il pensa à ce qu'il avait perçu. Il n'avait pas tout dit à son équipage, sachant que plus d'informations ne feraient que les embrouiller alors que cela ne pouvait être expliqué. Après tout, comment leur faire comprendre qu'il avait senti de la magie, de l'énergie temporelle, très puissante, que cela impliquait certainement un voyage dans le temps et qu'en plus, celle qui était dans la combinaison était aussi la Burnam sur la passerelle? Ils avaient beau tous savoir désormais que le voyage dans le temps était possible, se l'expliquer était complexe et il ne voulait pas attiser la confusion.

Les choses de nouveau calmes, il fit un premier rapport au QG. Il prit aussi le temps d'aller voir les échantillons de roches, amusé par l'excitation de Tilly devant cela. Mais c'était tout aussi fascinant pour lui qui n'avait jamais rencontré une telle matière. Les fragments du hangar faisaient plusieurs mètres mais il parvint à en isoler un petit morceau de sa magie, le mettant de côté pour lui sous une intuition. Ce fragment avait beau ne faire que quatre ou cinq centimètres cubes, il pesait des tonnes. Jamais il n'avait vu quelque chose de semblable. Mais c'était surtout son énergie unique qui l'interpellait.

Durant quelques jours, tout fut calme même si tout le monde travaillait d'arrache pied. Severus avait commencé à travailler aussi bien sur sa formation qu'avec Stamets. Un Stamets qui provoquait des sentiments contradictoires chez le sorcier. En un sens il le respectait pour son intelligence, son savoir et son incroyable savoir, et dans un autre il était immensément agacé par son arrogance et sa manière de trop parler à son goût. Il était amusant de les voir travailler ensemble, Severus toujours immobile, illisible et neutre lorsqu'il écoutait Stamets lui apprendre en s'agitant, espérant pouvoir trouver une solution de navigation viable avec un humain grâce à lui. Pour Harias, avoir Severus à son bord était un plaisir. Ils ne passaient pas tant de temps ensemble mais ils pouvait manger ensemble et discuter un peu. Le retrouver était un bonheur qu'il savourait, réalisant parfaitement sa chance. Malgré tout, le gros de la concentration restait centrée sur ces fameux signaux rouges qu'ils tentaient de comprendre, peinant à les localiser. Starfleet avait contacté ses alliés et ses informateurs pour savoir si quelqu'un savait quelque chose à ce sujet. Il n'y avait aucun résultat. On continuait les recherches avec le soucis de les localiser. Ce fut soudainement qu'un autre signal se manifesta, immédiatement repéré par la passerelle qui avait appelé son capitaine en pause à cet instant. Il passa chercher Khan en route, l'augmenté insistant pour qu'il le fasse lorsque ce genre de chose arrivait. Lorsque le capitaine n'était pas en service, il était toujours astreint à sa cabine.

- Capitaine, un autre signal vient d'apparaître, renseigna Saru alors qu'il gagnait son siège.

- La transmission est trop faible pour déterminer les coordonnées exacte, remarqua Burnam.

- Pardon commander, fit Tilly en la rejoignant. Je m'étais installée à votre poste pour calibrer la modélisation, dit-elle en pianotant sur son ordinateur. Laissez moi le temps de fermer le programme.

- L'enseigne Tilly a eu une idée pour localiser les signaux, expliqua Saru. Je lui ai donné la permission de la tester.

- Très bien, approuva-t-il. Je vous écoute, poussa-t-il en tournant le regard vers la rousse.

- Je module le déflecteur du Discovery, l'idée étant de créer une distorsion gravimétrique qui agira comme un sonar, répondit-elle.

- Excellente idée enseigne, félicita le capitaine en la faisant sourire largement.

- Mais le signal est trop éloigné pour être enregistré, remarqua Burnam. Si nous étions plus prêt nous pourrions détecter un décalage gravitationnel vers le rouge qui nous permettrait de calculer sa position. Nous pourrions passer momentanément en distorsion puis le cibler au moment où l'on repassera en impulsion.

- Essayons ça, approuva-t-il. Detmer, passez en distorsion facteur cinq pendant cinq secondes.

- Oui capitaine, répondit-elle en s'exécutant.

Tout en même temps Tilly et Burnam entraient les commandes nécessaires. Ils ressortirent de distorsion rapidement, Harias attendant le résultat:

- Coordonnées du signal reçues capitaine, annonça-t-elle en réjouissant tout le monde. Il se trouve dans le quadrant bêta à cinquante et un mille quatre cent cinquante années lumières d'ici.

- À pleine vitesse il nous faudrait au minimum cent cinquante ans pour rejoindre ce point, posa Detmer.

- Heureusement pour nous, nous avons le moteur sporique, sourit Harias. Montrez moi les coordonnées précises, demanda-t-il pour les voir affichée sur le champ. Alerte noire, commanda-t-il pour être aussitôt obéit.

Quelques secondes plus tard, il faisait sauter le Discovery, ressortant aux coordonnées exactes avec une fois de plus une marge de sécurité. Cela s'avérait d'autant plus prudent que sans cette précaution, il aurait atterris en plein champs de débris lorsqu'ils avaient rejoint l'astéroïde. Ils se retrouvèrent en orbite d'une planète, tous se mettant au travail pour analyser les lieux.

- Aucune trace du signal, remarqua Burnam. Mais nous sommes au bon endroit.

- Rapport, demanda Harias.

- Planète de classe M, pas de signature énergétique ou de vaisseau dans la zone, répondit-elle. Personne ne nous scanne depuis la surface.

- Je détecte des signes de vie humaine, intervint Khan en les stupéfiant tous.

- Aucune colonie humaine ne s'est installée si loin dans le quadrant bêta, remarqua Rhys.

- Capitaine, appela Bryce, je reçois une transmission depuis la surface de la planète.

- Faîtes nous écouter, ordonna-t-il.

«On est attaqué! s'exclama une voix agitée derrière laquelle des bruits d'armes à feu résonnaient. On se planque à l'intérieur. Une petite centaine de personnes, des femmes, des enfants! dit-elle au milieu des cris.

- Alerte rouge, commanda immédiatement Harias. Détectons nous quoi que ce soit qui pourrait nous renseigner sur ce qu'il se passe?

- Non capitaine, répondit Owosekun. Nous sommes seuls ici d'après nos instruments. Le seul vaisseau et nous ne détectons aucune émission d'énergie qui pourrait indiquer une présence avancée sur la planète.

- Montrez moi d'où la transmission est émise, commanda-t-il.

L'image s'afficha à l'écran, montrant une vue de la surface. Discernant quelque chose, Harias demanda à ce que l'on zoom jusqu'à pouvoir voir de potentielle personnes au sol. Quelle ne fut pas leur surprise lorsqu'ils virent une ville ressemblant à une ville de colons américains du temps de la conquête de l'ouest. Il y avait ce qui semblait être une église, quelques maisons, un cimetière, des gens vêtus comme à l'époque des colons…

- Rien ne semble indiquer une situation de détresse capitaine, releva Saru alors que tout semblait parfaitement calme au sol.

- Toujours pas de signature de distorsion indiquant la présence de vaisseau? questionna-t-il.

- Pas une seule, assura Khan.

- Je confirme néanmoins que, d'après altération audio-phonique, la transmission est diffusée sous la forme d'une boucle depuis plus de deux cent ans, renseigna Saru en les ahurissant un peu plus.

- Avant que l'on ait inventé la distorsion, précisa Burnam.

- Dans ce cas, il va nous falloir découvrir comment ils sont arrivés là, posa Harias.

Ce fut donc ce qu'ils firent pendant un long moment, cherchant à comprendre, analysant la planète toute entière, comme son système. Mais ils ne furent pas plus avancés lorsqu'ils firent un point:

- L'arrivée de ces gens sur cette planète coïncide directement avec la troisième guerre mondiale sur Terre, posa Burnam. Un cataclysme nucléaire qui a tué six cent millions de personnes et détruis les états.

- On ne sait pas si l'arrivée de ces gens ne date pas d'avant cela, corrigea Harias. Seul l'âge de cette transmission peut être établi avec certitude. Ils ont aussi pu arriver là bien avant.

- La fréquence d'émission depuis la surface est obsolète et trop faible pour une communication interstellaire, nota Saru.

- Elle semble venir de ce bâtiment, spécifia Bryce en désignant l'église.

- Ces gens s'expriment dans la langue standard, remarqua Harias. Ils sont parfaitement humains, ils sont donc originaires de la Terre et les similitudes de leur village avec un ancien village terriens appuient cela. Ils sont là depuis au moins deux cent ans à en croire la transmission. Mais il aurait fallut un vaisseau pour venir jusqu'ici, un vaisseau ultra perfectionné vu la distance. Cela est d'autant plus flagrant que nous avons dû utiliser le moteur sporique pour atteindre cette zone.

- Pourtant, fit Burnam, malgré environs onze mille habitants répartis dans une dizaine de colonies sur la planète, on ne relève ni signature énergétique ni présence de vaisseau. Ils n'ont même pas l'électricité.

- On peut donc supposer qu'il y a eu une intervention extérieure dotée d'une technologie assez avancée pour les amener de la Terre à cette planète, posa le capitaine. Quoi qu'il en soit, ils ne disposent pas de la distorsion et en sont encore très loin. Jusqu'à preuve du contraire, la directive première s'applique donc même s'il s'agit d'humains. Est-ce clair?

- Oui capitaine.

- Tout cela étant dit, je doute que la détection de ce second signal ici soit un hasard, remarqua le mezoriem.

- En tant que scientifique je recommande la prudence quant à l'interprétation des motivations présumées de ce qui ne sont encore que des flux énergétiques non identifiés, intervint Burnam.

- Ce n'est pas l'interprétation des raisons potentielles de sa présence qui est imprudente Burnam, répondit-il. L'imprudence serait de se fermer aux autres possibilités. En attendant, c'est en cherchant à confirmer ou infirmer ces interprétations qui nous avancerons. Comment et pourquoi ces gens sont arrivés là? Nous devons le découvrir mais je doute fort qu'il s'agisse d'un accident. Sait-on autre chose sur cette planète?

- Elle est étonnamment similaire à la Terre, répondit son second. Cela étant, l'entrelacement des anneaux orbitaux, continua-t-il en montrant ces derniers, se compose essentiellement de débris radioactifs. Ça ne ressemble à rien de ce que nous connaissons.

- Il nous faut en savoir plus sur eux. Cela nous éclairera peut-être sur la raison de la manifestation de l'un de ces signaux ici, dit le capitaine. Une équipe va se rendre à la surface, discrètement, et tenter d'en savoir plus. Commander Landry, vous dirigerez cette opération et vous emmènerez Burnam et le lieutenant Owosekun avec vous. Vous devez vous faire discrètes et passer inaperçues. On ne transige pas avec la directive première.

- Oui capitaine, approuva son numéros deux.

- Vous devez tenter de déterminer l'origine de la transmission, comprendre dans quel but elle est émise et rechercher tout signe pouvant nous en apprendre plus sur le signal rouge.

Elles approuvèrent et quittèrent la passerelle pour aller se changer et s'équiper, Harias ordonnant qu'elles prennent des caméras cachées pour qu'ils puissent suivre ce qu'il se passait. Par prudence, il leur fit également prendre des phaseurs, leur commandant de rester sur le mode paralysie. Un moment plus tard, tout était prêt et on téléporta le trio au sol non loin de l'église, la passerelle silencieuse suivant tout en continuant ses surveillances et ses recherches. L'église semblant être l'origine de la transmission, elles commencèrent par y entrer. Seules quelques bougies en éclairaient l'intérieure, peu de lumière passant à travers les fenêtres et les vitraux, donnant une ambiance obscure à l'endroit. L'idée de l'église se confirma un peu plus avec ce décor collant tout à fait à cette image. Restait à savoir de quelle religion on parlait au juste. Rapidement, elles purent établir l'âge des lieux aux environs des deux cents ans. Les vitraux illustraient des scènes tirées de diverses religions terriennes, la chrétienté, le judaïsme, l'islam, l'hindouisme, le bouddhisme, le shintoïsme et le wiccanisme. L'appel de détresse semblant venir du sous-sol, Owosekun alla voir pendant que Burnam et Landry continuaient à analyser les lieux. L'endroit semblait consacré à un mélange des fois primitives terriennes, les textes présents en attestant. Cependant, un vitrail en particulier attira l'attention d'Harias. Il était aussi le seul que Burnam, anthropologue de formation, ne put relier à une croyance terrienne, ignorant ce que cela était.

- Ce personnage sur le vitrail ressemble étrangement à l'individu dans sa combinaison que j'ai vu sur l'astéroïde, fit remarquer le capitaine en les surprenant. Je doute encore plus que cela soit une coïncidence.

L'analyse des lieux fut interrompue par l'arrivée d'un homme qui s'étonna de les trouver là, leur demandant pourquoi ils n'étaient pas aux champs. Landry prit les choses en mains pour expliquer qu'elles venaient de loin, du nord, se présentant. L'homme leur demanda alors s'ils découvraient le Nouvel Eden, cela semblant être le nom de leur village. Elles confirmèrent, entamant les discussions. Rapidement, elles furent conduites aux autres, présentées. Ce fut dans le calme et la bienveillance qu'on les accueillit, organisant un repas autour d'un feu de camps pour eux le soir venu. Sur le Discovery, on suivait le tout, Harias faisant tourner les équipes. Tout était très calme sur la planète et s'il avait une vague sensation qu'il y avait quelque chose, il ne sentait pas de danger imminent. Ils repassèrent donc en activité ordinaire le temps que l'équipe se renseigne sur la planète, chacun menant son travail. Harias se refusa pourtant à décoller de son siège sur la passerelle, veillant sur ses subordonnées au sol, se sentant responsable de leur sécurité. Et il l'était mais il avait encore beaucoup de mal à juguler ses inquiétudes dans ce genre de cas, se sentant presque coupable de ne pas être avec elles en bas, en mesure d'intervenir au moindre problème. Khan ne décolla pas non plus et Severus vint voir ce qu'il se passait lorsqu'il s'arrêta de travailler avec Stamets, prenant une pause. Si Harias tenait à rester, c'était aussi pour tout analyser lui même, les caméras et les micros de son équipe lui permettant de tout suivre.

Le repas autour du feu fut mêlé à des déclarations semblant être religieuses et historiques. Ils découvrirent ainsi le nom de cette planète, Terralysium. Les habitants louaient leurs dieux, leurs créateurs, et les remerciaient de leur avoir offert cet endroit, ce refuge. Les histoires les menèrent à parler de leur histoire. L'année 2053 fut citée, en pleine troisième guerre mondiale, attestant le fait qu'ils étaient là depuis plus de deux cent ans, comme ils attestèrent de leur origine terrienne. Les gens s'étaient réfugiés dans l'église qui était là lors d'un bombardement, persuadés de mourir. Seulement, juste avant les explosions, ce qu'ils appelaient un ange entouré de piliers lumineux était apparu devant eux. Le dit ange avait vraisemblablement transporté l'église, et ceux qui s'y étaient réfugiés, sur cette planète, les sauvant. Les rescapés avaient fondé le Nouvel Eden qui était maintenant devenu une communauté de onze mille personnes. Après ce sauvetage, ils s'étaient demandés quel dieu ils devaient remercier pour ce miracle, tous issus de diverses religions terriennes. Pour résoudre cette question, ils avaient rassemblé toutes leurs religions en une seule.

Voulant des informations, ce fut peu discrètement que Burnam demanda si quelqu'un avait un jour cherché une explication scientifique à l'arrivée de leurs ancêtre sur cette planète. Comme toujours, elle était fort peu subtile, faisant un peu soupirer Harias. Mais cela ne sembla pas interpeller qui que ce soit. On leur répondit qu'ils n'avaient pas pu avec le matériel obsolète et en bout de vie qui avait été transporté avec eux. Une famille avait tenté d'en savoir plus, de restaurer l'électricité et l'énergie ici. Mais ils n'y étaient pas parvenus. Si Burnam insista encore avec fort peu de d'efforts pour paraître ordinaire, usant de mots scientifiques complexes que ces gens ne connaissaient peut-être même pas, cela eut le mérite de finir par faire sortir une information. Le casque d'un soldat de la troisième guerre, équipée d'une caméra, semblait avoir survécu à ce fameux jour. Il était pourtant hors d'usage pour ces personnes. Seulement, il n'était certainement pas inutilisable pour eux et pouvait contenir des images qui les renseigneraient peut-être. La majorité des colons semblaient avoir laissé tomber la science au profit de la foi, ne faisant pas grand cas du pourquoi du comment.

Cette nuit là, le trio s'installa dans l'église pour dormir, usant de leur communicateur pour parler au capitaine. Harias leur demanda de poursuivre, de tenter de trouver ce casque caméra, sommant Burnam de faire un effort pour être plus discrète, lui rappelant la nécessité de respecter la directive première. Ce fut un peu plus tard, alors que toute son équipe était de retour sur la passerelle, Severus venu le voir ici avant de retourner avec Stamets, qu'un autre problème se présenta:

- Rapport, ordonna-t-il quelques secondes après le déclenchement de leurs alarmes.

- Les détecteurs ont enregistrés un pic massif d'énergie ionique dans la haute atmosphère, renseigna Rhys.

- La stabilité gravitationnelle de l'anneau extérieur a subi des perturbations, ajouta Detmer.

- En connaît-on la raison?

- Indéterminée, répondit-elle. Les particules radioactives se dirigent vers la surface.

- Quel taux?

- Mauvais.

- Mauvais?

- Très mauvais. Dans soixante-quatre minutes, l'atmosphère sera irradiée et provoquera une extinction planétaire de la vie.

- Alors nous n'avons pas de temps à perdre. Ces gens peuvent-ils avoir connaissance de cette menace d'une quelconque façon?

- S'ils sont bien ce qu'ils paraissent jusqu'ici, aucune chance, affirma Saru. Ils ne peuvent même pas percevoir l'anneau depuis la surface.

- Très bien. Sans connaître la raison de ce phénomène, nous allons considérer qu'il s'agit d'un phénomène naturel. Tant qu'il n'est pas connue de la population de la planète et que nous agissons sans qu'ils ne puissent le percevoir, nous avons une marge de manœuvre avec la directive première. Reste à trouver comment éviter cette catastrophe.

- C'est une interprétation très altruiste de la règle, s'amusa Khan.

- J'en ai conscience mais cela est justifié cette fois, répondit-il.

- La directive première stipule que nous ne pouvons intervenir contre une catastrophe naturelle connue de la population en question, remarqua Saru. Ici, elle n'est pas connue de la population. Nous devons cependant nous assurer qu'une potentielle intervention ne soit pas remarquée.

- Vous n'avez pas l'habitude d'intervenir contre la nature même dans un tel cas capitaine, remarqua Khan.

- En effet, approuva-t-il en choquant un peu son équipage. La nature sait ce qu'elle fait et je n'ai pas pour habitude d'intervenir dans son œuvre. En d'autres circonstances, nous n'aurions rien fait, dit-il dans le silence. On ne peut pas se permettre de jouer à dieu de cette façon même pour sauver une civilisation toute entière. Des vies s'éteignent et naissent par milliards à chaque seconde dans l'univers. Seulement, cette situation est différente. Premièrement, ils ont été mis ici par quelqu'un ou quelque chose. Ils ne sont pas là par leur volonté ou leurs actions. Ensuite, il est évident que cela a un lien avec notre mission actuelle. On ne connaît pas non plus la raison de ce déclenchement de catastrophe. Cela pourrait être naturel comme engendré par notre arrivée ici. Le saut dans le Réseau provoque une distorsion de l'espace temps. Nous pourrions très bien être à l'origine du phénomène et donc responsables. Et enfin, de toute évidence, ce peuple est étroitement lié aux signaux et à l'individu en combinaison d'ange. Notre mission est de comprendre le phénomène et de découvrir ce que tout cela signifie. Nous avons donc besoin d'en savoir plus sur ces gens et ce monde, ce que nous ne pourrons pas obtenir s'ils meurent tous. Il est cependant hors de question d'intervenir de manière visible.

Il y eut un instant de silence avant que Severus ne le brise:

- Jamais je n'aurais cru que vous pourriez mettre en veilleuse votre complexe du héros chevaleresque de la sorte, posa-t-il.

- Beaucoup de choses ont changées Severus, soupira-t-il. Mais nous parlerons de cela plus tard. Pour l'heure, nous pouvons penser que tout cela est une coïncidence ou que nous avons été attiré ici sciemment. Tant que nous ne pourrons confirmer l'un ou l'autre, il nous faut faire le maximum pour récolter des informations Nous n'avons qu'une heure pour trouver une solution. Première chose: peut-on toujours téléporter notre équipe à bord au besoin et peut-on communiquer facilement avec eux?

- Non monsieur, répondit Bryce, les radiations bloquent les téléporteurs et les communications.

- Dois-je envoyer une navette les récupérer? demanda Detmer.

- Non, intervint Stamets en entrant. Le carbone ionisé rejeté par la navette créera une sorte de boucle à réaction positive qui accélérera la course des particules, dit-il en prenant un poste.

- Tout le monde au travail. Il nous faut une solution. Que l'on prépare trois combinaisons spatiales dans le sas le plus proche. Si nous ne trouvons pas de solution, j'irai moi même récupérer notre équipe.

- Oui capitaine, répondit-on.

Tous se mirent donc au travail pour trouver comment les sortir de ce pétrin, réfléchissant en tenant le décompte à l'œil. Rapidement, ils perdirent le peu de lien qu'ils avaient avec leur équipe au sol. Harias se fit silencieux, réfléchissant, sentant nettement la présence de Severus juste sur la droite de son siège.

- Peut-on transplaner en bas? demanda le sorcier en observant la planète.

- Non. Enfin oui mais avec toutes les énergies en action dans cette zone, nous aurions neuf chances sur dix d'être désartibulé.

- Désartibulé? releva Stamets perplexe.

- Transplaner est le mot sorcier pour désigner notre technique de téléportation, expliqua-t-il. Et ce n'est pas aussi simple que cela paraît. C'est aussi complexe pour nous que le système de téléportation. Et quand on se rate, ont peut être très gravement blessé ou tué nous même et ceux que nous prenons avec nous. Désartibulé est le terme désignant les dégâts engendrés par un transplanage raté. Cela peut juste blesser ou tuer avec des dégâts semblables à ce que l'équipage du Glenn a eu le malheur de connaître. Cela ne m'est jamais arrivé mais compte tenu des énergies que je perçois dans la zone, il serait extrêmement risqué de tenter un transplanage.

- Et vous pouvez le faire aussi? Transplaner? demanda Stamets à Severus.

- Oui. Tout les sorciers apprennent à transplaner comme on passe le permis de conduire. C'est un mode de transport très courant.

- Incroyable, souffla Paul toujours aussi impressionné par ce qu'il pouvait faire.

Le silence retomba alors que tous cherchaient des solutions à leurs problèmes. Et ce fut Tilly qui l'apporta soudain alors que le temps filait à toute allure. Elle déboula sur la passerelle alors que le capitaine, atrocement inquiet pour son équipe au sol, s'apprêtait à se lever pour aller les chercher.

- J'ai trouvé! s'exclama-t-elle en arrivant. La matière noire de l'astéroïde a une masse énorme, commença-t-elle alors que tous la regardaient. Plus un corps possède une masse élevée et plus sa force gravitationnelle augmente n'est-ce pas? Est-ce que je peux prendre votre fauteuil? demanda-t-elle à Detmer qui la laissa faire. Merci. Donc, si nous projetons la matière noire de l'astéroïde depuis le hangar à navette dans la trajectoire adéquate, sa gravité devrait entraîner les débris loin de la planète comme… euh… comme un aimant, dit-elle à toute vitesse tout en faisant déjà les calculs. Vous voyez? termina-t-elle en projetant les données sur la baie vitrée.

- Pour que l'astéroïde soit projeté dans le bon angle, il faut que j'exécute une manœuvre circulaire prolongée, remarqua Detmer.

- Comme un donuts, s'amusa Tilly en se relevant pour lui rendre son poste. Vous allez pouvoir faire un donut avec le Discovery.

- Oui en effet, approuva-t-elle.

- Enseigne Tilly, appela Harias en attirant l'attention de la rousse se figeant sous son regard.

Harias savait qu'elle l'admirait, comme elle admirait bien des capitaines, espérant le devenir un jour. Et il savait que son approbation était d'une valeur gigantesque pour elle. Il ne pouvait pas nier qu'il appréciait beaucoup la jeune femme extrêmement intelligente, généreuse, altruiste et droite. Pour sa part, il ne doutait pas qu'elle deviendrait un capitaine exemplaire et c'était pour cela qu'il l'avait fait admettre au programme d'entraînement des officiers à leur retour de la réalité de l'Empire Terrien.

- C'est un excellent plan, sourit-il. Bravo.

Elle sourit plus largement, sautillant presque.

- Avons-nous assez de morceaux de l'astéroïde pour faire une telle chose? demanda le capitaine.

- Oui monsieur et je dirais même que le plus gros des fragments sera suffisant, répondit-elle.

- Alors allons y.

- Capitaine, intervint Detmer, pour que ça fonctionne il faudrait lancer l'astéroïde depuis le centre du champs de débris. Et il n'y a aucune chance pour que je puisse nous amener jusque là.

- Moi je peux, répondit Harias. Nous allons faire un saut. Aller, tout le monde au travail il ne reste que quelques minutes.

Tous bougèrent sur le champs, s'agitant en tout sens pour faire les préparatifs nécessaires. Et comme toujours, Harias fut fier de tous les voir réagir à la perfection pour y arriver. L'équipage avait beaucoup évolué depuis qu'il commandait le Discovery et même Khan s'avouait surpris. Ils avançaient d'ailleurs de plus en plus dans le programme d'entraînement de l'augmenté, avec des résultats exemplaires jusque là. Et c'était dans des moments comme celui là que Khan ne pouvait que voir que les humains ordinaires pouvaient aussi être à sa hauteur. Le mezoriem ne pouvait que remercier le destin de lui avoir donné le Discovery en même temps que la responsabilité de Khan, les esprits brillants présents à son bord forçant le grand homme à revoir sa position. Rapidement, tout fut prêt.

- Alerte noire, ordonna-t-il alors.

Une seconde et il sautait.

- Detmer, appela-t-il alors.

- Lancement de la manœuvre donut monsieur, approuva-t-elle en se mettant au travail.

Ce fut avec maestria qu'elle exécuta la manœuvre. On relâcha le plus gros morceau de l'astéroïde lorsqu'ils furent dans la bonne trajectoire et très vite, Airiam put confirmer que leur plan fonctionnait, soulageant tout le monde.

- Reconnectez vous à notre équipe au sol, ordonna Harias.

Ils le firent et ils tombèrent sur une image de Burnam et Owosekun supportant Landry gravement blessée. Elles étaient dans l'église et semblaient être seules.

- Ramenez les sur le champs et prévenez l'infirmerie.

On lui obéit immédiatement mais comme les autres qui regardaient l'écran, il put voir que les habitants de ce monde eurent le temps entrapercevoir le rayon de téléportation en entrant soudainement dans le bâtiment. Et donc, ils virent les trois dames disparaître sous leurs yeux.

- Téléportation confirmée monsieur, signala Airiam.

- Et l'astéroïde est parvenu à éloigner les débris de la planète, compléta Detmer en les faisant sauter de joie.

Tous s'autorisèrent à s'applaudir, se détendant soudain. Harias reprit pourtant bientôt la parole pour connaître l'état de son équipe. Landry était visiblement gravement blessée mais elle s'en sortirait avec leurs soins. Indemnes, Burnam et Owosekun revinrent sur la passerelle et il leur demanda de raconter ce qu'il s'était passé après leur coupure de connexion. Elles lui expliquèrent donc qu'ils avaient eu quelques petits ennuis avec un homme nommé Jacob. Il descendait d'une famille de scientifiques persuadée que la Terre n'était pas détruite, espérant y retourner. C'était eux qui avaient fait en sorte que la transmission de détresse perdure, espérant qu'on viendrait les chercher. Il avait piégé l'équipe et leur avait volé leur équipement pour montrer leur matériel aux autres pour les convaincre qu'il avait raison. Rapidement, les trois femmes l'avaient rattrapé, l'accusant de vol et démentant ses dires devant ce peuple avec lequel ils n'avaient pas le droit d'interférer. Ils avaient été interrompu par Landry bondissant en voyant une fillette jouer avec leurs armes. Elle lui avait sauté dessus pour la protéger et avait été blessée à sa place. Voyant sa camarade dans un état critique et sachant ce qu'ils devaient faire. Burnam et Owosekun avaient rejoint l'église avec elle, s'y enfermant le temps de se téléporter. Pourtant, Jacob avait permis à ces gens de les voir disparaître en défonçant la porte.

- Je vois, fit Harias lorsqu'elles eurent terminées. Vous avez fait du bon travail compte tenu de la situation. Avec un peu de chance, ces gens penseront que leurs dieux, leur ange, vous a sauvé. Si ce n'est ce Jacob, ils sont fortement croyants si je comprend bien?

- Oui capitaine, répondit Burnam.

- Nous ne pouvons pas nous permettre la moindre interférence supplémentaire. Mais nous devons aussi récupérer ce casque vidéo. Je n'aime pas trop cette idée mais nous pouvons nous téléporter dans le sous-sol de l'église pour le récupérer ni vu ni connu.

- Capitaine, vous comptez réellement abandonner ces gens à leur sort? demanda Burnam. Ils croient que la Terre a été détruite. Ils sont humains.

- Ils sont humains mais ils constituent une population, une société distincte et parallèle désormais totalement séparée de la Terre. Et ils n'ont certainement pas le niveau de développement nécessaire pour que nous leur révélions la vérité. La directive première s'applique complètement et nous ne l'enfreindrons pas.

Tous se rangèrent à son avis, sachant qu'il avait raison et si cela n'était pas vraiment honorable, ce fut en catimini que Owosekun redescendit pour chercher le casque, remontant avec lui ni vu ni connu.